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ET BELLES-LETTRES DE BRUXELLES.
ANNÉE 1840.
TOME VII — 2e PARTIE.
BRUXELLES,
M. MAYEZ, IMPRIMEUR DE L'ACADÈMIE ROYALE,
1840.
BULLETIN
L’ACADÉMIE ROYALE DES SCIENCES
ET BELLES-LETTRES DE BRUXELLES.
1840. — No 7.
Séance du 4 juillet.
M. De Gerlache, directeur. M. Quetelet, secrétaire perpétuel.
CORRESPONDANCE.
Le secrétaire communique l'extrait suivant d’une lettre qu’il a reçue de M. Van Mons :
« Je suis en possession du mémoire que Volta a écrit sur la découverle de sa pile, et qu’il m'a communiqué un an avant de le présenter à là société royale de Londres (voir mon Journal de chimie et physique, où je l'ai traduit sur l'original écrit de la main de l’auteur ). Il me dit, dans sa lettre, que l'opposition que je n’ai cessé de faire à son système de l'identité des deux électricités, animale et mi- nérale, l'a forcé d'entreprendre une multitude d'expériences dont l'invention de la pile a été le résultat. Si l'académie
Tow. vir. L
; 62) jugeait ce document d’un prix assez grand pour être dé- posé dans ses archives, je me ferais un devoir de le lui communiquer. » Ce don sera reçu avec reconnaissance.
Le secrélaire communique aussi : 1° l'extrait d’une lettre particulière de M. Berzélius , au sujet d’un congrès scienti- fique des naturalistes scandinaves, qui doit avoir lieu à Copenhague du 3 au 9 juillet, et auquel le célèbre chi- miste suédois se proposait d'assister; 2° une lettre de M. E. Capocci, directeur de l'observatoire royal de Naples. Cette lettre est écrite au sujet d’un aérolithe qui a éclaté à Na- ples , le 29 novembre dernier , 20 minutes avant le coucher du soleil. Voici les détails que l’astronome ilalien donne sur ce phénomène intéressant, et les conséquences qu'il a déduites de ses recherches sur ce genre de météores.
« Je vous dirai donc à la hate que ce grand météore, d’après les relations des différentes villes du royaume, a traversé l'Italie de l'O. à l'E. en passant sur la Calabre et la Pouille; puis, en tournant sur la mer Adriatique , il est revenu la traverser encore du NE. au SO., des Abruzzes à Naples, où il a terminé sa course en éclatant sur le golfe, au SO. du Pausilype. A son retour sur les Abruzzes, il pa- raît qu’il avait 80 milles de hauteur , et que cette hauteur à Naples, s’est réduile à ‘/10. La longue traînée vaporeuse qu'il laissait derrière lui dans l'air, a présenté les couleurs de l’arc-en-ciel, même en présence du soleil, tant elles étaient vives et prononcées.
» Eu cette occasion, je m'étais rappelé qu’en 1820 ,à la même époque de l'année, vers 2 heures de Ja nuit, il yen avait eu un autre qui éclata en Calabre sur Cosenza, et qui remplit Naples delumière comme en plein jour. Alors, en consultant les relations de ce phénomène, je vis que sa date répondait, aussi, précisément au même jour 29 no-
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vembre. Cela me fit naître l'idée de faire une recherche générale sur les aérolithes , globes de feu , averses d'étoiles filantes, etc., et ayant recueilli au delà de 600 de ces appa- ritions diverses , je les disposai dans un tableau de manière que tous les phénomènes arrivés dans les différentes an- nées, mais aux mêmes jours, se trouvassent placés les uns au-dessous des autres (1). À l’aide de cet arrangement, je découvris parmi eux une périodicilé au moins tout aussi claire que celle des étoiles filantes, que désormais per- sonne ne peut révoquer en doute.
» Parmi ces jours privilégiés, occupe une place distin- guée le même jour 29 novembre, qui occasionna ma remarque ; car voici ce que j'ai trouvé dans les années an- térieures : 29, 1839. — 30, 1834. — 29, 1831. — 26, 1831. — deux 27, 1824. — 27 ,1823.— 28 ,1821.— 30, 1821. — 29, 1820. — 28, 1810. — 29, 1809. En tout, 12 cas en 30 ans. Mais les plus frappantes de ces rencon- tres de météores tombent précisément aux mêmes jours, si fameux pour la rencontre des étoiles filantes, c’est-à-dire le 10 août et le 13 novembre! Cela prouve non-seulement la périodicité et la nature cosmique de cette autre espèce de corps, mais aussi leur identité avec les étoiles filantes (2). Je me bornerai ici à vous indiquer un autre jour de ces rencontres constantes de globes de feu, etc., le 29 juillet qui, à l'égard du 10 août , est en quelque sorte le pendant
(1) M. Quetelet fait observer à ce sujet qu'il a donné des tableaux semblables et construits dans les mêmes vues, dans son Mémoire sur Les étoiles filantes , tome XITdes Mémoires de l’académie. Le tableau pour les aérolithes est extrait en partie de la météorologie de XL. Kœmlz,
(2) La même coïncidence a aussi été remarquée dans le Mémoire sur dés étoiles filantes.
(4) du 29 novembre, vis-à-vis du 13 de ce même mois. Cela aurait peut- être quelque rapport avec la manière dont M. Erman de Berlin envisage la nébuleuse annulaire qui environnerait le soleil, ou plutôt marquerait les limites de l'étendue de la lumière zodiacale qui s'étend jusqu’à l'orbite de la terre.
». D'après ce fait, que je crois bien avéré , et la présence constante dans tous les aérolithes du fer, du nickel ou du cobalt, qui sont les substances les plus disposées à se ma- gnétiser, je pense qu'il est permis d'envisager ces grands corps comme le résuliat de l’aggrégation des atomes cos- miques dispersés dans l’espace céleste, déterminés à se réunir entre eux par les pôles contraires , en vertu de l’at- traction magnétique. Les formes grenues et composées de différents rognons distincts s'accordent trés-bien avec la supposilion en question; de manière que ces caractères physiques viendraient en aide de l'analyse chimique pour nous montrer la même chose. Je néglige une foule de con- sidérations accessoires. Cela posé, il s’ensuivrait stricte- ment (vous en conviendrez, j'espère): 1° Que dans l’espace planétaire il y a des bandes ou courants de matières plus ou moins fines, dans un état de magnétisme plus ou moins fort, que la terre traverse successivement aux différents jours de l’année dans sa révolution autour du soleil, comme un vaisseau traverse, en se rendant en Amérique, dans l'Atlantique, les bandes de fucus flottants qu'on nomme la mer de Sargasso en tels et tels endroits ; 2° Que les plus impalpables ( passez-moi le mot ) de ces espèces de brouil- lards cosmiques se précipilent dans ces occasions sur les pôles magnétiques de notre planète, et occasionnent les aurores boréales ( dans lesquelles vous avez vous-même envisagé une périodicité qu'il est presque impossible de
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nier, après les deux réapparitions des deux années succes- sives 1836 et 1837 dans les mêmes jours 22 avril et 18 octobre ); 8° Que les parties un peu moins petites sont al- tirées par la lerre, et se moutrent en forme d'étoiles fi- lantes ; 4° Que ces mêmes parties, dans un état plus avancé de concentration , ou pour mieux dire dans une plus grande masse , donnent lieu , dela même maniére , àdes apparilions plus éclatantes, sous les noms de globes de feu, météores ignés, muids, aérolithes, etc. Ces dernieïs, à cause de leur plus grande masse, parviennent sans se consumer et se ré- duire pour ainsi dire en cendres, jusqu'à de très-pelites distances de la surface de la terre ; mais alors il arrive tou- Jours qu'ils éclatent (par l'effet de l'accumulation de l’é- lectricité et de la chaleur) en une quantité innombrable de morceaux, comme par une disposition providentielle destinée à prévenir un trop rude choc contre la partie solide de la terre.
» Maintenant que nous nous sommes avancé jusqu’à ce point, je me permettrai aussi d'ajouter que tous ces corps ( à la seule petitesse comparative près ) doivent être envi- sagés comme de véritables corps célestes , comme de petits astéroïdes de notre systéme solaire; et, dans ce cas, ils ne sont autre chose que de très-petites cométes. En effet, on sait aussi que la masse des comètes n’est pas non plus trés- considérable, et la plus petite, bien sûrement, s’éloignera moins du plus grand aérolithe tombé sur la terre que de la plus grande planète de notre système planétaire. |
» Les apparences si bizarres de leurs queues, de leurs chevelures ,etc., ne seraient autre chose (comme l'ont pensé Cassini et Mairan ) que des zones permanentes; et la ren- contre si redoulée par les hommes , d’une comète par la lerre , aurait eu lieu mainte et mainte fois, sans que per-
(6) sonne s’en doutàt et sans causer le moindre accident dont l'espèce humaine eût à se préoccuper , comme le disait le père Piazzi dès le commencement de ce siécle. La dispari- tion de la comète de 1770 de la période de 5 ans, pourrait nous fournir un exemple de ces sortes de chutes, car elle aurait élésaisie dans son passage par l’action de Jupiter. »
— L'académie reçoit ensuile deux notes manuscrites; l'une de M. Vloeberghs écrite en flamand, et renfermant des considérations générales sur la chimie; l’autre de M. Paulet, de Genève, renfermant la démonstration d’un théorème dont celui de Fermat n’est qu’un cas particulier, et qui peut s’'énoncer de la manière suivante : Zors du se- cond degré, il n'existe aucune puissance qui puisse se partager dans la somme de deux ow d’un nombre quel- conque de puissances du même deyré. Ges notes sont ren- voyées à des commissaires.
— M. Louÿet, professeur de chimie à l’école de com- merce, demande à l'académie de pouvoir déposer dans ses archives un billet cacheté renfermant les résultats des recherches qu'il vient de faire sur le fluor et ses combi- naisons. Le dépôt est accepté.
RAPPORTS.
Sur la mortalité a Liége , note de M. le docteur Defooz.
MM. Quetelet et Sauveur font un rapport sur une note adressée à l'académie par M. le docteur Defooz, médecin vérificateur des décès de Liége , pour les quartiers sud et ouest de celle ville, L'auteur ayant été nouvellement revêtu
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de ées dernières fonctions, a cru devoir profiter de sa posi- tion pour réunir des documents ’slatistiques sur la morta- lité, dont il a transmis Îles résultals à lacadémie. Les nombres qu’il donne semblent recueillis avec soin ; mais ils ne résultent que des observations faites pendant l'es- pace detrois mois ; ils sont par là même trop faibles pour qu’on puisse en déduire aucune conséquence ulile. Les com- missaires pensent donc qu’on ne peut qu’engager M. Defooz à persévérer dans la marche qu’il a commencé à suivre, en l’invitant à continuer la communication de ses résultats à l'académie , et en le remerciant pour ceux qu'il lui a déjà fait parvenir.
LECTURES ET COMMUNICATIONS.
MAGNÉTISME TERRESTRE,
M. Quetelet présente un mémoire contenant les résultats de ses observations faites en 1839, sur le magnétisme ter- restre en Italie. Les observations de l'intensité ont été faites au moyen de quatre aiguilles, dont deux lui avaient élé pré- tées par M. le major Sabine et les deux autres par M. le ca- pitaine Duperrey. Trois de ces aiguilles, qui avaient déjà été employées dans des expéditions scientifiques, ont parfaite- ment conservé leur état magnétique; la quatrième, au retour du voyage, avait subi une légère altération dans sa force. L'inclinaison a été mesurée par un appareil de M. Ro- binson de Londres. Ces observalions avaient principalement pour objet de contrôler les résultats d'observations sembla- bles que M. Quetelet avait déjà faites en Italie pendant
(8) J'année 1830, et qui, avec les observations faites par MM. De Humboldt et Gay-Lussac en 1805 et 1806, étaient les seules que l’on eût faites dans ce pays sur le magnétisme terres- tre. Le tableau suivant fait connaître les résultats qui ont été obtenus dans les principales stations sur l’inclinaison et la force de l'aiguille aimantée, en faisant pour Paris l'intensité horizontale égale à 1, et l'intensité totale égale à 1,348. |
INTENSITÉ MAGNÉT.
STATIONS. INCLINAISON.
HORIZONT. TOTALE.
Bruxelles". MAVAS" Cue 68093,0 0,961 1,562 ÉLELC EE = 15,1 (!) 1,000 1,548 Inspruck . . #i 45,9 1,074 1,515 AUDE Usher ie 5 55,5 1,105 1,512 NES ge 0e 3 6,5 1,129 1,505 Gênes... . . 244511602525 1,137 1,502 RSR. ol - Four 2 18,8 1,156 1,299 ÉlorEnce 502 2 12,1 (2) 1,161 1,299 RO MTS és | 1,215 1,271 Naples. . FR : 58 58,6 1,251 1,267
M. Quetelet, en rapprochant les résullats de ses diverses observations faites en 1830 et 1839, de ceux qu'il a obte- nus en France, en Allemagne, en Danemarck, en Angle-
(1) L’inclinaison pour Paris a été communiquée par MM. Dabadie et Mauvais.
(2) L'inclinaison a été déterminée conjointement avec M, Carlini et en présence de M. Amici,
(9) terre et en Belgique , a construit une carte représentant la direction des lignes isodynamiques ou d'égale force ma- gnétique à la surface de la terre. (Commissaires MM. Crahay et Plateau.)
Variations de la déclinaison magnétique à Bruxelles.
M. Quetelet communique aussi à l'académie les résultats des observalions qu'il a faites conjointementavec MM. Mailly, Bouvy, Liagre et Marneffe, sur les variations de la décli- naison magnétique aux mois d'avril, mai et juin, en ob- servant de 5 en 5 minutes pendant l’espace de 24 heures, conformément au plan adopté par la société royale de Lon- dres et la société de Gœttingue pour le magnétisme terres- tre. Par suite d’un entretien qu'il vient d’avoir avec M. le major Sabine, qui passait par Bruxelles, M. Quetelet invite l'académie à revenir sur la décision qu’elle avait prise à sa demande, dans la séance du 7 mai dernier , el à continuer dans ses bulletins l'impression des observations magné- tiques faites à l'observatoire, comme offrant le moyen de publication le plus prompt.
M. le major Sabine a bien voulu se charger du soin de faire parvenir directement les résultats imprimés aux ob- servatoires magnéliques que le gouvernement anglais et la sociélé des Indes ont fait construire sur différents points du globe.
(10)
Variations de la déclinaison magnétique observées à Bruxelles, de 5 en 5 minutes, et pendant 24 heures, à partir du 22 avril 1840, à
'
10 ñeures du soir, temps moyen de Gœættinque.
HEURES.
10 h.s. : 51,88 .03,51.04/50.98/50.75/50.52] 50,35 11 — 49.95 .87|49.87|50.00|50.06/50.16|50.25 Minuit . 50.39 .37/50.15/50.11/50.09/49.87| 49.25
1h.m. 49.70 .84|49.92)49.98|49.92|49.91|49.99 50.01 .16,50.37150.45/50.51|50.41|50.42
3 50.20 .10/50.13/50.11/50.12/50.11|50.02
4 49.59 .67|49.73|49.66|49.74149.87| 49.99
5 50,43 .52150.53/50.55|50.61|50.68/50.70
6 51.05 .10/50.97/51.05/51.02/51.11/51.18
ü 51.78 56/51.47/51.31/51.28/51.31|51.26
8 — |51.33/51.33/51.39/51.46151.62/51.78|51.89/51.90/51.66/51.55/51.41/51.07 D — |51.09/51.11/51.12/51.14/51.14/51.19/51.17/50.96/50.88|50.91/50.90/50.70 10 — |50.73/50.70/50.67|50.59/50.52/50.44/50.32/50.22/50.13/50.10|49.95/49.78 11 — |29.78149.61|49.48| 49.29 | 49.19 |49.05/48.95/48.87/48.82|48.71148.62| 48.51 Midi. . |48.44148.25 |48.23| 48.17 |48.03147.85147.62/47.49147.49|47.52|47.52|47.60 1h. s. |47.66147.63|47.62| 47.54|47.37|47.33|47.42|47.37|47.23|47.17|47.07|47.15
2 — 147.10147.28147.31|47.23|47.19147.29)147.32|47.48|47.43|47.55|47.65)47.67 3 — |47.78/47.76 47.81] 47.86 |47.85/47.85147.75|47.71147.78|47.76|47.83|47.72 4 — |47.75|47.83|47.86| 47.90 |47.87|47.98/47.98|48.10|47.96|48.03|48.15/48.21 5 — |48.26)48.42|46.56| 48.69 |48.68|48.73|48.70|48.86|4S.99)49.03/49.04|49.10 6 — |49.18/49.19 49.17 | 49.23 |49.26|49.28 |49.31|49.34|49.32]49.36|49.26| 49.27 7 8 9 1
— |49.27|49.28 | 49.27 | 49.29 |49.31 [49.29 | 49.31|49.28)49.26149.20|49.22| 49.23 — [49.26/49.35 |49.40| 49.44 | 49.55 |49.56/49.58)49.61|49.64|49.69|49.72)49.96 — |49.88,50.03 :50.19/ 50.14 /59.08150.06/150.13,50.26,50.30/50.23/50.27|50.41
0 — 150.56 » » » » » » » » » » »
* On a ramené sur La mire la lunette un peu déviée par suite d'un petit dérangement,
(11)
Variations de la déclinaison magnétique observées à Bruxelles, de 5 en 5minutes, et pendant 24 heures, à partir du 29 mar 1840, à 10 heures du soir , temps moyen de Gættinque.
45". | 50°. | 55’.
10 h. s. |[53.45153.10153.08/53.36|153.27153. ‘ 54.54 52.74153.54154.87|55.01|153.40|51. .87 152.67 56.30
| Minuit . |53.69/53.82154.58|54.90 154.86|54. .41153.44 52.32 1h.m. |53.61151.29|49.82|49.43|49.87|50. 2.69154.15 53.56 49.41|148.65]48.41|48.64|48.72]49. -13|49.88 50.01 48.91|47.86|45,42|44.39 | 44.36 |45. .-86,46.24 45.67 45.87|46.35|46.18|46.64|45.70 .41|45.69 43.37
44.33 45.22|46.63|47.58|48.44|49, .19,50.83 51.13 50.52151.02|51.92|52.85|53.24153. -68|51.99 51.67 51.53151.17151.53|52.14152.29|52. -71,52.81 52.31 51.44151.75|151.72151.97151,81|51. 1152.12 51.56 52.73152.74152.61|52.67 |52.87152.86152.73|52.62 52.41 52.31|52.22/151.92|51.8951.71/51. -45|51.48 51.30 50.67|50.60150.77|50,52 50.27 £ .-07 49.96 49.73 49.64|49.43|49.20149.30 | 49.31 .-34|49.25 49.28 48.90|49.03/49.05|49.18 | 49.32 -94150.04 49.85
49.55 |49.77149.75]49.74|49.23 | 48. .719|49.49 49.73 50.41,50.63151.21|51.38 51.49 .46|51.08 50.96 51.19,51.19/51.24/51.11|51.00/51. -22151.19/51.12|51.25 51.22151.16/51.01,51.25/51.26/51.14151.06/51.17|51.26 51.38151.45151.38|51.32151.42151.37|51.28,51.30|51.35 2,51.41151.44151.39|51.41|51. -64151.63|51.55151.42
2151.20151.19151.20 151.32 151. -43|151.40,51.48/51.34
51.26151.39151,55 52.20 51. .735|50,92,50.01149.37
» » » » » » n »
* Après l'observation de 2h. 55’, la lunette a été ramenée sur la mire, après avoir dévié progressivement de 0.2 en donnant des valeurs trop grandes.
”* La lunette déviait un peu en donnant des nombres trop élevés, à cause d'une faible inclinaison de l'axe qui a été rectifiée après l'observation de 12h, 40’.
"** De 5h. 30’ à 7 h. 30’, la lunette avait dévié de 0,2 en donnant des valeurs trop pelites; elle a été remise sur la mire,
(12)
Variations de la déclinaison magnétique observées à Bruxelles, de 5 en 5 minutes, et pendant 24 heures, à partir du 24 juin 1840 , à 10 heures du soir, temps moyen de Gœttingue.
HEURES.
RTL
10 h. s. |52.22152.12 11 — |51.61,51.60151.63,151.67/51.65 Minuit . |51.82151.83/51.80151.76 51.76 1h.m. |52.29/52.20[52.10 52.11152.10 2 — ]152.08|52.20 sil 52.53 3 — 152.51152.47152. ilséleité 4 — 152.95/52.91 asbl bé 52.57 5 — 152.34152.44152.51|52.66 52:81 6 — 153.30153.32|53.38 SIENNE T — |53.41153.34 Sp NE TUE 8 — |53.06152.96 csuales ao 9 — 152.53152.49 RAT 52.39 10 — |51.76151.79 DPrAEL 51.43 11 — 150.89/50.67 A AE 50.55 Midi. 50.00|49.97 06 160 49.92 1 h. s. |49.84149.67|49.67|49.54|49 53 2 — |49.64149.67|49.45/49.71|49.65 3 — |49.81149.83|49.81|49.75| 49.69 4 — |49.87|149.92/50.05 50.09,50.14 5 — 1|50.63150.76/50.85,51.77|50.78 6 — 150.93/51.00/50.96 51.09 51.13 7 — 151.42/51.43/51.42 51.16/51.48 8 — 151.46151.47|51.48 51.49 51.49 9 — !51.54151.56/51.54 FORTE 10 — 751.72] » » »
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» »
51.44!
51.63 51.50 51.96 52.00 52.46 53.10 51.82 53.00 53.37 53.30 52.70 52.17 51.23 50.48 49,71 49.58 49.70 49.78 50.33 50.88 51.17 51.42
51.53 51.59
»
407. | 45’.
51.49 51.59 51.0 00 52.02!52.09 52.00 57-04
| sarl, 40
|
|
53.06 53.01 51.89 52.03
53.08 53.14 53.37 |53.40 53.23153,31 52.77 152.64 52. Fa 00 51. ss 10 50.08 50.14 49. ep 77 49.67 |49.67 50. on 42
|
|
49.71,49.77 49.76 49.79
50.96/50.87
22/5125
2
=
51.43 51.39 51.50 151 52 51.69 51.77
ni
50.
51.55)151.57
51.63 52.17 51.93 52.39 52.88 52.07 53.19! 53.46 53.23 52.60 51.97 51.00 49.95 49.84 PARTIEL, 49.76 49.72 49.77| 49.75 50.52 50.58 asie AE Er tb 51.52/51,57 51.78 51.73,
51.75
» »
NB. La lunette a dévié progressivement pendant Jes 24 heures d'observations de
0.25 à l'ouest de la mire; par conséquent , les nombres-observés élaient, en finissant, lrop élévés de 0.25,
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(13)
Au sujet des varialions du magnélisme, M. Quetelet cite l'extrait suivant d’une lettre qu’il a reçue de M. Weisse, directeur de l'observatoire de Cracovie. « Un ami vient de me communiquer que le 6 février de cette année, l'aiguille magnétique à Bruxelles a éprouvé des oscillations trés-vives, quifirent croire à une aurore boréale (1). Un beau phéno- mène semblable eut lieu ici, le même jour, à 8 122 heures du soir; mais il ne dura guère que jusque quelques minutes après 9 heures. Je me rendis aussitôt dans notre observatoire magnétique , et j'observai au magnétométre la marche de l'aiguille, jusqu’au moment où je pus la regarder comme tranquille. L'état moyen de l'aiguille répond à peu près au point 500 de l'échelle qui est divisée en millimètres. La valeur d’une division est de 25/’,18.
» Je vous communique ici les résultats des observations qui ont été faites.
A TEMPS MOYEN TEMPS MOYEN TEMPS MOYEN
ÉCHELLE. ÉCHELLE,
ï L ÉCHELLE. à Cracovie. à Cracovie. E
à Cracovie.
8h56 0” à 9h 5’ 48” » 57 48 . 6 48 » 58 38 40. 7 48 » 59 43 , 10
0 55 ; 11
1 55 ; 15
2 28
5 18
4 8
5 5
10h 2’
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& à À © © à
© © œ © œ ®œ w iÿ ©
[=]
.5 .3 .1 «9 .9 .6 .2 .8 .8 2
(1) I y a sans doute une erreur dans cette indication : seulement M. Quetelet commuuiqua à l'académie, dans la séance du 7 mars der- nier, que, dans la nuit du 3 au 7 février, et vers minuit, un bolide on
(14) » Le 7 février l'aiguille éprouva encore des mouvements remarquables ; voici sa marche dans la soirée :
TEMPS , MOYEN TEMPS MOYEN TEMPS MOYEN
À : ÉCHELLE.| , : ÉCHELLE. } , . 1 ÉCHE LLE. à Cracovie. à Cracovie. à Cracovie.
CT
8h, 49” : 9h 14’ 510. 9h 54! 512.5
» . 59 : 19 508. 59 517,9
9 4 Ë 94 510. 44 529.7 » 9 + 99 512. ;
» Plus tard, mon adjoint vint dans l'observatoire magné- lique et remarqua, à son grand étonnement, les deux posi- Uons suivantes:
Pour 10h,38’...426,4 ; pour 10h.41’....439.7.
» Je ne puis m'expliquer ce saut brusque, sinon en ad- mellant que peul-êlre un accident imprévu a causé cet état, remarquable. Après avoir Lerminé mes autres occupations, je relournai à l'observatoire magnétique, et j'observai les positions suivantes de l'aiguille :
TEMPS MOYEN TEMPS MOYEN TEMPS MOYEN
. - | ÉCHELLE. , L ÉCHELLE. À Cracovie. a Cracovie.
‘ L ÉCHELLE. à Cracovie.
RE EC DE RE SE EE 7 EL EE RE ME ETES D CHNUNNEN A MES ES NN ENS NE > | 1h 44 9h 14’ 9h 44 » 49
». :54
globe de feu très-remarquable avait été vu à Bruxelles. M. Crahay ajouta que le même météore avait été vu à Louvain, Voyez pag. 120 et 121 du tom. VII des Pulletins.
Pnlletin” de l'Acaderne. Tome. VII 2° partielage 15. | FF ]
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(SITE) CUS) ON Oo oO oO O OO OO 0 oO
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Echelle de 6 pieds de France 7 1 2 GA 4 1 ep
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Lit. de Degobert de Spelle, Bru
) 17 « J ele té Ar Diet cat GRECE cede Éd teuct” ES (12;
Ps 4 A c TL tecdliceuler”
(15 )
» Chacune de ces positions est la moyenne de six obser- vations et diffère de la précédente de la durée d’une oscil- lation. »
Dans une lettre adressée à l'observatoire de Bruxelles, M. Colla, directeur de l'observatoire de Parme, cite la soirée du 8 février comme ayant élé remarquable par de belles étoiles filantes; et la journée du 7 fut marquée par de fortes perturbations de l'aiguille magnétique, qui furent aussi observées , dit ce savant , à l’observatoire de Milan.
Température de la terre.—M.Quetelet présente ensuile
un second mémoire sur les variations annuelles des tem- pératures de la terre à différentes profondeurs, dont il sera donné lecture dans la prochaine séance. (Commissaires MM. Crabay et Plateau.) .… Malacologie. — M. Cantraine, membre de l'académie, présente un premier mémoire sur la Malacologie médi- terranéenne ; ce travail, assez élendu , qui est accompagné de planches, est renvoyé à une commission composée de MM. Dumont, Wesmael et Dumortier.
AGRONOMIE.
Observations sur le rouissage du lin et du chanvre, par M. J, Scheidweiler, professeur de botanique et d’a- gronomie à l'école de médecine vétérinaire , à Cureghem lez Bruxelles.
Il est de notoriété publique que, sans le rouissage préa- lable du lin et du chanvre, il n'est pas possible d'opérer
(16 ) la séparation des parties filamenteuses qui sont contenues dans l'écorce de ces plantes, principal objet pour lequel nous les cultivons.
Pour opérer le rouissage , on emploie différents procédés, qui tous tendent à débarrasser la filasse de la substance gommeuse dans laquelle elle est enveloppée.
Les méthodes le plus généralement employées pour rouir le lin et le chanvre consistent : 1° à placer les tiges du chanvre et du lin dans l’eau courante ou stagnante; 2° à étendre les plantes à rouir sur un pré, sur un champ en jachère ou sur le chaume d’une céréale ( rorage); 3° en- fin, à enterrer le lin et le chanvre dans des fosses qu'on recouvre de terre, et sans autre humidité que celle qui se trouve dans la terre.
Au moyen de ces différents procédés, le tissu cellulaire gommeux qui conslilue l'écorce externe du chanvre et du lin est détruit par une espèce de fermentation putride plus ou moins lente, suivant la température et l’abondance du liquide.
Mais à ces différents procédés de rouissage sont attachés des inconvénients qui ont mis les personnes qui s'occupent de ce genre d'industrie dans la nécessité de rechercher des moyens plus prompts et d’une exécution plus facile, et qui cependant fussent propres à donner les mêmes résul- tals.
En effet , dans le rouissage à l’eau , l'odeur qui se répand dans le voisinage du rouloir devient non-seulement insup- portable, mais les émanalions gazeuses qui se dégagent de ce foyer de putréfaction sont de nature à occasionner des maladies graves , et conséquemment contraires à l'hygiène publique.
Le rouissage à la rosée n'offre pas plus de chance au
(17 )
cultivateur ; il éprouve souvent des pertes considérables soit par la violence des vents , à laquelle il est impossible de soustraire le lin , soit par l’activité des vers de terre qui tirent une grande quantité de tiges (qu’on peut sans crainte d’exagérer évaluer à un cinquième) dans leurs trous ou en enlèvent la substance. Le rouissage dans les fosses sans eau présente un inconvénient plus grave encore, c’est qu’à cause de sa longue durée (de 3 à 4 semaines) et des soins minutieux qu’il exige, ceux qui n’en ont pas l'habitude et la pratique , sont exposés par la moindre négligence à voir se Lransformer leur lin en une masse pourrie.
Pour parer aux inconvénients qu’entraînent ces diverses méthodes, on a proposé différents moyens ou chimiques ou purement mécaniques.
Le premier , ou celui qui a été proposé par M. Bralle, pour le rouissage du chanvre, consiste à plonger les tiges dans un routoir en cuivre contenant de l’eau savonnée à la température de 72 à 75 degrés de Réaumur; aprés deux heures de cette immersion, on relire le chanvre et on le fait sécher, Mais les observations que j'ai faites en répétant ces expériences, m'ont fourni la preuve que le tissu cellu- laire , ou bien la substance gommo-résineuse , ne se déta- che pas complétement de la filasse par ce procédé, ce qui nécessite, et non sans présenter beaucoup de perte, des ébauchages multipliés pour le rendre propre à la fabrica- tion des éloffes,
Je ne m'occuperai pas des procédés mécaniques qu’on a proposés pour séparer, par une espèce de broiement, la partie filamenteuse du lin, sans qu'il ait été préalablement soumis à l’action du rouissage: il a été reconnu, comme le fait observer avec raison M. le comte Gallesi, qu'aucun mé- canisme ne pourrait jamais dépouiller la filasse de la sub-
Tom. vrr. 2.
(18)
slance gommeuse et résineuse qui l'entoure, sans la dé- grader. L |
Aucun des procédés pour rouir le lin et le :chanvre n’élant sans inconvénients, j'ai fait des réflexions sur la possibilité de trouver un moyen simple et facile pour rem- placer; par un procédé nouveau, le rouissage usité jusqu’à ce jour, et je crois avoir alteint le but par les moyens sui-
vants : Procédé simple et facile pour rouir le lin et le chanvre.
L'opéralion du rouissage ayant pour but de détruire la substance gommeuse par la fermentation putride, et de fa- ciliter la séparation des débris de celte substance d’avec la filasse, je parvins à obtenir les résultats lés plus satisfaisants au moyen d’un simple appareil dont voici la description.
Cet appareil consiste en une caisse de bois de six pieds carrés en hauteur et en largeur, percée au-dessus de son fond d'un lrou auquel est adapté un tampon; cinq à six pouces au-dessus du fond se trouve un faux fond percé de trous, par lesquels s’'échappent les produits de la fermentation.
Pour opérer le rouissage dans ce simple appareil, qui, soit dit en passant, peul être plus grand et même construit en maçonnerie, pourvu que sa hauteur n'excède pas six pieds, on place sur le faux fond une couche de paille de trois à quatre pouces d'épaisseur ; sur cette couche de paille est placé le lin el le chanvre, d’une manière aussi égale que possible, el sans laisser des intervalles entre les tiges, jusqu’à ce que les trois quarts de la caisse soient remplis ; donner au tas une épaisseur plus forte, serait nuisible, parce qu’il s'échaufferait trop pendant la fermentation, et qu'alors il serait trop difficile d’abaisser la température au
(19)
moyen de l'eau froide ; c’est aussi le principal motif pour- quoi nous conseillons de ne donner à la caisse qu'une hau- teur de six pieds au plus. Après avoir entassé le lin d'aprés la manière indiquée , on le couvre d’une nouvelle couche de paille de la même épaisseur que la première qui se trouve au fond de l'appareil. Cela fait, on remplit la caisse d’eau coulanle ou de pluie, qui est encore plus propre à cet usage, et on la ferme avec un couvercle également percé de trous. ( Voir la planche.)
Suivant la température et le degré de dessiccation du lin, on le laisse en macération pendant 24 ou 48 heures; puis on Ôle le lampon, et après avoir laissé écouler l’eau, un ouvrier enlasse le lin avec les pieds armés de sabots.
Le lin ainsi entassé et couvert d’une couche de paille ne tardera pas à entrer en fermentation plus ou moins promp- tement, suivant l'étal de la température de l'atmosphère.
Le point le plus important dans le rouissage, d’après cette méthode, est de diriger la fermentation de manière à ce que la chaleur intérieure n'excède jamais de 30 à 36 degrés - du thermomètre de Réaumur.
La chaleur qui se développe dans l’intérieur de la caisse pendant la fermentation, s'élève graduellement. Le pre- mier jour, la température se trouve presque au niveau de celle de l'air ambiant ; le lendemain elle monte déjà jus- qu’à 20 degrés, et elle continuerait ainsi à monter jusqu’à 70 degrés et même au-dessus, si l'on ne prenait pas soin de l'abaïsser, en y versant une douzaine de seaux d’eau froide et plus, suivant la quantité de lin qu'on rouit, ce que l’on doit répéter chaque fois, lorsque la température dans l'in- térieur de la caisse montre une tendance à s'élever au-dessus de 36 degrés de Réaumur. Si l'appareil se trouve placé dans un lieu chaud et abrité contre les vents froids, on a ordi-
( 20 )
nairement besoin d'abaisser la température deux fois pen- dant'vingt-quatre heures; si, au contraire, il fait froid, ou si l'appareil a une exposition défavorable, un seul abaisse- ment avec de l’eau froide suffit. Je dois ici faire remarquer qu’une chaleur au-dessus de 40 degréset plus, ne détruirait pas seulément la substance gommeuse, mais altérerait pro- fondément la qualité de la filasse. En règle générale, il est bon et même indispensable d'observer de temps en temps le thermomètre qu’on aura d’abord enfoncé au milieu du tas , et de verser de l’eau froide chaque fois que la chaleur tend à s'élever au-dessus de 36 degrés, car la perfection du rouissage dépend en grande partie de l'attention que l’on a d'empêcher que la chaleur ne devienne trop forte.
Le troisième jour on tire plusieurs tiges du milieu du tas, pour examiner si la substance gommo-résineuse est déjà suffisamment décomposée , et si la filasse commence à bien se détacher de la partie ligneuse. On s’en assure en passant une lige entre l’index et le pouce ; si, par ce frot- tement , il s'en détache une substance grisâtre qui saligse fortement les doigts, c’est alors le terme et le signe de Ja perfection du rouissage, et on doit se hâter d'enlever les débris de la substance gommeuse. A cet effet, on répand ‘sur la couche de paille qui couvre le lin, une couche de cendres de bois de l'épaisseur de 4 à 5 pouces, puis on verse de l’eau en petite quantité et successivement; la pôlasse contenue dans les cendres dissout et enlève complétement les débris de la substance gommeuse sans endommager la filasse ; enfin , aprésavoir versé encore quelques seauxd'eau, on tire le lin de la caisse, on le lave dans un ruisseau ou avec de l'eau de pompe, el on le sèche, soil à l'air, soit dans un four à pain doucement échauffé.
Il est nécessaire de faire remarquer que l'emploi des cen-
(21) dres de bois n’est pas absolument nécessaire , car an obtient déja un bon rouissage sans cela; mais en employant ces cendres, on a l'avantage que les débris de la substance gom- meuse sont plus complétement enlevés, la filasse est plus nette et on en perd moins par les manipulations subséquen- tes, c’est-à-dire, on aura plus de filasse et moins d’étouppes.
Si, en passant une tige de lin entre les doigts, la matiére gommo-résineuse montre encore une couleur verte, et si en même temps elle est encore gluante, c’est un signe que le rouissage n’est point encore achevé , et il faut alors laisser le lin jusqu'au lendemain dans la caisse.
Trois rouissages que j'ai faits de celte manière, soit avec du lin, soit avec du chanvre, m'ont fourni la certitude que, d’après ma méthode, ces tiges filamenteuses peuvent être parfaitement rouies dans l’espace de 4 à 5 jours au plus, sans aucune autre peine que d'observer pendant que le rouis- sage dure, la marche de la fermentation, et de verser de l’eau froide sur le tas, lorsque la température dans l'inté- rieur menace de s'élever au-dessus de 36° du thermomè- tre Réaumur.
Avant de finir cet article, je dois encore faire observer que j'ai modifié les procédés décrits ci-dessus, en employant les cendres de bois le deuxième jour aprés avoir mis le lin au rouissage; et j'ai trouvé en l’examinant le lendemain, que la substance gommeuse était plus parfaitement dé- truile que pendant les premiers essais ; où j'avais employé les cendres de bois à la fin du rouissage seulement, dans le but d'enlever les débris de la matière gommeuse,
On voit donc, d'après l'exposé ci-dessus, que mon procédé offre plusieurs avantages notables :
1° On peut rouir toute l’année , surtout si on est à même de pouvoir sécher le lin à l'étuve ou au four à pain;
(22)
2° La durée du rouissage n’élant que de trois ou quatre jours, tous les cultivateurs de lin du même endroit peu- sent rouir leur lin ou leur chanvre dans le même appareil;
3° On évite les effets nuisibles et insalubres des procédés ordinaires ;
4 La qualité de la filasse ne reçoit aucune atteinte, comme cela arrive souvent lorsque , à cause du temps défa- vorable, on est obligé de laisser le lin et le chanvre très- longtemps dans l'eau ou sur les champs ;
5° Un seul particulier pourrait dorénavant s’occuper du rouissage du lin pour toute une commune ; celte opération se perfeclionnera de cette manière peu à peu, et la perle de filasse, sous forme d’étouppes , sera moins grande.
DESCRIPTION DE LA PLANCHE.
Fig. 1. C’est la forme de la caisse dont, je me suis servi pour faire mes expériences.
Fig. 2. C’est la coupe verticale de la caisse, aa est l’espace qu’on remplit aux trois quarts avec du lin; Üb est le faux fond percé de trous, qu’on peut aussi remplacer par une grille; c est le trou fermé par un tampon, par lequel on laisse écouler l’eau ; d le thermomè- tre ; ce les couches de paille.
Fig. 3. C’est le faux fond percé de trous.
HISTOIRE NATIONALE.
Sur une flotte de croisés partie en 1189 de l'embouchure de l'Escaut, et qui relächa en Portugal; par le baron De Reiffenberg, membre de l'académie.
Quand les étrangers font le portrait des Belges, ils leur
accordent volontiers ce bon sens positif et matériel qui sem-
nai EE omtieE dé
rm ur
(23)
ble exclure l'élément poétique : s'ils se montrent prodigues en ce point, c’est à condition de nous dépouiller de tout le reste , et ils ne nous laissent une grossière raison que pour nous dénier plus aisément les qualités brillantes de l'esprit et du cœur. Et pourtant que de physionomies originales, que de grands caractères apparaissent dans notre histoire! que de faits singuliers, que d'entreprises aventureuses cap- tivent l'intérêt dans nos annales! N'avons-nous pas prouvé à suffisance qu'il y avait en nous les deux principes de toute poésie, le sentiment religieux et cette hardiesse qui pousse à l'inouï, à l'imprévu ? L'époque des croisades suffirait seule pour établir cette thèse et démontrer qu'aux avantages so- lides de l'intelligence , nous pouvons joindre aussi eet éclat que donnent les vertus héroïques et les inspiralions noble- ment romanesques.
Les croisades, telles qu’on les a racontées, sont wn vasté tableau où toute la famille chrétienne est confondue, et c'est réellement ainsi que le sujet devail être conçu dans sx plénitude. Mais, puisque les grandes lignes sont tracées, que le terrain est exactement mesuré, il n’y a plus d’inconvé- nient à ce qu'on s'occupe spécialement de la place que nous y avons prise, c’est-à-dire à traiter des croisades dans leurs rapports avec notre pays, à écrire, comme on dit, une mo- nographie des croisades belges. De cette manière une foule de noms, une multitude d’anecdotes qui rompraient l'u- nilé de l’histoire générale, feraient précisément le prix d’ane narration particulière, et les plus petits détails auraier tleur charme et leur utilité.
Une découverte récente de M. le chevalier Costanzo Gaz- zera, secrétaire de l'académie royale de Turin, donne lieu de penser que bien des circonstances relatives à nos croisés: sont encore inconnues.
(24)
Un manuscrit qu'il avait acheté à bas prix, à Aix, lui a procuré la relation écrile par un contemporain d'une expé- dition navale partie de l'Escant en 1189, composée d’Alle- mands et d'habitants des Pays-Bas (1). Il vient de la publier dans les Mémoires de l’académie de Turin, avec une intro- duction curieuse (2). 1
L'auteur de celle relalion, ainsi que le remarque jus- tement M. Gazzera, n'est autre qu’un allemand. S'il ne parlait pas de l'empire germanique comme de son pays, il suffirait, pour s'en convaincre, de ses comparaisons réilé- rées des localités étrangères avec celles de sa patrie.
Cette pièce nous intéresse à un double titre : d'abord parce qu’elle concerne notre pays, ensuile parce qu’elle dé- couvre un coin des annales d’une nalion amie ,avec laquelle la Belgique vient de contracter une alliance plus étroite que jamais, alliance indiquée par la politique, raffermie par les souvenirs du passé et à laquelle les sympathies littéraires prêtent peut-être aussi quelqu’appui (8).
La seconde croisade dont les chefs furent, on s’en sou- vient, l'empereur Conrad III et le roi de France Louis-le- Jeune, celte croisade préchée par S'-Bernard, avait eu les
(1) Trattato della dignita ed altri inediti scritii di Torquato Tasso. Torino , stamperia reale, 1838, in-80, pp. 47—50.
(2) Delle memorabili imprese di una flotta di crociati partita. dalle foci della Schelda, etc. Memorie della R. accademia delle scienze di To- rino, serie LL, tom. II, p. 177.
(3) M. De Macedo, secrétaire de l’académie royale de Lisbonne et cor- respondant de notre compagnie, est un des hommes les plus propres à en- tretenir ces sympathies. Les représentants du Portugal à Bruxelles ont, de leur côté, secondé de tout leur pouvoir les relations scientifiques
des deux royaumes, et M. le chevalier de Noronha montre , à cet égard, .
un zèle et une courtoisie dont nous ne pouvons trop le remercier.
(25) plus funestes résultats. Jérusalem était retombée sous la domination musulmane, son faible monarque gémissait dans les fers et le grand sépulcre du Christ(il gran sepolcro di Cristo), suivant la haute expression du Tasse, ce sépulcre affranchi par Godefroid, recevait de nouveaux outrages.
La chrétienté entière était en deuil, partout la chaire sacrée retentissait de véhémentes exhortations. Les rois et les peuples étaient appelés à la défense de la foi. Le plus illustre des Johenstauffen, l'empereur Frédéric I®, sur- nommé Barbe-Rousse, le roi de France Philippe-Auguste et Richard-Cœur-de-Lion, roi d'Angleterre, se mirent à la têle du mouvement. Il eût été difficile de réunir trois re- nommées plus imposantes.
Ce fut alors que leva l’ancre la flotte dont le manuscrit de M. Gazzera rapporte l'itinéraire,
Le 1° mai 1188 (vieux style), cette flotle, qui comptait onze navires bien fournis de combattants, d'armes et de vi- vrès, quilta le port de Bleclerente, mot qui, selon M. Gaz- zera, désigne l'île de Walcheren, appelée en hollandais V laanderen, ajoute-t-il en note, par une légère erreur fort excusable dans un étranger. Bleclerente est peut-être Fles- singe (7/lissingen). Huit jours plus tard , après avoir aban- donné un bâtiment échoué sur le sable, elle était dans le port de Lothevigestohet (Lewestoff ?), en Angleterre.
Trois navires échouërent encore le jour suivant, à l’en- trée du port de Sandwich, mais on sauva les équipages et les cargaisons, el l'on parvint même à radouber l’une des galées.
La flotte s'élant grossie de quelques autres voiles, se remit en route après une station de vingl-trois jours. Elle toucha à plusieurs reprises les côles de France et de la Bre- tagne, qui, dit le narrateur, renferme neuf évêchés, dans
‘trois desquels on se sert de la langue bretonne , qui n’est
(26 ) commune à aucun autre peuple, tandis que dans les autres on ne parle que français.
M. Gazzera, pour rectifier ce passage, cite le rapport de M. De Villemarqué au ministre de l'instruction publique (10 mai 1839), dans lequel il lui raconte comment un de ses compagnons de voyage ayant chanté à des Gallois un hymne de bienvenue, en langage celtique, fut compris avec enthousiasme par une foule en délire.
Après avoir abordé en Espagne, aperçu une mullitude de poissons pareils à des turbots, mais ayant jusqu’à sept pieds de longueur, et vu deux chandelles luire pendant un temps fort long au faîte d'un mât , phènomène que nous dé- signons sous le nom de feu St-Elme, la flotte entra dans le Tage que l’auteur compare à l'Elbe. « Lisbonne, dit-il, est riche et fort grande ; il y avait quarante ans que nos pèlerins s'en étaient emparés. À trois mille de cette ville est une forteresse appelée Sintrum (Centra), où les cavales sont fécondées par le vent, et où naissent les coursiers les plus viles, qui malheureusement ne vivent pas plus de huit ans. »
Il n’est personne qui ne reconnaisse dans ce passage les traces d’une superstition classique, adoptée par Varron, Solin, Columelle, et embellie par le style incomparable de Virgile (1).
La flotte qui avait complété ses onze bâtiments, en trouve trente-quatre dans le port de Lisbonne. Il y avait quatre
(1), Illie Ore omnes versæ in Zephyrum, stant rupibus allis, Exceptantque leves auras; et sæpe, sine ullis Conjugiis, vento gravidæ (mirabile dictu{)
Saxa per et scopulos et depressas convalles Diflugiunt. (Gcorg., III, 272.)
(27) semaines que cinquante-cinq navires, montés par des Alle- mands et des Flamands, avaient pris surles Sarrasins le fort d’Alvor. On y avait égorgé environ 5600 personnes, sans épargner l’âge ni le sexe.
Les compagnons de l’auteur n'étaient guère plus modé- rés, et l’avidité du gain leur faisait commeltre bien des excès. Le roi de Portugal, Sanche I, voulant mettre à profit la venue de ces hôtes, que l'inaction pouvait rendre incom- modes, lés engagea à faire le siége de Silves que les Maures possédaient dans les Algarves. Silves paraît à l’auteur de l'étendue de Goslar, ville saxonne du duché de Brunswick, dont M. Otton Güscher vient, par parenthèse, de meltre au jour les Statuts municipaux (1).
Nos aventuriers ne lardérent pas à forcer la ville basse. Le lendemain , 22 juillet, après avoir entendu la messe et dévotement communié, ilsdonnérent l'assaut à la ville haute; mais repoussés avec perte, ils mirent le feu à la partie dont ils étaient déjà les maîtres; quoique l'incendie eût peu de prise sur des maisons recouvertes en briques et dans la construclion desquelles il n’entrait presque pas de bois.
Le 3 septembre, les Maures abandonnérent leurs de- meures. La capitulation portait qu'ils se retireraient cha- cun avec un seul vêtement , que les croisés auraient le mobilier et le roi de Portugal la ville. L'auteur avoue que les siens n'observèrent pas très-scrupuleusement les clauses du traité, et que quelques-uns se livrèrent même à d’atroces barbaries.
Le siége , dont les progrès et les vicissiludes sont décrits avec beaucoup de soin et même avec une certaine facilité de
em
(1) Berlin, G Reimer, 1840, in-8o.
( 28 ) style, avait duré quarante-cinq jours : la plupart des ha- bitants avaient péri de disette ou par les armes. Cette ville, qui contenait avant la catastrophe 15,800 âmes, était plus forte, mieux bâtie et dix fois plus riche que Lisbonne.
Pendant le siége, les Portugais, dit l’auteur, ne travail- laient ni necombattaient, se bornant à nous insulter comme tentant quelque chose d’impossible. Au commencement du siége , les croisés étaient au nombre de 3500 en tout, plu- tôt moins que plus. L'armée du roi de Portugal était plus considérable : elle avait pour auxiliaires des chevaliers hos- pitaliers de St-Jean, des chevaliers de Calatrava et des Tem- pliers, qui conduisaient des femmes avec eux à la guerre el n'en vivaient pas moins régulièrement.
Le partage du butin faillit exciter de graves disputes. Les croisés flamands s'étaient emparés d’une partie du blé, qu'ils vendaient aux Portugais. Pour éviter des rixes fâcheuses, les croisés livrérent la ville au roi et s’en rapportérentà son équilé pour la récompense de leurs fatigues, de leurs sacri- fices et de leurs exploits, mais le roi , une fois entré dans la place, garda tout pour lui et ne donna rien aux croisés. Malgré ces divisions, un prêtre flamand fut choisi par les Portugais pour évêque de Silves, et plusieurs de ses com- patriotes restèrent avec lui. |
Par le secours des croisés, le roi de Portugal dominait non-seulement sur Silves, mais encore sur dix châteaux, qui dépendaient du territoire de cette cité.
Le 27 septembre, les croisés détruisirent Cadix où les Sa- rasins affluaient trois fois par an, pour échanger les pro- duits de l'Afrique et de l'Espagne.
Puis ils passèrent le détroit de Gibraltar et débarqué- rent à Marseille, où ils virent ainsi qu'à Montpellier, des marchands qui étaient, lors du passage de la flotte, dans
(29) des villes mauresques, et qui leur affirmèrent que sa venue avait causé aux Sarasins une si grande terreur, que, loin d’oser se défendre en cas d'attaque, ils ne songaient qu’à fuir.
loi s'arrête la narration, qui offre tous les signes de la bonne foi (1). M. Gazzera mérite notre gratitude pour l'a- voir lirée de l'oubli.
Meyer, sous l’année 1188, parlant de la troisième croi- sade , rapporte que Jacques d’Avesnes fut le premier des Belges à y prendre part, el qu'il se rendit en Sicile avec sept mille hommes. Il fut suivi d'une grande flotte de Da- nois , de Frisons, de Hollandais et de Flamands qui navi- guérent vers l'Afrique et s'emparèrent de la ville de Silres. Je trouve, ajoute Meyer, que dans cette expédition les Fla- mands partirent avec trente-sepl baliments (2).
- Ainsi Meyer, qui avait approfondi les antiquités de la Flandre, n’ignorait pas la prise de Silves, mais il se borne à la mentionner en deux mots , et le récit publié par M. Gaz- zera lui sert ainsi de commentaire.
La commission royale d'histoire de Lisbonne a recueilli dans la collection de documents inédits, publiée par ordre de l'académie, les Chroniques des seigneurs rois de Por- tugal, par Ghristoväo-Rodrigues Acenheiro (3). Il y est parlé moins briévement de la prise de Silves , laquelle y est attribuée à des Allemands, des Flamands et des Fran-
(1) Is’est glissé quelques fautes dans le latin : p.3, guidam habuerat, lisez quidam habuerunt, p.27, possentes — poscentes, ib., chericum — clericum, elc.
(2) Annales Flandriæ. Antv.1561 , in-fol. 56 verso.
(3) Colleccao de ineditos de historia portugueza. Tomo IV. Lisboa, 1824 , in-fol., pp. 56 --58.
(50)
çais : mais ceux-ci n'avaient que trois navires, et leur con- cours. devait se réduire à peu de chose. La présence des croisés allemands ct belges sur les côtes de Portugal en 1188 (vieux style), est également attestée par la plupart des historiens, même par l'Ært de vérifier les dates; toutefois si on savait le gros de l'événement, les particularités en élaient ignorées, et nous n’en sommes instruits que d’au- jourd’hui.
ARCHÉOLOGIE.
Le jugement de Pris. Vase peint de la collection de DT. le chevalier Pizzati, expliqué par M. Roule, membre de l'académie.
Une belle amphore à figures jaunes sur fond noir, ap- partenante à M. le chevalier Pizzali de Florence, offre d'un côlé le jugement de Pâris, et de l’autre Bacchus et Ariadne faisant une libalion sur un autel. Nous réservant de pu- blier ailleurs en entier ce vase encore inédit, nous don- nons seulement ici le dessin et l'explication de la peinture principale, laquelle se recommande principalement à notre attention par une parlicularilé sans exemple sur loutes les représentations de ce sujel connues jusqu'à ce jour,
Tous les Dieux de l'Olympe avaient été conviés aux noces de Pélée et de Thélis, à l'exception d'Eris, ou la Discorde; celle-ci furieuse de son exclusion el voulant s’en venger, vint jeler au milieu de l'assemblée une pomme d’or portant pour inscription : 4 la plus belle. Trois des déesses présentes, Junon, Minerve et Vénus en revendiquèérent la possession. Jupiter renvoya la décision à l'arbitrage de Pàris, jeune el beau berger du mont Ida, devant lequel les trois
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déessesf urent conduites par Mercure. Le pâtre idéen, sé- duit par les charmes de Vénus et par la promesse qu’elle lui fit de la main d'Hélène, se prononça en sa faveur. Tel est en substance le mythe dy jugement de Pâris. Cette fable, quoique postérieure à Homère (1), est cependant très-ancienne, puisqu'elle se trouvait déjà dans les chants cypriques (2). Les écrivains postérieurs, poètes et prosa- teurs, grecs ou romains, purent bien l’embellir et la mo- difier dans ses détails, mais rien ne paraît indiquer qu'ils aient changé le dénouement ; chez tous, Vénus obtient le prix de la beauté.
L'art grec s’'empara de bonne heure de ce sujet, et le traïla avec une certaine prédilection. Pausanias (3) rap- porte qu’il était figuré déjà sur le coffre de Cypselus et sur le trône d’Apollon à Amyclée, où peut-être il n’était que la répétition d’un type plus ancien encore. Les monuments offrant cette représentation qui sont parvenus jusqu'à nous, sont fort nombreux : M. Raoul-Rochettg (4) et tout récemment M. Creuzer (5) en ont donné une longue no-
(1) Il existe bien dans l’Iliade (XX1V, 28, sq.) une allusion au jugement de Pâris, mais des critiques de l'antiquité (Aristarchus ap. Eustath, ad TI. 1 ce. p. 834, éd Lips. Macrobius Saturnal. V , 16.) ont décidé déjà que ces vers ne pouvaient appartenir à Homère, et leur décision a été ratifiée par les principaux critiques modernes. Hemsterhuys, ad Lucian. Dialog. Deor., tom. Il, pag. 352. Lehmann. Heyne Zd Iliad, Gbservat., pag. 590. Cf. Fuchs, De vurietate fabular. Troicarum quæstiones , pag. 39.
(2) Procli Chrestomathia, pag. 472. éd. Gaisfore.
(3) V,19, 1.111,18, 7.
(4) Monuments inédits d’antiquité figur. Odysséide, pag. 260 suiv.
(6) Zur Gallerie der alten Dramatiker ; Auswul unedirter Griechis- cher Thongefässe der Crossherz. Badischen Sammlung ën Karlsruhe. Heidelberg , 1839 , pag. 22-28.
(32)
menclature, sans cependant l’épuiser (1). Il faut remarquer que le moment de l’action choisi par les artistes n’est pas toujours le même : tantôt il nous font voir la procession des trois déesses se rendant au mont Ida sous la conduite de Mercure , ou bien seulement les préliminaires du départ; tantôt ils nous les montrent en présence de leur juge ; quelquefois même ils se contentent de dépeindre Vénus célébrant son triomphe (2). La scène du jugement à pro- prement parler, qui est celle qu'offre la peinture dont nous nous occupons, présente à son tour une assez grande variété , résultant de la différence des détails et des motifs ou du nombre des personnages présents. Mais sur les monu- ments, de même que chez les auteurs, c’est toujours Vénus qui sort victorieuse de la lutte.
La scène que nous avons devant les yeux est donc enlié- rement neuve, et se rapporle à une tradition différente de toules celles que nous connaissons, puisque la déesse qui tient Ja pomme n’est pas Vénus, mais bien Junon, comme va le prouver l'examen du tableau. Le premier personnage que nous remarquons en commençant par la gauche, c’est Pâris assis, la main gauche appuyée sur son pedum el re- posant sur son genou sa main droite , de laquelle il vient de remettre la pomme à la déesse qui est debout devant lui. Sa mise, si elle n'indique pas le patre sauvage du mont Ida, n’a rien non plus du luxe asiatique qui, sur d’autres vases (3), rappelle le jeune prince troyen. Il esl vêtu d’une
2 ———— —— — ———————— ”———"— ———————— ——
(1) Cf. Welcker, Rheinisches Museum für Philologie, t. VI, pag. 628.
(2) Cf. Creuzer , ouv. c., pag. 22 suiv.
(3) Nous citerons un vase de la collection de M. Gros, à Paris, publié par MM. Gerhard, (Autike Bildwerke, 1, Taf 25, et Raoul Rochette. oux. c., planch. 49 , n°2), et celui du musée de Carlsruhe, publié par M. Braun,
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(33) tunique 'courlesans manches, et d’une chlæna; une cein- ture serre la tunique au milieu du corps. Ses pieds sont chaussés de bottines et sa tête coiffée d’un pétase. Le rem- placement du bonnet phrygien, sa coiffure ordinaire, par le, pétase; est une parlicularité digne de remarque , bien qu'elle ne soit pas sans exemple (1). Le bâlon sur lequel il s'appuie, et que nous avons appelé un pedum, se rap- proche beaucoup plus cependant de la forme de la massue ; rien n'empêche d'ailleurs que nous lui donnions ce nom puisque, tout bien considéré , le pedum n’est qu’une modi- fication de la massue (2), et si sur nolre peinture celte dernière est attribuée à Pâris; si ailleurs nous la rencon- trons également entre les mains de Ganymède (3), d’Ar- gus, gardien d'Io (4), ou de tout autre berger (5), en revanche une peinture d'Herculanum (6) montre Thésée, vainqueur du Minotaure, armé du pedum. En face de Pâris se trouve la déesse victorieuse, portant dans la main droite,
Il Giudizio di Paride ,“rappresentato sopra tre inediti monumenti. Va- rigi, 1838 , et par M. Creuzer ; ouv. c., Taf, I. Voy. les Pre de ce dernier, pag. 38 et 101 suiv.
(1) Un jeune hommeavec la chlamyde et le pétase sur un vase du musée de Berlin, est pris pour Päris par M. Gerhard (Berlin’s antike Bildwerke, pag. 321). Mais il faut noter que lés circonstances ne sont pas les mêmes,
(2) Cf: Braun, dans les Annali dell Instituto archeo!., vol, VIE, p. 111, not, 2.
(3) Sur le grand vase de Ruvo à sujets nupliaux; Monumenti incité dell’ Institut. archeolog., vol. IL, tav. XXXI.
(4) Sur une hydrie du musée royal de Berlin ; voy. Lenormant et de
. Witte, lite de monuments cérumographiques, pl. XXV , texte pag. 49.
(5) Voy. une scène pastorale sur un sarcophage, publiée par M. A. de La Borde , Voyage pittoresque de l’Espagne, vol. LE, pl. IT, et reproduite dans le Zeëtschrift für Geschichte und Auslegung der altex Kunst, he- rausgeg. von F..G. Welcker, taf, I, no 2
(6) Museo Borbonico, vol, X, tav. LI.
Tom. vu. Si
(34) qu’elle tient élevée, la pomme qu'elle a reçue à l'instant même. Les attributs de celte déesse ne sauraient laisser de doute dans l'esprit de l’archéologue sur le nom qu'il convient de lui assigner. C’est bien évidemment Junon : le large diadème (5=ecæm) qui lui ceint le front (1), lesceptre surmonté d'une grenade, qu’elle tient de Ja main gauche, le long péplus qui est relevé et atlaché sur sa têle, en forme de voile, peut-être aussi son port majestueux, déno- tent suffisamment l’épouse de Jupiter et la reine de l'O- lyÿmpe. Quant à son vêtement, il consiste , outre le péplus dont il vient d'être parlé ,en une double lunique, dont la partie supérieure est ornée de riches broderies. En arrière de Junon, à qui elle tourne le dos, se voit Minerve avec son armure complète, la lance, le casque et le bouclier. Elle est vêtue d’une double tunique à manches courtes et d’un péplus. Sa poitrine est en outre recouverte de l'égide, qui toutefois manque de son terrible ornement , la tête de Méduse. Vénus occupe l’autre extrémité du tableau, elle porte également une double tunique, mais sans bro- deries, et un péplus dont elle relève un bout de la main gauche. Dans la main droite elle tient une branche de myrte (2). Sa coiffure n’a rien de remarquable : un simple cordon retient ses cheveux dont les longues houcles retom- ‘bent sur ses épaules. Des pendants ornent ses oreilles, Les
(1) Comme à la statue de Junorr à Argos , voy. Pausanias II , 17, 4. avec lanote de Siebelis, tom. 1, pag. 204. Müller, Zandbuch der Archæologie $ 120, not. 2; relativement à la grenade, voir. Creuzer , Symbolik, pag. 538 Dierbach, Flora mythologica, pag. 107 sq.
(2) Le myrte était consacré à Vénus; Pausanias VI, 24, 5. Cf, J.H. Dierbach. Flora mythologica oder Pflansenkunde in Bezug auf Mytho- dogie und Symbolik der Griechen und Roemer. Francfurt, 1833 , p. 61 suiv.
(35) deux déesses se regardent en face et semblent s’entretenir de la préférence que vient d’obtenir leur rivale.
Ea comparant notre peinture avec les autres représenta- Lions du jugement de Pâris, on remarque l'absence d’un des personnages habituels de cette scène, à savoir du dieu qui a amené les trois déesses devant le berger du mont Ida. Cela proviendrait-il de ce que la tradition que suivait l'artiste ne connaissait pas la conduite des déesses par Mercure, ou bien aurait-il jugé que la présence de ce dieu, qui ailleurs (1) semble favoriser le triomphe de Vénus, eût été déplacée dans un tableau où la pomme est adjugéc à Junon? D'un autre côté, on remarque également qu'ici rien ne caractérise le lieu où la scène se passe, tandis que sur d’autres vases la localité est indiquée soit par la nymphe de l'Ida, soit par un satyre (2) soit par un paysage et par un troupeau (3), ou, comme sur un vase (4) de la collection de feu le duc de Blacas, par une colonne à laquelle sont suspendus les attributs du culte de la déesse phrygienne Cybèle. À la vérité l'éminence sur laquelle Pâris, à en juger d’après sa posture, est censé être assis, peut faire allusion à un rocher du mont Ida. En outre le bâton, massue ou pedum, que tient le jeune fils de Priam, est le seul signe qui rappelle sa condition de berger ; iln’a pas, comme d'or- dinaire, à ses côlés son chien fidèle, Si l’une des déesses,
(1) Voy. Creuzer, Zur Gallerie der alten Dramatiker, pag. 24.
(2) Raoul Rochette, ouv. c., pag. 261 suiv. Creuzer , 1. 1.
(3) Peinture murale du tombeau des Nasons. Bartoli, Pétture ant del sepolcrode’ Nasoni, tav. XXXEV. Millan, Gallerie mythologique, GXLVII, 537. Sarcophage de la Villa-Pamphili, chez Raoul Rochette, ouv. c. pl. L,1. ,
(4) Publié dans Gerhard’s , Antike Bildwcrko, X, Taf, 32,
( 36 )
ou même toules les trois ne nous apparaissent pas dans un état de nudité complète, telles que l’art grec, à l'époque de son déclin, qui fut aussi celle de la décadence des mœurs, s’est plu à les représenter , el telles que plus tard l'art ro- main, fruit d’une civilisation non moins corrompue , les a reproduites. de préférence, si, au contraire, l'artiste les a montrées entiérement vêlues, conformément aux régles sévères de la décence, règles qu’observa toujours rigoureu- sement l'art grec ancien, c’est qu'ayant tout sans doute la nature de son sujet lui faisait une loi d'adopter ce type sévère. En effet Pàris décernant le prix de la beauté à la grave el impérieuse épouse de Jupiter, n’était plus le jeune troyen voluptueux qui succombe à la séduction des charmes et des promesses de Vénus.
. Après l'examen de celte peinture, on se demande natu- Sant quelle a pu être la source de la tradition qui lui sert de base. La fable vulgaire créée par l'épopée reçut principalement d’elle ses développements. Le jugement de Päris y est étroitement lié à l'enlèvement d'Hélène et aux causes de Ja guerre de Troie. C’est pour. prix de la préfé- rence qu'il lui a accordée que la mère des amours procure au prince Troyen la possession d'Hélène. De plus, cette fable se trouve parfaitement en rapport avec les senti- ments bienveillants ou hostiles dont les poèmes homéri- ques nous montrent les trois déesses animées envers les Grecs et les Troyens. La tradition conservée par notre vase au contraire, ne semble nullement se rallacher à une action épique, ni même à un poème quelconque, nous croyons plutôt y reconnaître une production de la rhéto- rique. Après que Prodicus de Céos eul mis en vogue son allégorie d'Herculé entre le vice et la vertu, on ne larda pas à présenter le jugement de Paris comme en étant le
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(37 ) contre-pied (1): d’un côté le triomphe de la vertu, de l'autre celui de la volupté ou du vice. C'est sous ce point de vue purementéthique, nous semble-t-il, qu'il faut expli- quer le beau vase peint du jugement de Päris au musée de Carlstuhe, bien que M. Creuzer, qui l'a illustré tout ré- cemment avec celte supériorité d'esprit et d’érudilion qui le distingue , réconnaisse à cetle peinlure un caractère cos- mique (2). Nous pensons que l'artiste y a représenté sous la forme de Pàris, un éphèbe placé entre le choix de la félicité (Evrsyxz) que donne la jouissance des plaisirs ; ou de la gloire (Kyem) que l'homme recueille sur le chemin de là vertu (3). Mais de même qu'Hélène trouva des pané- gyristes dans Gorgias et dans Isocrale (4), il est possible qu'il se soit rencontré quelque sophiste qui ait entrepris la réhabilitation de Päris, et qui, pour disculper son héros du reproche de mollesse et de luxure, l'ait dépeint insen- sible aux attraits de Vénus et cédant aux instances de Junon, qui lui promettait l'empire de l'Asie, Cette supposition ad- mise, il reste cependant toujours à expliquer pourquoi l’auteur de la peinture que nous décrivons, s'écarlant de Ja tradition vulgaire, s’est attaché de préférence à une
(4) Voy. Creuzer, ouv. c., pag. 10 suiv. 89 suiv. (2) Zur Gallerie , etc., pag..82.
(3) Je crois devoir maintenir au mot KAuwé/y la signification de gloire, sans méconnaître toutefois la valeur de l’objection élevée par M. Welcker contre cette interprétation (Rheinisch. Museum, vol. VI, pag. 630). Du reste l'honneur d’avoir le premier aperçu cette opposition entre la gloire et le bonheur revient à M, Otfr. Müller, qui me communiqua cette idée un soir que nous examinions ensemble ia brochure de M, Braun sur ce vase, pendant notre séjour à Rome, en novembre 1839.
(4) Un éloge d’ Hélène est parvenu jusqu’à nous sous le nom de Gorgias, nous en ayons un second par Isocrate, {
(58 )
version demeurée obscure et sans écho. Sur les vases qui, comme le nôtre, ont une destination funéraire, la représen- tation du jugement de Päris, en rappelant le bonheur échu en partage à un mortel d’être choisi pour arbitre - entre des divinités, ainsi que les jouissances ( dans le cas présent la grandeur et la gloire ) dont sa décision devint pour lui la source , fait allusion à la félicité de l'homme après la mort. L'intention de cette allusion est d'autant plus évidente ici, qu’elle se trouve répétée sur le revers du vase par la représentation de Dionysus avec Ariadne, autre mortelle fortunée dont le sort se trouve lié à celui d’un dieu. Ilse peut en outre que, sur notre vase, le jeune troyen soit la personnificalion du défunt même, et que celui-ci, sous le rapport du caractère, ayant eu plus de conformité avec le Pâris partisan et favori de Junon, qu'avec le Pâris protégé de Vénus, cette considération ait guidé l'artiste dans le choix de la tradition.
HISTOIRE NATIONALE.
Addition à la notice sur la nonciature de Pierre Forstius.
M. le chanoine De Ram fait connaître qu’un savant hol- landais, M. J.-J. Dodt Van Flensburg, auquel on doit la publication d'un précieux recueil de documents histori- ques (4rchief voor kerkelyke en wereldsche geschiede- nissen, inzonderheid van Utrecht ; Utrecht 1838 ,in-4°), a eu la complaisance de lui communiquer des renseigne- ments sur Thomas Persoels, dont il est fait mention dans la notice sur la nonciature de Pierre Vorstius (Nouveaux
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(39) Mémoires de l’académie, tom. XII, p. 28). M. Dodi Van Flensburg possède plusieurs documents du XVI siècle, dans lesquels on rencontre le nom de Persoels ou Persoe- lis, famille qui, à cette époque, jouissait d’une assez grande considéralion à Utrecht. Une lettre de Henri Talesius, dont parle Pierre Opmeer (Martyrum Holland., p. 179), est adressée à Thomas Persoels, vicaire de St-Martin à Utrecht, qui paraît être la personne mentionnée dans le journal d'Ettenius. F. M. le directeur, en levant la séance, a fixé l’époque de la prochaine réunion au samedi 1° août.
OUVRAGES PRÉSENTÉS.
Mémoires de la société royale des sciences, de l’agri- culture et des arts , de Lille. Année 1839, 1°° parlie. Lille, 1839, 1 vol. in-8°.
Bulletin de la société industrielle d’ Angers et du de- partement de Maine et Loire. 10° année. Angers, 1839, 6 broch. in-8°,
Proceedings of the geological society of London. Vol. IE, n°° 66 et 67. 1839-1840. 2 broch. in-8°.
Annales de la société de médecine d'Anvers. An- née 1840, 5°, G° et 7° livr., 2 broch. in-&e.
Société d'agriculture et de botanique de Louvain. Sa- lon d'été, 1840. 41° exposition publique. Louvain, chez P.-J. Peeters, 1840. Broch. in-8°.
Société royale d'agriculture et de botanique de Gand.
( 40 ) Salon d'été, 1840. 63° exposition publique. Gand, chez Vanderbaeghen-Hulin, 1840. Broch. in-8°.
Mémoire sur l’opération du strabisme spasmodique, par C. Crommelinck. Bruges, chez miES pe 2 0 broch. in-8.
Consultation médico-légale sur le rapport judiciaire dans l'accusation d’infanticide portée contre la nommée Jeanne Cathérine Bosschaerts, par les docteurs C. Broeckx, F.-L. Vancamp, F.-J. Matthyssens et L. Haine. Bruxelles, sociélé encyclographique des sciences médicales, 1840, broch. in-8°.
Recueil de mémoires et d'observations de physique, de météorologie, d’agriculture et d'histoire naturelle, par le baron L.-A. D'Hombres-Firmas, 3° et 4° partie. Nîmes, 1838, 2 vol. in-8&.
Essai critique sur la nouvelle législation concernant le mariage en Pologne. Promulquée en 1836. Par O.-L. Lu- bliner. Bruxelles, chez Mucquart, 1840 , 1 vol. in-12.
Fäbulas de don Gabriel Alejandro Real de Azüa. Paris, 1839, 1 vol. in-12.
Société de la morale chrétienne. Assemblée générale annuelle, tenue le 4 mai 1840. Paris, 1840. Broch. in-&.
Journal historique et littéraire: Tom. VIF, 2° et 8° li- vraisons, juin et juillet, 1840. pue, chez Kersten. 2 broch. in-8°,
L'avocat pour et contre , ou résumé historique et phi- losophique de tout ce qu'on a écrit sur Ja liberté du com- merce des munitions naÿales;-suivi du jugement des plai- deurs. Bruxelles, 1779.— Mémoire manuscrit offert par M. J. Hayez, avocat à Bruxelles.
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BULLETIN
DE
L’ACADÉNIE ROYALE DES SCIENCES
ET BELLES-LETTRES DE BRUXELLES.
1840. — No 8.
Séance du 1% août.
M. De Gerlache, directeur. M. Quetelet, secrétaire perpétuel.
CORRESPONDANCE.
M. le professeur Corridi fait parvenir à l'académie, de la part deS. A. L. et R. le grand-duc de Toscane, un exem- plaire des actes du premier congrès scientifique italien, qui a eu lieu à Pise, au mois d'octobre 1839.
MM. C. Weiss et J. Bourgon, secrétaires généraux du congrès scientifique de France, annoncent que la 8° ses- sion aura lieu , cette année, à Besançon, à partir du 1° seplembre.
La société royale des sciences, lettres et arts d'Anvers, fait parvenir le programme de la fête bisséculaire qui aura
Tom. vu. 4.
(42) lieu en l'honneur de Rubens, du 15 au 25 août prochain, et exprime en même temps le désir que l'académie s’y fasse représenter par une dépulation.
M. J.-F.-L. Haussmann, secrélaire de la société royale de Gültingue, annonce que M. le professeur Wôhler est par- venu à oblenir un composé fort remarquable de tellure el du radical de l’éther, ayant pour formule CH'°T..
M. le professeur Schumacher, correspondant de l’aca- démie, écrit au secrétaire qu’il se propose d'observer le 10 aoûl prochain, les étoiles filantes, de 9 heures du soir jusqu'à minuit, dans la vue de faire servir l'observation de ces phénomènes à la détermination des longitudes, et par- ticulièrement à l'appréciation de la différence de longi- tude entre les observatoires d’Altona et de Bruxelles. M. Schumacher recommande de saisir de préférence l’ins- tant de l'extinction du météore.
M. le professeur Colla, de Parme, écrit que son inten- tion est également d'observer les éioiles filantes pendant vingl nuits de suite, en commençant au 1% août , afin de savoir si celles du 9 au 11 août sont en eflet plus nom- breuses. « Mes observations dureront chaque soir jusqu’à minuit, dit M. Colla, en exceptant les nuits que vous avez re- commandées, dans lesquelles je ferai ces observations, assisté de plusieurs amateurs, jusqu’à la naissance du jour. Malheureusement, cetle année, les observations les plus importantes seront troublées par la présence de la lune. »
M. Louyet fait hommage à l'académie, de la part de M. le docteur Thibert, de Paris, d'une pièce artificielle d'anatomie pathologique.
M. le docteur Defooz, vérificateur des décés pour les quarliers sud et ouest de la commune de Liége ; commu- nique les résultats de ses observalions statistiques sur le
D nn à à À
(#3 ) mouvement de la population pendant le second trimestre de 1840. (Commissaires : MM. Sauveur et Quetelet.)
M. H. Lambolie présente une note manuscrite sur l’or- ganisation des membranes séreuses , avec planches. M. Cantraine est invité à faire, dans la prochaine séance , un rapport verbal sur cette note.
RAPPORTS.
ÉLECTRO-PHYSIOLOGIE.
Rapport de M. Cantraine sur le mémoire de MM. le professeur Zantedeschi et le docteur Favio, présenté a la séance du 4 avril dernier.
Le mémoire qui nous est adressé est relatif aux doctrines électro-physiologiques , et le but des expériences que’ ces messieurs ont faites , est de vérifier s’il existe dans les ani- maux à sang chaud des courants électriques; de rechercher leurs rapports avec la vie, leur intensité, leur direction, leur nombre, et comment on peut les découvrir. L'électri- cilé , considérée soit comme cause des phénomènes de la vie , soit comme effet spécial et intime de celte même vie, est un sujet en quelque sorte neuf : peu de monde s’en est occupé, aussi les difficultés qui entourent de telles recher- ches sont-elles nombreuses , et l’on doit reconnaître ,avec les auteurs, que, dans cette circonstance, le concours de la physique et de la médecine est indispensable, tant à cause des appareils dont on doit faire usage que de la perspicacité nécessaire pour pénétrer les mystères de l’organisme vital.
(44)
Ces messieurs partent du principe émis par les savants professeurs de Pise, Pucinotti et Pacinotti, et basé sur les expériences et les observations de ces derniers. Il porte que dans les animaux vivants il existe un courant élec- tro-vital ou névro-électrique, dont le caractere est d'être l'effet d'une réaction vitale , soit anatomique soit volon- taire, et d'être, si pas la cause de la vie, au moins cet ef- fet immédiat et spécial que la vie seule sait produire et maintenir ; que ce courant peut être sondé et obtenu d’une manière plus ow moins évidente, en raison de la nature des métaux et de la forme des instruments ; qu'il va dans la direction du nerf au muscle; qu'il est intime- ment lié à l'énergie et aux changements physiologiques de la vie; qu’il n’a rien de commun avec les courants électro-chimiques et thermo-électriques ; que les mou- vements convulsifs des animaux l'augmentent, tandis que la douleur l'affaiblit ; qu’il se lie a la même diffe- rence qu'il y a entre la vie animale et la vie organique , suivant ainsi, dans le premier cas, les phases de la vie animale etmourantavec elle, et, dans le second cas, exis- tant encore aussi longtemps que peut durer la vie orga- nique, quoique la vie animale ait cessé. Le courant qu’on obtient de la vie organique fut nommé par MM. les profes- seurs de l’université de Pise, courant cardiaque.
D'après ce corollaire, on serait porté à voir dans celle doctrine électro-physiologique beaucoup d’analogie avec celle des électro-vitalistes. Cependant la différence est très-grande; les auteurs de ce mémoire, reconnaissant la force vilale pour une force primitive, par laquelle la ma- tière, obéissant aux lois communes de la nature par sa vertu intrinsèque, se change en malière animée.
Les auteurs ayant conslalé que la force du courant né-
( 45 ) vro-électrique dépend de la nature des métaux que l'on emploie , firent usage d'instruments en fer, puis de ceux en argent; ils se proposent maintenant d'essayer avec ceux en platine. Les résultats qu'ils donnent sont donc obtenus avec des instruments en fer el en argent.
L'appareil nécessaire pour l'expérience consiste en un galvanomètre , en deux stylets métalliques, qu'on nomme aussi sondes ou réophores (soit de fer, soit d'argent ou de platine), soudés métalliquement aux deux extrémités du fil conducteur du galvanomètre, enfin en un animal vivant,
On place le galvanomètre dans un lieu isolé et loin d’ob- jets métalliques, particulièrement de fer; on le fixe où il n'éprouve ni secousses, ni chocs. À peu de distance de ce galvanomètre doit se trouver une espèce de cassette peu profonde, entièrement en bois et sans un atome de fer ; on altache faiblement dans cette cassetle un animal vivant, qu'on fait entrer dans le circuit du galvanomètre de la manière suivante :
On plonge tout d’un coup dans une partie de l’animal vivant un des stylets métalliques dont on vient de parler et qu’on a eu soin de munir d’un manche à isoler, tandis qu'on enfonce dans une autre parlie du même animal l'autre stylet, conformé comme le précédent ei muni comme lui d’un manche à isoler. On conçoit que, moven- . mant l'interposition de l'animal, le circuit du galvanomètre est ainsi complet.
Au moment où l’on enfonce les deux stylets dans les deux parties de l'animal , ilse dégage du torrent de la vie animale, par l'effet d’une réaclion vitale, un courant élec- trique qui, soustrait à ses conducteurs naturels par la présence du corps métallique qui est enfoncé dans la subs- tance organique, se dirige tout le long des stylets et des fils
(46 )
conducteurs qui y sont soudés, de manière à compléter le cireuil par les mêmes fils et dans les parties animales qui sont interposées : ainsi, dans ce cireuit, le courant de- vant traverser le multiplicateur du galvanomètre, les dé- vialions qui surviennent dans l'aiguille magnétique de eet instrument indiquent l'intensité et la direction de ce cou- ranL.
Voilà l'exposé que les auteurs ont cru bon de donner tant de l'opération que de l'appareil fort simple qui y sert. Ce n’est pourtant pas là tout ce qui doit concourir à assu- rer le résultat des expériences ; il y a encore des circons- lauces qui y exercent une grande influence , telles que la perfection du galvanomètre, la nature du métal dont les instruments sont fabriqués , l’homogénéité des stylets, toute intervention de substances chimiques, la nature de la saison , l’état de l'atmosphère, les préparations doulou- reuses de l’animal, son développement organique ainsi que son âge, el finalement sa plus ou moins grande sensibi- lité, etc.; conditions qui paraîtraient trop nombreuses pour laisser espérer quelque chose de pareilles recher- ches , si les résultats déja obtenus ne montraïent le con- traire,
Les auteurs, regardant comme suffisamment démontrée
l'existence de courants électriques dans les animaux à sang chaud , demandent si on doit les nommer vitaux, et en supposant qu'on leur donne ce nom, que devrait-on en- tendre par courant vital ? Ils adoptent en entier la défini- tion qu’en ont donnée MM. Pucinotli et Pacinoili, et que Fai citée plus haut; ils adoptent aussi pour le moment la dénomination de courant électro-vital.
Outre ce courant électro-vital, 5 ont constaté dans les méêines animaux deux aulres Courants qui avaient Élé si-
SR nd Dee, D 5 dd té
( 47 )
gnalés par messieurs les professeurs de Pise. L'un est le courant électro-chimique commun ; le second le thermo- électrique. Le premier se divise en courant électro-chimi- que commun proprement dit, et en courant électro-chi- mique vital ; celui-ci est le courant qu'on suppose partir du chimisme intime de la vie organique et animale qui ré- side dans la substance des organes et des tissus.
Pour distinguer ces courants, ils avertissent qu’on ne doit pas prendre pour courant électro-chimique en rap- port avec la vie, celui qu'on obtient en sondant les divers produits et les diverses sécrétions des organes ; un tel cou- rant se nomme électro-chimique commun , landis que le courant électro-chimique vital est celui qui se développe dans le chimisme interne animal, qui ne connaît pas les lois chimiques communes; courant qu'ils ne veulent pas supposer être cause de la vie, mais qu’on pourrail regarder pour cet effet spécial que la vie seule peut produire.
Il est par là évident que le courant électro - chimique commun s'obtient en mettant les stylets simplement en contact avec les sécrétions , ou avec les surfaces des orga- nes mouillés de produits hétérogènes.
Le second, au contraire, ne s’obtient qu’en pénétrant avec les stylets jusque dans l’intime assemblage des tissus organiques et en excitant en eux une forte réaction par celle profonde perturbation.
Par conséquent, si l’on regarde ce dernier courant, ou comme tirant son origine de l’action chimique et propre de la vie sur la matière , ou comme l'indice et la mesure de ce principe aclif, agent de la vie, soil qu’on le considère chimiquement dans le premier cas, soit qu'on le considère physiologiquement dans le second , on devra toujours con- clure que le courant é/ectro-chimique vital ou est la même
(48 ) chose que celui qui a été nommé névro-électrique ou élec- tro-vital, où quand bien même il existerait une différence entre eux , dans l’état actuel des connaissances physiques et physiologiques, on ne peut indiquer avec certitude aucun caractère qui les distingue.
La troisième sorle de courant provient du degré diffé- rent de température des diverses parties de l'animal qu’on sonde. C'est pour cette raison qu’on lui a donné le nom de courant thermo-électrique. I ne dérivederien autre chose que d’une disproportion de calorique; il rentre par là dans les phénomènes de la matière et n’a point de rapport es- senliel avec la vie. En outre, ce courant est pour ainsi dire nul ou de très-peu d'importance, puisque les physiciens ont constaté que la température des animaux est à peu prés égale dans toutes leurs parties.
Les auteurs avertissent encore que les déviations de l’ai- guille du galvanomètre indiquant les courants, furent toujours mesurées par eux à compter de la première excur-
sion que fait l'aiguille dans le moment où l’on enfonce le -
dernier stylet, c'est-à-dire dans le moment où l’on com- plète le cireuit, lequel étant fermé, l'aiguille ne retourna Jamais à sa première position , mais elle s’en tint, au con- traire, toujours éloignée tout le temps que dura l’expé- rience, et la déviation, d'après une marque fixe ou certaine, fut tantôt de 3, lantôt de 4, de 7 et même de 15 degrés. Vingt-sept expériences sont décrites dans ce mémoire ; les auteurs en résument les résultats dans cinq propositions, qui sont les suivantes:
Prop. 1. — Dans les animaux & sang chaud, il existe un cou- rant électro-vital ou névro-électrique que nous nommerons externe ou cutané, lequel se trouve dans le tissu cutané, et se dirige
"tt en
constamment des extrémités à l’axe cérébro - spinal au moyen du galvanomètre. L’intensité de ce courant , d’après les expériences
qui ont été faites, est généralement plus grande avec les stylets en fer qu'avec ceux en argent.
Six expériences appuyent celte proposition.
Prop. Il. — Dans les animaux à sang chaud, il existe un cou- rant électro-vital qui va de l’axe cérébro-spinal aux organes in- ternes placés sous la peau : pour cette raison, nous le nommerons courant électro vital-interne. Au moyen du galvanomètre, on voit qu’il se dirige constamment de l'axe cérébro-spinal aux autres viscères, ou, si l’on veut, du nerf au muscle. L’intensité du cou- rant interne cest plus grande en général avec les stylets de fer, qu'avec ceux d'argent.
Huit expériences ont servi à établir cette proposition.
Prop. II. — Ze courant électro-vital dans les animaux à sang chaud, s’affaiblit d'autant plus qu’il vient moins de la vie : la mort étant survenue, il va dans un sens opposé à celui dans le quel il se dirigeait pendant la vie.
Cette proposition repose sur huil expériences.
Prop. IV. — La douleur affaiblit ou suspend le courant électro- vital, elle en change même la direction si elle est très-grande. — Les mouvements volontaires ou automatiques convulsifs donnent au contraire un plus fort courant, qu’on pourrait nommer dé- charge de courant.
Une seule expérience a paru suflisante aux auteurs pour établir cette proposition.
Prop. V. — Le courant électro-vital ou ne se peut découvrir ni mesurer, ou n'existe réellement pas dans les diverses parties d'un même viscère : il est très-faible et peut-être même nul de vis- cère à viscère,
( 50 )
Quatre expériences viennent à l'appui de cette proposi- tion.
Les auteurs ont fait suivre d'annotations sommaires les expériences qui ont servi à établir chacune des cinq pro- posilions. Quoiqu'ellesme paraissent être trés-intéressantes pour celui qui s'occupe de telles recherches, je n’ai pas cru devoir les traduire, afin de ne pas rendre le rapport aussi étendu que le mémoire lui-même.
Telles sont les conjectures que les auteurs ont cru pou- voir émettre et que de nouvelles expériences viendront détruire ou corroborer. Ils les ont signalées sans esprit de secle el uniquement comme des hypothèses physiologiques qui, si on ne les trouve pas indignes d'un mûr examen, pourront servir de guide à de nouvelles expériences.
Magnétisme terrestre. — Aprés avoir entendu les commissaires , MM. Crahay et Plateau, l'académie ordonne l'impression du mémoire de M. Quetelet, Sur l’état du
magnétisme terrestre, en Italie, présenté à la séance du mois dernier.
COMMUNICATIONS ET LECTURES.
ANALYSE ALGÉBRIQUE.
Note sur quelques transformations algébriques, par M. Pagani, membre de l'académie. o ?
D'Alembert a, le premier, énoncé le théorème général relatif à la forme des expressions imaginaires. Après lui, plusieurs géomélres se sont attachés à prouver que toute
+ «Te
(51 )
équation , algébrique ou non, admet toujours une solution de la forme a + bV/—1. Mais cela ne suffit pas: il faut que l’on puisse, en outre , assigner le nombre de toutes les solutions possibles. Cetle détermination est trés-facile pour le cas des équations algébriques proprement dites, le nom- bre des racines étant alors limité, et déterminé par les plus hauts exposants des équations. Le problème offre plus de difficulté lorsque les équations sont transcendantes, Île nombre des racines étant alors infini.
Euler a donné une formule très - remarquable qui ren- ferme une infinité de solutions de l'équation binôme, l'in- connue étant l’exposant. Mais cette formule est incomplète, ainsi queje lai démontré dans une note précédente, que j'ai eu l'honneur de présenter à l’académie il y a trois ans.
Parmi les géomètres modernes, M. Cauchy s’est parlicu- lièrement altaché à résoudre de la manière la plus rigou- reuse, la plupart des questions de l'analyse. Dans son Cours d'analyse algébrique , a lrouvé, pour l’équation binôme dont nous venons de parler, les mêmes solutions qu'Euler. M. Cauchy a aussi résolu l'équation
RAR: di. cos. æ = a + 8VW—|;
mais il s’est trompé dans la déduction qu'il a tirée de sa formule générale pour le cas où l’on a 6—0 et & > 1.
Je me propose donc de reprendre dans celte note la so- lution complète de l'équation (1), d'en déduire la vraie va- leur de x pour le cas particulier de 5—0, et d'y joindre la solution complète de l'équation
CPR 2 tang.æ—a+8V—1,
que M. Cauchy n'a pas résolue directement. Au moyen des
(52) solulions générales de l'équation binôme, que j'ai donnée dans la note citée, et des équations (1) et (2) que je donne maintenant, on est en état de résoudre complétement tou- tes les équations binômes , algébriques et transcendantes, qui peuvent être proposées. Occupons-nous d'abord de l'équation (1), et faisons
2=p+qV—\; nous en déduirons suecessivement
2 cos. x Lo) Va if e=P+4V 1) Vi,
el Pile 5 CET AE De COS. L = — cos. p + ——— sin. p. V—I. 2 2 En comparant ce résultat avec l'équation (1), on en tire CET 9 COS, P— «x, OUT 9 Sin, D — B; d'où e! EE “ Le © é , cos. p sin. p (3) 7” æ 8
RES cos. p sin. p En multipliant, membre à membre, les équations (3), on à | a” LB? cos.” p sin? p
(53 ) Cette équation, résolue successivement par rapport à cos. p et à sin. p, donne a B
(EU = A, (6) ———=+8B, cos. p sin. p
en posant pour abréger,
PESTE END ET INE À À — PT = RTS 9 ANS 2? EN | 2 BCE QNE
Il est bon d'observer que la valeur du rapport —— ; doit
être positive, en vertu des équations (5), cotbinées + l’'é- quation (4). Relalivement au rapport, son signe dé- pendra de celui de la quantitée donnée 8, et de celui de sin. p , dont la valeur et le signe seront déterminées par la formule (5).
, Si nous D DRE par arc. cos. + le plus pelit arc dont le cosinus est + <, el par Æ un none entier quelconque, positif ou Ts la formule (5) donnera ,
© p = 2k7 E arc. cos. " .
Au moyen des formules (5) et (6), combinées avec l’une ou l’autre des équations (3), on en déduit sans peineet sans ambiguité
oise mÉrapt a B).
V8?
(54) On aura donc, pour l'expression générale de la racine de
l'équation
cos. —2x+8V 1,
B/—1 x = dkr + (are. cos. _ + = l. (in) - V’8
Ea faisant G— 0 dans cette formule, et en observant que, dans ce cas, on à
A=Væ, B—V/x—1, six >l1 et An ARE sita ol,
on trouve,
PRE aPe. COS Se LU TS et £ pds ee et va 2h (are. cos. — + V1 (Va — ac a? Sa > Le
Donc, « étant positif, on doit avoir
ë = kr + VI. L. (a—Va 1);
et dans le cas contraire (24% +1l)r + Er [(— x — Va —1).
En comparant ces résullats avec ceux qui se trouvent à Ja page 326 du Cours d’analyse algébrique de M. Cauchy, on voit que ce savant géométre à négligé sous le signe L. le terme V4 1 qui doit cependant s’y trouver.
LPRE
esse; Prat e Me if hmbenlanerre rtn
(55 ) Occupons-nous maintenant de l'équation (2). En posant hp + aV—1 , On aura
lang. x = tang. (p+qV—1) = (e7 + e7 7) sin. p + (e7 —e ?) cos. p. V—1
= —=4+8V—1, (e7 +e ?)cos. p—(e7 — e 7) sin. p. V—1I
d’où (e7 + er?) (sin. p — x cos. p) — (e? = e 1) 8 sin. p, (e? — e7 7) (cos. p + « sin. p)=—(e7 + e ?)8 cos. p. En multipliant ces équations, membre à membre, on en déduit aisément
à ë dx
an, 3 — . re P il mer a? a. L°
On en déduit aussi
(7). FRE) l+8+4x tang. P.
ms 1—5+atang. p
La première de ces équations nous fournit
REA PURE C'ÉRUIRE LX BETTT GÉMAEUR FT Ent ra VE es Lu
Donc
p—= hr + arc. tang.
(56) En substituant la valeur de & tang. p dans l'équation (7), on en déduit
CR) ES ATEN TE g =.
A 8) + 2 Ver Usa + (+8 pe + (1 —8)
Donc, la valeur générale de æ, propre à résoudre l’équa- tion tang. æ— a + B V/—1, a pour expression
2481 DATA LEURS &
ER V’a CRE) ? Fi +(1—8)
æ— kr + arc.tang.
MÉTÉOROLOGIE.
Observations horaires faites à l’époque du solstice d'été 1840.
Le nombre des stations où ont été faites les observations météorologiques horaires du dernier solstice d'été, a con- sidérablement augmenté, el on peut concevoir l'espoir qu'il s'accroîtra encore par la suite. Aux quatre stations de la Belgique, Bruxelles, Louvain, Gand et Alost, sont venues se joindre sept stations étrangères : Maestrichl, Utrecht, Amsterdam, Groningue, Londres, Paris et
OT
C5)
Parme (1). L'habileté des observateurs qui tous s'occupent d’une manière spéciale des sciences physiques, et la bonté de leurs instruments, font espérer d’heureux résultats d’une pareille associalion scientifique. On se bornera encore, pour le moment, à présenter les résultats des observations, et plus tard, on pourra s'occuper de leur discussion géné- rale. L'inspection des courbes qui représentent les pres- sions atmosphériques, peut faire voir dès à présent com- bien il est important que les stations ne soient pas trop éloignées les unes des autres. Ainsi, pour les stations de la Belgique et celles qui les avoisinent, on reconnaît assez bien comment les pressions se sont modifiées en passant d’une localité à l’autre, et, dans toutes, on reconnaît une dépression progressive du baromètre; mais les observa- tions de Parme montrent cependant , dans l’état atmos- phérique, des mouvements qui ont dû être considérable- ment modifiés par la barrière que les Alpes établissent entre celle localité et les autres. Des observations faites à Genève et sur quelques points intermédiaires, pourraient offrir un grand intérêt.
(1) Les observations ont été faites : à Louvain, par M. le professeur Crahay; à Gand, par M. le professeur Duprez ; à Alost, par M, le professeur Ibarra ; à Maestricht , par M. le professeur Ryke ; . à Utrecht, par M. le professeur Van Rees; à Amsterdam ,/par M. le lecteur Matthes ; à Groningue , par M. le professeur Ermerins ; à Londres, par M. Roberton, secrét.-adjoint de la société royale; à Paris, par M. le comte Delcros et son fils; à Parme, par M. Colla, directeur de l’observatoire météorolog.
Tom, vu. 6.
.
(58)
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( 60 )
Observations thermométriques horaires, faites au solstice d’été de 1840.
TEMPÉRATURE CENTIGRADE.
LONDRES GRONING. AMSTERD. UTRECHT. MAESTNRI, LOUVAIN. BRUXELL.
JUIN.
h. mat,
23 JUIN. 1 h. mat,
2 =
*
LONDRES AMSTERD. PARME.
0
1195 | 11°7 | 13°6
12.4
12.9
EXTRÉMES DE TEMPÉRATURE.
MAXIM. MINIM.
Le 22 juin (ES PES TR RC € 230.9 — Louvain. Nuit du,22 au 28 juin. . . . . . . | — 100,3 LEE D TOURS MFÉMEORE VRPENSOUE. 19.4 —
Du?21 au 22)juin, à midis® . «© 1/0, & 24.0 15.0 BauXELL Du 22 au 23 — EE da à LE VOL RES RUES À 24.3 11.4 Du 23 au 24 — TS EN PRET 19 6 9.8 Le 22 juin she . 24,7 12.5 PO res Li, ls 19.4 11.5 Du21 an 22 un, Am 01e LA 27.5 15.1 GAND .. Du! 22 au 23 — ne 10e 0: 27.4 12.5 Du 23 au 24 — _— TI: TE. 1 23,2 9,2
û (62)
Observations horaires de l’hygromètre, faites au solstice d’été de 1840.
HYGROMÈTRE DE SAUSSURE.
BRUXELL.
GAND. PARIS.
22 JUIN.
6 h. du matin. 725 769 6620 71/0 89°0 TNT de 71.0 70.1 65.0 70.0 88.0 10e Nate RO 71.0 67.1 60.0 65.0 88.0 DUREE TE 68.0 63.8 52,5 66.0 86.0 AO FE AE 64.0 63.8 50.0 67.0 82.0 RS NE De 64.0 50.5. 71.0 80.0 ENCORE ae 68.0 69.4 51.0 72.0 77.0 1 heure du soir. 68.0 72.3 57.0 72.0 73.0 Pa ré 68.5 74.1 43.0 73.0 71.0 DRE ce de 65.5 59.9 43.0 70.0 71.0 AY er ue 63.5 59.8 41.0 70.0 - 71.0 DEN 65.0 62.3 43.0 69.0 72.0 re 66.5 64.4 51.0 62.0 73.0 Te 69.0 67.7 57.0 59.0 75.0 DRE ED. 73.0 74.3 65.0 68.0 70.0 MEME 78.0 RE 70.5 71.0 71.0 FT EN 2 1 82.0 79.3 75.0 72.0 71.0 MEET 84.0 81.3 80.0 74.0 71.0 ON ER El 87.0 84.9 82,0 74.0 71.0 23 JUIN. 1 h. du matin. 89.0 » 85.0 75.0 73.0 DA PE 91.0 » 87.0 77.0 75.0
PET REA 93.0 » 88.0 79,0 82.0
( 63 )
HYGROMÈTRE DE SAUSSURE.
DATE. BRUXELL, ALOST.
23 JUIN. 4 h. du matin. 93°0 » | 5 — — £ 93.0 » 6 — — ; 93.0 84°1 T — — 88.0 76.6 8 — — . 80.0 70.7 9 — — 76.0 70.0 10 — — 72.0 66,3 nr 67.5 62.9 12 — ee Ë 67.5 62.9 1 heure du soir. 74.0 » 2 — — . 66.5 » 3 — — : 68,5 63.9 4 — — . 74.0 64.1 5 — — 74.0 64.6 Dan = 68.0 62.9
QUANTITÉ D'EAU TOMBÉE.
GAND.
PARIS.
82°0 83.0 78.0 75.0 74.0 70.0 68.0 63.0 74,0 70.0 67.0 64.0 63.0 61.0 66.0
Lonpres. . Du 22 juin, à 6h. du mat., au 23, à 6 h. du mat. .
Louvain, . Le 23 juin Du 22 au 23 juin, à midi .
BRUXELLES Du 23 au 24 — —
ALOST . . .
Du 22 au 23 juin, à midi .
GAND ,.. | Du 23 au 24 — —
Pendant les 36 heures d’observaticn .
PARME.
(64)
CRE CSSS SE EST Ce
“os/os O1 ste. inside "os/os ë 5 Ë S oN « « « “osjos oN ‘08 « « ET « os0 ‘050 0 ON/O # (e) ‘080 : os0 ‘8/0 ON o$0 ‘050 050 s/ono « os0 ‘080 o HS/ON « os0 ‘050 (e) s/ONO « ‘0 oo ‘os0 /ONO ON Ko) ONO ‘0$0 N/N ON ‘0 ONO oso ‘4/0 ON No) oso ‘os0 ‘aN/o ON ‘0 ‘os0 ‘os0 ‘aN/0 ‘oO ONO ‘Os0 O0s0 “4/0 ‘0 os 00 os0 ‘x/o ‘0 os oso os0 ‘ÆN/G No) oso ‘0 os0 ‘Asx ‘0 (e] ‘os8 og ‘ANuVa "SIUVd *“UNV9 *ISOTV SAITIAXAQUA| *NIVANOT | ‘IXESAVN | ‘LHOAULA | "ONINOUD | "S&UGANOT ‘SINHA
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£c's8 90°T8
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T6
cL'8 €y'6 0g'0I 818 Gy CI 06 6 £8'8 ÿ0'6 IGTL 66'Q1 68 OI cL'6 c8 6 Fg'8 "y LT'8 10°6 A
D:6G 0'c9 6'£9 0'8ç LA E L'67 G cQ NES 6 cg L°Y9 0'YL g'es s'c8 9°16 (RU £°Y6 £'68 L'88
cel 078 LS'L o1'8 81°8 (12 0c'8 Y6'L L6'L &L'S &'6 S9°6 £€ 6 yT'OL OT'TI LA: 69°6 96
c8 69 9T'es 87 €g 61 96 646 8ç'8ç 9€°6S €6 69 O0T'c9 €ç°'09 Gr'L9 LT'64 y0'91 08'92 LS'YL 18'CL or';8 ys'Ls
0£'8 194 cy'L 80°8 c9'L 862 y0'8 86'L cL'8 16°L £8'8 Ss1'6 9€°6 &c'6 61'8 or'6 9€'0T OTTE
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em + 1 ©
DATE.
22 JUIN,
6 h,dum.
10
11
du s.
LONDRES,
Beau. — Presque
serein,
Id.
Id,
Beau. — Légers nuages, Id.
Couvert.
Id.
Id.
Beau. — Légers nuages,
Id. Id. Id.
Id, Id, Id. Id.
Beau. — Soirce étoilée.
Id,
Couvert.
GRONINGUE.
Pluvieux.
Couvert.
Id.
Pluie. Couvert. Presque serein.
Couvert.
Id. Id. Nuageux.
Soleil pâle,
Serein. Id. Id. Id, Id.
Id.
Id.
(68)
Observations «horaires de l’état di
UTRECHT.
Nuageux.
Id.
Couvert.
Nuageux.
: Légers nuages.
Couvert.
Nuageux.
Couvert. Légers nuages. Clair.
Serein. Id.
Id.
A Légers nuages.
Presque serein.
Nébuleux.
Légers nuages.
Nebuleux.
Serein.— Étoiles,
MAESTRICHT,
Cirrhus.
Id. Couv. de cirrh.
Id. Qgq: cirr.-cum. Id.
Cirr.-cum.
Qg: cirr.-cum, Cum. etcirr.-cum, Cirr.-cum.
Couv. de cum.
Couvert. Couv. de cirr.-str. Cirr.-str. Qg. cirrb, Serein.
Id.
Id.
Id,
LOUVAIN.
Ciel nuageux.
CES 9 de:
4 ; | (69 ) el au solstice d'été de 1820. BRUXELLES. ALOST, GAND,. Cirrh.-cum. Cirrh.-strat. Cirr.-cum. n .; presque couv. Cirrh.-cum. Id. fd. Cirrhus. Id. Cumulus. Id. Très-éclairci. Id. Cirr.-cum. Qq. Cumulus. D ri. Cumulus. Écl. rares. — Nimb. n Cum.-sltrat. Id. Cum.-str. — Vent au
F#str,, beaucoup.| Gros nuages.
t., beaucoup. Cirrhus. Éclaircies. Cirrh.-cum. Id. Id. Id. Cirrbus. à Cumulus. Jd. Cirr.-cum. Serein. 1d, Stralus, Serein. I. Id.
NO par interval, — A 12} h. ciel couv. etqq. gouttes de pl. Éclaircies. Cumulus. Id.
Cirrbus.
Id.
Id,
Id,
Id, Stratus à l'O.
Stratus au N.
Nuages,
PARIS. PARME,
;
Eclaire. — Cirr.-cum.|Serein,— Brouillard à l'horizon.
,
Eclaire. — Girr.-cum. Serein, voilé.
au zénith; stratus à
l'horizon N.
, Éclaire. — cum.-cirr.-|Serein, voilé. — Nua-
strat. ges épais à l'horizon, versle S, S0, O0. |i Belles éclaircies, petits Id. cirrhus.
Éclaire. — Lég. strat.| Nuag. épars; à l'hor. à l'horizon. S, SO, O épais nuag.
Petits cirrhus vers le Id. zénith.
P Éclaire. — Cirr.-cum.|Sercin, légèr. voilé. —
disséminés. Nuages épais à l'ho- riz. vers leS, 580,0. Id. Nuages épars, — Vers le SO nuages orag. Id. Nuag. orag.— Tonn.
au SO dans le loin- tain.
Couv.— Cum., nomb.| Nuages orageux,
Éclairc. — Cirr.-cum. Brouil].
Couvert. —Cirr.-cum..| Brouillard. — Nuages uomb. épais vers la mon- lagne.
Grands cirr. au zénith. Id.
Petits cirr, au zénith,
Nuages épais, straL. à l'horizon.
Couv. — Gros cum., Id. nombreux. Cirrb. au zénith, str. Id,
à l'horizon,
Strat. à l'horizon, ser [Nuages épais. — De au zénith. temps en temps des! éclairs au N., NE.
etNO. ”
Nuages épais. — Vers le N. éclairs.
Id, Id,
Couvert uniform.
(70 )
D
DATE. LONDRES. GRONINGUE. UTRECHT. MAESTRICHT. LOUVAIN. 23 JUIN, 1h.dum. | Légers nuages. Serein, Nébul. — Étoiles. Serein. » 2 — Beau. — Presque Id. Faibles nuages. | Serein avec qq. » serein. cirrh. 3 — Id. Ib. id. Serein. Couv. de | Éclaircies rare cirr.-cum.versleN. D — Beau. — Légers Id. Forte pluie. Qq. cirrh. Couvert. nuages, En — Id. Id. Légers nuages. Couvert. Couv.—unp de pluie. 6 — Id. Id. Légers cirr. » Éclairciess — » Id. Ser., cirrh. Couv. et pluie. Id. si » Id. Nuageux. Couvert. Id. 9 — »” Presque serein. Id. Qq. cumulus. Id. 10 — » Id. Id. Id, Id. 11 — » Id. Id. Couvert. Id. « 12 — » Id. ld. Couv. — forte pl.|Petite pl. d’oralm à12h, 50m, 1h.dus. ” Id. Couvert. Couvert. Gros nuages* PI. et tonne 1 h. 1/24 Ts » Id. Id. Qgq. éclaircies. Écl.— Entre b. un peu et qq. cou tonnerre. | 3 — » Id, Nuageux. Qa. écl., pluie. | Un peu depl & — » Id. Légers nuages. |Couv. de nimbus Éclaire., plu et forte pluie. pi. » Id. Serein. Éclaircies. Éclaircies@ pe » Id. Très-serein. » Écl. — Un pe pluie. 4
Mn +
ONE AR d 2 ; | 7, LuAlLORS P AOMP CRE ll ACHHOI chnephaique LOU a %: : AE lee) délé dede
Bulletin de l'Academie. Tome VIL 2‘ part. Page 71,
Londres...
Groninque…
Amsterdam
Maestricht
Louvain...
Bruxelles...
ATOS EE
22 Juin 25 Juin =
BRUXELLES.
ulus, beaucoup. L . . Éclaircies. Couvert.
Id.
ouv. uniforme.
Id. Couv., strat.
claircies , strat. Stratus.
a Éclaircies. D Id.
ies, nimbus.— Urle averse à 12h. [LL
tus et nimbus.
, ircies. — Eclairs tonnerre à 2 b, Li}
reies, nimbus.— neore qq. éclairs tonnerre.
| À Siratus.
1.
ALOST.
Camulus.
Cirr.-cum.
Id.
, Eclaircies.
Nuages.
Cumulus.
Nuages.
Cirrhus.
, Eclaircies.
Id.
Id.
(71)
GAND.
Nuages. 5 Re Qq. éclaircies.
Couv. — A 3 TI h.un peu de pluie.
Très-nuageux.— De 4 h.7mi4h 20mqq. coups de tonnerre et un peu de pluie.
rs . . Éclaircies.
, . . Éclaircies rares. Cum.-strat.
Id
Id.
PARIS.
Couvert uniform. Id. Id.
Id:
Cumulus rapides.
Id. Id.
Ciel chargé de cum. bas et rapides.
Id.
Nimbus.— À 10h.1/4|Tout couv. — Cum.
qq-gouttesdepluie.
stratus.
Nimbus. Cum.-str. — PI, fine.
Id. Cum.-str. — Pluie par ondées.
Cum.-stratus. — Qq.|Belles éclair. — Cirr.- gouttes de pluie, cumulus.
Cum.-str. auS.,nimb.|Cirr.-cum.— Un peu
à10.—A2 5h. un peu de pluie,
de pluie fine.
14 » ” . Éclaire., nimbus au|Belles éclaire, —Cirrh.-
NO.
Cum.-str.
Id.
Cirr.-cum.
cumulus. Id. Chargé de cirr.-cum.
rapides.
Tout couvert,
La Serein, — Eclairs vers
Serein, léger. voilé,
Nuages et brouillard.
Ser.- Brouil. à l'horiz.
; Nuages épars.
PARME,
le N. Id.
Id.
Id. Id, Id.
Id. Id,
Id.
Id.
Id.
Id
Id.
Id,
MAGNÉTISME TERRESTRE.
M. Quetelet communique les résultats des observations qu'il a failes avec MM. Mailly, Bouvy et Liagre, le 22 et le 23 juillet, sur les variations, de 5 en 5 minutes, de la décli- naison magnétique. La marche du barreau aimanté, comme on peut le voir en comparant la planche ci-jointe à celles qui ont été données dans les bullelins précédents , a été géné- ralement régulière, et indique l'existence d’un maximum vers deux heures de laprès-midi. Parmi les observations mensuelles, faites jusqu'à présent à l'observaloire de Bruxelles, on a pu remarquer que celles du mois de mai dernier ont présenté les irrégularités les plus grandes; les perturbations pendant la nuit du 29 ont été surtout très- marquées, et il paraît qu'elles n’ont point été locales, mais qu’on les a constatées également dans d’autres lieux. M. Quetelet cite un passage d’une lettre qu’il a reçue de M. G. Weber, qui publie, avec M. le professeur Gauss, les résultats des observations magnétiques de l'association de Güttingue, dans laquelle il est dit que les résultats des ob- servations de Bruxelles pour la période des 29 et 30 mai, s'accordent très-bien avec ceux que l’on avait déjà reçus d’autres lieux.
M. Quetelet a aussi reçu de M. Lloyd une lettre relative aux observalions magnétiques de février dernier âvec une carte figurative des observations faites à Dublin, Prague, Bruxelles et Toronto. Les observalions des trois premiers licux sont trés-concordantes, mais il n’en est pas de même pour Toronto. Faut-il en conclure que cet accord si admira- ble, remarqué jusqu’à présent entre les observations faites en Europe, cesse par-delà les mers ? Il faudra de nouvelles observalions pour établir ce point important.
vant l'observation de midi et 3 a lunette a été ramenée sur la mire; elle avait vié progressivement de 6,15 en donnant des valeurs trop grandes.
.& Avant l'observation de 8 h. du soir, la lunette a été ramenée sus la mire ; elle avait évié en une heure de 0,05 en donnant des nombres trop grands.
Tom. vu. 6.
SAR à —
+
Bulletin de L'Académie.
49.)
Varcations de la Lélnatsen
magnélque nee A A 22
Tome VH,2®
+
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LT Ti ÉTÉÉCEL EE CEE
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an.
6
[73
(Cr3
Variations de la déclinaison magnétique obserrées à Bruxelles, de 5 en 5 minutes, et pendant 24 heures, à partir du 22 juillet 1840,
à 10 heures du soir, temps moyen de Gæœttinque.
HEURES.
pad 51.37151.49 51.54/151.59 51.66 RO PRE 51.69 Mrness alu Minuit . 151.68]51.68 Hostanes 51.87151.78,51.71,/51.64|51.62/51.57|51.51|51.47 1h.m. |51.39]51.37 Ales 51.21151.31,51.41,51.44/51.55 ail Sad 51.63 2 — )51.62151.70/51.82,51.85 51.91,51.96,51.89 51.91/151.74:51.63,51.64,51.69 3 — 151.66/51.64151.69 51.75,51.87|51.97,51.93 51.90 el rh 51.34 4 — 51.07/50.71/50.10 Have 9715040 EE 50.55/50.48 5 — /50.46/50.46/50.52 50.45 50.14,50.17,50.08|49.95|50.04,50.07|50.11|50.06 6
10 h. s. |51.52151.53/51.45 11 — |51.62151.68131.68
55.67151.69 51.66|51.69
| | | — |50.17/50.39 ü.50ls0 41 50.27|50.61,50.58,50.89/51.10 51.08,50.99,50.99, 7 — |51.00/51.10 51.30 5115 51:22 Eu cac 51.30 1.2/5 98 040 50.54! 8 — |50.46/50.34150 21 50.10|50.09 34750,20 50.22,50.14,50.19,50.24,50.27 — |50.48|50.40 50.48 50 0 0| 050 0.7 Pr je 63,50.56,50.52 10 — ,50.59)150.83150.95 51.04/51.14/51.14 51.21,51.25/51.21 51.20/51.26,51.18, 11 — }51.21/51.16 des 50.90 S101 16004 50.79,50.83)50.67|50.58,50.36 Midi. . |50.16/49.99 Wiliérel ds 49.56 49.34149.33|49.34,49.32|49.13|49.00 1 b. s. |48.98149.01 on 48.84|48.84!48.83|48 80 FEAT 48.80/48.85 2 — |418.81148.86148.84,48.85 1822 SR TAPARSE 48.87 | 48.95 49,00 ,49.68/,49.39 3 — |419.61149.79 Mie ue 49.77|49.77|49.67 SA ET, 49.61 4 — }49.57|49.60|49.85 50.00,50.00 49.90 49.90149.97 50.05 50.16 50.28 50.29 5 —- 50.16|50.09 50.03/50.04 ENT 50.04,50.01 46.08/80 29/80.4e 50.48 6 — /50.55/50.62|50 esl80.70|50.84|50.88/ 50:91 51.05,51.07 51.05/51.09/51.19 D — |51.37151,56 51,0 51.60| 51.66! 62.08/ 51.63 51.58 151.58 51,57 51,57 51.52 8 — [51,45 51,39151.39,51.32 51.31/52.30 51.32151.41,51.33 dl dos 51.47 9
— El 51.44151.49,51.51,51.53 51.53 51.52151.56,51.55 10 — 51,56 » » » » » | » | » | »
| |
1 Après l'observation de 9 h. 30’ du matin, la lunette a été ramenée sur Ja mire; elle avait dévié progressivement de 0,1 en donnant des valeurs trop petites. 2 Avant l'observation de midi et 30’, la lunette a été ramenée sur la mire; elle avait dévié progressivement de 6,15 en donnant des valeurs trop grandes, k 5 Avant l'observation de 8 h. du soir, la lunette a été ramenée sus la mire ; elle avait dévié en une heure de 0,05 en donnant des nombres trop grands.
AE EE 51.55
Tom. vu. 6.
CE )
M. Colla, directeur de l'observatoire météorologique de Parme, en faisant parvenir au secrétaire les observations horaires, faites an dernier solstice, dont les résultats ont élé donnés plus haut, communique les observations qui suivent :
Bolides. — Le 28 avril, à 8 heures du soir environ, on vit paraître vers l'Orient un bolide éclatant qui parcourut lentement l’espace du sud-ouest vers le nord-est. Son dia- mêtre apparent élait quatre fois celui de Vénus. Deux au- tres de ces météores ont été remarqués sur notre horizon, le soir du 23 et du 31 mai, le premier à 10 heures 50" et le second entre les 11 heures et minuit. Le bolide du 23 parut vers l'Occident à une forte élévation (on dit à 40°) et se mouvait du sud-ouest vers le nord-est : quant à celui du 31, on le remarqua vers le nord-est, ayant une di- rection bien déclarée du sud au nord. L'un et l’autre ré- pandirent dans leur passage une lumière trés-vive d’une couleur bleuatre.
Troubles atmosphériques. — Les journées du 9, 10 et11 du mois de mai dernier, ont été très-orageuses, en particu- lier celle du 10, qui, pendant douze heures, nous a donné de la pluie, quelquefois en très-grande quantité depuis une heure du matin jusqu'a midi. Les averses plus nota- bles eurent lieu vers la fin, durant un garbin très-véhé- ment. Les eaux de la Parme, de la Bagance et du Taro baussèrent considérablement, et causérent quelques dom- mages dans les campagnes voisines. Dans un village à une lieue et demie de nous, dans la direction du sud-ouest, la pluie est tombée par torrents, mêlée de grêle. La quan- tité d’eau de ce jour, mesurée par l’udomètre de l’obser- valoire, a été de 5,140 cenlimètres, et celte quantité , unie à
(75 )
celle du 9 — 1,200 centim. et du 11 —0,410,nous donna un total de 6,670 centim. La pluie de cette dernière journée, dans son maximum, à 6 heures 172 après midi, était accom- pagnée de grêle et d’un mistral très-violent; le tonnerre grondait avec force. L'état atmosphérique vers le nord était épouvantable, et le soir même on appril que quelques cam- pagnes dans celte direction avaient été en partie ravagées par la grêle. Après l'orage , la température descendit nota- blement. Un arc-en-ciel double, qui présentait des couleurs très-vives, succéda à la commolion et continua jusqu’au coucher du soleil. La pression de l'atmosphère durant ces troubles fut constamment oscillante, et en particulier dans la journée du 10 et dans la nuit suivante. Il ne manqua pas de phénomènes précurseurs de la commotion générale, puis- que la journée du 8 ful toute phénoménale, un parhélie très- vif ayant paru à la droite du soleil, au moment du coucher, un halo s'étant montré autour de la lune depuis 9 heures 172 jusqu’à 10 heures, et des éclairs éblouissants durant toute la nuit vers le nord-ouest. |
Éclairs accompagnés par des circonstances remarqua- bles. — Dans la soirée du 18 juin courant, avec un ciel par- semé de nuages orageux et un vent très-sensible de sud- ouest, el avec une tempéralure de + 18° à + 19° R., un professeur de physique, mon correspondant, qui se trou- vait de passage dans celle ville, et moi, nous observames du haut de l'observatoire, depuis 9 jusqu'a 10 174 heures dans la direction du midi des éclairs très-éblouissants , de cou- leur jaune, presque toujours en forme de zigzag; ils par- taient suivant toutes les directions, d'un endroit du ciel occupé par une espèce de nuage brillant d'une lumière phosphorique, dont l'élévation au-dessus des montagnes pouvait être de 4 à 5° et qui avait une étendue de 15 à 20°,
(76)
Les éclairs se montraient à quelques secondes d'intervalle el s'élançaient constamment du nuage phosphorescent , qui resta lumineux, sans changer d'intensité et de figure, pen- dant tout le temps énoncé. Le ciel, vers cet endroit et vers le sud-est, à 10 heures 25 minutes, se couvrit de nuages obscurs à protubérances ; ils devinrent bientôt le foyer d’un violent orage, qui continua jusqu’à minuit et un quart.
Je ne discuterai pas la cause de cette lumière qui dura une heure et un quart, et qui fut le centre commun des éclairs presque tous à zigzag (j'en ferai peut-être la malière d’une notice, d'autant plus que ce n’est pas la première fois que j'ai vu un pareil phénomène ); il est pourtant certain qu'elle ne pouvait provenir, dans ladite nuit, ni du cré- puscule , ni de la lune, ni de la voie lactée, notre lumière phosphorique étant opposée au crépuscule, déjà décrois- sant, la lune se trouvant au-dessous de l'horizon, et la voie lactée étant couverte et distante de plusieurs degrés du côté oriental.
PHYSIQUE DU GLOBE.
Variations annuelles des températures de la terre, par M. Quetelet.
M. Quetelet présente un second mémoire sur les varia- tions annuelles de la température de la terre à différen- tes profondeurs. Dans un premier mémoire inséré dans le tom. X des Mémoires de l’académie, V'auteur avait déjà présenté la discussion des observations faites à l'observatoire de Bruxelles, sur le même sujet, pendant la période trien- nale de 1834 à 1836 : le travail actuel contient une discus-
(47) sion semblable pour la seconde période triennale de 1837 a 1839, et les conclusions générales qu'on peut déduire de l’ensemble de ces recherches. à
Les thermomètres qui ont été employés sont nombreux, et les boules sont placées en terre à différentes profondeurs, jusqu’à celle de 24 pieds. Le mémoire présenté traite suc- cessiyement : 1° des grandeurs et des époques des naæimu et minima de la tempéralure annuelle aux différentes pro- fondeurs ; 2° de la loi de décroissement des variations an- nuelles de la température au-dessous du sol; 3° de la loi des variations que subit la température dans une même couche et pendant le cours d’une année.
Pour ce qui concerne les époques des xaæxima et des mt- nima de température, indiquées par les thermomètres pla- cés au nord de l'observatoire, et les époques des températures moyennes de ces mêmes thermomètres, on trouve, d’après les six années d'observation de 1834 à 1839 inclusivement ;
ÉPOQUES DES TEMPÉRATURES.
ner" (> 2 ————
MAXIMUM, MINIMUM, MOYENNE. MOYENNE.
A 5,5 dehauteur. À 18 juillet. | 14 janv. . Surface du sol. . | 18 » . | 17 »
A 0,19 de profond. AE 5e 12074 0,45 PE) MENT UT Cie
œ@ C1 © 9 CI
=> à
0,75 à B’août. 01717865; 4 1,00 AUROAED 2 4|N2711en a [24 221019
5,90 . | 1%oct. . | 20 avril . | 16 juillet. | 10 janv... 7,80 . | 15 déc. . | 18 juin . | 16 sept. . | 18 mars .
Ainsi, c’est vers le 13 décembre seulement que les cha-
(78 ) leurs de l'été font sentir leur plus forte influence à la pro- fondeur de 7®,8 ou de 24 pieds, et c'est vers le 18 juin que les froids les plus grands de l'hiver ont pu pénétrer à la même profondeur.
Il résulte encore de là que, conformément à la théorie mathématique de la chaleur, les variations de température descendent à peu près d’un mouvement uniforme au-des- sous de la surface du sol, en parcourant en 144 jours l’es- pace de 24 pieds; ce qui donne une vitesse de transmission d’un pied en six jours.
La loi de décroissement des variations annuelles de la température au-dessous de la surface du sol , est aussi trés- bien marquée, et l’on trouve ici le même accord entre la théorie et l'expérience. À la surface du sol , la différence de la tempéralure mensuelle pour l'hiver et l'été est de 13°,3 centig. environ; à 24 pieds, elle se réduit à 1°,42 seu- lement, el à 60 pieds il faut la considérer à peu près comme nulle : c’est-à-dire qu'à celte profondeur le thermomètre serait à peu près stationnaire pendant loul le cours d’une année. C'est en effet ce que montre l'expérience faile sur les eaux d’un puils de l'observatoire qui, pendant toute l’année, se lrouve à peu près invariablement à la tempéra- ture d’un peu plus de 11 degrés centigrades.
La théorie montre que lorsqu'on descend au-dessous de la surface du sol, selon une progression arithmétique, les amplitudes des variations du thermomètre, pendant le cours de l’année, décroissent selon une progression géométrique, et qu’ainsi la courbe qui a pour abscisses les profondeurs et, pour ordonnées, les grandeurs de ces amplitudes, est une logarithmique. L'expérience confirme tellement ces résullats, que la formule qui à servi à calculer les obser- valions de 1834 à 1836, à pu servir, sans qu'on eûl à
(79) modifier les constantes, pour les six années de 1834 à 1839. Voici les résultats observés et calculés pour les deux
périodes triennales.
OBSERVATIONS, CALCUL. DIFFÉREXCE.
THERMOMÈTRES.
A 0®19 de profondeur. 15°,29
0,45 Le ; 12.56 19,41 — 0,05 0,75 2 | 11,45 11,56 + 0,09 1,00 ue 10,71 10,55 + 0,16 3,90 ës, 4,58 4,50 +- 0,08 7,80 ss ; 1,42 1,45 2 0,01
l'OS TORRES PE Ge LEE ER SR
Le plus grand écart dire la théorie et l’observation ne s'élève donc pas à 176 de degré. La formule employée pour le calcul est la suivante :
log. A) = 1,15108 — 0,04149 p.
3» représente, à la profondeur p(1), la différence entre les deux températures mazimum el minimum de l’année.
La troisième partie du mémoire, relative à la loi des va- riations de température que subit une même couche de terre pendant la durée d’une année, présente encore une confirmation de la théorie par l'expérience, plus concluante peut-être que les précédentes. Il suffira de citer en effet les résultats observés et calculés pour le thermomètre dont la
——— —
(1) p exprime des pieds de France,
( 80 ) boule descend le plus bas, c’est-à-dire à la profondeur de 78 ou 24 pieds.
VALEURS MOIS.
DIFFÉRENCE. OBSERVÉE,. CALCULÉE.
Janvier. Février. Mars
Avril
Mai.
Juin
Juillet . Août Septembre. Octobre Novembre .
Décembre .
MOYENNE.
La plus grande différence entre l'observation et le calcul s'élève donc à 1 dixième de degré. La formule qui a servi aux calculs est:
T, = 119,85 + 0°,715 sin. (n + 102).
T, est la température de l'année correspondante au jour n exprimé en représentant la durée de l’année par 360e. La formule est plus compliquée pour les thermomètres placés dans le voisinage du sol ou à l’air libre ; on sail que les physiciens emploient généralement pour calculer les
( 81 ) températures de l'air, des formules analogues à la sui- vanle :
T,=t+ a sin. (n+c) + a sin, (2n + c’) + ete.
M. Quetelet s'est occupé des équations de cette espèce, et d'une détermination expéditive des constantes qui y entrent. (Commissaires : MM. Plateau et Crahay.)
ANATOMIE COMPARÉE.
Sur la structure du squelette de l’Echinus , par M. le docteur Valentin, professeur à l’université de Berne.
Ehrenberg , Siebold et moi, nous avons déjà indiqué que le squelette de l'Echinus est composé d’élégants réseaux calcaires, que l’on aperçoit le mieux sur des lames trés- minces qui, à cause de la mollesse de l’écaille, se laissent facilement préparer. Si l'on traite au contraire une par- tie dure de l'animal avec des acides, par exemple de l'acide hydrochlorique étendu , il n’en reste qu’une membrane or- ganique proportionnellement trés-mince; la raison en est qu'ici, la substance inorganique se trouve dans une plus grande proportion que dans les os de l'homme et des autres verlébrés ; elle se montre dans la coquille aussi bien que dans les épines à plus de 90 ®,. Quoique la membrane orga- nique présente encore des vestiges du réseau calcaire, elle n'est cependant nullement propre à donner une idée juste de la structure du squelette calcaire de ces animaux.
Ces squelettes calcaires constituent des réseaux qui se réunissent ét s'étendent dans tous les sens, et sont composés de mailles plus ou moins arrondies. Ces mailles varient ce-
(82)
pendant d’après leurs caractères spéciaux el les endroits respectifs où elles se trouvent, précisément comme on l’ob- serve dans les os des vertébrés. Tantôt les réseaux sont grands et Lirés en longueur , comme dans la couche interne de la coquille, tantôtils sont pelits et rayonnants comme dans les grandes et peliles papilles de la surface extérieure elles articles des épines; ils sont enfin de grandeur moyenne dausle centre des dernières. Ce sont eux qui forment toutes les parlies dures de l'animal , comme la coquille avec ses diverses papilles et une grande partie de ses épines , et la plus grande partie de la lanterne d’Aristote, etc.
À côlé d'eux se trouve, mais en proportion très-minime, une autre substance, comparable à l'émail des dents des animaux supérieurs ; elle est située à la surface externe supérieure des dents , ou, suivant la position respective de l'animal vivant, à la surface externe inférieure, et sur les points isolés des organes pyramidaux de la lanterne. Elle est beaucoup plus dure que le reste de la substance calcaire, jaunâtre, el offre des fibres émaillées particulières, réunies par une masse inorganique vilreuse et dure, tandis que la substance dentaire proprement dite des dents, offre de
véritables fibres dentaires d’une structure particulière el
caractérislique.
Dans les épines, la substance calcaire offre des disposi- tions non moins remarquables. La coupe longitudinale d’une épine présente une infinilé de lames ou feuillets longitudinaux , ou de colonnes semblables à celles que forme le basalt, convergeant en haut et en bas par leurs exlrémilés, else composant originairement d’une substance calcaire homogène et fragile, dans laquelle on observe soit des Lrous réguliers ou bien des papilles. La coupe transver- sale d'une épiue offre dans son milieu une substance cal-
co dhtee Sénat perte 2e
(83)
caire poreuse , qui envoie des rayons très-réguliers vers la périphérie. Les rayons sont formés de simples rangées de réseaux calcaires, tandis que la substance qui remplit les intervalles est homogène. La portion articulaire de l'épine contient alors encore une nouvelle substance par apposi- tion. Lorsque la coupe transversale traverse le milieu de la crête qui désigne le commencement supérieur de la pièce articulaire, on aperçoit autour de la périphérie des rayons une série de papilles ou de protubérances trés-régu- lières, formées de réseaux calcaires, qui ne contribuent pas peu à relever la beauté de l'image. En conduisant la coupe longitudinale par l'axe de l'épine, on aperçoit la conver- gence de la base des colonnes, ainsi la manière dont se dépose la substance calcaire, formant des réseaux tendres autour de la base et du sommet de l'épine, constitue en haut le bord proéminent, en bas au contraire la Lêle de l'ar- ticulalion avec sa fosselte orbiculaire.
La plus grande partie du système dentaire est conslituée, comme il a été dit, de réseaux calcaires de différentes espè- ces. Les épi molles dans lesquelles se terminent les dents, et qui alors se replient , offrent seulement une diver- sité dans les formes, Cependant une description plus détail- lée de ces parties ne saurail être comprise sans des figures explicatives. En conséquece , jeme trouve dans la nécessilé de la réserver pour la publication prochaine d'une mono- graphie de l'Echinus, dont je m'occupe en ce moment.
Toutes les parties citées du squelette de l'Echinus sont depuis longlemps connues et visibles à l'œil nu. Mais l’ani- mal possède ( comme tous les-aulres échinodermes ), encore d’autres espèces de systèmes de squelette, qui ne peuvent être étudiés qu’à l'aide du microscope. Les plus importants en sont : les parties du squelette des ambulacres ; celles des
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ambulacres de la bouche et celles des filets de la bouche (barbillons ) : tous ces systèmes squelettaires sont, à la vé- rité reconnaissables au microscope , sans aucune prépara- tion préalable, mais comme ils sont tout autour enveloppés de parties molles, qui se trouvent trop délicates pour pou- voir être enlevées mécaniquement sans risque d'endomma- ger le tendre squelette calcaire, il faut, pour les préparer complétement, employer des moyens chimico-caustiques ; une solution moyenne de potasse caustique, remplirait par- faitement ce but.
1. Le squelette des ambulacres.—Dans chaque suçoir de chaque ambulacre, se trouve un squelelle calcaire qui se compose du disque et de l'anneau calcaires.
a. Le disque calcaire se compose de 3, 4 ou 5, plus rarement de 6 pièces régulières, qui sont séparées entre elles par des intervalles oblongs , rayonnants, quelquefois gonflés dans leur milieu; au centre reste une ouverture ronde, assez considérable. Le bord intérieur de chaque pièce est en conséquence conrbé avec sa concavilé en de- dans, le bord extérieur se prolonge en une série de pointes cupuliformes semblables aux ornements de certains édifices gothiques. Le nombre de ces pointes n’est pas toujours égal dans le même disque, mais conforme à des lois qui, comme il sera prouvé dans la suite, dénotent une différence ma- nifeste en avant et en arrière , à droile et à gauche des piè- ces semblables en apparence. Les pièces mèmes se compo- sent de réseaux calcaires, dont les solivaux et les mailles s'étendent en rayonnant plus ou moins distinciement du centre vers la périphérie. \
b. En dessous du disque calcaire, et près du commen- cement de la partie gracile-cylindrique de l’ambulacre de l'anneau calcaire , se trouve un anneau calcaire quadran-
(85 ) gulaire arrondi, qui est perforé, principalement en dedans, de trous disposés régulièrement, représentant ainsi un sim- ple réseau étalé en plan.
2. Dans le squelette des ambulacres de la bouche, c’est- a-dire dans les dix ambulacres situés sur la membrane de la bouche, l'anneau semble manquer, tandis que le disque calcaire subsiste. Celui-ci se compose souvent de deux pié- ces semi-lunaires, et d’une pièce carrée remplie de masse calcaire; qui sont également formées de réseaux calcaires. Quelquefois il s’y trouve 4 pièces. Souvent les pièces des disques calcaires, soit des ambulacres du corps, soit de ceux de la bouche, se montrent plus minces au dedans qu’au dehors.
3. Le squelette des filets de la houche.— Sous ce nom, je désigne les filets naissant de la membrane de la bouche, qui se terminent en pelit bouton. Chacun contient deux sque- lettes calcaires : l'un à la base du filet (massue ), l’autre au sommet dans le petit bouton.
a. Lefilel(massue) constilue une tige calcaire allongée, qui, en grossissant insensiblement vers le sommet en mas- sue, se termine en bouton arrondi; vers le milieu il est plus ou moins aminci (gracil) et s'élargit vers la base en un pied plus ou moins concave, garni de raies longitudi- nales élroites , el contenant un réseau calcaire composé de mailles trés-petiles.
b. Les houtons (tête) chez certaines formations, surtout chez cellesauxquelleslescanaux semi-circulaires manquent, et dont nous parlerons plus bas, ressemblent au crâne d’un oiseau vu d’en bas ; trois pièces en forme de colonne, gar- nies en haut d’un bord denté, placées à distance égale con- vergent en haut, et forment une pointe; tandis qu'en ar- rière elles se réunissent en corps constitué de formations
( 86 )
diverses. D'autres formes de ces boutons sont plus parfaites; ils se composent de trois feuillets ajustés , réunis en haut en forme d’une chapelle, dont chacun a la forme d’une na- celle, ayant au milieu un nerf médian d'une structure plus solide, latéralement à celui-ci, des réseaux caleai- res et des nerfs latéraux, el, aux bords extrêmes, des dents trés-élégamment et finement dentelées. En arrière ou vers le bas, ils se prolongent en une petite tête difficile à dé- crire sans l’aide d’une figure. De celle-ci, naissent trois par- lies, qui, dans une certaine position de la tête, ressemblent tout à fait à lrois ou quatre canaux semi-circulaires, garnis d'ampoules à leur base, mais en les regardant dans une po- sition oblique convenable, on aperçoit que cette forme-là ‘n'existe nullement en réalité, mais que ses trois colonnes forment une espèce de coupole, dans laquelle se prolon- gent deux autres groupes de canaux.
Les têtes (boutons) et les massues sont enveloppées de parlies molles. Toutes deux sont séparées, et entre chaque tête et chaque massue de chaque filet de la bouche (barbil- lon), se trouve une cavilé des formations molles.
Quoique les dernières classes des parties squelettaires
soient faciles à distinguer neliement au moyen de faibles
grossissements du microscope, elles n’en sont pas moins dignes d’altention, tant à cause de leur grand nombré que par l'élégance extraordinaire de leurs formes.
Je communiquerai la description plus détaillée et les figures de toutes ces parties, dans le premier cahier de mon Anatomie des Échinodermes , lrailant de l'Echinus, qui formera un supplément au travail de M. Agassiz, sur la zoologie et paléontologie de celte classe d'animaux.
(87)
ENTOMOLOGIE.
Additions à deux notices sur les Libellulidées , insérées précédemment dans les Bulletins de l'Académie, par
M. De Selys-Longchamips.
Ç Ier. Addition à la description de l’Anax mediterranea,
(Tome VI , n° 10 des Bulletins.)
J'ai reçu récemment du Sénégal plusieurs couples de celle espèce, ce qui me permet de compléter la description du mâle dont la tête manquait , et d'ajouter celle de la fe- melle qui ne m'était pas connue.
La tête du mâle ressemble beaucoup à celle de l'Ænax
parthenope (voyez n° 2). Elle est jaune avec une partie de
la lèvre supérieure brune et une tache transverse noire sur le haut du front. Les yeux étaient sans doute verdâtres chez les individus frais. La protubérance des ocelles est noirâ- tre en avant, jaune postérieurement, ainsi que le petit triangle en arrière de l'œil. J'ai peu de chose à ajouter à la description du corps, les individus étant secs. Le thorax est brunâtre en dessus, jaunâtre en dessous ; les attaches des ailes jaunes ainsi que le premier segment de l'abdo- men ; le deuxième et le troisième bleuâtres; les taches la- térales des trois derniers jaunes.
La femelle sèche ressemble beaucoup au mâle; le trian- gle jaune derrière les yeux, formé par leur écarlement, est un peu plus grand; les côtés des trois premiers segments
( 88 ) de l'abdomen jaunâtres. Le dernier segment forme entre les appendices anals une petite saillie de même couleur. Ceux-ci sont assez minces, lancéolés, en forme de feuilles à bords bruns, traversés longitudinalement par une veine jaunâtre renflée. Leur bord interne est très-légèrement velu.
Quelques-uns des exemplaires que j'ai sous les yeux ont la base des ailes et leur milieu assez notablement lavés de jaune d’ocre. Tous ont le côté interne de la cuisse anté- rieure jagne pâle, comme chez l'individu type que j'ai dé- cril précédemment.
J'ai peut-être eu tort de donner à cette 4nazx le nom de mediterranea, avant de savoir si elle se trouvait exclusi- vement sur les côles de la Méditerranée; mais il ne faut pas attacher une trop grande importance aux noms lorsqu'ils ne sont pas tout à fait un contre-sens. Il vaut mieux se soumettre aux pelits inconvénients d'une nomenclature peu significalive, que de bouleverser la synonymie. En adoptant le système contraire , il faudrait changer beau- coup de noms généralement admis, notamment ceux des Libellula pædemontana el scotica , qui se trouvent dans presque toule l'Europe.
$ IL.
x
Addition à l’énumération des Libellulidées de Belgique.
(Tome VIT, n° 1 des Bulletins.)
Les recherches que j'ai faites celte année , en Campine el aux environs de Liége, ont amené la découverte de qua- tre espèces à ajouter au catalogue de celles: de la Belgi-
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que. Deux d’entre elles, les Ægrion sophia et Charpen- tieri (Nobis), sont entiérement nouvelles el ne sont pas décrites : l'Ægrion pumilio était regardée comme propre au midi, et la Zibellula albifrons , indiquée en Allema- gne, par M. Burmeister, ne m'était connue que par sa courte diagnose que j'ai dû répéter, Enfin, M. Putzeys a découvert près d’Arlon la Cordulia subalpina, qui est lout à fait nouvelle et qui forme la cinquième espèce addi- tionnelle dont j'aurai à parler et à donner les principaux caractères pour celles qui sont inédites. Je réunirai par oc- casion aussi quelques autres observations, et je signalerai une sixième espèce indigène que m'a remise Melle Marie Libert.
GENRE LIBELLULA.
No 1. (Addition.)
J'ai pris cette année , en Belgique, le mâle et la femelle de la variété de la Quadrimaculata , nommée Prænubila par Newman , et dont le bout des ailes est largement noirä- tre à partir du parastigma.
No 13, ( Addition.)
J'ai retrouvé cette année la Zibellula rubicunda à Longchamps-sur-Geer. Un individu volligeait sur les sa- pins le 1° maï.
N° 14, LiBeLLuLA ALBIrRONS (Burmeister.)
J'ai observé celte belle espèce au commencement de juin, sur un élang tourbeux à Vogelsanck, près de Has- sell. Elle se posait toujours sur les feuilles de nénuphar, à
Tom. vir. (£
( 90 )
une certaine distance de la rive, ce qui la rendaït trés-dif- ficile à prendre, quoiqu'elle n'y fût pas trés-rare. so
Elle est fort voisine de la Zibellula rubicunda par ses formes et par la coloration des ailes, de la tête et du corps chez les individus nouvellement éclos; mais à lous les âges , l'extrémité de l'abdomen est très-élargie dans le genre de celle du Gomphus forcipatus , el les deux appendices anals supérieurs sont blancs. Il n’y a aussi de taches dorsales jaunes que sur les trois premiers segments. Les vieux mâles sont très-différents : ils ont, à la vérité, la tête colorée comme la Rubicunda, mais le thorax est noir et sans taches. L'abdomen est noir avec les 3°, 4° et 5° segments saupou- drés de bleu clair ; le parastigma, qui est noir de part et d'autre chez les individus jeunes, devient alors blanc en dessus.
GENRE CORDULIA.
No 4, Corpurra surazriNa (/Vobis.)
Presque semblable à l'espèce des Alpes que j'ai décrite sous le nom de Cordulia alpestris, sous le rapport de la taille, du facies, des ailes et du front, au point que le mâle est absolument coloré de même et que la femelle n’en diffère que par une tache oblougue jaune, qui se trouve sur chaque côlé du 3° segment de l'abdomen, et qui rap- pelle celle de la femelle de la Metallica.
Les caractères spécifiques pour distinguer la Suhalpina de l'Ælpestris, n'existent réellement que dans la formation des organes génilaux, mais ils n’en sont que plus authenti- ques, Ainsi, chez le mâle, les deux appendices anals su- périeurs sont entièrement différents de ceux des cinq au- tres Cordulia européennes. Is sont de la longueur des deux
(91)
derniers segments de l'abdomen, cylindriques en dessus, à peu près droits dans leur première moilié, puis s’écar- tant l'un de l’autre pour se rapprocher en demi<cerele à la pointe qui est émoussée, La surface du dessous de la pre- mière moilié est très-singulièrement contournée, offrant une arêle latérale aiguë et lrois dents successives un peu arrondies, dont la dernière à la place où les appendices prennent la direction semi-circulaire. L’appendice infé- rieur égale à peu près la moitié des supérieurs. Il est triangulaire, à pointe relevée en haut. Les appendices anals de la femelle diffèrent peu de ceux de la Cordulia alpestris ; mais ils sont un peu plus longs, et la petite écaille vulvaire en goutllière qui s'échappe de l'extrémité du 8° segment est triangulaire, pointue, au lieu d’être arrondie comme chez l’Æ/pestris. Les appendices des deux sexes soul noirs, à duvet roussàtre; la membranule acces- soire des ailes est un peu plus petite que dans l’Æ/pestris.
Cette espèce nouvelle, dont le mâle est si remarquable- ment conformé , a élé découverte le 21 juin 1840, par M. Patzeys, procureur du roi à Arlon, qui cultive depuis peu celle branche de l'entomologie avec un zèle et nne sagacilé au-dessus de tout éloge, el qui a déjà fait plu- sieurs observalions géographiques très-importantes, no- lamment celle de la ZLibellula pædemontana en Belgi- que. Il à pris deux couples de la Swbhalpina dans une bruyère sèche où croissent seulement quelques arbres, près d'Arlon. J'ai choïsi le nom de Suhalpina, lant à cause de son habitat dans une contrée réellement sub- alpine qu'en raison de sa ressemblance avec l’Ælpestris. Cette dernière doit avoir pour phrase spécifique :
Cordulia obscuré viridi-ænea, macula utrinqué ante oculos et labit
superioris basiluteis; appendicibus anolibus superioribus maris sub-
(92)
tus lœvibus, apice intûs acuto-flexis : feminæ /erlio abdominis seq-
menlo immaculato.
Et la Subalpina :
Cordulia obscuré viridi-ænea , macula utrinqué ante oculos et labri superioris basi luteis; appendicibus analibus superioribus maris sub- tus tridentatis, apice semicireularibus ; feminæ tertio abdominis
segmento maculis lateralibus luteis. GENRE ÆSCHNA.
No 4 (bis). Æscuxa suncea ( L. et surtout Sfeph., Curtis).
\
Après avoir terminé cette notice, j'ai visité les collections de Mike Libert de Malmédy, célèbre par ses ouvrages sur les plantes cryptogames. Elle avait conservé par hasard une “Æschne qu’elle a eu la bonté de m'offrir, et je reconnais avec surprise que c’est la véritable -Æschna juncea des Anglais. Elle l’a prise sur la frontière belge. La description que j'en ai donnée est exacte. C'est décidément une espèce distincte de la Maculatissima et remarquable par son pa- rasligma allongé, qui est coupé par deux nervures.
GENRE AGRION. “
No 1 (ès). AGrion sopata (Wobis).
Agrion suprà viridi-aurea, linea post-vculari, spatio interalari
el tribus ullimis abdominis segments cœruleis.
Cette espèce doit former dans le genre Ægrion une nou- velle section caractérisée par la présence d’une ligne étroite et continue, claire derrière l’occiput, el par la forme très- mince et très-allongée de l'abdomen, tandis que les ailes sont plus courtes et plus arrondies que chez aucune autre A grion d'Europe. Sa coloration métallique est tout à fait la même que celle des espèces du genre Lestes, au point
ess
(95 ) qu'on serait tenté au premier abord de l'y rapporter, si son parastigma, d'une seule cellule, et les appendices anals du mâle n'indiquaient suffisamment que c’est une véritable Agrion. Les cellules de ses ailes ont aussi la forme qua - dranguiaire comme chez ses congénères. Voici ses princi- paux caractères :
Lèvre inférieure blanchätre ; la supérieure verte avec deux lignes noires. Le devant des yeux vert clair, leur par- tie supérieure noir verdâtre. Vertex noir bronzé; oceiput noir avec une ligne étroite continue bleu clair; collier et mésonotum vert bronzé brillant; côtés du thorax bleu ver- dâtre; espace interalaire trés-saupoudré de bleu clair. Les sept premiers segments de l'abdomen d'un vert bronzé cha- ioyant ; le 8& de même, mais avec une tache dorsale posté- rieure bleu clair; le 9° bleu clair avec une tache basale bronzée de chaque côté ; le 10° tout bleu. Appendices anals supérieurs presque aussi longs que le dernier seg- ment, coniques irréguliers, à pointe tronquée, un peu divergents, noirs en dessus. Les deux inférieurs très-pe- tits, blancs, minces, rapprochés à leur base, puis s’écartant en longeant le bord postérieur du dernier segment. Dessous du corps blanc jaunâtre ou rosé, les trois derniers seg- ments bleus. Pieds blancs, légèrement cendrés en dehors. Ailes hyalines un peu jaunâtres , assez larges et arrondies, trés-courtes. Parastigma rhomboïde, blanchâtre, cendré au milieu. Les jeunes individus ont le parastigma blanc opaque et les veux cendrés.
? Diflère peu du mâle, ses yeux sont d’un beau bleu foncé, un peu plus clair en dessous. Le parastigma est blane, et le dessous des trois derniers segments est blan- châtre. Les appendices anals sont très-petits. Les jeunes ont les yeux d'un gris violätre.
( 94 )
Cette jolie espèce vole lentement et rappelle, par cette habitude, les Macrosoma de l'Amérique, dont elle a un peu les proportions. Je l'ai trouvée sur les herbes aquatiques d'un étang à Vogelsanck, en Campine. Elle y était assez commune vers le 8 juin. Longueur totale 12 lignes; de l'ab- domen 10 ; de aile inférieure 6 à 7 lignes.
No 4 (is). Akron umo ( 7. de Charp.)
J'ai pris cette année, pour la premiére fois, une Ægrion qui semble n'être qu'une variélé climalique de lÆ. pumi- Lio, qui n'avait été observée jusqu'ici que dans ie midi de l'Europe. Je la désigne provisoirement sans le nom d'4- grion cognata. Voici en quoi elle diffère de la Pumilio : sa laille est plus forte, les nervures des ailes sont noires et plus robustes, les transversales plus nombreuses surtout vers l'extrémité des ailes, qui n’ont pas de reflet irisé ; enfin le dessus de l'abdomen esi d’un brun bronzé beaucoup moins métallique. Chez la femelle , le thorax n'offre jamais qu'une bande dorsale bronzée. — Assez commune, mais seulement sur les flaques d’eau pluviale, près du chemin de fer à Waremme; aussi dans les Jautes-Fanges près de Spa.
J'ai remarqué en même temps que l'Agrion, que j'avais nommée {urantiaca, en est une variélé femelle. Elle est très-conslante, n’est pas trèés-rare et s'accouple avec des mâles semblables aux individus ordinaires de |’. pumi-
lio, var. cognata. L'espèce et la variété volent pendant tout
le mois de juin et de juillet. Longueur totale 12% à 13 lignes ; de l'abdomen 10 à 10 +, de l'aile inférieure du mâle 7, de la femelle 8 lignes. Un mâle de l’4. pumilio que je possède, n’a que 12 lignes pour longueur Lolale et 5 3 pour l'aile inférieure.
SE Le ee à
‘ À
( 95 ) No 7 (bis). Acrion Cuanrenriert. (/Vobis.)
J'ai pris communément celle espèce inédite à Vogelsanck avec l'Agrion hastulata (Touss. de Charp.). Elle lui res- semble tellement au premier abord qu’on serail lenté de regarder ses différences comme trop futiles és constituer une espèce; mais elles sont si constantes, et j'ai pris tant d'individus accouplés de chacune d'elles, sans jamais avoir pu observer de mélange, que leur séparation spécifique ne saurait être douteuse. Je crois utile d’en présenter les dia- gnoses comparatives que j'ai rédigées ayant sous les yeux
un grand nombre d'individus vivants pris accouplés.
AGRION ChARPENTIERI ( Nobis).
Agrion oculis anticè cœruleis (gg) aut cinereis ( Q )collaris margine posticovit sénuato ; macula subrotunda post ocu- lum utrumque et abdomine maris azu- reis. Segmentis nigro annulatis, se- cundo macula dorsali unica nigra lit- teram T capète incrassalo referente et cum margine postico coherente ; femina ex maxinta parle rufescens, suprà æneo picta.
d'- Devant des yeux bleu ainsi que le dessous des cuisses. Les deux points bleus del'occiput un peu arrondis, non réunis. La base du collier à peine bleue ainsi que deux points latéraux, et son bord posté- rieur, qui est presque droit , légèrement bisinué au milieu,
Le deuxième segment de l'abdomen sans autre ligne noire que la tache en T dont la tête est plus épaisse, La base du septième segment largement annelée de bleu ; l'échancrure du 10e profonde, en ogive, noire,
AGRION HASTULATA (Charp.).
Agrion oculis anticè flavidis (d') au£ Jlavis (Q) collaris margine postico ferè recto ; maculæ oblonga post oculumr utrumque et abdomine maris azureis segmentis nigro annulalis ; secundo li- neolis duobus longitudinalibus basi et macula dorsali nigra litteram T capite incrassato referente el cum margine postico coherente; femina ex maxima parte flavida supra fusco-æneo pic(a.
©", Devant des yeux jaunâtre ainsi que le dessous des cuisses. Les deux points bleus de l'occiput cunéiformes, réunis par une ligne bleue bien visible. Un large anneau bleu clair à la base du collier, dont le bord postérieur, aussi bleu clair, forme un angle trés-obtus, à branches droites.
La tache en T du deuxième segment de l'abdomen précédée de chaque côté d'uneligne latérale noire qui ne luitouche pas, mais rappelle les côtés delatacheana- Jogue de Puella. La base du septième segment à peine bleue et lraversée en Lous cas par une ligne dorsale noire. L'échan- crure du 10e peu profonde, arrondie,
bleue,
(9%)
Appendices anals inférieurs assez longs, minces, pointus, un peu recourbés en dedans. P:
@ . Devant des yeux cendré verdâtre, lèvre supérieure jaunâtre clair, dessous de la tête, du thorax, de l'abdomen, et intérieur des pieds couleur de chair pâle. Les deux points de l'occiput arrondis , à peine” réunis par uue ligne peu visible, roussâtres, ainsi que la base étroite du collier qui offre les mêmes formes et la- ches que chez le mâle.
L'espace interalaire, la bande latérale
et les côtés du thorax, les côtés de l’abdo- men et de larges anneaux à la base des segments d'un roux terne. Le reste brun noirâtre très-métallique, L'échancrure du 10e noire, Appendices anals roussâtres. Les valvules vulvaires petites. Longueur totale 14 lignes, de l'abdomen 11 à 11 #, de l'aile inférieure 8 + à 9 lignes.
Appendices anals inférieurs gros, plus courts, en forme de cornes recourbées en dedans.
@. Devant des yeux jaune assez vif, lèvre supérieure roux terne ou jaunâtre. Dessous de la tête, du thorax, de l'abdo- men, et intérieur des pieds jaunâtre ou un peu verdâtre. Les deux points de l'oc- ciput réunis par une ligne assez large ver jaunûtre, ainsi qu’un large anneau la base du collier, dont le bord postérieur est formé comme chez le mâle et bordé de jaunâtre.
L'espace interalaire, la bande latérale et Les côtés du thorax, les côtés de l'abdo- men et les articulations étroites des seg- ments jaune verdâtre. Le reste brun noi- râtre brouzé. L'échancrure du 10e plus profonde que chez le mâle, verdâtre, ainsi que les appendices anals. Les valvules vul- vaires plus fortes. Longueur totale 141., de l'abdomen 11 à 115, de l'aile inférieure du mâle 8, de celle de la femelle 8 3
à 9 À lignes.
Les deux espèces se trouvent sur les étangs de la Cam-
pine au commencement de juin, M. Putzeys les a retrouvées à la fin de juin aux environs d’Arlon, et j'ai encore revu l’Z. hastulata à Malmédy le 23 juillet, et l'4. Charpentieri prés de Spa dans la 17° quinzaine d'août. M. Putzeys me fait observer avec raison que l’échancrure du dernier seg- ment de l’abdomen est plus large et moins aiguë que chez la femelle de |. puella, ce qui est encore un bon carac- tère distinctif à noter. — J'ai remarqué que chez les jeunes de l'4. Charpentieri tout le bleu est remplacé par du rous- sâtre clair, J'ai dédié cette espèce à M. Toussaint de Char- pentier, dont les travaux ont fait faire des progrès réels à l'étude des Libellulidées.
Je conelurai des additions que je viens de faire au ca-
DT PT 0 "7 4 = da “f h ‘AR.
Bulletin de l'Académie . Tome VII, 2 ‘partie Page 97
1 2 : 51
Li, Degobert& Spelle Edm.De Selys Longchamps deu |
1, Agrion Sophia. DeSelys ô. Puella. Vande:L 2. Hastulatn, Charp 6. Hustalata. Parp
d. —___ Charpentert. DeSelys, 7. arpentert. De Selys 4.
____— Pulchella. Vonderi ê Linden De Selys 9: Cordulia Subalpina. De Selys.
«
(97) talogue des Libellulidées de Belgique, que le principe de leur distribution géographique que j'ai établi, en reçoit une nouvelle confirmation, c'est-à-dire, que ces espèces ont un habitat très-étendu sous le rapport de la longitude et de la latitude , mais que chacune est souvent attachée à des lo- calilés trés-restreintes dans chaque pays.
EXPLICATION DE LA PLANCHE.
Les figures 1, 2,3, représentent grossis, les appendices anals des males :
Fig. 1. De l’Agrion sophia , a vu en dessus , à vu en dessous.
— 2. De l’Agrion hastulata , vu en dessous.
— 3 De l’Agrion Charpentieri, a vu en dessus, 6 vu en dessous.
Les figures 4, 5, 6, 7 et 8, représentent les deux premiers segments ab- dominaux des mâles, et le collier ou pronotum des cinq espèces d’4- grion très-voisines, dont les mâles sont bleus. Il était inutile de colorier le dessin des scgments abdominaux ; il suffit de prévenir que chez tous le fond est bleu clair et les taches noires. La fig. 5 varie très-rarement en ce qu’elle peut être interrompue au milieu de sa base ou bien à l’ori- gine des deux branches latérales, ou enfin par la présence d’un petit point dorsal isolé. La fig. 6 ne varie que par le plus ou moins de lon- gueur des deux lignes latérales ou la présence d’un petit point dorsal isolé. La fig. 7, par la présence de deux points noirs latéraux, ou bien par l'absence de la tige du 7’; mais il est toujours facile de ramener ces rares aberrations au type commun, et de ne pas les confondre avec les espèces voisines dont elles n’ont , au reste, aucun des caractères.
Quant aux cinq colliers ou pronotum, je n’ai eu pour but que d’indi- quer au trait la forme de leur bord postérieur,
La fig. 9 représente les appendices anals de la Cordulia subalpina, a vus en dessus, à vus de profil.
( 98 ) HISTOIRE.
Sur l'introduction des armes à feu en Belgique, par M. Dumortier, membre de l'académie.
L'époque précise de l'invention des armes à feu n’est pas encore connue, et l’on sail peu de choses sur leur intro- duction primilive dans divers pays. Longlemps on a cru que l'invention des canons était due à Berthold Schwartz qui en enseigna l'usage aux Vénitiens lors de leur guerre contre les Génois, en 1380 ; mais ilest constant que ces ter- ribles instruments de destruction étaient connus bien avant celle époque. Ainsi, il n’est pointaujourd'hui douteux que le succès obtenu par l'armée anglaise contre l'armée fran- çaise , à la bataille de Créey, le 26 août 1346, fût principa- lement dû à six piéces de canon qu'Édouard LIT avait fait placer sur une colline, et qui inspirèrent une telle épou- vante à l'armée française, qu’elle ne songea pas même à ré- sister. Mézerai, qui rapporte le fait, ajoute que c'était la premiére fois que l'on eût vu ces foudroyantes machines.
Cependant, Ducange, dans son Glossaire, nous apprend que déjà 8 ans auparavant, les canons élaient en usage en France, et que l’on s’en était servi en 1338 au siége du Puy- Guilleme, en Auvergne, ainsi qu'il résulte des registres de la cour des comptes de France, Voici comment il s'ex- prime : « {llius pulveris ab anno 1338 in Gallid usum fuisse docet computum Bartholomæi du Dracht thesau- rarii querrarum istius anni : à Henri de Faumechon pour avoir pouldre et autres choses nécessaires aux canons qui étaient devant Puy-Guillaume (1).» — L'usage du canon,
(1) Ducange, Gloss, vol. 1, col, 1221. Verbo Bombarde,.
(99) à celle époque, ne peut donc être contesté ; on voit même dans la vie métrique de Robert Bruce, par Barbour, qu'en l'an 1327, Édouard I fit usage de canons dans ses guerres contre les Écossais. Ainsi, il paraîtrait constant que la ba- taille de Créey n’est pas la première affaire dans laquelle on aurait employé l’artillerie comme arme de combat. Mais 1l n’est nullement douteux que l'usage en était alors bien nou- veau , tellement que très-peu de guerriers avaient dû en connaître la pratique. C'est ce qui résulte inconteslable- ment d’un passage du registre dit de euir noir, où sont ins- crils beaucoup d’actes anciens de la ville de Tournay. Ce passage fixant l’époque de l'introduction des canons en Bel- gique, m'a paru assez Curieux pour être communiqué à l'académie.
L'an 1346, le magistrat de Tournay ayant entendu par- ler d’une nouvelle arme propre à la défense des villes , et nommée connoille (canon ), résolut d’en faire confection- ner un afin d'en commander plusieurs, si l'effet répondait à son atlente. Au mois de septembre, el par conséquent quelques semaines après la bataille de Créey, on ordonna qu'il füt essayé, Le rapprochement de ces dates permet de croire que les Tournaisiens qui, sans doute, durent se trou- ver à la bataille de Crécy, racontèrent à leur retour le ter- rible effet de ces machines, ce qui engagea le magistrat à ordonner qu'on essayàt le canon que l'on avait fail faire ; afin de savoir comment on s’en pouvait servir, le magistrat ordonna qu'un coup de canon fût tiré hors de la porte Mo- relle, et un boulet de plomb de deux livres fut mis sur la charge. Ce boulet étant tombé dans la ville, atteignit un homme à la tête, près de l'église S'-Brice, et le tua raide mort. Sur ce , Pierre de Bruges, constructeur du canon , se rélugia dans uneéglise jusqu'à ce qu'ileût été acquitté par
{ 100 ) le magistrat. C'est cet événement qui se trouve rapporté au registre de cuër noir de la ville de Tournay; laissons parler cc registre, il nous montrera combien l’envention des ca- uons élail nouvelle à celle époque.
« Come li consauls (1) de le ville euist ordené par au- cun raportque on leur en fist, que Piere de Bruges, poliers destain, savoit faire aucuns engiens appiellés connoilles pour traire(2) en une boine ville quand elle seroit assise (3); liquels Piere fu mandés et li commanda lidis consauls que il en feist j etse il le faisoit boin et que on sen loast , il en feroit plusieurs... liquels Piere en fist j.. et depuis aucun doudit consel vaurent savoir comment on sen poroit aidier
et dirent audit Pieron que il le voloient faire esprouer. he
quels Piere porta son engien dehors Moriel porte ascans (4), et mist j. quariel ens (5), auquel avoit ou bout devant une pieche de plonch pesant ij Ib u enviror. et fist cestuy an- gien (raie et la porta pour jeter contre. huis et j. muret(6), liquels engiens fist si cruel noise et si grant , que li quariaus vint par de dens le ville et ny eust personne qui la fu, ne le dit Pieron, neant qui ledit quariel véust ne puist perchevoir.. et passa le ij mars de le ville jusque en la plache devant le moustier St-Brisse el la atainst j. home appiellé Jakemon de Raisse , foulon, ou kief et le jeta mort.. lyquels Pieres pour le doubte de la loy de le ville (7), se traisl en saint
(1) Les conseils,
(2) Tirer.
(3) Assiégée.
(4) Dehors la porte Morelle, sur les champs; la porte Morelle, c’est la porte Noire, du vieux mot s#oreau ; morelle.
(5) Et mit un quarreau dedans.
(6) Le dirigea contre une porte ou un mur.
(7) De la justice de la ville.
TT PT CE SR ET PE
( 101 )
hu {{) quant on li raporta le nouvelle. sur çou li consauls de le ville par grant deliberation eut avis sour che et boin conseil , considerant que on avoit commandé audit Pieron à faire ledit engien et que dicelui lidis consauls lavoit fait traire pour exprouver comment il se porleroit, comment 1] avait pris se visee de traire cont ledit huis et muret. el que hayne aucune lidis Piere n'avoit audit Jak que on seoist, et comment li quariaus sans viser se dreta dedans le ville. quil ne veoient cose aucune pour quoy li dis Piere ne duist estre de ceste cose purs innocens et sans coupes de le mort ledit Jak et que ce que lidis Piere en fist. fu cas de mes- keance et de pitey. pour quoy audict Pieron il perdonne- rent çou que par meskeance il en estoit. Ce fu fait ou mois de septembre lan de grace mil ILE et XLVL »
La narration que je viens de rapporter montre claire- ment combien les armes à feu étaient chose nouvelle à celte époque. Le magistrat de Tournay fait essayer le canon qu'il avait fait faire, afin de savoir comment on s’en pourrait servir, et lorsque Pierre de Bruges le potier d'élain eut tiré son coup de canon , chacun est étonné de n'avoir pu suivre des yeux le boulet de deux livres avec lequel on lavait chargé; ces particularités jointes à celles de la si cruelle noise que fit l'engin, établissent que c'était là une arme entièrement nouvelle. Il faut donc reconnaître que l’'em- ploi de l'artillerie, à la bataille de Crécy, dut assurer par sa nouveaulé, le iriomphe de l’armée anglaise, encore que peul-être on s’en soit servi précédemment.
Au reste, il ne me paraît pas douteux que le fait rap- porté dans le registre de cuir noir, est le renseignement
"
(1) Se retira dans un saint lieu.
( 102 )
authentique le plus ancien sur l'introduction des canons en Belgique. Car ce que raconte Froissart de la grande bombarde que les Flamands firent construire pour assiéger Audenarde, et qui au declicquer, menait si grand bruit qu'on l’entendait de cinq lieues loin (1), se rapporte à l'an- née 1382 el ainsi a trente six ans plus lard. À cette époque, l'artillerie était fort développée en Belgique. En effet, nous voyons par le registre de cuir noir de la ville de Tournay, que lorsque Gharles V, n'étant encore que dauphin de France, vint.en cette ville l'an 1358, son premier soin fut de se rendre à l'artillerie de la ville, pour la veir. I y avait donc à Tournay, à celte époque, une artillerie bien orga- nisée et digne de fixer l’atlention du souverain ; de là vient l'origine de l’une des compagnies bourgeoises qui subsis- tèrent jusqu'à la révolution française, où lout ce qui rap- pelait l'antiquité fut anéanti.
PALÉOGR APHIE. -
Le manuscrit autographe de Sigebert de Gemblours, par le baron De Reiffenberg, membre de l'académie.
M. l'abbé Des Roches vient d'enrichir les Mémoires de la société des antiquaires de Normandie (2), toujours si riches de recherches intéressantes, d'une notice sur les Manuscrits de la bibliothèque d'ÆAvranche, petite ville à laquelle se rattache le grand nom d’un des érudits
———————_———————————————— +
(1) Froissart, vol. 2, c, 102.
(2) 2e série, 1er vol. (11e de la collection).
0 DE
( 103 ) les plus illustres de la France. Un extrait de celte notice, reproduit dans le Bulletin de la société de l’histoire de France (1), signale un volume in-fol., sur parchemin, coté n° 186, composé et transcrit en partie par Robert, abbé du Mont-St-Michel, qui florissait en 1183. Ce volume contient, après la chronique de Prosper, celle de Sigebert de Gemblours, avec cette désignation : Seguitur ex inde cronographia S'igiberti Gemblacensis monachi quam in- cipit a CCCLXXXI et perduxit usque ad MC. Sur quoi M. l'abbé Des Roches remarque qu'on ne trouvera nulle part les chroniques d'Eusèbe , de Saint-Jérôme, de Prosper, ni de Sigebert plus correctes et plus soignées que dans ce savant manuscrit de Robert, qui a corrigé et continué l’œu- vre du docte moine de Gemblours.
Nous croyons cependant posséder quelque chose de mieux relativement à celui-ci. On formerait une petite bi- bliothèque de tous les manuscrits de sa chronographie : un grand nombre sont signalés dans les archives de l'as- sociation pour l’ancienne histoire d'Allemagne ( Ærchiv der Gesellschaft fuer aeltere deutsche Geschichtkunde) ; la bibliothèque royale, avant l'inappréciable acquisition qu'elle vient deconelure, en comptait elle-même trois exem- plaires qui ont de la valeur, et qui sont marqués dans l'in- veutaire sous les n°° 9073, 9074, 14782, 14857.
Toutefois ces manuscrits, quelque part qu’ils se trouvent, quelles que soient leur date et leur origine, doivent incon- testablement céder la presséance à celui que cette bibliothé- que vient d'acheter au prix de 1900 fr. à M. l'avocat A. Baude.
Car notre manuscrit n’est pas seulement l’un des plus an-
(1) Du 10 juillet 1840,
( 104 ) ciens, comrne il est dit dans le Répertoire imprimé (p.285), il est, sans réplique, le plus ancien.
Il n’est pas seulement le plus ancien, il est l'original.
Que dis-je? il n’est pas seulement l'original, il est l’au- tographe, oui, Messieurs, l'autographe en personne.
Les aulographes, vous le savez, sont en vogue (1); c’est une mode de bon goût qui fait tous les jours des adeptes et qu'approuvenl le savoir et la critique; en Allemagne MM. le comte Maurice de Dietrichstein et C. T. De Murr, en France MM. Villenave, De Chassiron, Bérard, De Châteaugiron, en Hollande M. G. J. Beeldsnyder, et naguère M. De Sypestein (2); en Belgique MM. le baron De Slassart, Polain, F. Hennebert, ont réuni , en ce genre, les raretés les plus piquantes el les plus instructives.
N'ya-t-il pas, en effet, un altrait bien vif à voir la pen- sée d’un auteur tracée de sa propre main, à s'assurer de l'identité de son texte, à chercher, dans son écriture, les secrets de sa composilion, les procédés de son intelligence, les révélations de son âme? Les protubérances du cerveau, l'angle facial ne nous apprennent pas toul : le caractère des hommes ressort aussi de leur écriture. Gette étude mo- rale, quoique appliquée à un pelil objet, n’est pas sans charme ni même sans utilité. On aime à considérer les signes formés par une main qui ébranla le monde ou qui se contenta de l'instruire, on cherche dans des traits jetés impatiemment sur le papier, dessinés, léchés avec soin ou surchargés d'ornements parasites, la manifestation du gé- nie, de Ja justesse ou de la frivolité. i
. (1) Voy. G Peignot, Recherches historiques et bibliographiques sur les autographes et sur l’autographie. Dijon , 1836, in-8v. (2) Archio. philolog , X, 195.
(105 )
Il est tout simple, par exemple, que l'écriture de Louis XIV affecte des formes gigantesques comme son orgueil; les mots ébauchés avec âpreté par la plume inflexible et pressée de Napoléon , semblent annoncer son esprit indomptable et la hâte de son ambition. Mais on a peine à s'expliquer com- ment la prose brûlante de Rousseau ne s’est point refroidie sous la plume lente et minulieuse de cet auteur.
Au siècle où vivait Sigebert, il est vrai, ce mérite indi- viduel manque aux autographes ; il y avait alors une écri- ture d'époque, comme il y a en Angleterre et en Hollande des écritures nationales, qui, sans exclure totalement la personnalité , lui enlévent néanmoins ce qu’elle a de plus frappant et de plus original.
Mais qui nous donne le droit d'affirmer que le manus- crit autographe de Sigebert est maintenant en noire pos- session ?
Voici les motifs de cet allégué, conforme à celui d’Au- bert Le Mire (1).
Sigebert , né vers l’an 1030, avait pris très-jeune l’habit de S'-Benoît dans l’abbaye de Gemblours. Ses talents le firent appeler à l’abbaye de S'-Vincent de Metz, où il pro- fessa longtemps, mais Gemblours lui tenait au cœur, il y re- vint et y mourut le 5 octobre 1112. La tradition constante de la maison faisait considérer notre manuscrit comme l'autographe, et quand Nelis et Schoepflin y vinrent, et qu’on le leur montra en celle qualité, Schoepflin, frappé de vénération pour une pareille relique, tomba à genoux.
Ce noble fanatisme de savant pourra paraîlre peu raison- nable aux esprits solides el positifs de nos jours. S'age-
(1) Chronico Sigeberti, ad fidem avrocnarnt a me comparato. Miræus, Bibliotheca ecclesiast. Antv., 1639, in-fol., p. 158.
Tom. vi. 8.
( 106 ) nouiller devant un manuscrit! Ils trouveront, je l’espére, la chose moins ridicule, en considérant que les manuscrits se vendent cher sur la place, eux qui n'ont de considéra- tion que pour les billets de banque et de culte que pour l'or.
Indépendamment du témoignage non interrompu du passé, l'examen du manuscrit en lui-même confirme ce que nous avons dit.
L'écriture , demandez-le plutôt à MM. Pertz, De Waillv, Sylvestre, Champollion, est du XI° siècle; les quarante- deux feuillets de la chronique même ne contiennent pas plus de huit fautes d'orthographe, chose élonnante et qu'on ne rencontre pas dans la plupart des manuscrits originaux dont l'authenticité est avouée. Il y a toujours dans les meil- leures copies de ces distractions qui rappellent le mot spi- rituel d’un vaudevilliste, à propos d’une pièce de vers : Je l'ai copiée, mais je ne l’ai pas lue. Au lieu de cela, on remarque dans notre volume des ratures, des corrections eladditions marginales ou interlinéaires de la même main, mais exécutées à diflérentes reprises, par suite de nouvelles recherches ou de réflexions ultérieures ; il y a même entre le 13e et le 14e feuillet une de ces lemnisques addition- nelles que M. Bethmann considère comme une preuve d’autographie dans le Radulfi Tancredus qui provient également de Gemblours (1).
Les nuances multipliées de l’encre et la structure mobile des lettres , soit dans le texte primitif, soit dans les correc- tions et additions , nous font assister au travail intime de Sigebert, et avec un peu d'attention, on pourrait dire à point nommé combien de fois il est revenu à cette occu- pation. Ceux qui ont l'habitude des vieux manuscrits ornés de miniatures, ou qui se ressouviennent du saint Jérôme,
(1) Annuaire de La bibl. royale pour 1840 , pp. 71-75.
(107 )
gravé par Albert Durer, se représenteront ce moine d’une érudition prodigieuse pour le temps où il vivait, el auquel M. Sigfr. Hirsch a tout récemment consacré une disserta- Lion (1), enfermé dans sa cellule devant un pupitre massif el entouré de quelques-uns de ces volumes pour lesquels un savant vendait son palrimoine, un monarque enga- geait sa couronne ; son allilude est celle de la méditation et de la modestie; plein de foi et de candeur, religieux et véridique, il cherche moins en écrivant une salisfaction d'amour propre, qu'un moyen de se conformer à sa régle. Il n'écrit ni pour le journal, ni pour la coterie du moment, c'est un labeur d'humilité et d'obéissance qu’il accomplit. Quelle eût été sa surprise, si on lui avait prédit que huit siècles plus tard il jouirait d'une grande renommée !
La suite de la chronique de Sigebert par Anselme et d’autres conlinualeurs anonymes corrobore ce que j'ai avancé, Je suis heureux de partager l'opinion de M. Beth- mann , qui, à la vue du manuscrit, a failli imiter Schoepflin et me rendre complice de son paganisme liltéraire. Celte suite est cerlainement aulographiée.
Sigebert travaillait encore à sa chronique l’année qu'il mourut , et Anselme commençait sa continuation, cette même année, dans le même volume. Il était impossible que l'original, qui se trouvait à Gemblours, se fût perdu au moment du décès de l’auteur , et il n’est pas vraisem- blable qu'Anselme ait choisi, pour y inscrire son supplé- ment, un autre exemplaire, quandil pouvait avoir l'original. Voici comment Anselme annonce le trépas de son prédé- cesseur : « Domnus Gisbertus, vencrabilis monachus Gem-
(1) Commentatio historico-literaria de Sigiberti Gemblacensis vita et scriptis. Berol. Reimer, 1840, in-8o. Cf, Sigebertus Gembl de script. eccl. ed, Miræi, pp. 167-168, Histoire littéraire de la France, tom. IX.
( 108 )
» blacensis cenobii, vir in omni scientia lillérarum in- » comparabilis ingenii , descriptor præcedentium 1x moc ». LIBRO Llemporum , 11 non. Octobris obiit... » Les mots 1N HOC LIBRO ne me paraissent pas équivoques,. |
Le caracière, dans ces appendices, ne se modifie en gé- néral d’une manière sensible que trois fois , en 1136, à la mort d'Anselme, en 1137 et en 1145 : on est donc autorisé à admettre trois continuateurs distincts. Mais la couleur de l'encre qui varie jusqu’à trois fois dans une seule année, la dimension et l'attitude non moins variable des lettres, toujours un peu chancelantes avec le changement d’encre, comme procédant d’une main qui s’essaie et n’a pas pris encore son aplomb , prouvent assez que les annotations, loin d’être copiées , ont élé écrites à mesure que les événements ont élé connus à Gemblours; on s'aperçoit même plusieurs fois (1113, coll. 1115, 1117, coll. 1123, 1143, coll. 1144) que les auleurs en consignant ce qui s'était passé actuelle- ment, ajoutaient , de la même encre, des notices à des an- nées déjà rédigées. Qui a jamais vu d’ailleurs qu’un copiste ait copié trois lignes à lrois reprises conséculives (1135) ?
Notre manuscrit, texte et continuation , est donc de tous points autographe ; des lignes effacées y ont été repassées, quelques autres gratées, et puis les observateurs remar- queront en passant de larges taches de vin et deux autres taches peut-être moins innocentes, qui n’ont pas fait moins de bruit que celles du manuscrit de Longus, quoiqu’elles n'aient pas trouvé un historien aussi Spirituel que le ca- nonnier à cheval el vigneron Paul-Louis Courier de caus- tique mémoire (1).
Reste une question : comment ce manuscrit est-il par- venu jusqu’à nous ?
(1) Bulletin de la commission royale d'histoire , IL, 134-135.
-
( 109 )
M. A. Baude, fils du dernier propriétaire, s'est chargé d’y répondre par une lettre adressée à l’Émancipation , et insérée dans la feuille du 7 juillet dernier.
Les armées françaises avaient envahi la Belgique. Les commissaires du pouvoir exéculif pour la suppression des monastères , étaient venus à Gemblours, et avaient rem- pli leur mission avec cette acerbilé révolutionnaire dont se faisaient un mérite les philosophes à bonnet rouge de ce temps-là, devenus depuis (je parle de quelques-uns) des croyants non moins rigides. Ghassé de son paisible séjour, Dom Romuald Ypersiel, liseur de l’abbaye (on appelait ainsi le bibliothécaire), crut qu'il lui était permis d'empor- ter quelques-uns des trésors confiés à sa garde, et qui, depuis longtemps , il faut le dire , étaient presque oubliés.
Parmi les manuscrits qu'il avait dérobés à la rapacité ré- publicaine, se trouvait la chronique de Sigebert. Devenu curé à Tongrinnes, Dom Y persiel y mourut longtemps après. Ses héritiers naturels, bons paysans, qui ne se doutaient point de la valeur de Lout ce parchemin jauni, noirci, racor- ni, en firent des paquets, et vendirent pêle-mêle et par sacs aux boutiquiers des environs, ces précieux restes d’une des plus belles bibliothèques de la Belgique, que Sanderus à cependant passée sous silence dans sa Bibliotheca manus- cripta Belgii. Les autres volumes furent jetés dans le dé- pôt central du département, véritable charnier de la science. Ils sont actuellement à la bibliothèque royale.
Entre autres acquéreurs, les sieurs Gilles et Pierart, mar- chands de tabac à Gemblours,achetèrent assez de manuscrits pour en charger une charrette. Ces honnêtes gens n'avaient à cel égard aucune arrière-pensée liltéraire, vous pouvez m'en croire; ils étaient marchands de tabac corps et âme, el marchands de tabac ils restèrent. Avant de lacérer les vo- lumes qu'ils avaient achetés au poids, pour en faire des
( 110 ) cornels, ils furent visités par le médecin du lieu à qui ils permirent de choisir dans ce las, et au prix courant, les objets à sa convenance.
M. le docteur Baude, palpitant de crainte et d'espérance, se mit à remuer ces ruines. Il trouva quantité d'ouvrages rares, mais tronqués, mais il se consola de toutes ces pro- fanations, en découvrant la chronique de Sigebert. On la lui céda pour une couronne.
C'est de son fils, M. l'avocat Baude , que le tient la bi- bliothèque royale. Déjà en 1827, il avait été question de celle magnifique emplette; en 1829, un bibliophile anglais
offrit au propriétaire un prix très-élevé; on aurait pu crain- .
dre que ce monument ne fût à jamais perdu pour nous; heureusement M. le docteur Baude répondit qu’il n’aban- donnerait son manuscrit qu'avec la certitude de le voir placé dans le seul dépôt qui lui convint, c’est-à-dire dans celui où sont recueillies les curiosités littéraires de l’an- cienne Belgique, et où il est actuellement au milieu de ceux qui ont, ainsi que lui, échappé au ravage du temps et à la folie des hommes.
Là, il occupe un des premiers rangs parmi les manus- crits de Gemblours qui, séparés par l’ordre des matières dans le catalogue, sont réunis dans la disposition maté- rielle, comme devraient l’être tous les livres de nos maisons religieuses, dont ils retraceraient ainsi l’histoire littéraire par leur ensemble et par leur succession.
Après l'inventaire , suivant l'ordre chronologique d’ac- quisition, après le répertoire, selon l’ordre prescrit par l'esprit de système et de méthode, et avant la table gé- nérale alphabétique, une dernière division par groupes monasliques et par fonds, serait le complément d’un bon calalogue.
Éd
(111)
HISTOIRE.
Notice sur le testament du comte Éverard ou Éberard, beau-frère de Charles-le-Chauve, par M. Marchal, mem- bre de l'académie.
L'édition de l’année 1723, tom. I, p. 19, des OEuvres diplomatiques d'Aubert Lemire, reproduit un acte du Codex donationum piarum , inlitulé Testamentum EVE: RARDI comitis, qui fundavit Cisoniensem Ecclesiam (Cisoing), in diæcesi Tornacensi, anno 837 conditam.
Plusieurs auteurs ont déjà fait remarquer qu'il y a une erreur dans celle date, je l'ai moi-même rectifiée, depuis l'année dernière , au texte imprimé des manuscrits de l'an- cienne bibliothèque royale des ducs de Bourgogne; mais je crois ulile de donner ici de nouvelles explications sur cette rectification, d’une telle évidence, qu’il suffit d’avoir un peu de connaissance en chronologie pour la constater.
J'en fis part à notre honorable confrère, M. Dumortier, qui me répondit que possédant le cartulaire officiel, provenant des archives de Cisoing , il y avait facilité de vérifier la date de cet acte. Je lui adressai en conséquence, une copie du testament d'Éverard, d'après Miræus; il mit en marge les reclificalions que je soupçonnais et celles que j'ignorais.
Le problème à résoudre se trouve concentré sur deux points, le premier: en quel temps vivaient Éverard, sa fem- me appelée Gisèle qui approuva le testament (cum conjuge Gissa)etses six enfants désignés par leurs noms au testament.
Le second point : de quel lieu a-t-il daté son testament, et selon quel style.
Le tableau de la famille de Louis-le-Débonnaire va faire connaître la réponse à donner au dernier point, dont le premier sera la conséquence.
( 112 )
Louis-le-Débonnaire + 840, a deux femmes : a. Ermen- garde, décédée en 818 selon la chronique de S'-Bertin (mss. de la bibliothèque de Bourgogne). b. Judith.
Ce prince avait, entre autres fils, d'Ermengarde :
Lothaire , empereur, roi d'Italie , décédé en 855; ce Lo- tbaire a pour fils aîné Louis, qu'il associa à l'empire du royaume d'Italie , en l’année 849; on en fera mention plus loin. |
Louis-le-Débonnaire , remarié avec Judith, a pour fils aîné Charles-le-Chauve, né le 15 mai 823; pour fille, Gisèze (Grisla) qui épousa Éverarr, comte de Trévise, don il est ici fail mention el qui, par conséquent, esl le beau-frère de Lothaire et l'oncle de Louis, empereur et roi.
Ainsi Gisèle est née après l’an 823, elle aurait été, en 837, selon la date erronée du testament de Miræus, âgée de 14 ans, el aurait été mère de six enfants vivants, cela est im- possible.
Voyons les mots de la date du testament. Æcfum in comitatu Tarvisiano, in corte nosträ Musiestro , impe- rante dominoLudovico Augusto,anno regniejus, Christo propilio, vicesimo quarto.
:Éverard ; comme le fait connaître l'historien Nithard, était allé commander en Italie sous les ordres de l'empe- reur Lothaire, son beau-frère, et de Louis, son neveu. Balu- ze, dans ses Commentaires sur les Capitulaires , nous fait connaître, page 1109 , que c'était un de leurs principaux
officiers. Flodoard, historien de Rheims, pendant la pre- mière moilié du X° siècle, et, par conséquent, aussi éloigné des événements que nous le sommes des premiers Lemps des règnes de Louis XVI et de Joseph IT, cite, livre HI, chap. XXVI, le comte Éverard ou Éberard parmi les nota- bilités du sièele précédent, et donne des détails sur sa capa- cité et ses talents.
( 113 )
Cet Éverard était comte de Trévise; il habitail le poste important de Mestre (Musiestro), où arrivent encore au- jourd’hui les gondoles qui communiquent de l'intérieur de la ville de Venise à la terre ferme. Ce poste élait un lieu d'observation des rois français d'Italie, pour connaître tout ce qui se passait à Venise, car la conduite des doges, entre autres de Orso Participialio, n’était pas franche ; ceux-ci préféraient l'alliance des empereurs de Constantinople, éloignés de Venise, à celle des empereurs carlovingiens qui étaient souvent dans leur voisinage. Les historiens de Ve- nise Dandolo, Giustiniani et feu M. Daru, donnent des détails sur cette période.
Depuis l’année 849 l'empereur Lothaire avait associé Louis, son fils, aux deux couronnes de l’empire et d'Italie, comme on vient de le voir : un fonctionnaire italien devait donc se servir du comput ilalique; ainsi en ajoutant 24 à l’année 849, date de l’avénement de Louis, on aura 873, et non pas 837, comme on le trouve par erreur dans Miræus.
Cette erreur nous paraît être une transposition Lypogra- phique du 3 pour le 7, comme cela arrive souvent dans les imprimeries.
Aprés celle reclificalion, nous allons reproduire le tes- tament d'Éverard; il donne à ses trois fils et à ses trois filles, avec le consentement de Gisèle, sa femme , les immeubles de Cisoing et des environs, tels que ceux d’Anappe , Can- fin, Summin, Vitri; ceux de Scellebord, Heilissem, etc. ; en Taxandrie, Hasbaie, Moïla, etc.; il leur donne aussi ses domaines d'Allemagne et de Lombardie ; il leur distribue ses plus précieux effets mobiliers, qui avaient servi, lant pour l'habillement et l'armement de sa personne que pour l'ornement (paramentum) de ses chapelles, tels que cali- cem aureum, vitreum, cum gemimis , elc., tabulas, ebur- neas ad canendum, ete., ete. Nous publierons ultéricure-
(114) ment une notice sur les diverses localités et les richesses mobiliaires qui appartenaient à ce seigneur, mais nous res- treingnant ici à une spécialité, qui est sa bibliothèque, et pour y donner plus d'intérêt, nous allons l’analyser selon l'ordre de cinq classes de la bibliographie moderne, car nous croyons lotalement superflu de reproduire les lots tels qu’il
nl
les a légués à sa veuve, à ses trois fils et à ses trois filles. Théologie.
1 Bible. (Pibliotheca).
4 Évangéliaires dont le premier est orné d'or, le second d'argent , le troisième d'ivoire.
5 Missels, le premier est orné d’or et d’ argent. le second d'ivoire; le troisième quotidien, etc., etc.
1 Passionnaire. ( Voir Histoire).
3 Lectionnaires, le premier orné d’or et d’argent, le second d'ivoire; le troisième intitulé : De epistolis et evangeliis.
1 Antiphonaire, orné d'ivoire.
2 Collectaneum et commentarium.
4 Psautiers et un livre d'heures avec psaumes; le pre- mier double, le second orné d'ivoire ; un exemplaire est écrit en lettres d’or.
1 Simple livre d'heures.
3 Traités d'exposition sur Élie et Achab, sur Ézéchiel et sur les épîtres de saint Paul.
11 Autres trailés de saint Augustin, de saint Jérôme et autres livres ascétiques , savoir : de verbis Domini (3 exem- plaires), de civitate Dei, de ebrietate, enchiridion, de utili- tate pænitentiæ , de quatuor virtutibus (2 exemplaires), de hoc quod Jacobus ait : qui totam legem servaverit, elc.
1 Traité de saint Ephrem.
2 Id. de Smaragde.
1 Id. de règle monastique : De doctrina St-Basilii.
RS RÉ SC ds “fn "2 de ne
méat ds".
(115)
Jurisprudence.
1 De constilutionibus principum et de edictis impera- lorum.
1 Librum Aniani.
1 Leges Francorum et Ribuariorum et Longobardorum et Alamanorum et Bavariorum.
1 Autre eremplaire : Legem Longobardorum.
Sciences et arts.
1 Librum rei militaris. 1 Librum bestiarum. 1 Phisionomia Loxi medici.
Littérature et mélanges littéraires et philosophiques.
3 Grammaires et vocabulaires. Liber glossarum et ex- planationum et dierum, ordinem priorum principiorum , Apollonii, etc.
1 Alcuini ad Widonem Comitem.
Histoire et polygraphie.
3 Exemplaires : Synonima Isidori.
1 Cosmographia ethici philosophis.
4 Libri Magni Orozii Pauli; item Isidori, Fulgentii et Martini episcoporum. (2 exemplaires.)
1 Gesta pontificum romanorum.
1 Gesta Francorum.
2 Exemplaires Vitæ S, Martini.
1 Vilæ patrum.
Cette bibliothèque était donc aussi riche, aussi com- plète qu'on pouvait l’espérer pendant le second tiers du IXme siècle : elle est même au niveau des connaissances scientifiques de ce siècle ; on y trouve, dans la partie de
( 116 ) théologie, tout ce qu'il faut pour la célébration de l'office divin et l'étude de la religion , tels que la bible, S. Augus- tin, S. Jérôme, S. Ephrem, S. Basile. Plusieurs volumes y sont recouverts d’or, d'argent et d’autres objets précieux. Un psaulier est écrit en lettres d’or.
En jurisprudenceil y a tous les recueils des lois romaines et barbares; parmi les lois romaines, il y a le célèbre commen- taire du code Théodosien parAnian, chancelier du roï Alaric.
Parmi les sciences el arts il y a trois sections :
1° L'art militaire; c’est problablement le Végèce ;
2° L'histoire naturelle; c’est probablement un des plus an- ciens lrailés de zoologie appelés alors Bestiaires , et, d'après Aristote, il yen a des exemplaires en la bibl. de Bourgogne;
3° La médecine, c’est le traité de Loxus, l’un des doc- teurs illustres de l’école byzantine ;
4° La littérature et les mélanges renferment des glossai- res et une épitre du célèbre Alcuin, qui avaitété l’oracle des lettres du temps deCharlemagne. Les œuvres d'Apollonius.
Quant à la classe d'histoire, elle renferme la cosmogra- phie d'un philosophe moral, est-ce le titre de celle de Pto- lemée? je l’ignore; l'immense compilation d'Isidore, qui est une véritable encyclopédie, et les compilätions histori- ques d'Orose pour l’histoire des quatre grandes monarchies de l'antiquité, adversus paganos ; et celle de Fulgence, célèbre par sa critique judicieuse; ii y a aussi des chro- niques des papes et des rois et des biographies (1).
M. Dumorlier, dans sa réponse, ajoute à la suite du testa- ment plusieurs actes qui constatent que Gisèle était vivante vers l’année 873. Voici le texte qui termine cette réponse.
» Dans le cartulaire de l'abbaye de Gisoing, dit-il, se trou- vent cinq actes de donation de la comtesse Gisèle, savoir :
(1) Voy. De Reiffenberg , Ann. de La bibl, roy. pour 1840, pp. 111-vI.
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( A7 ))
1° Zncipit : Auloritas auctorum sanctorum, etc., Actum finis mallo publico kl. julii anno 85 regnante Karolo , ». v, glo- rioso. Signum Gisle quæ hanc traditionem fieri vel firmare ro- gavit. Sign. Reinhelmi, episcopi, etc. (Cet acte est donc daté de l’an 875.)
2. Placuit mihi, in Dei nomine, etc., Actum Vitreiaco (Waitri) villa publica facta traditio data xvij kal. maïi, indic- tione prima, in anno vicessimo, regnante domino nostro Karolo rege. (C’est l’an 860, si c’est la date depuis la succession en France, en 840, et l'indiction 8, selon les tables des calendriers.)
3° Jlle bene possedit, etc., Actum Cisnonii, regnante rege glosissimo ; signum Adalardi. (Sans date.)
4° Dum 1nter, etc., Actum fisco Cisonii, apud monasterium in ipso loco situm sub die quarto kal. aprilis, anno incarnati verbi DCCGLXX. Indictione tertia, anni xxxi, regnante domino el serenissimo Karolo meo, si dicere audeam germano, rege glo- riosissimo, (Cet acte est une des preuves que le comte Éverard était beau-frère de Charles-le-Chauve.)
5° Quoniam ut ait scriptura , etc., Actum est in ecclesia Cisnoniensi videlicet, testibus idoneis quorum nomina expri- muntur istic. sig. Eïiberti; sign. Tezelini; sign. Mozenchi;. sign. Disderi; sign. Gerulfi, Tornacensis. Factum est siquidem hoc Cisonio publice anno incarnati Verbi nongentesimo (sic) LXVIIJ regnante rege Lothario, monarchiam Flandrensis pa- triæ qubernante comite Arnulfo. Episcopatum cathedram tenente episcopo Rathodone , epacta xi et reguluribus ix. (1 faut l’an 988 ou 989, Lothaire étant roi de France , et Arnoul II, comte de Flandre, et Rathbod étant évêque de Tournai , depuis l’an 982 ; l’épacte XI corresp. à 988 avant Pâques.
ARCHÉOLOGIE. Hercule tuant l’hydre de Lerne ; vase peint expliqué par M. Roulez, membre de l'académie. Le combat d'Hercule contre l'hydre de Lerne est compté au nombre des douze travaux de ce héros, dans la série
( 118 ) desquels il occupe ordinairement la seconde place (1). C'est le sujet de la peinture à figures noires rehaussées de rouge et de blanc qui orne l'amphore que nous publions (2). On voit sur la face principale le fils d'Alcmène saisissant de la main gauche une des têtes du replile, et se préparant à la couper avec la harpé qu'il tient dans la main droite. Il est couvert de la peau du lion de Némée, et a son arc et son carquois suspendus sur le dos. Iolas, son compagnon, la
tête couverte d’un casque et vêlu d’une simple draperie .
nouée autour des hanches, porte dans les mains deux tor- ches allumées avec lesquelles il cherche à brûler d’autres têtes. Quant au monstre, il consiste en une réunion de huit serpents qui se réunissent à un corps commun, comme les branches de l’arbre au tronc. Il semblerait que dans le prin- cipe l'hydre fût un serpent à une tête seulement ; et c'est ainsi que nous le trouvons encore figuré sur un vase peint de la collection Durand (3), appartenant actuellement à M. Panckoucke. Selon le lémoignage de Pausanias (4), Pi- sandre est le premier qui, dans son Xéraclée, attribua à l'hydre plusieurs têtes. Dans la suite le caprice des poètes et des artistes en fixa arbitrairement le nombre. Ainsi Alcée lui
(1) Voy Welcker, Ueber die neuentdeckten Sculpturen von Olympia, und die Zwôlfkæmpfe des Herakles, dans le Rheënisches Museum , vol. I, p.507. Müller, Jandbuch der Archæologie der Kunst, ( 410, 4.
(2) Ce vase provenant de Vulci, a été quelque temps dans les maga- sins de M. Basseggio à Rome, où ont été pris les calques reproduits sur les planches ci-jointes. On remarquera que la peinture est endommagée à plusieurs endroits.
(3) Voy. De Witte, Description des antiquités du cabinet Durand, p- 89. 11 faut noter cependant que la détermination du sujet de ce vase n’est pas à l'abri de toute contestation.
(4) Pausanias, IT, 37, 4.
( 119 ) en donna neuf, Simonide cinquante (1), d’autres cent (2), et Euripide la désigne par l'épithète de muriocrane , c'est- à-dire aux dix mille têtes ou plutôt aux têtes innombra- bles (3). On rencontre également une grande variélé sur les monuments de l’art. Les artistes semblent loutefois avoir adopté le plus fréquemment les nombres neuf et sept (4). Notre vase offre huit têtes (5), dont l’une est abattue ou se trouve cachée par le corps d’Iolas. Les têtes de l’hydre jouis- saient du privilége miraculeux de renaître d’elles-mêmes en nombre double ou triple dès qu’on les coupait (6). C'est
(1) Scholiast. Hesiod. Theogon., ad v. 313, p.255, éd. Heins, Aeç- vaiyy è Tÿr Tdpay yy dxodocues "Analog pèy Évyeuxéqahcy gyo}, Euuo- yidys dÈ reytexoytaxépx)oy. La version d’Alcée est suivie par Apollodore, IL, 5,2; par Hygin, fab. 30, et par saint Grégoire de Nazian, Orat. 3, p. 92; celle de Simonide par Paléphate, cap. 39, et par les mythogra- phes latins du Vatican, L, 62, p. 22; 11, 163, p. 130, éd. Bode, les- quels mythographes ajoutent qu’une tradition différente fixait le nombre des têtes à sept. — D'après le récit d’Apollodore, des neuftêtes, huit étaient mortelles, et la neuvième, celle du milieu, immortelle ; Hercule ayant abattu celle-ci, l’enfouit sous terre et la recouvrit d’une énorme pierre. Nous soupçonnons que c’est à cette circonstance que doit son origine la version rapportée et probablement inventée par Aristonicus de Tarente , suivant laquelle cette tête du milieu aurait été d'or. Voy. Ptolem. Hephæst., lib. Il, p. 16, de notre édition. F
(2) Diodor. Sicul., IV, 11, p. 324, Dindorf, Silius Italic. ?’unicor, IL, 158.
(3) Euripid. Jercul, fur, v. 415, ed. Matthiæ.
(4) Cf. Spanhemius, De usu et præstant. numism, ,t. 1, p.267. Zoëga, Bassirilievi antichi di Roma. Tom. II, p. 65, Le même savant (zibid., not, 65) dit : Ve’ monumenti sene (delle teste) contano da tre sino a nove. Nous remarquerons que sur une agate-onyx du musée de Berlin, l’hydre est figurée avec dix têtes. Voy. Toelken, Erklærendes Verzeich- niss ,u. 5. w., p. 263.
(5) C’est le nombre indiqué par Zenob. Cent., VI, 26.
(6) Apollodore, Diodore et les mythographes du Vatican, Loc, cit.
( 120 ) pourquoi Hercule ordonna à son compagnon de prendre des brandons et de brûler les blessures dû monstre à mesure qu'une tête aurait été coupée. C'est ce trait qu'a reproduit l’auteur de la peinture que nous décrivons , avec la diffé- rence qu'Iolas s’atlaque à des têtes encore intacles. Sur la plupart des représentations figurées, lesquelles sont en trés- grand nombre (1), Hercule combat l'hydre avec la massue ; ici il se sert de la harpé. C'est également avec la même arme qu'il était représenté sur une des métopes du temple de Delphes (2), monument qui est peut-être le type primilif de notre peinture, et c’est celle qu’il porte sur un autre vase peint publié par Millin (3). Suivant une tradition mise en vogue par Panyasis dans son Héraclée (4), pendant la lutte un crabe était venu au secours de l’hydre et cherchait à mordre Hercule au lalon. Nous voyons eflectivement ce crustacé entre les jambes dn héros. La présence du crabe sur les monuments représentant le sujet qui nous occupe,
(1) Zoëga, ouv. c., p. 64, sv., not. 63; en donne une liste qui est loin d’être complète. Notons toutefois que ce sujet n’est pas commun sur les vases peints.
(2) Euripid, Jon., v. 191; passage que Quintus de Smyrne paraît avoir eu sous les yeux en faisant la description du bouclier d’Eury- pile, Posthomericor. lib. VE, v. 217, sqq. Cf. Müller, Handbuch der Arch., 1. c., p. 635.
(3) Millin, Peintures de vases, I, 75. Le même, Gallerie mythologi- que, pl. CXXIV, 436. Nous pensons, contrairement à l’explication don- née par ce savant, que les représentations des deux faces du vase ne constituent pas des scènes différentes, mais qu’elles se lient étroitement entre elles, et que par conséquent, sur le revers, le jeune guerrier armé d’un arc, n’est pas Hercule, mais Iolas qui lance des flêches enflammées contre le reptile , tandis que Minerve est occupée à tuer le crabe.
(4) Eratosthènes, Catasterism., 11. Cf. Appollodore, loc. cit., Hygin. Pocticon Astronomicon , IN, 23.
(121)
est fort rare, nous ne pouvons en citer que deux aulres exemples : l’un sur une médaille de la ville de Phaestus en Crète (1), le seul que connût encore Zoëga, l'autre sur le vase publié par Millin , dont il vient d'être parlé.
Le revers du vase offre un quadrige conduit par Minerve, dont la figure est effacée en partie, mais qui est encore reconnaissable à sa lance et à l'égide hérissée de serpents qui lui couvre la poitrine. Mercure barbu, coiffé d'un pé- tase et portant dans une main un bâton, qui ne peut être que son caducée incorrectement figuré, marche à côté des chevaux. Nous ne doutons aucunement que cette scène wait un rapport direct avec celle de la face principale. Minerve , la compagne et la protectrice habituelle d'Her- cule arrive à Lerne pour assister à la nouvelle lutte qu'il va engager ; si toutefois le quadrige qu'elle guide n’est pas celui qui a amené le fils d’Alcmène (2). La présence de la déesse au combat contre l'hydre n’est pas seulement attestée par le témoignage formel d'Hygin (3), elle se trouve encore confirmée par plusieurs monuments figurés (4).
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Es
(1) Eckhel, Catalog. Mus. Vindobon., t. 1, p. 129. Gesner, Num. urb., tab. 82, 9. Mionnet, Description des médailles antiques, t. TE, p-. 290.
(2) Apollodore , L. c. : "Er; où doaros... MApEVÉVETO EÙ T}y Apr
(3) Fab. 30 : Zanc {hydram), Minenva monstrante, énterfecit.
(4) Voir un miroir étrusque, publié par Lanzi, Saggio di lingua ctrusea , tom. IE, tav. VIT, L. Millin, Peintures de vases , I, 75. Une médaille, de Pruse , en Bithynie, montre à côté d'Hercule assommant lPhydre, une colonne surmontée d’une statue (Mionnet, Description de médailles ant., t. IL, p. 489), qui parait être celle de Minerve. Cf. Spanheim , ouv. cit., pag. 268. Sur le vase précité de la collection de M. Panckoucke, la déesse se tient debout près d’un quadrige qui se
trouve en arrière d’Hercule.
Tom. vir. 9,
(12 )
La fable de l'hydre de Lerne a évidemment un fonde- ment physique. L'hydre (1) qui porte au loin le ravage et la mort, c’est le marais de Lerne avec ses débordements dé- vastateurs et ses exhalaisons nuisibles; les têtes du monstre ce sont les sources d’eau qui le produisent , et la victoire d'Hercule,hérossolaire,obtenue à l’aide du feu, fait allusion au dessèchement et à l'assainissement de ce lieu par la force des rayons du soleil. C'est là , ou à peu près , l’explica- tion qu'on a déjà donnée de ce mythe dans l’antiquité (2), et c'est celle qui s’est offerte à l'esprit de plusieurs voya- geurs modernes à la vue de la localité (3). Mais quelques accessoires que présentent notre peinture semblent de na- ture à devoir modifier cette interprétation, et à donner à la fable un caractère plutôt astronomique. En eflet la harpé d'or que porte Hercule est un attribut céleste ; c’est avec cetle arme que Cronos le Temps mutila Uranus le Ciel (4) ; c'est la même que nous retrouvons aux mains de Persée, autre incarnation solaire; enfin elle nous rappelle le glaive d'or du dieu persan Mithras, emblème des rayons à la fois pénétrants et fécondants de l’astre du jour. Le crabe qui peut s'identifier facilement avec le scorpion, lequel figure
(1) Mythographus Vat,, III, 13, 4, p. 248, ed. Bode : Nam Hydra ab. vdpss, id est aqua, dicta est : passage copié de Servius ad Virgil., Æn. VI, 287, p. 373, ed. Lion. :
(2) Servius ad Æneïd., loc. cit., Lactant. ad Statii Theb., 1, 384. Mythographi lat., 1,62, 11, 163, IT, 13, 4. Albricus de Deor. imaginib., cap. 22,
(3) Dodwell, Classical and topographical tour , t. 11, p, 226, W. Gell. Argolis, p. 79. Châteaubriand, Ztinéraire de Paris à Jérusalem (OEu. , t. IIL, p. 106. Bruxelles, chez Weissenbruch, 1829).
(4) Hesiod. Theogon , v. 179. Cf. le duc de Luynes, Études numis- matiques sur quelques types relatifs au culte d'Hécate, chap. II, p.49 sv.
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LtancheL Tome V2" partie, page 12i.
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aussi sur les monuments mithriaques (1), est le symbole de l’équinoxe d'automne, époque où le soleil fait son en- trée dans le scorpion. La tradition rapportait que l'animal qui vint en aide à l’hydre contre Hercule, aprés avoir été tué par le héros, fut placé par Junon au ciel, parmi les douze signes du Zodiaque (2). N'oublions pas non plus que probablement le type de notre peinture s’est trouvé à Del- phes, sur une métope du temple d’Apollon, divinité hélia- que, et que dans l’action intervient Pallas, déesse de la région supérieure ou de l'air pur. Du reste à cette idée phy- sique et astronomique on unit plus tard une idée toute morale : selon le scoliaste de la Théogonie d'Hésiode (3), lhydre serait le mal personnifié qui relève toujours quel- qu'une de ses têtes. Sur les médailles de Maximien (4) ce combat d'Hercule , comme l’observe Spanheim (5), fait al- lusion à la persécution des chrétiens, dont la persévérance est comparée aux têles toujours renaissantes de l'hydre.
Le directeur en levant la séance a fixé l'époque de la pro- chaine réunion au 17 octobre.
(1) Voy. Félix Lajard, Mémoire sur deux bas-reliefs mithriaques qui ont été découverts en Transylvanie, dans les Nouvelles annales publiées par la section française de l’Institut archéologique , t. T, p. 466, svv.
(2) Eratosthène, Catusterism., 11. Hygin. Poetic. astronom., 23,
(3) Ad v., 313, sqq. — Buttmann ( Ucber den Mythos des Herakles, dans son Mythologus, t. 1, p.260) voit dans le mythe de l’hydre de Lerne , l’allégorie de la multitude qu’un seul homme ne peut maîtriser. Cf. le même auteur, Veber Lerna, dessen Lage und Oertlichkeiten, Ibid. t. IT, p. 113, sv.
(4) Mionnet, De La rareté et du prix des médailles romaines, t. 1, p. 154,
(5) De usu et præst. num., t.\, pag. 267, Cf. Visconti, Museo Pio Clementino , vol, AV ,p 271, not, 4, éd, de Milan.
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OUVRAGES PRÉSENTÉS.
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Notions élémentaires de statistique, par J.-J. D'Oma- lius d'Halloy. Paris, 1840. 1 vol. in-&.
Annuaire du bureau des longitudes pour l'an 1840, Paris, 1839. 1 vol. in-18.
Oryctographie du gouvernement de Moscou, publiée par Gotthelf Fischer-de-Waldheim. Moscou, pe 1837. 1 vol. in-fol.
Atti della prima riunione ide scienziati ilaliant tenuta in Pisa nell ottobre del 1839. Pisa, 1840. 1 vol. in-4°. De la part deS. A. L. et R. le Grand Duc de Toscane.
Saggqio di geometria derivata. Memoria di Giuslo Bel- lavilis di Bassano. Broch. in-4°. (Extrait des Nouv. mem. de l'acad. imp. et r. des sciences, lettres et arts de Pa- doue. Vol. IV.)
Metodo delle equipollenze. Memoria di Giusto Bellavitis di Bassano. Padoue, 1837. Broch. in-4°. ( Extrait des {n- nales des sciences du royaume Lombardo-F'énitien. Tom. VIL.)
Ueber die Nerven der Kiefer und des Zahnfleisches. Von G. Schumacher aus Bremen. Bern und S'-Gallen, 1839. Broch. in-4°. De la part du D' Valentin.
Zur Anatomie der Amphibien. Von D' Karl Vogt. Bern, 1839. Broch. in-4°. De la part du D Valentin.
Repertorium für Anatomie und Physiologie. Kritische Darstellung fremder und Ergebnisse eigener Forschung. Von G. Valentin. 2e, 3e und 4° Bandes. Jahrgang 1837, 1838, 1839. Bern und St-Gallen. 6 broch. in-&e.
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Onthe chemical action of the raysofthe solar spectrum, on preparations of silver and other substances, both me- tallie and non-metallic, and of some photographie pro- cesses. By Sir John-F.-W. Herschel. (From the Philos. Transact. Part. I, for 1840). London, broch. in-4°.
Proceedings of the american philosophical society. Vol. I (n° 9,10, 11). Nov. 1839 à avril 1840. 3 broch. in-8°.
Laws and regulations of the american philosophi- cal Society, held at Philadelphia , for promoting useful knowledge. June 21, 1833. Philadelphia , broch. in-&°.
The american journal of science and arts. Conducted by Benjamin Silliman. Vol. XXX VIIL N° 1 and 2. January and april 1840. New Haven , 2 vol. in-&°.
Annals of natural history ; or, magazine of zoology , botany, and geology. Vol. V. March to july 1840. N° 28 à 32. London, 5 broch, in-&. De la part de M. Richard Taylor.
Histoire du Limbourg, ete., par M. S.-P. Ernst. Publiée par M. Edouard Lavalleye. Tom. Ve. Liége, 1840. 1 vol. in-8°.
Mémoire sur les prisons de Liége. Par Aug. Visschers. Liége , 1840. Broch. in-8e.
Note sur un point de météorologie. Par M. Delezenne. 1 feuille in-8°, (Extrait des Mém. de la soc. r. des scienc., de l’agricult. et des arts de Lille.)
Dissertation sur la position géographique du Vicus Helena. Par A.-J.-H. Vincent. (Extrait des Mém. de la soc. r. des scienc. de Lille). Lille, 1840. Broch. iu-8°.
La postérité, ode par G.-L. Mollevaut, 6e édition. Paris, 1840. Broch. in-4°.