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Vous pouvez effectuer des recherches en ligne dans le texte intégral de cet ouvrage à l'adresse fhttp: //books .google. com| ESSAI POLITIQUE SUR L'ILE DE CUBA: On trouve chez Us mêmes Libraires : > ESSAI POLITIQUE SUR LA NOUVELLE-ES- PAGNE, par M. le baron A. de Humboldt Nouvelle édition ^ considérablement augmentée par Fauteur. Quatre forts volumes in-8<*, avec un Atlas géogra- phique et physique composé de ao planches grand in-folio ; prix. .....!. 166 £r. — Les 4 volumes sans TAtlas 36 — L'Atlas séparément i5o De rimprimerie de J. Smith , rue Montmorency, n* i6« I r ESSAI POLITIQUE sua L'ILE DE CUBA; Fia ALEXANDRE DE HUMBOLDT- AVEC UNE CARTE ET un StJPPlilIENT QUI EERFERME DES CONSIDÉRATIONS SUR LA POPULATION, LA RICHESSE TERRITORIALE ET LE COMMERCE DE l'aRCBIPEI des ANTILLES ET DE COLOMBIA. TOME I. PARIS, LIBRAIRIE DE GIDE FILS, BUE SAINT-HAaC-FETDEAtr , n° 20. 4826. il ■ « •/ ■• « v > f I .- AVERTISSEMENT DE L'EDITEUR. KoiTVKÀOE que nous offirons au pubUc fait partie du Voyage aux Régions équinoxiales du Nouveau-Continent. Il n'avoît point été composé pour paroître séparément; mais le vif intérêt qu'ins- pirent les recherches de M. de Humboldt sur la richesse territoriale de File de Cuba et la population de FArchipel des Antilles y comparée à celle des autres ré- gions de FAmérique y nous a engagé d'en faciliter la connoissance aux lecteurs qui ne possèdent pas la Relation historique^ Le Supplément renferme dés vues d eco-^ nomie politique sur les nouveaux états du continent américain ^ particulièrement VI ATERTISSEMENT. sur le Venezuela , une des parties les plus riches et les plus fertiles de la République de Colombia. On a ajouté la discussion des projets relatifs aux communications entre l'Océan Atlantique et la Mer du Sud j comme aussi des tableaux de la po- pulation de l'Amérique considérée sous les rapports de la différence des races ^ de$ langues et des cultes. /. Pari$^ en 8^t, 182& ^09^é y ywtn/%f^ ANALYSE RAISONNÊE DE LA CARTE DE L'Ilil DE CUBA; FAR A. DE HUMBOLDT. La carte qui accompagne l'Essai politique sur File de Cuba, fait partie de V Atlas géo^ graphique et physique des régions équinoxiales du Nouveau^Continent y dont 22 planches ont déjà paru. Je me suis proposé^ dans cet Atlas^ conmie dans celui du Mexique , de rectifier. la Géograpliié de l'intérieur de l'Amérique , d'a- près les résultats des observations astrono- miques que j'ai faites, et en grande partie calculées ' , pendant le cours de mes voyages * Voyez les résultats cle ces premiers calculs , dont plusieurs copies circulent en Amérique ^ comparés aux i^ésultats définitifs de M. Oltmanns , dans le Recueil d^obs, astr. et de mesures barom,, Tom. I^ p. xx, que î^ai publié, de 1807 à 1811, conjointement avec ce sa- luant aussi laborieux que modeste^ TIIX . AMALUB au nord de Lima et de la Rivière des Ama- zones. Une partie des cartes ont été des- sinées par moi sur les lieux mêmes , ou après mon retour en Europe; d'autres ont été , soit terminées d'après mes esquisses , soit rédigées d'après l'ensemble des positions que j'avois discutées, par les géographes habiles qui ont bien voulu prendre part à la publica- tion de mes travaux. Dans l'un et l'autre cas, les erreurs de l'Atlas de l'Amérique équi- noxiale ne doivent être attribuées qu'à moi seul. J'ose me flatter qu'en prononçant un jugement sur ces essais de perfectionner pro- gressivement la Géographie de l'Amérique, espagnole, on aura égard aux époques précises où chaque carte a été pubUée. On examinera si l'auteur a employé l'ensemble des maté- riaux qui existoient alors ^ et dont il pouvoit avoir connoissance, s'il les a combinés avec justesse, s'il en a enrichi le nombre par ses propres observations. Dans des pajs qui ont été le théâtre de grandes opérations géodésiques, le tracé et la rédaction d'une carte se réduisent à une opéra- tion graphique d'une extrême simphcité : les combinaisons cessent lorsque par un réseau de DE LA CARTE DE l'itE DE CUBA. IX triaogles on a déterminé avec précision les rap- ports de distance et de gisement .La Géographie de l'Amérique est loin de cet état de perfection qui exclut le tâtonnement et le choix pénible entre des matériaux d'une valeur très-iné- gale. Une grande partie des côtes (dans le nord de Cuba, au Choco, dans le Guatimala et au MeTdque, depuis Tehuantepec jusqu'à San Blas), n'ont point encore été relevées avec soin. Dans l'intérieur des terres , quelques positions astronomiques éparses peuvent seules guider le Géographe. Lorsque ces points, suf- fisamment rapprochés , se groupent par sys* tèmes et se réunissent par des lignes chronomé- triques, la certitude devient plus grande ; mais, pour éviter, dans la suite des temps , le danger des changemens partiels tentés sur des points qui dépendent les uns des autres, il est indis- pensable d'exposer, dans l'analjse de chaque carte, la nature des élémensqui lui ont servi de base. C'est ainsi que, dans les travaux que j'ai exécutés dans l'Amérique méridionale, les steppes (llanos) de Venezuela, l'Orénoque, le Gassiquiare et le Rio Negro forment un seul système de positions rattaché parle transport du temps à Gumana et à Caracas, dont la position X ANALYSE RAISONNlÈE se 'fonde sur des observations astronomiques^ absolues '. Plus à l'ouest, j'ai lié en un second système le Rio Magdalena, le plateau de Bo- gota, Popayan, Pasto, Quito, la Rivière des Amazones et le Bas-Pérou , depuis les lo* 25' degrés de latitude nord jusqu'aux 1 2® 2' de- grés de latitude sud. Ce dernier groupe de posi- tioas, qui aboutit d'un côté àCarthagène des Indes, de l'autre au Callao de Lima, a été joint récemment au premier par une ligne ckronométrique dirigée de l'ouest à Test. MM. Roulin, Rivero et Boussingault ont porté , en mars 1824, le temps de Bogota à l'embou- chure du Rio Meta , qui se trouve environ 6' en arc à l'est du village indien de Ca- riben; ils ont trouvé la différence du méri- dien de cette embouchure avec le méridien de Bogota 9 de o** 26^ 7'^, tandis que mes observations ^ faites sur un rocher {Piedra tfe la Paciencia) qui s'élève au milieu de la Boca del Meta, en avril 1800, et à Santa-Fe de Bo- gota, en juillet et septembre 1801, donnent ^ Eclipses de soleil , satellites de Jupiter, distances lunaires. * Recueil d'obs. astr, , Tom. I , p. 222 ) Tom. II, p. 236. DR LA CAHTE DE l'iLE DE GOBA. - XI pour la différence de longitude o^ 25 ^ 58'^. Voilà donc Cumana ou le Delta de l'Orénoque lié par une série d'opérations dans l'intérieur des terres , aux côtes de la Mer du Sud , près du Callào dans le Pérou. Je cite cet exemple, qui offre une ligne chronamétrique de 64o lieues de longueur, et dans laquelle plusieurs points intermédiaires se fondent sur des observations absolues, pour prouver comment les gouvernemens libres de l'Amérique pourroient, par le seul emploi de moyens astronomiques , se procu- rer, en peu de temps et à peu de frais^ le cane- vas des cartes de leur vaste territoire; je le cite surtout pour rappeler la nécessité d'une Analyse raisonnée des travaux qui ont été ten- tés jusqu'ici. On ne sauroit ni perfectionner ce qui a été ébauché , en rectifiant les points in- termédiaires , ni faire connoître les espaces qui ne sont point encore suffisamment remplis 9 sans mettre les Géographes en état d'appré- cier par eux-mêmes le degré de certitude qu'on s'est flatté d'atteindre. La publication de ces Analyses raisonnées devient surtout in- dispensable pour les progrès de la Géographie astronomique, lorsque de grands changemens XII ANALYSE RAISONNiE de position et de configuration ont dû être introduits dans des cartes nouvelles et que des changemens futurs exposeroient à de graves erreurs, si Ton ne connoissoit pas avec prëci- 3ion la liaison ou dépendance relative d'un certain nombre de positions. Dans la construction de la carte de l'île de Cuba^ je me suis servi des observations astro* nomiques des plus habiles navigateurs espa- gnols 9 et de celles que j'ai eu occasion de faire à l'ouest du port de la Trinidad , au Cap Saint- Antoine, à la Havane, entre cette ville et le Batabano , et dans les Jardines y Jardinilbs , depuis Punta Matahambre jusqu'à la Boca du Rio Guaurabo. L'ensemble de mes propres observations a été publié dans le plus grand détail dans le Rec. d^obs. astr., Tom. II, p. 1 3- i47, 567. Sur la carte de Tîle de Cuba, rédigée en 18 19^ et publiée en 1820, on trouve placés^ vers le sud, le port du Batabano et les Cayos Flamenco , Piedras et Diego Ferez, le port de Tiînidad et le Cabo-Cruz, dans leurs véritables positions; mais la latitude delà côte septentrio- nale de l'Ile de Fines % et toute la configuration de la côte méridionale de Cuba, depuis le * G>inparez Purdj/, Colomb. Nav.^ p. 175. DE lA CARTE DE l'iLE D8 CUBA. XIIX Gap Saint-Antoine jusqu'à l'extrémité orien- tale des Gayos de las doce léguas , y éioient aussi fausses que sur les cartes $ d'ailleurs bien dignes d'éloges, publiées jusqu'à cette époque par le Deposito hiirografico de Ma- drid. Ce n'est qu'en i8âi que parurent les rectifications importantes de la côte méridio- nale de Cuba , faites en 1 793 par le lieutenant de vaisseau Don Ventura de Barcaiztegui^ et, en 1 804^ par le capitaine de frégateDon José del Rio. Dans le second tirage de ma carte de nie de Cuba (celui de 1826), ces rectifica- tions ont été adoptées entre Punta de la Llana et le Çap Saint-Antoine, comme (à Fexception de la position de Trinidad) entre la Gabeza del Este de los Jardinillos et Gabo de Gru2. La partie intermédiaire , depuis long. 83o 3o^ jusqu'à 86^ 20^, entre la Laguna de Gortes, risla de Pinos et l'Ensenada de Gochinos, est copiée d'un croquis que mon savant ami^ Don Felipe Bauza, ancien directeur du Dépôt hydrographique à Madrid, a bien voulu tra- cer pour moi, au mois de mai 1826, pendant mon séjour à Londres. En me transmettant cette esquisse, l'infatigable compagnon de l'ex«« pédition de Malaspina me mande qu'il a com- XIV ANALYSE RAISONNES biné et réuni mes déterminations avec les re- lèvemens de M. del Rio, et qu'il est occupe à terminer une grande carte de l'île de Cuba en quatre feuilles, pour laquelle il a soumis l'en- semble des matériaux qu'il possède à de nou- velles discussions. Le nom de M. Bauza est garant de l'excellence d'un tel ouvrage. L'histoire de la Ge'ographie de l'île de Cuba a eu les mêmes phases que la Géographie des autres Antilles et des côtes orientales du Nou- veau-Continent. On a commencé par placer tous les points trop à l'ouest. Christophe Co- lomb ^ déduisit de ce qu'il appelle las reglas de la Astronqmia^ que le Cap Saint- Antoine se trouvoit 75** à l'ouest du méridien de Cadiz. Cette erreur de 3® t fut augmentée encore de 4** dans la mappemonde du célèbre Piloto Mayor Pedro de Médina^, publiée en 1676. ^ Au mois de juin i494*- l'Amiral observa aussi une éclipse de lune sur la côte méridionale de Saint-Do- mingue, en septemb];e 1494? P^^s d'Adamana (aujour- d'hui Isleta de Saona] y un peu à l'ouest de Gabo En- gana II trouya la différence arec le méridien de Cadiz de 5^ 25^, ce qui donne une erreur de longitude de 8® 45"' {Herera, Hist. de las Indias occ, Dec. /, p. 56 et 58. * Voyez la traduction françoise par Nicolas de Ni- DE LA CARTE DE L ILE DE CUBA. XV Le Quarteron de Bartolomè de la Rosa , con- servé dans le Dépôt des cartes à Madrid , place colaïy géographe du roi Henri II, p. 64. Cette mappe- monde donne > lat. de Londres 58^^ différence des mé- ridiens du Gap Saint^Antoine et de Temixtitlan (Mexi- co), 18®; erreur 4°. La véritable longitude de Mexico, telle qu'elle a été reconnue (en 1778) par Yelasquez et Gama, et confirmée par Don Dionisio Galiano (en 1 79 1 )> et par moi (en i8o3), est 6^ 45' 4^"- Si M. de Navar- rete , dont j'honore les talens littéraires et la vaste érudition, avoit lu l'Analyse raisonnée de mon Atlas de la Nouyelle-Ëspagne {Essatpol.y Tom. I, p. xv), il n'auroit point adressé «'à un voyageur étranger » le re- proche que Ton trouve consigné dans la Correap. astr. de M. de Zach, Tom. XIII,p. 56. Il n'auroit point eu recours aux éclipses de lune observées par le jésuite Sanchez en i584 9 ^t il se $eroît convaincu qu'en publiant le résul- tat de mes observations de satellites, de distances lu- naires, d'azimut et de transport de temps > je me suis empressé de dire que mon défunt ami. Don Dionisio Oaliano , avoit trouvé avant moif pour la longitude de Mexico, 6^ 4^^ 49'^ qucnque la carte du Golfe du Mexi** que, publiée par le Deposito kidrogmfico de Madrid , en ^7999 ^ ui^6 note communiquée par M. Espinosa, lortf de mon départ pour Gumana^ indiquassent 6^ Sa' 8". J'ai été même le premier {Rec. â^ohs. astr. , Tom. II , p. 496) à publier les observations mexicaines de l'expédition de Malaspina. (Pour désigner plus briè- vement les méridiens d'après lesquels les longitudes H XVI ANALYSE RAISOlfMifi encore, eqi755,laHavanepar79® i4 'àTouest du méridien de Gadiz; erreur de 3^ 9' , quoique déjà, en 1729, Cassini' avoit déduit des obser- vations d'éclipsé de lune et de satellites de Jupi- ter, faites à la Havane par Don Marco Antonio de Gamboa, de 1 7 1 5 à 1 7^5, la véritable longi- tude de cette capitale avec une erreur moindre de 45'^ en temps. M. Oltmanns a discuté^ avec beaucoup de sagacité, et calculé de nouveau, d'après les tables de Bûrg et deTriesnecker, les observations de Gamboa ; il en a tiré le résultat moyen de 5^ 38^ 57'-^. La vraie longitude du Morro de la Havane est 5^ 38' 49^^» harmo- nie bien surprenante dans ce genre d'observa- tions. Si le Quarteron de Don Bartolomè de la Rosa erre dans les longitudes absolues, et place la Havane de nouveau de 3® i trop à l'ouest, il offre au contraire, comme observe M. Espinosa, les longitudes relatives avec une rare précision. Les différences de méridiens font comptées dans ce mémoire, je me servirai, dans la suite, comme dans les observations thermométriques, de simples initiales. Gr., Gz. et P. indiqueront les mé- ridiens de Greenwich, Gadiz et Paris.) ^ Mém* de VJcad. pour 1729^ p. 4i3. ? Bec. d'obs. ast, Tom. II , p. îio-5 1 . ; . : DE LA CART£ DE l'iLE DE CUBA. XVII du Morro de la Havane, de Punta de Guanos et de Gayo Largo, à l'entrëe du QsLnû de JBahama f j sont exactes; mais cette précision dans les gisemens, si importante pour les na- vires qui veulent éviter, en débouquant, les bas -fonds de la Floride et le Placer de los Roques (Sait Kejs), se montre même déjà dans les anciennes cartes manuscrites du capitaine Francisco de Seixas j Lobera ', construites en iQq2. Don Yicente Doz, deretourdeson voyage en Californie, où il avoit observé le passage de Vé- nusavecPabbé Ghappe, s'arrêta dans l'iledeCu- ba; il fit la longitude de laHavaneSS® 7 ^, erreur de plus d'un demi-degré. Une longitude toute semblable (85<> 10^) a été adoptée dans le célèbre Mapa del Seno Mexicano de Don Jo$e de San Martin Suarez^ rédigé en 1787 d'après les conseils d'une réunion de pilotes à la Havane. Cette carte, qui pendant long-temps n'a été que trop répandue, est devenue la cause d'un grand nombre de naufrages. Depuis les années 1792 et 1796, a com- mencé une nouvelle ère pour la Géographie de l'île de Guba et de toutes les côtes du ^ Memarias de loaNaveg. Esp., T. ï, p. g3^ T. II, p. 45-: I. b •s XVIII ÂNALTSS BâISONMÉE bassin des Antilles. Les travaux de Barcaizte- gui, la Rîgada, Chun^uca, Ferrer, del Rio , Cevallos et Robredo se succédèrent en recti- fiant le contour des côtes ; et , grâce aux cal- culs et aux savantes discussions de MM. Fer- rer * et Oltmanns *, la Havane devint un des ports de l'Âinérique dont la position astrono- mique est le mieux fixe'e. Don Ventura de Barcaiztegui a relevé , de 1790 à 1794 5 le lit- toral entre Santiago de Cuba et Punta Mater- nillos, à l'entrée orientale du Vieux- Canal de Bahama. Les travaux de Don José del Rio ( i8oâ-i8o4) embrassent la côte méridionale entre le Cap Saint-Antoine et le Cabo Je Cruz« Le peu que nous connoissons ( depuis 1792) du Fieux- Canal même est dû au zèle du Capitan de Correos^ Don Juan Henrique de la Rigada ^. Mais dans cette partie, entre Punta Matemillos et le port de Matanzas, ^ Conn. des Temps pour 18 17, p. 3i 8- 337. Tf€m8. 0/ the JÎmer.PhiL Soc., Vol. VI, p. 107. * Bec. ffobs. astr.y Tom. Il, p. 47-^4 et 81, où se trouve VEtat de la Géographie de Vile de Cuba , en 1809, par M. Oltmanns), p. 8i. ^ Nueya Garta del Canal de Bahama, i8o5, d'après ks obsertaiions de Don Dionisio Galiano dans le Navio DE LA CARTE DE l'iJLE DS CUBA. XIX comme plus à l'ouest, entre Bahia Honda et le Cap Saint -Antoine, il reste encore beau- coup à faire par des moyens; astronomiques* Les positions en longitude y sont ientièrement incertaines, et malheureusement ces incerti- tudes s'étepdent sur un espace tie .i55 lieues marines de longueiu-. Quant à l'intérieur de Fiie de Goba, c'est une terra incognita^ à l'exception du triangle entre Bahia Honda , M atanzas et le Surgidero del Batabano. C'est dans ce triangle que j'ai détermiaé astronomiqueraent les positions du San Fulgencio (i799)>ile Don Marîano Isasbiriyil^ dans la GoletaElisabet (i 798} , de Don Francisco Mon- tes dans le Navio Angel (1799)9 et de Don Tomas Ugarte dans le Navio San Lorenzo^ 1 794. Les gîsemens «t les dllFérences de longitude entre MatanzaS; Gayo de Sal (à l'extrémité occidentale du Placer de los Roques), Baxo Nicolao, Cayo de Piedras, la Cruz del Padre et le M^ano oriental sont de la plus grande impcurtance' pour la sûreté de la navigation. J'iai eu aussi en vue, surtout pour la première éditiop de ma carte , les an- ciens travaux, du Depoaiio de Madrid : Seno Mexicano, *799 (corregido en i8o5) ; Carta de una parte de las Islas Antillas, 1799 (corregida i8o5) ; Carta de la Isla de Santo- Domingo y parte oriental del Canal Viejo dd fiahama^ 1.809. 6* ANALYSE AAtSONNÉE Fondadero , près de la Villa de San Antonio de los Banos, de Rio Blanco, de l'Almirante, de Antonio de Beitia , du village de Managua et deSan Antonio de Bareto. A l'est des Guines, j'ai fait usage, pour tracer Tintérieur de Tîle, de deux cro par le transport du temps de Nueva-Barcelo- na, mais après 26 jours de navigation par une mer très-houleuse, pour le Morro de la Ha- vane, 5^ 38^ l\o^y en supposant Nueva-Bar- celona l^^ 28^ ^9^^'i^* Huit éclipses de satel- lites de Jupiter, que fai observées conjointe- ment avec Don Dionisio Gahano, et les ob- servations beaucoup plus nombreuses de M. Robredo , ont offert à M. Oltmanns , pour résultat définitif, 5^ 38' 52'>^5, ou 84* 43' j'^'jS. De()uis mon retour en Europe, surtout de 1806 à 1812 , Don José Joaquin de Ferr rer et Don Antonio Robredo ont observé à la Havane un plus grand nombre d'occulta- f Rec. d'oha. aatr., Tom. II , p. 89. XXII ANALYSE RAISONNÉE tionsd'ëtoiles^u'on n'en a jusqu'ici pour aucun lieu de l'Amérique. Dans un mémoire que M. Feri^ a remÎB, sur son passage par Paris (ep juin i8i4)^ à M^ Arago, et qui a été publié dans la Connoissanee des Temps y pour Pannée 1817^ Le navigateur espagnol, dont tous les amis des sciences ont regretté la perte préma- turée y fixa le Morro par 84* 4 ^ ' 44'^ ; mais , dan$ umr autM mémoira manuscrit 5 plus récent» confié à M. Bauza,'il s'arrête à 84** 4^' jg^^, en supposant Cadix de 8^ 37' 45"' à l'ouest de Paris. Dans le Recueil d'observations astrono* mitjues^ nous avons donné, M. Oltmanns et moi, pour la différence des méridiens du Morro de la Havapa et de la Vera - Cruz , i5*45^52''^ M.Bauza, quiasoumis les positions de la Havane, de Vera-Cruz et de Portorico à dé nouvelles discussions ', trouve 1 5*45'4o''^,5; ce qui diffère de notre résultat de moins d'une seconde en temps. Différence méri- dienne entre le Morro de la Havane et le Fort Royal de la Martinique, dans l'expédition de laBayadèrey d'après M. Givry, 2i<^ 21' 26^. Bahia- Honda. — Le Potrero de Madrazo, * Sobre la situacîon geografica de la Havana, de Vera'Cvuzy Puerto-Rico, i8a6 (manuscrR). .>» DI LA CARTE DE l'iLR DE CUBA. XXIU point le plus méridional de la,baie^ est^ d'après Ferrer,' par lat. 22* 56' 7^, long, o* 49' «6/^^ à l'ouest du Morro de laHa^raoe. M. Bau- za» en se fondant sur cette €jï)ser¥atioh,. place l'embouchure de la baie, entre le Moriflo ai Puntade Pescadores, de 85* 3 1 '11'''^» ençupt posant le-Mori'o de la Havane 84^ ^2f ig^'- Cabo San jintonio. — Mon chrooon^ètrea donnç^à Tattérage ^^ 17' aa'^^ et je place le cap de a*" 34^ i5^^ à l!ouest .du Morro de la Havane. M. Espinosa^ ààXk^le&Memorias del Deposito hidrografico de Madrid , s'itoita^ritt^ à 870 8' l{i^^; mjm comme il fdàce le Moihro de b Havane un peu plus à l'ouest ^ que moi^ il faut s'en tenir aux difTérences des. mëiridieats qui résultent, d'après lesMë^BâriflWi de 2? 2^^^- Cependant M. Del Rio. ^ avoit trouvé ausii 78* 39' o'^Cz., 0^87*1^6/ Uït'd^.s ce quij ne di0ere de mon résultat. qiie de 57^ en arc. Le capitaine Monteath trouve 87* 19' aS'^, mais * Conn. des Temps y 1817, p« 3ot-535. * Les MemoTtOB placèrent le Moiro:, d'abord 76*» o', Cz.; puis comme résultat plus précis 76» 6^ 09'% Cz. (Tom. H, p. 67 et 91.) ^ Résultats des obscnrations originales communiquées par M. Bauza, qui fait le Cap Saint-Antoine 87" 17' 22'. ». f XXIV ANALYSE RAISONNiS ce résultat paroît dépendre de la longitude de Port-Royal à la Jamaïque , que les navigateurs anglois ne fixent pas uniformément '. Batabano. — Uoriginal espagnol de la carte de Don José del Rio=*, offre lat. 22* 42' So''^, ' long. 84*43'^ ïS'^, M. Espinosa avoit indiqué, dans le Tableau des positions, lat. 2 2^ 4^ ^ ^ o^. Des opérations géodésiques de M. Le Maur^ AL Oltmanns a déduit» lat. 22'' 43' 19'^» long. 84** 45' 56^. M. Bauza , d'après différentes combinaisons» s'arrête à lat. S2''43' 3^^> long. 84^46' 25''..- Tetas de Managua. — Ayant observé, au nord et au sud de las Tétas, dans le village de Mana- gua , et à San Antonio de Bareto ^ ; je suppo- sGfis le Teta oriental 22:^ Sy ' 38. Il est important de bien CT^aminer les opérations trigonomé- triques de Don Pedro de Silva , qui m'ont été communiquées par M. Robredo y et qui sem- blent donner une latitude plus boréale ; mais ^ M. Oltmanns, par le passage de Mercure et des hau- teurs lunaires , 79° 5' 3o"-, M. Bauza, 79® 5' 25''; Da Mayne et Sabine, par des distances lunaires, 79^ i5' 5(/'. ' L'édition françoise publiée au Dépôt de la marine royale : lat, 22* 44' > long. 84° 42'. • BelaU hist, Tom. III, p. 565. DE &A CARTE DE l'iLE DE CUBA. XXV ces opérations dëpendent des positions abso- lues du clocher de Guanabacoa et du Mirador del Marques del Real Socorro *. Trinidad. J'ai discuté la latitude de cette ville pendant mon second séjour à la Havane^, et je n'ai point suivi la position de la nou^ velle carte espagnole tracée d'après les obser- vations de M. Del Rio, qui donnent a i' 4^ ' 40^^. Trois étoiles observées dans des circonstances qui n'étoient pas également favorables , m'ont donné , dans la seule nuit que j'ai pu observer à la Trinidad, m' 4^' 20'^. Déjà Gamboa et M. de Puységur avaient trouvé , l'un , 21^ 46^ 35''; l'autre, ai* 47' iS'^ En venant des Jardiniltos de l'île de Pinos , j'ai obtenu , par le transport du temps de la Havane , pour la difierence de longitude du Morro de la Ha- vane et du Pueblo de la Trinidad , à la Popa , 2* 22^. Cette longitude coïncide ^ avec celle • I' ^ Bec. d'obs. aatr., Tom. II, 567. La Teta oriential, d'après Ferrer, lat. 22*» 58^ i8",5; long, à Foc. du Morro o** a' ^%'\ d'après Del Rio, lat. 32' o'. Garle du Dépôt ficançai&, lat. 22"" 1'. * Bec, d^obs. astr. , Tom. Il, p. 72. ^ Mémorial del JDep, (Tom. II, p. 64) : Trînidad, Pueblo, long. 82® 23^ 3 1"; mon chronomètre, 82" 2 1 ' 7". XXVI ANALYSE RAISONNifi de la carte spéciale de M. Del Rio, qui trouve 82^ 23' 45'^. Le Puerto Casilda est de 3^ So'^ plus au sud de la ville » mais dans son méri- dien* Del Rio place, d'après ses notes ulanus- crites, Boca de Guaurabo (Pointe Sud) par lat. 21* /I2' 2^'^, long. 73^ 49' 45'' Cz. Cabo de Cruz. — J'ai suivi la position de M. Ferrer : lat. 19*47' i6'% Ipng. 4* 38' 39'^ à l'est du Morro de la Havane. Del Rio ' : lat. 19*49' 27^^, long. »o* 3' 2f\ Morro de Santiago de Cuba. — M. Oltmanns, en rapportant les observations, de Don Ciriaco Gevallos à la position de Portorico , trouve 78^ 2 1 ' 42'^. M. Bauza adopte, pour le Morro de Santiago, 78* 16' 41'^) et pour le Puerto de Guantanamo, 77* 35' 36'^, Ma carte place ce dernier par 77* 38'. JPunta 4e MàysL—YoUk encore une position jq^, dépend chronométriquement de celle de Portorico. De nouveaux doutes ont été. jetés isiir Isi jopgiitude de ce (Jerjiier lien qu'on jçi:qy oit fixée avec une, extrême |>récisiop. M. de Zach ^ la trouve mêaiie incertaine de • ■ ■ ■■• ■ ... ■"'»' • ; * le coTaiane 9 coteries .ol^6ervati(m^.X)Aigi 35' 3o'^; Piedras de Diego Perez, lat. 22^ \'^ 39", long. 75* 18' i5'^; Cayo de Piedras 3 (pas à con- fondre avec un autre Cayo de ce nom, près de * Bel. hiaUf Tom. III, p. 478. J'ai donné, p. 584 et 585 , une liste de tous les mouillages de l'île de Cuba. * Certainement pas le même Cayo dont j'ai déter- miné approximativement la latitude à 22"* lO^ {ph9, aair.f Tom. II, p. 110). » J'ai trouvé lat. ai" 56' 4o^^ mais long. i« 8' 44" a l'ouest du Batabano. Il ne faut point oublier que les longitudes absolues se fondent toutes sur celles du Bata- bano, que je place 84* 45' 56"; M. del Rio , 84» 4^ i5": I>Ë LA CARTE DE L ILE DE CUBA. XXIX. Boca Grande, à Fest du Cayo Breton), laL âi<> 67' 39", long. 74« 49' dS'^. Le cap SE. de l'isle Aogaik a été trouvé par le capitaine Di^ Majne , qui a beaucoup enri^ chi la Géographie des Antilles, lat. 23** 29^30^, long. 79<> 37' o^ Gr. ou 8i' 47' iS''^ P. 5 mais M. Sauza préfère 8 1 ® 45 ' 1 9'^. Je suis resté très-incertain sur la véritable position de Villa del Principe , où Gamboa obsei^va les hauteurs méridiennes de plusieurs étoiles, et (le i5 août 1714) une immersion du premier satellite de Jupiter. M. Oltmanns trouve, pour la latitude qui paroît être très- sûre ^ 21"* 26^ 34"^^; mais, en adoptaut la long, de 8o* 39^ 3o^, la Villa del Principe coin ci- deroit presque avec le méridien de Sabana la Mar , près de la Punta de Judas, à Fest du point où, d'après les cartes manuscrites qui m'ont été envoyées de la Havane, j'ai placé Moron. Cette manière de rattacher Villa del Principe à la côte septentrionale, me paroît très-hasardée dans l'état actuel de la Géogra- phie du f^ieux" Canal deBahama. Il est assez certain qu'il existe dé grandes erreurs de lon- gitude^ à l'ouest de Punta Maternillos; mais est-il probable qu'elles atteignent un degré? XX^ ANALYSE RAISOMÎKE Nous l'ignorons jusqu'ici. MM. Ferrer et Luyando ont déjà reconmi une erreur de 28^ en arc dans le Gajo de Guinchos. M. Bauza me mande que dans la carte manuscrite levée par ordre du comte Jaruco (carte qui est très- défectueuse pour les distances et la configu- ration de la côte) 9 la Villa (aujourd'hui Ciudad) de Santa-Maria del Puerto Piîncipe est placée S. 36* 0. de la Silla de Cayo Romano , à la distance de 54 milles; mais comment ac- corder une position si occidentale avec la carte manuscrite de Don Francisco Maria Geli, dans laquelle la Yilla del Puerto Principe est placée à peine o^' 16' à l'ouest de l'em- bouchure de Rio Maximo , et en même temps dans le méridien < de Cayo Confîtes? J'ai, dans la seconde édition de la carte de Cuba, sup- primé le nom de Puerto Principe , emprunté à la carte de JefTerys. Il est certain cependant (et le plan manuscrit de Celi l'indique ) qu'il existoit jadis, à l'est de Punta Curiana, entre les embouchures du Rio Caunao et de Rio ^ Le plan très-détaillé de Celi^ levé à la boussole^ figure, 17 lieues à l'ouest de la Villa del Principe, une Ser^ fonia depiedra yman. Des attractions magnétiques peu- vent avoir beaucoup altéré les résultats des relèvemens. DB LA CARTE DE l'iLE DE CUBA. XXXI Jiguei, un lieu habit<^ qu'on appeloit Etnbar^ La carte de Del Rio donne, pour la long. NO. du Peiit'Cayman {Cayman Chico occidental des navigateurs espagnols), 82*25'; mais M. Bauza adopte 82* 2' (lat. 19** 440- ^'^i trouvé le cap oriental du Cayrfianbrac ( Cayman Chico oriental des navigateurs espagnols) y en liant ce point chronométriquement^ à Trinidad de Cuba, après 36 heures denavigation, 82* 7 '57'^. Le transport du temps de Portorico avoit donné à M. de Gevallos Si'Sg' 36'''; en sup- posant l'Àguadilla 0^ 69' 54'^ à l'ouest du Morro de Portorico, et celui-ci avec M. Oit-" manns par les 68* 33 ' 80". Tant de doutes sur le Grand-Cajman et les deux Petits-Caymans, que les navigateurs confondent quelquefois , ne seront définitivement levés que lorsqu'un même observateur 9 muni de plusieurs chro- nomètres, aura examiné successivement les trois ilôts et déterminé leurs longueurs et ^ Pendulum Eapèr.y 1826^ p. 4<>i* ^ BectPobs. astr., Tom.ll, p. 11a. XXXÏV ANALYSE KAMONNÉE leufs distàhces respectives ' » en les liant au méridien du cap Saint-Antoine. C'est en prenant ce même cap pour base de toutes les opérations faites sur la côte mé- ridionale de Kle de Cuba, qu'on peut exa- miner le degré de discordance réèBe qu'of- frent les résultats des différens observateurs. Le capitaine de frégate Don José del Rio y par exemple, ne donné pas, dans les notes manus- crites, la longitude du Morro de la Havane; mais, en réduisant les Jardinittos au cap Saint- Antoine, qu'il ne place que de 5^^^ en arc plus à l'est que moi, onreconnott que ce navigateur suppose les Cayos généralement de 4', quel- quefois même de 6' à 9' plus à Test que moi. Différence des méridiens du cap Saint-Antoine et du Cayo Flamenco S© 18' 52''. Del Rio. 50 1^ 5&'. Htimboldt. Piedras de Diego Perei ... Z^ 11& 4^' • Dd Rio. 5« lêf 20'^ H. Cayo de Piedras Z^ 49^ i^''* ^el Rio. 3<> 40^ 10", H. ^ Déjà William Dampier ne jugea que de i5 lieues marines Tinteryalle entre le Ca$/man Chico occidental et le Cayman Grande* [Voyagea and Descripitom , éd. de 1696, Tom. II, Part, i, p. 5o.) DE LA C\BTE DE CUBA. XXXV PhisàTest, les différences deviennent brus- quement plus petites, car nous trouvons la dif- férence de longitude du cap Saint-Antoinei et de Del Rio. Huniboldf. Rio San Juaii. ........ 4^» 55' 55". 4» 56' 35". BocadeXagua 4® ai' o". 5® a5' o". Trinidad * (ville) 4* 55' o". 40 56' i5'<. Je doute que le cap Saint-Antoine ait été ^:'éuni au Cabo de Gruz par une triangulation continue; et, dans Femploi des chronomètres, l^indertitude des angles horaires pris au-dessus de rhorizondela mer, peut se compliquer avec celle qui naît de la marche inégale des montres. Ce qui me porteroit à croire que l'erreur est peut-être moins de mon côté, c'est que l'accord est assez grand entre mes longitudes des Jar- dinillos et celles qui ont été publiées par M. Espinosa. {Voyez l'Introduction de mon Rec. dHobt. astr.y Tom. I, p. xlvi.) La diffé- rence moyenne n'est que de 12^^ à i5^^ en temps. * Caria delRio Guauraho levantada, en iSoS^ por el capifam de/hegata Don José del Rio. c* XXXVI ANALYSE RAISONNER DE LA CAUTE DE CtBA. NOMS DBS LISOX. LATITUDE BOliAM. LONGITUDE A l'sST ou BATÂBAIIO. S8PIN08A. DBL BIO. B8PI1I08A. HOMBOLOT. Gayo Flamenco.. Gayo deDooGrii- toval Piedras de Diego Ferez. ... • . Gayo de Piedraa. Panta Mataham- bre aa« a'3o' aa* la' 4' aa» o'4o' »i«56'4o' aaM8' 5' aa« i' o' aa« 5'3o' aa» l'Sg' ai» Bf 39' aa«ai'34' o«46'ii' o'aS'ii' 0*46' 41' !• $'46' 0* 11' 00 ia' %i' 0» a4' 56' oo4a'54' i« 8' 44' o« « 56' Quant aux latitudes des Jardinilbs qui ne sont pas les mêmes dans les manuscrits de M. del Rio et dans le tableau de M. Espinosa, je dois rappeler ici que je n'en ai déterminé aucune à terre, mais qu'elles ne sont qu'ap- proximatives et conclues de hauteurs méri- diennes prises antérieurenpient. La carte de l'île de Cuba a été rédigée par M. Lapie , chef d'escadron au corps royal des ingénieui's-géographes de France , qui , par d'excellens travaux sur la Grèce et l'Archi- pel, s'est acquis récemment de nouveaux Utiles à l'estime des géographes. XXX vn TABLEAU &ES POSITIONS GÉOGRAPHIQUES DE L'ILE DE CUBA, DilKMlINiES PAR DES 0BSB&7ATI0NS ASTROKOMIQUES. NOMS LATITUDB LOBGITDDB NOMS à l'ouest DBS OBSBBVATBUBS, DBS LIEUX. boréale^ de Paris. et Bemarqaes. Hatahk, fanal, del Mono. ••..•••' a3« 9' a4',3 84* 43' 7',5 Rohredo, Ferrer, Galiano, Humboldt (Résultat dé- finitif de M. Oltmanns ea 1808). Ferrer s'arrêta, en 1817, à84«43'44';pl«M - tard, par 31 occultations d'étoiles, à 84* 4a' 19' FCTA ORlBlfTAL DB Ma- HAGOA aa 58 5 84 4o Le Maur^ Ferrer, Hum- boldt. Mabacua, village. . 22 58 48 84 57 34 Hnmboldt ; longit. incer- taine, lat. sûre à 10' ou 13' près. Sab Ahtobio db Ba> IKTO aa 56 54 aa 5i 34 Hnmboldt. Id. ^10 Blabco 84*51* ii' El Almibabtb. . • . aa 57 56 84 56 7 Xd. Sab Abtobio db Bbi« HA . ^ aa 53 ^5 84 39 i5 Id. El Fobdadbbo. . . . aa ôi 34 84 54 3o (près de la ville San Anto- nio de los Bands), Hum- boldt. Lm Guinbs Ibgbhio db Sbitabo. . Sab Abtobio^ »e losi aa 5o 37 »a 53 i5 Le Maur. Jd. Bados Madboga, Yillage. . 33 55 5i 23 55 Jd, Ferrer. 84 la a3 Gafbtal db San Ba- PABL. 32 57 16 84 9 38 Ferrer. Mbsa dbl Mabibl. . 33 57 a4 85 30 Ferrer (la Mediania de Gnanajay). TOBBBOH DBL MaBIBL. 85 3 14 85 57 59 Ferrer. bfATABKAs, yille» . • 'ii'â âé' Vab DB Matabzas. . a3 1 55 84 a 49 u. XXXmi TABLEAU DES POSITIONS GEOGKAPHIQCES ii'erret fpoiatlepliiaiDéi dional de lu baie de Sab Hond.). CAyODsUOflCHll S5 Si i5 85 Ai 116 "? iï fî Si 40 So S. 5. 7 19 i? > 19 67 a mboldt. Les latiti ns les Jardine» et Dillos, QOD oliaerTÉ terre, Ht aïs conclu es d'ob servitiona faites Lors do méiidiendeeCayea. Del Itiu, UuDiIioIdt. Gauiboa, Fuységur, Hum- Ijoldt [kt. GUDteatée). 77 35 36 ; 76 33 3a , 76 3o aS : Ctro V»». . O DU LODOH. Cato Si NT) M :o PiiHOPH, vUle. . iJnoIsi-iHiTn, -ville .ïifltiriLi, capSE. 77 se Sa 79 »4 i5 8u 97 u 79 Sg Sj 79 55 43 80 5 45 " 16 So , 16 S4 57 36 39 3o DE L lU DE CUBA. XXXIX Oo s^est borne, dan^ le ta))lc^u des positions diel'fle de Cuba, à un très-getit nombre, parmi lesquelles les plus importantes ont^été discutées claQ3 les pagQs qui précèdent Comme ce^ po- sitions dépeiiident presque toutes de la déter-, mînatiott précise 4u mendxen de la Hay.ane{ççr lui du Morr^j, oa a eu égs^*d aux 25 ^f en dffi^ d monie pour d'autres p^pints ai^ec lea tabl^^qiiuLX insérés dans mon RecueU d'observations. ustr(t, namiqu^k I)?2çy^leurs.ilniç ç'^ticiquedeidif^.- i^nces de. longitudes entre le Morro ,e^^lçs^ autres poiokt$(les caps,le$,cayes, etc.) , et pour cctustrc^ un d:Q.vitj3 de Z'^ eji tenips se perd entre. \^ variantes lectiones. En e^^duantJes éclipses du soleil, doat celles^ du 21 février j 8o3 et du ifi juin 1806 donnent une Ipngitude.très-occi- dentale, et n'ayai\tég^rd qu'aux seules.occul- tations (au nombre.de 16 publiées par M. Fer- rer jusqu^en i8i4^, je trouve pour le IMLorro Xt TABLEAU DES POSITIONS^Gl&OGRÂPHIQUES de la Havane 84*4^^ iS^^^^B. De ces 16 occul- tations , 10 ne s'écartent pas au-delà de 1^^ en temps du résultat moyen. On peut croire que les tableaux de positions seroient plus utiles aux navigateurs et aux géographes, s'ils présentoient, en général, les limites extrêmes entre lesquelles , dans l'état actuel de nos connoissançes , oscille chaque longitude. Hn'est pas aisé de tirer un résultat d^observations d'inégale valeur; et, dans ce pro- cédé qui exigeroit l'emploi du calcul des pro- babilités, les Géographes ne suivent qu'un système de tâtonnement. D'un même nombre d'occultations d'étoiles , par exemple , qui os- cillent autour d'une longitude moyenne de 5^ à 8*" en temps, on peut tirer des résultats très-differens selon qu'on prend la moyenne de toutes les observations ou qu'on en exclut quelques-unes. Le problême est plus difficile à résoudre encore lorsqu'on balance eptre les limites des erreurs d'un petit nombre d'occul- tations, d'éclipsés de soleil, ou de passages de planète, et les limites des erreurs d'un très- grand nombre de satellites, da passages dé la lune au méridien, ou de distances lunaires. Les longitudes extrêmes, entre lesquelles oscille DE l'île de cuba. XLI chaque lieu, sont à considérer comme les maxi- ma et minima moyens des températures de l'année. Ces limites doivent rappeler que, d'a- près les connoissances acquises dans l'état ac- tuel de la Géographie astronomique , il est ex- trêmemeat probable qu'un lieu (par exemple le port de Garthagène ) n'est situé ni plus à l'est que 77® 4?^ ^^^^y ^^ P^"^ ^ l'ouest que 77*5i ' \W^. Gomme les obserrations dont les résultats sont le plus rapprochés des limites extrêmes , n'offrent pas un égal degré de cer- titude, la longitude qu'aujourd'hui on peut regarder comme la plus probable, n'est aucu- nement la moyenne des longitudes extrêmes. Le tableau suivant offre un essai de réunir dans un petit espace, et pour 20 positions fon- dées sur l'observation de* phénomènes cé- lestes, tout ce qui peut faire juger de la con- fiance que mérita le résultat définitif. L'ex- pression généralement usitée de longitude chronométrique est excessivement vague , si l'on ignore quelle position a été adoptée pour le lieu du déjpart. J'ai constamment ajouté cet élément à la différence des méridiens qui a été obtenue par des chronomètres. XLII TABLEAU DES POSITIONS GEOGRAPHIQUES T NOMS DEB POSITIOHS. GcMÀiiÀ (Gasifllo de San Antonio). . . . LIMITES BXTIÊJISS. 66«29'i5'et 66» 3i'io' La Guayka (môle). . GaRTHAgIiRB DK8 Ir- DE8 (cathédrale). . . Havanb (Morro). . . REMARQUE». 69 a3 10 et 69 29 00 77 47 5oet 77 5i i5 FuBRTo Rico (Moctq) 84 4a 19 et 84 43 10 68 ^7 45 et 68 U 00 Probablement 66* 3o' o'.— EeL de soleil. Sat. Dut. lun. (Ecl. de 80L A^ 25' A^. Sat. 4*» a5' Zf,S, Dîst. luQ. 4^ a5' 32',5. Différ. mér. cbrono- métriqne de G. et St.-Croix* de-Ténériffe 3>* 1 1 ' 5a'; d'oi long, chron. 4^* a6' 4'* Hom boldt, Oltmanns). Prob. 69» 2/ o' .^Sat.Ditt. lun. ( Sar. 69» 3o', Ferrer Oltmanns. Dût. Inn. 69* 18 Ferrer , mais tables de Bfa- son). Prob. 77«»5o'.— Posf. di Merc, OceuU,Sat,^VMêB.de Merc. yy"" 46', Fîdalgo, Ro- bredo , Tiscar. Occult. 77* 47' 54' Fidalfço, Tîscar. Oc- cult. 77*» 48' i5' Nogfiera, Oltm. Occult. 77» 5i' 45' iPerrer. EcL de sol. 77*» 49' 55'Ti8car,Robredo. Sat. 77* 5i' iS'Iïpgnera, Oit. Différ. mér.chrôn de Cet du Morro de UHîWWiçp.6« W i5^; d'où long. 77» 48' 4' Humboldt.) VUjh\ 84» 4a' isT.^Otaîiift. EeL detoL Sat.X^i. Occult. 84» 4a' 1^' Ferrer, fiobaredo. Ecl. du sol. 84» 44' î4' Ro- bredo^ Fen«r; mais d'après les tables plus récentes. Oit. 84' 43* 4*. -«st.: 84* 4»' H' Humbolflt^ Galiaqo, Robr., Ollûi. Dîff. mer.thr^e. du M. et de Pupjrhji ico 16 iCjSBauza.)- ' ' Proli..68« yi'^ù'^—Oceult, Dut.' lin. ( Occiflt.- d'Alde- baran,80U8 des circonstances peu favorables , 4** 33' aa', Ghurruca , Lalande ; 4"* 33' 36', Mécbain ; 4* 33' ^'y^^ la D£ L ILE D£ CUBx\. xim NOMS DIS POSITIOHB. ••■5F LIMITES EXTRÊMES. REMARQUES. Fou-BoTÂii (Martî< PoiT Royal (Jamaî- îoe) . . . 63*a5'4o'et 63«28' 6' 79 3 45 et 79 i5 3o Pou WlLLOOG^By (Barbade) . . . . Ils AjiHiTOMiaiM ijkéiii) B'o JiNBuo (ile Ua- tw) . . . 6i 55 45 et 6i 67 3o 5o 58 la et 5i 1 i5 45 33 33 et 45 36 55 Triesnecker ; 4^» 34';' ,6 Wurm; 4»> 33' 38', Ferrer ; 4^ 34' a2',9 , Oltnianns 4^33U6', Cerquero; à^H' 4', Zach. Dist. lun. 68° a4' 4i' Ferrer, mais par des ta- bles plus réc. Oltm. CS» 27' 45'. Long, chron. par la Ha- vane 68» 5o' 3' ; par Vera- Cruï, 68« 29', Bauza , Oit manns.) Prob. 63» 26' o',-- Passage de la lune, Saf. Chron, (Pass. lun. 63<» 26' 0% Pingre, Oltm. Diff. mér. chion. du F. R. et du Gap François, 11® 10' 36', d'oui ong. cbroo. 63» 27' 34'; de F. R. et Falmouth à l'île d'Antigua o® 4^' o' ; d'où long, chron. 63° 28' 6', Bor da). Prob. 79», 5' 3o'. — Passage de MercAscens, dr, de la lune, (Pass. de Merc. 79® 3' 4^', Macfarlane, Gandler, Oltm. Asc. dr. lun. 79*' 7 ' 1 5', Mac farl. Oltm. Long, chron, 79' i3' 3o', Sabine; 79» la' 45', Du Mayne). Prob. 6i<»56'48'.— Occa/f. Sat, ( 5 Occult. 4^ 7' 43',7, Maskelyne, Ollmanus; 12 sat. 4^7' 5o'Mask., Oit.). Prob. 5io i'i4'.— />â*./«n. Chron, (Dist. lun. 5i «i' 17% Duperrey. DiflF. mér. chron. d'A.et St.-Croix-de-Ten.,32 27' 48'; d'où long, chron. 5i« o' 53', Roussin , (iivry ; d*A. et l'île Ratos, 5o 25' 32', Qi- rry, Fouque, Lartigue; d'où long, chron. 5i® o' 46'). Prob. 45» 35' ii',—Sat, (au nombre de a85 Im. et £m.). Dist, lun, Chron, (70 sat, 4^ XLIV TABLEAU DES POSITIONS GÉOGRAPBIQUES NOMS OKS POSITIONS. MORTB-VlDBO, LIMITES KXTKÊMI8. ^iLPAKAiso (castillo d6l Rosario). . . . lOQUlMBO. SS-^So'aa'et 58«87'io' 74 00 oo et 74 1 1 00 73 S8 00 et 75 47 45 Ullào ( Fuerlc San Felipe.) 79 35 00 et 79 35 10 REMARQUES. 36' 55', Dorta Frem. sat. 450 36' 4o'. Long, chron.45* 35' i4', GiTry ; 45» 3a' 33' Fouque ; iS* 36' a a', Frej« cinet). Prob. 58» 34' ao'.— P«f . A Mercure* Oeeult. SaU (Pau. de Merc. 58» So' aa', Ma- lasp. Occolt. 58» 5/ 1 1', Ma lasp. Sal, 58«3o'55',Varela. Prob —OtemH. BéL deioL Sat.Dist. /im.(Occiilk, 730 Si' i5', Hall, Foster) mais d'après Oltm., ^i* n' 19'. EcL de sol., 74*» 8' iS*, Feoillée et Méchain ; 74'' f ai', Feoillée et Triesnecker. Sat. 74<* 0' a5', Malasp. Mé- chain ; 74» i4' i5', Oltm Dist. lan., 73« 59', Lartîgae Di£Pér. mér. chron. de Y. et <;allao, 5^ So' io% Malup.j S^ii'iy'y Hall; 5k 5o' 4V, Lartigue; d'od long. moy< chron., 74» »' 27'. Différ. chron. mér. de Y. et Qoiloa, o«49'a'.) Prob —OecultSêi, ( a occult., 73* 47' 45', Ma- laup.Tiscar; a sat., jt* S8' o*, Malasp. Différ. mér. chroo. de G. et Yalparaiso, o* 16' i6',moy. de Malasp. et Hall; de G. et Gallao, mor. da l'Atrevida, delà Deicubierta et de Basil Hall, 5« 47' lo'; d'où , long, chron., 73* 46' 44"- Bauia préfère ponrVal- paraiso, 74'' 3' i8',5;pou Goquimbo, 73» 43' 34'.) Prob. 79» 34' 3o'. — Pa»- tage de mercure, Sat, Dlti, lun, (Pass.de Merc., 79*54' 3o', Hnmb. et Oltm. Sii obt. IL sat. , 79« 3i' 55' DE LILE DZ CUBA. XLV NOMS BI8 P08ITI0VS. ATAQuii. (môle de hTiUe) LIMITES BZTRfiMBt. 8a^i4'oo'et 8aM8'a5' {gMnde place) Si 4 i5 et 81 6 3o *àmAmà (cathédrale). (môle). . • ^1 38 45 et 81 44 Se 10a 9 3o^ 10a i3 00 REMARQUES. Lîma, OItm. Unsat., jg** 35' 54'>Mala8p,01tm. Dût. lun., 79«»29'4i',Lart.;79»34'5', Duperrey). Prob. Sa* 18' 10*.— Oecutt. EeL iun, Chron, {Occnlt, , 8a» 18' 11', Malasp. OltmaoDS. Ed. luo. comparée à 6 obs. corresp. 8a** 18' a5% Malasp. et OItm. Diff. mér. chron. de 6. et du Gallao, a» 43' 4o', Humboldt ; d'où , long, chron., 8a* 18' 10'; de 6. et Gallao^ a"» Zg' 5a', Malasp.; a» 33' 36', HaU.) Prob. Si» 4/ 38'. — 5af. Ecl, de Iun, DisU Iun. (Sat., 5^ a4 17', UUoa, Godin, Oit manns. Écl. lan., 5^ a4 19% UUoa, OItm. Dîst. lan., 5^ a4 a6', Humb. Différ, mér. chron. de Q. et de Popayan, 0^8 ao' 3; d'où long, chron., S^2i ai',Hamb.) Prob -^Oceult. Sat, ( a occnlt., Si» 38' 17', Ma- lasp. Tiscar; a sat., 8i« 47' i5', Malasp. Différ. mér. chron., de P. et d'AcapuIco ao* 33' 5', Malasp. ; d'où long, chron.^ Si^ 36« aS'. Plusieurs antres combinai- sons chron., par Portobelo et Garthagéne des Indes, donnent à M. Banza , long. 8i«»43'33'.) Prob. ioa« 9' 33'.— Otfcaft. Sat. DUt. Iun. (Occnlt. 6^ 48' 5o',5. Malasp., Oltm.j Sat. 6^ 43' 58', Mal., OItm. Bist. Iun., 6^48' 26', Hum- boldt. Diff. mér. chron. d'A. et de S. Blas, o^ ai' aa', Malasp.; 6^ ai' 38', Hall; d*où foDg. chron. moy., 6^ XliTI TABLEAU DES POSITIONS ctOG^. DK l'iLE DE C nous DIS rotiTioas. \An Blas (Gontada- ria) r . LIMITES ■ZTaAMii. i07»55'4o'et i07»38'5o' REMARQUE ''■MA Gars (niAlc). • 98 aS ooet 98 5o i5 48' 58* ; d'A. et de long. cfaîrOD., 6^ 48 Prob. 107» 55' 48'- Sat» D'ut, (un, ( C i07« 38' 4a', Hall el ansat., i07"34'55', et Oltm . ; écLloD. 1 07 Malasp.Oltm . ;diat.li 37'a4';HaU;M.Bai réte pour Acapolcoà 4i'; ponrS.Blajy 107 Prob. 98*» 39' - doient fâcheuse et humiUante la position d'un piéton. L'odeur du taêajo ou de la yiande mal séchée empestoit souvent les maisons et les rues tortueuses. On assure que la police a re^- médië à ces inconvéniens, et qu'elle a fait, , dans ces derniers temps, des améliorations très-sensibles dans la propreté des rues. Les maisons sont plus aérées, et la Calle de .los Mercadares offre un bel aspect. Ici, comme dans nos villes d'Europe les plus anciennes, un plan de rues mal ti^acé ne peut se corrige» qu'avec lenteur* n y a deux belles promenades, Fune (la^/a* mada) entre Thospice de Paula et le théâtre dont l'intérieur à été décoré en i8a3 avee beaucoup de goût par un artiste italien, M. Pe- ruani ; l'autre, entre le Castillo de laPunta et la Puerta de la Mur alla. La dernière ^ appelée aussi le passeo extra mui^Sy est d'une fraîcheur délicieuse : après le coucher du soleil, elle est fréquentée par des voitures» Elle a été com- mencée par le marquis de la Torre, celui de tous les gouverneurs de l'île qui ait donné h prenodère et la plus heureuse imipulsioa à SUK L^ILE DK CUBA. l3 i^imélioration de la police et du régime mu-^ ifiicipaL DoD Lais de las Casas , dont le nom est resté également cher aux habitans de la Havane^ et le comte de Santa Clara, ont agrandi ces plantations. Près du Campo de Marte se trouve le jardin botanique, bien digne de fixer l'attention du gouvernement ^ et un autre objet, dont Faspect afflige et ré- volte à la fois les baraques devant lesquelles sont exposés en vente les malheureux esclaves; Cest dans la promenade extra muros qu'on a placé, depuis mon retour en Europe, une statue en marbre du Roi Charles ID.. Ce lieu avoit d'abord été destiné à un monument de • Christophe Colomb ^ dont on a porté les cen- dres , après la cession de la partie espagnole de Saint-Domingue , à l'île de Cuba. Les cendres de Fernand Cortez ayant été transférées, la même année, à Mexico, d'une église à une autre , on a vu donner de nouveau la sépul- ture, à une même époque, à la fin du dix- huitième siècle , aux deux plus grands hommes qui ont illustré la conquête de TÂmérique. Un palmier des plus majestueux de cette tribu, la Palma real, donne au paysage, dans les environs de la Havane , un caractère par- l4 ESSAI POLITIQUE ticulier. C'est YOreodoxa regia de notre des- cription des palmiers américains ' : son tronc élancé, mais un peu renflé vers le milieu^ s'élève à 60 ou 80 pieds de hauteur; sa partie supérieure , luisante, d'un vert tendre, et nou- vellement formée par le rapprochement et la dilatation des pétioles , contraste avec le reste qui est blanchâtre et fendillé. C'est comme deux colonnes qui se surmontent. La Palma real de l'île de Cuba a des feuilles panachées qui montent droit vers le ciel, etnesont recour- bées que vers la pointe. Le port de ce végétal nous rappeloit le palmier Vadgiai qui couvre les rochers dans les cataractes de l'Orénoque, et balance ces longues flèches au-dessus, d'un brouillard d'écume. Ici, comme partout où la population se concentre, la végétation dimi- nue. Autour de la Havane, dans l'amphi- phéâtre de Régla , ces palmiers , qui faisoient mes délices, disparoissent d'année en année. Les endroits marécageux , que je voyois cou- verts de Bambousacées , se cultivent el se des- sèchent. La civilisation avance; et l'on assure * Nova Gênera et Spec, plant, œqnin. , Tom. I, p. 3o5. SUR l/lLE DR CUBA. i5 qu'aujourd'hui la terre, plus dénuée de végé- taux , offre à peine quelques traces de sa sau- vage abondance. De la Punla à San Lazaro, de la Cabaûa à Régla, et de Régla à Âtarès , tout est couvert de maisons : celles qui entou- rent la baie sont d'une construction légère et élégante. On en trace le plan , et on les com- mande aux Etats-Unis, comme on commande un meuble. Tandis que la fièvre jaune règne à la Havane , on se retire dans ces maisons de campagne et sur les collines entre Régla et Guanavacoa, où l'on jouit d^un air plus pur: A la fraîcheur de la nuit , lorsque les bateaux traversent la baie et laissent derrière eux, par la phosphorescence de l'eau , de longues traî- néjes de lumière, ces sites agrestes offrent, aux habitans qui fuient le tumulte d'une ville po- puleuse , de charmantes et paisibles retraites. Pour bien juger les progrès de la culture, les voyageurs doivent visiter les petites chacaras de maïs et d'autres plantes alimentaires, les ananas alignés dans les champs de la Cruz de Piedra, et le jardin de l'évêque (Çuinta del Obisbo)^ qui est devenu , dans ces derniers temps, un endroit délicieux. La ville de la Havane proprement dite , en- l6 ESSAI POUTIQUE tourée de murailles , n'a que 900 toises de long et 5oo toises de large, et cependant plus de 44^000 âmes , dont 26,000 nègres et mulâtres, se trouvent entassées dans une enceinte si étroite. Une population presque également considérable s'est réfiigiée dans les deux grands faubourgs de Jésus Maria et de la Salud. Ce dernier ne mérite pas tout-à-fait le beau nom qu'il porte : la température de l'air y est sans doute moins élevée que dans la cité, mais les nies auroient pu être plus larges et mieux tra- cées. Les ingénieurs espagnols, depuis 3o ans, font la guerre aux habitans des. faubourgs ou arrabales : ils prouvent au gouvernement que les maisons sont trop rapprochées des forth- fications , et que l'ennemi pourroit s'y loger impunément. On n'a pas le courage de démolir' les faubourgs et de chasser une population de 28,gK)o habitans réunis dans la Salud seule. Depuis le grand incendie de 1 802, ce dernier quartier a été considérablement agrandi : on construisit d'abord des baraques , et peu à peu ces baraques devinrent des maisons. Les ha*- bitans des arrabales ont présenté plusieurs pro- jets au Roi , d'après lesquels on pourroit les comprendre dans la ligne des fortications de scR l'île de cuba. ly la Hayane, et légaliser leur possession qui n'est fondée jusqu'ici que sur un consen- tement tacite. On voudroit conduire un large fossé de la Puente de Chaves, près du Mata- dero, à San Lazaro, et faire delà Havane une île. La distance est à peu près de 1200 toises, et déjà la baie se termine , entre Tarsenal et le Castillo de Âtarès, dans un canal naturel, bordé de mangliers et de CocoUoba. Par ce moyen, la ville auroit, vers l'ouest, du côté delà terre , une triple rangée de fortifications ; d'abord, extérieurement, les ouvrages d'A- tarès et du Principe, placés sur des émi- nences,*^puis le fossé projeté, et enfin la mu- raille et l'ancien chemin couvert du comte de Santa Clara , qui a coûté 700,000 piastres. La défense de la Havane, vers l'ouest , est de la plus baute importance : aussi long-temps que l'on reste maître de la ville proprement dite et de la partie méridionale de la baie, le Morro et la Cabaha , dont l'un exige 800, l'autre 2000 défenseurs, sont imprenables, parce qu'on peut y porter les vivres de la Havane et compléter la garnison lorsqu'elle essuie des pertes considérables. Des ingénieurs françois, très-instruits, m'ont assuré que Fennemi doit I- 2 li I881I rOUTIQUC commencer par prendre la Tille pour bom- barder la Cabaha^ qui est une belle forte-^ resse y mais dans laquelle la garnison , enfermée dans les casemates, ne résisteroit pas long- temps à l'insalubrité du climat. Les Ânglois ont pris le Morro sans être maîtres de la Havane , mais alors la Cabaha et le Fort n<> 4 qui domi- nent le Morro n'existoient pas encore. Au sud et à Foccident , les Castittos de A tarés y del Principe et la batterie de Santa Clara sont les ouvrages les plus importans. SC(t LILE DE CUBA. »9 9 K-: ^1 I 3 8 M «a » m »0 >5t- ^ ;o M 00 co NÇf 00 • • • 00 ^d" »o o ^d- eo s 09 a es o ■S ° t^ v:f 00 oo a> ^ IH Ci ^ ^- »o a es O 00 to 00 »o ^ « - CI V3" a s U3 O >/^ Ci t^ M ^ CI '^ O 1 . OIO CI P4 kO e« 1 ^ • • CI "-lOO^O o o kA ^ M p^- m p^ 00 s IN -« O- r\ço 00 O^O »4 0> kA V « lA OQ^^- -S^ -N 00 -ÇO >^IO t\ es tJ CI <1" ^ O^ Cx >N OO lO S^ M M p4 p4 O o Oi « O Cn^^ e^ « CO fcO P^ N:t 00 *o lO ^- Cn C« C^s5f CnCO M lO tx • • • • t • • • • 1 • • • • > • • • • p . 9 <;; es S: O libi ibre escl sda Blancs Pardos Noirs 1 Pardos Noirs e 4 -< H ^ ■HB «« O- «4* •< ^ 1 ^t «!l >!» « « O « o> V. • O «•4 00 • «i4 ei N* O O 00 ^5• g • O p< s ,^ * 00 kA O O Cl iA u m lO «^ tx r\ (3 ■ •« Cl lO Q ^ n ê -00 - « o tx 00 fH • < ;d tA • H p H M 1 Cl p* lO O fcO ? o lO lO ^^ ' »0 • lO to tx IH CM Pm O' H Oi tN>A o *5t lA * kA es «N s:j- :S B § o r ^ 1 • • Q • tf> • M ' ^ ,A tf * ws ' P • > O tf ;J2 > P O c Pardos libr Nqîjps libre Pardos esc Noirs escla i KSSAI FOLlTIQtl tw r^én S s »-«„„ 1 .■ |,SS3?-S ^ ■^ ..... S » ^■"=s-.s S - |3SS-| "ê » =""""- S o: s g é illi lll-i J » S.2S s ^ ■3:,S°â 1 . |;S°: r* ' œ w ro * .S i " .«■S^ °» i - F"°f i » |s".=. ^ ta ■j yiij 1 SDK LIEE BE CUBA. J^ , : ' .' 1 ■. . . r tv «" Ç0'"0 8 ^ J PC 1 P^ îz i â ^ H a4 SSSiJ «OUTIQOE I O -S Ii4 ■a •* w si 0) t» •^ ^^^^ 4> -S, 013 g, 04 d *•» o 9i ■§ £ «s § SS _^ ë -ë i; S •s S o ^ p3 § Nii«>< 'S H "^ ^ ^ 1 a o -< & tA S U ES H 8 ^ • s ô 3 O^ o *- = H « « S Oi IQ ^5f ^ ^ eq S "S P a a o a s P4 ^ p4 CD 00 00 lo 00 cq fcft ^ « o '^î' '^J' • • • • * •* fcrt 05 ^ « 00 kÔ 00 CD 05 eq in fcO 00 00 fcO 05 S» kO CD S -S .S I .S s eo A4 Zi A4 ^ 8BH IILB OS GOBA. aS s I iG ISSAI POLlTIQliX AicAFiruIiATIOK. Blancs • 4^ '^^7 Pardos libres 9«745| Noirslibres i6.6o6( ^^'^^^ Pardos esclaves ^ •^97) o g Noirs esclayes a6 .4^1 / g6.5o4 On a désigné dans ces tableaux, sous le nom de pardos (gens de couleur), tons les hommes qui ne sont pas marenos^ c'est-à-dire de race nègre pure. Les troupes de terre , les matelots et soldats de la marine royale, les moines, les religieuses et les étrangers non domiciliés (transeuntes) ne sont pas compris dans le dénombrement de 1810 dont, par er- reur, les résultats ont été rapportés dans plu- sieurs ouvrages, d'ailleurs très-estimables et publiés récemment comme appartenant à l'année 1 8 1 7. La garnison de la Havane s'élève assez généralement à 6000 hommes, le nombre des étrangers à 20,000 ; de sorte que la popu- lation totale de la Havane et des 7 arrabales dépasse aujourd'hui (en iS^S), à n'en pas douter, 1 3o,ooo. Le tableau suivant ofire l'ac- croissement de la population de la Havane et de ses faubourgs, depuis le dénombrement fait en 1791, d'après ies ordres du capitaine gé- néral Don Luis de las Casas, jusqu'en 181a. sua LILE DE CUBA. s il i 1 ■s â !3 é i S 1 i i !! t i ■5 i 1 A n 1 1 1 ■ ■s 3 J llll 3 " 3 S 28 ESSAI POLITIQUE 1 u o c •• ^ ^4 o. o § a •*5 •43 •M i «0 Cj 8 ^^ 3 C S c« ^ •XJ «: H^ â o g 05 •! S I« Qii « O *^ fiu a^ ^ 9 (A 0) •XJ Ji o 13 'X3 O 1 =3 ^"^ e« O a 0) o 12; ;a 3 • • S OD O QO kA p4 r^ 00 s» o CI I 8 "S m <0 2 lA O ^ -^ 8 S •a a • o a iA kA O es i 8 • lO es s ^çf fcO 'o O tN ^ ^ co m S t\ tN 00 CN TS O ^ es « • P4 p4 es 00 00 kA 00 O en O a lO o es Ci • • CD oô o» o o o o '^ 00 00 a a .3 a o i M kA O 00 es es lo c« s fl s S S S 8. n3 "^ '^ *V J S- -«1 SUft Î.1LE DE CUBA. 29 Nous venons de voir que la population a plus que double en vingt ans , de 1 79 1 à 1810: dans ce même intervalle de temps ^ la popula- tion de New--York , la cité la plus populeuse des Etats-Unis, s'est élevée de 33,2O0 à 96,400 : elle est aujourd'hui de i4o,ooo; par conséquent un peu supérieure à celle de la Havane, et presque égale à la population de Lyon. La ville de Mexico, qui, en 1820, comptoit 170,000 habitans, me paroît con- server le premier rang entre les villes du Nou- veau-Continent. C'est peut-être un bonheur pour les états libres de cette partie du monde que l'Amérique ne compte encore que six villes : Mexico , New- York , Philadelphie , la Havane , Rio Janeiro et Baliia qui atteignent la population de 100,000 âmes. À Kio Ja- neiro, il y a, sur i35,ooo habitans, io5,ooo noirs : à la Havane , les blancs forment | de la population entière. On trouve dans cette dernière ville cette même prépondérance des femmes que Ton remarque dans les villes prin- cipales des Etats-Unis et du Mexique *. * Les dénombremens de Boston, New-York, Phila- delphie, feltimorc, Charleston et New-Orléans don- nent, pour le rapport des femmes aux hommes , 109 : 5o ESSAI POLITIQUE La grande accumulation d'étrangers non acclimatés dans une ville étroite et populeuse loo; à Mexîco, on a trouvé 92^858 femmes et 76/008 hommes y ce qui donne un rapport plus étrange encore^ celui de laa : 100. J'ai déjà traité cet objet dans un aujtre endroit {Essai politique 9 Liv* II, Ghap. Yu, Tom. I, p. 141) > où j'ai fait remarquer en même temps qu'en embrassant sous un même point de Tue l'ensemble de population des villages et des cités , on trouve qu'au Mexique et aux États-Unis le nombre des hommes vivans excède celui des femmes , tandis que le rapport inverse a lieu dans toute l'Europe. Le nombre des hommes vivans aux États-Unis (dans le pays entier) est au nombre des femmes vivantes comme 100 : 97. Après avoir rectifié lecensus de 1820^ publié officielle- ment^ mais dans lequel les sommes partielles sont peu exactes 9 on trouve qu'il existoit dans le vaste territoire des États-Unis de la race des blancs 3^993^206 mâles et 3,864^017 femelles; totale 7,857,223. Au contraire, n y avoit, en 1821 , dans la Grande -Bretagne 9 79137,014 mâles et 7,254»ôl3 femelles; en 1801^ en Portugal, i947^;900 mâles et i,5i2,o3o femelles^ en 1818, dans le royaume de Naples, 2,432,4^1 mâles et 2,574,4^2 femelles; en i8o5, en Suède, i;^9994S7 mâles et 1,721,160 femelles; en 181 5, à Java, 2,268,180 mâles et 2,347,090 femelles*. £n Suède, le rapport des femmes vivantes aux, honunes paroît être 100 : ^; dans le royaume de Naplfss, 100 : 96 ; en SUA l'jlb de cuba. 5i augmente sap» doute la mortalité ; cependant lés eSets de la fièvre jaune se font sentir beau- coup moins dans la balance totale entre les naissances et les décès qu'on le croit yidgai- rement. Lorsque le nombre des nègres im- portés n'est J)as très-considérable et que l'ac- tryité du commerce n'attire pas à la fois beau- coup de marins non acclimatés, soit d'Europe, soit des Etats-Unis, les naissances égalent pjresque les décès *. Voici des tableaux de cinq années pour la cité de la Havane et les fau- bourgs {barrich extramurales) : France, en Portugal et à Java, loo : 97; en Angle- tene et en Prusse, 100 : 9g. Telle est l'influence des diverses occupations et des mœurs sur la mortalité des hommes ! « < Voyez la Guia de Foraeteros de la Ula de Cuba para 181 5, p. 245;|iara i8a5, p. 365, almanach sta- tistique beaucoup mieux rédigé que la plupart de ceux qui paroissent en Europe. On a vacciné, en 181 4, à la Harane, 6696 personnes; en 1824^ près de 8100. Sa ESSAI POLITIQDE ANKisS. BURUOBS. NAISSANCES. nfeis. i8i3 386 35a5 3948 i8i4 590 3470 36aa i8ao 5a5 4495 4833 1821 549 43a6 4466 i8a4 597 3566 3697 Ce tableau, qui offre une fluctuation extrême à cause de l'accumulation très -inégale des étrangers , donne , terme moyen , en évaluant la population totale de la Havane et des Êtur- bourgs à 1 3o,ooo, le rapport des naissances à la population de 1 : 55,5; le rapport des décès à la population de 1 : 55,2. D'après les derniers travaux très-exacts faits sur la population de la France, ces rapports sont, pour la France entière, conmie 3i | : 1 et 59 j : 1; pour Pa- ris, de 1819a i823,comme 1 : 28 et 1 : 5i,6*: itJR l'île de cuba. S5 Les circonstances, qui modifient Ces elëmens numériques dans les grandes Tilles» sont si cpmpliquées et d'une nature si variable, qu'on ne peut guère juger du nombre des babitans par celui des naissances et des décès. En 1 806, époque à laquelle la population du Mexico étoit peu supérieure à i5o,ooo, le nombre des décès et des naissances étoit, dans cette ville, de 5 1 66 et de 61 55 , lorsqu'à la Havane, sur i30;000 habitanSy ces nombres sont, terme moyen, de Sgoo et de 388o. Dans cette der^ nière ville, il y a deux hôpitaux dans lesquels le nombre des malades est très-considérable , l'hôpital général (de Caridad ou de San Fe^ lipe y Santiago et l'hôpital militaire de «S'ait Ambrosio) >. ■ ^ Sur la mortalité moyenne des hôpitaux à la Vera-* Croz et à Paris ^ voyez mon Essai politiqiie ^ Tom. 11^ p. 777 et 784. • < 54 ESSAI POUTIQVE SUR l'île de cuba.* 35 Dans Vhâpital général ^ il a péri, année moyenne, plus de 24 pour cent; dans rhô- pital militaire , à peine 4 pour cent. Il seroit injuste d'attribuer cette énorme différence aux méthodes curatiyes qu'emploient les reli« gieux de San Juan de Dios qui gouvernent le premier de ces étabhssemens. Il entre sans doute plus de malades attaqués de vomito ou de fièvre jaune dans Phôpital de San Âmbro- sio, mais la majeure partie des infirmes ont des maladies peu graves , même insignifiantes. L'hôpital général, au contraire, reçoit les vieillards, les incurables, les nègres qui n'ont que peu de mois à vivre , et dont les planteurs ou maîtres (los amos) veulent se défaire pour n'avoir plus besoin de les soigner. On peut admettre en général que, par les améliorations de la police, on a amélioré aussi l'état sani- taire de la Havane : mais les effets de ces chan- gemens ne peuvent se manifester avantageu- sement que parmi les natifs. Les étrangers qui viennent du nord de l'Europe et de l'Amé- rique souffrent de l'influence générale du cli- mat; ils continueroient d'en soufinr, lors même que la propreté des rues seroit aussi soignée qu'on pourroit le désirer. L'influence du lit* 3* 36 I8SAI FOLIÏIQOB toral est telle qu'on Voit des babitans de lUe^' Tivant dans l'intérieur, loin des côtes ^ être attaques du vamito dèâ qu'ils arrivent à la Ha- yane. Les marchés de la Tille sont bien appnn Tisionnés. On a évalué avec soin^ en 18 19^ le prix des denrées et des comestibles , que 2000 bêtes de charge portent journellement aux marchés de la Havane , et l'on a trouvé que la consommation en viandes, maïs, ma»- nioc, légumes > eaux-de-vie, lait, œufs, four- rage et tabac à f umer, s'élève par an à ^,^So, 000 piastres. Nous employâmes leis mois de décembre , de janvier et de février à faire des observa- tions dans les environs de la Havane et dans les belles plaines des Guines. Nous trouvâmes, dans la famille de M. Cuesta , qui formoit alors avec M. Santa Maria une des plus grandes maisons de commerce de l'Amérique, et dans la maison de M. le comte 0-Reillj, les soins de la plus noble hospitalité. Nous lo- geâmes chez le premier, et nous plaçâmes nos collections et nos instrumens dans le vaste hôtel du comte O-Reilly, dont les terrasses fa- vorisoient surtout les observations astrono- miques. La longitude de la Havane étoit , à cette époque, incertaine à plus de j de de- iCR L*ILE DK CUBA. $7 gr^ >. M. EspiDosa, le savant directeur du D#« JMi'fo hydragraphico de Madrid, s'arrètoit^ dans oa tableau de positions qu'il me commu- quoit en partant de Madrid, à 5?^ 38' ii'^: WP. de Ghurruca faisoit le Morro 5^ Sg' i'^. Péus le plaisir de rencontrer à la Havane un des plus habiles officiers de la marine espa«- gnole , le capitaine de vaisseau Don Dionisio &allano, (piiavoit relevé les côtes du détroit de Magellan. Nous observâmes ensemble une série d'éclipsés de Satellites de Jupiter, dont le résultat moyen donnoit 5^ 33' So'^. M. Oit- \ manns déduisit, en i.8o5, de l'ensemble àe^ observations , que je rapportai , pour le Morro , 5*^ 38' 5a'^,5=84o 43' 7''^5 à l'occident du méridien de Paris. Cette longitude a été con- firmée par i5 occultations d'étoiles observées de 1809 à 1811, et calculées par M. Ferrer * •. ' cet excellent observateur donne, pour ré- sultat définitif, 5** 38' So'^g. Quant à Fincli- naisoji magnétique^ je la trouvai, par la bous^ sole de Borda (déc. 1800), 5t3<^ 22' de l'an- cienne division sexagésimale i vingt-deux ans plus tard , cette inclinaison n'étoit plus., d'après les observations très-précises du capitaine Sa- A Hfmboldi, Reo. d'Obs.ask. , Tonei. 11^ p. 53, 8q. ? Conn. des Temps pour 1817, p. 33o». .1 38 ESSAI POLITIQUB bine , faites dans son mémorable voyage aux côtes d^Afiîque , d'Amérique et du Spitzbei^ gen^ que Si^ 55^; elle a donc diminué de i^ 2'j^. Plus à Fest» mais aussi dans l'hémis- phère boréal^ à Paris ^, la diminution avoit été, en dix-neuf ans (de 1798 à 1817), de I* 11^. Mon aiguille d'inclinaison avoit fait, dans le méridien magnétique , à Paris (octobre 1796), en dix minutes de temps, ^45 oscilla- tions ; j'avois vu décroître le nombre des os- cillations 9 à mesure que ]e m'approchois de l'équateur magnétique. A San Carlos del Rio Negro (lat. bor. i* 53' A^^Oy ce nombre ^ n'é- toit plus que de âi6. J'a vois entrevu dès-lors la diminution de l'intensité des forces magné- a tiques du pôle à l'équateur. Ma surprise étoit d'autant plus grande ^ lorsque des observations soiiTcnt répétées me donnoient, pour la Ha- ^ J'avais trouvé, à Paris, en 179B, conjointement^vee le chevalier de Borda^ en changeant plusieurs fois les pôles, 69° 5i' : M. Gay-Lussac obtint^ en 1806^ incl. 69* 12'; M. Arago^ en 1817, incl. 68* ^o' : en i8a4, încl. 68* 7'. Toutes ces expériences ont été faîtes av^ des instromens de la même construction. * Belat. hiaUj Tom. VIII, p. 27, 28, 546 et 347. Ces résultats ont besoin d'one correction rekthie «ux températures: SUR LILE D£ CUBi. Sg Taq^, ^46 oscillations, ce qui prQuvoit que l'int^isité des forces étoît plus grande daQS rh^misphère occidental par â3P 8^ d|^ latjitude^ qu'à Paris par 48*^ 5o ' . J'ai déjà ex,poçë ail- lairs que les lignes UçdynamiqueiS ne peuvep); aucunement se confondre dvec les ligneB £^ gâte inclinaison magnétique ^ .ei le capitaine Sabine * vient de confirmer, par des observa,- tions sans doute plus précises que Jqs miennes^^ l'accroissement rapide des forces dans FAiiié- ^ Sabinsy Accownt o/Exper, t9 détermine the figure tfihe earth hyPendulwnEûffperimenta^ 1812$, p. 4^* 494- L'intensité des forces magnétiques est plus forrUf soiis l'équateu^ magnétique, près des côtes occidentales d'Afrique^ que près des côtes occidentales 4^ rAmé" rique méridionale. J'ai obtenu^ pour le décroissement des forces, depuis l'équateur magnétique qui ]^asse entre Micuîpampa et Gaxamarca (à peu près par lat. 7^ 1' 8«d, long. 60® 4o'> haut..i5oo toises) ^ jusqu'à Paris , le rapport de 1,0000 : 1,5482. M. Sabine-trouvé le dé- çroîssemeait , depuis un point de l'équateur inagné^C[ue, près Saint'Tbomas (kt. o** 5'' nord , long. 4*» 24' est, hauteur 5 1.), jusqu'à Londres , dans le rapport de 1,0a: 1,6a. Déjà MM. Biot et Hansteen avoient remarqué , en comparant mes expériences d'oscillations à celles de M. de Rossel , que, dans le méridien de Sucabaja , à l'âe de Java^ la force magnétique étoijt iQoins gri^tidfr qu'au Pérou. {Untermchungen uber den MdgnetiemuM der Erdey Tb. Jp^^Oé) / 40 IS8SÂI POLITIQUE rique équinoxiale. Cet habile physicien trouTé l'intensitë des forces , à la Havane et à Lon- dres, dans le rapport de 1,72 : 1,62 (ennom- mant 1 la force sous Téquateur magnétique près de Tîle Saint-Thomas, dans le golfe de Guinée). Telle est la ppsition du pôle magné- tique boréal (lat. 60% long. 82^ 20^ ouest) que , la distance polaire de la Havane est plus pe- tite que les distances polaires de Londres et de Paris. J'ai trouvé (le 4 janvier 1801) la dé- clinaison magnétique à la Havane, de 6^ 22^ i5'^ à Test. Harris la donna de 4® 4^' pour 1752. Comment admettre qu'elle ne change pas à la Jamaïque si elle a subi tant de varia- tions à l'île de Cuba ? Etendue, division territoriale , ciiMiLT. — Comme 111e de Cuba est entourée de bas- fonds et de récifs, sur plus de deux tiers de sa longueur^ et comme la navigation ne se fait qu'au-dehors de ces dangers , la véritable con- figuration de l'ile est restée pendant long- temps inconnue. On a exagéré surtout sa largeur entre la Havane et le port de Batabano^ et ce n'est que depuis l'époque où le Deposita hidragrafico de Madrid , le plus bel établisse- ment de ce genre qu'offre l'Europe, a publié' les travaux du capitaine de firégate. Don José sua l'île de cuba. 4i del Rio, et du lieutenant de Tâisseau, Don Ventura de Barcaiztegui, qu'on a pu calculer avec quelque précision Varea de l'île de Cuba. La forme de Tîle des Pinos et les côtes méri- dionales entre Puerto Gasilda et Gabo Qc\xz (derrière les Cayos de las doce léguas) ont pris un aspect très-différent sur nos cartes. M. de Lindeneau * avoit trouvé , d'après les travaux que le Deposito avoit publiés jusqu'en 1807, la surface de Hic de Cuba, sans les îlots voisins, de 2â55 lieues géographiques carrés (de i5 au degré), avec les îlots qui l'entourent , de 23i8 lieues carrées géographiques. Ce dernier ré- sultat équivaut à 4102 lieues marines carrées (de 20 au degré), M. Ferrer, d'après des maté- riaux un peu différens, s'arrêtoit à 3848 lieues carrées marines ^. Pour présenter dans cet ouvrage le résultat le plus exact qu'on peut obtenir dans l'état actuel de nos connoissances astronomiques, j'ai engagé M. Bauza, qui m'honore de son amitié , et dont le nom est illustré par de grands et solides travaux , de calculer Varea d'après la carte de l'île de Cuba, en 4 feuilles , qu'il va bientôt terminer. ^ Zach, Monatl Carresp., Dec* 1807; p. 3ia. ? Notée manuecritee. 1^2 £âSAl POLITIQUE Ce savant géographe a bien voulu céder à ma prière j il a trouvé (en juin iSaS) la surface de Pile de Cuba, sans Clle des Pinos, de 35âO lieues marines carrées , avec cette tle , de 36 1 5. Il résulte de ce calcul , qui a été répété deux fois , que File de Cuba est de ? plus petite qu'on l'avoit cru jusqu'ici; qu'dile est de rh plus grande que Haïti ou Saint*Domingue ; que sa surÊice atteint celle du Portugal , et , à è près , celle de l'Angleterre, sans le pays de Galles; que, si tout l'archipel des Antilles présente une area grai^^e comme la moitié de l'Espagne , l'île de Cuba seule égale presque en surface les autres Grandes et Petites Antilles. Sa plus grande longueur, depuis le cap Saint-Antoine jusqu'à la Pointe Majsi (dans une direction de OSO.-ENE. et puis ONO.-ESE.), est de 237 lieues '; sa plus grande largeur (dans la direc- tion N-S.), de la Pointe Maternillo à l'embou- chure de la Magdalena , près du Pic Tarquino , est de 37 lieues, hà largeur mojenne de l'île, sur j de sa longueur, entre la Havane et Puerto Principe , est de 1 5 lieues. Dans la partie la mieu2]cultivée,entre la Havane (lat. du centre de la ville 23« 8^ 35^0 et le Batabano (lat. aa^ ^ Toujours «n lieues marines de 28^54 toises ou ao au degrés si le contraire n'est pas dît expressément» SUR h'iLE DE CUBA. 4^ 45' â4^)> l'isthme n'est que de 8 i lieues loannes. Nous Terrons bientôt que cette proxi- '' mité des côtes septentrionales et méridionales rend le port de Batabano très-important sous le rapport du commerce et de la défense mili- taire. Parmi toutes les grandes iles du globe j c'est celle de Java qui, par sa forme et son area (4170 lieues carrées), ressemble le plus à lïle de Cuba. Cette dernière offre un pourtour de côtes de 5j2o lieues , dont 280 appartien* nent au littoral du sud, entre le cap Saint- Antoine et la Pointe Maysi. Dans le calcul de Varea^ Don Felipe Baûza suppose la longitude du cap Saint-Antoine 87^ ijf 22/^1 le Morro de la Havane, 84"* 4^ ' ^^^^ î le Batabano, 84* 46' ^S'^, et la Punta Majsi (en plaçant Porto-Rico, avec Don José Sancbez Cèrquero , par 68<> 28^ ^9^0^ 1^^ ^^^ ^^^^* l^^ deui: première^ de c^ longitudes sonV^^^"^ ou 4^ ^^ temps près, conformes à mes obser«- yafions {(Jbs. s^tr.^ Tom. I> p« 9» et plus Jbcaut^ p. 316 et ,ai7). Les opérations géo- désiques de Don Francisco Le Maur, habile ingénieur, qui a commandé récemment au château de San Juan d'Ulua, m'avoient donné, en les appuyant à la Havane (hôtel du comte d'O-Reilly) pour le Batabano, 84*45' 56'^ \ kU ESSAI POUTIQUS M. Ferrer adopte , pour le cap Maysi , 76* 3a' 25'^, quoiqu'il persiste aussi à placer Porto- Rico par 6S^ 28' 5^ (Con. des Temps, 1817, p. 323). Je n'insisterai pas ici sur cette longi- tude de Porto-Rico qui a déjà fait naître de si vives discussions, et pour laquelle trois observations correspondantes de l'occultation d'Âldebaran (21 oct. 1793) ont donné., à M. Oltmanns, 680 35' 43^5, et Fensemble des observations d'occultations , de distances et de transport du temps, 68" 33' 5o^ (OAf; astr., Tom. H, p. 126 et 139). D'anciens calculs un peu vagues donnoient à l'île de Cuba soit 6764 tegttas planas à légales espaho- las (de 5ooo varas ou de 26 1 au degré), égales à 906,458 caballerias (de 4^^ vares carrées ou 35 acres anglois) d'après le Patriota Amer. y »8i2, Tom. Il, p. 292 , et les Docum. sobre el trafico de Negros y i8i4,p« i36, soit52,ooo milles anglois cjarrés (à S^o^acres ou rr^-r lieues marines carrées)- Melish, Geogr», p. 444* Morse, New^System of Mod. Geogr., p. 238. Pour faire mieux juger le rapport de la puis- sance territoriale de l'île de Cuba avec le reste de l'archipel des Antilles , j'offre le tableau suivant : f suit L ILE D8 CUBA* 45 Llle cle Cuba, dans plus de i dô son éteri'- due 9 n'offre que des terrains très-bas. C'est un sol couvert de formations secondaires et tertiaires , à travers lesquelles ont percé quel- ques roches de granite-gneis, de syénile et d'euphotide. On ne possède jusqu'à ce jour pas plus de notions exactes sur la configuration géognostique du pays que sur l'âge relatif et la nature des terrains qui le composent. On sait seulement que le groupe de montagnes le plus élevé se trouve à l'extrémité sud-est de l'île, entre CaboCruz, Punla Maysi et 46 l^SSAI POLITIQUE Uolguin. Cette partie montagneuse^ appelée la Sierra ou las Montahas dclCobre, située au nord-ouest de la ville de Santiago de Cuba, paroît avoir plus de 1200 toises ^ d'élévatioii absolue. D'après cette supposition, les som- mets de la Sierra domineroient et ceux des Montagnes Bleues de la Jamaïque, et les pics de la Selle et de la Hotte de l-île Saint-Do- mingue« La Sierra de Tflrr^wtW <*, cinquante milles à l'ouest de la ville de Cuba , appartient au même groupe que les Montagnes de Cuivre. De l'ESE. à l'ONO., l'île «st parcourue par une chaîne de collines qui s^approche, entre les méridiens de la Giudad de Puerto Principe et de Yilla Clara , de la côte méridionale ; ^ Les Montafias del Cobre sont-elles yisibles^ comme le prétendent quelques pilotes^ des côtes même de la Jamaïque, ou, ce qui est plus probable ^ seulement de la pente septentrionale des Montagnes Bleues? Dans le premiev^ cas^ leur hauteur excéderoît 1600 toises, en supposant une réfraction de 77. H est certain que les montagnes de la Jamaïque s'aperçoivent du sommet des Cnchillas ou Lomas de Tarquino. {PaMota orne- ricanOy Tom. Il, p. 282.) » Latitude 19* 5a' 67"; long. 79' 11' 45", cPapràs M. Ferrer. SUR l'île de cuba. 47 tandis que, plus à l'ouest^ yei^ Alvarez et Matanzâs , dans les Sierras de Gavilan , Cama^ rioca et de MaruqueSy elles se dirigent vers les côtes septentrionales. En allant de Tembou- chure du Rio Guaurabo à la Villa de la Trini- dad , j'ai vu , au NO., les Lomas de San Juan ^ qui forment des aiguilles ou cornes de plus de 3oo toises de hauteur ^, et dont les escar- pemens sont assez régulièrement dirigés vers le sud. Ce groupe calcaire se présente encore d'une manière imposante lorsque Ton est à l'ancre prèis du Caj'O de Piedras. Les côtes de Xagua et de Batabano sont très-basses y et je crois qu^en général il n'existe, à l'ouest du méridien de Matanzâs, à l'exception du Pan de Guaixabon , aucune colline de plus de 200 toises de hauteur. Dans l'intérieur de l'île , le sol, doucement ondulé comme en Angleterre, n'est élevé que de 45 à 60 toises au-dessus de la surface de l'Océan 5. Les objets les plus * Lat. 21* 58^5 long. 8a^ 4o^ * Gettfe éyaluation se fonde sar des angles de hau- teur que )'ai prb sur mer à des distances connues ap- proximatiTement. ' Le village d'Obajay, situé à i5 milles marines de 48 ESSAI POUnQUK YÎsibles de loin et les plus célèbres parmi les . navigateurs sont le Pan de MatanzàB < , cône tronqué qui a la forme d'un petit monument ; les j^rcos de Canasi qui se présentent entre Puerto Escondido et Jaruco comme de petits segmens de cercle , la JHesa de Mariel ^, les Tetas de Managua ^ et le Pan de Guaioca-^ distance de la Havane , S. a5<^ O. ^ à la hauteur absolue de 58 toises : la ligne de faite du Bejucal à la Tayema delReya; 4^ toises. * Haut. 197 tobes. Lat. 23" 1' 55" j long. 84*3^ 56^', en supposant le M orro de la Havane , avec M. Oit- manns, long. 84* 4^' ^"^ J'ai trouyé^ à la yoile^ les Arcos de Canasi éleyés de 1 15 toises. ^ MilIeudeGuanajay, dans laMesa, làt. âa<^ Sy^ ql^'\ long. 85* o' ao"* Torreon del Mariel, 85° V i4". ' La position astronomique des deux collines calcaires appelées les Te tas de Managua et situées E.-O., est d'une grande importance pour Tattérage dC/ la Ha- yane. J'ai obseryé les latitudes, non au pied de la Teta orientale , mais au yillage de Managua et à San An- tonio de Barreto , et j'ai lié la Teta oriental ayec ces deux endroits. Je trouye la Teta oriental de Managua, lat. 22» 58^ 48". M. Ferrer donne aa° 58' 19"; long. 84° 4^^ ^^'f tandis que le capitaine Don José del Rio s'arrête à 84® 3;;^ La longitude de M. Ferrer me paroît préférable ^ dans la copie firançoise de la €arte de Rio> SUE l'iie db cuba. 49 ton'. Ce niveau décroissant des formations calc^dres de l'île de Cuba vers le nord et vers l'ouest 5 indique les liaisons sous-marines des mêmes roches avec les terrains également bas des îles Bahame, de la Floride et du Yucatan. La culture intellectuelle et l'instructioa ayant été long-temps restreintes à la Havane et aux districts circonvoisins , il ne faut pas être surpris de l'ignorance profonde dans laquelle on se trouve sur là Géognosie des MarUahas del Cobre. Un voyageur, élèvie de M. Proust et très-versé dans les sciences, chi- miques et minéralogiques, Don Francisco Ramirez , m'a dit que la partie ouest de l'île est granitique , et qu'il y a reconnu du gneis et du schiste primitif Cest probablement de ces formations granitiques que sont venues Içs on a placé les Tetas 84° 54^! Lés opérations trîgono- métriqaes de Don Francisco Le Maur leur assignent 64^ 3^ 5a'^ M. Silva troqvie di£F. de lat entre le Mirador du Marques del Real Socorro^ à la Havane » et la Teta orientale de Managua , 8666,85 toises. ^ Lat aa« 47' 5 1" ; long. 85** 44' 57"; haut. Sgo toises. Plus à l'ouest se trouvent^ sur la côte septentrionale, la Sierra de los Organos et du Rosaio ; au sud/ celle du Rio Pnerco. I. 4 ( 5o X^AI POLniQVE ftUuyions de $able$ orifères que l'on a exploites . avec ardeur < au commencement de la con- ^ A Cubafutcan y c'est-à-dire dans Tinténear de Vile^ • prës de Jagna et de la Trinidad , oà les sables orifëres : ont été transportés par les eanx jusque dans le terrain .calcaire. (Uannscrits de Don Félix de Arrate » de 1 760» et de Don Antonio Lopez^ i8o9r) Martyr d'Anghiera , , le plus spirituel des auteurs de la conquête , dit {Dec. III, Lib. IX, p. a4 D. et p. 63 D. , éd. i533) : « Cuba est ce plus nebe en or que Hbpaniola (Haïti); et, àl'bQure « oJi f écris y on a réuni à Cuba 180,000 caslillanos de « oro« » Si cette évaluation n'étoit pas exagérée , eoinme je suis tris-porté à le croire , elle prouyeroit un prpddit d'exploitation et de vols faits aux natifii de -36oo marcs d'or. Herera évalue le quinto ielBey, dans ji'ile de Cuba , à 6000 pesos , ce qui indiqueroit un pro- c|uit annuel de aooo marcs d'or^ à aa carats , et par conséquent plus pur que l'or du Cibao de Saint-Do- mingue. {J^oyeXy ^ur la valeur des caetellanoa de oro et j^ peso eneayado du xvi* siècle, mon Eesai pokf Tom. II| p. 648.) En i8o4) toutes les mmes dn Mexi- ! queprodwoient 7000 marcs d^or; celles duPérou, 34oo. Jl est .difficile de distinguer, dans ces calculs imr Por envoyé en Espagne par les premiers Conquistedoreê , ce qui est dû au lavage et ce qui existolt accumulé de- pu^ des siècles entre les mains des indigènes que l'on ^^nilloità volonté. En supposant dans les deux îles de Cuba et de baïti (dans le Cubanacan et le Cibao) le 8Ca LIU os CUBA. 5i quête ^ au plus grand malheur des iadigènes : on en trouve encore des traces dans les rivières produit du lavage de 3ooo marcs d'or, on trouve une quantité trois fois plus petite que l'or fourni annuelle- ment (de 1790- i8o5) par la petite province du Ghoco. Cette supposition d'une anqienne richesse n'a rien d'in- vraisemblable; et si l'on est surpris de la pauvreté des lavages d'or tentés de nos jours à Cuba et à Saint-Do- mingue, là même o& l'on retiroit jadis 'des quantités considérables 9 il faut se rappeler qu'au Brésil aussi le produit des lavages d'or est déchu , de 1769 à i8ao, de 6600 kilogrammes d'or à moins de SgS. [Relat Jitat, Tom* X, p« 5i7 et suiv.)Des pépites d'or d'un poids de I plusieurs livres, trouvés de nos jours dans la Floride et dans les deux Garolines , prouvent la primitive richesse de tout le bassin des Antilles , depuis l'ile de Cuba jus- qu'aux Monts Apallaches. Il est d'ailleurs tout naturel qu'on voie diminuer avec une plus grande rapidité le produit des lavages d'or que le produit d'une exploita- tion souterraine sur des filons. Sans doute les métaux ne renaissent de nos jours pas plus dans les fentes des fflons (par sublimation) qu'ils s'accumulent^ dans des terrains d'alluvion , par le cours des rivières , là oii les plateaux sont plus élevés que le niveau des eaux cou- rantes circonvoisines. Mais, dans des roches à. filons métallif ères, le mineur ne connoit pas à la fois tout le champ à exploiter. Il a la chance SaUmger des travaux, de les approfondir et de traverser d'autresyCAm^ aceom- pagnans. Les terrains d'alluvion n'ont généralement 4* 5â ESSAI POLITIQUE d'Holguin et d'Escambray, connues en gënëral dans les enTÎrons de Villa-Clara, de Santo Espiritu , de Puerto del Principe ^ de Bay amo et de la Bahia de Kipé. Peut-être l'abondance de cuivre dont parlent les Conquistadores du xYi^ siècle ^f à une ëpoque où les Espagnols etoîent plus attentif aux productions natu- relles de rAmérique que dans les siècles pos- térieurs, est-elle due à des formations de qu'âne petite épadsseur dans laquelle ils sont orif&res; ils .reposent le plus souvent sur des roches entièrement stériles. Leur position superficielle et leur uniformité de composition facilitent la connoissance de leurs li- miteS; et accélèrent^ partout où l'on peut réunir beau- coup d'ouvriers 9 et où les eaux de lavage abondent^ l'épuisement total du gîte orifère. Je pense que ces considérations 9 puisées dans Thistoirede la conquête et dans la science de l'art du mineur, peuvent jeter quelque jour sur le problème des richesses métalliques d'Haïti 9 que l'on agite aujourd'hui. Dans cette ile^ comme au Brésil^ il sera plus profitable de tenter des exploitations souterraines (sur des filons), dans des ter- rains primitifs et intermédiaires^ que de reprendre des lavages abandonnés dans des siècles de barbarie^ de ra- pine et de carnage. ^ Hay huen cobre in Cuba (dans la partie orientale que l'on vi^iunt alors.) Gamara, Hist. de India, Jbh xxvii. SUR l'île d£ cuba. 53 schiste amphibolique, à des thonschiefer de transition mêlés de diorite et à ces euphotides dont j'ai trouvé les analogues dans les on*m tagnes de Guanabacoa? La partie centrale et occidentale de l'île renferme deux formations de calcaire compacte j une de grès argileux et une autre de gypse. Là première de ces formations offre (je ne dirà^ pas par son gisement ou sa superposition qm me sont inconnus , mais par son aspect et sa composition) quelque ressemblance avec la formation du Jura. Elle est blanche ou d^un jaune d'ocre clair, d'une cassure matte , tantôt conchoïde, tantôt unie; elle est divisée en couches assez minces, présentant quelques rognons souvent creux de silex pyronia^ue (Rio Ganimar, deux lieues à l'est de M atanzàs) et des pétrifications de pecten , de cardites/de térébratules et de madrépores *, moins disper- sées dans la masse que réunies dans des bancs particuliers. Je n'ai pas trouvé de couches oolitiquesy mais bien des couches poreuses presque huileuses entre le Potrero del Conde ^ Je n'y al va ni les gryphites , ni les. ammonites d^ GiJcaire jurassique, m les nummuUtes et cérites du cal- caire grossier. ' ] 54 SS^AI POLITIQUE de Mopox et le port de Batabano , semblables aux couches spongieuses^ qu'ofire le calcaire jurassique en Franconie, près de Dondoif, Pegnitz et Tumbach. Des strates caTcrneux jaunâtres ajant des ca^itës de 3-4 pouces de diamètre alternent avec des strates entière- ■ ■ ■/ • ment compactes < et plus pauvres en pétrifi- cations. La chaîne de collines qui borde la pl^ne des Guines vers le nord, et qui se lie aux Lomas de Gamoa et aux Tetas de Managua, appartient à cette dernière variété, qui est blanc -rougeâtre et presque lithographique j comme le calcaire jurassique de Papenheim. Les couches compactes et caverneuses reih* ferment des nids de fer brun ocracé : peut-être la terre rouge (tierra coloradd),û recherchée par les planteurs {haciendados) de café, n'est- elle due qu'à la décomposition de quelques couches superficielles de fer oxidé , mêlé de siUce et d'argile , ou à un grèl marneux rougeâtre ^ ^ C!omxDô |la partie occidentale de l'île manque de ravins profonBs, on reconnott cette alternance en voya- geant de la Havane à Batabano^ les couches les phis profondes (inclinées de 5o^ à 4^^ au JNE.) venant au jour à mesure qu'on atance. ^ Grès et sable ferrugineux *, Ifùfè^aand? suB l'île dx ciJBA, 55 : saperposé au calcaire. Toute cette fonoation, . que je dësignerai sous le o^om de CàUaire dûk , Guines, pour la dUtioguer d'une autre. heau- / coup plus récente , forme , près de la Trinir dad , dans lés lÊûmas de S. Juan , des pics . escarpés qui rappellent les montagnes da i Calcaire de Caripe dads Icjs: euTirons deOCi^jî mana'.EUe renfermeaussi degrandea oayenfe^j^ [ près de Matanzas et de J^rucO* J0 n'ai pas. : appris qu'on y ait jamais trOuyé desQi^etaieiis ; fossiles. Cette fréquence de caverne di|n$ les-"^ quelles s'accumulent les eaux. |^Kviale$ et disparoissent de petiteS^ rivières ^ ca^Se queU , quefois des éboulemens ^. Je crois qii^ l0 gyps^ de 111e de Cuba appartient ^ nop a,u.tçrr^^' tertiaire, mais au terrain seçopdair^; : . on : l'exploite dans plusieurs endroits, à jL'e9SLt^ de^^ Matanzas, à San Antonio de los BanQ^iO,^;^!: renferme du soufre , et dans Jles Cajrpi^,.¥^s^ j^ vis de San Juan de los Remedi/qst; Ujge^faui^i; pas confondre avec ce. C^A^afr^ (jura^^^ de$ Guinée y tantôt poreux ^,tantotfcainpac^s • . . - • ' Parexemple^k4iûnjsde|i QipaUEisàfs^^ cieuné fenae royale. • r 56 ESSAI FOZ.ITIQUE une autre formation si récente qu'on peut croire qu'elle aûgmeMe «n-core de nos jours. Je veux parler de ces agtomérats calcaires que j'ai TUS dans les cayes ou. îlots qui bordent la côte enfapQ le Batabano et la baie de Xagna^ prin- cipalement au sud de la Gienega de Zapata , à^yo buenito, Ciayo Flamenco et Cayo de Piedras. La sonde prouve que ce sont des roohers qui s'élèvent brusquement sur un fond de âo à 3o brasâe^. Les uns se trouvent à fleur d'^au y d'atitresf surmontent la surface de la mer de i ou i de toise. Des fragméns anguleux de madrépores et de cellulaires de 2-3 pouces cubes s'y trouvent cimentés par des grains de sables qûarÈéUîc. Toutes les inégalités de ces rochers sont - recouvertes d'un terrain de rapport dabs lequel^ à la loupe, nous ne dis- tiofguâtnes que lé détritus de coquilles et de coraux. Celle formation' tertiaire appartient sans doute à-Céfles des côtes de Cuiînanâ, de Carthiâgène dèsf'ïndés et de la Grande Terre de la Guad'éldtrpè dont j'ai parlé dans mon Tableau géognostique de l'Amérique méri- dionale ^ C'est la formation des ttes à coraux ? Foy^jf Tom. X; i^. a5à et saiy.) M.Moreiau de Jonnb distingue aussi très-bien dans son Histoire physique des suK l'île os cuba. 5-* ée la Mer du Sud sur laquelle MM. de Gha- nisso et Guaimard ont répandu récemment Beaucoup de jour. Lorsque , assis près de la Havane , au pied du Gastillo de la Punta , sur des bancs de rochers cayemeux ' , et tapissés Antilles françaises (Tom. I, p. 1 36, 1 58 et 545) entre la Boche à Bavets de la Martinique et d'Haïti^ q|ii est po- reose, remplie de térébratulites, d'anomies et autres dé- bris de coquilles pélagiques assez analogues au Calcaire des Chtines de Itle de Cuba^ et le sédiment calcaire pélagi- que qu'à la Guadeloupe on appelle Platine ou J^açonne te» Dieu. Dans les Caycs de Pile de Cuba ou Jardinilhs del Bjey y de la Reyna, toute la roche à coraux qui s'élëye au-dessus de la surface de l'eau m'a paru fragmentaire^ c'est-à-dire composée de blocs brisés. Il est probable, cependant que, dans la profondeur, elle repose sur des masses de polypiers lithophites encore yiyans. ^ La surface de ces bancs ^ noircie et excayée par les f^xAz f offire des ramifications à cboux-fleurs, comme on les obserye sur des courans de laves. Le changement de coolear produit par les eaux est-il dû an manganèse dont on reconnoit la présence par quelques dendrites? (Tom. YII; p. 24 et suiy.) La mer, en entrant dans les fientes du rocher et dans une cayeme au pied du Cas- Ullo del Jtforro, 7 comprime l'air et le fait sortir ayee ttn bruit extraordinaire. Ce bruit explique le phéno- mène des baaos nmcadores (écueik ronfleurs), si connus 58 ESSAI POLITIQUE à la fois d^ul ves verdoyantes et de polji^ers ' en vie, l'on trouve enchâssés dans la textui à la Havane (PaWoto JmericanOy 181a, Tom. Il, p. ag), une description succincte de ce groupe que j'avob rédigée en espagnol, en i8o4t ^^ le titre de Noticia mineralogica del Cerro de Ouana^ iacoa cùmmunicada alE». Sr Marques de Someruebfs » > Capitan Oeneral de la Isla de Cuba, SUK l/lLE BB QUBâ. 6i de la baie^» de même que la partie septen- trionale (les collines du Morro et de la Gabana)^ sont de calcaire jurassique; mais sur le bord oriental des deux Ensenadas de Régla et de Guanabacoa^ tout le terrain est de transition. £n allant du nord ait sud » on y voit au jour, d'abord près de Marimelena> de la syënite composée de beaucoup d'amphibole , en partie décomposée 5 de peu de quarz et d'un feld- spath blanc-rougeâtre rarement cristallisé. Cette, belle syénite, dont les strates sont in- clinés au nord-ouest, alternent deu^i; fois avec de la serpentine. Les couches de serpentine intercalée ont trois toises d'épaissem*» Plus au sud , vers Régla et Guanabacoa ^ la sjénite dis- paroît, et tout le sol est couvert de serpentine qui s'élève en collines de 5o à 4^ toises de haut , dirigées de l'est à l'ouest. Cette roche est U*ès-fendillée , extérieurement gris-bleuâtre» couverte de dendrites de manganèse ^ in- térieurement vert de poireau et vert d'as- perge^ traversée par de petits filons d'asbeste. Elle renferme non du grenat ou de l'amphibole, mais du diallage métalloïde disséminé dans la masse. La serpentine a la cassure tantôt es- quilleuse , tantôt conchoïde. G'étoit la pre*- Gâ ESSAI rOUTIQOX mière fois que \e trouvai le diallage métalloïde sous les tropiques. Plusieurs blocs de serpen- tine ont des pôles magnétiques 9 d'autres sont d'une texture si homogène et d'un éclat si gras que de loin on seroit tenté de les prendre pour du pechstein (résinite). Il seix>it à désirer . qu'on employât ces belles masses dans les arts comme on fait en plusieurs parties de l'Alle- magne. Lorsqu'on s'approche de Guanabacoa, on trouve la serpentine traversée de filons y de iâ-i4 pouces d'épaisseur et remplis de quarz fibreux, d'améthyste et de supeibes calcédoines mammelonnées et stalactiformes ; peut-être 7 rencontrera-t-on aussi un jour de la chrysoprase. Au milieu de ces filons parois- sent quelques pyrites cuivreuses qu'on dit. accompagnées de cuivre gris argentifère. Je n'ai. pas trouvé de trace de ce cuivire gris : il est probable que c'est le diallage métalloïde qui a donné aux Gerros de Guanabacoa la ré- putation de richesses en or et en argent qu'ib ont depuis des siècles. Le pétrole ! suint e^ ^ Existe-t-il dans la baie de la Havane quelque antre «onrce de pétrole que celle de Guanabacoa , ou doit-on admetti;e que la source de betun liquida qui serfit à suH l'île de goba. 63 ' âaii^ quelques endroits » des fissures de la ser- pentine. Les sources d'eau y sont très-fré- ^entes» et contiennent un peu d'hydrogène Sébastien de Ocampo , en 1 5o8 , au calfatage de ses yais- seaux , soit tarie ? C'est cependant cette source qui fix.a l'attention d'Ocampo sur le port de la Havane lorsqu'il loi donna'le nom de Puerto de Carénas. On assure qu'on trouYia aussi , dans la partie orientale de Tile , des sources abondantes de pétrole {manantialia de hetun y chapa- foie) entre Holguin et Mayari et sur la côte de San- tiago de Cuba. Eécemment on a découvert , près de la Punta Icacos , un îlot (Siguapa) qui ne montre au jour que du bitiùue^ solide terreux. Cette masse rappelle l'asphahe de Yalorbe dans le Calcaire du Jura. La for- mation de Serpentine de Guanabacoa est-elle répétée près de Bahia Honda, dans le Cerro del Eubi? Les col- lûs^ de Régla et de Guanabacoa offirent aux botanistes ^ an pied de quelques palmiers épars : Jatropba pandu- raefolia^ J. integerrima Jacq. y J. fragrans^ Petiveria al- liacea^ Pisonia loranthoïdes y Lantana involucrata y B.us- seiia sarmentosa , Ehretia havanensis , Cordia globosa , Cenvolvulus pinnàtifidus y C. caljcinus ^ Bignouia lepi- dota, Lagascea mollis Cav. y Malpigbia cubensis , Triop- lerift lucidai ZantboxylumPterota, Myrtus tuberculata, Mariscus havanensis, Ândropogon avenaceus Schrad., Olyra latifolia^ Chloris cruciata, et un grand nombre de Banisteria, dont les fleurs dorées embellissent le paysage, {yoyez notre Fhrula Cubœ Insulœ dans les V99.yGenera et Spec. , Tom. YH, p. 467.) I 64 SSSAI POUTIQUE sulfuré : elles déposent de l'oxide de fer. Lès Banos de Bareto sont très-agréables ^ mais d'une température qui diffère peu de celle de l'atmosphère. La constitution géognostique de ce groupe de roches serpentineuses mérité, par son isolement même , par ses filons , par ses liaisons avec la sjénite et son soulèvement à traTcrs des formations coquillères , une at- tention particulière. Un feldspath à base de soude (feldspath compacte) forme » avec le diallage^ l'euphotide et la serpentine; avec Thyperstène , Fhypersténite j avec Tamphi- bole , la diorite ; ayec le pyroxène , ]jà. dolente et le basalte ; avec le grenat ^ Féclogite '• Ces cinq roches 9 dispersées sur le globe entier, chargées de fer oxidulé et titane , ont proba- blement une origine semblable. Dans lès euphotides ^ il est aisé de distinguer deux for* mations, Tune est dépourvue d'amphibole, même lorsqu'elle alterne avec des roches amphibohques (Joria en Piémont , Régla dans l'île de Cuba), très-riche en serpentine pure, en diallage métalloïde, et quelquefois en jaspe (Toscane, Saxe); l'autre, fortement chargée * Aeuthberg, près Dôlau (Bareuth) ; Saualpe (Styrie). SUR l'île be gû^a. 65 d'amphibole, faisant souvent passage à la diorite ' , n'offre pas de jaspe en couches et renferme quelquefois de riches filons de cuivre (Silésie , Mussinet dans le Piémont, Pyrénées, Parapara dans le Venezuela, Copper-Moun- tains de l'Amérique septentrionale). C'est cette dernière formation d'euphotide qui, par son mélangei avec la diorite, se lie elle-même à l'hjpersthénite, dans laquelle^ en Elcosse et en Norwège, se développent parfois de véri- tables couches de serpentine; On n'a pas dé- couvert jusqu'ici, dans l'île de Cuba, des roches volcaniques d'une époque plus récente, par exemple des trachjtes, des dolérites et des basaltes. J'ignore même si on les trouve dans le reste des Grandes- Antilles, dont la constitution géognostique diffère essentielle- ment de celle de la série d'îles calcaires et volcaniques, qui se prolonge de la Trinité * Sur une serpentine qui suit, comme une pénom- bre, des filons de grunsteîn (diorite), près du Lac Qunie> dans le Pertshire, vùyez Mac Culloch , dans Edinb. Jourh. of Science^ 1824* J'f^^y P« 5-i6. Sur un âon de serpentine et les altérations qu'il produit , sur les rives du Carity, près West-Balloch en Forfarshire, toyeir Charles Lyell, /. e. , Vol. III, p. 4^. I. ' 5 66 KSSAl POUTIQDB au:i^ îles Yijprge^. |ue^ trwnblemens de ^em^ moins fyoestes en général à Cuba qi^'à Porto- T^cçi et HaïU> se fpnt le plus sentir cUns It partie priientale , eqtrç le cap Maysi , Santiago de Cuba et la Gudad de Puertp Principe. C'est pçut-étre yevs ces ré^ns que s'étend latéra- lement l'action d'une creyasse que Ton croit (rayerser la langue de terre granitique entire le Port-au-Prince et le cap Tiburon y et sur laquelle y en 177^9 des montagnes entières ae sont écroulées *. La texture caverneuse des formations ç^ caires (spboruco) que nous venons de décrire^ la grande inclinaison de leurs bancs, le peu de largeur de File y la fréquence et le débo^" sèment des plaines, la proximité des monta- gnes , là où elles forment une chaîne élevée sur la côte méridionale, peuvent être consi- dérés comme les causes principales du manque de rivières, et de la sécheresse qu'éprouve surtout la partie occidentale de Cuba. Sous ce rapport , Haïti , la Jamaïque et plusieurs * Dupuget, dans le Journal des mines, VI, p. 58, et Léopold de Bucb, Phys.Beschr. jierCanar. Insein , i8!i5,p.4o5. [SOR L*ltE DE CUBA. 67 «les Petkes-Aatilles qui reaferment des pitons ' Tolcaniques coarerts de forêts ^ sont phis fa- vorisés pair la nature *. Les terrains les plus câèiMres |^r leur fertilité sont ceulx: des dKs- tviets dq XagOft, de Trinidad , dé Matanzas et diL'MsrieL La vallée des Guinesnédoit sa ré- pntalion qu'à des arrosemens artificiels (^n-; Jûs 4ê tieger). Malgré cette absence de grandes rifières et Tinégab^ fécondité du sol,' l'île de OtaUàu, par sa surface ondulée, sa verdure toujours renaissante et la distribution des fonaes végétales, offre, à chaque pas, le paysage le plus varié et le plus agréable. Deux arbres à grandes feuilles coriaces et lustrées y le Ifammea et le Galbphjllum Galaba, cinq espèces de palmiers (la Palma real ou Oreo- dq^ regia^ le Cocotier commun, Iç Cocos Ciispa, la Corypha Miraguama et le C« mari* tniui),et de petits arbustes constamment char- gés de fleurs ornent les collines et les savanes. Le Gecropia peltata marque les endroits hu- mides. On seroit tenté Je croire que toute l'ile a été dans l'prigine une forêt de palmiers ,, de : ^ Uiat. phffê, des^ diUiHea^ Tom. I ^ p. 44, 1 1 8 , 267, 5* 68 S88AI POLITIQUE citronniers et d'orangers sauvages. Ces der^ mers ^ à très-petits fi*uits , sont probablement antérieurs à Tarrivée des Européens ^ qui ont porte les ugrumi des jardins ; ils excèdent ra- rement 10 à i5 pieds de hauteur. Le plus sou- vent 9 le citronnier et l'oranger ne sont pas mêl&; et^ en défrichant le sol par le moyen du fea^ les nouveaux colons distinguent la qualité des terrains selon qu'ils sont couverts de Fun ou de l'autre de ces agroupemens de fiantes sociales; ils préfèrent le sol du naranjal à celui qui produit le petit citronnier (limon) . Dans un pays où les ateliers de sucre ne sont pas encore assez généralement perfectionna pour n'employer aucun autre comestible cpie ^ yopex mon Essai polit y Tom. II ^ p. 4^ S. Les ha- bitans les plus éckirés de l'ile rappellent avec raison que les orangers cultivés venus d'Asie conservent la grandeur et toutes les propriétés de leurs fruits lorsque deviennent sauvages. (C'est aussi l'opinion de Mé Gai- lesio, Traité du Ciirus^ p. 32.) Les Brésiliens ne dou- tent pas que la petite orange amère^ qui porte le nom de laranja do terra ^ et que l'on trouve sauvage , loin des habitations de l'homme^ ne soit d'origine amérî- csLine{Catdcleugh, Travels in South jâtner., Tom. I^ p. a5). / SUR i*l[LS DX CUBA. 69 la hagoiêe (canne à sucre sèche), cette des- truction progressive (desmonte) des petits bois est une véritable calamité. L'aridité du sol augmente à mesure qu'on le dépbuille des ar- bres qui Im servoient d'abri contre les ardeurs du soleit; et dont les feuilles rayonnant le ca- lorique contre un ciel toujours serein , cau- sent» dans l'air refroidi, une précipitation de la vapeur aqueuse. Parmi le très-petit nombre de rivières dignes d'attention , on peut citer le Rio de Guines , qu'en 1798 'on voulut unir au canal de petite navigation , qui devoit traverser l'île dans le méridien de Batabano ; le Rio Armendâris ou Ghorrera » dont les eaux sont conduites à H Havane par le Zanja de Antoneli; Rio Gauto , au nord de la ville de Bayamo ; le Rio Maximo qui naît à Test de Puerto Principe ; le Rio Sa- gua Grande , près de Villa Clara ; le Rio de las Palmas, qui débouche vis-à-vis Gayo GaUndo ; les petites rivières de Jaruco et de Santa-Cruz, entre Guanabo et Matanzas , navigables à quelques milles de leurs embouchures et fa- vorisant l'embarquement des caisses de sucre; le Rio San Antonio qui y comme plusieurs au- tres » s'engouffre dans des cavernes de la roche 70 SSSiJ POLITIQUE calcaire; le lUo Guaurabo^ à Touest du port de Trinidad , et le Rio de Galafre , dans le district fertile de Filipinas, qui se jette dans la Laguna de Gortez* Les sources les plus abon- dantes naissent sur la côte méridionale , où» depuis Xagua jusqu'à Punta de SaUna, sur une longueur de 4^ lieues 9 le terrain est extrêmement marécageux. L'abondance des eaux qui s'infiltrent par les fentes de la roche stratifiée est telle que , psu* l'efifet d'une pres- sion hydrostatique, l'eau douce^ loin des côte^ sourdit au milieu des eaux salées. La juridic- tion de la Havane n'est pas des plus fertiles ^ et le peu de plantations de sucre qui avoisinoient la capitale ont fait place à des fermes à bétail (potreros) et à des champs de maïs et de four^ rages dont les profils sont très-considérables» à cause de la consommation de la capitale» Les agriculteurs de Tile de Cuba distinguent deux sortes de terres souvent mêlées comme les cases d'un damier, la terre noire (negra au prieta) qui est argileuse et chargée de humus», et la terre rouge {bermeja) > plus siliceuse et mêlée d'oxide de fer. Quoique généralement on préfère la tierra negra comme conservant mieux l'humidité , pour la culture de la canne SUR l'île de goba. 71 à sucre 9 et la tierra berme/d à la culture du eà- fier» beaucoup de plslntatiôns de sucre soiit Cependant étàblieisi sur le sol roage; Le cUtnat de ta Bavaûe est ëelui qui corres- pond à là limité extrême de la zone torrîde : c'est uti cUmdt tropical dans lequel une dis-^ tribùtion plus inégale de la cUaleur entre les diffîrentes parties de l'année, annonce déjà le passage aux climats de la zone tempérée. Cal- cutta (lat; 22034.' N.)» Canton (lat. aS^S'N.), Macao (lat. 22^ 12' N.), la Havane (lat. âS^^ 9' N.)» et Rio Janeiro (lat. 22^ 54' S.) sont des endroits auxquels leur position , au niveau dé l'Océan et près des tropiques du Ganôer et du Gapiicome, par conséquent à égale distance de l'équateur, donne une grande importance pour l'étude de la météorologie. Cette étude ne peut avancer que par la détermination de certains élémens numériques qui sont la base indispensable des lois que l'on cherche à dé- couvrir. Gomme l'aspect de la végétation est identique vers les bords de la zone torride et sous Téquateur, on s'accoutume à confondre vaguement les climats des' deux zones côm-' prises entre o* et lo', et entré i5® et 23^ de latitude* La région des palmiers, des bananes ^2 ESSAI POLITIQUE et des graminées arborescentes s'étend même bien au-delà des deux tropi([ues : mais il se*: roit dangereux (comme on Ta ùât récemment lors delà mort du docteur Oudney, en discu- tant l'élévation du sol à laquelle la glace a pu se former dans le royaume de Bornou) d'ap- pliquer ce que Ton a observé à l'extrémité de la zone tropicale à ce qui peut avoir lieu dans les plaines voisines de l'équateur. C'est pour, rectifier ces erreurs qu'il est important de bien faire connoître les températuresmo jennes de l'année et des mois, comme les oscilla-; lions thermoniétriques en différentes saisons , sous le parallèle de la Havane , et de prouver par une comparaison exacte avec d'autres points également éloignés de l'équateur, par exemple avec Rio Janeiro et Macao , que les grands abaissemens de température observés à l'île de Cuba sont dus à l'irruption et au dé-, versement des couches d'air froid qui se por- tent des zones tempérées vers les tropiques.du. Cancer et du Capricorne. La température moyenne de la Havane est , d'après quatre an- nées de bonnes observations, 2S^,y (20®,6R.), seulement de â"* cent supérieure à celle des régions de l'Amérique les plus rapprochées SUR l'iu de cuba. ^3 de Pëquateur >. La proximité de la mer élève sur les côtes la température moyenne de l'année ; mais dans l'intérieur de l^e , là où les Tents du nord pénètrent avec la même force 3 et où le sol s'élève à la petite hauteur de 4o toises ^ , la température moyenne n'at- teint que 2Z^ {i^^y^ R*)? ^^ ^^ surpasse pas celles du Caire et de toute la Basse-Egypte* Les dîflt^K'Gi^ces entre la température moyenne du mois le plus chaud et le mois le plus froid s'élèvent, dans l'intérieur de l'ile, à 12^; à la Havane, sur les côtes , à 8**; à Cumana, à peine à 3^. Les mois les plus chauds, juillet et août, atteignent, à l'île de Cuba, 2 8<>,8, peut-être même 29^,6 de température moyenne, comme sous Téquàteur. Les mois les plus froids sont .décembre et janvier : leur ten^pérature moyenne est, dans l'intérieur de l'île, 17®; à * Temp. moy. de Cumana (lat* lo» 27') a7f>7 cent.* On assure que même, dans les Petites «Antilles^ par i3« et 160 de latitude , on trouve pour la Guadeloupe 370,5 ; pour la Martinique, 27^,2; pour la Barbade, ^""j^. Hist phpa. des Antilka^ Tom. l, p. 186/. ^ A peine 6 ^ises de plus que la hauteur de Paris (premier étage de l'Observatoire royal) au-dessus du. niveau de la mer. 74 SfiSAl POLITIQUE la Havane , fi i®, c'est-à-dire 5^ à 8^ aa-dessou9 dés mêpies mois, soué l'ëqualeur, sliàis eotôre S"" au-dessus du mois le plus cbaud à Paris^ Quaot ailx températures extrêmes ^ qu'atteint le thermomètre centigrade, à l'ombre^ cm observe, vers la limite de la zonis tofride^ ce qui caractérise les régions les plus rapprocbées de l'équateur (entre o^ et i o® de Uu bot. et austr.); le thermomètre qui a été vu, à Paris ^ à 38^y4 (3o^,7 R,), né monte, à Cumtoai quf'à d5^; à la Vera-Cruz, il n'a été, en treize aùSy qu'une seule fois à 32^ (26^6 R.) : à laHan vatie, M. Ferrer ne l'a vu osciller, en trois ans (1810-1812), qu'entre i6<> et 3o«. M. Robredo^ dans les notes manuscrites que je possède , cite comme une chose remarquable que là tem^ pérature, en 1801,. s'est élevée à 34^,4 (27^,3 R.)j tandis qu'à Paris, d'après les re- cherches curieuses de M. Arago , les extrêmes de température, entre 36^,7 et 38^ (2ff^j^ei ^ M. Lachenaie assuir e Avoir vu aàoatet en f 800 lé thermomètre centésimal^ à l'ombré (à Sainte-Ro^f dans l'ilé de la Guadeloupe)^ à 59^5'; mais on igiidrtf si sou instrument étoit exact et libr& d^ effets au rajwnnement. A la Martinique, Us extrénfeà sont %^ et 35^ SUR &'JU DE CUBA. ^5 5o%'jRJ)^its compris entre les parallèles de 220^ et â3<> t, uoitis pour des mois entiers que pout un groupe de quelques jours. Année corn- miine, le thettnomètre ne lùonte pas^ en août, atndelà de 280 à 3o^ t j'ai vu qu'on se plaignoit d'une excessive chaleur, lorsqu'il s'é- le^Toit à 3i* (24%8 R.). L'abaissement de la toiqpératiire hivernale à 10® ou 12' est déjà* assefc rare $ mais lorsque le vent du nord souffle pendant plusieurs semaines et qu'il amène l'air froid du Canada ) on voit quelquefois , dans Fintérieut* de l'île , dans la plaine et à très-peu de distance de la Havane, se former de là, gkce pendant la nuit K D'après les observa- tions de MM. Wells et Wilson^ on peut ad- mettre que le rayôtouement du calorique pro- ^ Ce froid accidentel avoit déjà frappé les premiers voyageurs, ce En Cuba^ dit Gomara, algo so siente el fno. )i flïW. de Ind.,/01. XXV IL 76 £ftSAI POUTIQUB duit cet effet, lorsque le thennomêtre se soutient encore à 5^ et même à Q9 au-dessus du point de la congélation ; mais M. Robredo m'a assuré avoir tu le thermomètre à zéro même. Cette foimation d'une glace épaisse , presque au niveau de la mer, dans un lieu qui appartient à la zone torride > frappe d'autant plus le physicien, qu'à Caracas (lat. 10* 3 1 ^)t et à 477 toises de hauteur, l'atmosphère ne se refroidit pas au-dessous de 11^; et que, plus près de réquateur, il faut monter à i^oo toises de hauteur pour voir se former de la glace '• D y a plus encore : entre la Havane et Saint- Domingue, entre leBatabano et la Jamaïque, il n'y a qu'une différence de 4® ou 5* de lati- tude; et à Saint-Domingue, à la Jamaïque, à la Martinique et à la Guadeloupe , les minima. de température dans les plaines ' sont de 1 8*,5 à J20®,5. ^ On n*en voit pas même encore à Quito (t490 t*)» situé dans une vallée élroite, où un ciel souvent bro* meux diminue la force du rayonnement. ' L'observation de 18^^ 5 est de M. Hapel Lachenaie. M. Le Dru assure aussi n'avoir vu le thermomètre des- cendre à Portorico qu'à i8<';7 ; mais il croît qu'il tombe de la neige sur les montagnes deLoquillodansla même lie! SUR LILE DE CUBA. J'J n sera intéressant de comparer le climat de la Havane avec celui de Macao et de Rio Ja- neiro i deux endroits dont l'un est également placé près des bords de la zone torride bo»- réale, mais sur la côte orientale de l'Asie > et l'autre sur une côte orientale d'Amérique , vers l'extrémité de la zone torride australe. Les températures moyennes de Rio Janeiro sont'déduites de 35oo observations faites par M. fienito Sanchez Dorta; celles de Macao, de I2O0 observations que M. l'abbé Richenet a bien voulu me communiquer '• Temp« moyenne de l'année < HlTllIB. Macao» Rio Jaubibo» latitude. a5° 9' N. latitude latitude 220 54^5. a5o,7 23»,3 230,5 28<»,8 280,4 270,3 21^,1 i6%6 200,0 1 • du mois le plus chaud, du mois le plus froid. Le cliovat de là Havane, malgré la fréquence des vents du nord et du nord-ouest, est plus ^ Lorsque j'aurai comparé tous les registres de cet eccVbiastique respectable et laborieux, les résultats par- tiels de Macao ppurront subir quelques légers change^ àiens. Vaifez plus haut, Tom. X, p. i52. jS ISSAI rOUTIQUS chaud que celui de M acao et de Rio Janeiro* Le premier de ces deux endroits participe an froid qu'à cause de la fréquence des Tenis ouest on éprouve en lÛTer sur toutes les coStv orientales d'un grand continent La proaci- mité de terres d'une extrême laideur , co»- yertes de montagnes et de plateaux, rend la distribution de la chaleur, entre les difiSsvens mois de l'année , plus inhale à Macao et à Gaoton que dans une ile côtoyée vers l'ouest et vers le nord des eaux chaudes du Gulf- stream. Aussi , à Canton et à Macao , les faivem sont beaucoup plus froids qu'à la Havane. Les températures moyennes de décembre, jan- vier, février et ipars ont été, à Canton, en 1 80 1 , entre 1 5<> et 1 7*,3 cent. ; à Macao , entre i6%6 et ^0**, lorsqu'à la Havane elles sont gé- néralement entre 21^ et 24%3 : cependant la latitude de Macao est de 1 * plus australe que celle de la Havane , et cette dernière ville et Canton sont, à une minute près, sur le même parallèle. Or^ quoique les lignes isothermes ou d'égale chaleur ont un sommet concave vers le pôle dans le système des climats de CAsie orientale comme dans le système des climaU de C Amérique orientale ^ le refroidissement, SUR l'iLE DE CUBA. 79 aur le même pacattèle géographique , est ponr- taair plus coBsidérable encore ^ du côté de l'»e ^ . Pendant neuf ans ( 1 806- 1 8 1 4) , l'abbé Bii^enet , qui se seryoit de l'excellent ther- momètre à maxima çt à minima de Six, a vu desceadr^i cet instrument jusqu^à 3<^,3 et 5^ ^3âf^ et 4^1^ Fahr.). A Canton , le lliermoniètre atteint presque quelquefois le point zêvo; et, f»p YéSet du rayonnement, pn y trouve de la l^çe $i}rlea terrasses des maisons. Quoique ce grand froid ne dure jamais plus d'un seul jour^ les négocians anglois qui résident à Canton ai- meot à faire du feu de cheminée, de no- vead»re à janvier ; tandis qu'à la Havane on ne sent pas même la nécessité de se chauffer M brU'^^ero. La grêle est fréquente et ^xtrê- lienieot grosse sous les climats asiatiques de Caoton et de Macao , tandis qu'on l'observe à ^ Telle est la différence du climat des côtes orien- tales et occidentales de l'Ancien - Continent , qu'à Canton (l^t* 23® 8'} la température moyenne de l'an- née est ^2?y^ y lorsqu'à Sainte-Croix de Ténériffe (laf. a8P a8') elle est, d'après MM. de Buch et Escol^, de 23^98. Canton y situé sur- une côte orientale , participe du climat continental; Ténériffe est une tle rapprocliée des cotes occidentales de l'Afrique. 8o ESSAI POLltlQUS peine tous les quinze ans à la Havane^Dan» les trois endroits, le thermoinètre se soutient quelquefois pour plusieurs heures entre o^ et 4^ cent, y et cependant (ce qui me paroit bien remarquable) on n'y a jamais tu tomber de la neige; et, malgré les grands abaissemens de la température, le bananier et les palmiers offrent; autour de Canton , de Macao et de la Havane, une végétation tout aussi belle que dans lés plaines les plus rapprochées de l'ëqua- teur. 11 est heureux pour l'étude approfondie de la Météorologie que , dans l'état actuel de la civilisation, on puisse déjà réunir tant d'élé- mens numériques sur le climat des lieux qui sont placés presque immédiatement sous les 4eux tropiques. Gnq des plus grande» villes du inonde commerçant, Canton , Macao, Cal- cutta , la Havane et Rio Janeiro , se trouvent dans cette position. De plus, dans l'hémis- phère boréal, Mascate, Syène, Nuevo San* tander, Durango et les plus septentrionales des îles Sandwich ; dans l'hémisphère australe, Bourbon , Ile-de-France et le port de Cbbija^ entre Çopiapo et Arica , sont des heux fré- quentés par les Européens^ et offrent aux SUR l'ius ds cuba. 8i physiciens les mêmes avantages de position que Rio Janeiro et la Havane. La Glimato- lo^e avance lentement, parce que l'on accu- mule au hasard des résultats obtenus dans des, points du globe où commence à se dévelop- per la civilisation humaine. Ces points for- ment de petits groupes séparés les uns des autres par d'immenses espaces de terrez in^ connues aux météorologistes. Pour reconnoitre les lois de la nature dans la distribution de la chaleur sur le globe, il faut donner aux obser- vations une direction conforme aux besoins d'une science naissante et savoir quelles don- nées numériques sont les plus importantes. Nuevo Santander, sur les côtes orientales du golfe du Mexique , a probablement une tem- pérature moyenne inférieure à celle de l'île de Cuba. L'atmosphère doit y participer au froid hivernal d'un grand continent qui s'é- lai^it vers le nord-ouest. Au contraire, si nous quittons le système des climats de l'Amérique orientale y si nous franchissons le bassin ou plutôt la vallée submergée de l'Atlantique pour fixer nos regards sur les col es d'Afrique, nous trouvons , dans le système de climats cisatlan tiques , sur le httoral occidental de l'ancien con* I. 6 8a £ftAAI POUTIQUX tmeût^ les lignes isotliermes relevées^ con* Yékes Vers le pôle. Le tropiq[ue du Cancer y passé entre Ip cap Bojador et le cap Blanc ^ près de Rio do Ouro y sur les bords inhoapi^- tâliers du désert de Sahara , et la températurq môy^ne de ces lieux doit être bien au-dessuf» de celle de la Hayane , par }a doubla raîitoii dé leur position sur une edte orientale y et par la proximité du désert qui raycmne la ehaletir et répand des molécules de sable dans Tat^ » tnosph^e. Nous ayons tu que les grands abaissemens de température dans File de Cuba sont de si peu de durée^ quié ni les bananiers, ni la canne a suqre, ni d'autres productions de la zone torride n'en souffrent habituellement. On sait combien las plantes qui jouissent d'une grande vigueur dV)rganisation résistent facilement à un Ècmi passager 9 et que les orangers et bigaradiers de la rivière de Gênes survivent à la chiite des neiges et à un froid qui ne dépasse pas 6* ùa 7^ au^'dessous du point de la congélation '; Gomme la végétation de Tîle de Cuba offre tous les caractères de la végétation des régions ^ Gatlesio, p. 55. SUR L*I£.B DI GUIA. 83 les plus rftpprochëes de Téquateur^ on est sur- pris d'y trouver, dans les plaines mêmes , une ^ma^ Y^gét^le des climats tempérés et des nonlagnes de la partie équatoriale duMexique. J'ai souvent fixé, 4&ns d'autres ouvrages^ Tattention des botanistes sur ce phénomène extraordinaire de la Géographie des plantes. Les pins (Pinus ocddentalis) ne se trouvent p^ daps les Petites-Antilles ; selon Af . Kobert Browû, pas même à 1^ Jamaïque (entre 17^! et 18^7 de latitude) , malgré l'élévation du sol de cette île dans les Montagnes Bleues. On ne- commence à les voir que plus au nord 9 dans les montagnes de Saint-Domingue et dans t0|ite l'île de Cuba ^ , qui s'étend entre les pa^ ^ S{. Barataro, le sayant élève du professeur Balbîs^^ qoe f ai consulté sur les stations du Pinus occidentalis de Saint-DoBOÔngue, m'a assuré qde, près du Cap Sa- ttana (Ut. ig® 18^) , il a ru cet arbre dans la plaine, au QÛliça des autres végétaux de la région chaude, et qy'eii général à Saint-Domingue et à Porto-Bico on ne le t^uye que sur des montagnes de moyenne hauteur^ etif^OQ sur les plus élevées. Les Pin^ de Cuba et de Ttle 4es Pinos, au sud du Batabano, sont» au rapport de toqi les voyageurs, de véritables pins à cônes imbri- qués semblables au Pinus occidentalis Swartz, et non 6* 84 SS8AI POLITIQUS rallèles de .20^ et aS^. Ils j acquièrent 60 à 70 pieds de .haut; et, ce qui est bien remar- fcomme je Fayôîs soupcotmé pendant qadqae temps) des Podoearpos. D'ailleurs^ les premiers Ëspagiiols qui ▼isitèrent les AntiHes ont quelquefois confondu les Pins et les Podocarpus, et un passage d'Herera (De- cad. I, p. 5a) prouye indubitablement que les PitèOB del Cibao, dont parloit Christophe G>lonib aprës son second Toyage, étoient des Conifères à firuit mono- carpe , de yrais Podocarpus, « Estas Pinos mujf at^f dit Itamiral , que no llevan pinaa (des cônes de pin) ^ «m por tal -àrden compuestoa par naturaleza quepwt^' eiani aceittmas delAkforqfe de SeviUa, » J'ai déjà frit remarquer, en offrant la première description du Ber- tholletia, d'après Laet (Tom. VIII, p. 178 et suiT.)> combien étoient naïves et caractéristiques les descrip- tions des anciens voyageurs qui n'avoient pas la manie d'employer des termes techniques dont ils ignoroient la Valeur. Les pins des îles de Guanaja et de Rattan (par les lê^ ^ de latitude), qui servent à faire des mâts, sonl- ils des Podocarpus ou du genre Pinus? (Herera , Dec I^ p. i3i; Laet, Orb. nov., p. 54i; Juarros, Hist. de Guatemala, Tom. IJ, p. 169; Tuckey^ Maritime Oeth- graphy, Tom. lY, p. 294). Nous ignorons si le nom de l'ile de Pinos, situé par 8^ 5y' de latitude à^l'est dePor- tobelo, se fonde sur une erreur des premiers navigateurs. Dans l'Amérique équinoxiale, entre les parallèles de o^ et lo^*, je n'ai même pas vu les Podocarpus descendre au-dessous de 1 100 toises de hauteur. 8U& lW dx cuba» ^ &5 •quable , le Càhoba > (atcajou) et les Pins rér pètent à Tile des Pihos, dans la même plaine. Vers le sud-est de l'île de Guba^ on trouye aussi dés pins sur la pente des Montaghes de Omyre là où le sol est aride et sablonneux. Le plateau intérieur du Mexique est couvert de cette même espèce de Conifère ; du moins les échantillons que nous avons rapportes , M. Bonpland et moi, d'Âcagpisotla , du Ne- vado de Toluca et du Cofre de Perote , ne pa- roissent pas différer spécifiquement du Pinus occidentalis des Antilles décrit par Swartz. Or, ces pins que nous voyons au niveau de l'Océan, dans File de Cuba, par 20» et 22^ de latitude, et qui appartiennent seulement à la partie mé- ridionale de cette île, ne descendent pas sur le continent mexicain entre les parallèles de 17^7 et 19® T au-dessous de 5oo toises de hau- teur. Pai même observé que , dans le chemin de Perote à Xalapa , dans les montagnes oriei^- taies opposées à File de Guba> la Umite des pins est 935 toises ; tandis que dans les mon- tagnes occidentales, entre Chilpanzingo et Acapulco , près de Quasiniquilapa; deux de- ? Swieteay Mahagouy L^ 86 xiSAi ^ocmQ€K. . gKsplils ftu sud^ aile est dç 5So t«i et peut* être sur quelcpies points, mêm0 de 4^ t* Ces anomalies de stations sont très-rares sous tk zbne torridé, et tiennent; vraisemblablement moins à la température ^ qu'à la nature du soL Dans le sjstème de&nEÔgrations des plantes^ il faut supposer que le Pinus OGcidentaUs.de Cuba soit venu du Yucatan avant l'ouYerture du canal entre le cap Gatoche et le cap Saint-Anr toine^ .et non des Etats-Unis ^ si riehes d'ail- leurs en Ck>nifères; car, dans la Jloride, l'es- pèce dont nous traçons ici la géograpbîe bo- tanique n'a pas été découverte. ^ Vàyez un tableau qui offre les stations des Q>ni- fères. et des Amentacées^ ayec l'indication des tem- pératures qu'elles requièrent dans les Nov. Oen. ci 8pec*, Tom. 11^ p. a6. On ne trouye point encore de pins autour des Xalapa sur la pente orientale du jda- teaiu mexicain^ i 700 toises de hauteur» quoi^e le Ûuat^ nomètre 7 dtescende au-dessous de 1 a^^ cent* suB l'île de COBA. 6fJ Je consignerai ici le ctétail des observations de tempérahiTa faites à HU ds Cuba : .796. '797- 1798. '7S9- F. F. F. JanTier..... SS- fi!f 68» ei< i8' Fé»rier 1î, 15,5 Han. 64 .9,3 Anil li Mai JoiD ■&' fii g »1 K:s Juillet SaJi 80 8S ty Août H Si Seplembra. . 81 '4 80 Octobre.... :8 7-)^ 'H novembre.. gi Décembre. . 67Ï S9 16,7 7>,a 7S%a 74-,» 7.-4 ïEi',!) Le TÏUage d'Ubajay- est ûttië> coince ^j^a été dit plus haut , à 5 lieues fnarines'ida dis- tance de la Havane, sur un ^lattfâïr'qui a 58 toises de hauteur au-dessus cfu niveau (!fô fa mer. La moyenne partielle de décembre 1 79S a été \8°tS cent. ; c^es de .janvier ^ de Csvrier 1800 se sont éiev«es de -1^,8 àt t8*,9 (Tlurmomètre de la construction de Nairae.) 88 ESSAI POllTIQTJS Ojbs. bs la Havane. ,' I MOIS. 1800. Th. cent. JaDTier. . . . Fémer Man AttiI*. • . • . • Mil........ Jain. .•• ••. JaiUet ▲•ftt Septembre* • Octobre. ••• Novembre» . Décembre* • Moyenne.» • MOTBllHa de i8io-i8ia. • • . ai.i aa.7 a5.5 3o.o 3o.3 aS.S a6.i 26.6 aa.a 25.8 ai*.i aa.a a4.S a6.i a8.i a8.4 a8.5 a8.8 37.8 a6.4 a4.2 9a. 1 a5.' a5.7 j 1 Ubaiat, intérieur de'lltle de Gubii ~ Hiviiri , cOtei. . Péc.«Fév.^.>.' iS«.o cent. ai*.8 Mars-Mai 9i«7 a6 2 Juin-Âoftt. ... a8.2 a8.5 8ept.-NoT.... 23.8 a6. 1 Cm AirA 9 lat; 10» 27* a6».9 a8.7 37.8 a6.8 27.6 a6.a a9. 1 Rome> lat. 4i** 53' t. moy. i5*,8. Mois le plos chand a5«|0 Temp. moy... aa.9 Mois le plnsfroid iS^f chaud a8.6 a5.7 21.1 98.8 froid 5*,7 Ce sont de véritables moyennes déduites des maxima etminima de chaque jour; cependant les résultats de Don Antonio Robredo , faits au village d'Ubajay et à la Havane ( 1 800), sont 8UK t'iLE DE CUBA. g peut-être de quelques dixièmes trop fotts, trois observations diurnes (de 7^ du matin, de midi et de 1 o^ du soir) ayant été simulta- nément employées. Les moyennes de M; Fer- rer, auquel nous devons les observations des trois années 1810, 1811 et 1812 (Tom. X^ pag. 449 ) 9 sont ce que nous avons de plus précis sur le climat de la Havane , les ins- tmmenç de cette habile navigateur ayant été mietix exposés que les instrnmens de M. Ro- bredo pendant les dix mois de 1800. Ce der- nier observateur remarque lui-même ce que , dans son appartement à la Havane ^ le courant d*air n'étoit pas assez libre {pieza no muy ven- tilada)y tandis que l'exposition à Ubajay étoit telle qu'on pouvoît la désirer, un lugar abierto d toUos vientoSf pero cubierto contra el sol y la lluvia. Dans la dernière moitié du mois de dé- cembre 1800, j'ai vu le^thermoiiiètre centi- grade presque toujours entre les lo* et i5*. En janvier, il baissa, à la Hacienda de! Rio Blanco, jusqu'à 7^,5. Ueau a été trouvée quelquefois gelée à qnelqueslignes d'épaisseur dans la cam- pagne f près de la Havane , à une hauteur de 5o toises au-dessus da, niveau de l'Océan. 90 ESSAI POUTIQUK Cette observation «l'a été communiquée en 1801 par une&cdlent observateur, M. Robre* do ; elle a été répétée au mois de déeembre 1812, après que d'impétueux vents du nord avoient soufflé presque pendant un mois. Gomme en Europe il tombe de la neige lors- que dans les plaines la température estde quel- ques degrés au-dessus du point de la congé- laticm» on doit être doublement surpris qii6| nuUe part dans ïlle ^ psas même sur les Lomat de San Juan, ou sur les bautes moutagnes de la Trinidad ^ on ait vu tomber de la neige^ On ne coûnoit^ sur le sommet de ces monta- §aes et/de celle» del Côbre » que la getée bbn- cbe (e^c^orcift^. On diroit qu'il ftut d'antres eoaditioas que <;elles d^un abaissement rs^fûde de la température dans les baut^ régions de 1 air pour produire des chutes de neige et de grêlons. Nous avons.^ déjà indiqué plus haut que ces derniers ne se voient (T» Vlyp* 34^ et suiv., Tom. X, p. 334 ^^ suiv«) jamais à Cumana j et si rarement à la Havane ^^j^on ne les observe , pendant des e:t|^psîiMU, électcir ^es et avec des coups de venf daiSi&0*^\ que tous tes quiD2^ à vingt ^ns. Sur les côtes de \3k / SUR l'île P£ cuba. 91 Jamaïque^ à Kiûgstpa,^on cite comme un phé- Bomène extraordinaire ^ d'ayoir vu baisser le thei^omètre^ au lever du soleil, à 20^,^ (69* F.). Dans ce]tte île , il faut s'élever, sur les Mbotagoes Bleues, à 1 1 5o toises ^ pour le voir (ea août) à &%5 : aussi à Gumana^ par les 10? de latitude^ je n'ai pas vu le thermomètre aur de^ous de âO%& {Voye^ ci-dessus, p. 10 et suiv<). Les changemensde température soat asse^ brusques à la Havane : en avril 1804 « lea variatioûB ëtoient, ea trois heures, à l'om- bre, de 3j|%â à 23<',4> par conséquent de g^ ceiit., ce qui est très-considérable pour la tw» torride ^ et le double changement qu'on éfirouve plus au sud, sur la côte de Colombia. A InHavane (lat âa<> 8^), onse plaint du froid> ]64t»que la température descend rapidement à %\ ^\ àCumana (lat. lo*" %^')^ lorsqu'elle desr cmùH^î^'i^ {y cy.. ei-^ssu5,p* 10 et suiv.).JL'eau qui avoit été exposée à une forte évaporoh ti#a> et ^ue Ton regardoit comme trèâ-£raiche à la Havane , ea avril 1 804^ étoit à a4^^ (i^^$R.X tandis que la température moyenne dm jour s'élevoit à 29^,3 {Vùyez ei*dessus^ ^ Edtvanh, Hist o/the Brit Cbhniea, 17^; YoI.I> p. i83. 9^ ESSAI POUnQUE p. 1 8). Pendant les trois années d'observatioDS de M. Ferrer (i8io-i8iâ), le thermomètre n'a jamais été au-desisôus de i6^^4 Qc sto té^ -vrier 1 8 1 2), ni au-dessus de 3o^ (le 4 ^oût de la même année). Je l'ai tu déjà, en aTril (1801),' à Si^â; mais une longue suite d'an- nées se passent sans que la température de Tatmosphère s'élève une seule fois à 34^ (27^^ â R.), extrême que, dans la zone tem- pérée, elle dépasse encore de 4* centé^maux {Voyez ci-dessus , p. 1 et suiy.). Il seroit très* intéressant de réunir de bonnes observations sur la chaleur de Tintérieur de la terre ^ à l'ex- trémité de la zone tropicale. Je l'ai touvée dans des cavernes de roche calcaire, près de San Antonio de Beitia et aux sources du Rio de la Chorera, entre 22* et 2 3* {Rec, (TObê. astr., Tom, I, p. 288 et 289); M. Ferrer Fa trouvée , dans un puits de 1 06 pieds de pro- fondeurj de 24^,4. Ces observations, qui peut- être n'ont pas été faites dans des circonstances assez favorables, iiidiqu croient une tempéra- ture de la terre au-dessous de la'tempéràtui^e moyenne de Tair qui, à la Havane , sur^ les côtes, paroitde 25%7; dans Tintérieurde l'île, à 4o toises d'élévation , de 23<>. Ce résultat eat si;r l ilk de cuba. 95 peu conforme à ce que l'on observe partout sous les zones tempërëe et glaciale. Les cou- rans qui> à de grandes profondeurs, portent Feau des pôles vers les régions équatoriales , diminuent-ils la température de l'intérieur de la terre dans des îles de peu de largeur? Nous avons déjà traité cette question délicate en rapportant les expériences faites dans la ca- verne du Guadiaro, près de Caripe. (ReL hiêt.j Tom III, p. i44» i45> ^94 ^* ^Ô^O Ce- pendant, dans les puits de Kingston et de la Basse-Terre de la Guadeloupe, on assure avoir vu le thermomètre à 270,7; .28%6 et 270,2, par conséquent à une température au moins égale à la température moyenne de l'air dans ces mêmes lieux. Les grands abaissemens de température, auxquels sont exposés les pays situés à l'ex- trémité de la zone torride , sont liés à des os- cillations du mercure dans le baromètre que Fon n'observe pas dans les régions plus rappro- chées de l'équateur. A la Havane, conmie à .la Vera-Cruz, la , régularité des variations qu'éprouve, à certaines heures, la pression de l'atmosphère, est interrompue pendant que les gU X88A1 POUTIQOS ▼ents du nord soufflent avec ^iolenceo Tm, observé en général que, lorsque le biro* mètre, à Hle de Cuba, se soutenait, pendant la brise, à 0^,766 , il baissoit avec le vent sud à o"',756, et même au-dessous. Nous aycms déjà fait remarquer ailleurs que les moyennes barométriques des mois où le baromètre est le plus baut (décembre et janvier) différent des moyennes des mois où le baromètre est le plus bas (août et septembre), de 7 à 8 vaSL* limètres , c'est-à-dire presque autant qu'à Paris, et 5 à 6 fois plus qu'entre Téquateur et les I o^' de latitudes boréale et australe. Moyennes de décembre. 0"^76656 par aa®,i cent, de T* janvier. • • 0.76809 ai. a juillet. • • . o • 76455 a8 . 5 août 0.76125 aS.B Pendant le cours des trois années (1810- 1812) dans lesquelles M. Ferrer a pris ces moyennes ^, les différences extrêmes des jours où le mercure s'est élevé ou abaissé lé plus dans le baromètre ont excédé 3p millimètres. Pour faire entrevoir la marche des oscillations * Tom. IX , p, 3oo. SDR I.*ILE DB CUBA. gg accidentelles dans chaque mois^ j'aiouterai ici 9 d'après les notes manuscrites de Don Ai^ tonio Robredo , le tableau ' des observations MAxncA. Janyier.. 5op°,35 Février.* 5o.58 ICars.. .. 5o.4i Aytil**** 3o.39 Mai 30.44 Iqm...* 3o.36 Jwllet... 3o.38 Ao&t.... 3o.a6 Sq^temb. 3o.i8 Oetobrd. 3o.i6 Noyemb. 3o.i8 Décemb. 3o.26 MIKIMA* a9T»,96 3o.oi So.ao 3o.3a 3o»38 3Ô.33 3o.ia 39.89 3o.o4 50.09 3o.oa MOY£X9KES. iTEBfP. MOT, 5o»*,a4 3o.a6 3o.3a 3o.35 30,39 30.34 3o,aa 3o.i6 3o«ia • 3o.o8 So.ia 3o.o8 i5.6 i5.5 »9-4 a^.a aa«4 aa.8 ai.o 18.6 16.5 12.1 ^ Dans ce tableau^ les moyennes des mois sont les viritables moyennes tirées des masfima et minima de dba^pe jour. Les estrémei du mois indiquent les hau* teors barométriques^ de deux jours çh le baromètre a été le pins haut ou le plus bas. Les hauteurs ne sont pas réduites à zéro de température, et le niveau de la cu- vette |i'a pas été rectifié 9 le tableau ne devant offrir que les différences des extrêmes dans chaque mois, et non des hauteurs moyennes absolues. 96 ESSAI POUTIQUS de 1 80 1 exprimées en centièmes de pouces anglois. Les ouragans sont beaucoup plus rares dans l'île de Cuba qu'à Saint-Domingue^ à la Ja- maïque et dans les Petites-Antilles , situés à l'est et au sud-est du Cabo-Cruz : car il ne faut pas confondre les coups de vent du nord très-violens {los nortes) avec les uracanes qui sont le |[)lus souvent du sud-sud-lest' et sud- sud-ouest. A l'époque où je visitai l^le de Guba^ il n'y avoit pas eu, depuis le mois d'août 1794? d'ouragan proprement dit, car celui du 2 novembre 1796 étoit assez foible. Là saison de ces mouvemens subits et efîrayans de l'atmosphère pendant lesquels le vent souffle de tous les points de la boussole, et qui sont accompagnés souvent d'éclairs et de ^éle, est, à Cuba, la fin du mois d'août, le mois de septembre, et surtout le mois d'oc- tobre. A Saint-Domingue et dans les îles Ca- raïbes, ce sont les mois de juillet, d'août, de septembre et la mi-octobre qui sont rédoutés par les navigateurs. La plus grande fréquence des ouragans y est au mois d'août , de sorte que le phénomène se montre plus tard , à me- sure qu'on avance vers l'ouest. En mars, il y \ SUE l'île os cuba. 9J à aussi quelquefois à la Havane des coups de veats très-impétueux du sud- est. On ne croit plus dans les Antilles à la périodicité régulière des ouragans * ; de 1770 à 1795, il y en a eu, dans les îles Caraïbes ,17; tandis que, de 1 788 à i8o{, il n'y en a pas eu un seul à la Marti- nique. La même île en comptoit 3 pendant le courant de l'année 1642. H est digne d'être noté qu'aux deux extrémités de la longue chaîne des Antilles (aux extrémités SE. et NO.), les ouragans sont plus rares. Les îles de Ta- bago et de la Trinité ont l'ayantage de n'en jamais éprouver les effets; et à Cuba, les vio- lentes ruptures de l'équilibre atmosphérique sont très-rares. Lorsqu'elles ont heu, elles exercent leurs ravages plus sur mer qu'en dé- vastant les habitations , plus suria côte sud et sud-est que vers le nord et nord-ouest^. Déjà, en 1527^ la fameuse expédition de PamSlo ^ Voyez la discussion de ce phénomène important dans VHiat. phya. des Antilles, Tom. I> p. 5^5 , 55o y 355,376, 587. ' Cette différence entre les deux côtes s'observe aussi à la Jamaïque. I 7 / SfS 295Ai POliTlQUÈ N^trvaez fut en partie détruite dans le port de la Trinidad de Cuba. Je vais consigner ici, d'après les notes ma- nuscrites de M. le capitaine de vaisseau Don Tomas de Ugarte, la marche du baromètre pendant Touragan du 27 et du 28 août 1794 qui causa la perte de beaucoup de navires dans la baie de la Havane. > 20. • • • Temp. moyenne 4*« • * 85»,8 Fahr.) S.... mmuit. à^âdùt.. ...... 16*»... 20» ... (TèiBp.moy.âS»} midi. . 4** à é minuit. 37 « • 9. ••• 10. • ^. 11... . 56 5o Sx 53 54r •5. 6 67 7? 78 79 82 83 84 «9 9^ minuit» 3o«oi L'ouragan a commencé le 27 au matin ; sa suit l'île D£ è^Bâ. Q9 ibrce 9- augmenté à mesure que Ton TOjoit baisser le baromètre : il a fini le 28 dans la soirée. Nous avons déjà rapporté plus haut que U. Ferrer a vu, le 25 octobre 181 o> par tul vent (qcieux. du SSO., baisser son baromètx^ (]i|uidonnoitpar 26^ cent, de température pour k hauteur moyenne de l'année 763'"",7i) jus- qu'à 744"">72 l^ar 2/^9 cent* jTauroiâ pu citer, parmi les causes de Rabais- àètnônt de la température pendant les mois d*Inver, le grand nombre de bas-fonds dont Plie de Cuba est entourée , et sur lesquels là chaleur est diitiinuée dé plusieurs degrés dé temjpératuré cetitésimale, soit par lès molé- cules d'eau localement refroidies qui vont au fond, soit par les courans polaires qui se portent Verfe les abîmés de f Océan tropical, soit pair lé mélange des eaux du fond et de la surface MX aùcoreê des bancs ^ : mais cet abaissemejit de température est en partie compensé par le fleuve d'eau chaude {gulf-stream) qui longe lés tôles du nofd-ôùest, et dont la vitesse dindûile souvent par les vents du nord et * P'opèz Tom. I, p. 160 j II, p. 7a, 75 et 74; V, p. 190 eti^ 1. ' 7* t ÔO ESSAI POIITlQUi; du nord-est. La chaîne de bas-fonds qui àc^ compagne les contours de l'île > et qui paroît sur nos cartes comme une pénômbrç, se trouve heureusement interrompue sur plu^ sieurs points, et ce sont ces interruptions qui offrent au conunerce un libre accès vers la côte. Ed général y les parties de l'île les plus exemptes de dangers (récifs , bancs de sable ^ écueils) sont y au sud-est , entre le C^bo-Cruz et la Punta May si (72 lieues i|iarines)jt et, au nord-ouest 9 entre Matanzas et Cabaikas (28 1.). Dans la partie sud-est, la proximité des hautes montagnes primitives rend la côte plus accore : c'est là que se trouvent les ports de Santiago, de Cuba, de Guantanamo^ de Bai- tiqueri et (en tournant la Punta Majsi) de Baracoa. Ce dernier port est l'endroit le plus anciennement peuplé par les Européens. L'en* trée du Vieux-Canal, depuis Punta de Mulas» à l'ONO. de Baracoa, jusqu'au nouvel établis- sement qui a pris le nom de Puerto de las Nuevitasdel Principe, est également libre de bancs et de brisans. Les navigateurs y trou- vent d'excellens mouillages uu peu à l'est de la Punta de Mulas , dans les trois anses de Ta- namo , de Cabonico et de Nipe; à Fouest delà SUR LILE DE CUBA. rot Pùnta de M ulas , dans les ports de Sama , du Naranjo , del Padre et de Nuevas Grandes: Ptès de ce dernier port, et, ce qui est assez remarquable , à peu près dans le même méri- dien où commencent, sur la côte mëridionale de File, les bas-fonds de Buer^a Esperanza et de las doce léguas , prolongés jusqu'à File des Pinos, commence la série non interrompue des Cayes du Vieux-Canal : elle s'étend, sur une longueur de 94 lieues , de Nuevitas à la Punta Icacos. Vis-à-vis de Cayo Cruz et de Cayo fiomano , le Vieux-Canal est le plus étroit ; sa largeur est à peine de 5 à 6 lieues. C'est sur ce point aussi que le Grand Banc de Baliama prend le plus de développement. Les Cayes les plus rapprochées de File de Cuba et les parties du Banc qui ne sont pas couvertes d'eau (Long Island, Eieuthera) ont, comme Cuba même, une forme très-alongée. Une île plus grande qu'Haïti se présenteroit à la surface de FOcéan, si celle-ci s'abaissoitseuleinent de 20 à 3o pieds. La chaîne de récifs et de cayes qui borde, vers le sud , la partie navigable du Vieuxr|Ca- nal, laisse, entre elle et la côte de l'île de Cuba, de petits bassins sans brisans qui communi- (|uent avec plusieurs ports à bon mouillage, IQH JSiSUl V0L1TIQ13S comme ceipx de Guanaja , Moroft et 'f^eme* dâos* Âpres avoir débouqué par le yidux^GaDa)| ou plutôt par te Canal de Saint-lNicolas, entre la Cruz del Padre et le banc des Cayes de Sely dont les plus basses offrent des sources d'eau douce ^9 on trouve de nouveau , depuis la Punta de Icacos jusqu'à Cabanas , les côtes libres de dangers. Elles offrent , dans cet in- tervalle, les mouillages de Matanzas, de (Puerto Escondido , de la Havane et du Ma- riel. Plus loin, à Touest de Bahia Honda, dont la possession pourroit tenter quelque puissance maritime ennemie de l'Espagne, recommence de nouveau une chaîne de bas-fonds (bajû$ di Santa Isa bel y de los Celorados) qui s'étend sans interruption jusqu'au Gap Saint-Antoine. * Cayos del Agua (lat. aS*» 58% long. S20 36^), sur la Placer de los Roques ou del Gayo de Sal. Je place le Cayo del Agua un peu plus à l'ouest que fait le. capi- taine SteetZy dans les cartes intéressantes qui accom-** pagnent Vlnstruetton nautique sur les Passages à Vile de Cuba, i8i5, p. 55 , oii l'on lait le Horro de la Ha- vane 84<' Z^ et le Pan de Matanzas 85<> 58% tandis que M. Ferrer les trouve, par des moyens qui méritent toute confiance, 84« 4a' 44'' et 84** 3' la". SUR l'ilB OB CUBAf lo5 Dq ce Gap jusqu'à PunU de Piedras et la Bahia d^ Gortez , la côte est presque aceore , et ne porte pas la sonde au large ; mais entre Punta de Piedras et le Cabo Cruz, presque toute la pjM:*tie méridionale de Cuba est entourée de bas-fonds dont l'Ile de Pinos n'est qu'une poi^ tion non recouverte d'eau , et qui sont connus à Touest sous le nom de Jardins ( Jardiner y J ardinilbs) } à l'est, sous celui de Cayç Breton , Cayo$ de las doce léguas et Baneos de Buena Esperanza. Dans tout ce contour mér ridional , la côte n'est exempte de dangers que depuis l'Anse des Cochinos jusqu'à l'embou-^ chure du Rio Guaurabo. Ces parages offrent une navigation assez difficile : j'ai eu occasion d^j déterminer la position de plusieurs points en latitude et en longitude , pendant la tra- versée du Batabano à Trinidad de Cuba et à Carthagène des Indes, On diroit que la résis- tance qu'offrent aux courans les hautes terres de llle des Pins et le prolongement extraor- dinaire du Cap Cruz ont favorisé à la fois l'acr cumulation des sables et le travail des coraux saxigène^ qui prospèrent dans les eaux tran- quilles et peu profondes. Dans ce développe- ment de cotes méridionales de ^[\^ lieues d? I04 £SSAI POLITIQHE loDg, il n'y a que j dont l'accès soit entière- ment libre entre Cayo de Piedras et Cayo Blanco, un peu à Test de Puerto GasHda. C'est là que se trouvent des mouillages souvent firé- quentës par de petites embarcations, tels que le Surgiderp del Batabano^ la Bahia de Xagua et Puerto Casilda ou Trinidad de Cuba. Au- delà de ce dernier port, vers Tembouchure du Rio Cauto et le Cabo Cruz (derrière les Cayas de doce léguas) , la côte remplie de la- gons est peu accessible et presque entièrement déserte. Voici les notions les plus précises que fai pu réunir sur la position des ports de File de Cuba : A l'est de Cabo Cruz (laï. ig^l^'j^iG'^jloxï^. 80® 4' i5'^): Santiago de Cuba (lat. i9«>57' 29'^, long. 78^ 18'); Bahia de Guantanamo (latitude 19054.0? long. 77^ 360 ; Puerto Escondido (lat. i9<^54'55'0, long, 'jj' 2^^^); Baitiqueri (lat. 20^2^, long. ^^''12'). Au nord-ouest du eap Maysi (lat. 20^ iG' 4o''^long- 7^^ 3o' 2^'^): Puerto deMata (lat. 20^17^0''', long. 76*43'); Baracoa (lat. 20' 20' 50'''', long. 76®5o0; Ma- ravi (lat. 20* 24' 11 '^j long. 77M7'); Puerto de Navas lat. 20^29' 44'^ \on%. 77O2o0i SUR l'île de cuba. io5 Gajaguaneque (lat. ao^So', long. 76^66'); Taco (lat. ao^Si ' ly''^, long. 77" 0'); Jaragua (lat. 20*32' 4V%long. 77*^3'); Puerto de Cayo Moa (lat. 50*42' 18'^, long. 77* i4'); Yaguane- que (lat. 20*42', long. 77® 22'); Gananova (lat. 20*4i f 3o'^, long. 77*24') ; Cebollas (lat. 20*41 ' ^^'^y long. 77* 28'} ; Tanamo (latitude 20*42' 4i'^ long. 77^*37'); Puertos de Cabo- nica y Livisa (lat. 20*42^ 11'^, long. 77*46'); Nipe (lat. 20*44'4o'^ long. 77°5i^); Banes (lat. 20*52^50''^, long. 78*1^). Au nord-ouest de Punta de Mulas (lat. 2i*5^, long. 77*57^): Sama (lat. 2i*5^5o'-', long. 78*11'). Z)fln« le VieuX'Canal de Bahama : Naranjo (latitude 21*5' 23'^, long. 78* 19'); Vita(lat. 21*6', long. 78*25');Bariai (lat. 21* 4' 9"j long. 78*27'); Jururu (lat. 2i*3' 3g'^, long. 78* 28') ^ Gibara (lat. 21*6' 12^^, long. 78*33'); Puerto delPa- dre(lat. 2l*l5'4o'^long. 78*49'); Puerto del Malagueta (lat. 21* 16', long. 78^ 58'); Puerto del Manati (lat. 21* 23' 44''? long. 79*7') ; Puerto de Nuevas Grandes (lat. 21*26' 5o", long. 79*1 3'); Puerto de las Nuevitas del Principe (lat. 2 1*38' 4o'^, long. 79'' 2') ; Gua- naja(lat. 2 1<> 42', long. 80*1 1 ') ; Embarcadero del Principe (I. ai*44',long. 80* 23 ')j entre Rio 1q6 EBSkl rOLITIQUX Jiguey et Punta CuriaQa au NNE. du Hato dû Guanamacar ; Moron (lat. fi^"* 4' 9 Ion g« 80"" 56 ^ ); Puerto de Remédies (lat. 22^ 3â^, loQgitude 8i*56'j; Puerto de Sierra Morena(lat. ;23*5', long. 8â''54^)* ^ l^ ouest et au sud^ouêêtde Ptmta Icacos(\dX. 23*10', long. 83* 32'); Matanzas (lat. 23*3% long. 83*54'); Puerto Ëscondido (lat. 2 3* 8 ', Ion g. 84"* 1 2 ') ; embouchure du Rio Sauta Cruz (lat. 23*7', long. 84* i8'); Jaruco (lat. 23* gi', long. 84* 25 '); Havane (lat* ii 3* 9', long, 84*43) ; Mariel (lat. 23*5' 58^ longitude 85*2'); Puerto de Cavajuas (lat. 23*3', long. 85* i3'); Bahia Honda (le bord le plus méri- dional de la baie près de Potrero de Madraao, lat. 20*56' 7^, long. 85*32' 10").^ l'eHdu Cabo Sanjintonio{hi. 2i*5o',long. 87*I7'22"): Surgidero del Batabano (lat. 2^4^' lO'^, long, 84*45' 56^^); Bahia deXagua (lat 22*4'; long. 820 540 ; ^cs deux ports de la ville de Trinidad de Cuba, savoir : Puerto Casilda (latitude 2 r 45 ' 26^^, long. 82' 2 1 ' 7'^) , et embouchure du Rio Guaurabo (lat. 21*45^ 46^? longitude 82*23' 37"). On trouve beaucoup de lagom (Yertientes , Santa Maria , Gurajaja , Yaguabo , Junco, etc.); mais pas de ports, pro;^rementditS9 depuis Trinidad de Cuba jusqu'à Gaiu> Gru% SUR l'iLS J>£ cuba. lO'* * Les positions de 5o ports et mouillages de G^^ sont les résultats d'ua travail^ diaprés le- quc^l (ea 1826) )'ai CQrrigé la carte de Tile, pu- bliée ea 1820. Les latitudes sont, en grande p^tie, celles du Portulano de la Jfmerica sep^ tenir., constr. en el Dep. hidrografico de Madrid 1818, mais les longitudes en différent considé- rablement. Le Portulano place le Morro de la Havane à 84^37' 45^^ ou 5^ en arc trop à l'est. (GoosqUez JBauza^ Derotero de las Isla$ Jntil- to, 1820, p. 437, etParrfjrC(?/(7m^., iVaw., p.175.) J'aipréfëi;^ les positions que JVL Ferrer assigne aux Caps Gruz et Majsi , et à la Punta de UuUls, et c'est à ces mêmes caps que j'ai rë« duit plusieurs points déterminés par Don José del lUo et Don Ventura Barcaiztegui. Je me fonde sur mes propres observations, en m'éioi* goaiiit du premier de ces habiles marins , dans U position qu'il assigne à Puerto Gasilda. M. Bauza, qui adopte les positions du Batabano et de Pun,ta Matahambre de ma carte , préfère cependant pour Punta Maysi long. 76^ 26^28'^, pairce qu'il place Porto- Rico avec Don José Sanchez Gerqueropar 68"* 28^ 29, La réunion d'observations assez hétérogènes donne même à M. Cerquero 68^26^30'^, tandis que M. de « 108 ESSAI POUTIQUl Zach regarde ôS^^Si^o^^ comme un résultat plus probable {Corresp. astr.^ Vol. XIII, p. i a5,' ia8). M. Oltmanns avoit trouvé» d'après la dis- cussion de tous les élémens, la moyenne de 6S^ 33^ 30''' {Voyez mon Rec. d'Observ. astroruy Vol. II, p. 1 39). À l'île de Cuba, comme jadis dans toutes les possessions de l'Espagne en Amérique , it faut distinguer entre les divisions ecclésiastiques 9 politico-militaires et financières. Nous n'ajou- tons pas celles de la biérarchie judiciaire qui « ont fait naître tant de confusion parmi les géo* graphes » modernes, l'île n'ayant qu une seulfe Audiencia qui réside, depuis l'année 1797, à Puerto Principe , et qui étend sa juridiction depuis Baracoa jusqu'au Gap Saint- Antoine. La division en deux évêchés date de l'année 1788, dans laquelle le pape Pie VI nomma le premier évêque de la Havane, L'île de Guba^ dépendant jadis, avec la Louisiane et la Flo- ride, de l'archevêque de San to Domingo , n*a- voit eu, depuis l'époque de sa découverte, qu'un seul évêché fondé, en i5i8, dans la * Tom. IV, p. 70 et 71. suB l'île de cuba* 109 partie la plus occidentale, à Baracoa, par le pape Léon X. La translation de cet évéché à Santiago de Cuba eut lieu quatre années plus tard; mais le premier évêque, Fray Juan de I7bite> n'arriva qu'en 1628. Au commence- ment 4u xix'' siècle (en i8o4)) Santiago de Cuba a été érigé en archevêché. La linlite ecclésiastique ôntre les diocèses de la Havane et de Cuba passe dans le méridien de Cay o Ro- mano , à peu près par les 8o<> f de longitude occidentale de Paris, entre la Villa de Santi JEspiritus et la Ciudad de Puerto Principe. Sous les rapports du gouvernement politique et militaire, Tile est divisée en deux gobiemoi dépendant d'un même capitaine général. Le gobiemo delà Havane comprend, outre la ca- pitale, le district des Quatro Villas (Trinidad, aujourd'hui Ciudad; Santo Espiritu , Villa Qara et San Juan de los Reinedios), et le district de Puerto Principe. Le Capitan gênerai y Gtobemador de la Havane nomme dans ce dernier endroit un Ueutenant {Teniente Go^ bemadar) , de même qu'à Trinidad et à Nueva Filipina. La juridiction territoriale du capi- taine général s'étend, conmoie juridiction 'de unrregidor, à '8 pueblos de Ayuntamiento (les 1 1 ESSAI POLITIQUE ciudades de Matanzas, Jaruco/ San Felipe j Santiago , Santa Maiîa del Rosario ; les vUla9 de Guanabacoa, Santiago de las Vegas, Guines et San Antonio de los Banos). Le gobiemo.de Cuba comprend Santiago de Cuba , Baracoa , Holguin et Bayamo. Les limites actueUe& des gobiernos ne sont donc pas les mêmes que celiëft des eTêchés. Le district de Puerto Principe avec ses 7 paroisses dëpendoit, par exemple, jusqu'en 1 8 1 4, à la fois du gobierno de la Hayane et de rarchevéché de Cuba '. Dans les dénom- bremens de 1817 et 1820, on trouve Puwto Principe réuni avec Baracoa etBajamo,soms la Juriêdiccion de Cuba. Il me reste à parler d'one troisième division entièrement financière. Par la cédule du 25 mars 1812, File a ëtë répartie en trois Intendencias ou Provincias^ celles de là Havane , de Puerto Principe et de Santiago de Cuba, dont les longueurs respectives de Test à l'ouest sont à peu près de 90 , 70 et 65 lieues marines. L'intendant de la Havane con- serve les prérogatives d'un Superintende ge* neral subdelegado de Real Hacienda de la letit ^ Dùtumenibe eobre el trafioo de los Negroé, i8i4y p. 127^ i5o. SUR l'iLB DE CUBA. m ée Cuha^ D'après cette divisioQdla Provincia de Oaha embrasse Santiago de Guba^ Bara- coa, Holguin, Bayamo, Gibara, Matizanillo, Jiguani, Cobre et Tiguaros; la Provincia de Puerto Principe y la ville de ce nom, Nuevilas, Jagua> Santo Espiiitii, San Juan de les Re- medios^ Villa de Santa-Glara et Trinidad* L'intendance la plus occidentale^ ou Pro- wieia de la Hanana^ occupe tout ce qui est ^tté à l'ouest des Quatro Paillas dont Finten- ddf]fl de k capitale â perdu Tadininistration financière. Lorsqu'un jour la culture des terres sera pkis uniformément avancée ^ la division de nie en 5 départemem, de la vuelia de abafo{èîi <5ap Saint-Antoine au beau village de Oaanajay et au Mariel), ée\à Havane (du Mà- rkAk Alvarez), des Quatro Villas (d*Alvarez à Moi«on ) , de Puerto Principe (de Moron à Bio Ganto) et de Cuba (de Rio Gauto à Punta Maysî), paroîtra peat^tré la plus convenable et la plus liée aux souvenirs Instoriqnes des premiers temps de la conquête. Ma carte de Ftle de Guba , quelque impar^ faite quelle soit poaf Tintérieur, e^ encore la seule sutt laquelle on pui$5e trouver les i5 eiudades et 7 villas qui font Pobjet des di- 1 1 2 ISIIAI POIIÏIQUB * visions que je viens de faire connoitre. La ïi^ mite entre les deux éYêchés{linea divUoria de lûs dos obispadoê de la Havana y de Santiago de Cuba) se dirige de l'embouchure de la pe« tite rivière de Santa Maria (long. 8o^ 49^)9 sur la côte méridionale^ par la paroisse de San Eugenio de la Palma, par les haeiendaê de S. Àna, dos Hermanos, Copey et Cienega, vers la Punta de Judas (long. 80^ 46^)9 ^^^ 1^ côte septentrionale, vis-à-vis le Cajo Ro- manOé Pendant le régime des Cortes pagne, on étoit convenu que cette ecclésiastique seroit aussi celle des deux De^ putaciones provinciales de la Havane et de San- tiago. {Guia Comtitucional de la Isla de Cuba, 182a, p. 79.) Le diocèse de la Havane emr brasse 4o, celui de Cuba 22 paroisses. Etablies dans un temps où la majeure partie de l'ile étoit occupée par des fermes à bétail {haden" das de ganado), ces paroquias ont une étendue trop vaste et peu adoptées aux besoins de la civilisation actuelle. L'évéché de Santiago de Cuba renferme les 5 ciudades de Baracoa, Cuba, Holguin, Guiza, et Puerto Principe, et la Villa de Bayamo. Dans l'évêcbé de San Cristobal de la Havana. on compte les 8 aa- SUR l'île de cuba. ii5 dades dé la Havane, Santa Maria del Rosario , San Antonio Abad ou de los Banos, San Fe- Kpe y Santiago del Bejucal, Matanzas, Jaruco, La Paz et Trinidad , et les 6 Villas de Guana*^ hacoa , Santiago de las Vegas ou de Gompos- tela, Santa Clara, San Juan de los Remedios, Santo Espiritu et S. Julian de los Guines. La division territoriale la plus usitée et la plus populaire , parmi les habitans de la Havane , est ceUe de vuelta de arriba et de abajo à Fest et à l'ouest du méridien de la Havane. Le premier gouverneur de l'île qui prit le titre de Capitaine général ( 1 60 1 ) , fut Don Pedro Valdes. Avant lui, on comptoit 16 autres gou- verneurs dont la série commence par le fa- meux Poblador et Conquistador, Diego Valas- quez , natif de Cuellar, que l'amiral Colomb avoit désigné en 1 5 1 1 . Population. -^Nous venons d'examiner l'é- tendue, le climat et la constitution géologique d'un pajs qui ouvre un vaste champ à la ci- vilisation humaine. Pour apprécier le poids que, sous l'influence d'une nature si puissante, la plus riche des Antilles pourra mettre un jour dans la balance politique de l'Amérique I. 8 Il 4 ^^^^< FOLITIQU£ insulaire; > nous allons comparer sa populatidQ actuelle avec celle que peut nourrir un sol de 36oo lieues carrées marines, en grande partie vierge , et fécondé par les pluies tropi- cales. Trois dénombremens successifs, d'une exactitude très*inégale , ont donné en 1^75 une population de.... 170^863 179* i 272,140 1^17 ,.. .i .... i .... . £3o,g8o D'après la dernière évaluation » dont les dé^ taits seront 0xpo^^ plus bas, il jr âVoit â9a,Qâi bUti.c$ , 115,691 libres de couleur e% 225^268 çsclav^^ Ces résultalâ se trouvent assez conformer au tmvail intéressant que la Municipalité delà Havane àvoit' soumis, en 1811, aux Cortès d'Espagne > et dans léqiroi on s'arrêtoit approximativement à 600,000, dont j^ 74)000 blancs, U49OOO affranchis et 212,000 esclaves. En réfléchissant ;sur les omissions diverses du dernier dénombrement de 1817, sur l'introduction des esclaves (la douane delà Havane en a enregistré, dans les seules trois années 1818, iSig et 1820^ plus de 4i>ooo); et, pur Faccroisseoient des libres SUR L*ILB DE CUBA. H 5 de couleur et des blancs que donne la compa- raison des dénombreméns de 1810 et 1817 dans la partie orientale de l'Se, on trouve qu'il y ayoit dans l'île de Cuba, à la fin dtf 1 8â5, probablement déjà : Libres 4^5,ooo blaacs 5a5^ooo libres de couleur. i5o^ooo Esclaves. 260^000 Total 716^000 La population de File de Cuba est par con- séquent aujourd'hui très -peu différente de celle de toutes les Antflles Aagloises , et elle est presque double de celle de la Jamaïque. Le rapport des diverses classes d'habitans grou- pés d'aprè$ leur origine et l'état de leur liberté civile, offre les contrastes les plus frappans dans les pajs dans lesquels l'esclavage a jeté des racmes très-profondes. Le tableau qui in- dique ces rapports peut faire naître les plus graves réflexions. 8 Il6 EISA! POLIÏEQDE S""^*^^ "T^?- ih— rs <7> o - ■ d ' m - 00 = 0- ~ »~ 1 - Il 1 Il : il ; il à^ i i -i s § iSJ sj iil .« a j__ aj3 s â a __ n e o" 5" ta a a 3 Si ^. «S35 o 00 §•1= m "^ tN ■d g J§ 1 m" ^ -- i m ^ X « ' s .' ^ 1 i i - ; "g B. .- i : r .2 s 1 il i ! s . il s j 14 H — SGH LUB DE CDBA. 1 17 ". t " 1 3 1 -1 -i; -^ = " ïs ". 0* à o\ -- ,o' - o" 0" o~ « . j ■ 1 ^■3 : : " : • S • : " : H -0 ■ 1 S : -a S 3 j t3 ca j M ea ^ M i 1 1 g ©■ ? 1 œ «. a 15 = 05 S-SSg âjas J « S § 8 g ^^ 0" " "* 2- Sî 1 ^ l. g g 00 n 0" >* f; „ ^ ; .1 i -S 2 : 2-H îLi H5 ^ .«^ ""•^^ s? s ^i î !-< â-r f ^_ H •w « 1j8 ISS ai poiitique On vok par ce tableau ' que^ claos Vue de Cuba, les hommes libres sont in^ de la popula* tion entière ^; dans les Antilles An gloises, à peine rh* Pans tout l'archipel des Antilles^ les hpnmie$ de couleur (nègres et mulâtres, libres et esclaves) forment une masse de 2,36o,ooo ou de -^ de la population totale. Si la législation des Antilles et Tétat des gens de couleur n'éprouvent pas bientôt des change- mens salutaires, si l'on continue à discuter sans agir, la préj^ndérance poUtique passera entre les mains de ceux qui ont la force du travail , la volonté de s'affranchir et le cou- rage d'endurer de longues privations. Cette cata^ophe sanglante aura Keu comme une suite nécessaire des circonstances, et sans que ^ Ce tableau se ràpjj^rte à la fin de l'année i8a3; il n'y a gue la population de Cuba qui est de l'année i8a5. Si l'on admet pour Haïti 956,000 ( Foy^it plus haut ^ p. i58 et iSg) , au lieu de 820^000, on aura, pour tout l'archipel des Antilles, 2,959,000 dont i,3a9|000 9 ou ^ au lieu de — hommes de couleur libres. ^ En 1788, les hommes libres formoienti 4ilanf.la partie françpise de Saint-Domingue « o^i3 (savoir, les blancs, 0^08; les libres de couleur^ e,o5), et les esclAres,. 0,87. SIR l'ilk de cuba. 1 19 les noirs libres d'Haïti- s^ii mêlent aucune- qiiept^ sans qu^ils abandonnent le système d'isolement qu'ils ontsijivi jusqu'ici. Qui ose- rait prédire Tinfluence qu'es:erceroit une Con^ pdération africaine des États libres des Antilles ^ pkcée entre Colombia , TAmérique du Nord et Guatimala , sur la politique du Nouveau- Monde? La crainte de cet événement agit sans doute plus puissamment sur les esprits que les principes d'humanité et de justice; mais^ dans chaque ile^ les blancs croient leur pouvoir inébranlable. Toute simultanéité d'ac- tion de la part des noirs leur paroît impossible; tout changement, toute concession accordée à la population ser^île, un signe de lâcheté. Rien ne presse : l'hornble catastrophe de Saint-Domingue n'a été que l'effet de l'inha- bileté des gouvernans. Telles sont les illusions qui régnent parmi la grande masse des colons aux Antilles , et qui s'opposent également aux améliorations de l'état des noirs en Géorgie et dans les Carohnes. L'île de Guba^ plus que toute autre des Antilles, peut échapper au naufrage commun. Cette île compte 43^^000 hommes libres et 260,000 esclaves : par des mesures humaines et prudentes à la fois , elle pourra 130 £SSAI POLITIQUE préparer rabolition graduelle de l'esclavage* N'oublions pas que, depuis l'affranehissemenf d'Haïti , il y a déjà dans l'archipel entier des Antilles plus d'hommes libres nègres et mulâtres que d'esclaves. Les blancs, et surtout les affran- chis, dont il est facile de lier la cause à celle des blancs , prennent , à l'île de Cuba , un ac- iîroissement numérique très-rapide. Les es- claves dimjnueroient, depuis 1 820, avec beau- coup de rapidité, sans la continuation fraudu- leuse de la traite. Si, par les progrès de la ci- vilisation humaine et la volonté ferme des nouveaux états de l'Amérique libre , ce com- merce infâme cesse tout-à-fait , la diminution de la population servile deviendra plus con- sidérable pendant quelque temps, à cause de la disproportion qui existe entre les deux sexes, et de l'affranchissement qui continue; elle ne cessera que lorsque le rapport entre les décès et les naissances des esclaves sera tel que même les effets de l'affranchissement se trouveront compensés. Les blancs et les affran- chis forment déjà près de deux tiers de la po- pulation totale de l'île , et leur accroissement marque aujourd'hui, dans cette population totale , du moins en partie , la diminution de^ SUR LILE DK CUBA. 121 esclaves. Parmi ces derniers, les femmes sont aux hommes, en excluant les esclaves mulâ- tres, dans les plantations de cannes à sucre, à peine dans le rapport de i : 4 > dans toute Tîle , comme 1:1,7; ^^"^ ^^^ villes et les fermes où les nègres esclaves servent de domestiques ou travaillent à la journée pour leur compte et pour celui du maître à la fois , comme 1 : 1 ,4? même (par exemple à la Havane ») comme 1 : i,a. Les développemens qui suivent feront voir que ces rapports se fondent sur des données numériques que l'on peut regarder comme des nambres limites du maximum. Les pronostics auxquels on se livre trop lé- gèrement sur la diminution de la population totale de l'île, à Fépoque où la traite sera ^ 11 me paroit assez probable qu'à la un de 1825 , il existoity de la population totale de gens de couleur (mulâtres et nègres^ libres et esclayes)^ à peu près i6o;000 dans les villes^ et 25o;00o dans les champs. En 1811, le Canaulado, dans un écrit présenté aux Gortès d'Espagne^ supposoît^ dans les Tilles^ i4i;000 gens de couleur; dans les champs^ 1 85, 000. Dacu^ mentos sobre los Negros , p. 121. Cette grande accumu-* lation de mulâtres et de nègres libres et esclayes^ dans les Tilles , est un trait caractéristique de l'île de Çuba« \22 liSSAl POLITIQUE abolie en réalité et non seulement d'après les lois, comme depuis i8âO; sur l'impossibilité de continuer en grand la culture du suc^e ; sur l'époque prochaine où l'industrie agricole de Cuba sera restreinte aux plantations de café et de tabac et à l'éducation des bestiaux, se fondent sur des argumens dont la justesse ne 91e paroit pas suffisamment avérée. On ou- blie que les sucrenes, dont plusieurs manqiieDt de bras y et affoiblissent les nègres par de fré- quens travaux de nuit, ne reuferment que i de la totalité des esclaves, et que le problême du quotient de l'accroissement total de la popula- tion dans l'île de Cujba, à l'époque où l'intro- duction des noirs d'A&ique cessera en4ière- ment, repose sur des étémens teUemen;t com- pliqués, sur des compensations d'un effet si varié parmi les blancs, les affranchis et les esclaves cultivateurs, dans les plantations de canne à sucre, de café ou de tabac j parmi les çsclavessUttaçhés aux jfernçLes à bétail €,t les ^69- claves domestiques ou artisans et jourDaliars dans tes villes , qu'on ne doit pas hâter de si tristes présages, mais attendre que le gouver- nement se soit procuré des données statis- tiques positives. Uesprit dans lequel ont été SUR l'île de cuba. 125 faits même les dënombremens les plus anciens^ par exemple celui de 1776, par distinction d'âge, de sexe, de race et d'état de liberté ci- vile, mérite les plus grands éloges. Il n'y a que les moyens d'exécution qui ont manqué : on a senti que le repos des habitans est vivement intéressé à connottre partiellement les occu- pations des noirs , leur distribution numérique dans les sucreries, les fermes et les villes. Pour remédier au mal, pour éviter les dangers pu- blics, pour consoler l'infortune dans une race qui souffre et qu'on craint plus qu'on ne l'a- voue^ il faut sonder la plaie; car il y a dans le corps social, dirigé avec intelligence, comme dans les corps organiques , des forces répara- trixses qu'on >peUt opposer aux maux les plus invétérés. Pour l'année iSii (époque à laquelle la Municipalité et le Tribunal de Commerce de la Havane supposoient la population totale de^ l'île de Cuba de 600,000 et ceHe de 3^^6,000 hommes de couleur libres ou esclaves , mu- lâtres ou noirs) , la répartition de cette masse dans les différentes parties de l'île, dans les villes et les campagnes, donna les résultats sui- 124 ^SSÀI POLITIQUE vans, en s'arrêtant non aux quantités abso- lues 9 mais aux seuls rapports de chaque nom- bre partiel avec le nombre total des gens de couleur considéré comme unité. DIVISIONS T£BBITOBIiLL£S LIBBBS Gins II de H de de BSCbATBS. conleory libres l'ilb db cuba. couleur. et escUiTef. I. Pâbtib ocGiDBirTÂLB (Ju- ridiction de la Havane) . dans les Villes... 0,11 0,1 iX o,aaJ dans les Champs. o,oiX 0,34 oflSl II. Partir oribhtalb (Qaa- tro Villas, Puerlo-Prin- cipe , Cuba). dans les Villes.. . o,ii 0,093! o>aoX dans les Champs. Total 0,11 o,ioX o,aiX 0,342 o,65X l,oo n résulte de ce tableau, bien susceptible d'être perfectionné par des recherches ulté- rieures , qu'en 1811, presque f des gens de couleur résidoient dans la Juridiction de la Havane, depuis le cap Saint -Antoine jusqu'à SUR l'île DK cuba. 125 « AlTarez; que, dans cette partie , les yilles ren* fennoient autant de mulâtres et nègres libres que d'esclaves y mais que la population de cow^ leur des yilles étoit à celle des champs comme a : 3. Au contraire, dans la partie orientale de l'île , d'Alvarez à Santiago de Cuba et au cap Majsi, les gens de couleur, habitans des villes, égaloient presque en nombre ceux qui ëtment repartis dans les fermes. Nous verrons bientôt que , depuis 1811 jusqu'à la fin de 1 82 5 , 111e de Cuba a reçu , dans toute l'étendue de ses côtes, par des moyens licites et illicites, 185,000 nègres aûicains , dont la seule douane de la Havane a enregistré, de 1811 à 1820, près de 116,000. Cette masse nouvellement introduite a porté sans doute plus sur les cam- pagnes que sur lesfvilles : elle aura altéré les rapports que les hommes les plus instruits des localités ont cru pouvoir établir, en i8ii, entre la partie orientale et la partie occiden- tale de l'île , entre les villes et les champs. Les nègres esclaves ont beaucoup augmenté dans les plantations de l'est; mais l'affreuse certi- tude que, malgré l'importation de 1 85,000 n^- gro$ bozaleê , la masse des gens de couleur libres et esclaves , mulâtres ou nègres n'a pas lii^S ESSAI POLITIQUE augmenté, de i8i) à i8a5, de plus de 64,000 ou de i, fait voir que les changeinens qu'é- prouvent les rapports de distribution partielle, sont restreints entre des limites plus étroites qu'on ne seroit tenté de l'admettre d'abord. Nous avons vu plus haut qu'en supposant 7 1 5,000 habitans (ce que je crois le nombre ti^ mite du minimum) , la population relative de l'tle de Cuba est^ à la fin de l'année i825, de 197 individus par lieue carrëe marine ; par consé- quent presque deux fois plus petite que la po* pulation de Saint-Domingue , quatre fois plus petite que celle de la Jamaïque. Si Cuba étoit aussi bien cultivé que cette dernière île, 00, pour mieux dire, si la densité de la population étoit la même, Cuba auroit 36i5 x 874 ou 3, 1 59,000 habitans ^ , c'est-à-dire plus que l'on ^ En supposant la population de Haïti de 820^000, on troute 334 habitans par lieue carrée marine. En supposant 936^000^ la population relative est de 582. Les auteurs nationaux pensent que l'ile de Cuba peat nourrir 7 7 millions d'habitans. (Voyez Meel. de loi repr. de Cuba contra la ley de aranceles 1821^ p. 9}* Même dans cette hypothèse ^ la population relatiye n*égaleroit point encore celle de l'Irlande. Quelques géographes anglois donnenl a la Jamaïque 4? <>909('^ acres 5 ou 534 !• c» marines. SUR l'île de cuba. 127 en compte aujourd'hui dans toute la répu- blique de Colombia ou dans tout Farchipel des ÂntiUes. Cependant la Jamaïque a encore l,9i4>ooo acres non cultirés. Les plus anciens dénombremens officiels (padronès y censos) dont j'ai pu avoir connois- sance pendant mon séjour à la Havane, sont ceux qui ont été faits par ordre du marquis de laTorre (en 1774 et 1775), et de Don Luys de las Casas ^ (en 1791). On sait que dans l'un et ^ Ce gouverneur a fondé la Société patriotique y la Junta de agricultura y comercio^ une bibliothèque publique, le ConsuladOy la Maison des pauvres filles {fiasa de heneficiencia de ninas indigentes) , le Jardin botanique , une chaire de mathématiques et des écoles primaires gi^alùites (escuelas de primeras letras). Il essaya d'adoucir les formes barbares de ïa justice cri- nûnelle^ et créa le noble emploi d'un de/ensor de po-^, ires. L'embellissement de la Havane , l'ouverture du chemin des Guines , les constructions de ports et de digues, et, ce qui est bien plus important, la protec* ticii accordée à des écrits périodiques propres à vivifier FlKprît ptiblic , datent de la même époque. Don Luis de las Casas y Aragorri, capitaine général de File de Cuba (1790-1796), naquit dans l'aldea de Sopuerta, en Biscaye. Il combattit avec la plus grande distinction lâS ESSAI POLITIQUE dans l'autre on a procède avec une négligence extrême , et qu'une grande partie de la popu-* lation a j^u se soustraire au recensement. Le Padron de 1775 , dont l'abbé Ray nal a déjà eu connoissance , donna pour résultat : Hommes blancs 54^555 mulâtres libres 10^02 1 noirs libres &;9^9 mulâtres esclaves 5,5 18 noirs esclayes « . ^S^aSG 99>3o9 Femmes blanches 40,864 mulâtresses libres 9^006 négresses libres. ..•>.«. 5^629 mulâtresses esclaves. . . . 2^206 négresses esclaves 1 5^556 71,061 Total, 1 70,370 dont la seule Juridiction de la Havane renfermoit 75,617. Je n'ai pas eu en Portugal, à Pensacola, en Crimée^ devant Alger^ à Mahon et à Gibraltar. Il mourut , âgé de 55 ans , au Puerto Santa Maria, en juillet 1800. Voyez les préci*' de sa vie par Fray Juan Gonzalcs (ciel Orden de Pre-- dicadores) et Don Tomas Romay. SUR l'île de CUBA. ISQ occasion de vérifier ces chiffres sur des pièces officielles. Le Padron de 1791 donna, et ce nombre est conforme aux registres, 272,141 habitans^ dont 137,800 dans la Juridiction de la Havane , savoir : 44>337 dans la capitale , 27,71 5 dans les autres ciudades et villas de la Juridiction et 65,748 dans la campagne (par^ tidos del campo). Les réflexions les plus simples font reconnoître ce qu'il y a de contradictoire dans les résultats ' de ce travail. La masse de 157,800 habitans de la Juridiction de la Havane y parok composée de 73,000 blancs, 27,600 libres de couleur, et 57,200 esclaves; de sorte que les blancs seroient aux esclaves dans le rap- port dei : 0,5 au lieu des rapports dei: o,83 que l'on observe depuis long-temps dans la ville et dans les champs. Eni8o49 j'ai discuté, conjoint* tement avec des personnes qui possédoient une grande connoissance des localités , le dénom- brement de Don Luys de las Casas. En recher^ chant par des comparaisons partielles la valeur des quantités omises, il nous a paru que la popu* lation de l'île n'a pas dû être, en 1791, au- ^ Andréas Cavode vita Joe. JuL Pareni Havanen- 9%8 {Bomœ, 1792)9 p. 10. Quelqaes copies portent i5i,i5o au lieu de 137,800. I. 9 ] 3o I88ÂI FOUTIQUS dessous de 36â,70o. Cette population a été augmentée de 1791 à 1804 du nombre de nègi^s (bozales) qui s'élevoit^ d'après les registres de la douane , pendant cette période, à 60,393; des émigrations d'Europe et de Saint-Domingue (5ooo); 'enfin de l'excès des naissances sur les décès asse2 petit dans un pays où T ou -5 de la population entière est condamné à virre dans le célibats L'effet de ces trois causes d'augmentation , en ne comptant qu'une perte annuelle de sept pour cent sur IdBnegroB bojtales^ fut évalué à 60,000 j d'où il résultoit, approximativement pour i8o4> ujk mtnimimt ^ de 43â,o8o. Le dénombrement ^ D^m t:e nombre de 4^2,0009 je comptoîs, pour i8o4: blancs, 2549O00 ; libres de couleur^ 90^0003 es- claves^ ioâ|00o. (Le dénombrement de 1817 a donné àgOjOoo blancs, ii5;Ooo libres de couleur et aaS^ooo enclaves.) J'avoîs évalué la populatîoi) noire esclave 1 tA Comptant une production de 80 k 100 arrobes de sucre par tète de nègre dans les sucreries et 8a esclaves pour la population moyenne d'un ^ngefiio. Il y avoit alors p}u&de 55o sucreries; et, dans les sept paroisses de Guanàfay, Managua 9 Batabano , Guines, Gano^ Bc** jucaletGuanabaCoa, on avoit trouvéypar tin dénom- b^mieikt eiLàct, dans i83 yngenios, iS,i3o esclayes. {Eâppediente , p. i34. Représenta dél Ctmenlaé&de là SUR l'île db goba. i3i de 1817 offre une population de 572,363, et ne doit aussi être considère que comme ua Bàbana del 10 Jnlio 17999 mantiscrit;) Le rapport de la production du sucre au nom)>re des nègres employés dans les sucreries est très«-dilficile à constater : il j a des habitations où 3oo nègres produisent à peine ^yOOQ arrobes de sucre ; dans d'autres^ i5o nègres fa- briquent par an près de 37,000 arrobes. Le nombre des blancs peut être contrôlé par celui des milicîaa dont il j ayoit^ en i8o4> de diacipUnadas 2680, de ruraleB 91^85 1, malgré l'extrême facilité de se soustraire au service et les exemptions sans nombre accordées aux Abogadoêy EscrihanoSy MedicoSy BQticarioa^ Nota'* riaSf Sacristaneé y Servientes de Igleaia, Jifimstros deEscuela, Jtf amorales , Mercadorea et tout ce qui se dit noble. Comparez Rejkxiones de u^ Habanero sobre la independencia de esta tsla, 1825^ p. 17. En 18 17^ on comptoit d'hommes capables de porter les armes ^ en- Ire i5 et 6^ ans; i<>dansla classe libre, 7i>o47 blancs; 17,862 mulâtres libres; 17,246 nègres libres (total d'hommes libres 1 06^ 1 55) ; 2^ dans la classe des esdares, io,5o6 mulâtres et 75^393 noirs (total des esclaves ^^>^99; total des libres et des esclaves^ entre i5 et 60 ans 9 i9a>o54)* En prenant pour base les rapports des levées. militaires à la populaiion en France {Peur ^kety ^IfiUf f p. 245, 247) , on trouve que cette évalua- tiQu de 192^054 supposeroit une popul^tiqn plus petite fue 600^000. Les cantingenê des trois classes de Uancs, 9* iùû £SSAI POtlTIQUlC nombre limite au minimum; il justifie le tésul^ tat auquel je me suis arrête en 1804^ et qui a été répandu depuis dans beaucoup d'ouvrages de statistique. D'après les seuls registres des douanes, il a ëté introduit, de i8o4 à 1816^ plus de 78^600 nègres. Les documens les plus importans que nous possédons jusqu'ici sur la population de l'île, ont été publiés à l'occasion d'une proposition célèbre faite dans l'assemblée desGortès, le aS mars 1811, par MM. Alcocer et Ârguelles contre la traite en général et contre la perpé- tuité de l'esclavage parmi les noirs nés dans les colonies. Ces documens précieux accom- pagnent, comme pièces justificatives, les re- présentations < que Don Francisco de Arango , d'aflPranchis et d'esclaves sont comme les nombres 0,3^; 0;i8; 0^4^; tandis que les populations de ces classes ^ sont vraisemblablement comme 0,46; 0,18; o,56. ^ Bepresentacion del 16 de Agosto 181 1, quepor en- cargo del AytmtamientOy Consulado y Sociedad po" Motica de laHabana, hizo elAl/erez mayorde aqvella êiudad, y se eîevà à las Certes par las espressadoê euerpos. Cette pièce se trouve imprimée parmi les Ik^ eumentos sobre eltrajico y esclavitud de negras , i8i4r p 1-86, que j'ai eu occasion de citer pins hadt. Qud* SUR l'île de CUBA. loU un des hommes d'état les plus éclairés et les plus profondément insti^uits de la position de sa patrie, fit aux Gortès , au nom de la Muni- cipalité , du Consulado et de la Société pa- triotique de la Havane. On y rappelle (c qu'il n^xiste d'autre recensement général que celui qui fut tenté,, en 1791, sous la sage adminis- tration de Don Lujs de las Casas, et que depuis cette époque on s'est borné à des dénombre- mens partiels dans quelques districts les plus peuplés. )> Les résultats, publiés en 1 8 1 1 , ne se fondent donc que sur ces données incomplètes et sur les évaluations approximatives de l'aug- mentation de 1791 à 181 1. On a adopté dans le tableau suivant la division de l'île en 4 dis- tricts, savoir : \^ hi Juridiction de la Havane^ ou Partie occidentale , entre le Cap Saint-Antoine et Alvarez; 2® la Juridiction des Quatro Villas^ avec ses 8 paroisses» situées à l'est d'Alvarez ; 3° la Juridiccion de Puerto Principe ^ avec 7 paroisses; 4^ la Juridiccion de Santiago de Cuba avec 1 5 paroisses. Les trois derniers dis- tricts comprennent la partie orientale de l'île. ques résultats généraux dû travail de M* d'Arango avoient déjà été publiés^ en 181a, dans le Patrioia i^laHabana, Tom. 11^ p. agi. I8SAI POUnQOS i i 1 1 1 1 1 i ê i i 1 1 1 1 1 1 1 1 i i 1 i. i i. 1 i i •it i i 1 i 1 i 1 1 i •2 S S S 5 s ^ ? i ^ Mil jii Mil II ^ ï " s ? s ï : ■ '-' n r 1 Le rapport des castes entre elles reslera uû probtême politique d'une haute importance Jusqu'à l'époque où une sage MgislatioD aura 8DR t.*XLE DS CUBA* 1 5S réussi à calmer des haines invëtérées, en aeeordant une plus grande éjgalitë de droits aux classes opprimées. En iSt i ^ le nombre des blancs suipassoit , dans l'ile de Cuba, de 6d,ooo celui des esclayes, tandis qu'il égaloit , ai prèst le nombre des gens de couleur libres dL es- claves. Les blancs qui étoient à la même époffi^ dans les Antilles angloises et françoises, il? de la population totale, en fonpoient à Tîle de Cuba les rê;* Les libres de couleur s'élevoient à rêsy c'est-à-dire au double de ce qu'on en trouve à la Jamaïque et à la Martinique. Gomme le dénombrement de 1817, modifié p3LvlaiDeputacion Provincial, n'adonné encore que 115,700 affranchis et 225,3oo esclaves, cette comparaison prouve, 1 ® que les afiranchis ont été évalués avec peu de précision, soit en 181 1, soit en 1817, et ao que la mortaUté des nègres est tellement grande que, malgré l'introduction de plus de 67,700 nègres afri- cains, enregistrés dans les douanes, il n'y avoit, eni8i7,quei3,5ooesclavesdeplusqu'eni8ii. Les décrets des Cortès (des 3 mars et 26 juillet i8i3), et la nécessité de connoître la population pour réunir les juntas électorales de provincia , de partido et de paroquias , enga- l36 ESSAI POLITIQUE gèrent l'administratioD , en 1817, à substituer au& évaluations approximativeSyieniées en 1 81 ly un nouveau dénombrement. Je Tais le con-' signer ici d'après une note manuscrite, qui* m'a été communiquée ofEcièllement par des députés américains aux Corth. On n'en a imprimé jusqu'ici les résultats que par extraits, soit dans les Guias de Forasteros de la Isla de Cuba (1822 , p* 4^, et 1826, p. io4)^ soit dans la Reclatnacion hecha contra la ley de j4rancelez (1821, p. 7.) iOR l'(LE DB CUBA. .3, i "Ç ^ 1 i •2 S -sa fi f 3, 1 "i "g ? 'S. : 3, s |l î 5 Il f 1 îi'. ■sSiA-iû'â ■Â'-W% ■■■i i' -i - ■4 -^ - éssêssêsi •ïliili 1 % €■ i: -i ;? -s " ■S i 2 2 - - ^ , . =■ u -il 11 si-?" s II ••S u l3S I8SAI POLITIQUK Oû peut être surpris que Féyaluatioii ap- proximative, présentée aux Gortès en 1811, offre un total qui est supérieur de 28,000 à celui du recensement effectif de 1817; mais cette contradiction n'est qu'apparente. Le dernier recensement a été sans doute moins imparfait que celui de 1791» cependant on est resté au-dessous de la population existante à cause de la crainte qu'inspire partout au peuple une opération qu'on a coutume de re-» garder comme le funeste précurseur de taxes nouvelles. D'ailleurs la Deputacion Provincial y en transmettant le dénombrement de 1817 à Madrid, a cru y devoir faire deux modifi- cations. On a ajouté 1^ les 32,64 1 blancs (transeuntesdelcomercioyde los buques entradoê) que les affaires de commerce appellent dans Vile de Cuba, et qui font partie des équipages d'après les livres des capitaines des ports, et 2* les 25,976 negros bozales qui ont été importés dans la seule année de 1 8 1 7; d'où il résulteroit, pour 1817, d'après l'opinion de la Deputacion Provincial j un total de 630,980 dont 290,021 blancs, 1 16,691 libres de couleur et 225,261, esclaves. C'est par erreur, je pense, que , dans les atmanacbs ifiuias) publiés à la Havane et 8im l'île de cuba. 139 dans plusieurs tableaux manuscrits qui m'ont été envoyés récemment , on donne ce total de 630^980 comme appartenant, non à la fin de 1817, mais au commencement de l'année 1 820. Les Guioêj par exemple , ajoutent aux 199,29a esclaves du censo de 1817 les 25,976, comme maumento que se considéra £^^1817^1819. » Or, il conste % d'après les registres des douanes, * Notes on Mexico ^ p. 217. Dans cet ouvrage, le re- censement de 1817 est porté à 671^079 au Heu de 630^980. Cette diflFérence naît d'une faute de chiffres dans les hommes libres de couleur. Le tableau de M. Poinsett donne : noirs libres, mâles 28,373; fe- melles 26,002 ) mulâtres libres, mâles 70,612 ; femelles 29,170 : total des libres de couleur, x54,o57. Or le censo n'offre, d'après les Guias et d'après mon tableau manuscrit, que 115,699, différence de 38,358. En sdbstîtuaDt pour les hommes libres 32,i54 à 70,512, on trouve un chiffre qui rend le rapport des deux sexes moins choquant, et qui le met en harmonie avec lo rapport que Ton observe parmi les libres noirs. Com- ment aussi, s'il y avolt 70,000 hommes mulâtres libres et 28,000 hommes noirs libres dans l'ile de Cuba, trouveroit-on , d'après M. Poinsett même, en indi- vidus capables de porter les armes, un nombre à peu près égal (17,862 et 17,246) de mulâtres et de nègres libres? Comment, à la Havane, n'y auroit-il, d'après let recensement de 1 8 1 o ( Voy. plus haut, p. 20 1 ), que 970Q l4o ESSAI POLITIQUE que le nombre des nègres introduits a été 9' dans ces 3 années, dé 62,947; savoir: en 1817, de 25,851^ en 1818, de 19,902; en 1819, de 1 7, 1 94. Le judicieux auteur des Lettres sur la Havane adressées à M, Croker, premier se- crétaire de l'Amirauté , croit la population de gens de couleur libres et esclaves 9 en 1820, de 570,000; mais41 regarde > l'addition totale mulâtres libres des deux sei.^ et 16^600 nëgres et né- gresses libres? Les Notes on MeaicOy dont générale- ment on ne sauroit trop louer la grande exactitude, indigent, pour 1817, dans toute l'île a), 52^3o» es- claves mulâtres et 166^ 843 esclaves nègres, dans le rapport de 1 : 5 ft), 74^821 femmes esclaves de toutes les couleurs et 1 24^324 hommes esclaves dans le rap- port 1 : 177. A la Havane^ cependant , où les esclaves mulâtres sont bien plus nombreux que dans la cam- pagne , leur rapport aux esclaves noirs n'est que de 1 : 11 ; et dans la juridiction de Filipinas {Memorias de la Soc. econoffiica de la Habana, 1819, n^ 5i^ p. 252) ^ on a trouvé, en 1819, sur 5634 esclaves, 1049 femmes (52 mulâtresses ; 4^7 négresses créoles et 56o négresses bozales ou récemment importées), et 2585 hommes (91 mulâtres^ 548 nègres créoles et 1946 nègres bo- zales). * n y a également plusieurs erreurs, de chiflBres dans les Lettersfrom the Havanna, p. 16- 1 8 et 36 3 les esclaves sCK l'île de cgbà: 141 de tSâ,64i proposée par la Junia provistonal comme trop forte. Il suppose que toute la po- pulation blanche n'étoit» en 1820, que de â5o,ooo; et il n'admet, comme résultat du censo dei 8 1 7, que 238,796 blancs (dont 129,656 mâles, et 109,140 femelles). Le vrai chiffre publié pendant plusieurs années successives dans la Guia est 257,380. Gomment s'étonner des contradictions par- tielles dans les tableaux de la population dressés en Amérique, lorsqu'on se rappelle les diffi- cultés qu'on a eues à vaincre , au centre de la ci^lisation européenne , en Angleterre et en France, chaque fois qu^on a entrepris la grande opération d'un dénombrement général? sont éralués, pour 1817, à 124>324 au lieu de 199,29a; pour 18199 à 181,968 ((formant un excès de i43,o5o Sur la population blanche. )> Cependant la population Uanche étoit déjà alors au-dessus de 290^000. Je la crois y en 1825, pour le moins de SaS^ooo, et un fia- haneto des plus instruits des localités l'avoit même sup- posé, en 1 825 y de 540;000. Sobre la independ^ de Cuba, p. 17. Dans quelques parties de l'ile» les tableaux sta- tistiques ont été dressés arec un soin extrême, par exemple à San Juan de los Remediod et à Filipinas , pour Tannée 1819, par Don JoaquinYigil de Quinones et Don José de Aguilar. I ^% SS8AI POLITIQUS On êaii, par exemple, que la population de Paris etoit, en 1820, de 7i4)Ooo; on croit ^ diaprés le nombre des décès et le rapport supposé des naissances à la population totale, qu'elle étoit, au commencement du 1 8"* siècle, de 53o^ooo« (Rech. stat. sur ta ville de Pari$y par le comte de Chabrol, 1823, p. xviii), mais on ne connoit pas à i près cette même popu- lation à répoque du ministère de M. Necker. On sait qu'en Angleterre et dans le pays de Galles, la population s'est accrue, de 1801 à 1 82 1 , de 3, 1 o4,683, et cependant les registres des naissances et des décès ne rendent raison que d'un accroissement de ^2, 173^^1 6, et il est impossible d'attribuçr 931,267 aux seuls ëmi-> grations d'Irlande en Angleterre {Statist. Il- lustrations on the British Empire 1825, p. xnr et xv). Ces exemples ne prouvent pas qu'il faut se méfier de tous les calculs d'économie politique : ils prouvent qu'on ne doit em- ployer des élémens numériques qu'après les avoir discutés et après avoir déterminé les li- mites des erreurs. On seroit tenté de com- parer les différens degrés de probabilité qu'of- frent les résultats statistiques dans l'empire ottoman, dans l'Amérique espagnole ou por- SUR L^lUt DE CUBA. l4S ttigaise y en France ou en Prusse ^ à ces posi- tions géographiques qui se fondent, ou sur des éclipses lunaires, ou sur des distances de la lune au soleil 9 ou sur des occultations d'étoiles. Pour réduire un dénombrement fait il y a Tingt ans à une autre époque donnée, il fait connoître le quotient de Faccroissement; or^ ce tjfuotient n'est connu que d'après les dénom* bremens de 17919 1810 et 1817, ^^^^^ ^^"^ '^ partie orientale, qui est la moins populeuse de l'ile. Lorsque les comparaisons portent sur des masses trop petites, et placées sous Fin- fluence de circonstances très*particulières (par exemple 9 sur des ports de mer ou sur des can* tons où les sucreries se trouvent très-accu-^ mutées), elles ne sauroient donner des résul- tats numériques propres à être employés pour f étendue entière du pays. On croit entrevoir en général que le nombre des blancs s'ac* croît plus dans les campagnes que dans les villes; que les libres de couleur, qui préfèrent à l'agriculture l'exercice d'un métier dans les villes, augmentent avec plus de rapidité que toutes les autres classes , et que les nègres esclaves , parmi Jiesquels il n'y a malheureu- sement pas le tiers des femmes qu'exige le l44 KSS^t POUTIQOB nombre des mâles, dimiDuent de plus du tf par an. Nous avons tu plus haut que , dans la Ha** \ane et les faubourgs^ l'accroissement des blancs a été, en 20 ans^ de 73 pour cent; celui des libres de couleur, de 1 7 1 pour cent. Dans la partie orientale , le doublement des blancs et des affranchis a eu lieu presque par- tout dans le même intervalle. Nous rappelle- rons à cette occasion que les libres de coa-> leur augmentent en partie par le passage d'une caste à une autre, et que l'augmentation des esclaves , par l'activité de la traite , y contribue puissamment. Les*blancs gagnent aujourd'hui très-peu par les émigrations ' d'Europe, des Canaries, des Antilles et de la Terre-Ferme : ils augmentent par eux-mêmes, car les exem- ples d'un blanchtment officiel ou de lettres de blflnc accordées par VAudiencia à des Ëunilles d'un jaune pâle sont peu nombreux. En 1775, on a trouvé, par un démembre- ment oificiciel dans la Juridiction de la Ha^ ^ En i8ig^ par exemple, ils n'amyërent que 1701 individus^ parmi lesqueb : d'Espagne^ £^i&)Ae France, 584 ; d'Irlande et d'Angleterre , 201 . Les maladies en* lèvent y à -Jr de blancs non acclimates* SUR l'île qe cuba. 1 45 Done , en comprenant sous cette domination 6 ciudades (la capitale avec les faubourgs, la Trinidad , San Felipe y Santiago ; S. Maria del Rosario , Jaruco et M atanzas) , 6 villas (Gua- nabacoa, Santi Espiritus, Yilla Clara, San Antonio , San Juan de los Remédios et San- tiago), Qt 3i pueblos : une population de 171,626; en 1606, avec plus de certitude, 1177,364 (Patriota amer. Tom. II, p. 3oo). L'accroissement en 3i années n'auroit par conséquent été que de 0,61 : il paroitroit beau- coup plus rapide si l'on pouvoit comparer la moitié de cet intervalle. En effet, le Padroa de 1817 donne, pour la même étendue de pays appelée alors Provincia de la Habana et renfermant les Gobiemos dé la capitale, de Matanzas et de Trinidad ou àesÇuatro Villas ^ une population de 392,377; ce qui prouve» pour 1 1 ans, un accroissement de plus de 0,4 1 • Il ne Êiut pas oublier qu'en comparant les po- pulaticms de la capitale et de la province de Cuba dans les années 1791 et 1 8 1 , on obtient des résultats d'accroissement un peu trop grands, le premier de ces dénombremens ayant donné lieu à beaucoup jplus d'omissions que le second. Je pense qu'on approche plus de la 10 ' l4G Mikl fOUTIQim vérité en comparant^ pour la Province Ae Cuba, les cemos plus récens de i8to et 1817. On trouve alors : en 1810, Uancs, 35>5i5; libres de couleur, 32,884; esclaves, 38,834. Total, I07,â3i; et, en 1817 : blancs, 33,733; libres de couleur, 5o,â3o; esclaves, 46y5oo. Total, 1 30,4^3. Accroissement en 6 ans : au-delà de â3,200 ou de 2 1 pour cent, car il y a probablement erreur dans le second recensement des blancs. Le nombre de ces derniers et le nombre des honunes librea en général est tellement considérable dans le dis* trict des Quatro Villa» , que , dans les 6 par- tidot de S. Juan de los Remédies, S. Aguatin, S. Aaastasio del Gupej, San Felipe , Santa-Fe| et Sagua la Ghica , il javcût^en 1819, sur une areà de Sà^Q^ 1 caballerias ^ une population ti>* taie de i3;7ââ : donc blancs, 9672; libres de CD»lenr, 2010; esclaves, 2,140. Au contraire, dans les 10 partîdoi de la Juridiction de Fili* pinas, il y avoit, dans la même année, sur une population totale de 1 3,026, près de 94oo hommes libres; savoir : blancs, 5871 ; libres de couleur, 352 1 (dont 2o3 n^^(?« bozaUèlàr bres); esclaves, 3634; les af&anchisy étaient donc aux blancs := ^ - ^yj* Dans aucune partie du monde où règne l'es- SUR Vile db cuba. i4^ clavage , les afiranchissetneDs ne sont aussi &é- quens que dans File de Cuba. La législation espagnole ; loin de les empêcher ou de les rendre onéreux , comme font les législations angloises et françoises , favorisent la liberté. Le droit qu'a tout esdave de bmcar amo (de changer de maître ), ou de s'afiranchir^ s'il peut restituer le prix d'achat, le sentiment religieux qui inspire à beaucoup de maîtres aisés l'idée de donner par un testament la U^ berté a un certain nombre d'esclayes, Thabi* tude d'entretenir une multitude de noirs pour le service de la maison , les affections qui nai^ sent de ce rapprochement avec les blancs , la £icilité du giûn pour les ouvriers esclaves qui ne paient à leur maître qu'une certaine somme parjour pour travailler librement pour eux- mêmes , voilà les causes principales qui font passer tant d^claves, dans les villes, de l'état servile à l'état de libres de couleur. J'aurois pu ajouter les chances delà loterie et des jeux de hasard si le trop de confiance en ces moyens hasardeux n'avoit pas souvent les suites les plus funestes. La position des libres de couleur est plus heureuse à la Havane que chez les nations qui, depuis des âècles, se 10* 448 £SSÂI POUTIQUK manient d'une culture très-avancée. On n'y connoît pas ces lois barbares ^ qui ont été en- core invoquées de nos jours, et d'après les- quelles les affranchis > incapables de recevoir les donations des blancs, peuvent être privés de leur liberté et vendus au profit du fisc s'ils sont convaincus d'avoir donné asile à des nè- gres marrons! Gomme la population primitive des Antilles a entièrement disparu (les Zambos Caraïbes, mélanges d'indigènes et der nègres, ayant été transportés, en 1 796 , de l'île Saint-Vincent à celle de Ratan), on doit considérer la popula- tion actuelle des Antilles (2,85o,ooo) conune étant composée de sang européen et africain. Les nègres de race pure en forment presque les deux tiers : les blancs kj et les races mé- langées y. Dans les colonies espagnoles du m continent on retrouve les descendans des In- diens qui disparoissent parmi les mestizds et zamboSf mélanges d'Indiens avec les blancs et les nègres; cette idée consolante ne se pré- sente pas dans l'archipel des Antilles. L'état ^ Arrêt du Conseil souverain de la Martinique , du 4 juin 1 720. Ordonnance du 1®' mars 1 766, § 7. SUR l'île de cuba. i49 de la société y étoit tel , au commenceinent da xTi* siècle , qu'à de rares exceptions près ^ les nouveaux colon's ne se mêlèrent pas plus aux indigènes que ne le font aujourd'hui les Anglois du Canada. Les Indiens de Cuba ont disparu comme les Guanches des Canaries, quoiqu'à Guanabacoa et à Ténérifie^ on ait y u se renouveler^ il y a 4o ans , des préten* lions mensongères dans plusieurs Êimilles qui arrachoient de petites pensions au gouverne- ment , sous le prétexte d'avoir dans leurs veines quelques gouttes de sang indien ou guanche. Il n'existe plus aucun moyen de juger de la population de Cuba ou d'Haïti du temps de Christophe Colomb. Comment admettre , avec Vies historiens d'ailleurs très-judicieux , que 111e de Cuba , lors de sa conquête y en 1 5 1 1 , avoit un million d'habitans ^ , et que de ce miUion il ne restoit, en 1 5 1 7, que 1 4,ooo I Tout ce que l'on trouve de données statistiques dans les écrits de l'évêque de Chiapa est rem- pli de contradictions ; et s'il est vrai que le bon reUgieux dominicain^ Fray Luys Bertrau^ qui * Albert Hune, Hiatoriach^philosopldache Darstct- Jungdes Negersclavenhandels , 1820^ Tom. I, p. i37- l50 ESSAI POUTIQUX fut persécuté ' par les encûmenderot y comme le sont de nos temps les méthodistes par quel- ques planteurs anglois ^ a prédit^ à son retour^ que (c les 300,000 Indiens que renferme Hle de Cuba pérîroient Tictimes de la cruauté des Européens J>, il faudroit, pour le moins 9 en conclure que la race indigène étoit loin d^étre éteinte entre les années i555 et i56g ^; ce- pendant (telle est la confusion parmi les histo- riens de ces temps) , selon Oomara ^ , il n'y avoit déjà^ dès i553, plus d'Indiens dans l'Ue de Cuba. Pour concevoir combien doivent être vagues les évaluations faites par les pre^ miers voyageurs espagnols à une époque où l'on ne connoissoit la population d'aucune province de la Péninsule^ on n'a qu'à se rap- peler que le nombre des habitans que le ca^ ^ Voyez de curieuses réyélations dans Juan de Mo" rieta , HisL de todos Î08 Santoa de Eapana, Lihro YU, p. 174. * On ne connoît avec précision que l'époque du re- tour (1569) de Fray Luys Bertran à San Lucar. Il Ait consacré prêtre en i547. ^' ^*> P« i^7 et 175. (Com- parez aussi Patriota, Tom. II, p. 5i.) • Hist. de las Indiaa^ fol. xxvit. suit L'kl dS CUBA» l5l l^taine Gook et d'auU^es navigateurs attri-- buoient à Taïti et aux îles Sandwich '^ dans un temps où la statistique offiroit déjà les com^ paraisons les plus ex.actes, varie de i à 5. On conçoit que l'ile de Cuba > environnée de côtes poissonneuses , auroit , d'après Timmeose té-^ condité de son sol, pu nourrir plusieurs mil- lions de ces Indiens, sobres, sans appétit pour la chair des animaux, et qui cultivoient le ^ Sur la diminution rapide de la population dans l'archipel des îles Sandwich, depuis le voyage du ca-* pitaine Gook , voyez Gilbert Farquhar Maihiêon, Narrât of a visit to Brazil^ Peru and the Sandw. lalandSf 182$, p. 4^« Nous sayons avec quelque cer- titude, par les raj^rts des missionnaires qui ont changé la fiioe des choses à Taïti , en profitant des dissentions intérieures, que tout l'archipel des îles de la Société ne renfennoity en 1818, que 1 3,900 habitans, dont 8000 & Taïti. Doit-on croire aux 100,000 qu'on suppo^ soit dans Taïti seul du temps de GooL ? L'éréque de Chiapa n'a pas été plus vague dans les évaluations de la population indigène des Antilles que ne le sont des écrivains modernes sur la population du groupe des îles Sandwich auxquelles ils donnent tantôt 74o><><><> (^Hoê- 9ei, Hiat. stai. Almanachfur i8a4, P- 3^4)> tantôt 400,000 {Id.y Stai. Vmrisej i8a4 , Heft 3, p. 90). D'après M. de Freycinet, ce grcmpe ne renferme que 364,000. l5â ESSAI POLITIQUE maïs ) le manioc et beaucoup d'autres racines Qournssantes ; mais si cette accumulation de population av oit eu lieu , ne se seroit-elle pas manifestée par une civilisation plus ayancée que celle qu'annoncent les récits de Colomb ? Les peuples de Cuba seroient"*i]s restés au* dessous de la culture ' des habitans des Iles Lucayes? Quelque activité qu'on veuille sup- poser aux causes de destruction , à la tyrannie des conquistadores y à la déraison des gouver- nanS) aux travaux trop pénibles dans les la- vages d'or, à la petite vérole et à la fré- ^ De menor policia » Gomara , p* zxi. L'éloignement assez général que marquent les indigènes de l'Ame* rique équinoxiale pour le régime animal et le lait se trouve déjà exprimé dans la fameuse bulle du pape Alexandre YI^ de i493« << Gertas insulas remotissimas et etiam terras firmas invenerunt^ in quibus quaniplu- rimae gentes^ pacifiée viventes, nudae incedentes^ nec eamibus vescentes, inhabitant^eti ut nuntîi vestri pos- snnt opinari^ gentes ipsae credunt unum Deum créa-- iorem in cœiis esse, {Car. CoqueL Bull. amp. ColL , Tom. III; P. m, p. a54«) Dans ces mêmes Antilles ^ oh. le peuple redoutoit l'influence des zetnes 5 petits fér tiches de coton {Petr. Martyr. Epist, fol. xlyi)^ le monothéisme ( la croyance d'un Grand Esprit super- rieur aux zemes) étoit généralement répandu ! SUR l'île de cuba. i55 quence * des suicides , il seroit difficile de con- cevoir comment, en 3o ou 4o ans, je ne dirois ^ Cette manie de se pendre par £3imilles entières dans les cabanes et les cavernes , dont parle Garcilasso, étoit sans doute Teffet du désespoir : cependant , au lien de gémir sur la barbarie du xvi® siècle , on a voulu disculper les conquistadores, en attribuant la dispari- tion des indigènes à leur goût pour le suicide. Voyez Patriota, Tom. Il, p. 5o. Tous les sopbismes de ce genre se trouvent réunis dans l'ouvrage qu'a publié M. Nuix sur Vhumanité des Espagnols dans la con- quête de V Amérique. {Reflexiones imparciales sobre la humanidad de los Espanoles contra les pretendidos filo»- sofos y politicos , para illustrar las historias deRaynal y JRobertsonj escrito en Italiano por el Ahate Don Juan Nuiœ, y traducido al casteïlano por Don Pedro Varela y Ulloa, del Consejo deS» M., 1782). L'auteur qui nomme (p. 1 86) acte religieux et méritoire l'expul- sion des Maures sous Pbilippe III ^ termine son ouvrage en félicitant (p. 293] les Indiens d'Amérique Plusieurs pages de ce livre rappel- lent (des rigueurs salutaires des dragonades^n et ce passage odieux dans lequel un bomme^ conuM par son talent et &e& vertus privées, M. le comte de Maistre {Soirées de Saint-Pétersbourg, Tom. II, p. 121), jus- tifie Finqubition du Portugal ^ '(parce qu'elle n'a fait l54 £0SAI i*OUTIQOI pas un million , mais seulement trois ou quatre cent mille Indiens, auroient pu disparohre en- tièrement. La guerre contre le Cacique Hatue j fut très-courte et restreinte à la partie la plus orientale de Tile* Peu de plaintes se sont ëla- yées contre l'administration des deux premien gouverneurs espagnok, Diego Yelâsquez et Pedro de Barba. L'oppression des indigènes ne date que de Tarrivée du cruel Hemando deSoto vers 2 539. En supposant, avec 60- mara , que déjà , quinze années plus tard^ sous le gouvernement de Diego de Majari^^os (1554-1564)9 il n'y avoit plus dlndiens^ on doit nécessairement admettre que c'étoient des restes très- considérables de cette peu* plade qui se sont sauvés sur des pirogues en Floride^ crojant/ d'après d'anciennes tradi- tions , retourner dans le pays de leurs ancé- couler que quelques gouttes d'un sang coupalile. » A quels sophismes ne faut-il avcnr recours j lorsqu'on reut dé£endre la reirgion^ l'honneur national ou la stabilité d^ gouTememens en disculpant tout ce qu'il y a eu d'outrageant pour l'humanité dans les actions du clei^é^ des peuples et des lois ! C'est en Tain qu'on tenteroit de détruire le pouToir le plus solidement établi rar la terre, le témoignage de l'histoire. SUR LILE DE CUBA. lH très. La mortalité des nègres esclaves, observée de nos jo^rs dans les Àotilles, peut seule jeter quelque jour sur ces nombreuses contradic* lions. L'île de Cuba devoit paroître très-peu- plée ' à Christophe Colomb et à Yelasquez , ^ Cqfemb raconte que l'île d'Haïti étolt attaquée ^pielquefois par une race d'hommes noirs ^ génie negra^ qui avoit sa demeure plus au sud ou au sud-ouest. Il ^ttpéroît les yisiter dans son troisième Toyage, parce que ces hommes noûrs possédolent du métal guanin • dont l'amiral s'étoit procuré quelques morceaux dans 50B second voyage. Ces morceaux y essayés enEspagne^ avoîest été trouvés composés de o,65 d'or, 0,1 4 d'ar^ f^t^eto^igde cuiyi*e {Herera ^ Dec, 1, lib. 3, cap. 91 p. 79). Balboa découvrit en e£Eet cette peuplade noire dans l'isthme du Darien. » Ce conquistador, dit Go- maac9L{Hi8t. de Ind.ybA. xxnv)^ entra dans la pro- wîsoe de Quareca : il wlj trouva pas d'or, mais quel- ques nè^es esclaves du seigneur du lieu. Il demanda Ji oe seigneur d'où il les avoit reçus ^ on répondit que des gens de cette couleur vivoient assez près de là, et qpi'on étoit constamment en guerre avec eux. « Ces nègres, ajoute Gomara, étoient tout semblables aux nègres de Guinée, et l'on n'en a pas vu d'autres en ^Amérique {fn ïas Indiae yopienso que no se kan viêto negras despues.) Ce passage est extrêmement remar- quable. On Daisoit des hypothèses au xvi* siècle , comme nous en fusons aujourd'hui ; et Petrus Martyr (^Ocean. l56 ESSAI POLITIQUE si elle Fétoit, par exemple» au degré où les Ânglois la trouyèrent en 176a. Les premiers voyageurs se laisseot tromper facilement par les rassemblemens , que l'apparition de vais- Dec. III, lih. i| p. 43) imagina que ces hommes, tus par Balboa, les Quarecas, étoient des noirs éthiopiens qui (latrocinii causa) infestoient les mers et avoient fait naufrage sur les côtes d'Améri^e. Mais les nègres du Soudan ne sont guère des pirates, et l'on conçoit plus Êicilement que des Esquimaux , dans leurs na- celles d'outrés, aient pu yenir en Europe, que des Africains au Darien. Les sayans qui croient à un mé- lange de Polynésiens avec les Américains, préféreront considérer les Quarecas comme de la race des Papoox semblables aux negritos des Philippines. Ces migrations tropicales , de l'ouest à l'est, de la partie la plus occi- dentale de la Polynésie à l'isthme de Darien, offrent de grandes difficultés , quoique les yents souillent pendant des semaines entières de l'ouest. Ayant tout, il faudroit sayoir si les Quarecas étoient vraiment semblables aux nègres du Soudan, comme le dit Gomara, ou si ce n'é- toit qu'une race d'Indiens très-basanés (à cheveux plajts et lisses) qui infestoient de temps en temps (et avant 1492) les côtes de cette même île Haïti devenue de nos jours le domaine des Éthiopiens. Sur le passage des Garibes, des îles Lucayes aux Petites-Antilles, sans toucher à aucune des Grandes, voyez plus hauj^> Tom. IX , p. 35 et 56. Sun l/ltÉ DE CIBA. î57 seaus européens fait naître sur quelques points d'une côte. Or, rîlc de Cuba avec les mêmes Ciudades et Villas qu'elle possède aujourd'hui^ n a voit en 1762 pas au-delà de 200,000 habi- tons; et, chez un peuple traité comme esclave, exposé à la déraison et à la brutaUté des maî- tres , à l'excès du travail , au manque de nour- riture et aux ravages de la petite vérole , 4^ ans ne suffisent pas pour ne laisser sur la terre que le souvenir de ses malheurs. Dans plusieurs des Petites -Antilles 9 la population diminue, sous la domination angloise , de 5 à 6 pour cent par an ; à Cuba, de plus de 8 pour cent; mais l'anéantissement de a 00,000 en 4^ ^^s suppose une perte annuelle de 26 pour cent, perte peu croyable, quoique l'on puisse croire que la mortaUté des indigènes de Cuba ait été beaucoup plus grande que celle des nègres achetés à des prix très-élevés *. ' ^ Le TiCfaAxeAe&eBclaveB enregistrés a été^ en 1817, à la Dominique, de 17^959; à la.Grenade^ de a8,oa4» à Sainte-Lucie /de 15,895; h la Trinité, de 2S,Q^i. En i8ao, ces mêmes îles ne comptoient plus que 16,554; ^5,677; i3,o5o et 35,557 esclaves. Les pertes ont donc été (d'après Tétat des registres) , en trois ans, ^c ri} rr > i ®t T7« [Documens manuscrits communi- l58 ESSAI POLITIQUE En étudiant l'histoire de l'ile, on obsérre que le mouvement de la colonisation a été de Xest à l'ouest , et qu'ici comme partout dans les colonies espagnoles, les lieux qui ont été peuplés les premiers, sont aujourd'hui les plus déserts. Les premiers étabUssemens des blancs se firent en i5iii lorsque, d'après les. ordres de Don Diego Colomb , le conquistador et p^ blador Yelasquez débarqua au Puerto de Pal«* mas, près du Cap Maysi , appelé alors Alfa y Oméga y et subjugua le cacique Hatuej qui, émigré et fugitif d'Haïti , s'étoit retiré dans la partie orientale de l'île de Cuba et j étoit de- Tenu le chef d'une confédération de petits princes indigènes. On commença à construire la ville de Baracoa en i5iâ : plus tard, le Puerto Principe, Trinidad, la Villa de Santi Espiritus , Santiago ^ de Cuba (i 5 14)9 San Sat- qués par les bontés de M. Wilmot, sous -secrétaire d'état au département des colonies de la Grande-Bre- tagne.) Nous avons yu plus haut qu'avant l'abolitioii de la traite, les esclaves de la Jamaïque diminiioient de 7000 par an. ^ Patrioia^ Tom. II « p« aSo. Manu^crtU dei Don Feliûp de Arrate^ rédigés en i^So, d'après les pièces officielles sauvées dans le grand incendie de la Ha-r SUR l'jlk de cuba. iSg vador de Bayamo et San Gristobal de la Ha- Tana. Cette dernière Tille fut d'abord (i5i5) fondée sur la côte méridionale de l'île dans le Partido des Guines , et transférée ^ 4 ^ns plus tard, au Puerto de Carénas » dont la position, à l'entrée des deux canaux de Bahama (el Viejo y el Nuevo) , parut beaucoup plus Ê^vorable au commerce que la côte au sud-ouest du Ba- tabano ^. Depuis le xvi* siècle , les progrès de la civilisation ont puissanunent influé sur les rapports des castes entre elles : ces rapports yarient dans les districts qni ne renferment que des fermes à bétail et dans ceux dont le sol est « • TaDe, en i538. Je suis surpris de voir {Guia, i8i5, p. 75) que les religieux franciscains de Santiago de Cuba font remonter la fondation de leur couvent k Tannée i5o5 , la reconnoissance litière des côtes pat Sébastien de Ocampo ne datant que de l'année i5oS. ^ Voyez plus haut, p. a36 et suiv. Bocumentos, p. 116. On montre encore, à la Havane, l'arbre sous lequel (au Puerto de Carénas) les Espagnols ont célé- bré la première messe. L'île appelée aujourd'hui offi- ciellement le siempre fiel Isla de Cuba , fut nommée, depuis sa découverte, snccessivementJiuema, Feman- dhèa, Ma de Santiago et lala del Ave Maria. Ses armes datent de l'année i5i6. l60 ESSAI POUTIQUB défnclié depuis long*temps, dans les ports de mer et les villes de Fintérieur , dans les fieux où l'on cultive des denrées coloniales et ceux qui produisent du maïs, des légumes et des fourrages. . I. La Juridiction de la Havane éprouve une diminution de la population relative des blancs dans la capitale et ses alentours, mais non dans les villes de l'intérieur et dans toute la vuelta de abajo destinée aux plantations de tabacs qui emploient des mains libres. En 1791^ le recensement de DonLuys de las Casas donna à la Juridiction de la Havane 137,800 âmes, parmi lesquelles les rapports des blancs y des libres de couleur et des esclaves étoient de 0,53; 0,20; 0,27 ; en 181 1, d'après de nom- breuses introductions d'esclaves, on croyoit ces rapports comme 0,46; 0,12; 0,42. Dans les districts où se trouvent les grandes planta- tions de sucre et de café (partidos de grandes labranzas)y les blancs forment à peine un tiers de la population , et les rapports des castes (en prenant cette expression dans le sens du rap- port de chaque caste à la population totale) SUR l'iLB DE GUBA^ l6l oscillent pour les blancs entre o,3o et 0,36; pour les libres de couleur, entre o,o3 et 0,06; pour les esclaves, entre o,58 et 0,67 ; tandis que, dans les districts à culture de tabac de la vueUa de abajoy on trouve o,6âj 0,24? O9I49 ^^ dans les districts à pâturages (ganaderia)^ même ofiG ; 0j20 ; 0, i4- Il résulte de ces données que la liberté diminue dans les pays à esclaves à mesure que la culture et la civilisation aug- mentent. 'Ù II. Dans la Juridiction des Quatro Paillas et dans celles de Puerto Principe et de Cuba, on connoit les progrès de la population ' avec plus d'exactitude que dans la partie occiden* taie. Les Quatro Paillas ont ressenti ces mêmes effets qui naissent de là différence des occu- pations des habitans. Dans les districts de Santo Espiritu, où les fermes à bétail pros- pèrent; à San Juan de los Remedios, où le commerce de contrebande avec les Iles Ba- hames est très-fréquent, les blancs ont aogr mente de 1791 à 181 1. lis ont diminué au con<^ traire dans le district éminemment fertile dé Trinidad où les plantations de sucre ont pris un dévelpppement extraordinaire. À Villa- I. 1 1 iCa ESSAI POLITIQUE I Clara /ce sonl les libres de couleur qui gagnent sur les autres classes. IIL Daiis la Juridiccion de Puerto Principe y la population totale a presque doublé en âo'àits* Elle s'est accrue de 0,89, comme dans les plus belles parties des Etats^^lJnis : ceptodant les alentours de Puerto Principe rre sont que d'immenses plaines où paissent des trôupeaut à demi-sauvages. Les propriétaires, dit un voya- geur récent % n'y ont d'autre soin que d'en- terré);*, dans leuiS çofire* fort l'aient que le tua-* JQvdcito«* des hM0$ leur porte et de l'exhuliser pourle jeu ëtles pfodès qu'ils se lèguent d'titie génération à Fautre*. - I • ' • , I . ; %■ • - * ■ ' / I.Y;.. Daés la Juridiction de Cuba j con$idérée ditns^soa'eosemble!^!^ rapports entré les trois cld^sic»]t ^eu change depuis 20 anti. Lé Par^ tîjJô' de^ BayamO se distingue toujours 'par le gi:^d' aombre de gefns de couleur )ibre^^^4)> qjt» ^'aect^oit d'année en année, comlsie àHol« guin etàBaracôai.Dan^ les eïiviroos jié Cnbéiy kà plantations de. café prospèrent:/ et offrent •/i Jffad^e, sutdHl&de^Ciibay iSaS', jp^Sos. SUR l'île de CUBA. l65 une augmentation d'esclaves très -considé- rable ^ * Dans le tableau qui a été publié par le secrétaire daConsuladoy M. del Yalle Hernandez {Docunientos, p. 1499 et Pair. y Tom. H, p. 1%1S), les esclaves de Bayamo sont évalués à 16,735 : ce chiffre ne s*accorde ni avec la somme totale 47>9^4 y ^^ ^^ec le quotient e^a6. Comme il est plus probable que l'erreur typogra- phique ait porté sur ua chiffre que sur deux> j'ai sub- stitué le nombre des esclaves (1 2^635) que l'on trouve à la fois par le quotient et la somme totale. Le tableau des quatre districts de la province de Cuba est le résul- tat non modifié des déaombremens ; il donne , pour la population de la Province de Guba^ io6^53i. Dans le tableau général de l'île de Cuha{vayez plus haut, p. 3 1 o), les résultats du cenao sont modifiés, soit en les rédui- sant à des sommes rondes , soit en les augmentant , oomme il est dit tout exprès dans les Docum. , p. 137. Les contradictions ne sont par conséquent qu'appa* rentes^X'ignore pourquoi on a diminué le seul nombre des esclaves de la Juridiction de Cuba dans le tableau général^ mais ce changement ne porte que sur un -^ de la population servile de la partie orientale de J'île. Comme il existe des . variantes lecUones dans tous les résultats des dénombremens^ j'ajouterai que d'autres Padrones ont donné, en 1810, pour les quatre districts de Cuba, 98,780; pour le district (?) de Puerto Prin- cipe , 48,o33. {Docum. , p. 137 et i5o.) Un dénombre- ment de 1800 a donné aux Quatro Villas 53,267. 11 * 64 ESSAI POLITIQDE Quatre districts de la frovikoe de Cuba, Jusque dans les dernières années du 1 8"^ siè- cle , le nombre des esclaves femelles étoit ex- trêmement petit dans les plantations de sucre ; et , ce^ qui doit bien surprendre , c'est qu'un préjugé fondé sur des (c scrupules religieux y^ s'opposoit à l'introduction des femmes, dont le prix étoit à la Havane généralement un tiers SUR l'île de CUBA. l65 au-dessous du prix des hommes ^ On forçoit les esclaves au cëlibat, sous prétexte d'éviter le désordre des mœurs ! Il n'y avoit que les Jé- suites et les moines Bethlémites qui avoient re- noncé à ce funeste préjugé ; eux seuls souf- frcHent les négresses dans leurs plantations* Si le dénombrement, sans doute ti^ès-imparfait de 1775, donnoitdéjà 1 5,562 femmes esclaves et 29,366 hommes esclaves , il ne faut pas ou- blier que ce dénombrement embrassoit la to«^ talité de l'île , et que les sucreries n'occupent même aujourd'hui que le quart de la popula- tion servile. Depuis Tannée 1 7g5, le Consulado de la Havane commença à s'occuper sérieu- sement du projet de rendre l'accroissement de la population servile plus indépendant des variations de la traite. Don Francisco Arango, dont les vues ont toujoui^ été pleines de sa- gesse , proposa d'imposer une taxe sur les plan- tations qui n'avoient pas un tiers de négresses parmi leurs esclaves. Il vouloit aussi qu'on levât un droit de 6 piastres par chaque nègre inti*oduit dans l'île, droit dont les femmes {ne- gras bozales seroient exemptes. Quoique ces * Documentos, p. 34» iGG ESSAI POLITIQUE mesures ne fussent pas adoptées, les flw^mfcil^ej coloniales se refusant toujours à des moyens coërcitifs , le dësir de multiplier les mariages et de mieux soigner les enfans des esclayes fut éveillé depuis cette époque, et une cédule royale (du 22 avril i8o4) recommanda ces objets ce à la conscience et à l'humanité des colons. » Le dénombrement de 1817 donna , d'après M. Poinsett, 6o,322 négresses esclaves el 106^521 nègres esclaves. Le rapport des femmes noires esclaves aux hommes étoit , en 1 777, comme 1 : i ,9 ; et , 4^ années plus tard, il avoit à peine changé d'une manière sensible^. Il étoit^=i : i,j; la petitesse de ce changement doit être attribuée à l'énorme quantité de ne" gros bozales introduits depuis 1791, l'introduc- tion de)s négresses n'ayant été considérable que de 1817 à 1820, de sorte que les nègres es- ^ Dans les Antilles angloîses, sur une population d'esclaves de 627,777, ^^ comptoît, en 1823 : mâles, 508,467; femelles, Sig^Sio : ce qui donne par consé- quent un excès des femelles de 5 ^j pour cent. Il n'y avoit queTrinldad et Antiguaqui, comme Demerary, offroicnt plus de mâles que de femelles parmi les es- claves. Mo-^czStat Illuëtr, o/thcBrit, Emp,^ i825, p. 54. 81JR i.'ltE DE CLBA, 167 claves qui servent dans les vilks sont devenus uae plas petite fr&otioa de la masse totale. P^uis le partUo de Batabano qui rebfenpoit, en 1818, une population de 2078 avec i5ynr genios de sucre et 7 cafetales^ il y a voit 21226 piëgres, et seulement 257 négresses esclaves (rapport s:^ 8 : 1). Dans la Juridiction de San Juan de los Remedios (qui comptoit, en 1827, une population de 13,700 avec 17 sucreries et 73 cafetales)^ il y avoit 1200 nègres et 660 négresses esclaves (rapport = 19 : 1), Dans la Juridiction de Filipinas (qui comptoit , en 18 19, une population de 1 3,026, il y avoit 2494 ^^' grès et 997 négresses esclaves (rapport ^= 2y4 • 1) ; ^t si , dans toute l'ile de Cuba , les es- claves noirs mâles sonl aux femelles =: I97 : 1 9 ils sont, dans les seules sucreries, à peine == 4:i. La première introduction de nègres dans la partie orientale de l'ile eut lieu en i5i2i : elle n'excéda pas le nombre de 3oo. Les Espagnols étoient alors beaucoupmoins avides d'esclaves que les Portugais; car, en i539 , il y avoit à Lisbonne * une vente de 1 2,000 nègres, comme * Bryan Edward^ Weet. na. y Vol. III, p. 302, Voyez aussi plus haut, Tom. I, p. 4^3 et suir. l68 ESSAI POLITIQUE de nos jours (à rétemelle honte de l'Europe chrétienne) on Élit la traite dès Gr^^àConstan* tinople et à Smyme. En Espagne, le commerce des esclares n'étoit pas libre au xvi* sièèle : la cour en accordoit le privilège qui fut acheté, pour toute l'Amérique espagnole, en 1 5 86, par Gaspar de Peralta ; en i5g5, par Gomez Reynel; en 161 5, par Antonio Rodrigue2 de Elyas. L'introduction totale n'étoit alors que de 35oo nègres par an; et les habitans de Cuba, tout adonnés à l'éducation des bestiaux, en recevoient à peine. Pendant la guerre de suc- cession , les François relâchoient à la Havane pour échanger des esclaves contre du tabac. Uasiento des Anglois vivifia un peu l'introduc- tion de nègres; cependant, en 1763, quoique la prise de la Havane et le séjour des étrangers eussent fait naître des besoins nouveaux, le nombre des esclaves n'atteignit, dans la Juri- diction de la Havane, pas encore 26,000; dans toute l'île, pas Sa, 000. Le nombre total des nègres africains introduits a été probable- ment % de 162 1 à 1763, de 60,000 ; leurs des- cendans existent parmi les mulâtres libres, ^ Bocumenios) p. 5g et 1 18. SUR l'île: de cuba. 169 dont la majeure partie habite la partie orien- tale de l'île. Depuis l'année 1 763 jusqu'en 1 790, où le commerce des nègres ^ut déclaré libre, la Havane en a reçu 24,875 (par la Compahia de Tabacos 4967, de 1763 à 1 766; par le contrat du [marquis de CasaEnrile^ i4,i32, de 1773 à 1779; par le contrat de Baker et Dawson, 6786, de 1786 à 1789). Si l'on évalue l'intro- duction des esclaves dans la partie orientale de l'île pendant ces mêmes 27 années (1 763 à 1 790) à 6000 , on trouve, depuis la décou- verte de l'île de Cuba, ou plutôt depuis iSai jusqu'en 1790, un total de 90,875. Nous ver- rons bientôt que, par l'activité toujours crois- sante de la traite , les 1 5 années qui ont suivi celle de 1790 ont fourni plus d'esclaves que deux siècles et demi qui ont précédé l'époque du commerce libre. Cette activité a redoublé surtout, lorsqu'il fut stipulé entre l'Angleterre et FEspagne, que la traite seroit prohibée , au nord de l'équateur, depuis le 22 novem- bre 1817, et qu'elle seroit entièrement abolie le 3o mai iSâo. Le roi d^Ëspagne accepta de l'Angleterre (la postérité aura un jour de la peine à le croire) une somme de 4oo,ooo livres sterling, comme compensation des dommages 170 ESSAI POUTIQLE qui poun^oient résulter de la cessation de ce commerce barbare. Yoici le nombre des nè- gres afiicains introduits par le seul port de la Havane et d'après les registres de la douane : 1790. 179ÎI. 1793- 1794. 1795. 1796. »797' 1798. 1799- 1800. 1801. 180a. i8o5. 1804. • • • • • a554 8498 85a8 3777 4164 5832 5711 4552 2001 4919 4145 1659 i3,832 9671 89^3 806. 807. 808. 809. 810. 811. 8l2««« • . 8i3 814 8i5 816 817 818 819 820 • • • 4395 2565 1607 1162 6672 6349 6081 4770 4321 9111 17,737 25,84i >9?90î» 175 194 4iaa i8o5 4999* Total de 3i années 225,574 Moyenne annuelle dans cet intervalle * de temps 7470, et pour les derniers 1 o ans 1 1 ,54^* Ce nombre peut être augmenté pour le moins ' * D'autres notes manuscrites , que je possède, don- nent, pour 1817 esclaves 9 23,56o. SUR l'île de cuba. 171 d'un quart, tant à cause du commerce illi- cite et des omissions dans les douanes qu'à cause de Fintroduction licite par la Trinidad et Santiago de Cuba , de sorte que nous trou- vons pour Tîle entière, de i5ai à 1765. .'. 60,000 de 1 764 à 1 790 . . . 33,409 pour la Havane seule, de 1 79 1 à 1 8o5 • . 9 1 )3 1 1 de i8o6à i8ao. • 131,829 3i6,449 augmentation , tant pour le commerce illicite que pour la partie orientale de l'ile , de 1791 à i8ao 56,ooo 372,449 Nous avons vu plus haut que la Jamaïque a reçu d'Afrique S dans les mêmes 3oo ans, 85o,ooo noirs , ou , pour nous arrêter à une évaluation plus certaine, en 108 ans (de 1700 à 1808), près de 677,000 ; et cependant cette ^ Voye% plus haut, p. i45. J'ajouterai ici que toutes les colonies angloises des Antilles, qui n'ont aujourd'hui que 700,000 nègres et mulâtres , libres et esclaves, ont reçu, en 106 ans (de 1680 à 1786), selon les registres des douanes, 2,i3o,ooo nègres des côtes d'Afrique ! l'J2 ESSAI POUTIQUE île ne possède aujourd'hui pas38o,ooo noirs et mulâtres libres et esclaves ! Llle de Cuba offre un résultat plus consolant ; elle a 1 3o,ooo libres de couleur , tandis que la Jamaïque , sur une population totale de moitié moins grande, n'en compte que 35,000. L'île de Cuba a reçu d'Afrique , avant Fannée 1791 g3,5oo de 1791 à 1825 pour le moins 5ao,ooo 413^500 On n'y trouvoit, en i8â5, à cause du petit nombre de négresses introduites parla traite^ que nègres libres et esclaves 3ao^ooo mulâtres 70,000 — ^— hommes de couleur • Sgo^ooo Un calcul semblable, fondé sur des élé- mens numériques peu différens , a été adressé aux Cortès d'Espagne le 20 juillet 1811. On a tâché de prouver par ce calcul que l'île de Gubaareçu, jusqu'en 1810, moins dé 229,000 nègres afîicains', et qu'elle les représente , en * Selon une note publiée par le Consulado de la Ha- vane {Papel periodico y 1801, p. 12), on comptoit k SUR l'île de. cuba. 173 1811, par une population servîle et libre de nègres et de mulâtres , qui s'élève à 326,000, de sorte qu'il y a un excès de 97,000 sur l'im- portation africaine '. Oubliant que les blancs ont eu leur part à l'existence de 70,000 mu- lâtres^; oubliant l'accroissement naturel qu'au- prlx moyen des 1 5,647 ^^g^^ boxalea, introduits de 1797-1800^ de 575 piastres par tête. D'après le même taux, les 307^000 noirs d'Afrique introduits de 1790 à i8a3 auroit coûté aux habitans de Vile la somme d6 1 15, 1 a5,ooo piastres. ^ Mon calcul termine en i8a5^ et donne 4i3>5oo nègres introduits depuis la conquête. Le calcul , transmis aux Certes, termine en 1810 , et donne 229,000. {Do*- cumentos, p. 119.) DifTérence i84}5oo : or, d'après les seuls registres de la douane de la Havane, le nombre des negros bozales, introduits dans ce port, a été, de 181 1 à 1820 9 au-delà de 109,000, qu'il faut augmenter, i^ d'après les principes admis par le Conmlado même de -^ ou 27,000 pour l'introduction licite dans la partie orientale de l'ile ; 2° du produit du commerce illicite de 1811 à 1825. ^ Le travail entrepris par le Conaulado en 181 1, sur la répartition probable de 526,000 gens de couleur li- bres et esclaves , renferme des matériaux extrêmement remarquables , et qu'une très-grande connoissance des localités a pu seule fournir à l'administration. Â) Villes : Partie occidentale^ dans la Havane, 27,000 libres de Ï74 ESSAI POLITIQUE roieiit dû avoir tant de milliers de nègres in- troduits progressivement , on s'écrie : ce Quelle autre nation ou société humaine peut rendre un compte *si avantageux des effets de cette funeste traite de noirs {desgraciado trafico) 1 » Je respecte les sentimens qui ont dicté ces lignes. Je répète qu'en comparantl'île de Cuba à la Jamaïque, le' résultat de la comparaison semble être à l'avantage de la législation es- pagnole et des moeurs des habitans de Cuba. Ces comparaisons démontrent, dans cette der- nière lie, un état de choses plus favorable à la conservation physique et à l'affranchissement des noirs; mais quel triste spectacle que celui de peuples chrétiens et civiUsés qui dis- cutent lequel d'entre eux a fait périr, en trois couleUr et 28^000 esclaves ; les 7 pueblos de Jlyantor miento y iS^ooo; donc dans toute la Juridiction de la Havane, 56, 000 libres de couleur et 37,000 esclaves. Partie orientale, 36,ooo libres de couleur et 52)000 es- claves. Total des villes^ 72,000 libres de couleur et 69,000 esclaves ou 1415O00. B) Champs : Juridiction de la Havane j 6000 libres de couleur et 1 10,000 esclaves. Partie orientale , 56,ooo libres de couleur et 35^ooo es- claves. Total des cbamps [campos], i85,ooo. Docu* wenios sobre los negros, p. 121. SUÎl l'itE DE CUBA. I75 isiècles, le moins d^ Africains en les re'duisant à resclâvâge ! Je ne vanterai pas le traitement des noirs dans les patiies méridionales des États-Unis *, mais dans les souffrances de l'es- jifèce humaine il existe des degrés. L'esclave qui à utït cabane et une famille est moins malheureux que celui qui est parqué comme s'il faisoit partie d^ua troupeau. Plus grand qu'est le nombre des esclaves établis av^ec kurs familles dans des cases qu'ih ctx^ient être leur propriété, et plus la multiplication est rapide. Aux Etats-Unis on comptoit : 1790 4^0,000 esclaves. i^9V •••• 676,696 iSpo 894^444 1810. 1,1^1^564 1820 1,541,568 I * Sur Fétat comparatif de misère parmi les esclaves des, Antilles et des Etats-Unis, voyez Negro-Slavery in the U. St. qf America and Jamaica, i8a3, p. 5i. La Jamaïque comptoit, en i8a5, esclaves mâles 170,466; r femelles 171,916: aux Etats-Unis on trouvoit, en 1820, esclaves mâles 788,028; femelles 750,100. Ce n'est dbhc pas la dispropottiou entre les sexes qui cause le manque d'accroissement naturel aux Antilles ! 1^6 ESSAI POLITIQUE L'accroisement annuel ^ des dernières dix années a été (sans compter un af&aucbisse- ment de 100,000) de 26surmille^ ce qui pro- duit un doublement en 27 ans. Or, je dirai avec M. Cropper ^, que si les esclaves à la Ja- maïque et à Cuba s'étoient multipliés dans le ^ L'accroissement des nègres esdaves , de 1 790 à 1810 (de 5 14>668)^ est dû, 1° à Faugmentation nattu^e dans les familles; 2^k 5o^ooo nègres importés dans lés 4 ans (1804 à 1808)^ que la législature: de la Caroline du Sud permit malheureusement de nouyeaurinqporta- tion par traite; 3® à l'acquisition de la Louisiane où il y ay oit alors So^ooo noirs. Les augmentations , qui résul- tent des deux dernières causes^ ne portent que sur ^ de l'accroissement total, et trouvent leur compensation dans la manumission de plus de 100^000 noirs qui dis- paroissent, eni8io^ sur les registres. Les esclaves aug- mentent un peu moins rapidement (dans la proportion exacte de 0,0261 1 à 0,02915) que la totalité de la po- pulation des États-Unis ; mais leur accroissement est plus rapide que celui des blancs là ou ils forment mie partie très-considérable de la population , p, 18. SUR l'île DE CtJBÀ. Ijj tnême rapport % ces deux îles auroient, rune depuis 1795, l'autre depuis 1800, presque leur population actuelle^ sans que 400,000 noirs eussent été chargés de fer sur les côtes d'A- frique et traînés à Port-Royal et à la Havane. La mortalité des nègres est très- différente . dans File de Cuba, comme dans toutes les An- tilles, selon le gente de culture , selon l'huma- nité des maîtres et des ^^ran« , et selon le nom- bre des négresses qui peuvent donner des soins aux malades. Il y a des plantations dans les- quelles il en périt annuellement i5 à 18 pour cent. J'ai entendu discuter froidement s'il vaut mieux , pour le propriétaire , de jie p^s fati- guer à l'excès les esclaves dans le travail, et par conséquent de les reniplaçer moins sou- • • • * • / » . m * Le nombre de 4Bo,ooo pour l'année 1770 ne se fonde pas sur un dénombrement ^e£fectif : ce n*eât (ju'une approximation. M. Albert Galla^ pemse que les Etats- Unis qui possédoient; à la fin de i823, une po^lation de i^ôôS^ooo esclaves et de aSo^ooo libres de couleur^ et par conséquent un total de 1,915,000. pègres ^t mu- lâtres > n'ont jamais reçu des côtes d'Afrique plus de 5oo,ooo noirs, c'est-à-dire i,83o,ooo de moins qu'en ont reçus, de 1680 à 1786, les Antilles Angloises, dont la population en nègres et mulâtres surpasse à peine aujourd'hui le tiers de celle des Etats-Unis. I. 12 1-^8 ESSAI POLITIQUE ▼(eut, ou d'en tirer en peu d'années tout le vpàrti possible , sauf à faire plus fréquemment dés achats de negros hozales. Tels sont les rai- sonhemens de la cupidité, lorsque Thomme se sert de l'homme comme béte de somme I II seroit injuste de révoquer en doute que , de- ptiis i5 ans, la mortalité des nègres a beau- coup diminué dans l'île de Cuba. Plusieurs propriétaires se sont occupés, de la manière la plus louable, de l'amélioration du régime des plantations. La mortalité moye^^nne des rtègres récetbmént introduits est encore de 10 à 12 pour cent'; elle pourroit, d'après l'expérience de plusieurs sucreries bien gou- vernées, diminuer jusqu'à 6 ou 8 pour cent. Cette perte des ne^os bozales difiere beaucoup ' selon l'époque de leur introduction. La plus * On assure qu'à ÏA "W^ttàmt^àe , où il y a 78^060 «s- clàyesy îa inorthlité teib^Hmië est de 6o6ô. liés nais- sances, parùiï Ids esclaves, ne s'iélèvent encore aniinel- tément qu'à lâoo. Sur lèis pertes dans lévite» Antilles Angloîsês, ifopéz plus habt, p. 536. Avant l'aboiition ié Ta traite ^ la Jamaïque perdoit antauellement 7000 ih« dîVîdus ou 2 I pour cent; depuis cette époque^ la clî- minution de la population est presque nulle. Reffiew ûf the registre latoa hy the Ûom. àfthe Afric. Inst., 1820, p. 43. SUR l'île DlE cuba, l^Q favorable est celle d'octobre en janyier, où la saison est saine et où r^bondanpp fleç 9^- mens dans les plantations esir trèsrrco^siflei?^- ble. Dans les mois très'-chauds, la mortalitfé est quelqviefpist ^é\h y pendant la vente y de 4 ppur cent, cpmme on Fa ëprouvé en 1802. Ud^c- croissementdu noipbredes esclaves femelles^ si utiles par les soins qu'elles donnent à leurs maris et à leurs compatriotes malades, l'exemp- tioa du travail pendant la grossesse , la solli- citude pour les enfans, rétablissement des nègres par familles 44ns des c^.e$ séparées, l'abondance des provisions, la multiplication des jours de repos et l'introduction d'un tra- vail modéré à tâche , voilà les moyens les plus susceptiles de prévenir la destruction des noirs. Des perso^^es qui connoisseiït bi^n le régime intérieur des plantations pensent que, dans l'état actuel des choses, le nombre des €isclaves noirs dimiuuerpit annuellement de iz ^ la traite frauduleuse cessoit entièrement. C'est une diminution à peu près égale à celle des Petites-Antilles Angloises,siron en excepte Sainte-Lucie et Grenade. Dans ces dernières , on a été averti par les discussions parlemen- taires, l5 années avant l'abdlitioii définitive 12 * ^80 £SSAI POLITIQUE de la traite : on a eu le temps d'augmenter rintroduction des négresses. DansHle de Cuba, l'abolition a été plus subite et plus inattendue. Dans les écrits officiels publiés à la Havane, on a essayé de comparer la population relative {le rapport de la population à Yarea de l'Ile) avec la population relative des parties les moins peuplées de la France et de TËspagne. Comme on ignoroit aloi^ la véritable area de l'Ile , ces essais n'ont pu 'être exacts. Nous avons vu plus haut que l'île entière renferme à peu près 200 individus par lieue carrée marine (de 20 au degré). C'est i de moins que la pro- vince la moins peuplée de l'Espagne, celle de Cuenca, quatre fois moins que le département le moins peuplé de la France , celui des Hantes- Alpes. Les habitans de l'ile de Cuba sont si inégalement répartis , qu'on pourroit presque regarder comme dépeuplés les f de l'île ». Il y a diverses paroisses (Consolacion , Macuriges, Hanabana), dans lesquelles on ne trouve, au milieu des pâturages; pas 1 5 habitans par lieue carrée : au contraire, dans le triangle formé par Bahia Honda , Batabano et Matanzas (plus ^DocumentOB, p. |36. iP^o^, aussi Tom. IX; p. aSi et aSy. SUR lW de CUBA. ' 161 exactement entre Batabano , le Pan de Guaixa- bon et Guamacaro), on trouve, sur 4io lieues carrées ou sur § de Varea totale de Tîle , plus de 3oo,ooo habitans, c'est-à-dire f de la popu- lation de l'île et plus de ? de sa richesse agri- cole et commerciale. Ce triangle n'offre enpore que 73â habitans par lieue carrée. Il n'a pas tout-à-fait l'étendue de deux départemens de grandeur moyenne de la France, et une popu- lation relative de la moitié moins considérable ; mais il ne faut pas oublier que, même dans ce ce petit triangle, entre Guaixabon, Guamacaro et Batabano , la partie méridionale est assez dépeuplée. Les Paroquias, les plus riches en plantations de sucre , sont cblles de Matanzas avec Naranjal , ou Cuba mocha et Yumuri ; de Rio Blanco del Norte avec Madruga, J[iba- coa et Tapastej de Jaruco, Guines et Mana- gua avec Rio Blanco del Sur, San Geronimo etCanoa; de GuanabacoaavecBajurayabo et Sibarimon ; de Batabano avec Guara et Buena- ventura; de San Antonio avec Govea; de Guanajay avec Bahia Honda et Guajaybon; de Gano avec Bauta etGuatao; de Santiago avec Hubajay, et de la Trinidad. Les Paroqùias ll3^ ESSAI POLITIQCE qiû ^ht les)[iliis dépéàpléés^ et qui ne servent qtf àFécbnomie pastorale (crtà deganada)^ sbût, dans la P^uetta de abajù^ celle de Santa Cru? de fôs Pinôs y Guaûacape , Gacaragîc^S , P^al dèl Rio, Guarie et Baxa ; dans la Fuettadear^ rlba)^ celles de Macuriges, Hanàbând y Guama- càrô et Alvarez. Les ttatos^ ou fermes de bétail V](ài bcteu'peht des déserts de 1 600 à 1 800 ta- bUltërias , dispàroîssent peu à •peu ; et ^ lés létà- bfii^éfmëns tentés à Gnàhfaiiaïhô et Nl^'tïts^ n'dnft pas eu les succès rapides auxquels on crt)yoît avoir droit de s'attendre, d*autres Aà- bliiàsetûens , par exemple ceux de la* Juridiction 'dû Gtianajay ont parfaitement réussi (Expe- diénie de Don Ftanc. de Arango, 1 79S, ma- iïûiscrit.) Nous avons déjà rappelé plus haut cèibbien la population de l'île de Cuba est susceptible d*àà^enter dans la suite des siècles. Natif d'tm pays du nord, qui est bien peu fiivorififé J)àr là nature , je rappellerai que la Marche île Brandebourg, en grande partie sablohiieùèé, nourrît, sous une admiiiistralion favorable aux progrès de rindustrie agricole, sur une surface trois fois plus petite que l'île de Cuba, sua h us DE cueà. i85 une population presque double. L'extrêine iné- galité dans la distribution de la populajtion , le manque d'habitans sur une grande partie des côtes, et rénorme développement de ces der- nières rendent impossible ja défense militajxe de l'île entière. On ne peut empêcher ni le débarquement de l'enneoû jji le commerpe il- lico. La Havane .est sans dou^te une place bien défendue^ et qui rivalise, par ses ouvrages, avec les places les^ plus importantes de FEu- rope ; les Torreones et les fortifications de Co- glmar^ Jar uco, Matanzas , Mariel ^'Bahia Honda, Batabaao , Xagua et Trinidad peuvent oppo- ser une résistance plus ou moins longue , mais les deux tiers de 111e sont presque sans défense et pourroient à peine en trouver dans le ser- vice le plus actif de chaloupes canonnières. La culture intellectuelle, presque entière- ment restreinte à la classe des blancs, se trouve aussi inégalement répartie que la population. La grande société de la Havane ressemble, par l'aisance et la politesse des manières, à Ja société de Cadix et des villes commerçantes les plus riches de l'Europe : mais si l'on quitte la capitale ou les plantations voisines , habi- tées par de riches propriétaires , on est frappé i?4 ESSAI poirriQUE du contraste qu'offre cet état d'une civiKsa- tion partielle et locale d'avec la simplicité de mœurs qtiirègne dans les fermes isolées et dans les petites villes. LesHavaneros ont été les pre- miers , parmi les riches habitans des colonies espagnoles^ qui ont visité l'Espagne, la France et ritalie. Cest à la Havane qu'on a toujours été le mieux instruit de la politique de l'Eu- rope et des ressorts qu^on fait jouer dans tes cours pour soutenir ou pour renverser un mi^ nistère. Cette connoissance des événemens, cette prévision des chances futures ont puis- samment servi aux habitans de l'île de Cuba à se délivrer d'une partie des entraves qui arrê- tent le développement de la prospérité co- loniale. Dans l'intervalle de temps qui a séparé la paix de Versailles et le commencement de la révolution de Saint-Domingue , la Havane , paroissoit dix fois plus rapprochée de l'Es- pagne que le Mexique, Caracas et la Nouvelle- Grenade. Quinze années plus tard, à l'époque de mon séjour dans les colonies, cette appa- rence d'une inégalité de distance avoit déjà diminué considérablement; aujourd'hui où l'indépendance des colonies continentales, l'importation d'une industrie étrangère et les SUR l'iLB de GTIBA. l85 besoins financiers des nouveaux étals ^ ont multiplié les liaisons entre l'Europe etFAmé- rique^ où les trajets se raccourcissent par le perfectionnement de la navigation, où les Colombiens , les Mexicains et les habitans du Guatimala ' rivalisent à visiter l'Europe , la plupart des anciennes colonies espagnoles, du moins celles qui sont baignées par l'Océan- Atlantique , paroissent également rapprochées de notre continent. Tels sont les changemens qu'un petit nombre d'années a produits, et qui se développent avec une rapidité, toujours croissante. Ils sont l'effet des lumières et d'une activité long-temps comprimée; ils rendent moins frappans les contrastes de mœurs et de civilisation que j'avois observés, au commen-* cément de ce siècle , à Caracas , à Bogota , à Quito , à Lima , à Mexico et à la Havane. Les influences des origines basques, catalanes, galiciennes et andalouses ^ deviennent de jour en jour plus insensibles ; et peut- être déjà, à * Lo8 Centra- AmericanoB i comme les nomme la Constitution de la République fédérale de Centro-Ame- ricft décrétée le 22 novembre 1824* ? Xom. IV, p. i5o, i5i et i52. j86 E8SAI POUTIQUE répoque où f ëcris ces lignes, seroit-^'îl peit juste de caractériser les nuances diverses de la cidture nationale dans les six capitales ^ue }e viens de nommer, comme j'ai tenté de le faire ailleui^ ^ . L'île de jurisprudence, de inédwine^ * Tom. IV, p. ao6 et 207. ^ A. la Havane seule, il y avoît, en 1826 , plus de 5oQ médecins praticiens, chirurgiens et pharmaciens; savoir : 61 medîcos, 555 cirujanos latînos y romancistas et 100 farmacenticos ! Dans toute l'île, on comptoît, dans la même année, 5i2 avocats (dont 198 à la Ha- vane) et 94 esçrîbanos. L'apcroissement des avocats seuls SUR l'île de cuba. 187 et de tnathématique , établies depuis 1 7 2 S^ dans le eouttent des Padres Predicatores » ; la chaire d'économie politique, fondée en 1818; celle de Botanique agincole; le Musée et l'Ecole d'atiatomie descriptive, due au zèle éclairé de Don Âlexandro Ramirez ; la bibliothèque publique, l^cole gratuite de dessin et de pein- ture , l'Ecole nautique , les Ecoles Lancaste-* tiennes et le Jardin botanique sont des insli- talions en partie naissantes , en partie vieillies. Elles attendent, les unes, des améliorations progressives ; les autres , des réformes totales , propres à les mettre en harmonie avec l'es- jprit dit siècle et les besoins de la Société. Agriculture. — Lorsque les Espagnols ont commencé à s'établir dans les îles et sur le a été tek qu'en 1814, il n'y en avoit encore à la Ha- vane que 84, et^ dans toute File, i3o. ^ Le clergé de File de Cuba n'^est ni nombreux ni trës-riche , si l'on en excepte l'évéque de la Havane et l'archevêque de Cuba, dont le premier a 1 10,000 pias- tres, le second 40,000 piastres de rentes annuelles. Les chanoines ont 3ooo piastres. Le nombre des ecclésias- tiques n'excède pas, d'après les dénombremens officiels que je possède , 1 1 00. l88 ESSAI POimQUE continent de l'Amérique^ les principaux objets de la culture du sol ont d'abord été, conune ils le sont encore dans la vieille Europe , les plantes qui servent à la nourriture de l'homme. Cet état de la vie agricole des peuples , le plus naturel et le plus rassurant pour la société, s'est conservé jusqu'à nos jours au Mexique, au Pérou , dans les régions froides et tempérées de Gundinamarca, partout où la domination des blancs a embrassé de vastes étendues de terrains. Des plantes alimentaires, les bananes» le manioc , le maïs , les céréales d'Europe , la ponune de terre et le quinoa sont restés, à différentes hauteurs au-dessus du niveau de la mer, les bases de Tagriculture continentale entre les tropiques. L'indigo^ le coton, le cafîer et la canne à sucre ne paroissent dans ces ré- gions que par groupes intercalés. Pendant deux siècles et^demi, Cuba et les autres îles de l'ar- chipel des Antilles ont présenté le même as^ pect. On cultivoit les mêmes plantes qui avoient nourri les indigènes à demi-sauvages j on peuploit de nombreux troupeaux de bêtes à cornes les vastes savanes des grandes îles. A Saint-Domingue , Piedro de Atienza planta les premières cannes à sucre vers l'an i5ao.; SUR l'île 'de cuba. 189 t)n y construisit même des pressoirs à cylin- dres mus par des roues hydrauliques ' : mais File de Cuba participa peu à ces efforts d'une industrie naissante ; et , ce qui est très-remar- quable, en 1 553, les historiens de la Conquête ^ ne parlent encore d'aucune autre exportation de sucre que de celle du sucre mexicain pour l'Espagne et le Pérou. Loin de verser dans le conunerce ce que nous appelons aujourd'hui des productions coloniales ^ la Havane, jusque dans le xviii** siècle, n'exportoit que des peaux et des cuirs. A l'éducation des bestiaux suc- cédoit la culture du tabac et la multiplication des abeilles dont les premières ruches {colme- nares) avoient été apportées des Florides* Bientôt la cire et le tabac devinrent des objets de commerce plus importans que les cuirs ^ mais ils furent remplacés à leur tom* par la canne à sucre et le café. La culture de chacune de ces productions n'excluoit pas les cultures plus anciennes ; et , dans ces différentes phases de l'industrie agricole, malgré la tendance ^ Sar les irapiches ou molinos de agua du xvi* siècle, voyez Oviedo, Hist. nat. des Ind, , lib, 4> cap« ^• 2 Lopez de Gomara Gonquista de Mexico {Medind del Campo i555), foL c;pcix. IQO ESSAI POLITIQUE qu'on observe assez généralement à faire pré- dominer les plantations de caiier , les sucre- ries ont offert jusqu'à ce jour la plus grande valeur de produits annuels. Vexport^Xiou du tabac*, du café, du sucre et da la cire, par des voies licites et illicites, s'élève à i4 PU 1 5 mil- lions de piastres, d'après les pris actuek de ces denrées. SUCRE. — On a exporté du seul port de la Havane, selon les registres de la douane, dans les 64 années suivantes : de 1760 à 1765, année moyenne, an pins i3,oôo caisses. de 1770 à 1778 5o,ooo en 1786 63,374 1787 6i,a45 1788 $9,93t 1789 69,125 ^790 77*896 1791 85,oi4 1799 73,354 «795 87,970 1794 103,619 - 1795 70,437 1796 120,374 1797 118,066 1798 •• 154,87a 1799 t •. i65,6oz 1800.. '.••., ...!;••... 14^,097 1801.. • •...;...•••..••; j. ... ..# 1 59,841 1802. .«.•••.•.•••.%(«t»«**.**««*i«f Ao4i4o4 ■ SUR l'île de cuba *9i n i8o3 158,070 i8o4 193,955 i8o5 174,544 1806 i56,5io 1807 181,272 1808 125,875 1809 238,842 1810 186,672 de 1811 à 1814» année moyenne 206,487 en i8i5 2i4>iii 1816 200,4^7 1817 217,076 1818 207,378 1819..... n i9î>»743 1820. .i« 215,595 1821 • • . • 236,669 1822 261,795 1823 3oo«2ii 1824 , année peu fertile ^ .... «.3 945,329 Ce tableau est le plus étendu qu'on ait pu- blié jusqu'à ce jour. Il se fonde sûr un grand nombre de pièces manuscrites officielles qui m'ont été communiquées , sur V^urora et le Pupel periodico de la Hai^ana ; sur le Patripta Ametieànoi sur les Guiaè de Forasteros de la lèta de Cuba; sur la Sueinta N^tida de la situaciân présente de la Havaim, 1800 (manus- crit) ; sur la Aeclamadan contra la ley de Aran- celes^ 1 82 1 , et sur le Redactor gênerai de Gua- temala^ i&â5^ Jti/., p. 25. D'après une notice igâ ESSAI POLITIQUE moins certaine, on a embarqué, à la Havane, selon les registres de la douane , du i«' janvier au 5 novembre i825, 183,960 caisses de su- cre. Il manque les deux mois de novembre et décembre pendant lesquels, en i8a5, on a embarqué sur le même port 23,6oo caisses. Pour connoitre toute l'exportation du sucre de l'île de Cuba, il faut ajouter à l'exporta- tion de la Havane, 1® celle des autres ports habilités^ surtout de Matanzas, Santiago de Cuba, Trinidad, Bar^coa et Mariel; 2^ le pro- duit du commerce illicite. Pendant mon séjour dans l'île, on n'évaluoit encore l'exportation de Trinidad de Cuba qu'à 26,000 caisses. En examinant les registres de la douane de Ma- tanzas , il faut éviter les doubles emplois • et distinguer ' avec soin le sucre directement exporté pour l'Europe de celui qui est em- barqué pour la Havane. En 1819, la véritable exportation transatlantique de Matanzas n'é- toit que xs de celle de la Havane; en 1823, je la trouve déjà r?; car, d'après deux tableaux de la douane , dont l'un offre l'exportation de la Havane seule , l'autre celle de la Havane et î Letters/fom theHavanna, p, 91, 96. .». 9UB L ILE DB CUBA. IQJ Ae Malanzas, le premier porte 5oo,2i i caisses ^e sucre et 895,924 arrobas de café / le se- 'CohJ 328,418 caisses de sucre €1979,864 ar- robas de café. Selon ces donfiées, on peut ajouter aux 235,ooo caisses que présente , ipour le seul port de la Havane, la moyenne des dernières huit années, pour le moins 70,000 caisses embarquées dans d^autres ports ; de sorte qu^en évaluaTrt la fraiide' des ^douanes ai, on reçoit, pour l'expoi-talion to- tale de l'île , par des voies licites et illicites , f^kis de .580,000 caisses (près de 70 millions de •kilogrammes) de sucre. Des personnes très- ânslruites des localités évaluoient déjà * , en "^ Hiëtorîa ndîural y poliiîca àe la laîa de Cuba^ |K>r Don Antonio Lopez Gomez, 1794 (manuscrit), cap. I, p. 2%. J'ignore svar quel genre ^e recherches se fondeit cette évaloatimi d'une consommation de i5,ooo a 5Oj000 caisses dans l'île entière, qui tn'a été donnée comme un résultat certain^ en 18049 s^ant <][ue j'eusse connolssance du manuscrit de M. Lopez Gomez. Peut- ^tre a-t-on conclu la consommation de l'ile entière 6oo caisses. Si l'on se rappelle que la population de File étoit j cette époque ' près de 36j2,ooo, dont au plus 200,000 hommes libres, et qu'elle est aujourd'hui de 716,000, dont 455,000 hommes libres, il Ëiudrmt ad- mettre, pour 1825, une consommation totale de 88,000 caisses. En nous arrêtant à 60,000, qn obtient, pour la production totale des plantations de cannes à sucre, pour le moins 440,000 c^Msses, ou 81 millions de kilog. C'est là un nombre limite qui ne diminueroit que de Tô? si l'on supposoit de moitié trop forte l'évaluation de la consommation intérieure en 1794 et 1826. Pour mieux juger de la richesse agricole de Cuba, nous allons comparer la production de celle île, dans des années médiocrement fer- tiles, avec la production et l'exportation des tures, soit dans les alimens du peuple, est au-delà de lout ce qu'on peut s'imaginer en Eurppe même lors- qu'on a parcouru l'Espagne méridionale; * Voyez plus haut, p. 3o4. SUR l'île de cuba. ig5 sucres daas le reste des Antilles , dans la L^Qui- 5iane^ au Brésil et dans les Guy fines ^ Ile de Cuba^ d'après les évaluations^ dis- cutées ci'-dessus : production, pour le m^wis ^ Dans les évaluations qui suivent, on s'est arrêté aux résultats que donnent les registres des douanes, sans augmenter les chiffres y conformément à des hypo- thèses toujours Tagues sur les effets du commerce illi- cite. Dans les réductions des poids on a supposé i çutniul on 4 arroboê^^ loo livres espagncJje».:^ 4^^,976 ; 1 ar- fote=:r25 livres espagnoles =^i,L^'*;494.> icéffadeazu- car de la Havane =r i6.arrobas= i83'"',9o4; 1 cwt== lia livres angl.:=5o^*', 796. Cette dernière évaluation se fonde sur le travail de M. Kelly qui suppose 4^3 ^^544 = 1 Kvre avoir du poids. M. Francoeur, en calculant d'après le poids d'un pouce cube d'eau distillée^ sous les conditions indiquées ddns la nouvelle loi angloîse, trouve seulement 45^^93g6 dans la livre avak du poids^ ce qui donne 1 cwt= 50^,769, au à ^hs près le résultat de la réduction de M. Rifiault dans la se- conde édition de la Chimie de Thomson, T. I, p. xyn. Pai employé, d'après M. Kelly, 1 cwt= 5o*"',79, mais î'ai dû rappeler les doutes qui restent sur un élément aussi important. Dans les Priées •Current imprimés à la Havane , le quintal espagnol est évalué à 46 kH. : la réduction du Hundred-Weight dont on se sert dans le commerce, à Paris, est aussi de 50^,792. i3* *lg6 BSSAI POLITIQUE 44O)^0O caisses; exportation, par des Toîes licites, 3o5,ooo caisses ^ ou 56 millions de kilog. ; avec la contrebande , 3 80,000 caisses (70 millions de kilog.) ; par conséquent , pres- que 7 de moins que l'exportation moyenne de la Jamaïque. Jamaïque. Production * (c'est-à-dire la con- sommation intérieure + l'exportation) en 4812, d'après une évaluation de M. Golquhoun qui paroît un peu forte , de 1 35,59^ hagskeads à 14 cwt, ou 96,413,648 kil. Exportation, en 1722, lorsque l'île n'avoit pas encore 60,000 esclaves, de 11^008 hdsj en i744> de 35,ooo hds; en 1768 (avec 1 66,9 1 4 esclaves), de 55,761 hds, ou 780,654 cwt ^j en i8a3 (avec 34^,382 esclaves), de 1,417,758 cwt 3, ou 72,007,928 kilogrammes. Il résulte de ces données que l'exportation de la Jamaïque, dans Tannée très-fertile de 1 823 , n'a été que fl * Colquhoun, Wealth qftheBHt. Emp.,f.5y8. * Stewartf View of the présent state ofJumaica, 1825, p. 17. 3 Siat, Illustr,, p. 57. Voyez Note A, à Fa fin du 10° Liv. SL& l'île de tl3BÂ. l^J Ae Ti [dus grande * que celle de l'île de Cuba qui s'éle voit ^ daus la même année, par des voies licites, à 370,000 caisses, ou68,o5o,ooo kilogrammes. En prenant la moyenne de 1816 a i8â4, on trouve, d'après des documens que je dois à l'obligeance de M» Charles EUis, l'exportation de la Jamaïque aux ports de la Grande-Bretagne et de l'Irlande de 1,69.7,000 * cwt (81,127,000 kil.). Barbados (avec 79,000 esclaves) ; la Gre- nade (avec 25,000 escl.); Saint- Vix«ïcent (avec 24,000 escl.) sont les trois iles qui , parmi les Antilles angloises , fournissent le plus de sucre. Leur exportation pour la Grande-Bretagne a été, en 1812, de 174,218 cwtj2ii,i34 cwt et 220,5 1 4 cwt. En 1823, elle étoit de 3i4,63o cwt; 247,360 cwt; et 232,577 cwt. Barbados, la Grenade et Saint-Vincent exportent par conséquent ensemble une quantité de sucre qui n'égale pas encore celle que la Guade- ^ L'exportation des sucres de la Jamaïque aux ports de la Grande-Bretagne et de Flrlande, pour 1 8 1 2, a été, d'après Golqulioun^ de i,832,2o8 cwt, ou 95,076,166 iLÎlogrammes : en 1817, pour laGrando-Bretagne seulo,., 1^717^259 cwU ig8 ESSAI POIITIQUE loupe et la Martinique envoient annuellement eil France. Les trois îles angloises ont i âS^ôca esclaves et 4? lieues carrées marines ; les deux îles françoises ont 178,000 esclaves et 81 lieues carrées. L'île de la Trinidad qui, après Cuba, Haïti , la Jamaïque et Portorico , est la plus grande des Antilles, a, d'après MM. de Lin- denau et Bauza, un area de i33 lieues car- rées : cependant elle n'exportoit, en 1823, que 186^891 cwt (9,494)^^^ I^l9g0 > produit du travail de 23,5oo esclaves. Le progrès de la culture de cette île conquise sur les Espa- gnols a été tellement rapide , qu'en 1 8 1 2 , la production n'étoit encore que de 59,000 cwt. Antilles angloises. La culture de la canne à sucre a commencé à la Jamaïque , comme une branche de industrie coloniale , en 1 675. L'exportation de toutes les Antilles angloises, pour les ports de la Grande-Bretagne, a été, année moyenne , de 1 698 à 1712, de 400,000 cwt; de 172.7 à 1733, d'un million de cwt; de 1761 à 1765, de 1,485,377 cwt; de 1791 à 1795 (avec 460,000 escl.) , de 2,02 1 ,325 cwt; dans l'année très-fertile de 1 8 1 2 , de 3, 1 1 2,734 cwtj en 1823 (avec 627,000 esclaves), de SDR l'île de cuba. I99 3,(>o5,366 cwt'. La moyenne de 1816 à 1824 a ëté de S^oSS^SyS cwt. La Jamaïque exporte ^ L'année 1812, selon l'ouyrage de Colquhoun ^ celle de 181139 d'après l'ouvrage publié récemment sous le titre de Statistical lllustrationa 0/ the British Em- pire* J'ai pu me convaincre , par les données partielles , que les exportations de 181a et de 1 8^3 appartiennent à peu près aux mêmes lies que l'Angleterre possède de- puis la paix de Paris. On n'a ajouté, pour 1 825 ^ que les îles deTabago et de Sainte-Lucie qui donnent 175^000 cwt de sucre. Les évaluations antérieures à l'année 1812 sont de M. Edwards {fP^est-Jnd, , Tom. I , p. 19), et se rapportent, à quelques tles près, dont la production étoit alors insignifiante > aux mêmes parties des Antilles. On peut observer que, depuis 1812 jusqu'à l'époque actuelle , l'exportation du sucre, pour l'Angleterre^ n'a plus augmenté ; cependant le nombre des esclaves ne paroît pas avoir éprouvé de cfaangemens sensibles , si toutefois on peut admettre que les omissions dans les regiêtrea aient été les même;» en 1812 et en 1825. On c Antilles angloises. Sa population esclave est à taIesangIoi5es,rexportàtioii des Antilles éphémërement conquises et celles des Guyanes hoUandoises (Deme* rarj, Beibice, et, avant la paix de Pari», même Suri- nam). Cette confusioQ géographique a fait naître l'idée d'un accroissement de production plus grand qu'il ne Test réellement. Les* moyennes des exportations de 1809-1811 et de i8 15^1818, par exemple, ont été {JStat Illmt.y p. 56} de 5,570,So3 et 3,540;99S cwt^ mais, en décomptant de ces sucres de L'Amérique an-* gloise 370,000 cwt pour Demerary et Berbice , il ne reste y pour les i5 Antilles qui se trouvent aujourd'hui sous la domination de l'AngJeterre,^que 5;,! 85, 000 cwt» La seule année 182SL donne, avec les mêmes correc- tions, 2,955,7,00 crwif et ce résultat est conforme à ^ près à celui que }'ai donné dans le texte pour l'année 1 823 (5,oo5;566 cwt). M. Edwards y selon la dernière édition de son excellent ouvrage sur les Indes occi- dentales ,. croit l'exportation moyenne des Antilles an- gloises, dans la période de 1^09, à 1811 , de 4,21^^276' cwt. Dans celte évaluation, trop forte du tiers j on a ^ns doute confondu les sucres* des Antilles^ avec ceux qui arrivent des Guyaues, du Brésil et de toutes les^ autres parties du monde ;. car Yimporiation totale des^ sucres dans la Grande-Bretagne n'étoit, de 1.809 à 181 1^ ^xinée moyenne 5 que de 4;242,468 cwL SUR l'île de cuba. 201 k population totale des Antilles angloises , comme i : 1 1^. Exportation des Antilles an- gloises pour HHande : i85,ooo cwt» Antilles FRANçorsEs* Exportation pour la France : /^2 millions de kilogi^ammes. La Gua- deloupe a exporté, en 1810, en sucres terrés , 5,104,878 livres; en sucres bruts, 37,791,300 livres : la Martinique, 53,067 barriques (à mille livres) de suGre,et2,6g9,588 gallons (à 4 pintes de Paris) de sirop; d'où résulte , pour les deux îles, 95,955,238 livres ». De 1820 à 1823, les Antilles francoises ont importé, en France,, 142,427,968 kilogrammes de sucre brut, et 19,041,840 kilog. de sucre terré; ensemble 161,469,808 kilog.,ce qui donne, pour l'année moyenne, 40,367,462 kilog. ^. Archipel des Antilles, Eh évaluant l'expor- tation des Petites-Antilles hollandoises, da- noises et suédoises qui n'ont que 61,000 es- claves, à 18 millions de kilogrammes, on trouve, pour Texpoitation de tout l'Arcliipet * Notes officielles, * Rodcl,de rEntrrpôt de Pafis, i8ii5, p. i5.t>. 2021 ESSAI POLITIQUE des Antilles 9 en sucres bruts et terres ^ près^ de 287 millions de kilog., dont i65 millions ou "f^ de^ Antilles angloises (626^800 eâcl.)' 62 -^ espagnol. (281^400 escl.) 4a ~~ françoises(i 78^000 esd.) '18 tI^ hollandoisesy danmses et suédoises (Gi^Soo èsclaTes). L'exportation des sucres de Saint-Domingiie est presque nulle dans ce moment. Elle ëtoit^ en 17889 de 8o,36o,ooo kilog. : on la croyoit, en 1 799 y encore de 20 millions. Si elle s'étoit conservée telle qu'elle a été à répoqùe de la plus grande prospérité de l'île , elle augmen- teroit l'exportation totale des sucres dés An- tilles de rêu; mais celle de toute l'Amérique, à peine de 7*^. Le Brésil , les Guy ânes et Cuba , ^ avec leurs 2,626,000 esclaves, fournissent au- jourd'hui ensemble presque sSo millions de kilogrammes, c'est-à-dire (sans la contre- bande) trois fois autant de sucre qu'à Saint- Domingue , lors de sa plus grande richesse. L'énorme accroissenient qu'ont pris les cul- tures depuis 1789 dans le Brésil, à Demerarjr et à Cuba, a remplacé ce que Haïti donne de moins, et a rendu insensible l'abandon des su- creries dans cette république. SUR l'île DB CUBA. 205 Les Guyanes angloise^ hollandoise et Fran- çoise. Exportation totale , pour le moins 4o millions dekilog. Guyane angloise» moyenne de 1816 à 1824» de 557,000 cwt ou 28 mil- lions de kilog. En 1823, l'exportation aux ports de la Grande-Bretagne a été, à Deme- rary et à Ëssequebo (avec 77,370 escl.) , de 607,870 cwt; à Berbice (avec 23,4oo escl.) 56,000 cwt; total 33,717,757 kilog. On peut admettre , pour la Guyane hollandoise » ou' Surinam , de 9 à 1 millions de kilogrammes. IjCS exportations de Surinam ont été , en 1823, de 15,882,000 liv.; en 1824, de i8,555,ooo; ^ Un auteur hollandois , M. Van den Bosch , dans un ouvrage très -instructif sur les Nederlandsche Bezit" tingen in •dzia , •^merika en Jlfrika (1818, Tom. II , p. 1 88 , 202 , 204 1 2 1 4) > n'évalue encore , en 1 8 1 4 ^ les trois colonies de I>emerary,Essequebo et Berbice avec 85,44^ esclaves), qu'à une exportation de 52^4o^;^9^ h" vres de sucre* Surinam a, d'après le même auteur, à peine 60,000 esclaves, et exportoit, en 1801, prë^ de 20,47^9000 livres de sucre* Cette exportation a peu varié depuis : elle est généralement de 17,000 barriques (à 55o kilog.). Cciyenne commence à donner 1 million de kilog. L'évaluation de la population noire des trois Guyanes (t;oyez plus haut, p. 168) est peut-être de ) trop forte. 204 ESSAI roLiTrouB en 1825, de 20,266,000. Ces notions ont été recueillies par M. Thuret , consul général du roi des Pays-Bas à Pans. Brésil. L'expoitation de ce vaste pays qui compte 1,960,000 esclaves, et où la canne à sucre est cultivée dans làCapUania gênerai de Rio Grande jusqu'au parallèle * de Porto Âlegre (lat. 50"^ 2'), est beaucoup plus considérable qu'on ne le croit communément \ Elle a été , ^ Sur les limites des plantes culllvées dans l'bémb- phëre austral , voyez Auguste de Saini-Jïilaire , Aperçu d^un Voyage au Brésil y p. 57. Au nord du tropique du Cancer, nous trouvons la production en sucre de la Louisiane, en 1 8 1 5^ de 1 5 millions de livres ou 7,55o,ooo kilogrammes. [Pîtkins 9 p. 249- ^ Dans l'ouvrage statistique qui a paru sous le titre ^ Commerce du dix^neuvième siècle, Tom. ir, p. a38y l'exportation du sucre du Brésil en Europe n'est éva- luée qu'à 5o,ooo caisses } mais, d'après les registres de la douane de Hambourg , ce port seul a reçu, en 1824» de sucres Ijrésiliens, 44î^oo caisses; en i825, plus de 31,900 caisses (à 65o kilog.). L'Angleterre et la Bel- gique ont importé, à la même époque, plus de io,eoa caisses. M. Auguste de Saint-Ililaire croit que, dans ces^ dernières années, l'expwlalion de Baliia ne s'est élevée, qu'à 60,000 caisses. P'aprcs des documcns oiBcicl& rafr?» SUR L^LE DE CUBA. 2o5 en t8i6, diaprés des renseignemens très- exacts, de 200,000 caisses (à 65o kilog.), ou i3o millions de kilogrammes, dont J fut expé- dié pour l'Allemagne et la Belgique par Ham- bourg, Brème, Trieste, Livourne et Gênes, et le reste pour le Portugal, la France et l'An- gleterre. Ce dernier pays n'en a reçu, en 1823, que 71 ,438 cwt , ou 3,628,535 kilog. Ces su- cres ont généralement sur les côtes du Brésil un prix très-élevé. La production du sucre brésilien a diminué depuis 1816, à cause des troubles intérieurs : dans des années de grande sécheresse , l'exportation s'est élevée à peine à 140,000 caisses. Les personnes qui connois- sent particulièrement cette branche du com- merce américain pensent que, dès que la tranquillité sera entièrement rétablie, l'expor- tation du sucre deviendra, année moyenne, ée 192,000 caisses, ou 12S millions de kilo- -grammes, dont i5o,ooo caisses de sucre terré et 42,000 de sucre brut. On croit que Rio Ja- neiro fournira 4û,ooo caisses; Bafaia 100,000; semblés par M. Adrien Balbî , on trouve l'exportation du sucre brésilien pour le Portugal, en 1796, de 34)^2,000 kilog.; en 1806, de 56,o 18,000 kilog. ; en iBi2^ de 4^ millions de kilogrammes» 206 ESSAI POLITIQUE Pernambouc 62,000, sans compter sur des années d'une fertilité extraordinaire. L'ÂMEAiQUE ÉQUiNOxiALE et la Louisiane ver- sent aujourd'hui (tel est le résultat de la dis- cussion minutieuse de toutes les données par- tielles) dans 1^ commerce de l'Europe et des États-Unis ) 46o millions de kilogrampaes de sucre ) dont 287 millions ou ~ des Antilles (i5i47;5ooe8oIaTe8} 125 -— du Brésil (a^oôo^oooesdlayes) 40 ~ des Guyanes ( 206,000 esdaTes) Nous verrons bientôt que la Grande-^rçta- gne seule , avec une population de i494<><>>0^<>9 consomme plus du tiers des ^60 millions de kilogrammes que fournit le Nouveau-Co0ti- nent dans des pays où la traite a rassemblé 3,5i4>ooo malheureux esclaves! La culture de la canne- à sucre est aujourd'hui tellement répandue dans les différentes parties du globe , qu« les causes physiques ou politiques qui sus- pendroient ou détruiroient les efforts de l'in- dustrie dans une des Gran des- Antilles , ne pourroient plus produire le même effet sur le prix du sucre , et sur le commerce général de sun l'ils de cuba. 207 TEurope et des Etats-Unis , qu'à l'époque où l^s grandes cultures étoient concentrées dans un petit espace. Des écrivains espagnols ont souvent comparé Tlle de Cuba , pour la ri- chesse de ses productions, aux mines de Gua- naxuato dans le Mexique. En effet Guana- j^u^to, au commencement du xix^ siècle, a fourni le quart de tout l'argent mexicain et un sixième de tout l'argent américain. L'île de Cuba exporte aujourd'hui par des voies li- cites i de tout le sucre de l'Archipel des An- tilles ; \ de tout le sucre de l'Amérique équi- noxiale qui reflue ea Europe et aux Etats- Unis. On distingue dans l'île de Cuba trois qua- Ut4s de sucre., selon le degré de pureté qu'at- teint cette matière par le terrage (grados de purga). Dans chaque pain ou cône renversé, la partie supérieure donne le sucre blanc; la partie moyenne , le sucre blond ou quebrado; la partie ipférieure ou pointe du cône y le ^tt- eurucho. Tous les sucres de Cuba sont par conséquent terrés ; on n'y produit qu'une très- petite quantité de sucre brut ou de moscoqade Xpar corruption azufiflr mascabado). Gomme les formes âont de différentes grandeurs, les * 206 ESSAI TOLITK^UE pains (panes) diderent aussi de poids. Géné- ralement ils pèsent, après le terrage, une «r- roéa. Les raffineurs {maestros de azucar) y cib- lent que chaque pain de sucre rende | de blanc , 9 de quebrado et \ de cucurucho. Le su- cre blanc a un prix plus élevé , lorsqu'il se Tend seul , que dans la vente appelée de tur^ tide , dans laquelle on réunit , dans un lot de vente, 5 de sucre blanc et f de quebrado. Dans -ce dernier cas , la différence du prix est gé- néralement de 4 réaux (reaies dt platà) ; dans le premier, elle s'élève à 6 ou 7 réaux. La ré- volution de Saint-Domingue , les prohibitions dictées par le système continental y l'énorme consommation de sucre en Angleterre et aux Etals-Unis, les progrès de la culture à Cuba, au Brésil , à Demerary, à Bourbon et à Java , ont causé de grandes oscillations dans les prix. Dans une période de douze années^ ils ont été, en 1807, de 3 et 7 réaux «j et, en 1818, de 24 et 28 réaux, ce qui prouve des ^ Dans les prix des sucres de la Havane , les deax chiffres indiquent toujours le prix des sucres quebrado eihlanco par arrùba, La piastre forte a S reales> et vaut, droite de poids et de titre ^ 5 fr. t\5 cent. : dans le oom- auerice^ elle vaut i5 cent, de moins. SUK l'île D£ CUBA. aOQ oscillations dans le rapport de i à 5. Dans ce même espace de temps , les prix des sucres en Angleterre n'ont varié ' que de 33 à 73 shil- lings par quintal, c'est-à-dire comme i à 2 ^. En ne considérant pas les prix moyens de l'année entière^ mais ceux que les sucres de la Havane ont eus à Liverpool pendant le cours de quelques mois , on trouve aussi des oscillations de 3o sh. (en 181 1) à i34 sh. (en i8i4)» d'où résulte le rapport de 1 à 41- Les prix élevés de 16 et de 20 réaux par arroba se sont maintenus, à la Havane y pendant cinq ans, de i5io à i8i5, presque sans interrup- tion» tandis que, depuis 1822, les prix ont baissé d'un tiers, à 10 et i4> et récemment (1826) même à 9 et 1 3 réaux. J'entre dans ces détails pour donner une idée plus précise du produit net d'une sucrerie et des sacrifices qu'un propriétaire enclin à se contenter d'un profit plus modique peut faire pour améliorer l'état de ses esclaves. La culture du sucre est encore profitable avec le prix actuel de 24 * Voyez les tableauiL des prix de 1807 à 1820 dans SUd. Illustraticna oftheBrit. Emp. ,^,56, et de 1789 ài8aa^ daos Tooke onhigh and loto Priées, i824f ^l^^end. io Part, II, p. 46::55« I. l4 ' 210 £BSAI POLITIQUE piastres par caisse de sucre (en prenant la mojenne entre le blanco et le qaebrado) ; or un propriétaire, dont la sucrerie médiocre- ment grande donne 800 caisses, ne vend au- jourd'hui sa récolte que pour 19,200 piastres, tandis qu'elle lui valoit 9 il y a douze ans (à 36 piastres par caisse), 28,800 piastres ^. Pendant mon séjour dans les plaines de Guines, en i8o4, j'ai tâché de réunir quel- ques renseignemens précis sur les étémem nu- mériqueê de la fabricalion du sucre de canne : un grand yngeniOj qui produit 32,ooo à 40,000 arr. (367^000 à 46o,Oôo kilog.) de su- cre, a généralement une étendue de 5o ca- ballerias ^, ou 65o hectares, dont la moitié ^ La mesure agraire, appelée caballeria, a 18 cor- deUê (chaque cordel a a4 varoë) ou 43a varoB en carré; par conséquent, comme i vara = o"'^835^ d'après Ro- driguez> une caballeria a 186,624 vares carrées, ou i3o,i 18 mètres carrés^ ou Sa -^ acres anglois. ' n n'j a, dans toute l'tle de Cuba, que très-peu de plantations qui puissent fournir 40,000 arrobas : ce sont les yngenioê de Rio Blanco , ou du marquis del Arco , de Don Rafaël Ofarril et de DonaFelicia Jaurregui. On considère déjà comme de très-grandes sucreries celles qui donnent annuellement aooo caisses, ou 3a,oooar* SUR LILE DE CUBA. 2II (moins de ts de lieue carrée marine) est des- tinée à la sucrerie proprement dite {caha^ veral) , l'autre moitié aux plantes alimentaires et aux pâturages (potrero). Le prix du terrain Tarie naturellement d'après la qualité du sol et la proximité des ports de la Havane , de Matanzas et du Mariel. Dans un rayon de 2S lieues autour de la Havane, on peut évaluer la caballeria à deux ou trois mille piastres. Pour un produit de 3â,ooo arrobas (ou âooo caisses de sucre) , il faut que Yyngenio ait pour le moins 3oo nègres. Un esclave adulte et ac- climaté vaut 4^0 à 5oo piastres; un nègre adulte bozal, non acclimaté, 370 à 4oo pias- tres. Il est probable qu'un nègre coûte an- nuellement 9 en nourriture , vêtement et mé- decine , 4^ à^^ piastres, par conséquent avec l'intérêt du capital , et en décomptant les jours dé féte^ plus de 22 sols par jour. On robas (à peu près 568,ooo kilogrammes). Dans les co- lonies françoîses, on ne compte généralement que le tiers ou le quart des terrains consacrés à la plantation des vivres (bananes, ignames^ bâtâtes): dans les colo- nies espagnoles , on perd une plus grande surface en pâturages. C'est une suite naturelle des anciennes ha- bitudes des haciendas de ganado. 14* :2li2 CESSAI POLITIQUE donne aux esclaves du tasajo (viande séchée au soleil) de Buenos-Ayres et de Caracas j de la morue salée (bacatao)^ quand le tasajo est trop cher; des légumes (viandas) , comme ca- lebasses, munatos, bâtâtes et maïs. Une ar- roba de tasajo valoit, en 1804, aux Guines, 10 à 12 réaux; aujourd'hui (iSâS) elle en coûte i4à 16. Dans un yngenio tel que nous le supposons ici (avec un produit de Sâ^ooo à 4O5OOO arrobas), il faut, i* trois équipages à cylindres mis en mouvement par des bœufs (îrapiches) ou deux roues hydrauUques ; a* se- lon l'ancienne méthode espagnole qui, par un feu très-lent, cause une grande consom* mation de bois , 1 8 chaudières (piezas) ; selon la méthode françoise des réverbères (intro- duite , depuis l'année 1 80 1 , par M. BaiUi , de Saint-Domingue, sous les auspices de Don Ni- colas Calvo), 3 clarificadoras y 3 peilas et 2 traînes de tacfios (chaque train a 3 piezas)^ en tout 12 fondos. On dit vulgairement que 3 ar- robas de sucre terré donnent 1 baril de miely et que les mélasses suffisent pour l'entretien des frais de la plantation : cela est tout au plus vrai là où Ton fabrique des eaux-de-vie en abondance. Trente-deux mille arrobas dç su- SUR l'île de. cuba. 2v3 cre donnent >5^ooo barils de miel (à 2 ar- Tobas) , dont on fkit 5oo pipas de aguardiente de cana à 26 piastres. Si^ d'après ces données, on vouloit tenter de fornaier un état des frais et produits, on trouveroit, pour 1826 : "Valeur de 32,ooo arr. de sucre (blanco^t quebrado) « à 24 piast. la caisse, ou les 16 arrobas.» 4^^000 piastres Valeur de 5oo pipas de agtuir'- diente ia^5oo 6o;5oo piastres Les frais de Vyngenio seront évalués^ par an 9 à 3o,ooo piastres. Or, le capital employé consiste en Socaballeriasdeterrain, à25oop. i25,ooo piastres 3oo nègres, à 4^0 piastres.... i35,ooo édifices, moulins 80^000 cuyes, cylindres, bestiaux et l'in- ventaire en général i3o,ooo 470,000 piastres Il résulte de ce calcul qu^en établissant au- jourd'hui un yngenio capable de fournir 200Q caxas par an , un capitaliste retireroit , d'après l'ancienne méthode espagnole et avec le prix actuel du sucre, 6 «pour cent d'intérêt. Cet 2l4 ESSAI POLITIQUE intérêt n'est point considërable pour un étst^ blissement qui n'est pas simplement agricole , et dont les frais restent les mêmes , Quoique les produits diminuent quelquefois de plus du tiers. Il est très-rare qu'un de ces grands ynge* nbs puisse faire 32,ooo caisses de sucre pen- dant plusieurs années consécutives. Il ne faut donc pas être surpris que^ lorsque le prix des sucres étoit très^bas dans llle de Cuba (4 ou 5 piastres le quintal) , on ait préféré la cul* ture du riz a celle de la canne. Le profit des propriétaires (hacendados) anciennement éta- blis consiste, i^ dans la circonstance que les frais d'établissement ont été beaucoup moin* dres, il j a i20 ou 5o ans, où la caballeria de bonnes terres ne coûtoit que 1200 ou 1600 piastres, au lieu de â5oo à 3ooo piastres j le nègre adulte 3oo piastres, au lieu de 4^0 à 5oo piastres; 2^ dans la compensation des prix très-bas et très-élevés du sucre. Ces prix sont si différens dans une période de 1 o ans , que les intérêts du capital varient de 5 à i5 pour cent. Dans l'année i8o4, ^^ capital em- ployé n'auroit été ^ par exemple, que de 400,000 piastres; et^ d'après la valeur des su- cres et des eaux-de-vie, le produit brut se SUR l'île de cuba. 21 5 seroit élevé àg4iOOO piastres. Or, de 1797 ^ 1800, le prix d'une caisse de sucre a été, valeur moyenne ', quelquefois de 4<> piastres, au lieu de 24 piastres que j'ai dû supposer dans le calcul pour l'année 182 5. Lorsqu'une su- crerie, une grande filature ou une mine se trouvent entre les mains de celui qui en a fait le premier établissement^ l'évaluation du taux d'intérêt que donnent au propriétaire les ca- pitaux employés ne doit pas guider ceux qui, en achetant de seconde main , balancent les avantages que peuvent offrir les différens genres d'industrie. D'après des calculs que j'ai faits à l'île de Cuba, il m'a paru qu'un hectare donne, terme moyen, 12 mètres cubes de vezou, dont on retire, par tes procédés usités jusqu'à ce jour, au plus i o à 12 pour cent de sucre brut. Au Bengal, il faut, d'après M« Bockford, 6, d'après M. fioxburgh, 5 rs livres de suc ; car -aS décilitres de vezou fournissent 45o gr. de sucre brut. Il en résulte qu'en considérant le vezou côomie un liquide chargé de sel , ce liquide contient , selon la fertilité du sol , 1 2 à 1 6 pour cent de sucre ^ Papel peiiodico de la Hav., 1801, n^ i^i 2l6 ESSAI POLITIQUE cnstallisable. L'érable à sucre (Acer saccha-^ rinum) rend, dans de bons terrains aux Etats- Unis, 45o grammes de sucre par 18 kilog. de sève ou 2 Y pour cent. C'est aussi la quantité de sucre que fournit la betterave , en com- parant cette quantité au poids entier de la ra- cine tubéreuse. On retire de 20,000 kilog. de betteraves , cultivées en de bonnes terres , 5oo kilog. de sucre brut. Comme la canne à sucre perd la moitié de son poids lorsqu'on en exprime le suc , elle donne , en comparant^ non les sucs , mais les racines tubéreuses de la Beta vulgaris au chaume du Saccharum offi- cinarum , à poids égal de masse végétale, six fois plus de sucre brut que la betterave. Selon la nature du sol, la quantité de pluie, la dis- tribution de la chaleur entre les différentes saisons, et la disposition plus ou moins pré- coce de la plante à la floraison^ le suc de la canne à sucre varie d*ans ses parties consti- tuantes. Ce n'est pas seulement , comme le di- sent les praticiens ou maestros de azucar^ la partie sucrée qui est plus ou moins délayée; la différence consiste plutôt dans les rapports entre le sucre cristallisable, le sucre incristal - lisable (sucre liquide de M. Proust), Faibu- ( SUR l'île de cuba. 217 mine, la gomme , la fécule verte et Tacicle ma- lique. La quantité de sucre cristallisé peut être la même ; et cependant , d'après les procèdes uniformes que l'on emploie, la quantité de cassonade que l'on retire d'un même volume de vezou diffère considérablement, à cause du rapport variable des autres principes qui accompagnent le sucre cristallisable. Celui-ci, en se combinant avec quelques-uns de ces principes, forme un sjrop qui n'a pas la pro- priété de cristalliser et qui reste dans les mé- lasses. Une élévation trop grande de la tem- pérature semble accélérer et augmenter la perte. Ces considérations expliquent pourquoi les maestros de azucar se regardent quelque- fois, pendant une certaine saison, comme en- sorcelés y parce que , avec les mêmes soins , ils ne peuvent faire la même quantité de sucre; elles expliquent pourquoi du même vezou, en modifiant les procédés, par exemple les de- grés de chaleur et la rapidité de la cuisson , on retire plus ou moins de cassonade. On ne sauroit trop le répéter, ce n*est pas de la con- struction et de la disposition seules des chau- dières et des fourneaux qu'on peut attendre de grandes économies dans la fabrication du sucre; c'est de l'amélioration des procédés 2l8 ESSAI POLITIQUE chimiques , de la connoissance plus intime des modes d'action de la chaux , des substances alcalines et du charbon animal , c'est de la dé- I termination exacte des maxima de tempéra«- ture auxquels le vezou doit être successive*- ment exposé dans les diverses chaudières. Les analyses ingénieuses du sucre, de l'amidon^ de la gomme et du ligneux, faites par MM. Gay- Lussac etThénardjles travaux entrepris en Eu- rope sur les sucres de raisin et de betterave , les recherches de MM. Dutrone » Proust , Qarke , Higgins, Daniell, Howard, Braconnot et Des- rones ont facilité et préparé ces perfection- nemens : mais tout reste à faire sur les lieux, aux Antilles mêmes. Il est certain qu'on ne pourra améliorer l'amalgamation mexicaine en grand avant d'avoir examiné , pendant un long séjour à Guanaxuato ou à Real del Monte, la nature des minerais mis en contact avec le mercure , le muriate de soude , le magistral et la chaux : de même aussi, pour améUorer les procédés techniques dans les sucreries , il fau- dra commencer, dans plusieurs yngenios de l'île de Cuba , à faire analyser, par un chimiste qui connoît l'état actuel de la chimie végé- tale, de petites quantités de vezou retiré, en différens terrains, et dans différentes saisons .«*,* SUR l'iLE DE CUBA. 219 de l'année , soit de la canne à sucre ordinaire ou créole^ soit de celle d'Otaïti, soit enfin de la canne rouge ou de Guinée. Sans ce travail préalable, entrepris par une personne récem- ment sortie d'un des laboratoires les plus cé- lèbres de l'Europe, et possédant une connois- sance solide de la fabrication du sucre de bet- terave, on pourra parvenir à quelques perfec-* tionnemens partiels; mais la fabrication en- tière du sucre de canne restera ce qu'elle est aujourdliui , le résultat d'un tâtonnement plus ou moins heureux. Dans des terrains qui peuvent être arrosés, ou dans lesquels des plantes à racines tubé- reuses ont précédé la culture de la canne à sucre y une caballeria de terre fertile donne, au lieu de 1 5oo arrobas , jusqu'à trois ou quatre mille arrobas , ce qui fait 2660 à 354o kilog. de sucre {blanco et quebrado) par hectare. En s'arrêtant à i5oo arr. et en évaluant, d'après les prix de la Havane, la caisse de sucre à 24 piastres , on trouve que le même hectare pro- duiroit , en sucre, pour la valeur de 870 fr.; en froment, pour la valeur de 288 fr., dans la supposition d'une récolte octuple et du prix de cent kilog. de froment , à 1 8 fr . J'ai fait re- 220 ESSAI rOLITIQBE marquer ailleurs que , dans cette comparàisoii de deux branches de cultures, il ne faut pas oublier que celle du sucre exige l'emploi de très -grands capitaux , actuellement par exem- ple, de 4^0^000 piastres pour une production annuelle de 32,ooo arrobas , ou 568,ooo kilo- grammes , si cette production se fait dans un seul ëtablissement. Au Bengal » dans des terres arrosées , un acre (à 4^44 mètres carrés) rend, d'après MM. fiockford ' et Roxburgh , â3oo kilog. de sucre brut, ce qui fait 5700 kilog. par hectare. Si cette fertilité est commune à des terrains d'une grande étendue , il ne faut pas s'étonner du bas prix du sucre dans les Grandes Indes. Le produit d'un hectare. 7 est le double plus grand que dans les meilleurs terrains des Antilles, et le prix de la îournée de l'Indien libre est presque trois fois moin- dre que le prix de la journée du nègre esclave à l'île de Cuba. On comptoit qu'à la Jamaïque ^ en 182&, une plantation de 5oo acres (ou 167 cabqUerias)^ dont 200 acres sont cultivés en cannes à su- cre, donnoit, par le travail de 200 esclaves, * Ind. Recréât (Calcutta; 181O; p. 75"i, Roxburgh; Repertory, Tom. II; p. 425. SUR l'île D£ cuba. 22! 100 bœufs et 5o mulets , 2800 cwt , ou 1 4^,200 kilog. de sucre, et valoit, avec les esclaves, 45,000 livres st. D'après cette évaluation de M. Stevsrart , 1 hectare donneroit 1 760 kilog, de sucre brut ; car telle est k qualité du sucre qu'on livre au commerce à la Jamaïque. Nous avons vu plus haut qu'en comptant dans une grande sucrerie de la Havane 25 caballerias ou 325 hectares pour un produit de 3 2, 000 à 40,000 caisses, on trouve 1 i3o ou i4oo kilog. de sucre terré {blanco et quebrado) par hec- tare. Ce résultat s'accorde assez bien avec celui Ae la Jamaïque, si l'on réfléchit sur les pertes qu'éprouve le poids du sucre par le ttrrage, en convertissant le sucre brut en azucar blanco y quebrado ou sucre terré. A Saint-Domingne, on évalue un carreau (à 34o3 toises carrées «=1 1^ hectare) à 4o, quelque- fois même à 60 quintaux : si Ton s'arrête à 5ooo livres, on trouve encore 1900 kilog. de sucre brut par hectare. En supposant , comme on doit le faire en parlant du produit de toute llle de Guba^ que, dans des terrains d'une fertiUté moyenne > la caballeria (à 1 3 hectares) donne 1 5oo arrobas de sucre terré (mêlé de blanco et de quebrado)^ ou 1 33o kilog. par bec- a 22 ESSAI POLITIQUE tare, il résulte que 60,872 hectares, ou ig\ lieues carrées marines (à peu près un neu- vième de l'étendue d'un département de la France de moyenne grandeur), suffisent pour produire les 43o^ooo caisses de sucre terré, que l'île de Cuba fournit pour sa propre consomma- tion et pour l'exportation par des voies licites et illicites. On est surpris que moins de vingt lieues carrées marines peuvent donner. ua produit annuel dont la valeur (en comj^ant 1 caisse^ à la Havane, au taux de 2^ piastres) est de plus de 62 millions de fiancs. Pour four* nir tout le sucre brut dont 3q millions dé Frw- çois ont besoin pour leur consommation^ et qui est actuellement de 56 à 60 millious de kilogrammes, il ne &udroit/, sous.lés tropir' ^ M. Barrud compte 67,567 arpens des eaux et fo- rêts (1 1 lieues mar. car.) pour i5 millions de kilc^. de sucre briit de betterave. {J^oniteur du 22 mars i9ii*) Dans la culture des tropiques, j'ai admis 1900 kilog. de sucre brut par hectare. Je dois des renseignemens très-précis , sur la ^sdirication du sucre de betterave ^ à l'amitié et aux obligeantes communications de M. le baron De Lessert, mon confrère à FAx^démie des Sciences, qui , par ses publications botaniq[ues , ses im- menses herbiers et une bibliothèque également riche SUR LILE DE CUBA. 220 ques^ que 9 1 lieues carrées marines cultivées CD cannes à sucre ; dans les climats tempérés , que 37 7 lieues carrées marines cultivées en betteraves ! Un hectare de bon terrain semé ou planté en betteraves produit , en France , depuis di\ mille jusqu'à trente mille kilo- grammes de betteraves. La fertilité moyenne est de 20,000 kilog. qui fournissent 2 7 pour cent y ou 5oo kilog. de sucre brut. Or^ 100 kil. de ce sucre brut donnent 5o kilog. de sucre raffiné y 3o kilog. de sucre vergeoise , et 20 kil. de moscouade. Un hectare de betteraves pro- duit par conséquent 2S0 kilog. de sucre raf-« fine. Peu de temps avant mon arrivée à la Ha- vane y on avoit fait venir d'Allemagne quel- ques échantillons de ce sucre de betterave que l'on disoit ce menacer l'existence des îles à sucre en Amérique.» Les planteurs avoient reconnu avec une sorte de frayeur que c'étoit une substance entièrement semblable au sucre de canne , mais on se flattoit que la cherté de en ouvrages de science et d'économie politique , a fii<- eilité^ depuis tant d'années, la rédaction des diffé- rentes parties de mon Voyage au» Régions éjut-- nojifiahs. 324 ï^SSÀI POLITIQUE la main d'œuvre en Europe et la difBculté de séparer le sucre cristallisable d'une si grande masse de pulpe végétale rendroit l'opération en grand peu profitable. La chimie est parve* nue y depuis ce temps , à vaincre ces difficultés; la France seule a eu^ en 1812^ plus de 200 fa- briques de sucre de betterave qui travailloient avec un succès très-inégal et produisoient un million de kilogrammes de sucre brut^ c^st- à*dire un cinquante'huitième de la consomma- tion actuelle du sucre en France. Ces 200 fa- briques sont aujourd'hui réduites à un nombre beaucoup plus petit que dirigées avec intelli- geuce, et donnent encore plus d'un demi-mil- lion de kilog ^ Les habitans des Antilles ^ très* * Quoique le prix actuel du sucre de canne non terré soit, dans les ports, de i fr. 5o cent, le kilog., la fa- brication du sucre de betterave ofiFre encore de l'avan- tage dam de certaines localités , par exemple dans les environs d'AiTas. On en établiroit dans beaucoup d'au- tres parties de la France , si le prix du sucre des An- tilles s'élevoit jusqu'à a francs ou 2 francs a5 cent, le kilog., et que le gouvernement ne frappât d'aucun im- pôt le sucre de betterave, pour compenser la perte que les douanes éprouveroient sur la consommation des sucres des colonies. La fabrication du sucre de bette- rave est surtout profitable là oii elle se lie au système SUR l'île de cuba. 22$ instruits des affaires de l'Europe , ne craignent plus ni les sucres de betterave, de chiffons, de raisin , de châtaigne et de champignon , ni le café de Naples , ni des indigos du midi de la France. Heureusement Fespbir de voir s'adoucir le sort des esclaves aux Antilles ne dépend pas du succès de ces petites cultures européennes. J'ai rappelé plusieurs fois que jusqu'en 1 765 111e de Cuba ne versoit pas plus de produc- tions dans le commerce que ne font aujour- d'hui les trois provinces les moins indus- trieuses et les plus négligées sous le rapport de la culture ^ Veragua , l'isthme de Panama et le Darien. Un événement pohtique très- malheureux en apparence , la prise de la Ha- vane par les Ànglois, réveilla les esprits. La ville fut évacuée le 6 juillet 1764, et de cette mémorable époque datent Içs premiers efforts d'une industrie naissante. La construction de nouvelles fortifications d'après un plan gigan- général de l'économie rurale , à la bonification du sol et à la nourriture des bestiaux : ce n'est pas une cul- ture indépendante de circonstances locales , comme la culture de la canne à sucre entre les tropiques. I i5 -2^6 K88AI fOUTIQDE tesque ' mit soudainement beaucoup d'argent en circulation; plus tard la traite^ deyenue libre ^i donna des bras aux sucreries*^ Lu franchise du cominerce avec tous les ports d'Espagne^ et par intenralles même arec les neutres , la sage administration de Don Luys de Làs Casas ^ l'établissement du Comalado et de la Société patriotique, la destruction de la colonie fiançoise de Saint-Domingue ^ et l\x- haussemait du prix des sucres qui en fut udc suite nécessaire , le perfectionnement des ma- chines et des fourneaux dû en grande partie aux réfugiés du Gap François , les liens plus intimes foimés entre les propriétmres des su- creries et les négocians de la Havane, les grands capitaux de ceux-ci employés dans des t^tablissemens agricoles(sucreries6t caféières), telles ont été successivement les causes de la ^ On assure que la seule construction du fortin de la Cahafia a coût^ i4 millions de piastres» • ' Real cedula de 28 de Febraro de 1789. -^ A trois reprises , en août 1 791^ en juin 1 79^ , et en octobre i8o3. C'est surtout la malheureuse et sangui- naire expédition des généraux Leclerc el R<^hambeaa qui a acheté la destruction des sucreries de daint-Dor mingue* SUR LILS as CUBA. 22^ prospérité croissante de 111^ de Gaba , niàlgihé le cooflil des aatorité^ qui embarrassent la marche des aflfaires ». Les plus grands changemens qu'ont éprouvés les plantations de cannes à sucre et les ateïers des sucreries ont eu lieu depuis 1796 jusqu'en 1800. On commença d'abord à substituer des manèges à mulets (trapiches de mutas) aux ma- nèges à bœu& (trapickes de bueyes)*^ puis, dans les Guines , on*introduisit les roues hydrau- ti^nes {trapiches dé agua) , dont les preniîers conquistadores avoient déjà fait usage à Saint- Dondtingue ; enfin (à Ceibabo), on essaya, aux frais du comte de Jaruco y Mopox , l'action des pompes à feu (bombas de vapor). De ces dernières machines, il y en a aujoud'hui 25 dans les différentes sucreries de Rie de Cuba. La culture de la canne à sucre d'Otaliiti de- vint en même temps plus commune. On intro- duisit les chaudières de préparation (clarifica" ^ La complic^tîoa des autoridades y jurisdicciones •est telle que y dans le Mémoire sur la sittmtion présente de Vite de Cuba, p. ^o, on compte a5 espèces de Juzgados civils et ecclésiastiques. Ce morcellement de l'autorité suprême explique ce qui a été dit plus haut (p. 363 et suiv.) y sur le nombre toujours croissant des a?ocats« i5* 228 fiSSAI POUTIQUE I doras) et des fourneaux à réverbère mieux dis- posés. Dans un grand nombre de plantations (il faut le dire à l'honneur des propriétaires aisés)» on montra une noble sollicitude pour la santé des esclaves malades , pour l'intro- duction des négresses et pour l'éducation des enfans. Le nombre des sucreries (yngenios) étoit , dans toute l'île , en 1776, de 47^; en 1817, de jplus de 780. Parmi les premières , aucune ne produisoit la quatrième partie du sucre que fabriquent aujourd'hui \es,yngenio8 du second rang : ce n'est par conséquent pas le nombre seul des sucreries qui puisse donner une idée précise des progrès de cette branche de Fin- dusUie agricole. Dans la province de la Ha- vane ^ on comptoit en 1763 70 sucreries 1796 5o5 1806 480 1817 6^5 SDK LILE DE CUBA. 2Î^ fcO ts INOO 0><1* M lO »0 Mi> M » «* • »o ts o> «^ t>. 00 8 S) n >• o C) Eb4 »? c s «s • :2 s •■« s ^ î Pour ne pas altérer les traits caractéristiques de^ â30 E86AI POUTIQCE On distingue, dans ce tableau, les districts (Tiioidad et Santa Qara) qui conserrent en- core l'ancienne prédilection pour la vie pas* torale et pour rétablissement des jETaf^is desp» tinés à l'éducation des bestiaux ; les districts à tabac (FilipiDas , Trinidad) ; enfin ceux qui abondent le plus en plantations de sucre (Ja- ruco, Guanajay, Matanzas et San Antonio Abad). Les accroissemens partiels sont très- remarquables. En 1796, il n'y avoit dans le partidfo de Jaruco et Rio Blanco del Norte, l'agriculture des colonies espagnoles , je m'abstiens de substitMcr des mots françois aux mots espagnols con- sacrés par un long usage. Les Hatos ou Haciendas dr cria et les Poireros sont les uns et les autres des fermes à bétail ; mais les premiers , dont l'étendue est soureut de 2 à 3 lieues de diamètre et qui sont dépouiTu*^ de clôture 9 renferment du bétail presque sauvage; ils ne demandent que les soins de 5 ou 4 hommes à cheval (p^rma» ) qui parcourent le pays pour y découvrir les vaches et les jumens qui ont rais bas^ et pour marquer les jeunes animaux. Les Potreroa sont des pâturages en enclos dont souvent une petite partie est cultivée en maïs , en bananes ou en manioc. On y engraisse les ani- maux nés dans les Hatos, et l'on s'y occupe secondai- rement aussi de la multiplication du bétail {depequefîas crias), i SUR l'île de cuba. 2S dans les paitidos des Guines et de MatftQzas^ que 73,^ 25 et 27 sucredes : en 1S17» on en comptoit i53, 78 et gS. y augmentation des dîmes étant, sous toutes les zones 9 un des signes les plus certains de ^accroissement des richesse^ agricoles , nous aljpns en consigner ici le progrès pendant 1 5 ans. L^ dîmes (rentas décimales arrendadas) ont été aÛTermées, dans Févêchë de la Havane ^, de 4 à 4 ^nSy comme il suit : de 1789 à 179a pour 792,386 piastres. 1795 à 1796 pour i,o44iOo5 1797 à 1800 pour 1,595^340' 1801 à 1804 pour 1,864464 ' On voit que^ dans la dernière période , la dîme s'est élevée, année moyenne, à 2,33o,ooo fr., quoique les sucres ne paient qu'une demi- dîme ou un vingtième. Pour faire connoître , par des exemples de quelques années, les rapports que conser- ^ Documens officiels dans lesquels ou distingue pour chaque période le produit de 4^ Paroquias et des Casas eofcusadas , c'est à-dire les maisons ou habitations dont les dîmes sont rcseryées et destinées à la construction des églises et des hôpitaux. 2^2 ESSAI POLITIQUE vent, je ne dis pas la production^ mais le^ exportations des eaux-de^vie et des mélasses* (miel de purga) avec rexportation des sucres terrés, je consignerai ici , d'après les registres de la douane de la Havane y le résultat des années 181 5- 1834. RPAS BOCOTU 0AIS8IS iPOQOBS. d'e«n-de-Tie. de mélasse. de sucre terré. • i8i5 3ooo i7>874 2X4,111 1816 1860 26,793 300^487. 1817 • • • • 30,759 »i7,076 1818 3ai9 34,990 207,378 1819 aSSo 3o345 9^,743 i8a9i 4633 34,604 261,795 i8s3 5780 3o,i45 3oo,aii 1824 3691 27,046 245,329 D'après la moyenne des derniers cinq ans , on trouve qu'à l'exportation de 1 000 caisses de sucre terré (183,904 kilog.) correspond l'exportation de 1 7 /?«;;fl« d'eau-de-vie de canne et i3o bocoyez de mélasse '. * Une pipa de aguardiente z= 1 So /îrascoê ou 67 7 gai- SUR l'île dk cuba. !l33 Les frais énormes que causent les grands yngenios et de fréquens dérangemens domes- tiques , effets du luxe et. du désordre , placent trop souvent les propriétaires dans la dépen- dance absolue des négocians ^ Les emprunts les plus communs sont ceux dans lesquels on Ions ; 1 bocoy = 6 bariles. La pipa Saguardiente de eafia qui vaut aujourd'hui , à la Havane , ^5 piastres , en yaloit ^dei8i5ài8i9, plus de 55. Le bocoy de miel de purga yaloit 7 reaies de plata. On admet généra- lement que trois pains de sucre donnent un baril de miel de purga 9 à a arrobas. Dans le ferrage , on met souTenty après la première couche d'argile humectée (barro) qui a été foulée par les pieds des animaux sous un hangar {piza)^ une autre couche d'ar^le (&ar- rillo). En ôtant celle-ci , on laisse le sucre terré encore huit jours dans le cône {korma) pour que le foible ré- sidu de la mélasse puisse s'écouler entièrement (para escurrir y limpiar), ^ Les contrats entre les négocians capitalistes et les hacendados ont laissé aux derniers, surtout à l'époque de la construction de tant de nouvelles sucreries y en 1798, des pertes de 3o à 4o pour cent. Les lois sont contraires à tout emprunt qui excède 5 pour cent , mais on sait en éviter les effets par des contrats fictifs. {Se^ dano , sobre la Decadencia del ramo de Jizucar, 1 8 1 a ^ p. 17.) 2ZU ESSAI P0LITIQ13E avance des capitaux à Yhacendado qui fournit chaque quintal de café , deux piastres ; char que arroba de sucre , deux reaies de plata au- dessous du prix courant » à l'époque de la ré- colte. C'est ainsi qu'une récolte de mille caisses de sucre se vend par anticipation (ou refaccùm) avec une perte de 4ooo piastres. La masse des affaires et la rareté du numéraire sont si grandes à la Havane, que le gouvernement mên^e se voit souvent forcé ' d'emprunter de l'argent à 10 pour cent, et que les particuliers donnent ; il ou 16 pour cent. Les énormes profits que laisse la traite des noirs et qui s'élèvent , à l'île de Cuba , dans un seul voyage, quelque- fois à 100 et 125 pour cent, ont beaucoup contribué à la hausse des intérêts, plusieurs spéculateurs ayant emprunté de l'argent à i& et 20 pour cent ^ dans le but de vivifier ce lâche et abominable commerce. Sur des terrains vierges, la première canne à sucre , plantée avec soin , donne des récoltes pendant 20 à â3 ans; puis il faut la replanter tous les trois ans. À l'Hacienda de Matamores^ ^ Je rûppeUe Vemprestito de la Intendencia de la Ha-- vana du 5 novemlirc 1804» SUR l'île de cuba. 235 il existait ) ea i8o4) uq carreau {canaveral) exploité depuis 4^ ans, Les terrains les plus fertiles pour la production du sucre sont au- jourd'hui les environs du Mariel et de Gua«* najay. Lia variété de canne à sucre, connue sous le nom de Caiia de Qtahiti , que Ton re- çonnoît de loin par un yert plus frais, a Tavan^ tage de fournir à la fois, sur une même éten- due de terrain, i de suc de plus et une bagasse plus ligneuse , plus épaisse , et par conséquent plus riche en matières combustibles. Les raf- fineurs (maestros de azucar) , qui ont tout l'or*- gueil des demi-savans , prétendent que le yezau (guarapo) de la Caria de Otahiti est plus facile à traiter, et qu'il donne du sucre cristallisé en ajoutant ' moins de choux ou de potasse au vezou. Cette ^anne de ta Mer du Sud pré- sente sans doute, après 5 à 6 ans de culture, le chaume plus mince ; mais les noeuds res- tent toujours plus éloignés les uns des autres que dans la Cana creolia ou de la tierra. La crainte qu'on avoit conçue d'abord de voir Ja première dégénérer peu à peu en canne à ^ Au moment où l'on ajoute la chaux , le» écumes noircissent j le suif et d'autres corps gras Ê)nt aller Pé- cume {cacJiasa) au fond et 1a diminuent. 236 ESSAI POLITIQUE sucre ordinaire ^ ne s'est heureusement pas réalisée. On plante la canne, à l'île de CuBa, dans la saison des pluies de juillet en octobre: la récolte se fait de février en mai. A mesure que, par des défrichemens trop rapides ; lUle est devenue déboisée, les su- creries ont commencé à manquer de combus- tible. On s'étoit toujours servi d'un peu de bagasse (de la canne à sucre dépourvue de son suc)» pour vivi6er le feu sous les anciennes chaudières (tachas) ; mais ce n'est que depuis' l'introduction des fourneaux à réverbère par les émigrés de Saint-Domingue qu'on a tenté de se passer entièrement du bois, et de ne brûler que la bagasse seule. D'après l'ancienne construction des fourneaux et des chaudières, on brûle une tarea de bois, à 160 pieds cubes, pour produire 5 arrobas de sucre , ou , pour 100 kilog. de sucre brut, il faut 278 pieds cubes de bois de citronnier et d'oranger. Dans les fourneaux à réverbère de Saint-Do- * Sur ces variétés et sur l'histoire de leur întroduc-' tion, voyezliorxi. V, p. 102, io3, 1045 218 et 219. Les caisses de sucre venant du. Mississipi dans des bâtîmens qui en chargent 3ooo, sont de pins et de cyprès. Ea i8o4; elles coûtoîcnt i4 ^ iB rcauxla pièce. SVR l'île D£ cuba. 25j amngue , une charrette de bagasse^ à 49^ pieds cubes, produisoit 64o livres de sucre brut, ce qui fait lâS pieds cubes de bagasse pour loo kilog. de sucre. J'ai tent^, pendant mon séjour aux Guines, et surtout à Rio Blanco, chez le comte de Mopox , plusieurs nouvelles constructions, dans le but de diminuer la ^épeuwse de combustible, d'environner le foyer de substances qui conduisent mal la chaleur, et d'obtenir que les esclaves souffrissent moins en attisant le feu. Un long séjour dans les sa- lines d'Europe, et des travaux de halurgie pra- tique auxquels je m'étois adonné d^ns ma pre- mière jeunesse, m'avoient fait naître l'idée de ces constructions qui ont été imitées avec quel- ques succès. Des couvercles de bois, placés sur lesclarificadoras , accéléroient lesévaporations et me faisoient croire qu'un système de cou- vercles et de châssis mobiles munis de contre- poids pourroit s'étendre aux autres chaudières. Cet objet mérite un nouvel examen; mais il £iut évaluer avec soin le volume du vezou (guarapo)^ le sucre cristallisé qu'on retire et celui que l'on détruit, le combustible, le temps et les dépenses pécuniaires. Dans les discussions sur la possibilité de rem- 238 ESSAI POLITIQOC placer^ en Eorope, le sucre des colonies par le sacre de betterave , on a arancé sur le >prix du sucre de canne plusieurs assettîons qui ne sont pas exactes* Yoici des donnëes qai pour- ront servir à des comparaisons plus précises. Le prix qu'ont les sucres des colonies *^ en Europe, se compose, i<>du prix d'acbat pri- mitif; 2^ du fret et des assurances , eft 3^ des droits d'entrée. Le prix d^achat dans les An- tilles n'est aujourd'hui que le tiers du prix de vente en Europe. Lorsqu'à la Havane, un mélange égal de sucre blanc et blond {àlûnco y^juebrado) coûte 12 reaies de plata ^ On ne sauroîi douter qu'aujourd'hui le profit des plamteiifr^ {hacendados) de la Havane ne soit beaucoup uKHndre qu'on le croit généralement en Enrape"; ce- pendant un calcul très^ancien de Don José Ignacio Echegojen sur les frais de fabrication du sucre me paroi t un peu exagéré. Cet homme ^ d'une grande expé- rience dans la partie technique y comptoit que la £abri- cationde 10,000 arr. de sucre causoit au propriétaire une dépense annuelle de 12^767 piastres et engageoit un capital de 60,000 piastres. La dépense seroit par conséquent de 55 francs les 100 kîlogranunes; et, en supposant leur Taleur de 65 francs (à peu près de s4 piastres la caad) , le capital de 60,000 {oasires ne pcr- teroit y d'après des suppositions si défiaiTorables, qu'on intérêt de 5 f pour cent. Ce calcul, qui m'a été ana-: SDR l'île db cuba. ^59 Farroba, une caxa^ à i84kilog., vaut isSfr. 48 cent; par conséquent le piix de loo kilog. de sucre terré est de 68 francs 69 centimes » en évaluant, dans ce calcul^ la piastre à 5 fr. 27 cent. Dans les colonies françoises, le prix d'achat primitif est de 5o francs les 100 kilo- granunes de sucre brut , ou de 5o cent, le kilo- gramme. Le fret et les assurances s'élèvent aussi à 5o cent. Les droits sont de 49 francs 5o cent, les 100 kilog., ou de 49 > cent, le kilo- gramme ; d'où résulte le prix total du sucre brut dans le$ ports (par exemple au Havre) êe I fr. 5o cent. Le suc des betteraves , cul- tivées dans des climats tempérés, ne contient mQAiquë à la Havane, jdate de 1798, d'ane époqae où les frais de fabrication , ceux d'achat de terres et de nègres étoient bien moindres qu'ils ne le sont aujour- d'hui. Mais il ne faut pas oublier, 1® que les mélasses et la production des eaux-de-vie dont la pipa vaut a5 piastres et qui peuvent s'élever à ^ de la valeur du sucre fabriqué , ne sont pas portés en ligne de compte ; 2^ que M. Echegoyen composoit son mémoire pour prouver coinbien la dime sur la production du sucre étoit vexa- toire, et qu'il a cru devoir exagérer les frais des 'hacen-' ûUdo$. {Voyez plus haut, p. 389; Patriola, Tom. II , f .OS, elle mémoire déjà cité de Don Diego José de Sedano dohre la Decadencia del ramo deAzucar, 181a, p. 5.) 2^0 ESSAI POLITIQUE que le tiers ou le quart du sucre cristallisé ■ que renferme |e vezou ou suc de la canne à sucre sous les tropiques ; mais les fabriques de 'betteraves gagnent, en fret, en assurances et en droits, lo sols, ou ^ du prix total par livre de sucre brut sur les sucres des colonies. Si ces derniers étoient entièrement remplacés par des sucres indigènes, les douanes de France perdroient, dans l'état actuel des choses > annuellement près de 29 millions de francs. ^ Le comte Ghaptalne suppose aussi, en sucre brut, que 210 kilog. par 10,000 kilog. de racines de bette- raves ou a -; pour cent du poids entier. {Chimie ap- pliquée à VAgr.y Tom. II, p. 4S2). Gomme les racines bien râpées donnent 70 pour cent de suc, on peut compter que Ton retire, année commune, 3 7 pour cent de sucre brut du suç de la betterave. Dans (Quel- ques localités , ce suc contient, en Touraine , jusqu'à 5 pour cent de sucre cristallisable, de même qu'à Java, on compte quelquefois 25 à 3o poiur cent de sucre dans le loezouà.^ la canne à sucre! Le produit d'un hectare dans cette île ne diffère cependant, pour des terrains d'une fer^tilité moyenne , que très-peu de produit au- quel nous nous sommes arrêtés (p. 596 et 597) pour File de Cuba. M. Grawfurd évalue l'acre anglois, à Java, à 1285 livries avoir du poids de sucre terré, ce qui fait i44^ kilog. par hectare {Jîi^tn ofthe Ind. Arch,, Tom. I, p. 476.) SUR l'île de cuba. 241 C'est par une erreur assez généralement répandue en Europe^ et qui influe sur la manière d'envisager les effets de la cessation de la traite j que, dans les Antilles appelées €oUmieê à sucre y on suppose la majeure partie 'des esclaves employés dans les sucreries mêmes. La culture de la canne est sans doute un des motifs les plus puissans pour vivifier le commerce des noirs; mais un calcul très*- isimple prouve que la niasse totale des esclaves que renferment les Antilles est presque trois fois plus grande que le nombre attaché aux sucreries. J'ai fait voir, il y a déjà sept ans% que^ si les 200,000 caisses de sucre qu'ex- portoit Itle de Cuba, en 1812, étoient pro- duites dans de grands établissemens , moins de 3o,ooo esclaves auroienlsuffi pour ce genre d'industrie. C^est pour combattre des préjugés fondés sur de fausses évaluations numériques , . c'est dans des vues d'humanité qu'il faut rap- peler ici que les maux de l'esclavage pèsent sur un beaucoup plus grand nombre d'individus que les travaux agricoles ne l'exigent , même en admettant, ce que je suis bien loin d'ac- corder, que le sucre , le café , l'indigo ou le f Relata hi8t.,Tom.V^ p. a8i et a8a. I. 16 2U2 ESSAI POUTIQUB coton ne peuvent être cultivés que par des esclaîes. A File de Cuba y on ccunpte généra- lement i5o noirs pour la fabrication de 1000 caisses (i84>ooo kilog.) de sucre teiré; ou, en nombre rond, un peu plus de lâoo kilog. par tête d'esclave adulte >. Une production de ^ ^ Saint-DominguiB^ on comptoit^ en de grandes et belles habitations, 1 1 esdaye cultivateur pour 1 car- reau y mais datis des cultures dispersées dans toute l'île, d'aprës les documens de M. le marquis de Galliffet, 3 esclaves pour 1 carreau : or^ si le produit d'un car- reau (à 1 1;^ hect.) est de' aSoo kilog. de sucre brut, on trouve 833 kilog. par tête d'esclave. M* M que de 5o,ooo arrobas. Elle s'est élevée en 1809 à 320^000 arrobas i8i5 918,263 1816 370^229 1817 709,551 1818 779,618 1819 642,^16 1820. 686,046 1822. 501,4^9 i8a5 895^924 ♦ 1824. 661,674 Ces chiffres prouvent de grandes variations dans la fraude des douanes et l'abondance des SUR l'île ds cuba. 247 récoltes^ car les résultats des années 181 5, 1816 et i8â3, que l'on pourroit croire moins précis, ont été réc^ment vérifiés sur les re« gistres des douanes. En 181 5^ où le prix du café étoit de i5 piastres le quintal, la valeur de l'exportation de la Havane a excédé la somme de 3,44^^000 piastres. En i823,rexpor- tation du port de Matanzas a été de 84)44o ^^- robas; de sorte qu'il ne paroît pas douteux que, dans des années d'une fertilité moyenne, l'exportation totale de l'ile, par des voies li- cites et illicites , est de plus de i4 millions de kilogrammes. ( I. Exportation enregistrée, année moyenne, de 1818 à 1824 '• s a) alsk Havane 6c^,ooo arrobas, b) h. Matanzas, Triuidad, San- tiago de Cuba, etc , . 220^000 I I. Fraude ^ des douanes 3o4,ooo ^ Total 1,218,000 Il résulte de ce calcul que l'exportation du café de l'ile de Cuba est supériem^e à celle de ^ D'après des renseignemens pris sur les lieux, la fraude des douanes est beaucoup plus considérable sur l'exportation du càfé que sur celle du sucre : )'ai évalué sis ESSAI POiniQCR Java 9 qu'en 1820^ M. Grawfurd ■ estimoit de 190,000 piculs, ou 11 f millions de kilo^ grammes, et à celle de là Jamaïque, qui ne s'ëlevoit ?j en 1823, d'après les registres des. k première à ^, la seconde à ^ des quantités enregii^ tr&ss. Les sacs de café qui doivent contenir 5 arrobas^ ea renferment souvent 7 à g : aussi ^ dans ces derniers temps 9 a-t-on préféré de demander aux propriétaires une déclaràdon fnrada, ^ Ce n^est que par une réduction erronée des ton*, neaux en livres avoir du poids (en supposant S4;a6o tons ^:=: 4^1 i^^}9^1î^>^^) 9^6 c^t estimable auteur a été porté à considérer l'exportation de Java (2159840,00e livres ou l 1^628^000 kilogrammes), comme j de l'expor- tation du café des Antilles anglobes , et comme -^ de la consommation de l'Europe. [Hist oftkelndianArch,^ Tom. III 9 p. 5740 Les 54^260 tonneaux (à 20 cwt^ ou 1016 kilog.) que M. Crawfiird regarde comme la con- sommation du café en Europe n'équivalent pas à 218 millions de kilog. ^ mais à 55^128,000 kilog. ^ évalua- tion même inférieure à ^elle à laquelle je me suis ar- rêté en 1818. [Reîat hist., T. V, p. 87, 88 et 296.) On eroit que toute l'Arabie ne verse^ dans le commerce de la Perse , de l'Inde et de l'Europe, que 7 à 8 millions de kilog. de café. {Page, Tom. I, p. 3o.) ^ M. Colquhoun évaluoit^ en l8i2^ l'exportation de la Jamaïque, aiix ports des trois Royaumes-Unis, à a8,385|395 liv. angl., ou 12,775,427 kilc^.; l'impor^ suK l'île de cuba. 2^9 douanes, qu'à 169,734 cwt, ou 8,622,478 ki- logrammes. Dans la même année, la Grande- Bretagne a reçu S de toutes les Antilles angloises^ 1949820 cwt, ou 9/896,866 kilo* grammes; ce qui prouve que la Jamaïque seule en a produit f • La Guadeloupe a livré , en 1810, à la métropole, 1^017,190 kilog.; la Martinique^ 671,336 kilog. À Haïti, où la production du café avant la révolution fran- çoise a été de 37,240,000 kilogrammes, le Port-au-Prince n'a exporté, en 1824, que 9t,54490oo kilogrammes. Il paroît que Vex-- partation totale du café dans C Archipel des Antilles^ par les seules voies licites , s^ élève au- jourcChui à plus de 38 millions de kilogrammes. C'est presque cinq fois la consommation de la France qui , de 1820 à 1823, a été, année moyenne, de 8^198,000 kilogrammes^. La tatîon de toutes les Antilles angloises (sans y com- prendre les iles passagèrement conquises), à 3 1,87 1^61 2 livres angl., ou i4542>2a5 kilog. {JFeaUh oftIieBrit. Emp.f p. 578 'y Relat. hisL , Tom. Y, p. 81 et suiv. ^ Stat. Illustr. , p. 54* L'exportation de la Guyane anglolse, en 1825, étoit de 72,644 cwt, ou 3,6go,3i5 kilogrammes. ? Bodety sur le Commerce extérieur, p. i53. De ces 25o ESSAI POLITIQUE consommation de la Grande-Bretagne n'est encore ' que de 3 7 millions de kilogi^ammes y mais le commerce et la production de cette denrée ont tellement augmenté dans les deux hémisphères que la Grande-Bretagne en a exporté, dans les différentes phases de son commerce : eu 1788 30,862 cwt ( à 5o f kilog.) 1793 96^167 i8o3 268,39a 1812 64i>i3i 1814 i,ig3^36i 1818.../. 456,6i5 1821 573,251 1822 321,140 1823 296,94^ 8 millions de kilogrammes de café, Paris seul paroît consommer plus de 2 7 millions. Chateauneuf, Rech, sur les consommations de Paris ^ 1821, p. 107. ^ Avant Tannée 1807 où les droits sur le café fu- rent réduits , la consommation , dans la Grande-Bre- tagne , n^étoit pas de 8000 cwt (moins de \ million de kîlog.): en 1809, ®1'^ s'élevoit à 48,07 1 cwt; en 1810, à 49>i47 cwt; en 1825, à 71,000 cwt; en 1824^ ^ 66,000 cwt (ou 5,552,800 kilog.). Report of the Com. of the Liverp, East-India Assoc, 1822, p. 58, et Nichols, Lond. PriceCurr», i825, p. 65. SUR l'île DË r 1^ prix du café est toujours in- diqué par quintal (ou 45 ''^ , 97). On a vu os- ciller ce dernier de 4 à 3o piastres : en 1 808 , il est même descendu au-dessous de 24 reaies. Les prix de i8i5 et 1819 ont été entre i3 et 17 piastres le quintal; aujourd'hui, le café est à 1 2; piastres. II est probable que la culture du café n'occupe , dans toute l'île de Cuba , à peine 28^000 esclaves qui produisent , année moyenne, 5o5,ooo quintaux espagnols (i4 mil- lions de kilogrammes), ou , d'après la valeur actuelle , 3,66o,ooo piasti*es; tandis que 66,000 nègres produisent 44^^000 caisses (81 miUions de kilogrammes) de sucre, qui; au prix de 24 piastres, valent io,56o,ooo piastres. W 25% ES6AI POUnQUK résulte de ce câlcul'qu'un esclave produit ac- tuellement du cafë pour la valeur de i39 piastres ; du sucre , pour 1 60 piastres. Il est presque inutile de faire observer ici que c^ rapports changent avec les prix des deux denrées j dont les variations sont souvent opposées, et que, dans ces calculs qui' peuvent jeter quelque jour sur l'agriculture dans la région tropicale ^ j'embrasse, sous un même point de vue , la consommation intérieure et l'exportation par les voies licites et illicites. TÂBA&— Le tabac de File de Cuba est célèbre dans toutes les paities de l'Europe où l'usage de fumer, emprunté aux indigènes d'Haïti, a été introduit vei*s la fin du 16^ et le commencement du 17" siècle. On esypéroit généralement que la culture du tabac, délivrée de toutes les entraves d'un monopole odieux, devoit fournir à la Havane un objet de com- merce très-considérable. Les intentions bien- veillantes que le gouvernement a montrées depuis 6 ans, en abolissant la Factoria de tabacos , n'ont pas produit dans cette branche de l'industrie les améliorations auxquelles on ci'ojoit pouvoir s'attendre. Les cultivateurs SUR l'île de cuba. 253 manquent de capitaux ; le fermage des terres est devenu excessivement cher^ et la prédi- lection pour la culture du cafier nuit à celle du tabac. Les plus anciennes données que nous pos^ sédons sur la quantité de tabac que l'île ^e Cuba a versé dans les magasins de la métro*- pole, remontent à 1748. D'après Raynal , écrivain beaucoup plus exact qu'on ne le croit généralement^ cette quantité étoit^ de 1748 à 1755, année moyenne, de 75^000 arrobas. De 1789-1794, le produit de 111e s'étoit élevé annuellement à â 5 0,000 arrobas; mais j depuis cette époque jusqu'en 1 8o3 , le renchérissement des tenues, l'attention portée exclusivement sur les caféières et les sucreries, les petites vexations dans l'exercice du mono- pole royal (estancù) et les entraves du com - merce extérieur diminuèrent progressivement la production de plus de la moitié. On croit . cependant que ,'de 1822 à i8â5 , la production • totale du tabac de l'Oe a été de nouveau de . trois à quatre cent mille arrobas. La consommation intérieure du tabac est , dans toute l'île, de plus de 200^000 arrobas. Jusqu'en 1 76 1 ^ la Compagnie de commerce de la 1 254 l&SSM POLITIQUE Havane livra le tabac de Cuba aux mamifac* turcs royales de la Péninsule, li'après des con- trats qui furent renouvelés de temps ea iènvp avec la Trésorerie ou Real Hacienda, LaBé^ {Factoria de tabacos) remplaça cettp -comr pagnie , et ej;ploita elle-même le monopole. On réfluisit les prix payés aux cultivstemrs à tprois classes (suprema, v^edianoi^^ y infifàaj: ces prix étoient, eq i8o4y de 6, de 3'èt de ^ ^ pi9;stres Yarroba. En comparant \a diversité jdes prix aujx quantités^ prodùiltçs, on trouve que la Factorerie royale paya les feuille^ de tabac au prix moyen de 1 6 piastres le quintal. À cause ded fraisr de âthridaticnr^fia ]iYrede cigaKrçs i:evenoit, à l'admmbtrktion, à la Havane mêniey à 6réiaJe$ (ourf {liastres); la JUiyre de tabac exi poudre , en polros delgados cm col&r, ^ ^ireale^y en poiva9 ^suaves oucei- (^roi^A^^â de, Séyille , à i ireate. . • Dans de bppnes années , lorsque la récolte (produit de$ a.^atieeë -tcfiste la Factorerie fai^oit 44e8 çMtivateurs peu îâsés) s'^voità 35o,ooo arrobas de feuilles^ on- fabriquoit 128,000 arro^jû^tf pour la Péninsule, 80,000 pour la HaVj^qe ,, ,92<9K>. pour le Pérou, 6000 pour l^ar)am0:,J»QQo ponrJ3uenos-Ayres,^2â4o pour SDR l'île de cuba. 255 le Mexique et i ooo ppur Caracas el Campêche* . Pour compléter la somme de 3i5,ooo,ooo (car la récolte perd i o pour cent de son poids, en mermay aberias, pendant la fabrication et les traBspQrts)^ il faut supposer que 80,000 mrobas étoient consommés dans l'intérieur de Viie {en .lû$ canipos)y où le monopole oji la régie d'^toil point exercé. L'entretien de 1 20 esda^es et les frais tté &brication ne s'élé^ voient annuellement qu'à 1 2,000 piastres ; mais lès employés de hiFactoria coûtoient 54 1 ,000 piastres 9. La valeur des 1 28,000 arrobas qu'en de hofiii es années on envoyoit en Espagne, soit en cigarres, soit en tabac en pôudivs (fama y pbfco«V exoédoit, d'après les ptk • ' ' ' w ^ De la SUnœkm àctual de laReal Vactoria de 7^- baeof de la Hm)ana en Ahril 1 8o4 (document manus- ^t pQci^}^ AiSéTÎUe, on tenoit accumolés quelquefois ]L0,Jl.|2 li^^lj/QUs.de livres de tabac) et le reyenti^^ la Renia dfil Tçfiaco de la.PéQÎnsule. en boi^nes ai^i^ée^, de 6 miljiops de piastres* . ^ • ■ ; ■ . ■ . . ■ ■ . ■ ■. . ■ * On voit dans les états de la Trésorerie royale, jij- bliés en i8aa^ qu'après la suppression de hiFactoria de tàbacoa à la Havane, l'entretien de l'édifice et les ap- poî^tenlens des employés en retraite coûtoient encore r8/6oo et 249^00 piastres par an. 1 j 256 £SSAI POLltlQUE communs d'Espagne, sourent 5 millions de piastres. On est surpris de voir que les étato d'exportation de la Havane (documens publiés par le Consutado) ne portent, parmi les ex* portations pour 1816, que 34oo arrobas; pour 1823, que i3,goo arrobas de tabac en rama et 71,000 livres de tabac torcido, évalués ensemble j à la douane, à 281,000 piastres; pour 1825, que 70,302 livres de cigarres et 167,100 livres de tabac en feuilles et tôtes; mais il faut se rappeler que nulle branche de la contrebande est plus active que celle des cigarres. Quoique le tabac de la Vuelta de abajo soit le plus, renommé ^ une exportation considérable se fait aussi dans la région orîen*- tale de l'île. Je doute un peu de l'exportation totale de 200,000 boites de cigarres (valeur â millions de piastres) que plusieurs voyageurs admettent pour ces dernières années. Si les récoltes étoient abondantes à ce point ^pour- quoi l'île de Cuba recevroit-elle du tabac des Etats-Unis pour la consommation de la basse classe du peuple ? Après le sucre , le café, le tabac , trois pro- ductions d'une haute importance,^ je ne par- lerai ni du coton ^ ni de Y indigo y ni du froment SUR l'île de cuba. 257 de l'îlô de Cuba. Ces deux branches de Tin- dustrie coloniale sont de très-peu de rapport, et la proximité des Etats-Unis et de Guatimala rend la concurrence presque impossible. L'état du Salvador, appartenant à la Confédé- ration de Centro-Americo , verse aujourd'hui ^ annuellement^ 12,000 tercios, ou 1^800^000 livres d'indigo dans le commerce; exportation dont la valeur s'élève à plus de deux millions de piastres. La culture du froment réussit, au plus grand étonnement des voyageui's qui ont parcouru le Mexique^ près des Quatro Villas, à de petites élévations au-dessus du niveau de, l'Océan , quoiqu^en général elle ait encore pris très-près de développement. Les farines sont belles; mais les productions coloniales offrent plus d'appâts aux laboureurs, et les champs des Etats-Unis, cette Crimée du Nouveau- Monde, donnent des récoltes trop abondantes pour que le commerce des céréales indigènes puisse être efficacement protégé par le système prohibitif des douanes, dans une île voisine des bouches du Mississipi et du Delaware. Des difficultés analogues s'opposent à la culture du lin , du chanvre et de la vigne. Les habitans de Cuba ignorent peut-être eux-mêmes que , I. 17 258 BSSAI POLITIQUE dans les premières années de la conquête par les Espagnols , on a commencé à faire du vin dans leur île avec le suc de grappes sauvages ^ Ces espèces de vignes propres à l'Amérique ont donné lieu à Terreur très-répandue que le vrai Yitis vinifera soit commun aux deux continens. Les parras monteses qui donnoient ce le vin un peu aigre de l'île de Cuba , » étoient probable- ment recueillis sur le Yitis tiliaefolia que ^ (( De muchas parras monteses con ubas se ha co- gîdo vino aunque algo agrio. » {Herera, Dec. I, p. 253.) Gabriel de Cabrera recueillît à Cuba une tradition trës- semblable à celle que les peuples de race sémitique ont. de Noé, éprouvant pour la première fob les effets d'une liqueur fermentée. Il ajoute que l'idée de deux races d'hommes , l'une nue y l'antre vêtue, se lioit à celte tradition américaine. Cabrera , préoccupé des mythes des Hébreux, a-t-il mal interprété les paroles des indigènes, ou (ce qui paroit plus probable) n'a-t-il pas ajouté un trait de plus à ces analogies de la. Jbmme au serpent, de la lutte de deuû^/réres, du cataclisme de Veau, du radeau de Coofcoa?, de Voiaeau ea^lora-^ teur, et de tant d'autres mythes qui nous apprennent iDcontestablement qu'il existoit une communauté d'an- tiques traditions entre les peuples des deux mondes ? F'oj/. mes Fues des Cordillères etMonumens de VAmè* rique, PI. xiir etxxvijTom. I, p. 114, 235, 237, 376; Tom. II, p. 14, 128, 175, 177, 199, 392 (éd, in-8«). SUR l'île de cuba. âSg M. WilWenow a décrit d'après nos herbiers. Nulle part jusqu'ici, dans riiémisphère borëale, la vigne n^est cultivée ' dans le but de pro- duire du vin y au sud de 2'j^ 48' ou de la lati- tude de llle de Ferro, une des Canaries, et de J9^ a ^ ou de la latitude d'Abnshcer en Perse. CIRE. — Ce n'est pas le produit d'abeilles indigènes. (Melipones de M. Latreille), mais d'abeilles introduites d'Europe par la Floride. Ce commerce n'est devenu très-important que depuis 177a. L'exportation de toute File, qui n'étoit, de 1774 à 1779, année moyenne, que de 2700 arrobas^, a été évaluée, en i8o3 (en j comprenant la fraudé des douanes), à 4^9700 arrobasy dont 25, 000 étoient des- tinés pour laVera-Cruz. Les églises du Mexique font une grande consonmiation de cire de Cuba. Les prix varient de 16 à 20 piastres l'arroba. Les seules exportations de la Havane ont été , d'après les registres de la douane : * Leepold vtm Buch, Phps, Besckr. der Canar. Ifiêchn, 1835 y p. 124* ^ Raynal,Toin. III, p. 357. 17* a6o E^SAI POLITIQUE en i8i5. • . • . é . . . > 2!5,'5qS arrobas. 1816. ....^ 22^565 1817 «•• 20,076 1818 2^,ih6 ' 1819 19,375 1820 é.é 16^9^9 l822...., «.•.... 14)4^ 1823. • . . • • 15^692 1824 i6^o58 1825. i6^5o5 La Trinidad et le petit port de Baracoa font aussi un commerc/s considérable de la cire que fournissent les régions assez incultes de l'est de l'île. Dans la proximité des sucreries, beaucoup, d'abeilles périssent en s^ enivrant par lès mélasses dont elles sont extrêmement friandes. En général , la production de la cire diminue à mesure que la culture des terres augmente. D'après les prix actuels de la cire , l'exportation de cette matière^ par des voies licites et frauduleuses > est un objet d'un demi-» million de piastres. CoMMBRCE. — Nous avons déjà rappelé dans un autre endroit que l'importance du com- merce de rile de Cuba ae se fonde pas seule^ SUR L*ILE DE CUBA. 26} ment sur la richesse de ses productions et les besoins de sa population en denrées et en marchandises d'Europe^ mais que cette ri«r chesse repose en grande partie aussi sur la position heureuse du port de la Havane, à l'entrée du Golfe du Mexique, là où se croisent les grandes routes des peuples commerçans des deux mondes. L'abbé Raynal < a dit, à une époque où l'agriculture et l'industrie étoient dans l'enfance et versoient à peine dans le commerce, en sucre et en tabac, pour la valeur de 2 millions de piastres, que Vîle de Cuba seule pouvait valoir un royaume à CEs~ pagne. » Ces paroles mémorables ont eu quel- que chose de prophétique : depuis que la métropole a perdu le Mexique, le Pérou et tant d'autres états,, déclarés indépendans, elles devroient être sérieusement méditées par les hommes d'état qui sont appelés à dis- cuter les intérêts poUtiques de la Péninsule. Lîle de Cuba, à laquelle, depuis long-temps, la cour de Madrid a sagement accordé une grande liberté de commerce , exporte , par des voies Ucites et illicites, de ses seules pror ** Hiat. phil , Tom. 111 , p. 257. a62 E6SAI POLITIQUE ductioDs indigènes en sucre , café , tabac ^ cire et peaux , pour la yaleur de plus de t4 millions de piastres'. C'est, à un tiers près» ce que le Mexique a fourni de métaux précieux à l'époque ^ de la plus grande prospérité de ses mines. On peut dire que la Havane et la Yera** Cruz 3 sont, pour le reste de rAmékique » ce que New*- York est pour les Etats-Unis. Le 'Aux bas- prix des dernières années » an penl compter^ parmi ces productiaas : SSo^ooa caisses de sucre (à 24 piastres)=g, 1 2tO>ooo piastres; 3o5yOOO quin- taux de café ( à 1 a piastres ) = 3^660)000 piastres. (T. XI, p. 569, 570, 384, 385 ; plus haut, p. 7.) D'après, les prix des denrées, de 1810 & t8i5, la yaleur des ex- portations de File de Cuba s'élëyera actuellement à une Taleur de 18 à 19 millions de piastres. Heureuseoient la production ou la quantité de sucres fabriqués a augmen- té à mesure que les prix ont baissé : ces prix, en i8a6| sont à peine de 22 piastres la caisse, tandis qu'en 1801 îls s'éloîent élevés à 40 piastres. ^ En 1 8o5 , on a frappé , à Mexico , en monnoies d'or et d'argent, pour la yaleur de 27,165^888 piastres; maïs, en prenant une moyenne de dix années de tranquillité politique, on trouve, de 1800 à 181a, à peine 24 7 mil- lions de piastres. ^ En i8o3 : importation de la Vera-Cruz, i5 mil- lions de piastres ^ exportation (non compris les mv* SUR l'ilb de cuba. ^63 tonnage des looo à i^oo nairires marchands qui entrent annuellement dans le port de la Havane s'élève (en excluant les petites em- barcations de cabotage) à i5o,ooo ou 170,000 tonneaux <• On voit en outre , même au sein de la paix, souvent 120 à i5o bâtimens de guerre relâcher à la Havane. De i8i5 à 181g, les produits enregistrés à la seule douane de ce port (le sucre, Teau-de-vie, les mélasses, le café , la cire et les cuirs) ont atteint , année moyenne, la valeur de 11,245,000 piastres. En 1823, les exportations enregistrées à moins de deux tiers de leurs prix effectifs ont taux précieux) , 5 millions de piastres. A la Havane, les réexportations augmenteront par rétablissement du dépôt. * En 1816, le tomiage du commerce de New- York étoit de 299,617 tonneaux-, celui deBoston^ de 143^4^0 tonneaux* La capacité des navires n'est pas d'ailleurs une mesure exacte de la richesse du commerce. Des pays qui exportent du riz, des farines ^ des bois ouvrés et du coton ont besoin de plus de tonnage que les ré- gions tropicales^ dont les productions (cochenille, in- digo 9 sucre et café) occupent peu de volume^ quoi- qu'elles aient une valeur très-considérable. Si6U ESSAI POLITIQUE été (en décomptant 1,179,000 piastres en espèces) plus de 12 i millions de piastres. U est très-probable que les importations de toute Tile y faites par desYoies licites et frauduleuses, et évaluées , d'après le prix réel des denrées , des marchandises et des esclaves, 'sont au- jourd'hui de 1 5 à 1 6 millions ^e piastres , dont à peine 3 ou 4 milhons sont réexportés. La Havane achète de l'étranger bien au-delà de ses propres besoins : elle échange ses denrées cploniales contre les produits des manufac- tures d'Europe pour revendre une partie de celles-ci à la Yera-Cruz, à TruxiUo, à la Guayra et à Carthagène. J'ai discuté, il y a i5î ans, dans un autre ouvrage % les élémens de ces tableaux quç l'on publie a sous la dénomination trompeuse de balances de commerce; y> j'ai rappelé le peu de confiance que méritent ces prétendus comptes ouverts entre les peuples qui font des échanges mutuels, et dont, par de ùlux piîn- cipes d'économie politique, on croit ne devoir apprécier les avantages que d'après le montant ^ Essai polit., Tom. II, p. 746; et lîelat. hi9t*.% Tom. IX, p, 3o7 et 3o8. SUR.L*ILE DE CUBA. â65 de soldes en espèces. Les ëclaircissemens qLii suiyeDt ofTiiront deiix années (i8i6..et i8â5) de Balanzas y J^stadas de ComerciOj rédigés par ordre du gouvernement. Je n'en ai altéré aucun chiffre , parce qu'ils ofirent (et cet avan- tage est déjà très-grand dans l'appréciation des quantités difficiles à connoître) des nombre» limites au minimum. Les prix indiqués dans ces états ne sont ni ceux des productions aux lieux d'origine , ni ceux que règle le cours des ports d'arrivage. Ce sont dés évaluations fictives, des valeurs officieltesy conune on dit dans le système des douanes ' de la Grande- Bretagne ; ils sont (on né sauroit assez le ré- péter) pour le moins du tiers au-dessous des prix-courans. Pour déduire de l'état du com-» merce de la Havane^ tel que le donnent les registres des douanes espagnoles, l'état du commerce de l'île entière, il faudroit connoître les exportations et les ïmf oriàtions enregistrées de tous les autres ports, et augmenter leur somme totale par le produit du commerce frauduleux qui diflere selon les lieux, la naturç ^ On dbtîngue dans ce système entre le prix réel^ Variai value et le declarçd ou honafide value* 266 M8AI rOUTlQOE des marchandises et leur prix variable d'année en année. Des calcub de ce genre ne peurent être tentés que par les autorités locales^ et ce que ces autorités ont publié dans la lutte qu'ils ont soutenue avec beaucoup de talent contre les Cortes d'Espagne, prouve qu'eux^ménoies ne se croient pas suffisamment préparés pour un travail qui embrasse tant d'objets à la fois* La Junta del Gobiemo et le Real Comulada font rédiger, tous les ans , pour le seul poi*t de la Havane, sous le nom de Balanza del Co- mercio > , un état des exportations et impor- tations enregistrées dans les douanes. On distingue , dans ces états, les importations par des navires nationaux (espagnols) et étrangers ; ^ Ces Balanzas del Camercio de la Havane, dont quelques-uns sont imprimés avec tout le détail minu- tieux des valeurs partielles, forment généralement a 5 il 3o pages in-folio, et renferment plus de 1800 articles. J'en possède un trës-^and nombre ; mais je ne publie , dans cet Essai politique sur File de Cuba, que les chiffres qui peuvent condnire à des résultats généraux. La même marche a été suivie dans mon Essai poli' tique sur la Nauvelle^Espagne. SUR l/lLE DE CUBA. 267 les exportations pour la Péninsule , pour les ports espagnols de l'Amérique et les ports situés hors du domaine de la couronne d'Es- pagne. Le poids des marchandises, leurs valeurs {yalor por aforos) et les droits munici- paux et royaux y sont ajoutés; mais les éva- luations officielles du prix des miarchandises sont j comme nous l'ayons déjà rappelé , beau- coup au-dessous du prix-courant ^ de la place. Année 1816. A. Lupoicr ATioN i5jai9,986p« parSSg navires espagnols 5, 980^44^ P- denrées et march. 1,032,155 p. esclaves africains. 2,659,950 p. en or et argent 2,288,558 p. par 672 navires étrangers; 7,259,545 1008 navires 15,219,^86 ^ Far exemple, les nègres introduits sont évalués à i5o piastres par tête*, les barils de farine, à 10 piastres. Après avoir donné la valeur totale de la prétendue ba~ lancé du commerce, j'ai indiç[aé les quantités d'or et d'argent qui n'ont fait que traverser l'île de Cuba. Pour donner une idée approximative de la consommation 268 ESSAI POLITIQUB S, Exportation. ^ i,^&5^iZ5 p« p^r 497 nayires. espagnols. 5, x6jf^P6 p,, poui: la Péninsule 2,419,224 p. pour les ports esp. d'Am. 2,1047890 pour les côtes d'A- frique 645^,852 5,167,966 pr 493 nayires étrangers. . 3,195,169 989 8,365,155, De 2,4391 951 Ipiâstres importés, Texporr tation enregistrée , en or et ei;i argent , n'a été que de 480,840 p. Parmi les articles ii importation y on dis- tingue les valeurs suivantes ; farines 71,807 barils, ou 718,921 p.; vins et liqueurs d'Eu- rope, 463,067 p.; viandes salées , comestibles et épiceries, 1,096,791 p.; divers vêtemens, 127,681 p.; soieries, 282,382 p.; toiles, 3,226,859 p.j; draps et ccutres tissus de laine, iq3,224 P-; meubles, cristaux, quinoaillerie, • intérieure de l'île et de ses besoins en objets manufac- turés d'Europe, j'ai désigné les mêmes articles parmi 1^5 ej^portations et les importations. SUR l'île de cuba. â6g 267,312 p.; papier,* 61,486 p.; fer ouvré, 33o,368 p.; cuirs et peaux, 1 35, 1 o3 p.j planches et autres bois (de charpente) déjà ouvré, 285,217 p. Parmi les articles A^ exportation , on trouve : farines > 10^965 bar., ou 1 45,254 p.; vins et liqueurs ,111 ,4^^ P? viandes salées et comes- tibles, 227^274 p.; divers vêtemens , 48^5 p.j soieries, 47>872 p.; toiles, 1,529,610 pi; meubles, cristaux, quincaillerie, 29,000 p^; papier, 20,497 P'> ^^^ ouvré, 99,58i p.; sucre, 3,207,792 arrobâs, ou 3,962,709 p.; café, 370,229 arrobas, ou 8475729 p.^ cire> 22,365 arrobas^ ou 1 69,683 p.; cuirs préparés,i9;978 p. ANNÉE 1823. A. Importation 13,690,735 p. par des navires espagn. 3,562,227 p. par des navires étrang. 1 o, 1 36,5o8 B. Exportation 12,3129,169 p^ par des nafvires espagn. 3,55o,3 1 2 p* par des navires étrang. 8,778,857 Nombre des navires entrés à la Havane > 1125, du port de 167,578 tonneaux; sortis, 1000, du port de 1 5 1,1 61 tonneaux. 270 KSSAl H)LITIQim Les productions indigènes exportées et en- registrées ont été éyaluées- dans cet état du commerce à 95,884 caisses de sucre blanc. 30^9327 blond. 672^007 arrobas de café 5 {nremièré qualité» aa5 ,91 7 seconde quaKté» 15,69a arrobas de cire. 3O5I45 bocob de mélasse. 13,879 arrobas de tabac en tama. 71,108 livres de tabac torcido. 26,610 pièces de cuirs de l'ile de (iuba. 5,368 garafoDcs de iniel d^abeille^ Or et argent importés^ en espèces, 1,179,034 piastres; exportés > i,4o4,584 piastres. Parmi les marchandises et denrées impars iées : vêtemens faits, 21 3,236 p.; toiles et fil de lin, 2,071,085 p*; soieries, J^SQySSg p.; toiles de coton, mousselines, etc., 1,021,827 p.; draps, 165,962 p.; viandes salées, riz, autres comestibles et épiceries, 3,269,901 piastres (parmi lesquels, 43i,464arr.; de tasajo, valeur 701,129 p.; 309,601 arrobas de riz, val. 348,301 p.; et 89,947 barils de graisse, val. 259,941 p.); farines, 74? 1*9 barils, ou 889,4^8 p.; vioset liqueurs, 1,1 19,457 p.; fer SUR L^ILE Dft CUBA* 2-]! ouvré, iî88,697, p.; quincaillerie, meubles, criistaux et porcelaine, 4^42^^^ P-î papier, 35,x86 rames, ou 1 58,337 P-î savon de Gastille, 53,44i arrobas, ou 213,764 p.; suif (sebo labrado), /^2y5i2 arrobas, ou 170,060 p.; planches et autres bois (de charpente) déjà ouvré, 353,765 p. Parmi les objets exportés , nous distingue- rons , outre les productions du pays déjà indi- quées plus haut : toiles et fil de Un, 29,626 p.; cotonnades, 69,049 p.; soieries, ii,3i6 p.; étoffes de laine, 9633 p.; meubles, cristaux, quincaillerie, 8o46 p.; fer ouvré, 63, 149 p.j planches etbois (de charpente) ouvré, 23,453p.; papier, 6672 rames, ou 22,288 p.; vins et liqueurs, 49?^^^ P*> viandes salées, cornes* tibles, épiceries, 86,882 p.; papier, 1 5,322 rames ou 2^,772 p. Voici les notions les plus exactes que j'aie pu réunir sur Tentrée et la sortie des bâtimens dans le port de la Havane. De 1799 à i8o3, le nombre des navires entrés a été, année moyenne , de 906 , en y comprenant les bâti- mens de guerre. 1799 883 1 800, 784 i ^J2 ESSAI POLITIQUE 1801 é k • loiS iÇoa 845 i8o3. ,...;• i i. lo'ao On évaluoit alors l'exportation des sucres à une charge de 4^,000 tonneaux. De i8i5 à 1819, le total des bâtimens entrés a étë, année moyenne, de 1 ^92, dont 226 espagnols et 966 étrangers. En i8âO : entrés, i3o5, dont 288 espagnols ; sortis , iâ3o,dont 919 éti^- gers. Dans les années qui suivent, on n'a tenu compte que des bâtimens marchands : entrés, torthé 1 8a 1 . 1 268 1 168. Parmi ces 1 268 seulement a58 es- pagnols* U est entré ^ en outre, 95 bâtimens de guerre, dtNit 53 espagnols. i8ai. 1182 1118. Dès 118a, il y avoit 84^ éti'an* gers; il est entré, en outre;; i4i bâtimens de guerre ^ dont 7a es- pagnols. 1825. 1168 ,1144. Dès 1168 (à i67,5;8 tonneaux), il y avoît 274 espagnols, et 708 des États-Unis : en outré i49 bâtimens de guerre, dont 61 espagnols, 54 des États-Unis et 34 anglois et fran^ois. 1824. 1086 1088. Parmi ces"" 1086, on Comptoit 890 étrangers: en outre, îl est entré à la Havane 129 b&timens de guerre , dont 59 espagnols. k SUR L IIîE DE cuba; 05 S «73 ^ M a ^; ïï JL W 9 ^ -^ » — «a T3 -* "(O 8 • • KO Oi - 00 • M "S to 1^ « ti4 00 M rx (O 00 to »o *i( *Ç. l>s rN -* ■0^ *i( *^ to tN rx •« ^ •« ^ M «** rN • i>» M rm *« 0% to C« Cl n ei •4 »o to o CI • « , a »o ture a tracées à toutes les sociétés devenues nombreuses et éclairées. La culture de la canne à sucre et du cafier ne sera pas aban- donnée ; mais elle ne restera pas plus la base principale de l'existence nationale que ne le sont la culture de la cochenille pour le Mexi- que, celle de l'indigo pour le Guatimala, celle du cacao pour le Venezuela. Une population agricole, libre et intelligente, succédera pro- $1}R LUE I>E CUBA. 279 gressivement à une populalioa esclave, dé- pourvue de prévoj^ance dt dludustrie. Déjà les capitaux que le commerce de la Havane a versés depuis vingt-cinq ans entre les mains dès cultivateurs* ont commencé à changer la i^ce du pays : à cetle puissance, dont l'action est toujours croissante 9^ a'en joindra iiécessaire*- ment une autre qui est inséparable des progrès de l'industrie et de la richesse nationale, le développement de l'inteUigence hulnaine. C'est de ces deux puissances réunies que dépendent les destinées futures de la métropole des An- tilles. Nous avonà vu que, d'après les tabl^VHe ^u commerce de la Havane, les exportations enregistrées se sont élevées^, en j^roduetions de l'île, par une moyenne de i8i5-i8i9, à 12,245,000 piastres, et, dans ces dernières années, à 1 3 millions de piastres \. Si les expor- tations enregistrées de la Havane et de QJE^ tanzas ont été ensemble , en productions indL- ^ Je coasigne ici des évaloatioiis qui ne sont pas celles de la douane, mais des éraloalibns faites d'après les pria^caurans dans le port de la Havane. \ a80 ESSAI POllTIQUE gènes et en marchandises étrangères réexpor- tées en 1 8a3 , de 1 5, 1 69^200 piastres ' , on peut supposer^ sans exagération, que l'île entière doit avoir exporté, par des voies licites et illi- cites, dans cette même année i&â5 , où le com- merce a été très-actif, pour plus de 20 à 22 millions de piastres ^. Ces évaluations en es^ fècet varient naturellement avec le prix des marchandises et des denrées. Avant que la Ja- maïque jouit d'un coomierce Ubre, en 1820, les exportations y étoient de 5,4oo,ooo livres sterL On croit assez généralement que l'Es- pagne tire annuellement quarante à cinquante ^ Dans l'oUvrage estimable qui a paru sous le titre du Commerce du diâf-neuvîème aiéelcy Tom. i , p. arSg^ cette exportation de la Havane , en 1825, est éyaluée à moins de a millions de piastres ; mais cette évalua- tion se fonde sur une erreur de chiffres. Le sucre enregistré étoit de Soo^ai 1 caa?as, ou i20^o84«4op liy. espagnoles, et non de 6 millions de .livres; Texporta- tion du café étoIt de 22,5i98^ioo lîyres espl , et non de 5 millions delîy. (Tom/Xl, p. 566, 567; et plus haut, p. 7. ' Les exportations de la partie Françoise de Saint- Domingue étoient, en 1788, de 67 millions de francs en sucre, de y 5 millions de francs en oafé, et de i5 millions de frsmcs en coton, ensemble . 5i.,4oO)Ooa de piastres. ' SUR l'île de cuba. aSi ixaUe caisses de sucre de la Havane. (En 1823^ les étafe portèrent 100,766 caxas; en 1825, seulement 47,547> Les Etals-Unis * font, d'a- près le tonnage, plus de la moitié; d'après la valeur des exportations, plus du tiers de tout le commerce de l'île de Cuba. Nous avons évalué l'importation totale de l'île au-delà de 22 k 2^ millions de piastres, y compris la con- trebande. La valeur des seules marchandises et productions venant dès Etats-Unis par des navires de 106,000 tonneaux^ a été, en 1822, ^ D'après des documens offîciek , les importations totales des Etats-Unis ont été, eni 820^de 62,586,724 270,600 dollars peut être regardée comme très-considérable ; car, en 1824 9 celle de la Grande-Bretagne an Mexique , à Colombia, à Buenos- Ayres, au GUli et au Pérou ne s^élefoit encore ensemble qu'à 2^377,110 lirres sterl. {AnAo^ caunt of the United Prov. 0/ Rio de la Plata/iSfà5 , p. »72.) . .^ ; . . >282 ESSAI POIITIQITE de 4>270,6oo dollars. Les importations de l» Jamaïque se sont élevées, d'après M. Stewart, ea 1 820, en valeur de manufactures angloises y à d millions de livres sterl. L'importation enregistrée des&rines ^ a été, au port de la Havane : 1797 62^737 barils {ky \ arr., ou 84 kll.) 1798 58^474 1799 *• %9^5 1800 54^44^ 1801 64^703 i8oa 8a;045 i8o3 69,254 En 1823, l'introduction enregistrée au port seul de la Havane a été , par les navires espa* gnols, 33,987 bar.; par les navires étrangers, 74» 1 1 9 ^^^ 9 total 1 1 3,5o6 bar. , au prix moyen de lôrpiastres (y compris les droits), i,864,5oa piastres. C'est à la sage administration du gou- ^ Les ÉUt5-Uni5 ont exporté en général , Tan 18205 pour 9^0755000 dollars de Burines -■ de froment et de mcùis. L'exportation des farines éprouve des fluctua- tions extraordinaires. En i8o5>elle étoitde 1,5 11, 855 barils; en 1817, de i9479;i98îen i825; de 756;702 bar. SUR l'île de cuba. 285' "verneur Don Luis de las Casas * que Ton doit la première introduction directe des farines des États-Unis dans File de Cuba. Jusqu'à cette époque y ces farines ne pouvoient êtr^ intro-^ duites qiC après avoir passé par les ports (f Eu- rope ! M. Robinson ^ évalue l'introduction to- tale de cette denrée , dans les diverses parties de Fîle^ par des voies licites et illicites, à 120)000 barils. Il ajoute, ce qui me paroit moins certain , « que File de Cuba , à cause de la mauvaise distribution du travail des noirs , manque tellement de subsistances , qu'elle ne pourroitpas soutenir un blocus de cinq mois.» En 1 822, les Etats-Unis ont importé, dans File de Cuba, 144998^ barils (plus de 12 millions de kilogrammes), dont la valeur, à la Havane, s'élevoit (avec les droits) à 2,391 ,000 piaistres. Malgré l'impôt de 7 piastres dont est chargé chaque baril de farine des États-Unis introduit dans 111e de Cuba , les farine^ de la Péninsule (celle de Santander) ne peuvent soutenir la concurrence. Cette concurrence avoit com- mencé pour le Mexique sous les auspices les ^ Fbyez plus haut; p. 5oa. ? 3fem. on the JUemcan BevoluHon, Vol. 11^ p. 55o. 284 K^^^ï POLlTIQtlF plus heureux.: pendant mon séjour à la Yera- Gniz, on exportoit déjà de ce port, en ârines mexicaines , pour la valeur de 3oo,ooo piastres. D'après M. Pitkins , cette quantité a augmenté^ en 1809, jusqu'à ^79000 barils y ou 2,268^000 kilog. Les troubles politiques du Mexique ont interrompu entièrement ce commerce de cé- réales entre deux pays placés tous deux sous la zone torride , mais à des élévations au-des- sus du niveau de la mer dont la différence influe puissamment sur les climats' et les cul- tures. L'importation enre^strée desboissons aété^ à la Havane : 1 797 • 1 2,547 bariis de vin. a5oo bar, d'eau-de-^vie. 1798. 1 2,1 18 2412 1799. 52,073 2780 1800. 2O9899 6 . 5592 1801. 25,921 5210 1802. 45,676 56i5 i8o3. 59,i3o... 5553 Pour compléter ce qui a été exposé sur le commerce extérieur, écoutons Fauteur d'un mémoire que nous avons cité plusieurs fois et qui expose la véritable situation de l'île. «A la S{JR l'île de CUBA. 285 Havane^ on commence à sentir tous les effets de l'accumulation des richesses. Les vivres ont doublé de prix dans un petit nombre d'années. La main d'œuvre est si chère qu'un nègre -éo- zaly récemment importé des côtes d'Afirique', gagne , par le seul travail de ses mains (sans avoir appris aucun métier), 4 ^ ^ réaux {2 fr. i3 sols à 5 &• à sols) par jour. Les nègres qui exercent un métier mécanique , quelque gros- sier qu'il soit^ gagnent 5 à 6 fr. Les f^miilles patriciennes restent fixées au sol : l'honune qui s'est enrichi ne retourne pas en Europe pour y porter ses capitaux. Quelques familles sont si puissantes que Don Matheo de Pedroso , mort il y a peu de temps , a laissé , en fonds de terre , au-delà de deux millions de piastres. Plusieurs maisons de commerce de la Havane achètent, par an , dix à douze mille caisses de sucre qu'ils paient à raison de 35o,ooo ou 420^000 piastres. Les affaires qui se font an- nuellement dans cette place s'élèvent à plus de vingt millions de piastres. y> (De la Situacion présente de Cuba , manuscrit). Telle étoit l'état de la fortune publique à la fin de 1 8oo. Vingt* cinq années d'une prospérité croissante se sont écoulées depuis cette époque. La population U66 ESSAI POLITIQUE de File a presque doublé. Avant Pannée 1 8oo, l'exportation des sucres enregistrés n'ayoit at- teint y dans aucune année , la somme de 170,000 caisses (3 1,280,000 kilogrammes); dans ces derniers temjps ^ elle a toujours dé- ^ Depuis que la cour de Madrid a pris la résolution d'ouTrir au commerce espagnol et étranger plusieurs ports dans la partie occidentale de l'ile^ Texportation des sucres enregistrés à la douane de la Hayane ne doit plus être considérée comme une mesure exacte de la prospérité agricole. Le port du Mariel^ si utile aux planteurs du district de Guanajaj, avoit déjà reçu son habilitacUm (c'est le terme technique de la légis- lation commerciale espagnole) par la cédule royale du 20 octobre tSiy, mais ce n'est que depuis cinq i six ans que l'exportation du Mariel a influé sensible-* ment sur celle de la Hayane. Le gouvernement a égalemeni; étendu les franchises des autres ports, par exemple de Baracoa (i5 décembre 1816), de SanFer- nando de Nuevitas dans l'Estero de Bagà et des Gniros (5 avril 1819), de laBahia de G uantanamo ( 1 3 aôdt 1619) et de San Juan de los Remedios , qu'on peut considéra comme le port du district de Villa Clara (aS septembre 1 8 1 9] . La Bahia de Jagua, oii Don Luis de Clouet a com« mencé un établissement agricole et commercial, en y fixant d'anciens colons de la Louisiane et d'autres hommes blancs et libres y n'a point encore été habitée. (Memorias de la Soc. econ. de la Habana, n^ 54 > p. 287, 293 ; 297; 3oô et 3o3.) / SUR l'île du CUBA. 287 passé âoo^oOo caisses , et même atteint âSo^ooo et 3oo,ooo caisses (46 à 55 millions de kilog.). Une nouvelle branche d'industrie , celle des plantations de cafier quiofire une exportation de la valeur de 3 1 millions de piastres , a pris naissance; l'industrie, guidée par une plus grande masse de lumières , a été mieux diri- gée ; le système des impôts qui pesoit sur l'in- dustrie nationale et sur le commerce exteneur a été ébranlé depuis 1791, et s'est perfectionné par des changemens successif. Chaque fois que la métropole , méconnoissant ses propres intérêts , a voulu faire un pas rétrograde , des voix courageuses se sont élevées, non seule- ment parmi les Havaneros , mais souvent même parmi les administrateurs espagnols, pour dé- fendre la cause de la liberté du commerce américain. Récemment par le zèle éclairé et les vues patriotiques de l'intendant Don Clau- dio Martinez Pinillos, une nouvelle voie a été ouverte à l'emploi des capitaux. Le conunerce d'entrepôt a été accordé à la Havane , sous les conditions les plus avantageuses ^ ^ AcuerdoB sobre arreglo de derechos y eatàbleci^ miento de Almacenea de Deposito. (Voyez Suplemento al Diario del Gobiemo constîtucional de la Habana dcl 2^8 ESSAI POLITIQUE f Les communications intérieures de VUey difficiles et coûteuses , renchérissent les pro- ductions dans les ports , malgré le peu de dis- tance entre les côtes du nord et du sud. Un projet de canalisation, quiréunit le double avan- tage de lier la Havane et le Batabano par une ligne navigable et de diminuer la cherté du transport des productions indigènes, mérite ici une mention spéciale. L'idée du canal des Gui- nes ' a voit été conçue depuis plus d'un demi- siècle 3 dans le simple but de fournir, à des prix plus modiques, des bois de construction aux charpentiers de l'arsenal de la Havane. En 1796, le Comte de Jaruco y Mopox , homme aimable et enti^eprenant, auquel ses liaisons avec le prince de la Paix avoient donné beaur coup d'influence, se chargea de faire revivre ce i5 de octùbre 1822.) Sans l'heureuse ^ancAt^e du port de la Havane y la Jamaïque seroit devenue le centre de toutes les opérations mercantiles avec le continent voisin. ^ Le nivellement a donné, en pjeds de Biirgos : du Cerro prës du pont de la Zanja, 106^2; Taverna del Rey, ^29,5; Pueblo del Rincon^ 29^;^; Laguna de Zaldivar, quand elle est pleine, 257,3; Quibican, i66;i; Batabano, village, 21^3. SUR L riE DE CUBA. 26^ projet. Le nivellement fut exécuté, en 1798, par deux ingénieurs d'une très-grande habi- leté, Don Francisco et Don Félix Lemaur. Ces officiers reconnurent que le canal auroit , dans son développement entier, 1 9 lieues (de 5ooo varas ou 4i3o mètres) de long, que le point de partage seroit à la Taverna del Rey^ et qu'il faudrdit 1 9 écluses vers le nord , et 2 1 écluses vers le sud. En ligne droite , il n'y a de la Havane au Batabano que 6 j lieues marines '•' Le canal des Qxxine^ sevoïl^même comme canai de petite navigation , d'une grande utilité pour le transport des produits agricoles par des ba-** teaux * à vapeur, parce qu'il se trouveroit rap^- proche des terrains les mieux cultivés. Nulle pai*t les routes ne «ont plus mauvaises penr dant la saison des pluies que dans cette partie de l'île où le sol n'offre qu'un calcaire friable peu propre à la construction de chemins ferrés: Aujourd'hui, le ti'aqsport du sucre coî(ite, des * Voyez Tom. XI, p. aai. ^\Déjà le long de la côte j des bateaux à vapeur sont établis de la Havane à Matanzas, et moins régulière- ment de la Havane au Mariel. Le gouvernement 9 accordé 9 àJDon Juan de O-Farrill (a4 mars 1819), u^ privilège sur les bareos de vapor, h IQ 2f)0 ESSAI POLITIQUE Guiaes à la Havane, pour une distance de 12 lieues y une piastre par quintai Outre Fayan-* tage de faciliter les communications inté* rieures , le canal donneroit aussi une grande importance au $urgidero du Batabano dans le* quel , sans avoir besoin de doubler le cap Saint*- Ântoine, entreroient de petits bâtimens char- gés de viandes salées {ta$aJo) de Venezuela. Dansla loiauvaise saison et en temps de guerre, quand les corsaires sont en croisière entre lô cap Catoche, les Tortugas et le Mariel, on est heureux de pouvoir abroger la tniTersée de la Terre-Ferme à l'île de Guba^ en entrant, non à la Havane, mais dans quelque port de la côte méridionale. On avoit évalué , en 1 'jg&, la construction du canal des Guines à 1 mil- lion ou 1,200^000 piastres : on pense que les frais s'élèveroient aujourd'hui à plus d'un mil- lion et demi. Les productions qui , annuelle- ment, pourroient passer par le canal, ont été évaluées à 75,000 caisses de sucre, 25,ooo ar- robas de café, 8,000 bocoyes de mélasse et de rum. D'après le premier projet, celui de 1796, on vouloit lier le canal à la petite rivière des Guines qu'on amèneroit de l'Ingenio delaHo- landa vers Quibican , 3 lieues au sud du Beju- SUR L*1L£ DE CUBA. 29 1 cal el de Santa Rosa^ Aujourd'hui on a aban- donné cette idée , le Rio de los Guines per- dant ses eaux vers l'est dans l'ii^rigation des savanes du Hato de Guanamon. Au lieu de conduire le canal à Test du Barrio del Gerro et au sud du fort d'Âtarès , dans la baie de la Havane même, ou voudroitse servir d'abord du lit de la Chorrera ou Rio Ârmendaris , de- puis Galabazal jusqu'à l'Husillo, puis de la Zanja Real, non seulement pour faire arriver les bateaux au centre des arrabales et de la cité de la Havane , mais aussi pour fournir de l'eau aux fontaines qui en manquent pendant trois mois de Tannée. J'ai eu l'avantage de visi- ter plusieurs fois y conjointement avec MM. Le- màur, les plaines par lesquelles doit passer cette ligne de navigation. L'utilité du projet est incontestable, si l'on peut amener, dans le temps des grandes sécheresses, une quantité d'eau suffisante au point de partage.  la Havane comme partout où le com- merce et la richesse qu'il produit prennent ^ Pièces officielles de la Cammiaian para el/bmenio de ht lala de Cuba, i799> et Notes manuscrites de Jlf. Bauduy, 19. âga ESSAI POLITIQUX un accroissement rapide , on se plaint de l'in- fluence nuisible qu'exerce cet accroissement sur les vieilles mœurs. Ce n'est pas ici le lieu de comparer le premier état de l'île de Cuba cou- verte de pâturages avant la prise de la capi- tale par les Ânglois, "et son ëtat actuel de- puis qu'elle est devenue la métropole des An- tilles ; ce n'est pas le lieu de mettre en balance la candeur et la simplicité deâ moeurs d^une société naissante avec les moeiu^s qui appar- tiennent au développement d'une civilisation avancée. L'esprit du commerce, amenant le culte des richesses, porte sans doute les peu- ples à déprécier ce qu'on ne peut obtenir pour de l'argent. Or l'état des choses humaines est heureusement tel, que ce qu'il y a de plus désirable, de plus noble, de plus hbre dans l'homme , n'est dû qu'aux seides inspirations de l'ame , à l'étendue et à l'améhoration des facultés intellectuelles. Le culte des richesses, s'il pouToit s'emparer d'une manière absolue de toutes les classes de la société , produirok infailliblement le mal dont se plaignent ceux qui voient avec chagrin ce qu'ils appellent la prépondérance du, système industriel; mais l'accroissement même duconuuerce, enmul* Sun L ILE DE CUBA. 2^5 tipliant les rapports entre les peuples , en ou- vrant une sphère immense à l'activité des es- prits, en versant des< capitaux dans Tagriciil- ture, en créant, par les raffinemens du luxe, de nouveaux besoins , offrent le remède contre les dangers dont on se croit menacé. Dans cette complication extrême de causes et d'e^ fets , il faut du temps pour que l'équilibre s'é- tablisse entre les diverses classes de la société. On ne peut admettre sans doute qu'à chaque époque donnée , la civilisation , le progrès des lumières , le développement de la raison pu- blique puissent se mesurer fàrletonnage^ipsirlaL valeui' des exportations, ou par le perfection- nement des arts industriels? Mais les peuples comme les individus ne doivent pas être jugés d'après un seul stade de leur vie. Ils n'accom- plissent leurs destinées qu'en parcourant l'échelle entière d'une civilisation appropriée à leur caractère national et à leur situatioa physique. Finances. — L'accroissement de la prospé* rite agricole de l'île de Cuba et l'accumulation des richesses qui influe sur la valeur des ini- portations ont élevé le revenu public, dans 294 ESSM POUTIQIB des dernières années, à quatre millions et demi j peut-être même à cinq millions de piastres. La douane de la Havane qui donnoit, avant 17949 moins de 600,000 piastres, et de 1^197 à 1800, année moyenne, 1,900,000 piastres ,* Verse , depuis la déclaration du coin- merce libre, dans la Trésorerie générale, un retenu nét(imp&rte tiqUidù) de plus de 5,ibQ,ooo * — • pia^frleà K Comixie le gouvernement colonial permet la plus grande publicité dans tout ce qui regisfrde les finances de l'île de Cuba, 'on peut teconnoître, • par les budjets des Cajàt matrices de la Administrdciôn gâterai de Renias de là ville et juridiction de la Havane, que, dans les années 1820-1825, le revenu public, autant qu'il dépend de cette administration , a oscillé entre 3,2oo,ooo et 3, 400,000 p. Si Ton ajoute à celte somme, d'un côté 800^000 de diffërentes branches dé revenus ^ Çdirecta ^ La douane de Port-au-Prince, à Haïti, a produit, en 1825, la somme de 1,655,764 piastres; celle de Buenos-Ayres, de 1819 à 1821, année moyenne, 1,655,000 piastres. Voyez Centinela de La Plata (septembre 1822), n® 8. Argos de Buenos-Ayres ^ n» 85. r ? Loterie ; renia décimal, etc. SUll L* ILE DE CUBA. Iig5 entrada) que perçoit immédiatement la Teso- reria gênerai^ d'un autre çàt^ le'p^ôduit des douanes de Trïnidad, de Mafatis^às,' dg Baracôa et de Santiago de'GùKa qui; dé\kj avant iBl-g^ s'élevoit à plus de 600,000 piastres, ton conçoit que l'évaluation de cinq millkntô de piastres, x>u â5 millions de francs pour nie> entière *, n'est rien moins qu'èxagërëe. Des compa- raisons très-simples prouveroîit combien ce produit est considârable > relativement a l'état actuel de la colonie. L'Ile de Cuba qe renferme encore que tt delà popidation d^e 'la France s et la moitié de ses h^bitans^ vivant dans une affreuse indigence , consomme très-peu. Son revenu égale presque icelui de la république de Golombia^j il est supérieur au revenu de ■■ ■ . . ^ • ^ Les députés de File de Cuba déclarèrent eux- mêmes aux Gortès d'Espagne (en mai 1821 ), que la somme totale des contributions u dans la seule pro- yince de la Hayane » s'élevoit à cinq millions de piastres ifertes. {Beclamacion eatitra laléydearanceltfé:^ p. 7; n'^ 6.) Déjà/ en X 81 8 et 1S19 j la récite totale de k Trésorerie générale étoit de 4>367,ooo et 4,io5,ooo p. 5 la dépense , de 3,687,000 et 5,848,000 p. * Foyez Tom. IX, p. 4o3 et 4o4« « En i55o, esta Isla rentô 6000 pesos de oro. » Herera, Tom. JX^ p. 567. ^96 BSSAl VOL\tlQt% toutes le» douanes des Etats-Unis % aydnÀ l'année 1795, époque où cette confédération avoit déjà i^SoOyOOd habitans, tandis que l'île de Cuba n'en a que 715^000. La source prin- cipale du revenu public de cette belle colonie est la douane : elle seule produit au-delà de |, et suffit largement à tous les besoins d'admi-^ nistration intérieure et de défense militaire. Si , dans ces dernières années , les dépenses de la Trésorerie générale de la Havane se sont élevées à plus de quatre millions de piastres, ce surcroit de dépenses n'est dû qu'à la lutte opiniâtre que la métropole a voulu soutenir contrtL les colonies affranchies* Deux millions de piastres ont élé employés à la solde des troupes de terre et de mer qui « par la Havane, ont reflué du continent américain vers la Pé- ninsule. Aussi long- temps que ^Espagne, né- gligeant ses véritables intérêts, ne reconnoîtra pas l'indépendance des nouvelles républiques, l'île de Cuba , menacée par la Colombie et la Confédération mexicaine, doit entretenir, ^ £n 181 5^ les douanes des États-Unis qui avoient donné, de 1801 à 1808^ jusqu'à 16 millions de dollars^ ne produisoîent que 7,282,000 dollars. Morse, M(h> dem ûèogr., p# 6^8, 9UR l'île de cuba. zg-j pour sa défense extérieure , un appareil mili- taire qui ruine les finances coloniales. La marine espagnole , stationnée dans le port de la Havane , coûte généralement au-delà de 650;000 piastres. Là troupe de terre exige i par an , près de 1 7 million de piastres. Un tel état de choses ne sauroit durer indéfiniment 5 si la Péninsule ne soulage pas le fardeau qui pèse sur la colonie. De 1789 à 1797, le produit de la douane ne s'est jamais élevé, à la Havane, année moyenne, au-*delà de 700,000 piastres; car les droits royaux, {renias reaies) versés dans la Trésorerie étoient : 17^9 de. .... 4 479;^^^ piastres. 1790 — 642,720 1791 520,202 1792 — 849?9o4 1793 — 635,098 1794 — • 642,520 1795 — .., 643,583 1796— 784,689 ■ Dé 1797 à 1800, les droits royaux et muni- cipaux, perçus à la Havane, ont été de 7,634,126 piastres,, ou, abnée m03^euûe, de 1,908,000 piastres : 29S ESSAI rOLITlQUE 1797 • • • i^aS[7^oi7 piastres^ 1798 i,aaà,548; 1799 s: :^,3o5,oBo 1800 2,a49i68o 1801 ^9^7^)970 180a • a^4oO;93a i8d5 1,657,465^ i La douane de la Havane a produit : t 1 808 • • ifi 78>974 piastres. 1809 1^915^665 1810 1^292^619 i8îi...^ î,469;i57 1814.....^ ..:..... i>«55,ri>' La diminution des revenus de la douane , en 1808, a été attribuée à V embargo mis sur les navires américains '; mais^ en 1869, ^^ cour permit la libre entrée des navires étrangers neutres ^. De 181 5 à 1819, les droits- royaiux ont été, dans le port de la Havane, de 11,675,460 piastres j les droits niunicipaux, de 6,709,347 : total, 18,284,807 pia8ti»6, ou, année * Patr. amer, y Tom. Il, p. 5o5. ^ Reclam, cantra ha aranc* , p.:8. • SUR LILE DE CUBA. 2Qg moyenne, 3,657,000 p., dont les droits muni- cipaux formoient rh. AKN1^.F..S. nOMBRB DBS BATIUBIT8 entrés et sortis. OBRBGBOS reaies. OBEBCBOS municipales. l8i5 240a 1,85 1,607 p. 8049693 p. 1816 235a 2,233,ao5 97>»o56 1817 2438 2,291,243 1,429,052 1818 2322 2,38 1,658 1,723^008 1819 2365 a»8i7,749 j, 781,530 Le revenu public de VAdministracion gênerai de Renias de la juridiction de la Havane s'est élevé en 1820 à 3,651^273 piastres. 1821 5,277,639 1822 5,578,228 En 1823, les droits royaux et municipaux d'importation ont été, à la doiiane de la Havane, de 2,734,563 piastres. L'état du revenu public de VAdministracion gênerai de Soc ESSAI POLITIQUE Renias de la juridiction de laHaYane, eniSâ^ a été comme il suit : I. Droits d'importation. •...•• i,8i8,8g6 piastres. Aknojarifazgo. 1^8 17,960 p. Alcàbala 802 Jirmada i44 II. Droits d'exportation 3a6,8i6 III. Cabotage et différentes autres branches (sel, 27,781 p.; droit de dépât, i54;9a4 p; média y anata^ armadilla, etc.); total i88,4i5 IV. Renias de t terra (droits sur les esdayes, 73, 109 p.*, ventes de terres,ou/nca«^ 2 1 5,09a p.; administrations subalternes , 1 54,840 p.; boutiques ou pu/- perias y 19^714 P* > etc.); total 473,68ff y. Branches auxiliaires de la Te» ëoreria del Ejercito [Aimi^ rantazgo 9 Registros estran- geroa , etc.. i36^923 > yi. Consuiado, Cuartilloadicio- • nal del mueUe^ Vestuario de milicias , etc. 8o,564 ^ ^ Revenu total en 1824. ... 3,oa5,3oo piastres. suK l'île de cuba, 3oi Dans l'année 1826, ce revenu de la ville et juridiction de la Havane a été de 3,35o,3oo p. Ces données partielles font voir que, dei 789 ^ 1824, le revenu public a été septuplé : cet accroissement devient plus sensible encore lorsqu'on fixe les yeux sur le produit de dix administrations, ou Tesorerias subalternas inte' riores (Matanzas, Villa Clara, Remedios, Tri- nidad , Santo Espiritu , Puerto Principe , Holguin, Bajàmo, Santiago de Cuba et Bara- coa). M. Barrutia ' a publié un tableau inté- ressant sur ces administrations provinciales, renfermant une époque de 83 années , de 1 735 à 1618. Le produit total de 10 caisses s'est élevé progressivement de goo piastres à 600,000 piastres. 1755 « • . • 898 piastres^ 1736 860 1737.. ^ 902 17^8 1,794 «759 ^ 4,747 Année moyenne 1^840 ^ Mem.de la Real Soc. economica de la Habana, jx** 3i, p. 2ao. 302 ESSAI POLITIQUE 1775 ia3|a46pastres. 1776 114,566 1777 .•.••••• laSjSoS 1778.. • •• 1589624 1779 146,007 Année moyenne 133^51 5 1814 317,69g piastres. i8i5 398,676 1816 5ii,5io 1817 ..•»... 5a4,442 1818 6i8,o36 > .1 ■■■ Année moyenne 474^072 Le total des 83 années a été de 1 3,098^000 piastres, dont Santiago de Cuba a donné 4,390,000 piastres; Puerto Principe, 2,224,000 piastres, et Matanzas, 1,460,788 piastres. D'après l'état des Cajas matrices , le revenu public , en 1822^ a été , dans la seule province de la Havane , de 4?^ 1 ^ 9862 piastres qui pro- venoient de la douane (3,127,918 p.) de lo$ ramos de directa entrada^ comme loterie, dîmes, etc. (601,898 p.), et d'anticipations Sur les caisses du Consutado et du Deposito (581,978 p.). La dépense a été, dans la même année, pour l'île de Gufba : 2,732,738 p., et, SUR l'île de CVhJi, 3o3 pour dqs secours destinés à soutenir la lutte avec les colonies continentales déclarées in- dépendantes, 1^36^^022 p. Dans la première classe de dépenses y on trouve : i,355,7g8 p. pour l'entretien de la troupe de terre chargée de la défense de la Havane et des places voi- sines; 648^908 p. pour la marine royale sta- tionnée dans le port de la Havane. Dans la seconde classe des dépenses étrangères à l'ad- ministration locale y on trouve : 1,1 15,672 p., comme solde de 4^34 militaires qui^ après avoir évacué le Mexique , Golombia et d'autres parties du continent ci-devant espagnol 9 ont passé par la Havane pour retourner en Es- pagne; 164,000 p., comme frais de la défense du château de Saint- Jean d'Ulua, L^inten- dant de l'île de Cuba, Don Claudio Martinez de Pinillos, fait, dans une des notes qui accom- pagnent YEstado de las Caja$ matrices de 1^22, la considération suivante : ce Si , aux frais e:^;- traordinaires de 1,362,022 piastres relatifs aux intérêts généraux de la monarchie espagnole, l'on ajoute, d'un côté^ la majeure partie des 648,908 piastres destinées à l'entretien de la marine royale dont le service n'est pas circons- crit aux besoins de la défense de la Havane , et , 5o4 SSSAI POLITIQUE de l'autre^ les frais causés par le passage des courriers maritimes et des bâtimens de guerre, on trouvera que 2,010,930 piastres (presque la moitié du revenu public) sont absorbées par des dépenses qui n'ont pas un rapport di*- rect avec Tadministration intérieure de File. » Combien la culture et la prospérité de ce pays ne gagneront-elles pas un jour, lorsque, dans' un état de tranquillité intérieure^ plus d'un million et demi de piastres pourront être emr- ployés annuellement à des ouvrages d'utilité publique , et surtout au rachat d'esclaves la- borieux, tel que cela se pratique déjà, d'après la sage et humaine législation de la république de Golombia I J'ai vu , par les documens que j'ai recueillis dans les archives de la Vice-Royauté à Mexico, que les secours pécuniaires , qu'au commen-" cernent du 1 g* siècle, la Trésorerie de la Nou-^ velle-Espagne envoyoit annuellement à la Ha«> vane, étoient : à) pour l'-escadre , les chan- tiers et tous les besoins de la marine royale ^ d'à* du 11 79^ 700,ooopr jj, ) près la cédule du 16 jan- ^^^^^ \ vier 17Q0 |ft) pour l'établissement ma- ritime de jia Ciôte 4^ Mos 108, 116, i56. ] Voilà sans doute une foi de colon bien ferme et bien naïve; cependant M. Bollngbroke» comme le prouvent plusieurs autres passages de son livre ; est unbomme modéré^ rempli d'intentions bien* veillantes pour les esclaves. SUR L*ILE DE CUBA. 30Q pel des Antilles, depuis le commencemeut du dix-neuvième siècle, ont agi sur les idées et sur la raison publique dans les pays mênae où l'esclavage existe et commence à se modifier. Beaucoup d'hommes sages et vivement inté- ressés à la tranquillité des îles à sucre et à es -^ claves sentent qu'on peut, par un libre accord entre les propriétaires, par des mesm:*es éma- nées de ceux qui connoissent les localités, sortir d'un état de crise et. de malaise dont l'indolence et l'obstination augmenteront les dangers. Je tâcherai de donner à la fin de ce chapitre quelques indications sur la possibi- lité de ces mesures, et je prouverai, par des citations tirées de pièces officielles, qu'à la Havane ; long-temps avant que la politique ex- térieure eût pu influer en rien sur les opi- nions, les autorités locales les plus attachées à la métropole ont montré de temps en temps des dispositions favorables à l'amélioration de l'état des noirs. L'esclavage est sans doute le plus grand de tous les maux qui ont affligé l'humanité, soit qu'on considère l'esclave arraché à sa famille dans le pays natal et jeté dans les entrepôts 3lO ESSAI rOLlTIQUE ê d'uD bâtiment négrier '^ sôit qu'on le consi- dère comme Ëtisant partie du troupeau d'hom- mes noirs parqués sur le sol des Antilles ; mais il y a pour les individus des degrés dans les souf- frances et les privations. Quelle distance entre un esclave qui sert dans la maison d'un honmte riche, à laHavane et à Kingston , ou qui travaille pour son compte ^ en ne donnant à son maître qu'une rétribution journalière, et l'esclave at- tachée unesucrerie ! Les menaces par lesquelles on cherche à corriger un nègre récalcitrant , font connoître cette échelle des privations hu- maines. On menace le calessero dxicafetal; l'es- clave qui travaille au cafetal est menacé de la ^ fc Si l'on fouette les esclaves, disoitun des témoins à V enquête parlementaire de 1 789 , pour les faire dan- ser sur le pont d'un bâtiment négrier, si on les force à chanter en chœur : messe y messe y mackerida { qjiie l'on vit gaiement parmi les blancs), cela ne prouve que les soins que nous prenons pour la santé des hommes. « Des soins si délicats me rappellent que^ dans la description d'un auto-da-fé que je possède, on yante la prodigalité avec laquelle on distribuoit des rafraichissemens aux condamnés et « cet escalier que les familiers de l'inquisition ont fait pratiquer dans l'intérieur du bûcher pourla commodité clés reloûcados» » SUR LIL£ D£ GIBA/ Oît sucrerie. Dans ceUe-^ci y le noir qtii a une femme ^ qui habite une case séparée > qnij affectueux comme le sont la plupart des Africains^ trouTe , après le travail , des soins au milieu d'une, fa- mille in<£gentey a un sort qu'on ne peut com* parer à celui de l'esclave isole et perdu dans ' la masse. Cette diversité de position échappe à ceux qui n'ont pas eu devant leurs jeux le spectacle des Antilles. L'amélioration progrès- sÏYe d'état, dans la caste ser vile même, fait concevoir comment , dansl'île de Cuba, le luxe des maîtres et la possibiUté du gain par le trà*^, vail ont pu attirer ', dans les villes,, plus de 80,000 esclaves} comment raffrancbissement,. favorisé par la sagesse des lois , a pu devenir It^- lement actif qu'il a produit , en nous arrêtant à l'époque actuelle, plus de i3o,ooo libres de cou- leur. C'est en discutant la position individuelle de chaque classe, en récompensant d'après l'échelle décroissante des privations , l'intelli- ge nce , l'amour du travail et les vertus domes- tiques , que l'administration coloniale trouvera les moyens d'améUorer le sort des noirs. La philanthropie ne consiste pas à donner a un peu de morue de plus et quelques coups de * Foye» plus haut, p. 3oo. Si 3 ESSAI POUTiQLf fouet de moins; » une vëritable amélioration de la classe servile doit s^ëtendre sur la posi- tion entière 9 morale et physique de l'homme. L'impulsion peut être donnée, par ceux des gouveinemens européens , qui ont Je senti- ment de la dignité humaine , qui savent que tout ce qui est injuste porte un germe de des~ truction ; mais cette impulsion (il est affligeant de le dii^e) sera impuissante 9 si la réunion des propriétaires, si les assemblées ou tégUlatares coloniales, n'adoptent pas les mêmes vues^ n'agissent pas d'après un plan bien concerté, et dont le dernier but est la cessation de l'es- clavage dans les Antilles. Jusque-là on a beau Êdre enregistrer les coups de fouet , diminuer le nombre de ceux que l'on peut infliger à la fois, exiger la présence de témoins, nommer des protecteurs des esclaves ; tous ces régle- mens , dictés par les intentions les plus bien- veillantes, sont faciles à éluder. L'isolement des plantations rend leur exécution impossi- ble. Ils supposent un système d'inquisition do- mestique incompatible avec ce que l'on appelle dans les colonies ce des droits acquis. » L'état d'esclavage ne peut être paisiblement amélioré en son entier que par l'action simultanée des r SUR l'île de cuba. 01 3 hommes libres (blancs et de couleuF) qui ha- bitent les Antilles j par les assemblées et légis- latures coloniales; par l'influence de ceux qui, jouissant d'une grande considération morale parmi leurs compatriotes et connoissant les lo* caUtés , savent varier les moyens d'améliora- tion d'après les moeurs , les habitudes et la po- sition de chaque île. C'est en préparant ce tra- vail qui devroit embrasser à la fois une grande partie de l'Archipel des Antilles , qu'il est utile de jeter les yeux en arrière et de peser les événemens par lesquels FafFranchissement d'une partie considérable du genre humain a été obtenu en Europe dans le moyen âge. Lorsqu'on veut améhorer sans commotion , il faut faire sortir les nouvelles institutions de celles même que la barbaiie des siècles a con- sacrées. On aura de la peine à croire un jour qu'il n'existoit, avant 1826, dans aucune des Grandes Antilles, une loi qui empêdiât qu'on ne pût vendre les enfans en bas âge et les sé- parer de leurs parens, qui défendit la méthode aviUssante de marquer les nègres avec un fer chaud, simplement pour reconnoître plus fa- cilement le bétail humain. Décréter ces lois pour ôter jusqu'à la possibilité d'un outrage 3l4 J^Sî^AI POLITIQUE barbare ; fixer, dans chaque sucrerie , le rap* port entre le plus petit nombre de négresses et celui des nègres cultivateurs; accorder la liberté à chaque esclave qui a servi i5 ans, à chaque négresse qui a élevé 4 ou 5 enfans; affranchir les uns et les autres y sous la con-* dition de travailler un certain nombre de jours au profit de la plantation ; donner aux esclaves une part dans le produit net, pour les intéresser à l'accroissement de la richesse agricole '; fixer sur le budjet des dépenses publiques une ^ Le général La fa jette , dont le nom se lie à tout ce qui promet de contribuer à la liberté des hommes et d'améliorer leur sort par des institutions, ayoit conçu ^ dès l'année 1785, le projet d'acheter ^ à Cayenne, une habitation pour la partager entre les noirs qui la cul tiy croient 9 et dont le propriétaire re- nonceroit , pour lui et ses descendans , à toute espèce de gain. Il avoit intéressé à cette noble entreprise les prêtres de la Mission du $aint*£sprit^ qui possédoient eux-mêmes des terres dans la Guyane françoise. Une lettre du maréchal de Gastries, en date du 6 juin 1785; prouve que l'infortuné Roi Louis XY I ^ étendant ie& intentions bienfaisantes jusque sur les noirs et les libres^ de couleur^ avoît ordonné de faire des essais semblables aux frais du gouvernement. M. de Richeprey, chargé par M. de Lafayette du partage des terres entre Ic^ noirs , mourut des suites du climat de Cayenne. / SUR L*1LE DE CUBA. 3l5 somme destinée pour le rachat des esclaves ' et pour l'amëlioration de leur soit , voilà les objets les plus urgensde là législation coloniale. Sur le continent de FÂmérique espagnole, la conquête^ aux Antilles ^ au Brésil et dans les parties méridionales des Etats-Unis , la traite des noirs ont réuni les élémens de popula- tion les plus hétérogènes. Or ce mélange bizarre d'Indiens, de blancs, de nègres, de métis ^ de mulâtres et de zambos se montre accompagoé de tous les périls que peuvent en- gendrer l'ardem^ et le dérèglement des pas- sions^ à ces époques hasardeuses où la société, ébranlée dans ses fondemens, commence une ère nouvelle. Ce que le principe odieux du système colonial^ celui d'une sécurité, fondée sur l'inimitié des Castes , a préparé depuis des siècles, éclate alors avec violence. Heureuse- ment le nombre de noirs étoit si peu considé- rable dans les nouveaux états du continent es- pagnol , qu'à l'exception des cruautés exercées dans le Venezuela, où le parti royaliste avoit armé les esclaves, la lutte entre les indépen- dans et les soldats de la métropole n'a pas été ensanglantée par les vengeances de la po- pulation servile. Les hommes de couleur hbres 3l6 ESSAI POLITIQUE (noirs, mulâtres, etmestizos) onteinbrassé arec chaleur la cause nationale ; et la race cuivrée, dans sa méfiance timide et sa mystérieuse im- passibilité, est restée étrangèœ à des mouve- mens dont elle profitera malgré elle» Les In- diens, long- temps avant la révolution, étoient des agriculteurs pauvres et libres; isolés parla langue et les mœurs , ils vivoient séparés des blancs. Si , au mépris des lois espagnoles , la cupidité des corregidores et le régime tracas- sier des missionnaires entravoient souvent leur liberté, il y avoit loin de cet état d'oppression et de gêne à un esclavage personnel comme celui des noirs, à un servage coimne celui des paysans dans la partie slave de l'Eiirope. C'est le petit nombre de noirs, c'est là liberté de la race aborigène dont l'Amérique a con- servé plus de huit millons et demi sans mé- lange de^ang étranger, qui carectérisent les anciennes possessions continentales de l'Es- pagne, et rendent leur situation morale et po- litique entièrement différente de celle des Antilles, où, par la disproportion entre les homihes libres et les esclaves , les principes da système colonial ont pu se développer avec le plus d'énergie. Dans cet Archipel , coname SLR l'iLE de cuba. ôi'J au Brésil (deux portions del' Amérique qui ren- fermeot près de trois millions deux cent mille jesclaves), la crainte d'une réaction de la part des noirs, et celle des périls qui entourent les blancs, ont été jusqu'à ce jour la cause la plus puissante de la sécurité des métropoles et dû maintien de la dynastie portugaise. Cette sé- curité, par sa nature même, peut-elle être de longue durée? Justifîe-t-elle l'inaction des gou- vememens qui négligent de remédier au mal quand il en est encore temps ? J'en doute. Lors- que, sous l'influence de circonstances extraor- dinaires, les craintes seront affoiblies , et que des pays où l'accumulation des esclaves a donné à la société le mélange funeste d'elémens hé- térogènes, seront entraînés peut-être malgré eux dans une lutte extérieure, les dissentions civiles se manifesteront dans toute leur vio- lence ; et les familles européennes, innocentes d'un ordre de choses qu'elles n'ont point créé, seront exposées aux dangers les plus imminens. On ne sauroit assez louer la sagesse de la législation dans les nouvelles républiques de l'Amérique espagnole qui, dès leur naissance, ont été sérieusement occupées de l'extincton 3l8 ESSAI POLITIQUE totale de Tesclavage. Cette vaste portion \de la ( terre a , sous ce rapport , un avantage immense sur la partie méridionale des Etats-Unis , où les blancs, pendant la lutte contre l'Angle- terre, ont établi la liberté à leur profit, et où la population esclave, déjà au nombre d'un million six cent mille , augmente plus rapide- ment encore que la population blanche '. Si la civilisation se déplaçoitau lieu de s'étendre; si, à la suite de grands et déplorables boule- versemens en Europe, rÂmérique, entre le Gap Hatteras et le Missoury , devenoit le si^ principal des lumières de la chrétienté, quel spectacle ofFriroit ce centre de la civilisation où, dans le sanctuaire de la liberté, on pour- roit assister à une vente de nègres après dicè$^ entendre les sanglots des parens qu'on sé- pare de leurs enfans ! Espérons que les piîn- cipes généreuse qui animant depuis long-temps^ ^ Voyez plus haut, p. 35i« \ ■ * Déjà, en 1 7B9 ( quarante-six ans ayant la. décla- ration du congrès de Vienne 9 et tcenjte-huit aps ayant l'abolition de la traite, décrétée à Londres et à Wa- shington), la chambre des représentans de Massa- chusetts ayoit séyi contre tke unnatnral and untoat" rantahle cnsiom ofenslaving mankind, (Voyez Wakhj SUR l'île D15 CUBA. OÎQ le^ législatures dans les parties septentrionales des Etats-Unis , s'étendront peu à peu vers le sud et vers ces répons occidentales où » par suite d'une loi imprudente et funeste ', Tes- clavage et ses iniquités ont passé la chaîne des ÂUeghanys et les rives du Mississipi; espérons que la force de l'opinion publique , le progrès des luqpiiëres , l'adoucissement des mœurs , la législation des nouvelles républiques conti- nentales, et le grand et heureux événement de la reconnoissance d'Haïti par le gouverne- ment françois , exerceront y soit par des motifs de prévoyance et de crainte , soit par des sen- timens plus nobles et plus désintére$sés, une influence heureuse surl'amérioration de l'état Appeal to the United Statea y 1619, p. 5ia.}L'éciio Tain espagnol, AvendanOy est peut-être le premier qui s'est éleyé avQC forc^, noi^ seulement contre .le oan^nerce des esclaves , aUiorré même des Afgai^s [Elpbimtone ^ Joum, to the Cafiuly p. 245], mais contre l'esclavage en général , et contre « toutes les sources iniques de la ricliesse coloniale. » Thésaurus ind, , Tom. I , tit. g 9 cap. a. ^ Rufua King, Speeches on the Missouri Bill (Ncw-Toi4l, 1819). North'American Review, n® 26, p. 157-168. Ô20 ESSAI POLITIQUE des noirs dans le reste des Antilles, dans Des Garolines, les Guy an es et le Brésil. Pour parvenir à relâcher progressiTcment les liens de l'esclavage, ilfautle plus strict maintien des lois contre la traite, des peines inÊunantes prononcées contre ceux qui l'enfreignent , la formation de tribunaux mixtes et le droit de visite exercé avec une équitable réciprocité. Il est triste sans doute d'apprendre que, par la dédaigneuse et coupable insouciance de quel- ques gouvememens de l'Europe , la traite , de- venue plus ciiielle , parce qu'elle est plus oc- culte, enlève de nouveau à l'Afrique, depuis dix ans, presque le même nombre de noirs qu'avant 1807 y Q^^on ne sauroit conclure de ce fait l'inutilité, ou, comme disent les partisans secrets de l'esclavage, l'impossibilité pratique des mesures bienfaisantes adoptées d'abord par le Danemarck^ les Etats-Unis, la Grande- Bretagne , et successivement par tout le reste de l'Europe. Ce qui s'est passé depuis 1807 j"^ qu'au moment ou la France est rentrée dans la possession d'une partie de ses anciennes co- lonies, ce qui se passe^de nos jours chez les nations dont les gouvememens veulent sincè- rement l'abolition de la traite et de ses abo- SUR l'île de cuba. 521 minables pratiques , prouvent la fausseté de celte conclusion* D'ailleurs, est-il raisonnable de comparer numériquement les importations d'esclaves de iSaS et de 1806? Avec l'activité qui règne dans toutes les entreprises indus- trielles , quel accroissement n'auroit pas pris l'importation des nègres dans les Âdtilles an- gloises j et les parties méridioùales des Etats- Unis, si la traite, entièrement libre, avoit continue à y déposer de nouveaux esclaves et avoit rendu superflus les soins pour la conser- vation et l'augmentation de la population an- cienne? Croit^on que le commerce anglois se seroit borné, comme en 1806^ à la vente de 53,000; les Etals-Unis, à la vente de i5,ooo esclaves ? On sait, avec assez de certitude , que les Antilles angloises seules ont reçu, dans les 106 années qui ont précédé celle de 1786, plus de 2,i3o,ooo nègres an^achés des côtes d'Afrique. Au moment de la révolution fran- çoise, la traite fournissoit (d'après M. Norris) 74)000 esclaves par an , dont les colonies an- gloises absorboient 38, 000 ; les colonies fran- çoises, 20,000. îl seroit facile de prouver que toul l'Archipel des Antilles, dans lequel il existe aujourd'hui à peine 2,400^000 nègres et mûlâ- I. 21 ,022 ESSAI POLITIQUE I . ires (libres et esclaves), a reçu , de 1670 à 182&, près de cinq millions d'Africains (negroi bo- zales). Dans ces calculs révoltans sur la coo- $oi)iina]Lion de l'espèce humaine , on n'a pas . tenu compte du nombre des mallieureux. es- claves qui ont péri pendant la traversée, ou qui ont été (étés à la mer comme des marchan- dises avariées ^ Or, de combien de milliers ne faudroit'il pas augmenter les pertes, si les deux peuples qui ont le plus d'ardeur et le plus d^in- telligence dans le dé veloppement de leur com- merce et de leur industrie, les Ânglois et les ' habitans des Etats- Unis, av oient continué, de- puis 1807, à prendre aussi librement part à la traite que le font d'autres peuples de l'Europe? Une triste expérience a prouvé combien les traités du 1 5 juillet i8i4etdui22 janvier 181 5, d*après lesquels l'Espagne et le Portugal se ré- servoient^ encore ce la jouissance du commerce * F'oyex fli\shsL\ii, p. b5i. Voyez aussi l'éloquent discoures de M. le duc de Broglie (28 mars 1822)^ p*4o; 43,96. ' « Dîccn nuestros Indios del B^io Gaura cuando se confiesan que ya entlenden que es pecado corner carne humana; pero pidcn que se les permita desa- costumhrarse pdct) à poco : quieren corner la carne SUR l'île de CUBA. 3^3 des noirs » pendant un certain nombre d'an- nées, ont e'té funestes pour l'iiumanité. Les autorite's locales, ou, pour mieux dire, les riches propriétaires, formant VAyunta- miento de la Havane, le Consudado et la So- ciété patriotique y ont montré, en plusieurs oc- casions ', des dispositions favorables pour l'amélioration du sort des enclaves. Si le gou- vernement de la métropole , au lieu de re- douter jusqu'à l'apparence des innovations, avoit su tirer parti de ces circonstances heu- reuses et de Tascendant de quelques hommes de talent sur leurs compatriotes, l'état de la société auroit éprouvé des changemens pro- gressifs, et , de nos jours, les habitans de l'île de Cuba jouiroient déjà des améliorations qui ont été discutées il y a trente ans. Les mou- vemens de Saint-Domingue, en 1790, et ceux de la Jamaïque , en 1 794? causèrent de si vives alarmes parmi les hacendados de l'Ile de Cuba, humana una vcz al mes, despues cada très incse>, liasta que sîq sentirlo pierdan la costurahre. » Carias de I08 Rev. Padres Observantes, n" 7. (manuscrit.) ^ Representacion al Bey do 10 de Julio de 1799 (manuscrit). 21 * 3â4 ESSAI POLITIQUE qu'on débattit avec ardeur, dans une Junta economîcay ce que Ton pourroit tenter pour consenrer la tranquillité du pajs. On fit des réglemens sur la poursuite des fugitifs ^ qui, ^ Reglamento sobrô los Negroa Cimmarmnes de aode Dec. de 1796. Ayant Tannée 1788^ il 7 aroit beaucoup de nègres fugitifs (cimmarroneB^ dans les montagnes de Jaruco, où ils étoient quelquefois apa^ lancadaSf c'est-à-dire où plusieurs de ces malheureux formoient; pour leur commune défense 9 de petits re- trancbemens arec des troncs d^arbres amoncelés. Les nègres marrons 9 nés en Afrique ^ ou dozales, sont faciles a prendre; car la plupart 9 dans le Tain espoir de trouyer la terre natale , marchent jour et nuit yers l'est. Ils sont 9 lorsqu'on les prend, si exténués de Êitigues et de faim, qu*on ne les sauve qu'en leur donnant, pendant plusieurs jours, de trës-petîtes quantités de bouillon. Les nègres marrons-créoles se cachent le jour dans les bois et volent des vivres pen- dant la nuit. Jusqu'en 1790, le droit de prendre les nègres fugitifs n'appartenoit qu'à V Alcade mat/or pro- vincial, dont la charge étoit héréditaire dans la famille du comte de Bareto. Aujourd'hui , tous les habitans peuvent saisir les marrons , et le propriétaire de Fes- clave paie, outre la nourriture , 4 piastres par tête. Si l'on ignore le nom du maître , le Çonsulado emploie le ncgre marron dans les travaux publics. Cette chasse aux hommes, qui a donné, tant à Haïti qu'à la Ja* SUR l'île de cuba. 02S jus(£u'alors/ âvoit donné lieu aux plus coupa- bles excès ^ on proposa d'augmenter le nom- bre des négresses dans les sucreries , de mieux soigner l'éducation des enfans, de diminuer l'introduction des nègres d'Afrique, de faire venir des colons blancs des Canaries et des colonsindiens duM exique> d'établir des écoles dans les campagnes pour adoucir les moeurs du bas peuple, et pour mitiger l'esclavage d'une manière indirecte. Ces propositions n'eu- rent pas l'effet désiré. La cour s'opposa à tout système de transmigration ; et la majorité des propriétaires, livrée à d'anciennes illusions de sécurité, ne voulut pins restreindre la traite des nègres , dès que le haut prix des denrées fît naître l'espoir d^un gain extraordinaire. Il seroit injuste cependant de ne pas signaler, dans celte lutte entre des intérêts privés et des vues d'une sage politique , les vœux et les principes énoncés par quelques habitans de l'île de Cuba, soit en leur nom , soit au nom de quelques cor- porations riches et puissantes. ((L'humanité de maïque, aux clûeas de Cuba, utie funeste célébrité , se faîsoit de la raauicrc la plus cruelle avaul le règle- ment que j'ai cité plus haut. 3:^ ESSAI POLITIQUE notre législation, dit noblement M. d'Arango ', clans un mémoire rédigé en 1796, accorde à Fesclave quatre droits (quatro consuelos), qui sont autant d'adoucrssemens à ses peines , et que la politique étrangère lui a constamment refusés. Ces droits sont, le choix d'un maître moins sérère " j la faculté de se marier d'après son penchant; la possibiUté de racheter sa li- berté ^ par le travail , ou de Tobtenir comme i Informe sobre negrosfugitivos {de 9 de Jnnio 1 796), ^fOT Don Francisco de ^rango y Pûrefio , Otdor Jurnih- rario y syndico del ConsulaSo. ^ C'est le droit de buscar amo. Dès qae PesclaTe a trouvé un nouveau maitrc qui veut Fs^cbetery il pept quitter le premier dont il croît avoir k se pUindre : tel est le sens et l'esprit d'une loi bienfaisante » mais souvent éludée^ comme le sont toutes les lois qui pro- tègent les esclaves. C'est dans l'espoir de jouir c!u pri- vilège de buscar amo que les noîrs adressent souvent, aux voyageurs qu'ils rencontrent, une question qui, dans l'Europe civilisée , oii l'on vend parfois son vot^ ou son opinion , ne se fait jamais à baute voisL i^uiere Ftn, comprartne (voulez- vous m'acbeter) ? ^ L'esclave dans les colonies espagnoles doit être évalué , selon la loi , au prix le plus bas : cette évalua- tion étoit, à l'époque de inon voyage, selon les localités , de 200 à 38o piastres. Nous avons vu plus SUR l'île de cuba. 3^7 rémunération de ses bons services 5 le droit de posséder quelque chose, et de payer, par ' une propriété acquise, la liberté de sa femine et de ses enfans '. Malgré la sagesse et la dbu- haut (p. 55 1 et 589), qu'en i8a5, le prix d'uÀ ucgre adulte étoît, à l'ile de Cuba, de45o piastres. £a 17S8, le commerce françois foumissoit le nègre pour a8o à 3oo piastres. '^Page, Traité d^ économie politique des colonies, Tom. "VI, p. 4^ et 43.) Un esclave coûlort, chez les Grecs, 3oo a 600 drachmes (54 à 108 piastres), lorsque la journée d'un manœuvre se payoît 77 de piastre. Tandis que les lois et les institutions espa- gnoles favorisent de toutes les manières la mannmis^ sion, lé maître, dans les Antilies non espagnoles, paie au fisc , pour chaque esclave affranchi ^ cinq à sept cents piastres! ^ Quel contraste entre l'humanité des plus anciennes lois espagnoles concernant l'esclavage et les traces de barbarie qu'on trouve à chaque page dans le Code noir, et dans quelques lois provinciales des Antilles an* gloises ! Les lois de Barbados , données en 1688 , celles des Bermudes, données en i^So, ordonnent que le maître qui tue son nègre , en le châtiant, ne peut être poursuivi , tandis que le maître qui tue l'esclave par malice paiera 1 o livres sterling au trésor royal. Une loi dé saint Christophe, du 11 mars 17849 commence par ces mots : a Whereas some persons hâve 0/ late been guilty of cutting of and depriving slaves of their 328 ÏSSAI POIIKQUE ceur de la législation espagnole, à combien d'excès l'esclave ne reste-t-il pas exposé dans la solitude d'une plantation ou d'une ferme, là ou un capate:?^ grossier, armé d'nn coutelas. {machète) et d'un fouet, exerce impunément son autorité absolue! La loi ne limite ni le châtiment de l'esclave ni la durée du travail ; elle ne prescrit pas non plus la qualité et la quantité des alimens ^ Elle permet à l'esclave , il est vrai, d'avoir recours au magistrat, pour que celui ci enjoigne au maîti'e d'être plus équitable : mais ce recours est à peu près illu- soire j car il existe vme autre loi d'après laquelle e^s', » nous ordoqnons que quiconque aura extirpé un œil 9 arraché la langue de l'esclave , ou coupé son nez, paiera $00 liyres sterling, et sera.condamné à six mob de prison. » Jp n'ai pas besoin d'ajouter que ces lois ançloîsçs, qui ont été en vigueur il y a 3o à 4p ans^ sont abolies çt remplacées par des lois plus tuipaines. Que n'en puls-je dire autant de la législation des An- tilles françoises, où six jeunes esclaves, soupçonnés d'avoir voulu s'enfuir, ont eu, d'après un arrêt pro- noncé en i8.;5 , les jarrets coupes! [Voyez aussi plus haut, p. 524 etsuiv. . * X^necéduleroyiaîeyàii'ii mai 178g, avoit tenté dans la biblio- . thèque pubUque de Philadelphie , sur la table des matières d'une Revue scientifique. J'y trou- vai ces mots : a Arrivée des manuscrits de M. de Humboldt chez son frèçe à Paris, par voie d'Espagne.» J'eus delapeine àcacher l'ex* pression de ma joie : jamais table des matières ne m'a voit paru mieux faite. Tandis que M. Bonpland travailloit jour et nuit pour partager et mettre en ordre nos col- lections, j'avois le chagrin de trouver mille obstacles à un départ si imprévu. Il n'y avoit dans le port de la Havane aucun navire qui 22 * 34 ESSAI POLITIQCS voulut se charger de nous conduire à Porto-^ belo ou àCartbagène : les personnes que je côn- sultois se plaisoient à exagék*er lés incommo- dités du passage de l'Isthme et la lenteur d'une navigation du nord au sud, de Panama à Goajaquil et de Guajaquil à Lima ou à Val- paraiso. Us me reprobhoient , et peut-être avec raison , de ne pas continuer à explorer les vastes et riches possessions de FÂmérique espagnole qui, depuis un demi- siècle^ n'a- voient été ouvertes à aucun voyageur étran- ger. Leschancesd'un voyage autour dumonde^ dans lequel on ne touche généralement qu'à quelques îles ou aux côtes arides d'un con- tinefnt, ne leur paroissoient pas préférables à l'avantage d'étudier, dans ses rapports géolo- giques , Tintérieur de la Nouvelle Espagne j ré- gions qui fourait à elle seule 1 de la masse d'ar- gent qu'on retire annuellement de toutes les mines du globe connu. J'opposois à ces consi- dérations l'intérêt de déterminer, sur une plus grande échelle, l'inflexion des courbes d'égale inclinaison , le décroissemerit de l'intensité des forces magnétiques du pôle vers l'équateur, la température de l'Océan , variable selon les la- titudes, selon la direction des courans et la \ SUR l'île de cuba. ' 541 proximité des bas-fonds. Plus je me voyois contrarié dans mes desseins, et plus j'en hâtois l'exécution. Ne pouvant trouver passage sur aucun bâtiment neutre, je frétai une goélette catalane qui se trouvoit en rade au Batabano, et qui devoit rester à ma disposition pour me conduire, soit à Portobelo, soit àCarthagène des Indes, selon que la mer et les brises de Sainte-Marthe, qui souffloient encore dans cette saison av^ec violence au-dessous des 12"^ de latitude , pourroieut le permettre. L'état prospère du commerce delà Havane et les rap- ports multipliés qu'a cette ville, même avec les ports de la Mer du Sud, me facilitoient les moyens de me procurer des fonds pour plu- sieurs années. Le général Don Gonzalo O- Farrill, également distingué par son talent et par rélévation de son caractère, résidoit alors dans ma patrie, comme ministre de la cour d'Espagne. Je pouvois éclianger mes re« venus en Prusse contre une partie des siens à l'île de Cuba ; et la famille du respectable Don Ygnacio -Farrill y Herera , frère du général , voulut bien concourir , lors de' mon départ inopiné de la Havane , à tout ce qui pouvoit favoriser mes nouveaux projets. Nous ap- ?4a tSSAI l^OLITlQUB prîmes, le 6 mars, que la goélette que j'avois frétée éloit prête à nous recevoir. Le chemin dû Batabano nous conduisoit encore une fois, parles Guines, à la plantation de Rio Blanco, dont le propriétaire (le comte Jaruco y Mo- pox) embellisoit le séjour par tous les moyens que peuvent offrir le goût des plaisirs et une gî^ande fortune. L'hospitalité , qui diminue go- ttëralement avec les progrès de la civilisation , est encore exercée à l'île de Cuba avec au- tant d'empressement que dans les parties les plus reculées de l'Amérique espagnole. De sim- ples voyageurs naturalistes aiment à rendre ici 9uxhabitans de la (lavanele même témoignage de reconnoissance que leur ont rendu ces étrangers illustres ' qui, partout où j'ai pu suivre leurs traces , ont laissé , dans le Nou- veau-Monde, le souvenir de leur noble sim- plicité , de leur ardeur pour l'instruction et de leur amour du bien public. De Rio Blanco au Batabano, le chemin . ^ Les jeunes princes de la maison d'Orléans (le duc d'Orléans , le duc de Montpensier et le comte de Beaujolois)j| qui sont venus des États-Unis à la Havane, en descendant TOhio et le Mississipi , et ont séjourné dans l'ile de Cuba pendant un an. / Sun l'île de cuba. 543 passe à travers «un pays inculte^ à moitié .^çou- vert^de forts. Daas les éclair cies , Tind^o et le cotonnier sont devenus sauvages. Gomme la capsule du Gossypium s'ouvre à l'époque où les tempêtes du nord sont les plus fréquentes, le duvet qui enveloppe les graines est entraîné d'un côte à l'autre; et la récolte du cotop, qui est d'ailleurs de la plus belle qualité , souf- fre beaucoup de la coïncidence des tempêtes avec la maturité des fruits. Plusieurs de no$ amis, parmi lesquels se trouvoit M. de Men- doza, capitaine du port de Yalparaiso et frère du célèbre astronome qui a résidé long-temps à Londres, nous accompagnèrent jusqu^au Potrero de Mopox. En herborisant plus loin, yers le sud, nous trouvâmes un nouveau pair mier ' à feuilles en éventail (Coripha maritima\ ayant un fil libre entre les interstices des fo- lioles. Ce Coiipha couvre une partie de la côte méridionale , et remplace la majestueuse Pal- ma Real^ et le Cocos crispa de la côte septen- trionale. De temps en temps le calcaire po- reux (de la foimation jurassique) paroissoit au jour dans la plaine. * Vove£ nos Nova Gen. et Spec. y Toni. I, p. 399. * Oreodoxa rcgia. 344 USAI POtniQUE Le Batabano étoit > alors un pauvre village dont l'église n'avoit été terminée que depuis quelques aunées. A une demi-lieue de dis- tance commence la Sienega , terrain maréca- geux qui s'étend depuis la Laguna de Cortès jus- qu'à l'embouchure du Rio Xagua , sur 60 lieues de longueur, de l'ouest à l'est. On croit , au Batabano , que la mer continue , dans ces ré- gions, à gagner sur la- terre , et que l'irruption océanique a surtout été sensible à l'époque du grand éboulement ^ qui eut lieu à la fin du 1 8* siècle 9 lorsque les moulins à tabac dispa- rurent, et que le Rio de la Chorrera changea son cours. Rien de plus triste que l'aspect de ces marécages autour du Batabano. Aucun ar- brisseau n'interrompt la monotonie du paysage: quelques troncs rabougris de palmiers s'élèvent ^ Sur la véritable position astronomique du Bata-^ bano, voyez Tom, XI, p. 221. On plaçoît autrefois 5 sur les cartes marines les plus recberebées de Bellin , de San Martia Suares, etc. , le Batabano de f o^ plus au sud 9 par lat. 22'' 55^ Arrowsmitb le fait même Q2^ 2Ù^, au lieu de 22^ 4^' 24^'* Les premières bonnes obserrations faites sur la côte méridionale de l'ile de Cuba sont dues au capitaine de frégate Don Yentursi Baroaiztegui et à Don Francisco Lemaur. * Voyez Tom. XI , p. 229 et 23o, SUR l'île dc cuba. 345 seuls, comme des mâts brises, au milieu de grandes touffes de Joncacées et d'Iridées* Gomme nous ne séjournâmes qu'une nuit au Batabano, je regrettois vivement de ne pas pouvoir prendre des renseignemens bien pré- cis sur les deux espèces de crocodiles qui in- festent la Sienega. Les habitans désignent l'uno par le nom de cayman , l'autre par le nom de crocodile y ou, comme on dit communément en espagnol y de cocodrilo. Ils nous assurèrent que le dernier est plus agile et plus haut sur jambes; qu'il a le museau beaucoup plus pointu que les caymansy et qu'il ne se mêle jamais avec eux. Il est très-courageux, et l'on pré- tend même qu'il grimpe dans les bateaux, lorsqu'il peut appuyer la queue. L'extrême har- diesse de cet animal avoit déjà été signalée dans les premières expéditions du gouverneur Diego Velasquez *. Le crocodile s'éloigne jusqu'à une lieue de distance duRio Cauto et de la côte marécageuse de Xagua, pour dévorer les porcs dans l'intérieur des terres. On en voit de i5 pieds de long, et les plus mécbans poursui- vent (dit-on) un homme à cheval , comme font * Herera, Hiat de Ind. occid.y Dec. /, lib, 9, cap* 4i F 3^2. 346 ESSAI POLITIQUE les loups en Europe, tandis que les animaux qu'on appelle exclusÎTement caymans au Bâta-- bano sont si timides^ qu^on ne craint pas de se baigner dans les endroits où ils vivent par bandes. Ces mœurs et le nom de cocodrilo donné, à l'ile de Cuba, au plus dangereux des Sauriens carnassiers, me paroissoient indiquer une espèce différente des grands animaux de rOrénoque, du Rio Magdalena et de Saint- Domingue. Partout ailleurs , sur le continent de l'Amérique espagnole, les colons, trompés par des récits exagères sur la férocité des crocodiles d'Egypte, répètent qu'ils n'y a de vrais crocodiles que dans le Nil, tandis que les zoologistes ont reconnu qu'il y a en Améri- que à la fois des caymans ou alligators à mu- seau obtus et à jambes sans dentelures, et des crocodiles à museau pointu et à jambes dentelées; dans l'ancien continent, à la fois des crocodiles et des gavials. Le Crocodilus acutus de Saint-Domingue, dont je ne sau- rois distinguer jusqu'ici spécifiquement le crocodile des grandes rivières de l'Orénoque et du Magdalena, a même, pour me servir de l'expression de M. Guvier % une ressem- * Cuvier, Rech. sur les ossemens fossiks , Tom. V, SUR L.*ILE DE CUBA. 34-7 bldnce si étonnante avec le crocodile du Nil^ qu'il a fallu un examen minutieux de chaque partie pour prouver que la loi de BufFon , t'e- lative à la distributiou des espèces entre les régions tropicales des deux continens, n'étoit pas en défaut. Gomme , à mon second passage par la Ha-* vane, en ;8o4, je ne pouvois retourner à la Sienega du Batabano , je fis venir à grands frais les deux espèces que les habitans appellent caymans et crocodiles. Il m'arri va de ces derniers deux individus vivans dont le plus âgé avoit 4 pieds 3 pouces de long. On avoit eu beau- coup de peine aies prendre. On les transporta, PL 11^ p. aj. Cette analogie frappante n'a pu être reconnue par M. Geoffroy de Saint-Hilaire qu'en |8o3y lorsque le général Rochambeau envoya un crocodile de Saint-Domingue au Muséum d'histoire naturelle à Paris. {^Annales du Muséum, Tom. II , p. 57^ 53.) Des dessins et les descriptions détaillées de la même espèce qui habite les grandes rivières de l'Amérique méridionale , avoient été faits par M. Bon- pland et par moi 9 en 1800 et iSoi, pendant notre navigation sur l'Apure^ TOréncque et le Magdalena. Nous avons eu le tort si commun aux voyageurs de ne pas les faire passer dès-lors en Europe; accompagnés de quelques jeunes individus. 348 ESSAI POLinQUE muselés et lies, sur un mulet. Ils étoient vigou- reux et assez féroces. Pour observer leurs habi- tudes et leurs mouvemens ', nous les plaçâmes dans une grande salle, où , grimpés sur un meu- ble très-élevé , nous pouvions les voir attaquer de gros chiens. Ayant vécu à l'Orénoque^ au Rio Apure et au Magdalena , pendant six mois, au milieu des crocodiles ^ nous nous plaisions à observer encore une fois , avant de retourner en Europe , ces animaux singuliers qui passent, avec une rapidité étonnante , de l'immobilité aux mouvemens les plus impétueux. Les indi- vidus qu'on nous envoya du fiatabano , comme crocodiles , avoient le museau aussi pointu que les crocodiles de l'Oréncque et du Magda- lena {Crocodilus acutus , Çuv.) ; leur couleur étoit un peu plus foncée , vert-noirâtre sur le dos et blanche sous le ventre. Les flancs étoient tachetés de jaune. J'ai compté^ comme dans tous les vrais crocodiles , 58 dents dans la mâchoire supérieure , 5o dans la mâchoire ^ M. Descourtilz^ qui connoit les habitudes des cro- codiles plus que tous les auteurs qui ont écrit sur ce reptile , a vu , comme Dampier et comme moi , le (7ro- codilm acufua approcher souvent le museau de sa queue. Foyage d'un Naturaliste ^ Tom. IIIjp. 87. SUR L*ILK DE CUBA. 3^9 inférieure. Parmi les premières , la i o* et la 9*; parmi les dernières, la i" et la 4* ètoient les plus grandes. La description que nous avons faite sur les lieux, M. Bonpland et moi, porte expressément que la 4* ^^^^ inférieure ^m*- brasse librement la mâchoire supérieure. Les extrémités postérieures étoient palmées. Ces crocodiles du Batabano nous paroissoient spé- cifiquement identiques avec le Crocodilus acu* tus : il est vrai que tout ce qu'on nous rap- portoit de leurs mœurs ne s'accordoit pas trop avec ce que nous avions observé nous-mêmes à rOrénoque ; mais les Sauriens carnassiers , d'une même espèce y sont plus doux et plus timides , ou plus féroces et plus courageux , dans une même rivière , selon la nature des localités '. L'animal qu^on appela cayman au Batabano , mourut en chemin , et on avoit eu l'imprévojance de ne pas nous l'apporter, de sorte que nous ne pûmes faire la comparaison des deux espèces. Y auroit-il^ dans le sud de l'île de Cuba , de véritables caymans à museau obtus, dont la 4* dent inférieure entre dans la mâchoh:*e supérieure; des alligators sem- ^ Tom. VIII, p. 35; et 558 j IX, p. gget suiy. . 35o ESSAI i^otrriQUB blables à ceux de la Floride? Ce que les co- lons disent de la tête beaucoup plus alongée de leur cocodrilo del Satabano rend ce fait pres- que certain ' ; et , dans ce cas , par ua heureux ^ J'ai cru trouver une légère différence dans la {KMition des grosses plaques {clouê) de la nuque. Le grand individu de Batabano offroit, près de U tétçi d'abord quatre tubercules placés de file^ et pais trois rang'ées de deux. Dans l'individu plus jeune^ je comptois d'abord une première rangée de 4 clous, puis une seule rangée de a , suivie d'un grand espace vide : après cet espace commencent les plaques du dos. Cette dernière disposition est la plus commune dans le crocodile de l'Orénoque. Celui du Magdar lena offre trois rangées de clous à la nuque « dont les deux premières de 4> 1^ dernière de a clous. Dans les individus du Crocodilua acutus que le Muséum d'histoire naturelle de Paris a reçu de SaintTDomingue^ il j a d'abord a rangées de 4 ? ^t puis une de a clous. Je traiterai de la constance de ce caractère dans le second Yolume de mon Recueil de Zoologie. Les quatre poches qui portent le musc (bolzas del almiscle) sont placées , dans le crocodile du Batabano^ exactement comme je les ai dessinées sur celui du Rio Magdalena ^ sous la mâchoire inférieure et près de l'anus : mais j'ai été singulièrement frappé de ne sentir cette odeui', à la Havane , trois jours après la mort de l'animal , par une température de 5o^^ tandis qu'à Mompox , sur les $UK l'île de cuba. 351 instinct, le peuple auroit distingue, dans cette île, avec la même justesse, entre crocodile et caymarij que le font aujourd'hui de savans zoologistes en rétablissant des sous -genres qui portent les mêmes noms. Je ne doute pas que le crocodile à museau aigu et l'alli- gator ou cajman à museau de brochet ' n'ha- bitent à la fois, mais par bandes distinctes, les côtes marécageuses entre Xagua, le Sur» gidero du Batabano et l'île des Pinos. C'est dans cette dernière île que Dampier, aussi digne d'éloges comme physicien observateur que comme marin intrépide, a été frappé de la grande différence qu'offrent les caymans et les crocodiles américains. Ce qu'il rapporte sur cet objet, dans son Voyage à la baie de Cam- pêche, auroit pu, il y a plus d'un siècle, exciter la curiosité des savans, si les zoolo- gistes ne rejetoient pas le plus souvent avec dédain tout ce que les navigateurs ou d'autres rives du Magdalena , des crocodiles vlvans empestoient notre appartement. J'ai vu depuis que Dampier a aussi remarqué <( une absence d'odeur dans le crocodile de Cuba^ là ou les caymans répandoient une odeur de musc très-forte. » ^ Crocodilus acutus de Saint-Domingue, •alligator lucius de la Floride et du M ississipi. i!}2 ES8AI POUTIQUB voyageurs, dépourvus de connoissances scien- tifiques, ont observé sur les animaux. Âpres avoir doûné plusieurs caractères , qui ne sont pas égalenoient exacts, pour distinguer les cro- codiles des caymans, Dampier insiste sur la distribution géographique de ces énormes Sau- riens, ce Dans la baie de Campêche, dit-il^ je n'ai vu que des caymans ou alligators f à Kle du Grcind-Gajman , il j a des crocodiles et pas d! alligators; à l'île des Pin os et dans les in- nombrables creeks etestèresde la côte de Cuba, il y a des crocodiles et des caymans à la fois '.» J^ajouterai à ces observations précieuses de Dampier, que le véritable crocodile (C.acutus) se retrouve dans les Antilies sous le vent qui sont les plus rapprochées de la Terre-Ferme, par exemple à la Trinité, à la Marguerite, et vraisemblablement aussi, malgré le manque d'eau douce, à Curaçao ^. Plus au sud, on l'observe (et sans que j'aie rencontré avec lui aucune de ces espèces d'alligators qui abon- dent sur les côtes de la Guyane 3), dans le * Dampier^ s Voyages and Descriptions ( iSqq) y Tom. II, P. I, p. 5o et 75. * Sehaj p. civ, fîg. i-g. ^ Alligator sclerops et Alligator palpeLrosus. SUR L*ILE DE CUBA. 35S Neveri , le Rio Magdalena , l'Apure el l'Oréno- que jusqu'au confluent du Gassiquiare avec le Rio Negro (lat. 2^ a'), par conséquent à plus de 400 lieues de distance du Batabanœ Il seroit intéressant de constater ou se trouve, sur la côte orientale du Mexique et du Gua- timala, entre le Mississipi et le Rio Chagre (dans l'isthme de Panama), la limite des di- verses espèces dé Sauriens carnassiers. Nous étions sous voiles le 9 mars, avant le lever du soleil, un peu efFrajés de l'extrême petitesse de notre goélette^ dont les aména- gemens ne nouspermettoient guère découcher autrement que sur le tillac. La chambre {caméra de pozo) ne recevoil l'air et la lumière que d'en liaut. G'étoit une véritable calle aux vivres, dans laquelle nous avions de la peine à placer nos instrulnens. Le thermomètre s y soutenoit constamment à 32® et 33<> centésimaux; heu- reusement ces incommodités ne durèrent que 20 jours. La navigation dans les canots de l'Orénoque el dans un bâtiment américain chargé de plusieurs milliers à^arrobas de viande séchée au soleil, nous avoit rendus moins dif- ficiles. Le golfe du Batabano, bordé de côtes basses I. a3 354 ^^^^' POLlTtQL^C et marécageuses, se présentoit comme un vaste désert. Les oiseaux pêcheurs , qui géné- ralement sont à leur poste avant que les petits oiseaux de terre et les paresseux zamuros ^ se réveillent» ne paroissent qu*en petit nombre. L'eau de la mer étoit d'un brun*verdâtre ^ comme dans quelques lacs de la Suisse ; tan- dis que l'air, à cause de son extrême pureté, avoit, au moment où le soleil paroissoit sur l'horizon , cette teinte un peu froide , de bleu- pàle, qui frappe nos peintres de paysages à la même heure dans le midi de l'Italie , et sur la- quelle les objets lointains se détachent avec une vigueur remarquable. Notre goélette étoit le seul bâtiment dans le golfe; car la rade du Ba- tabano n'est presque visitée que par des contre- bandiers, ou, comme on dit plus poliment ici , par los tratantes. ^ous avons rappelé plus haut, en parlant du canal projeté des Guines^, com- bien le Batabano pourroit devenir important pour les communications de File de Cuba avec les côtes du Venezuela. Dans son état actuel, * Le Percnoptcre de fAmôriqiic équînoxinlc , Fw/- iur aura, * Voyez plus halit, p. 49 et suiv. Sun l'île de cuba. 355 sans qu^aucuu curage ait été tenté, on y trouve à peine 9 pieds d'eau ^. Le port est placé dans le fond d'une baie qui est terminée à l'est par la Punta Gorda, à Touest par la Punta de Satinas : mais cette baie même ne forme que le fond (le sommet concave) d'un grand golfe qui a près de 1 4 lieues de profon- deur du sud et du nord , et qui, dans une éten- due de 5o lieues, entre la Laguna de Cortès et le Cayo de Piedras^ est fermé par une innom- brable quantité de bas-fonds et de cayes. Une seule grande île, dontl'â^r^a excède quatre fois celle de la Martinique, et dont les montagnes arides sont couronnées de majestueuses Coni- fères , s'élève au milieu de ce labyrinthe. C'est Ylsla de Pinos , appelée par Colomb El Evan^ gelista, et puis, par d'autres pilotes du i6*sie- icle^ Isla de Santa Maria. Elle est célèbre par ^ Les plus grandes embarcations qui entrent dans le Surgidero du Batabano calent 1 5 palmas ( à 9 pouces esp.). Les bonnes passes sont, vers l'ouest, le Canal del Puerto Francea , entre le cap occidental de l'île de Pînos et la Laguna de Cortès, et, à l'est de l'île de Pinos ^ les quatre passes du RosariOy des Gardas y de la Savana de Juan Luis et Don Crintovalf entre Ivi cajes et la cote de Cuba. '^ * 356 ISSAI POLITIQUE l'excçlleol acajou (SwietenU Mahagoni) qu'elle fournit au cpipmerçe.' Nous cinglâmes à TËSE.^ en prenant lapasse de Dan Cristoval^ pour at- teindre l'Ilot rodieul de Cayo de Piedrusy et $Of*tir.de cet â^^clûpel que les piloter espagnols désignent,' diepuisles premiers temps de la cçnquêu, p2tr les tiomSi de Jardins et de J3os- quels {JardifVBS y Jardmillos). Les véritables Jardins, de la Reine >, plus rapproches du Gap ^ Il exbte à la Havane même beaucoup 'de con-v fasion géog^pbique sur les anciennes dénominations ile Jardinas del Rey et Jardines de la Reyna, Dans la description de Tile de Cuba | que renferme le Jtferctirif^ americano (T091. II ^ p. 388)5 et dans la Historia na-^ tural de, la Islû de Cuba (Gap. 1 , §. 1)^ rédigé^ à la Hayane par Don Antonio liOpez Gomez^ les deux groupée sont placés sur la côte méridionale de File. M. Lopez dit même que les Jardines del Rey s'éten- dent de la Lagtina de Certes à Bahia de Xagua ; mais il ne reste aucun doute historique que le gouverneur Diego Yclasquez a donné ce nom à la partie occidentale des cayes du Vieuv-Canal, entre Cajo Frances et le Monillo , sur la côte septentrionale de File de Cuba. (Herera^Tom. I, p. 8, 81 , 55 et 232; Tom. II, p. 181.) Les Jardines de la Be^na^ situés entre CalK> Crus et le port de la Trinité, ne sont aucunement liés aux Jar* dinca et Jardinillos de la Isla de Pinas. Entre çe& StJR L^LK DE CUBA. oSj Gruz, sont séparés de l'arcliipei que je vai$ décrire par une mer libre de 35 lieues de large. Colomb même les appela ainsi au mois de mai t494> lorsque, dans son second voyage, it lutta pendant 58 jours contre les courans et les vents , entre l'île de Pinos et le Cap orien- tal de Cuba. Ï! décrit les îlots de cet archipel comme verdes , llenùs de arboledaty graciosos ». En effet, une partie de ces prétendus jar- dins est très-agréable ; le navigateur voit chan- ger la scène à chaque instant, et la verdure de quelques îlots paroît d'autant plus belle qu'elle conti^aste avec d'autres cayesqui n'offrent que des sables blancs et arides. La surface de ces sables , échauffée par les rayons du soleil , sem- ble ondoyante comme la surface d'un liquide. Par te contact de couches d'air d'inégale tem- pérature, elle produit, de )0^ dti matm jus-' qu'à 4^ du soir, les phénomènes les plus variés' de la Suspension et du mirage ^ Dans ces lieux' deux groupes de cayes se trouvent les bas-fonds {phi- cereà) de la Paz et de Xagua. * ChurcJUlVa Colleotj p. 56o. Pedro Munoz , Hi9i, del Nuevo Mundo, p. 2149 216. * Vofez le» mesures de réfraction extraordinaire que i'ai faites à Cumana^ Tom. IV, p. 290-306. 558 ESSAI POLITIQUI: déserts, c'est encore l'astre du jour qui anime le pasayge, qui donne delà mobilité aux objets que frappent ses ray ops, à la plaine poudreuse, aux troncs des arbres , aux rochers qui avan- cent dans la mer sous la forme de caps. Dès que le soleil se montre , ces masses inertes pa-» roissent comme suspendues en l'air; et, sur ia plage voisine 9 les sables offrent le spectacle tronopeur d'une nappe d'eau mollement agitée parles vents. Une traînée de nuages suffit pour rasseoir sur le sol et les troncs d'arbres et les rochers suspendus , pour rendre immobile la surface ondoyante des plaines et dissiper ces |>restiges que les poètes arabes, persans et in- clous ont chantés ce conime les douces trom- peries de la solitude du désert, y^ Nous doublâmes le Cap Matahanibre avec uneextrême lenteur. Coname le chronomètre de Louis Berthoud avoit conservé une ti'ès- bonne marche à la Havs^ne, je profitai de Toc- casion qui se présenloitpourdétenniner, dans ce jour et les jours suivans, les positions de Cayo de Don Cristoval^ Cayo Flamenco ^ Cayo de Diego Ferez et Cayo de Piedras ^ Je m'oc- * Voyez mon Rccudl (Tohë, astr.^Tonu II, p. 109. SUR L ILE DE CUBA. SjQ cupai aussi à examiner l'influence qu'exerce le changement de fond sur la température de la mer à sa surface'. A l'abri de tant d'ilôts, cette surface est calme comme un lac d'eau douce, les couches de différentes profondeurs ne se trouvant pas mêlées ; les moindres chau'- gemens qu'indique la sonde agissent sur le tlier* momètre. Je fu3 surpris de voir qu'à l'est du petit Cayo de Don Cristoval les hauts-fonds ne se distinguoient pas par la couleur laiteuse de l'eau , comme sur le banc de la Yibora» au $ud de la Jâimaïque^ et sur tant d'autres bancs M. Bauza a rattaché mes observations à celles de M. del Rio y dans le croquis des Jardines y Jardi" niV/o^^ qu'il a bieq voulu me communiquer^ et qui rectifie la partie sud de ma carte de File de Cuba. ( Voyez le second tirage de cette carte ^ celui de 1826), ^ J'ai trouvé, en degi*és du thermomètre deRéaumur ; 8 milles aa nord de Panta Gorda*. entre les cayes de Las Gordas et de Don Cristoval. autour de Cayo Flamenco, goafre entre Cayo Flamenco et Cayo. de Piedras. |>ord oriental da goufre; tout près de Cayo de Piedras. un peu plus à l'est, pas de l'oudj au sud de Xagua. Mer, ï9»7 ao,7 i3,a 31,5 Air. Profond» aa«,5 a3,o 10 picfds. aa,a aa,o 10 «0 a4,a 9 a4,3 a5,o 8 t . • • 36o B5SAI POLITIQUE que j'avois reconnu» au^moy en du theimomè^ tre. Le fond de l'anse du Batabano est un sable composé de coraux détruits; il nourrit desTu-* eus qui ne viennent presque pas à la surface. L'eau est verdÂtre , comme je l'ai déjà fait re- marquer; et Tabsence de la teinte laiteuse est due, sans doute, au calme parfait qui règne danscesconti'ées. Partout oùl'agitation se pro^ page à une certaine profondeur, un sable très-' fin, ou des particules calcaires suspendues dans l'eau la rendent trouble et laiteuse. H y a ce^ pendant des bas-fonds qui ne se distinguent tïi par la couleur ni par la basse température des eaus , et je pense que ces phénomènes dépens' dent de la nature d'un fond dur et. rocheux^ dépourvu de sables et de coraux , de la forme^ et à la déclivité des accores^ âe la vitesse des courans, du manque de propagation de mou- vement vers les couches inférieures de l'eau. Le froid qu'indique le plus souvent le thermo- mètre, à la surface des hauts-fonds:, est dû à la fois aux molécules d'eau que le rayonne- ment et le refroidissement nocturnes font tom* ber de la surface à la profondeur où elles sont arrêtées dans leur chute par les hauts-fonds^ et au mélange de couches d'eau très-profondes $VK l'île de cuba. 56 1 qui remontent sur les acçores du banc comme, sur un plan incliné pour se mêler avec les cou<« ches de la ^rface. ]V(algré la petitesse de notre embarcation et la sagesse vantée de notre pilote, nous toucliames souvent. Le fond étant mou y il Vkj. a pas de danger à échouer ; cependant, air coucher du soleil, près de ta pmse de Don Cris-' toval , on préféra de jeter l'ancre. La première partie de la nuit fut d'une sérénité admirable. Nous vîmes une innombrable quantité d'étoiles plantes du côté de la terre, suivant toutes une même direction opposée à celle dû vent est qui régnoit dans les basses régions de l'atmos-* phère. Rien ne ressemble aujourd'hui à la so- Utude de ces Ueux qui ^ dU temps de Colomb , étoient habités et fréquentés par un grandnom- bre de pécheurs. Les indigènes de Cuba se sei>- voient alprs d'un petit poisson pour pr^endre: de grosses tortues de mer ; ib attachoieAt une corde très-longue à la queue du revès (c'est le nom que les^Espaignols donhôïferit à cette es- pèce du genre Echepeis'). J^e poisson pêcheur^ ; ■ ■ ■ . ■ ■ .• . '• ■ ^ 1^ sucet OM (^uicoMiàfiS indigëncs de Cuba. Les: Espagnols Tappeloieut d'uae mauiëre Irès-caractcrîs- o(i2 ESSAI POLITIQUE au moyen du disque aplati, garni de suçoirs qu'il porte sur sa tête, se fîxoit sur la carapace des tortues de mer qui sont si fréquentes dans les canaux éti*oits et tortueux des Jardinillos. «Le revès^ dit Christophe Colomb, se laisse- roit plutôt mettre en pièces que de lâcher in- volontairement le corps auquel il adhère. » Par la même corde, IesIndiensretiroientlej9(?ts- son pécheur et la tortue. Lorsque Gomara et le savant secrétaire de l'empereur Charles-Quint, tique le revêa, comme pour dire : poisson placé imr le dos, place à contresens. En effet, au premier aliord, OQ confond la position du dos et de l'abdomen. An- ghîera dît : Nostrates Reversum appellant, quia versus venatur. J'ai examiné un remota de la Mer du Sud pendant la traversée de Lima à Acapulco. Comme il YÎyoit long-temps hors de Teau^ je tentai des expé- riences sur le poids qu'il pouyoit porter avant que les lames du disque lâchassent la planche à laquelle l'ani- mal s'étoit fixé; mais j'ai perdu cette partie de mon journal. C'est sans doute la crainte du danger qui engage le reniera k ne pas lâcher prise lorsqu'il se sent tiré par une corde ou par la main de l'homme. Le sucet dont parlent Colomb et Martin d'Anghiera ctoit vraisemblablcnienl TEcheneis Naucrates et non TEchc- neif Rémora. ( Voyez mon Recueilfohsi de Zoologie ^ TovsX' il, p. 19^. ) SUR l'île de cuba. 5G5 Pierre Martyr d'Ângliiera , firent connoître à l'Europe ce fait qu'ils avoient recueilli de la bouche des compagnons de Colomb , le public le prit sans doute pour nn conte de voyageur. Il y a en effet quelque apparence de merveil- leux dans le récit d'Ângliiera qui commence par ces mots : « Non aliter ac nos canibus gai- licis per œquora campi lepores insectamur^ incolae (Gubae insulae) venatorio pisce pisces alios capiebant K )> Nous savons aujourd'hui, par les témoignages réunis du capitaine Ro- gers, de Dampier et de Gommerson ^, que ce même ai^tifice de la chasse aux tortues 9 ob- servé dans les Jardinillos , est employé par les habitans de la côte orientale d'Afrique, près du Gap Natal , à Mozambique et à Madagascar. Des hommes , dont la tête étoit couverte de grandes calebasses percées de trous , prenoient des canards en Egypte, à Saint-Domingue et dans les lacs de la vallée de Mexico, eu se ca- * Femand Colomb, clans Curchill CoU.y Vol. II, Cap. LVi, p. 56o. Petr. MarLy Oceanica, i55a, Dec.ï,^, 9. Gomaray Hist. de las Indtas^ i553, fol. XIV. HererUy Tom. I , p. 55. * Dampier 8 F'oyages , Vol. 11, PI. m, p. 110. La^ cépifde, Hist.nat. des poissons ^ Toin. III, p. 164. 36 ( ESSAI POLITIQUE SUR l'iLE DE CUBA. chant sous Teau et en saisissant les oiseaux par les pieds. Les Chinois, depuis la plus haute anti- quité, se servent de Cormorans^ oiseau de la famille des Pélicans , qu'ils envoient pêcher su r les côtes , et auxquels ils placent des anneaux au col pour qu'ils ne puissent avaler leur proie et chasser pour leur propre compte. Au pins bas degré de la civilisation , toute la sagacité de Fhomme se déploie dans les ruses de la chasse et de la pêche. Des peuples qui, vrai- semblahlement , n'ont jamais eu de commu- nications les uns avec les autres, offrent les analogies les plus frappantes dans les moyens propres à exercer leur empire sur les ani- maux. FIN DU PREMIEU VOLUME. f^^'^