>■ <^ ^^ Digitized by the Internet Archive in 2010 Witii funding from University of Ottawa Iittp://www.arcliive.org/details/leconservateur05leno LE CONSERVATEUR Le Roi, la Charte, et les Honnêtes Gons, TOME CINQUIÈME. PARIS , AU BtJREAU DU CONSERVATEUR, CHEZ LE NORMANT FILS, RUE DE SEINE, N<» MkDCCC. XIX. IMPRIMERIE DE LE NORMANT, RUE DE SEINE. *V\A*W VW \'^^ \ W VVV\XVV^AA.V\- VWVWV\% \V\ VVVvVV VWVW'Vl^V'W WVV\\ VX-VVVX VW\ wwv vv* LE CONSERVATEUR. ( Cet nrlicle ttoit destiné à paraître dans la dernière Livraison du Conservateur. // avait été envoyé de la cftnipagne oii se iroiivoit alors M. dû Castelhajac , et malheureusement il arriva trop t-ard pour être inséré. ) ÉLECTIONS DE LA HAUTE-GARONjNE. Pour un vrai Français, la plus douce récom- pense dti dévouement à la moiiarcli'c lé<2;ili:ue et aux inléréts de son pays, le prix le plus flatteur auquel il puisse piélendre, est sans aucun doute l'opinion de ses compatriotes. Quand cette opi- nion se manifeste, et qu'elle porte sur lui d'ho- iiorablfs suffrages, la reconnolssance s'unit au devoir, cl ille double le courage nécessaire pour soutenir les saines doctrines au milieil du choc des passions ou des espérances du criuie. Que la révolution s'agite , qu'elle se présente avec l'épou- vantable cortège de tous ses forfaits, qu'elle ait Tappaience de la force, parce qu'elle a toute l'im- pudence de l'audace, il n'en est pas moins vrai qu'elle rentrera dans le néant, le jour où les royalistes éclairés et réunis s'entendront pour ne vouloir plus êtje ni dupes ni victimes! Ce jour s'approche : déjà les injures des journaux du mi- nistère n(> trouvent plus de crovaus, et Iciu' ton d'assurance ne tronipe plus personne. Les élec- tions viennent de donner la mesure du système ministériel; on l'a vu s'évanouir dans l'exécution mê.iie de 'cette loi, qui, d'apiès les ministres, devoitlui donner une si grande force; loi qu'ils ( 4 ) avoieut dcfeiiJuc avec tant de tendresse et de résolution. Quelques préfets, quelques employés ont assisté seuls à de douloureuses fuuérailles 5 seuls ils ont ^émi sur la catastrophe qui uiettoit i\ nu l'imprévoyance de nos prétendus grands Lorames, et qui leur enlevoit toutes leurs espé- rances, en leur rendant toute leur petitesse. Pour obtenir des candidats ministériels, il a fallu que le ministère les prît dans les rangs de la révolu- tion 5 et là oà les royalistes ont su s'entendre et se réunir, malgré les vices de la loi, ils ont La^ lancé l'influence révolutionnaire j et, dans quel* ques collèges même, ils l'ont emporté. Le ministère peut donc, sans trop de modestie, évaluer à presque rien sa puis'^ance électorale. D'un aXitre coté, les jongleries et les outrages des feuilles révolutionnaires perdent chaque jour de leur empire. Ceux qui en sont l'objeLs'en ho- norent, et ciux f[ui les lisent se lassent d'y croii'e, en raison du dégoût qu'elles inspirent; à ce compte la guérison entière ne peut tarder. Les mots de f odalité, de dîmes, d'hommes de i8i5 n'épouvauleut plus : ou commence à savoir ce que cela veut dire, et Ion se fatigue de voir quelques bonnets rojiges et quel([ues arlequins exploiter la langue fraïkraise au profit de leurs passions ou de leur bassesse. L'homme raodé.é , à quelque classe de la société qu'il appartienne, cherche indistinctement et sans f)réjugé , dan-; toutes les autres classes , celui ntiirorfance de ces premiers élémens du i)OUvoir politique ; ils coexistent avec la société; ils sont, pour ainsi dire, antérieurs aux goiiver- nemens établis , consolident ceux qui les prennent pour appui, et renversent ceux qui les mécon-» noissent. Nous, au contraire, tious en sommes à ce point , que l'existence du gouvernement, le salut du pavs , la nature des institutions qui doivent le conserver, ou qui peuvent le perdre^ dépendent d'un pelitnombre de suffragesqui seroi( ntoLtenus dans ]cs classes les moins riches et les moins éclairées.. ■^^^ De pareilles idées sont les résultats d'une révo- lution quia eu ce caractère particulier", qu'elle u'a jamais compté les forces momies j elle n'a envi- sagé la société que sous ses rapports les plus ma- tériels, (îtpour ainsi dire arithmétiques. Il somLle (i) Le peuple romain t'toit partr-pé en cent qii'frf-vin. ^-ireize centuries qui nvoi:;nt charune ur,e voiv : !e t^atricicî's el le& principaux remplissoienl \>^s quat.-e-vingldix-ln.i" jjrei i ?> *• , le reste des citoye^is, q-ii foriiK-iunl ia p.pulatior uombreuse, éloient repartis dans les quatrc-vini^t-quinre ;)i' r.';s. (2) Solon divica le peuple d'Athènes ea quatre cIass''S ou cens: la preniiere, de ceux (|ui avrieiil Ooo mines de revci'u ; la seconde 3oo , la troisième lio .; L quatrième, du 'jraiid nonî.jre qui etoit au-dessous. Il exclut des cliar,"". i : de louteô magistra- tures ceu\ du (|ualrièi e cens; c! tope cijnl le gouvcracment d'Athènes eloil purement démocratique! (8) ^ ffiie pour rendre les hommes égnux, elle ait senti la nécessité de faire disparoîlre les existences moralos qui, en efîet , établissent les véritables tlistiuclions et les prééminences que rien ne sau- roil efîacer. Ainsi , dans un e^onvernemenl dont le seul avan- taefe est d assurer tjue tous les intérêts soi-ont re- présentés, afin que tous soient délondus, non seulement il peut arriver, mais il arrive sous nos veux que les intérêts les plus essentiels peuvent être attaqués, foulés et détruits |)ar un petit nom})re d'intérêts inférieuj'sj et il est possible que deux ou trois cents éiecteui's pris sur toute la France, dans les dernières classes de celles qui sont awicllées aux élections , décident d'une maniéré absolue et péremptoire du sort et des destinées de notre patrie, contre les vues, les principes, la conviction delà moitié des électeurs composée des classes les plus impojtantes par la saqessc de leurs lumières et l'ascendant de leurs propriétés. Dira-t-on que le gouvernement représentatif est fait comme cela? On se tronij)er()it 5 il ne peut, au contraire , exister entier et complet que par un mode d'élection qui mettroitla force daiisles poids au lieu de la laisser dan s les nombres; et, sans parler de toutes les idées cpii se sont déjà présentées , telle que l'élection à deux dej^rés et tant d'autres, je dirai , uniquement pour expliquer ma pensée, ([ue l'élection simple <'t direcîe, telle qu'elle existe aujourd'hui, seroit établiu avec moins d'injustice et d'inégalité, si chaque électeur porloit autant de sufTi'ages qu'il pai(> de fois ?>oo fr. d'impôts. Knlin , quel (]ue soit le ni(ul(! d'élection, il cesse d'être véritablement représentatif, s'il n'amène point à la Chambre un nombre de déjmtés propor- tionnel à celui des électeurs votans dans les difié- vente« couleurs d'opiuious. Ainsi, dans les élcc- (9) lions de celte amne {jni nous occtip<*nt, il est évident que le ^icc de la loi est démontré par cela seul qu'il n'y a pas un tiers de royalistes éluî , quand il y avoitplus du tiers des électeurs roja- Iist(\s. Qu'on prenne garde à ces observations : elles ne seront pas écoutées dans Tordre polilique qui est aujourd'hui enipoité par le torrent tirs pas- sions ; mais peut-être leur accordera-f-on (juelque im])orîance, lorsqu'il s'agira de régler les intérêts de l'administration. Là aussi on trouvera des mi- norités nuuiéric[ucs, qui seront des majorités mo- rales , et on sentira le danger d'un système qui ne peut prc'sentcr aucune conciliation entre des intérêts difiércns, tous précieux, tous essentiels à ménager, et qui ne peuvent subsister ensemble que par des tempéramens, des sacrifices mutuels, et non par la victoire absolue qui détruiroit les uns au profit des autres. L'administration tout entière n'est autre chose qu'une conciliation continuelle des intérêts op- posés, et cette conciliation deviendroit impossible si ces intérêts étoient toujours soumis à un juge- ment définitif, qui ne s'exprime que par oui ou 72on. Telle est cependant la seule décision que puissent donner les majorités numériques : c'est, en d'autres termes , le droit du plus fort, exercé dans toute son étendue 5 et comment pourroit-on étab.lir la société sur une telle violence, quand la société elle-même n'est étalilie que pour la dé- truire? iSon , ce n'est point dans les décisions pé- remptoires des majorités numériques, qu'on peut trouver les conciliations qui sont les liens néces- saires de la société : il faut remonter plus haut , et le» chercher daus les juçeiuens éclairés que dictent les lois de Tordre, de la justice et delà morale (i). (i) Qu'on suppose, ou plutôt qu'on se rappelle un exemple ( ,o ) Maïs, sans parler de ce qui tïcvroît e(re,pi'cnons l'f, choses au point où elles «ont : reflet de la loi tTis tleclions est tel qu'il seroit possible f[u'il n'y ciît pas tic (lé])ules loyalistes dans la Chambre, tniidis que la lorce moj'ale dans les élections et rians le jiavs seroit toute rovalisle. Qu'en résulte- roît-il ? Quelr gouvernement repre'sentalif devien- tlroil doiisoirc, qu'il seroit impossible de l'établir rt de le soutenir, que cette partie ijnportante de la société, qui seroit entièrement étrangère à ce système, en deviendroit, malgré elle , l'ennemie. Fa pense- t-on que cette inimitié fût indifférente? Elle seroit au contraire bien dangereuse, soit qu'elle attaquât ouvertement , soit cju'elle paraly- sât tout par une résistance d'inertie. Que ceux qui veulent de btinne foi l'établisse- ment du système représentatif y prennent garde; <îes circonstances heureuses avoient rattaché à ces j.rineipes tous les cs])rits, même ceux qui avoient i'ic obligés, j)our arriver jusque là, de sacrifier des intérêts, et, ce (pii est ])lus encore, des idées «le ces inft'riîfs qui, tous les jours, divisent une contrée, une rtlle, nne commune, et qu'on ne peut concilier que par de .«•3{,eb lempcramens; qu'on iinaf;ine d'en cotifier ia dérision à la iMajoritt; numérique des liabifons, elle seroil presque toujours Î>roRf>ncee par les passions }es plus aveucjcs. Par exemple, dans .-» question de la franclii»ê du port de Marseille, une partie de »a poptihlinn, les i>eL;orrnus du conmierce de mer, et Ici mar— rtian j» d(' tj ville vouloi^ent la franchise entière, al»soluc, et e '>»r-i*nloient rpic la leri-e' leur fût ferme'e , pourvu ([ue la mer î'-ur lût ouverte ; et ;'ii contraire , les fabricans de la ville et les |>rofirii't:.ir. s du territoire ne vuulcicnt aucune Iranrhise, et '«ouloient bu-n que la m -rfùl cntièremeiit fermée, pourvu que les rouimunicalions-avpc la terre fussent absolument libres. Si fin fût mis retle ([ueslinn à la décision de la majorité nume— îT(|'ic dfc» suflra^jes, il est évidiiit (ju'un nondire de voix plus ou nio'iis conside'r.ibie anroil »'n»;>orté la cjueslion dans un sens a[«»oIu , c'est-à-dire , la liarirliise sans rCjLi iclion, ou point de tiancliisc ; de telle soiic qu'un des deux inte'réts eût été te taie— inenl écrase pour faire predon»itier l'auti-e ; et cependant le bien ;:ul;lir se Irouvuit dans une pactis:ilion entre ces deux intérêts apposés, et les principes d'une justice éclaiiée pouvoienl seul» %>j IrBV'u les ligues. ( ^» ) très- arrêté es sur le bien de leur jîays. Mais com- ment espéreroit-ou désormais de leur faire go li 1er nn mode de gouvernement auqu<'l ils devieii- droienl toul-à-l"ail éhangers, où l'on décideroit de tout, même de leur sort, sans (ju'ils tusscut jamais ni consultés ni entendus. Voyez déjà combien le découragement qui se . fait sentir depuis trois ans dans les classes monar- chiques, nuit à la \érilé des élections, et ehauge le cours naturel des événemens. ]Nous sommes obli- gés de le red're avec un a if regret : un tiers des élfcleurs se sont dispenses de paroître aux élec- tions, et il est facile de juger que ce tiers est eu plus grande partie composé de rovalislcs. I.e mi- nistère et ses agcns ne négligent pns les moyens qu'ils ont de lai e laarclier leur petite pha- lange , presque toute composée d'emplovés dépen- dans, et payés d'avance pour se mouvoir au com- mandement. Les hommes de la révolution sont plus actifs par nature , plus in piicts par position; d'ail -r leurs ils croient marcher à un triomphe certain: rien ne les arrête chez eux. Les royalistes , au contraii-e , découragés à la fois et par les résultats inattendus de celte restauration qui avoit comblé leurs vœux , et par le retour des principes et des hommes dont ils ont été si long-temps les victimes, se reposent sur la pureté de leiîrs intentions et de leur conscience, se tiennent loin des brigues et du tumulte; ils se mettent à l'écart. C'est malheu- reusement le parti que la vertu prend le plus sou- vent dans les temns de révolutions. Il si-rnlt facile de flémontrer (jue ces hommes tranquilles, qui croient que tout est fait parce crue le Eoi est sur le trônr^ lormcnt les trois quarts de ceux qui ne se sont pas rendus cette année aux collèges électo- i-au X . Mais qu'on ne s'y méprenne pas, leur silence est une cala-xnité. Le gouverncmeni; re|.réseulatif l ( ■' ) ui ne recueille pas tous les suffrages, s'afToiLlit e tous ceux qui lui mauqueut j il pourvoit même dégénérer en tvrauuie , si , par une combinaison singulière ou par la \iol('uce, il ne se composoit plus que tro})inions partielles ; et il sera considéré comme Ici en France par tous les hommes qui réflécliissent, lors(juc la grande propriété n'y aura plus d'organe , de représentant et de défenseur. A ovez en Angleterre, dans un gouvernement fixé et consolidé ])ar cent cin(juante ans d'exis- tence , où tout a été établi sur des bases anciennes, il existe une ])laie qui inquiète le gouvernement, qui afToiblit le corps politique tojit entier : c'est l'état des catlioli<|ues en Irlande. Séparés du reste de la nation, ils sont étrangers au gouvernement de leur pays • ils ne sauroient s'y attacher ; aussi les voit-on , en toutes circonstances, lui l'ésister et quelquefois même le combattre à force ouverte: ils sont un obstacle continuel à la tranquillité et à la prospérité delà firande-Bretagne. Et cepen- dant (|ue sont'les cMholiques en Irlande? Oppri- més depuis cent cinquante ans, déshérités de tous les avantages de leur patrie, ils ont perdu cette influence qui s'attache nécessairement à la propriété et aux existences politi(jues : que sont- 'ils, en comparaison des royalistes de France, qui, malgré les malheurs de la révolution, possèdent encore les grandes massesdepropriétés; qui encore, sous Buonaparte , étoient appelés avec une préfé- rence niar([uée à tous les emplois, ceux de l'armée , ceux de ladminislration , et ceux ([ue leur accor- doit la confiance de leurs concitoyens ? Et c'est dans un gouvernement établi sur de nouvelles institutions , tlans un gouvernement qui nv. peut avoir de force qu'en ramassnnt toutes celles (|ui ])i-ée\isteiit , et en raltachant à lui tous les inl('rêts remarijuables , (ju'on prf'^tend exclure le plus considérable de tous. Et puisqu'en par- laiit Jes royalistes on a osé prononcer le nom d'i/utcs y qu'on sache bien que ces esclaves sans union , sans propriété , sans connoissance de leurs intérêts , nieuar.oient sans cesse l'existence d« Lacéjlémone , faisoient trembler leurs maîtres , et les oblij4"eoient à être toujours sous les armes. Que scroit-ce en France, que de forcer à une ini- mitié perpétuelle du gouvernenteut des hommes forts de' leurs existences , de leur courage, et du sentiment d'honneur qui les anime? J'en appelle à ceux de leurs ennemis qui ont du jugement et de la bonne fui : peuvent-ils imaginer que ce soit en brisant des contre-poids aussi essentiels qu'on puisse établir un ordre de choses stable, un gou- vernement quelconque ? et si nous étions assez malheureux pour voir encore un usurpateur sur lé trône de France, ou même une république s'é- tablir parmi nous, la première condition de leur existence seroit encore de rattacher à leur sort ces grands intérêts, cette puissance morale qu'on re- pousse avec tant d'acharnement. Si les ministres n'étoient aveuglés par leurs passions 5 s ils éloient de bonne foi, ils compren- droient l'i iq)0ssibilité d'établir un gouvernement fondé sur l'opinion , en mettant hors de ce gou- verneaient une des grandes puissances de l'opi- nion , celle qui se compose des classes les plus importantes dans la propriété, de tous ceux qui puisent leurs opinions politiques dans les doctrines et les senlimeus de la religion, de tous ceux qui se recommandent à la patrie par de gi'ands souve- nirs , de ceux qui ont détesté et combattu la révo- lution , de ceux, enlin , qui ont loyalemeutattaché leur sort et leurs espérances au rétablissement de la monarchie légitime. Voiià cependant tous ceux que les ministres repoussent, et ils trouvent un sujet de triomphe d'éloigner ainsi du gouverne- ment ses soutiens les plus naturels! l ( ■ i ) Mais ils soront les premiers à éprouver les efTef.î d'une si misérable cl si étroite politiv-ue ; jusqu'à resent ils ont conservé le pouvoir en opposant es efl'orts d'un parti à un antre, en leur inspirant niulueilenii nt de fausses craintes, en les agitant par d<; petites niantetivres ; ils ont conservé le pouvoir, mais ils n'ont rien établi, rien ins- titué, et bientôt ils vont se trouver seuls en face du parti révolutionnaire, de ce parti qui ne con- noît point de ménagemens, et qui n'a point de niotils pour en avoir : que iVront-ils alors? tente- ront-ils de résister? par quels moyens? a\ec quelles forces? IN on : ils < liercheront leur salut dans les concessions qu'ils peuvent encore faire à la faction, et surtout dans l'espoir de séduire et de corrompre? ses ori^^ancs dans la C'iiambre. ^ oilà ce qu'ils appellfut i;ouve ncr. Ces deux movens ont ])U leur réussir un moment quand Iftndra obtenir sera présentée connue la dcruiùc. On dira (|u à ce prix ( »5) lO«.slesliommrs(ju'on accuse de vouloir Jesrovolu»- tioiis deviendront les sujets les plus lidcles 5 011 opposera celle i'einle douceur à la rigueur des pi'incipes des royalistes, qu'on ne peut ni plier ni séduire- on fera voir (jue les autres sont plus faciles en accomniodciueus ; ([u'on peut traiter avec leurs intérêts pai'ticidiers ; que souvent les hommes choisis dans les départemeus comme les plus opposé? à la monarchie légitime, deviennent, à la Chambre, de paciliques mini^téricLs ; ((u'enfiii rien n'est plus facile que d'allier la i^voluliou à la monarchie, et que ce triomphe est réservé à la plus haute sagesse. Insensés! mesureisla profondeur de l'abîme dans lequel vous nous entraînez ; il n'y a en France d'esprit révolutionnaire que celui que vous y avez fait renaître ; c'est à cet ouvrage as vos~maius que vous êtes aujourd'hui obligés de céder et d'o- béir : mais n'espérez pas de traiter avec lui ; pour négocier, il faut une sorte d'égalité dans la puis- sance , il faut avoir queb[ue chose à donner pour espérer de recevoir 5 et qu'aurcz-vous à donner que la révolution ne puisse bientôt prendre par force ? Espérez-vous que, victorieuse, elle vous laissera la puissance? qu'elle placera sa confiance €n vous ? et que vous obtiendrez d'elle la permis- «ion de faire régner le lloi.' mais où avez -vous appris qu'un pouvoir politique prépondérant se soumette; volontairement à un pouvoir plus foible? il ne le pourroit pas quand il le voudroit ; les pou- voirs politiques ne sont pas plus maîtres de leur action que les poids dans la natuiv, les ]>lus forts cjuportent nécessairement les plus foibles. Celte alliance que vous rêvez entre la monarchi* légitime et la révolution, est impossible : les prin- cipes de 1793 partout ranimés, le^ droits du Roi opposés aux dogmes de la souveraineté du peuple, le meurtre du frère du Roi , l'amour-proprc et les (i6) espérances de Tarmée hrisés par la première res- tauration , la grande révolte des cent-joiirs, la seconde restauration laite siu' le coi'ps même de cette armée, le joug de l'Europe trop fortement ressenti , enfin les passions de l'amour-propre irri- tées par les anciennes habitudes de monarchie , dont un usurj)ateur peut seul se dépouiller, sont autant d'oppositions au ])rétendu traité que \ous ■Voudriez conclure entre Louis XVIII et la révo- lution devenue toute puissante. Elle pourra Lien encore, par un détour qui lui est liabitu(J , tlatterla personne du Roi comme elle a llalté, pendant quelque temps, ses ministres ; mais quels que lussent les sacrifices que le monarque se décideroit à lui faire , qu'on nous permette ces teri'ibles suppositions : quand il renonceroit aux droits de sa légitimité , quand il reconnoîtroit tenir sa couronne du peuple souverain, quand il prendroit lui -même les couleurs qui furent les signes des deux révoltes 5 quand il repousseroit ses serviteurs fidèles pour s'environner des meur- triers de son frère- quand il briseroit liii-niéme la chaîne de la succession légitime, les révo- lutionnaires ne seroient pas satisfaits: plus ces sa- crifices seroient inouïs, moins ils y prendroient de confiance 5 ils craindioienl , et ils craindrolent avec raison, le retour de ces idées d'ordre et de justice , qui peuvent être un moment méconnues, mais qui se relèvent d'autant plus fortes qu'elles ont été plus fortement comprimées. Il doit résulter de te que nous venons de dire, • si nous avons été bien compris , que la loi des élections donne des résultats 0])posés aux principes du gouvernement représentatif, que la majorité numérique est subversive, tandis que la majorité morale est conservatrice 5 que rabsence des roya- listes dans la Chambre des Députés seroit un vide qui mcwac«roil l'édifice social d'une prompte des ( '7 ) truclion ; que ce sujot de -triomphe pour ]es mi- ni.strt's est une calamité publique; qu'ils vont se* trouver seuls , foibles , s.ins appui , sans moyens , en lace de la révolution lrioni[)lianle ; qu'ils lui livreront le Roi sans défense , sous prétexte de l'associer à elle; enlin qu'ils gouverneront comme ils ont t,fouverné jusqu'à ce jour, dans des intérêts subversifs du gouvernement qu'ils étoient appelés à défendre. *** DE L'ÉDUCATION PUBLIQUE. (I" Article.) Ce n'est pas un plan nouveau d'éducation pu- bli(.[ue que je viens proposer. S'il est une partie «le l'administration, ou j)lufôt du gouvernement politique, sur laquelle il soit dangereux et peut- être coupable d'innover, c'est l'éducation de l'homme ; de l'honime, le même aujourd'hui qu'il a été et qu'il sera toujoui'S, et le plus constant des êtres dans rétcrnelle mobilité de son esprit et de son cœur; de Ihomme, depuis si long- temps étudié et si bien connu, et dont l'éduca- tion par consc»juent a du être l'œuvre lente de la raison de tous les hommes, et de l'expérience de tous les temps. L'Assemblée constituante avoit fait des j)lans d'éducation (i), comme elle avoit fait des plans de constitution et de gouvernement; elle auroit pu se les épargner ; il ne faut pas de plans pour (i) J'oyez un excellent recueil de tout ce qui concerne cette partie importante que l'on peut appeler la révolution de l'e'dn- cation, sous 1-e litre de Génie de la RéK>oliition * . ou l'auteur a re'uni avec autant de goût que d'exactitude , et tout ce qui a été fait sur l'éducation publique dep .is lu révolution, et tou^ ce (|u'on peut en tirer de conséquences. • Trois vol. in - 8'- Prix : 18 fr. , et a4 fr- f*'" '* po'tc. A Pjris , chîi L« liormeut , ri;« de Seiue , n ' 8 i cl K. Picbaro , qu&i <2e C«oli , u° 5. TwMf. V. — 53= l.lVi'AlSOK, 2 ( /'^ ) rlélruire, et la Convention approchoit, qui devoit renverser et les plans et 1(mm\s auteurs, et la so- ciété même sur lacruelle les novateurs avoicnt fait leurs ex]>éricnces. Aussi, si la révolution a fait faire aux sciences pliysiqnes (jnehjnes pas qu'elles auroii'nt faits tôt ou tard sans elle, elle a ruiné la science morale, et elle a affoibli les esprits plus encore qu'elle n'a corrompu les mœurs - mais des erreurs de physique, ces erreurs dont on a fiit tant de bruit, et si souvent remplacées ])ar d'autres erreurs , n'empêclieiit pas le soleil de niûrir nos moissons, la terre de recevoir l'in- fluence des saisons, et l'horame de vivre; mais une seule erreur de morale en science de gou- vernement et d'adniiuislralion , tue la société , et suffit pour nous rendre tous coupables et tous malheureux. Jusqu'à nos jours, jusqu'à ces temps déplorables auxquels nous étions réserves , l'éducation de la jeunesse avoit été conliée à la religion; la sa- gesse de nos pères avoit compris qu'on ne pou- voit de trop bonne heure amener les enfans à celui qui a dit lui-même : Laissez les plus pcùts n'Cfiir à moi , et les accoutumer à la règle sévère que sa doctrine impose à l'esprit, au cœur et aux sens. C'est à l'école de la religion et dans des élablissemens gouvernés par elle, que s'étoient formés et les plus grands hommes de notre France, et ses meilleurs citoyens , et que se formoient tous les jours ces hommes que leurs talens ne recom- niandoient peiit-èlre pas a la renommée, mais que leur raison, leurs sentinieiis et leurs vertus n ndoient chers à leui'S familles et précieux à lEtat. Les enfans élt)ient éle\és comme les pères l'avoicnl été , et les générations se transmeltoient l'une à l'autre cet hérita.oc de principes , de doc- trines, d'affections, d'habitudes qui sont le pa- trimoine elle trésor d'une société , ou plutôt soii ( '9) âme et sa vie , et ([ui en assurent la durée contre les passions des hommes, les fautes des admi- nistrations, et les revers des gouvernemeus. Mais des erreurs nées depuis long-temps , et dégénérées comme toutes les erreurs ( car le tejnps corrompt le mal comme il perlectionne le bien), des erreurs toujoui-s combatlues et souvent réprimées , et qui avoient changé de nom sans changcrd'objet , creusoient lentement, sous la société, l'abîme où elle devoit s'en, loutir. La longue série des ré\olutions qne la France éloit destinée à parcourir, commenra sous la ré- gence, parla révolution des mœurs, continua, bientôt après , par la révolution des doctrines , et a fini avec le dernier siècle, parla révolution des lois, complément de toutes les autres, et qui s'étendanl à la luis comme un vaste incendie sur toutes les parties de l'édifice , a achevé de détruire ce qui avoit échappé aux premières destructions, révolution sans exemple , combinaison fatale d'ignorance des lois de la société , et de con- noissance du cœur humain; d'oubli des principes, et de science des movens; d'erreurs politiques, et d'habitude adminisli'ative , de mollesse des mœurs, et d'éneigic des passions; révolution qu'on a appelée ii-aiiraise, et qui seroitbien mieux nommée européenne , et dans laquelle la France n'a fait que prêter à des O]>inions ou à des inten- tions étrangères, ses talens, ses passions et ses forces. L'éducation publique avoit résisté plus long- temps au>: iiinovations , parce qu'heureusement le système d'éducation étoit local et non pas gé- néral comme il la été depuis , et qo il n'y avoit pas de centre d'où le poison pût se répandre dans tout le corps ; ou s'il y avoit unité dans le corps chargé long-temps et presque exclusivement de l'éducation de la jeunesse , ce corps, fortement 2. co>istîtué, opposoit aux pvoj(îts fie destruction le poids iniiiu-nse de son crédit sur l'esprit des pi;u pies, de SCS services , de sou habileté. Ce corps lut détruit , il le fut à la l'ois dai^ tous les Etats calli()lihisle de Genève, puis'-aut à détruire, cctinscn.';é qui avoit osé dire: « L'homme » (|ui pense est un animal dépjavé, » avoit lancé sur la sociélé , curnuie une machine de destruc- tion , cette épouvantable maxinie : « Mou Emile » ne saura pas à quin/.c ans s'il a une ànie , et il )) est peut-être trop tôt h dix huit ans poui' le lui « apjiiindre. » Dans une sociélé où celte maxiiue n'a\(iil p;is été llélrif ])ar la justice, et son auteur buiijii lioi'i> des contins du monde civilisé, luula {Il ) cJucTtion publique dovcnoit iinpos'iihle ; ri alors aussi s'introtluisit chez les (Grands, jusque -là élevés dans les maisons piiLlicpies , connue les autres ciloy<'J'S , ct'lti; ioule d'iustiluteurs pliilo^ .soplics , qui préparèrent, pour la lévolulion, une jeunesse inconsidérée, qui devoit en être rinslrument et la victime. Quand tout fut mûr dans les liomines et dans les choses , le mystèn- d'iniquité s'aci-.omplit. Tout ce qui restoit de honne éducation publique périt dans le naufrage , et il ne survécut, à la destruc- tion totale, que quelques établissemens en petit nombre , sauve's par un zèle louable ou par une utile cu])i(lité- ils ne conservèrent quelques étin- celles du fou sacré , qu'en le cachant avec soin ; et des débris des anciennes institutions, se for- mèrent des e'tablissemens particuliers sous le nom de pensions et d'institutions ; quelques uoes di- rigées dans \es vues les plus religieuses et sur les principes les plus purs; d'autres, qui ne furent que dt; sordides spéculations sur la nourriture des élèves. Il s'étoit fait cependant un grand changement dans les expressions , suite nécessaire du change- ment qui s'éioit opéré dans les idées. On ne par- loit autix'fois que de rédiicatioîi publique : il ne fut plus question que de J'instruction publique. Le système religieux vouloit former des hommes pour la famille, des citoyens pour TEtat; le système philosophique voulut faire des savans pour l'univers , et l'on \it s'élever dans la capi- tale, et même dans les provinces, des cours pu- blics de philosophie, de sciences, de littérature , ap])liquées à la réAX)iution et même à la guerre, et la science devint meurtrière, la philosophie anarchiquc , la littérature séditieuse, et la latigue même barbare. Un célèbre critique défendoit en- core, avec la justesse de son esj)rit et l'opinià- Irelé de son caractère , l'ancienne littérature ( 20 contre les innovations , et peut-être est -il vrai de dire qu'une littérature au«;si finie que la nôtre , expression fidèle d'une société toute monarchique, et devenue une. partie essentielle de nos mœurs et des habitudes de nos esprits, a plus qu'on ne pense, retenu la France dans les principes du seul gouvernement qui lui convienne. Enfin riioiume ennemi parut 5 lîls adoj)tif et héritier universel de la révolution, il trouva une jeunesse qui avoit fait la révolution pour lui, il voulut en former une autre qui la continuât pour lui , une jeunesse qui n'aimât que lui , qui ne servît que lui , qui ne sût que lui , et il décréta IL niversite iuipérialo pour la France et même pour l'Europe dont il méditoit la conquête, et constitua ainsi une irronarcliie scolastique dans sa monarchie politique. En effet, si Ton y prend f:^arde, l'Université impériale fut constituée sur le plan du g^onverne- ment impérial • elle avoit son monarque dans le grand-maître , ses ministres de la justice et des finances dans le chancelier et le trésorier, son sénat dans le conseil titulaire , et même sa chambre des députés dans le conseil ordinaii-e et amovible. Elle avoit ses inspecteurs généraux et particuliers, et une armée de stippôts • il n'y eut pas jusqu'à l'école polvteehnique destinée à fournir des offi- ciers à l'armée, qui n'eût son pendant dans l'école normale , destinée à fournir des officiers à cette autre railicej institution singulière quelîuonaparte avoit voulu , ce semble, rapprocher des institu- tions monastiques, en exigeant des élèves un céli- bat de dix ans. H savoit, cet homme , ou plutôt on savoit pour lui, car il ne fut qu'un instrument qu'on a brisé quanij il a voulu échapper aux mains qui le diri- geoient, ou contrarier des projets plus vastes même que les siens : il savoit cett<: vérité si simpb; et pourtant si méconnue, qu'il suffit d'une gêné- ( ^3 ) ration pour former au bien ou au mal toutes celles qui 5.uiveut, et qu'elles rc<;oi\ent les pensées et les doctrines elé à la présider, avoit alarmé les liomm(\s religieux, et ne les avoil pas disposé» à recevoir favoiahlemenl l'établissement de l'Université dont il fut le premier exclu. Cependant, au milieu du désordre où la révo- Itition avoit jeté les hommes, leurs esprits et leurs mœurs, les choix déjà faits en grande partie par l'administration précédente pour les places inférieures de l'instruction publique, éloient de- venus extrêmement difficiles. L'instruction sco- lastique et même littéraire, ne manquoit pas à des hommes sortis, la plupart, de Congrégations enseignantes, et dont la vocation et les études avoient été dirigées vers l'état ecclésiastique ; mais les principes de la morale et même de la dé- cence , s'étoient étrangement altérés chez un grand nombre qui s'étoient jetés à corps perdu dans les orgies de la révolution, ou qui même avoient changé les cngagemens sévères de l'état ecclésias- tique pour des liens plus doux. JNéanmoins on doit cette justice à l'homme dis- tingTié qui, de la présidence du corps législatif , fut appelé a la direction suprême de l'Université, et de qui seul dépendoient tous les choix, (£ii'il em- ploya dans renseignement, autant qu'il lui lut permis , tout ce qu'il connut de meilleur et de plus lonornble; nu fond, l'exécution tempéra toujours bs vices de l'i» sfilution, et jamais dans les adni'nislrations , aucune pensée ne iéj)()ridit pleinement à celle du fondateur. Le conseil dont je peux parler avec une entièie indépend;i)ice, quoique j'en aie fait partie, parce c|U absent de Taris à rép0([ue de l'organisation , et long-temps ai)rès , je n'ai pris q;;'- bien tard, et bien jjeii part à ses travaux 5 ie conseil a fait tout le bi ) prit d'iiidéppiidancc (\uo les cnfans conti'acloicul dans cette éducation loible et licencieuse sur le lond, sévère et niêm,e dure dons ses formes. Elle étoit telle, celle l'épup^uaucc, que la plus humble école de villai^e ohteuoit la prétéreuce si elle étoit dirigée par un ecciésiastique , et que les premiers agens du ii;ouvernement dans les provinces, char- gés par devoir d'accréditer ces institutions, pré- féroient pour leurs enjans tout autre moyen d ins- truction. Buonaparte fut renversé, et avec lui l'Université qu'il avuit fondée. Le gouvernement im])érial, héritier de ttmtes ]es institutions républicaines, servi lui-même par les ])lus zélés républicains, avoit fait de l'em- pire scolastique un état monarchique : le gou- vei neraent royal en fit une république , sous le nom de conseil royal. Huit jours à peine étoicnt écoulés depuis son installation, que l'usurpateur, revenu, pour la honte éternelle de l'Kurope et le malheur de la France, détruisit le conseil royal, et rétablit son Université. Le Roi, de retour, ne rétablit ni l'une ni l'autre de ces institutions, et provisoirement attribua la direction générale des études à une commission de cin-q membres de l'ancien conseil de l'Université ou du nouveau conseil royal. Tel est l'état actuel des choses. Ici se présentent des questions importantes , et qu^'l faut résoudre avant de prendre un parti définitif sur l'organisation de l'éducation pu- blique. ^ auia-t il une direction générale des études? L'édueation publique scra-t-elle confiée à des corps ou à des iiidividus? Les corps seront-ils corps religieux ou corps laï([ues? Je n'ignore pas que la solution de ces questions alarme beaucoup d'intérêts, dépassions, peul-êlro ( 27 ) de projets; elle compromet le système dont on est si jaloux, qui tend à conccntvt'v dans la capitale la direction e\clu.si\(> <\o tontes les opinions et de toutes les loices de la liance, «'! à placdisciplfs etdanslcs explications qu'elle autorise, et ce qu'elle ré])rouve le plus formellement, est la diversité et la nouveauté des docti-ines. Si quelques maîtres se permettoient des explications ])eu orthodoxes, ce seroit au chef de chaque établissement ou à l'é- vèque, supérieur-né de tout renseignement reli- gieux, qu'il appartiendroit de redresser les erreurs qui auroient pu s'y glisser; et il faut rnéme remar- quer que telle étoit 1 imjiortance que l'ancien gou- Acrnen^ent altachoit a l'uniformité de doctrine religieuse, première garantie de lunilé de doc- trine politi(pie, qu il avoit établi une sorte de direction générale de l'enseignement tliéologique daus la maison de Sorbonne , objet, pour cette ( ^« ) raison, des sarcasines tles sophistes du 1 8' siècle. L iuslnulioii liltéiaire est pai"tout la même ; partout on se sert tics mêmes auteurs grecs et la- tijis , chaque professeur peut avoir sa nicthode particuiière d'enseignement; mais, sur ce ]H)int, on ne peut pas ol)trnir,onne doitpas même désirer d unilormité, et il faut laisser aux esprits une juste liberté. On n'enseigne pas les langues anciennes et [vH belles-lettres a PétersLourg autrement qu'à Pans ou à Rome. Les livres élémentaires qui ser- vent à cet enseignement différent, sans doute, comme \cs langues dans lesquelles ils sont écrits; mais, s'il ne peut y avoir sur ce point d'uniforniité absolue, il y a chez chaque peuple uniformité relative, et le même genre de livres se retrouve dans tous les collèges. L'uniformité du but pro- duit l'uniformité des moyens, et toute direction générale pour faire par autorité ce qui se fait de soi-même, seroit une domination sans raison comme sans objet. Il est même à remarquer que, dans toute rEuro[)e, les éludes littéraires ont été arrangées sur le mêuic plan, par la seule force des choses et d'après les observations faites par tous les hommes sensés, et dans tous les p«iys , sur la portée et les progrès successifs de l'esprit chez les enlans. Ainsi, partout il v a le même nombre de basses classes; il y a àcs classes d'humanité , de rhétorique, de j)hilosophie , et l'Université im- périale, qui avoit voulu dérogei* sur ce point à l'usage ancien, a été forcée d'y revenir, même dans les nomenclatures. Jamais les méthodes nou- velles d enseignement ne seront essayées t[ue dans les éducations particulières, et ce n'est que sur un petit nombre d'enlans (pi'un instituteur peut en iaire l'expérience. Quant aux principes de goût, si , chez les diffé- reii'; peuples , ils vai lent suivant la constitution de la soeiélé , les habitudes nationales peuvtMit être comme le mécanisme <\cs diverses langues; ( 29 ) cependant ils sont généralement uniformes cliez cliac[ue peuple. Il y a sans doute luénie chez des gens de lelties des bizavrej-ies de goût liltt'i'aire, comme de tous les autres goûts 5 mais sur ce point l'Université n'auroit pas eu plus d'influeme que n'en ont eu les académieà, dans 'le sein desquelles nous avons vu s'élever tant d hérésies littéraires. L'instruclion scientiii(jue ou spéciale est morale ou physique. La théolos^ie a ses pères et ses con- ciles, et, ce qui ])eut encore mieux maintenir 1 u- niformité de doctrine , ou la rétablir, l'autorité suprême de l'Eglise. La jurisprudence a ses codes tt ses arrêts des cours souveraiîies. Quant à la mé- decine et aux autres sciences ^iliysiques appelées exactes, ou naturelles, quoiqu'elles ne soient ])as plus, mais seulement autrement exactes que ies sciences moiales, et d'une nature diftérente, Icu- sei:;neraentne doit pas eu être soumis à une direc- tion générale. L'objet de ces connoissances est ce monde qui est livré à nos 'disputes, et qu'il faut les laisser à l'esprit desvslèm.e,seul et puissant moyen de leurs progrès. Copernic, Kepler . ISewton, Bergman , Boérhaave , Jussieu, Linnée, Lavoisier n'ont pas eu besoin d'un centre et d'une direction généi*ale, pour faire les découvertes qui ont inimortaiisé leurs noms, et étendu le domaine de la science. Leurs ouvrages sont entre les mains de tout le monde, et la direction qu'ils ont donnée aux es- p'. its , est la seule autorité qui puisse en hâter \resque toujours entre les mains d'un seul homme , qui à la longue domine tous ses collègues , offre moins que jamais à une nation une garantie suffisante contre le danger d'une lausse direction. L'Europe en a fait la triste expé- rience dans l'impulsion qu'ont donnée aux es- ])rils, et juéme sans autorité politique, les com- pagnies littéraires, et l'Etat ne doit placer dans lin scnl point pas plus sa morale que sa Ibrtune. i-.i la rovaulé s'est alarnuW; de l'autorité de ces grandes charges qui mettoient aux mains d'un parlitulier toutes les forces militairrs d'une na- ( 3î ) lion, pense-t-on cjne la religion peut voir sans inquiétude loiUe sa force nioî'ale à la disposition d'un autre connétable de l'instruction publique, dans un temps où les idées les plus saines se sont si étrangement obscurcies 5 et lorsque nous avons vu dans une ordonnance .récente, sur les petites écoles , ces étranges expressions : k Les évêqucs » pourront , dans le cours de leurs toui'nécs , )) prendre conuoissancederétat de cesécoies, etc., » et faire ainsi au corps éjiiscopal une simple iaculté dune surveillance qui est pour lui un devoir, et pour un Etat chrétien une nécessilé? Cependant, quand il seroit nécessaire de con- server encore quelque temps une direction géné- rale, et seulement pour se donner le temps de revenir à un meilleur svstème , il ne faut ]îas croire qu'une institution de ce genre puisse faire de grands biens, précisément parce qu*e] le a pu faire beaucouj) de mal, et ce n'est pas ainsi qu'il faut juger les institutions politiques. •2°. La question de savoir si l'éducation publique doit être confiée à des corps ou à des individus, est susceptible d une démoustralion rigoureuse et presque géométrique. En effet, élever tous les homnaes qui doivent former la société, c'est-à-dire, la régler, la gou- verner, la j"ger, la défendre, c'est élever la société même. Or la société est un éti e perpétuel 5 l'ins- titution doit donc être perpétuelle. La société ne peut être élevée dans un même lieu, ni dans une seule personne; il faut donc une institution u)ii- verselle, qui puisse élever à la fois un grand nombre de personnes dans un grand nombre de lieux. La société est une, et elle doit recevoir la même éducation, malgré la succession des temps, la di- versité des lieux, la multiplicité des pei'sounes; il faiit donc uuc institution. uniforme, et la même (32 ) pour tous les temps, tous les lieux, toutes les per- sonnes. Donc il fautun corps 5 car un corps seul est une iusUtution perpétuelle, universelle et uniforme. Il ne peut y avoir clans les établissemens d'édu- cation torniés d'iudividus isolés et réunis forlui- tenient, sans autre lien que la communauté d'ha- bitation et de travaux, ni perpétuité, ni univer- salité, ui uuilorniité. Un individu meurt, ou quitte l'établissement, on ne sait où lui trouver un successeur. Ceux qu.i se présentent sont souvent ceux qu'iS faudroit écarter. On ne tonnoît per- sonne de longue main j chacun arrive tout formé, avec son esprit, ses goûts, ses mœurs, ses habi- tudes ; rien n'a été ré^lé à l'avance, et soumis à une discipline uniforme, à un esprit général, à une direction constante et commune. On est ré- duit aux certificats et aux rcnseigneiuens officieux dont on connoît la valeur. Une administiation de collège essaie les hommes, et les prend tels qu'ils sont. Un corps les a formés et les conïioît. IVIille circonstances éloignent un particulier, libre de ses actions, de t(l ou tel lieu, de tel ou tel emploi, de tel ou tel chef, et une des grandes peiues du conseil dirigeant de l'Université étoit de trou\er des professeuis habiles <;ui voulussent aller en pro\ince, ou y rester quand ils y étoient. Le membre d'un corps religieux \a partout où il est envoyé, fait ce qu'on lui ordonne, obéit à tous les supérieurs qu'il trouve. Un corps ne meurt pas, ne change pas, et, par l'éducation qu'il donne à ses membres, il relient la société dans les mêmes principes. 3°. Le corps enseignant doit-il être laïque ou religieux ? Des laïques ne font pas et ne peuvent pas faire corps eus< iguant, c'e.st-à direfaii-e corps jbourdes fonctions austères et obscures, et (pii, quoi qu on fasse, zie pcuNcnt être, cojnme les fonctions pu- ( 3-3 ) bliqucs (le 4i\ maglstraliue ou de l'armée, hono- rables et lucralives. Il faut pour ([ue des hommes fassent un corps de ce genr<;, corps moral et indi- visible, il iaut ({ue cliacuu renonce à toute indi- vidualité, à celle de ses actions, de sa volonté, de ses intérêts personnels, pour obéir à »ne action, à une volonté générale, et à des intérêts communs. Les vœux de religion ue sont autre cliose qu'un ï'enoncement formel à toute individualité, un renonfcement aux gouts, aux besoins, aux devoirs de la famille privée, pour servir la famille géné- rale; et il est, ce renoncement, d'une si absolue nécessité pour former un corps, que les corps même militaires «pii ne permf'ttoit au sDldat ni le mariage, ni l'exercice d'un mélîer lucratif, et qui exigent de lui une entière subordination, le sou- mettent au moins de fait , et pour un temps , sinon aux vœux, du moins à la nécessité du célibat, de la jiauvreté et de l'obéissance; et l'Université elle- même a prescrit le célibat à plusieurs de ses mem- bres, et le désire pour tous. Des laïques se rapprochent et ne se réunissent pas ; s'ils mcltejit un mouent en commun leurs travaux , ils gardent chacun leur volonté et leurs intérêts ; et un corp^: dont cha [uc éléineni peul se séparer à volonté ( st une agrégation d'individus, et n'est pas un corps. Si des vues d'int6rêts, ou je ne sais quelle exal- tation politique, détermiuoient des laïques à for- mer quelques engagcmeus du genre de ceux dont nous venons de parler, et tels à peu près que les avoient acceptés^ pour un temps, les élèves de l'école normale, cette contrainte insupportable, quand elle n'est ni inspirée, ni adoucie par la religion, communiqueroit à leur esprit, à leur humeur, à leurs nuinières même, quelque chose de triste et de dur qui les rendroitpeu agréables à leur\ élèves, et même pourroit, par l'influence ToMB V. — 53« Livraison. 3 (34) de l'imitation, dénaturer le caractère des enfans confiés à leurs soins. Les élablissenicus laïques d'éducation publique ne présentent donc jamais que des individus isolés les uns des autres, sans aulre lien que la commu- nauté d'habitation et de travaux; et c'est pour sup- pléer à l'absence de tout lien moral, que le gou- vernement impérial avoit établi dans son Univer- sité un régime despotique et à peu près arbitraire, qui pût retenir dans le devoir, et dans une union au moins extérieure, tant d'hommes que l'intérêt avoit rapprochés, que mille causes pouvoicnt à tout moment diviser, et qui soupiroient sans cesse après l'indépendance et les agrémens de la vie du monde. L'éducation publique, donnée par des laïques, pèche autant par les inconvénicns qui l'accom- })agnent, que par les avantages dont elle manque. Elle met sous les yeux des enfans, (pii ne doivent à leur âge connoître que leur famille et le collège ,, des hommes du monde qui y tiennent par les liens du mariage ou par le désir de les former 5 qui y tiennent par leurs espérances ou leurs prétentions. Voués, par le besoin de vivre, à des lonctions in- grates, obscures, et d'autant plus fastidieuses que celui qui les exerce a plus d'esprit et de connois- sances, ils ne s'y livrent qu'avec le désir et dans l'espoir de les quitter; et, dans c«'tte vue, ils s'at- tachent particu.ièrement aux enlans dont les pa- rens peuvent seconder leurs projets d'ambition ou de fortune. D'autres, pour courir la chance d'un établissement avantageux, se répandent dans les cercles des villes où ils sont j)lacés, en deviennent des habitués, j)rennent part à toutes les intrigues, à toutes les tracasseries, à tous ies ])laisirs, rap- portent dans le collège tout ce qu'ils ont vu et entendu, (jmbjuefois , sous conndence, ce qu ils oui fait, tt inspirent ainsi aux enfaus le dégoût de ( 35 ) ^ la. vie scolastiqne , et le regret d'un monde qu'ils ne connoîlront que trop tôt. Ce qui caractéiise surtout les élablissenicns du genre de ceux dont nous parlons , est qu'il n'y a c[uc peu ou point de subordination entre les maîtres, et j>ar conséquent peu d'esprit d'obéis- sance et de docilité clans les éîève's. Ces maîtres laïf[ues, fâcheux s'ils sont âgés , snfTisHns s'ils sont jeuires, ne voient dans leur chef (jue leur égal ou même leur inférieur par les talens, et ne le re- gartlenl que comme l'homme chargé de les paver et de les uourrir. 11,^ scmt les premiers à insjtirer aux cnfans, toujours secrets complices de l'insub- ordination, leur mécontentement, t ntôt du sa- laire, tantôt de la nourriture, tantôt de la règle de la maison ; et je ne parle pas de ceux qui, sans réserve dans leurs propos ou dans leurs k-ctures, trop sO'.iventpeu réglés dans leurs mœurs, donnent aTix élèves des leçons ou des exemples de corrup- tion. C'est ce défaut radical de subordination que Buonaparle avoit ."^enti lorsqu'il avoit soumis ces établisseraens à un régime tout-à-fait militaire, plus favorable que tout autre à une certaine disci- pline (|ue cet homme, qui ne connut jaii^ais ({Ué le matériel de la société, prenoit pour de l'ordre, par la même disposition d'esprit qui lui faisoit croire qu'il avoit tout réglé, les hommes et les choses, lorsqu'il avoit prescrit, dans les plus mi- nutieux détails, des préséances et des uniformes. Enfin l'éducation publique, donnée par des laïques, est ruineuse pour l'Etat 5 et c'est ce qui avoit déterminé Buonaparte à la mettre en entier, et comme un impôt, à la charge des parens. CeS hommes, qui ont tous les goûts de la société, et souvent tous les besoins de la famille , voués aux fonctions d'instituteur par le seul intéiêt, et ca-» pab ( s d'en remplir ou de plus lucratives ou de plus honorables, ne peuvent y êlfé retenus que 3. ( 'i^y ) pur nu giMud îulérct^ il faut payev ceux qui trn- viiillcnt, et même ceux qui ne peuvent plus tra- vailler, et l'on peut «lire, sans crainte d'être dé- menti , que les iionoraires d'un seul professeur de rhétorique ou de pliilosopliie suiFisoient à entre- tenir tous les rêgcns de classe dans un corps reli- gieux, et qu'ainsi il n'y a pas plus d'économie dans les établissemcns séculiers qu'il n'y a de gra- vité et de subordination. De BomAld. Sur le 3îataise des Esprits en Europe. En essayant, dans la 4'j* Li>raison du Coiiser- yateur, de démêler les causes du malaise qui se manifeste aujourd'hui dans plusieurs parties de l'Europe , j'ai cru devoir traiter d'abord de ce qui a rapport à la spiritualité de l'homme, alin d'éta- blir que les Kois sont impuissans jjourla diriger. Ils ut' font pas les doctrines; et c est principale- ment par les doctrines dominantes que les peuples sont heureux ou mallieui'eux , aises ou durs à gou- verner. C'est pourquoi tous les publicistes ont déclaré qu'un peuple atlu'e ne pouvoit se com- prendrcî; encft'et, la religion étant la loi et le lieu des esprits, partout où les esprits ne «eroient ni unis , ni réglés par des princij)es religieux , il de- viendroit impossible de concevoir l'existence d'au- cune association. Les Rois ne font pas les croyances publiques; cnarrivautau pouvoir, ilslpstrouvejitétablies; c'est Blême par elles qu'ils arrivent au pouvoir sans contestation. Le pi'cmier de leurs devoirs et leur plus grand intérêt a toujours été de les maintenir. J.a raison de cette obligation est simple. Aucun changement ne s'opère dans les doctrines sans cuuscr du ijrajidij U'oublcs dans l'Etat; les Kois et ( ^>7 ) îes pe-rrples en souffrent également. Plus ou moin* pailailcs, les doctrines reriies ont une supériorité iiicontestaLlc , par cela même rprelh's sojit gcné- raleniont reçues- elles règlent les esprits par la persuasion , la soumission , rhahitud<;; et, comme il est vrai qu'un peuple n'est fort fjTie de ce qu'il croit, plus il est assuré <înns ses crovances, plus il est à Tahri nu'me des événefneus qui ne dépendent que de la poli(i(|ue. L'Espagjie a lrf)uvé , dans ce que la pliilosopliie du siècle lui reproehoit comme fanatisme et superstition, un point de résistance que les autres peuples out cherclié vainement. Des mreurs semblables, le mépris des anciennes doc- trines et des ancien nés lo is renden t leifi nations euro- péennes propres à subir le joug delà conquête ; l'é- vénement l'a prouvé; et cen'estpas un des traits les moins remarquables de la situation de cette partie du monde, que de la voir slir tous les points ré- clamer la liberté^ tandis ane, par la facilité de ses nneurs et le dédain de ses anciennes institutions , elle rend aisées les gTandes dominations qui sont et ne peuvent être fartes et conservées que par le pouvoir absolu. De ce contraste des de'sirs del'es- piit et des habitudes de la vie privée, résultent des craintes réciproques que les nations sentent quel- quefoisplus viveraeiitque Ge'ix qui les goitverneut. C'est ainsi qu'aujourd'hui personne ne pourroit dire que la France, levant de nouveau le grand étendard delà démocratie, ne ])orteroit pas encoie une fois sa puissance sur l.es pays qu elle a déjà bouleversés, et qii« personne encore ne pourroit dire que le premier essai qu'ellie tenteroit dans ce but, ne suftiroit pa-s pour la faire l'ayer du nombre des nations. Celle incevlitude d'indépendance po- iiti([ue , née pou^i- tous les p-uples de l'Europe des malheurs qu ils ont éprouvés depuis trente ans, de leurs succès comme de leurs revers , est une Cia^ causes du malaise des esprits. Les Rois peuveut ( 38 ) l'afFoiblir beaucoup, s ils sont parvenus ou s'ils parviennent un joui' à ne plus reclouter qu'une nation appelle t<,us les factieux de l'Europe à s'unir à ses projets j la coalition des Rois n'étant nécessaire qu autant qti'on pourroit redouter en- core la coaiition des passions populaires. Si cette appréhension n'existoil plus, les assemblées con- tinuelles des Rois et de leurs ministres devien- droient une cause d'effroi pour les peuples^ mais il est cerlain aujourd'hui , et peut-être le sera-t-il encore long-temps, qu'à la première division des principales puissances de l'Europe, les opinions révolutionnaires uniroient de nouveau la force des armes à la force des doctrines. Trente années de déplacemens successifs on tmultipliéles craintes, ont rendu difiiciles à saisir les démarches les plus simples, les plus loyales. INous, royalistes, nous croyons (|ue les souverains ne ^e rapprochent que pour mettre enfin un terme aux progrès des pas- sions populaires^ les ministres d'un Roi légitime de France essaient de nous tourner en ridicule dans leurs Correspondances privées (^.^ , positive- ment à cause de l'idée que nous nous formons d'une assemblée de Rois dans les circonstances ^rj'aves où se trouve i'Eux"oj)e^ mais si ce n'étoit pas pour le gi*and iii»érét de la civilisation euro- péenne <[ue les souverains restent coalisés, il seroit permis de s'iufjuiéter d'une union active qui fini- roi t par roaipi'e un certain équilibre de forces (i) La Corrcspondunce prifce fia Times, attribdf'c à M. le comte «le (jazcs . me cite romme adressant de sublimes lamen- tations à la re'iinion des diplomatc-s européens. C'est la pre- mière (ois «juc je me rois accuse fit' viser au* sublime et d'être lamt-nlnhle. Je croyois mes habitudes d'écrire d'une grande simplicité ; et ma manière de conside'rer ceux <|iii ont de l'in- fluence sur la deslinr'e des empires ne jjie permet guère de m'attend! ir «[u'ati moment ou la justice divine les punit de îeurs fautes, luiforc cette sensation s'cst-elle beaucoup usde à force d'avoir e'té exercée depuis treule ans. ( 39 ) sans lequel il est difficile que les indépendances nationales se conservent 5 et nos ministres, qui ne veulent pas qu'on croie à la prévoyance des chefs des nations, devroient bien nous dire pourquoi des conférences diplomatiques succèdent à des coufjrès, et en préparent de nouveaux. S'il n'est pas au pouvoir des Rois de faire les croyances publiques, et s'il est de leur devoir, comme de leur intérêt, de maintenir celles qui sont établies, il s'ensuit nécessairement qu'il faut des institutions pour défendre les doctrines, et que le seul peuple qui pourroit impunément dé- clarer toutes les religions égales, toutes les opi- nions libres, seroit le peuple qui n'auroit plus la conviction de rien. Une nation dans cet état est une nation finie ; je ne sais si la France en est à ce point de maturité; on l'aftirmeroit si on ne con- sultoit que sa législation, et la manière dont les révolutionnaires, les doctrinaires et les ministé- riels l'interprètent 5 mais cette législation a été faite pour coi-rompre. La France valant beaucoup mieux que les lois qui lui ont été imposées, rien n'eût été plus facile , au retour du Roi, que de la rappeler aux grandes vérités qui l'ont fait pros- pérer pendant quatorze siècles. La Chambre de j 81 5 a montré tout ce qu'on pouvoit sur les Fran- çais, en réveillant le souvenir des anciennes doc- trines religieuses et morales; on conçoit que l'es- prit de la révolution eu ail frémi; mais le reste ne peut se comprendre. La déclaration d'un principe peut bouleverser un empire , si on n'en règle en même temps toutes les conséquences. Ainsi en d;^clarant à la fois la liberté des cultes et la religion catholique religion de l'Etat, on a jeté le trouble dans les esprits; ce trouble existera, tant qu'aucune institution ne réglera lajiberté des cultes, et n'assurera les effets nécessaires de la suprématie de la religion calho- ( 4o ) lif{ue ; l'une et l'autre resteront en péril ,• on verra le même pcu])îe redouter à la lois les persécutions religieuses et les excès de ceux qui ne veulent d'aucune religion 5 car il est remarquable aujour- d'hui en France, et dans une grande partie de l'Europe , que les craintes les plus opposées se rafr- semblent dans les mêmes esj.rits. Cela fient, je le répète, à l'extrême facilité avec laquelle on pose des principes, sans avoir la force d'en tirer les conséquences, et le taient de les régler. Sur ce point important, je crois devoir m'expliquer par un exemple qui rende ma pensée sensible à ceux qui voient de l'incertitude partout où on ne peut mettre que des raisonnemens. La religion grecque est en Russie la religion do l'Etat ; toutes les consécjuences de cette supiémalie sont rigoureusement établies* ainsi nulle incerti- tude à cet égnrd dans les esprits. L'em])ereuf Alexandi'e vi*nl d admettre, dans son empire, le libre exercice des cultes calviniste et luthérien; il les a admis, non en vertu d'un principe vague, mai* cumme un fait dont il étoit indispensable de fixer les conséquences, et qui ne scroit sans danger qu'autant qu'il sr voit garanti ])ar des institutions. 11 a créé un supérieur pour toutes les affaires qui peuvent naître de la profcssicm de ces deux con- fessions évangéliques, et loi a donné un canseil désigné sous le nom de Cousis toir.^ général de l'empire. L'institution qui dépend du pouvoir se trouve ainsi parfaitement accomplie. S'il y a trouble, scandale, tendance à des doctrines eiTO- nées, ce n'est pas avec des individus isolés que l'autorjlé souveraine aura à traiter: le supérieur et le conseil cjni lui est adjoint sont là pour ré- ])ondre au chef d<; la société générale de la sagesse de cette société p.a-ticulièi'c. Jusqu'au jour où ou a permis aux philosOjihes français de refaire le inonde, opération qui jusqji'ici n'a été qu'à dclruiic ( 4i ) tout ce qui existoit, c'est aiusi que les choses se passoicntj les gouveineraens ne reconnoissoienl aucun droit aux individus, par la raison toute siuiple qu'il leur est impossible de traiter avec chaque individu 5 mais ils reconnoissoient lesasso- ciations, et les iustituoient de manière à pouvoir toujours les conduire par l'intermédiaire d'un chef assisté d'un conseil. On aura Leaucoup fait pour le repos de l'Europe quand on sera revenu à cette marche tracée par le bon sens , et contre laquelle on ne peut rien tenter sans se perdre. Papauté, rovauté, simple municipalité, partout où il y a pouvoir et discussion , il faut un chef et un conseil qui maintiennent l'association^ la dirigent, et répondent pour elle. Mais une institution d'ordre et de suprématie ne suffiroit pas éShsles circonstances de l'admis- sion de religion^^^uvelles; la religion est le lien et la loi des esprits; si la loi ëtoit fausse, elle les égareroîl nécessairement, et la tranquillité pu- l)liqueseroit compromise. Comme la Russie recon- noît une religion de l'Etat, c est-à-dire une reli- gion politiquement bonne en cela qu'elle est le lien de la majorité des esprits, le chef de l'Etat n'a pu adrnettrerexercicc libre de cultes nouveaux sans connuître leur morale, leurs dogmes; et il a mis^ pour conditions à la liberté qu'il leur accorde, à la protection qu il leur promet, « qu'ils rcste- ■» roient fidèles à leurs symboles et confessions , » par lesquels ils reconnoissent la Sainte-Ecriture » comme la parole de Dieu, afin de les mettre à « l'abri des innovations dangereuses et contraires •» à l'esprit du christia}]isme.'»T)an3 le maintien des doctrines , dans ce qui touche aux consciences, ce n'est pas directement que le pouvoir intervient, mais par 1 intermédiaire d'un consistoire composé des docteurs des deux cultes; il y a donc vérita- blement sûreté et liberté pour les calvinistes et 1er (4^ ) luthériens; le principe de leur admission reconnu, et les conséciuences en ayant été réglées, les cultes nouveaux n'auroient à craindre le pouvoir que dans le cas où ils tenteroient d'altérer les symboles qu ils ont avoués en demandant à faire partie de la société générale; et le pouvoir qui se dégageroit alors à leur égard de toute protection, ne seroit que juste. On ne peut assez réfléchir sur la différence qu'il y a entre proclamer des principes généraux dont on abcindonne les conséquences à la versatilité des esprits, ou n'admettre des principes qu'après avoir examiné sur quoi ils reposent, et en avoir réglé les conséquences de manière qu'elles ne puissent nuire à l'ordre établi. L'esprit de la révolution, <'spvit d'orgueil et d'ignorance, a toujours procédé par des généralités, et a rendu ainsi le monde im- possible à gouverner. La Jlussie vient de rappeler les choses à leur vérité fondamentale. Ce qui ap- partient à la spiritualité de l'homme a été laissé aux guides que les consciences se sont librement choisis; ces guides répondent à la société géné- rale des conséquences de leurs doctrines particu- lières ; mais ce qui appartient aux institution» nialcrielles , a été fixé par le pouvoir, selon le le droit qu il a, et le devoir qui lui est imposé de ne rien négliger pour conserver l'ordre établi , alors même qu'il est obligé de faire des conces- sions aux idées nouvelles. La tolérance a ses con- ditions, la liberté a ses règles; on tolère une reli- gion ; on règle les conséquences des religions qu'on déclare libres. Pour la religion de l'Etat, on ne peut pas dire qu'on la tolère , on ne peut pas décla- rer quelle est libre ; elle est dominante; elle est la base de la société ; elle a précédé les pouvoirs existans; elle fait leur principale force par l'union des esprits; les souverains doivent la maintenir; et ce n'est jamais sans affoiblir considérablement _ ( 43 ) leur autorité qu'ils négligent de le faire. Jusqu'ici l'histoire a confiinié ces vérités, et conservé le souvenir des malheurs dans lesquels tombent les nations qui s'en écaitent. Si l'égal' té prétendue des religions, si la tolérance |)nur l'athéisme qui est la négation de toutes les religions, et pour le déisme qui en est rindiffércnce, entrent, comme il esl impossible d'eu douter, dans le malaise que les esprits éprouvent eu Europe, c'est la première affaire qui doit occuper les souverains qui ont quelque chose à redouter de cette disposition. Qu'ils consultent le passé dans lequel se retrouvent toutes les idées simples et applicables, qu'ils mé- ditent sur ce qui vient d'être fait en Russie ; et ils se convaincront que la liberté de conscience doit être réglée comme toutes les libertés. Il est absurde de reconnoître que la liberté relii^ieuse est illi- mitée, et de croire qu'on pourra limiter la liberté politique 5 cela est impossible. Le pouvoir ne doit se charger de garantir que les professions de foi fixes et avouées 5 sil est au-dessus de lui d'inter- venir directement dans les symboles, parce que la spiritualité de Thomme ne lui appartient pas, il est iudlspenjable qu'il les connoisse, puisque les symboles religieux ont une influence irrésis- tible sur le repos des nations, et qu'on ne peut comprendre que des gouvernemens admettent des principes généraux, et laissent à tous les esprits la faculté d'en tirer les conséquences, sans se pister eux-mêmes à la dissolution de l'ordre social. Malgré Ijur arrogance, les principes géne'i'aux sont (|uelquefois si bêtes, qu'on ne les admet qu'à condition qu'on n'en tirera pas toutes les consé- quences. Si des musulmans venoient se faire citoyens français, et usoient de la pluralité des femmes, on ne changeroit pas sans doute pour cela les articles du Code civil qui punissent la bigamie 5 et si on les changeoit par respect pour la (44) _ conscience des musulmans, i\ n'y aui'bît pas de motifs poiir ne pas les supprimer en laveur des athées qui nient tourroît le contraindre à marcher dans une route meilleure, auroit par la même raison la foi*ce nécessaire pour l'é^i^arer, «'il V troiivoit un intérêt. Quoiqu'on accuse les royalistes de France d'appeler sans cesse les étran- gers dans nos débats, les rovalistes sont les seuls qui repoussent leur intervention, parce que seuls ils savent que la politique applicable ne peut jamais êU'e décidée de loin avec connoissauce de cause, et que les souveiaius qui l'essaient finissent presque toujoui's par n'être que des iuslrumens à ia dispo- sition de iactieux ou d'intrii^ans. Si les généralités sontd'un danger extrême dans ce qui s'adresse à la spiritualité de l'homme, elles ne sout pas iroins dangereuses dans ce qui coUr- ceiue le matériel de la société, c'est-à-dire dans ce qui peut être réglé par Tadministration. P'après les événemens dont nous avons' été les témoins, il est à cra"ndre que les cabinets de l'Europe, aujourd'hui inquiets de l'agitation qui règne dans les esprits, n'aient beaucoup contribué à la pro- Fager. Si cela étoit prouvé, il resteroit du moins espérance que hî remède seroit encore à la dis- position de ceux qui ont fait le mal. jNous avons vu partager le monde en comptant par lieues quarrées, etpartager les hommes comme des bestiaux, eu ne les comptant que par tête 5 ils changeoient de niaîtres sans changer d'étable • seulement l'étable qu'ils habitoient changeoit de propriétaire et de manière d'être dirigée. Il sembloit que les Rois légitimes fussent d'accord avec les usurpateurs pour abâtardir l'humanité, j.our amener tous les peuples à cette dernière j flexion de l'âne de la Fable : « On ne me fera pas V jjorter deux bâts, » Les sentimens, les habi- '.. ies, l'attachement aux lois sous lesquelles ou erdue dans un grand Etat, préf'éi*eroit aux plus jelles combinaisons d'un prince d'gne du grand nom de législatctir, une administration qui lui assureroit le débit des toiles qu'elle fabrique, ou de la clincaillerie qu'elle forge. Qu'on ne s'y trompe pas; ce n'est point par une suite néces- saire des idées spéculatives des écrivains (jue les ])euples s'occupent de législation; tous les sys- tèmes à cet égard sont renfermés dans un bien petit nombre de têtes. iMais lorsqu il y a malaise dans les esprits, les idées spéculatives obtiennent du crédit, parce qu'il est dans la natur»; de l'homme de ne jamais rcnonc<'rà l'espoir d'un meili<'ur soi't ; «'tles écrivains svst('mati({!i<'S , comme jes ci»arla~ lans qui pérorent sur les places publiques, ont An ( 47 ) débit dans la proportion du nombre de ceux qui souffrent. Le monde a été mis hors de mesure parla pétu- lance de la révolution française; les événemer* alloient trop vite pour qu'on piU en calculer bs suites 5 et dès qu'où veut coiinoîlrc tout ce qu'une véritable poli'.ique exioe de uiorléralion et de prévoyance, c'est vers le passe qu'il faut tourner tes yeux. Lorsque les événemens, les traités aidoicnt au développement naturel d'un Etat, et qu'il s'aggloméroit une pro\ince voisine, la pre- mière condition étoit qu'elle conserveroit ses libertés locales, ses réglemens administratifs, en un mot tout ce qui composoit son existence parti- culière. Cette province clîangeoit de protecteur plutôt qu'elle ne cbangeoit de maître; et lorsque ses rapprocheraens continuels avec l'Etat principal avoient détruit les motifs qui avoient fait respec- ter ses habitudes, on les respectoit encore, parce que des promesses formelks les avoient consa- crées, et parce qu'on savoit alors que les seules réu- nions qui soient bonnes, sont celles qui s'opèrent sans que la main de l'homme s'y fasse sentir.' Les libertéslocales, les réglemens qu'on pourroit appe- ler civiques, ne nuisent point à la marche du gou- vernement ; ils arrêtent, il est vrai, les prétentions despotiques de l'administration 5 et c'estparce que l'administration domine aujourd'hui les gouver- nemens, qu'on est tombé partout dans cette ma- ïiie de législation généi'ale et d'uniformité qui introduit, même dans les plus grands Etats, l'es- prit de la démocratie. On se plaint des effets; il faudroit remonter aux causes ; ou trouveroît qu'on pose aujourd'hui, en politique, des principes (jui s'appliqueroient au monde entirr, par le même motif qui fait qu'un ministre, par une- circulaire , croit régler les affaires de cent mille communes, »e voyant pas de différence outre Lyon, Bordeaux^ C48 ) Marseille, et les villages où on ne trouveroit pas même un maire qui sût éciii'e, et où les intérêts par conséquent ne s'élèvent pas beaucoup au-des- sus de la science. La vérité est que la circulaire ne Tègle rien; seulement elle empêche les connois- sanccs locales de tourner au profit des localités. Il en est de même des généralités politiques; elles ne s'appliquent pas 5 leur seul effet est d'arrêter le développement des principes applicables, et de mettre le crédit des rêveries systématiques au- dessus de la foi due aux vérités d'expérience. On ne peut se dissimuler que dans les royaumes composés de provinces qui, dans l'espace de vingt ans, ont changé plusieurs fois de maîtres, de constitutions, d administrations, d'intérêts domi- nans, les souverains ne soient fort embarrassés de répondre aux: désirs des peuples qui demandent une législation fixe. Jusqu'où retourncra-t-on en arrière? quelle est, des généralions q^ii existent ensemble, celle dont il faut accepter les habitudes? Ces questions ne sont douteuses que parce qu'on les établit en généralités; car si chaque ])rovince étoit consultée dans les hommes mai-quans qui connoissent ses besoins , qui sont intéressés à sa prospérité, qui ne pourroicnt se tromper sur ce qui survit du passé , comme sur ce qui est détruit sans r<-tour, il en résulteroit deux avantages inap- préciables : le premier, que les esprits se délour- neroient des généralités pour s'allacher à des in- térêts définis j le second , qu'on procéderoit au retour de l'ordre par le commencement ; c'est-à- dire en reconnoissant des libertés locales pour le maiiilicn dcsquelless'élevcroit ensuite la liberté publique; et plus les gouvernemens metiroient de ÎVanchise dans leur manière de procéder » cet égard, plus vite les esprits se calmeroient. Il y a des circonstances dans lesquelles il faut tout en- treprendj'e pour attirer les bouô esprits du côté ( 49 ) lîu pouvoir; partout où il y a agitation morale , et où ce talent manque à des ministres , l'avenir de l'Etat est exposé. Je ne crois pas le« peuples plus élevés qu'ils ne l'étoient autrefois ç mais ils ne vont plus par hahilude j ils sont accoutumés à interroger le pouvoir; les journaux, même loi'S- qu'ils ne donnent que de fausses lumières, n'en appellent pas moins la discussion partout où ils portent la connoissance d'un fait, car on ne lit pas avec l'intention de ne rien apprendre. Dans cet état de clioses, le silence des gouvernemens laisse supposer des mystères , et fait naître des craintes; et s'ils parlent sans avoir su se donner pour soutiens ceux qui ont crédit sur les esprits, et veulent l'ordre , il faudra bien que les esprits tombent à la merci de ceux qui ont du talent et veulent ie désordre. La légitimité du pouvoir est un principe de sécurité; mais le talent aussi est devenu légitime; c'est la grande raison q:ji niilite eu faveur du gouvernem.cnL représentatif. La France ne sait pas encore tout ce qu'elle peut eu attendre ; et c'est pitié de voir à quels hommes sont contiées nos destinées. Après avoir examiné ce qui tient à la spiritua- lité de la société, ce qui dépend do l'administra- tion, on trouvera qu'il reste'encore dans les esprits une cause de malaise qui tient à ce qu'on appelle la poJitique. Les guerres de l'Europe se sont long -temps faites en Italie; elles se sont portées depuis plus spécialement en Allemagne; comme s'il étoiidans la nature des pavs divises en beaucoup de petites souverainetés d'être à la fois le théàti'e des com- bats, et le prix de la victoire. L'Allemagne est devenue momentanément une véritable unité par les efforts lieui^eux qu'elle a faits pour, repousser la révolution armée sur son terrain natal : l'Allemagne doit désirer des cora- ToME V.— 53< Livraison. 4 (5o) binaisons qui la mettent pour toujours à l'abri cîe nouvelles invasions. Ce désir est juste. L'accom- plissement eu est ex.trêmement difficile. Si on le tentoit d'une manière efticace, on verroit sans doute reculer les premiers ceux qui l'appellent avec le plus d'ardeur, puisrju'il ne peut s'effectuer .qu'avec des cliangemens plus brusques et plus nombreux que ceux qui ont eu lieu par suite des guerres de la révolution. Les souverains seroient alors traités sans plus de cérémonie qu'on n'en a fait pour se partager les peuplés 5 et cela même seroit une nouvelle cause de malaise et de troubles. Les vœux que fait l'Allemagne n'en reposent pas moins sur les sentiraens les plus naturels ; c'est ce qui donne du crédita ces républicains farouches qui, sous le nom de Teutonia et avec des poi- gnards , veulent se faire une patrie forte et in- divisible de tant d'Elats qui ont des mœurs et des intérêts divers. Celte révolution, si elles'opéroit jamais, seroit plus terrible que la révolution fran- çaise, parce qu'elle seroit pi us long-temps franche dans toutes ses passions. Mais la disposition des esprits allemands vers l'unité de territoire, comme force de résistance aux invasions, peut êti'e saisie par d'autres intérêts que les intérêts de la démo- cratie , et il en résulteroit d'autres inquiétudes. Je l'ai déjà remarqué, dans le désordre qui suit nécessairement les longs troubles civils mêlés à de longues guerres et à de faux principes , les craintes les plus opposées peuvenlse réunir dans les mêmes esprits j on redoute à la fois tous les malheurs qu'on a éprouvés successivement. L'art de calmer ce genre de craiiites n'a pas de règles fixes, et c'est pour cela ({ueje l'ai mis à ]>art comme du domaine de la politique, c'est-à-dire dépendant de l'ha- bileté des cabinets intéressés à rendre aux peuples un peu de cette sécurité f]ui les faisoit aulreiois iiiciïeif à gouvcrjier. La silualiou des esprils duu.s (5,) i[iielques contrées est telle, que si on pouvoit y passer bail pour un gouvernement a\(c autant de sûreté que pour une ferme ou une maison, je pense que le monde gagueroit déjà beaucoup en repos. A toutes les causes qui agitetit les esprits par suite des doctrines, des actes et des prétentions toujoui'S actives de la révolution franraise , si on ajoute, comme on doit le faire, la vieille poli- tique des Etats de l'Europe tendant sans cesse à sagrandir, se surveillant dans chacune de leurs démarches, bien moins occupés des périls où se trouve la civilisation , que des projets qu'ils ont ou qu'ils se supposent réciproquement, projets qui ont leur contre-coup sur les peuples, parce que ce genre de prévoyance ou de soupçons ne leur manque pas plus qu'aux Rois , on conviendra que les écrivains qui tranchent d'un mot les diffi- cultés de la situation de l'Europe , ne les con- noissentpas; et que les ministres qui reprochent aux royalistes fran«;ais de compter sui* les cabinets étrangers , sont aussi bien ignorans , s'ils ne sont encore plus perfides. Les royalistes savent que la civilisation européenne est solidaire ; les révolu- tionnaires le savent aussi 5 ils l'ont prouvé et le prouvent encore par les attaques qu'ils lui portent journellement. Elle périra, ou se sauvera tout en- tière; et les calculs les plus positifs montreroicnt que la moindre faute des souverains dans des cir- constances aussi graves, la moindre division entre eux, seroit l'assurance du triomphe de la démo- cratie, et par conséquent la fin d'un ordre poli- tique qui , comme l'Empire romain , est peut- être arrivé au terme où la décadence est inévi- table. Il est permis de recider devant cet avenir; il est noble d'essayer de le détourner, même quand on auroit les connoissances suffisantes pour juger la vanité des efforts qii'on tcnteroit. La raison ne C 5a:) gouverne le moude que sous l'autorité des honne» aoctriucs} quand les doctrines fausses dominent, le monde appartient au hasard. La philosophie qui crie : abstiens-toi , et la philosophie qui dit : •■)- , r>nt rlisposé de l'univers jijus souvent que 11..- ^•iiue,';; tant il est vrai que la spiritualité de la sociélé e&t tout. Le jesle appartient aux mi-- nislres, FlÉVÉE. Paris, le i*» octobre 1S19. L,c Conseri^ateur commence sa seconde anné^ ; peut-être nous est-il permis de croire que cet ouvrage n'a pas été entièrement inutile j malheu- reusement nous n'avons pu réjarer le mal aussi promptement qu'op l'a fait. INous sentons avec regret que notre tâche n'est pas finie : il n'y a que le plus entier dévouement à la cause du trône et de l'autel, qui puisse nous forcer à continuer un travail encore plus éloigné de nos goûts, qu'é- tranger à notre position. Toutefois, nous ne renoncerons à ce travail qu'au moment où les bons principes auront triomphé, et lorsque la monar-^ chie sera sortie , saine et puissante, de la crise qui e prépare. Jusqu'ici nous n'avons eu à signaler que des erreurs j à présent nous aurons à nous occuper des conséquences de ces erreurs : on a posé les prin- cipes, on arrive aux résultats j on a semé, on va recueillir. Les thoses ne peuvent pas rester long-temps comme rjles sont : si le ministère ohlicnl encore une majorité tell* quelle, daps la session prochaine ( 53 )^ (ce qui «croit possible à la rigueui), le renouvel- Jemcnt de la quatrième série amènera un change- ment inévitable. Il faut donc que les ministres attendent paisi«. blement l'événement, ou qu'ils prennent un parti dans le cours de la prochaine session. S'ils prennent un parti , quel sera-t-il? Modifieront-ils la loi des élections? S'ils la modifient, comment la modifieront-ils? Doubleront-ils le nombre des députés? Fixe- ront-ils l'âge éligible à trente années? Rendront- ils le renouvellement de la Chambre quinquennal ou septennal ? Mais s'ils demandent et obtiennent le double- ment de la Chambre , en laissant le fond de la loi tel qu'il est, les élections se feront dans le sens où elles viennent d être faites cette année. Alors surviendra plus promptement cette majorité dé- mocratique qui menace de tout emporter. Si l'on n'admet pas le doublement de la Chambre ; si, pour conserver une foible majorité, en proposoit seulement de garder, pendant cinq ans, la Chambre actuelle , la turpitude de cette pro- position ne frapperoit-elle pas tous les esprits? Quoi', mentir aux principes qu'on a soi-même avancés, violer la Charte, non pour 1 améliorer, non pour introduire un changement salutaire , mais pour se perpétuer au pouvoir, précisément parce qu'on s'en est montré incapable! Il nous paroît impossible qu'un pareil projet trouvât une majorité dans les Chambres. Les ministres se contenteront-ils d'apporter «ne (54) Seule modlûcation à la loi , le vote par nirondlsse- laent? Nous avons déjà attaqué ce projet dans le Con- servateur, en tant qu'il s'agii'oit de voter dans les arrondissemens, mais de ne dépouiller les scru- tins qu'au clief-lieu du département. Si les auto- rités étoient infidèles (et l'on doit toujours calcu- ler sur la fragilité humaine), il est évident que le vote par arrondissement rendroit le ministère maître de toutes les élections de la France. àSi le dépoiiillement devoit avoir lieu dans chaque arrondissement , cela seroit sans doute une chose désirable. Mais que diront les libé- raux? Déjà ils se prononcent con(re tout chan- gement: ils sentent que la moindre modification apportée à leur loi chérie , peut entraîner la chute du système. Or, nos gouvernans ne semblent pas disposés à renoncer à l'alliance des hommes dans les bras desquels ils se sont -ietés. jNous devons penser plutôt que de nouveaux traités ont été faits : des journaux, deshonimesmarquans dans l'oppo- sition de gauche , viennent d'embrasser le parti d'un ministre que jusqu'alors ils avoient violem- ment atlafjué. A la vérité, une colonne de l'op- position libérale combat encore le mêmeministrej mais le combat est-il réel ou feint? Les buona- partistes et les libéraux scroicnt-ils réellement divise's? Ceux qui continuent leurs outrages veulent- ils sculejnent les vendre un peu plus cher? C'est peut-être une affaire de commerce. Si l'on en croyoit des bruits géïK^ralement ré- pandus, il paroitioit que la plupart des miiiistres, jusleracut choqués delà suprématie d'un de leurs (55 ) collègues, voudroient secouer un joug trop pesant, JNéanmoins fout fait présumer qu'au moment où la session va s'ouvrir, des intérêts communs réuni- ront nos hommes d'Etat autour de leur dictateur.^ Que si M. le comte de Cazès , mécontent à son tour de ses collègues, prétendoit les éloigner, qui nictlroil-il à leur place? des libéraux? Il seroil; bientôt renversé par eux. Des royalistes ? il n'est pas question de royalistes. Dos doctrinaires? ils ne forment pas un parti. Reste donc quelques mi- nistériels, que l'on a vus traîner dans toutes les places, et qui en sortent de plus en plus amoin- dris , usés , effacés. M. le ministre de l'intérieur .auroit là de pauvres seconds. D'ailleurs la saison s'avance: il faut songer à convoquer les Chambres ; •t, comme de coutume, on sera surpris par le temps. Tout considéré , le ministère restera vraisem- blablement tel qu'il est, marchant en dehors et en dedans des Chambres , appuyé sur Topinion dé- mocratique. Cette opinion, de son côté, n'étant pas encore assez forte, et craignant, avant tout, les royalistes , se i^éunira au ministère. Mais il faudra que celui-ci paie le secours qu'on voudra bien lui prêter ; il faudra qu'il fasse toutes ces conces- sions en lois , hommes et places, que nous aurons énumérées dans la dernière Livraison du Conser- valeur. Moyennant ce régime, le ministère pourra encore vivre de mépris et d'insultes jusqu'aux prochaines élections 5 époque à laquelle il viendra expirer aux pieds de quelques nouveaux régicides. La Providence jelera-t-elle sur nous un i-egard favorable ? Des corps constitués , des hommes de talent seronl-ils tentés d'une grande gloire? La ( 5G ) Chambre des Pairs profitera-t-elle du moment qui nous reste pour affermir les principes monar- chiques . Dans la Chambre des Députés, le centra se réunira-t-il à la droite pour forcer le ministère à se retirer ou à changer de sj'^stème? Si les gen."» de bien ne sont pas persuadés de l'impoMance du moment; si, dans la prochaîne session, on ne- porte pas un de ces coups qui changent la face des affaires, rien ne peut nous empêcher désormais de subir la peine des fautes ministérielles. Au reste, nous sommes persuadés que le dci- nier résultat sera favorable à la cause du trône. Une poignée de révolutionnaires encouragés par l'im- prudence des ministres, ])eut sans doute produire des troubles; mais en définitive, elle n'imposera pas la loi à la France. JNous sommes fâchés de le répéter, puisque cela fait tant de peine aux minis- tériels et aux libéraux : les hommes monarchiques «ont les plus nombreux et les plus capables. lSo% ennemis sentent intérieurement cette vérité, et c'est ce qui leur donne, dans ce moment même, un redoublement de rage. Que les royalistes con- tinuent à s'entendre comme ils le font aujourd'hui, et leur union sera le triomphe assuré de la monar- chie légitime. Le Conservateur. La deuxième Partie du Cours de Thèmes Grecs , de M. Vende 1- Heyl , qui traite plus particulicreineiit des règles de la syntaxe, et Je ce qu'on appelle les idiotismes , vient de paroilre cliea Le Norinanl, libraire, rue de Seine, n" 8. Le succès de la première Partie de cet ouvrape, dont on a de'jà publié tine seconde édition, est d'un bon augure pnur celle— ci, i|ui semble avoir un degré de plus d'itittrt t et d'utilité pour les personnes qui enseignent ou (jui étudient la langue grect]ue (i). (c) tin vol. in-8'. Prix, broché, 3 fr., et 3 fr. yâ c. par Ih poste; cartonna, 3 fr. sS r. Chej l.e NorniBul et N. Pichard. Hota. La première Partie, njti brochée , se vend a fr., et s fr. 5o c. par la poste i '•rlonn^e , 2 fr. s5 c. «WlMl«^MKVVVv^\v^\iK^v^^^^^vWA>>vn^«vvVvvvvvv^\v\^^vvvvVv^^^AlVVvvv\«vv«w^ vwt^.* LE CONSERVATEUR. SUR LE SUICIDE. Il n'est point de jour où lo récit de quelque suicide ne \icnne consterner Tâme, et nous éclai- ter sur la profondeur de la plaie que la pliilosopliie a faite auv mceurs publiques : car, avant qu'on eût ébranlé l'empire des idées rejiii^icuses , le meurtre de soi éli>il un crime presque inconnu 5 et aujour-» d'iiui même on en trouveroit à peiue des exemplcîl chez, les n.itious que l'impiété n'a pas encore per- verties, ^lerveilleux progrès de la rai-^on! elle a Vejelé la parole de ne, pour nous enseigner des doclriues (pii condamnent à mort leurs sectateurs : et tandis tju' n nous montrant le ciel, là religion nous fait suj porter avec une éi:a!e constance ces deux grandes épreuves des forces humaines, la pros; érité et le malheur, la philosopiiie, s'efTor- rant de concentrer sur la terre les désirs inlinis d'un être iuîiiiortel , a mis le désespoir à l'evtré- milé de toutes nos joies et de toutes nos douleurs. Il n'est pas x aisé qu'on le pourroit croire de réconcilier l'homme avec sa condition présente. Déchu d'un plus haut état, l'instinct de sa gran- deur le tourmente sans cesse; il aspire à recouvrer son rang, et il v a en lui, malgré lui, quelque chose qui s'indigne quand ou mutile ses destinées. On a beau flatter son orgueil par de vaines promesses d'indépendance, on ne guérit pas la plaie de son cceur. Plus il s^éloigne de l'ordre, plus les angoisses se pressent autour de lui. Roi de ses misères, souverain dégradé et en révolte contre lui-même, sans devoirs, et dès lors sans liens, Tome V, — 54* Liyraisow. ^ C58 ) ^ sftn« société, seul au milieu fie l'univers, il se fuit » ou plutôt il cherche à se fuir dans le néant. Les Liens et les maux d'ici-bas fatiguent presque également les âmes vides d'avenir. On se repaît de cliiniùres, on vit d'attente , puis l'on s'en va , quand on s'imagine qu'il ne reste plus rien à désirer ou à souffrir. Chose étrange! pour dégoûter l'homme de la vie, il sutlit de :a lui livrer tout entière, de le j*assa^icr de .ses plaisirs 5 alors, connoissanl tout et ennuyé de tout, il saisit avidement la mort comme une dernière sensation, ou une dernière espérance. ÎSoii moins foihle contre l'adversité, la moinsc7 df' suicides? Sont-ce les scrupules de lePi'V*onscience qu'on veut tranquilliser? Hommes de notre «ièclt , vous avez des attention'; Lienlou- cliantes. \ous parlez de pitié, de miséiicorde ; mais le scandale que donneroit l'Eglise eu tolé- rant le s> andale, à quoi serviroit-il à l'infortuné qui nest plus? Triste pitié ([ui ne sauve que l'araour-propre d'une lamille, eu préparant peut- êlre le déscsjioir de plusieurs autres. Eaiss(Z à la religion ses lois, »u.>si l)ien vous ne les cLarigLrf'z pas 5 elles son! immuables .coiiune Dieu méjjie. Occupez-vous plutôt de l'éforiner les vôtres j il en est bien temps, 1 out hébétés de raa.- térial'sme, vous vous imagine/ qu'il en est de l'o.dre social comme de votre pliilosopliie où la mort finit tuut, et le suicide vous paroît liois du rlouîaiue dts .'ois, parce que le coupable est hors de leur atteinte, INlais ne a oyez-vous pas que cet homme qui est moi t laisse un exemple qui ne nieuj t point, et que cet exemple en doit préveiiir \v.s effets? Toutepunilion, celle del'as-assin même, n'a pas d'i:ut)"e obji't; car enfin son supplice ne rend pas la vie à sa victime. ï)i donc riionuue qui se tu< donne un exemple fuueste, il est juste, il est convenable (le fléiiir sa mémoire, non ])our p'inir celui qui ne j)eut plus cire j)uni PU, mais pour détourner, autaiit que possible, les autres hommes de 1 imiter. l'.tqui doute ([ue le 5Ui'clde ne soil nuisible à la s ciélé? Elle ne sub- ristô ^|u'à l'aide des lois, par le respect ou la crainte ( 6. ) qu'elles inspirent. Or, quiconque se croit maître de sa vie, quiconque est prêt à la quitt» r, est, de fail, par cela seul anVancJii de toutes les lois 5 il n'a plus de règle ni de frein que sa vlonté. Cela est si vrai, ([u'à Rome le suiciile ne devint com- mun que dans des temps de calamité^ on y eut recours comme au seul moyen de se soustraire à des^lois et à des jugeraens abominables. Ce fut aussi à la même épOfjue ([ne la philosophie entre- prit de le justifie)', et outrant Teneur, selon sa coutume , elle enseigna qu'on pouvoit se tuer pour se dérober aux souffrances d'une maladie incu- rable, à rindigence, aux peines de Fàme, ou pour s'affranchir des lois de la nature même. Des gens qui ne voient dans les actions de l'homme que des résultats nécessaires de son orga- nisation physique, prétendent que le suicide est l'effet d'une maladie. Or, disent-ils, voulez- vous que l'on punisse les maladies? Non, mais qu'on les prévienne , qu'on en arrête le développement. Il y a moins de suicides, quand les lois flétrissent ceux qui se tuent. Des lois contre le suicide sont donc utiles à la société. Mais j'ai honte de rai- sonner sur une supposition aussi fausse qu'abjecte. D'après quoi jugez-vous que le suicide, hors certains cas très-rares, soit l'effet d'une maladie, paixe que cet acte violent est contraire à la raison? Mais quel crime n'est pas, dans le mêmest'ïis, un acte contraire à la raison? Il ne manqueroit plus que de les excuser tous , comme une suite involontaire du dérangement des organes. Enfin voilà ce qu'on ose soutenir. J'ignore ce que ces doctrin'js présagent à la société. On peut assurer du moins qu'elles lui préparent des destins nouveaux. Les peuples aussi cprouvent je ne sais quelle inquiétude, quel dégoût d'être, qui les sollicite à se détruire eux-mêmes. Le mouvement vers la raoit est partout, et entraîne tout. On (6:. ) cliroit que le monde est pressé de fimir. Témoin* de ce mouvement terrible, le pliilosophe s'ap- plaudit, le politique s'efFraie, etlc clnétieueapère. L'abbé F. de la. Mennais. DE LA LIBERTÉ DE LA PRESSE. Il est certain que M. le ministre de l'intérieur s'est fait présenter un rapport sur l'état de la liberté de la presse en France ; et il est encore certain que la conclusion du rapport est peu favo- Xable à cette liberté. Les mesures que l'on vient de prendre en Aile- înagneranimentrespérance deceux quivoudroient nous ramener à la censure. Que les journaux mi- nistériels disent axijourd'hui qu'on ne la rét.iMira {)as, cola ne prouve rien : dans le langage do uo» lommes d'Etat, on sait ce que signifie jamais. D'ailleurs, le ministère est obsédé par les ancien» agens de police. Ces ennemis du gouvernement représentatil ne cessent de regretter le bon terap» de l'arbitraire impérial ; ils craignent toujours qu'on aille déterrer quelques unes de leurs lâche- tés. La Charte leur est odieuse j la liberté de \n pi-csée leur semble un véritîible fléau, puisqu'elle Eeut tôt ou tard les chasser des affaires -, or, ils ont eau être flétiis dans l'opinion , ils n'en tiennent pas moins aux emplois : il y a des hommes public» pour lesquels le mépris est une espèce d'aimant qui les attache à leurs places. Posons quelques principes, rappelons quelques faits pour nous mettre en garde contre toute surprise. Point de gouvernement constittitionnel san* liberté de la presse: nous l'avons dit et répété dan« tous nos écrits ; nous croyons l'avoir prouvé (i). (i ) ftéjlexiniis jinliii,jucs ; Alomii-chic selon lu CItartc , cliap, 7, 8,9, elc. ; /tdjjporl sur l'r'UiC Hr la l'rancc ( 13 mai l8l5^ ; (W- nion fiur le l'mjat de Loi reUtif à la Liberté de la /'/««e (GnattjLif 4«6 Viits). Qu'on s'explique : si l'on compte LrAlcr la Charte, rien Je plus conséquent que de suppri- mer la liberté de la presse; mais si Ton préleiid nous laisser l'une, et nous ravir l'autre, c'est une aLsxirdilé. On a vu la censure en France avec la Charte. Comment les choses ont -elles été? tout de travervS. En i8i5, nous avoi't eu le 20 mars 5 en 1816, l'ordonnance du 5 sej>tembrc, et le reste. Ce qu'il y avoit de pis sous la censure, c'est que la liberté delà presse n'étoit pas supprimée de fait: elle éloit seulement en régie entre ics mains d'un ministère qui la rcfusoit aux ro3\ilistes par haine, l'accordoit aux révolutionnaires par peur, et l'afiermoit aux ministériels moyenna^nt certain «erva^œ, peines de corps, corvées et autres tra- vaux domestiques. Tous les amis du gouvernement constitutionnel, tous les hommes opprimés par le système du mo- ment, ont une grande obligation au Conservateur: c'est à cet ouvrage qu'il doivent en partie l'aboli- tion de la censure. Tant que le ministère put enchaîner l'opinion royaliste, il ne s'embai-iassa guère des attaques de la Minen'c , de la Biblio- tlièque historique, des Lettj-es Normcuules, etc. Les insultes à la monarchie légitime, les blasphèmes contre la religion, lui sembloient apparemment des bagatelles: mais quand le Con.veri^aZcur parut; quand il nous fut possible de défendre le trône et Tautel , de repousser les calomnies, de dénoncer la Correspondance privée, de démasquer certains Jiomnics, alors le ministère s'alarma. Ne pouvant étendre la censure jusqu'aux feuilles semi-pério- diques, il abandonna l'empire des feuilles quoti- dit.-nnes ; en désespoir de cause, il se précipita dans la liberté de la presse : il crut s'y cacher, il s'y" iioya. La vérité est que la multitude des joui».aux lu^ ( (M ) parut lin moyeu de salut j il compta sur des écarts; trompé par ses passions et jiav ses flatteurs, il s'iniai .na 4U< l'opinion lovaliste alloit justifier les accusations rc\ olulionnaires. li en est anivé tout autrement : Us journaux monarchiques ont mon- tré plus de zèle pour la ('iiarte, plus de .haleur pour les libertés [)ubli(pies que les gazettes iudé- pei;d;nles; leur effet stu- ]'(>\)iiji(in a été piompt et sensible. Or, réunir 1( s senlimens généreux au bon droit, c'est ti ( p fort: si l'on permet plus long-temps la liberté de la presse , toute la France voudra la religion , le Roi , la Charte et les hon- nêtes gens. ^ ite un rcnièd!- eontic cette pjste d'opinion royaliste! la Fiance elirétitnne, la France libie! Q;ie de\iendioit le ministôe? Il n'est qu'un se. 1 moren de tuut sauver : c'est de rétablir la censure. ^'en doTîîons point ; les rapports secrets sur Féïat de la liberté de la presse, U' peuvent avoir été or(lcni-<'s qinî daus dis vues hostiles contre l'oplni n mouare]ii([ue , car les journaux libéraux; ne sont aujourdJiui ni plus inipi( s^ ni plus anti- légilimes, ni plus calomniateurs qu'ii."^ ne l'étoien^ sous le régimr d*- la c< nsure : on peut s\'n con- vaincre par les extiaits de ces journaux; extraits qne M. le cardinal de la 1 uaerne recueillit et pu- blia au commencenn-nl de la dernière session. Ainsi, !«■? l'o alistes doivent tenir pour certain que tout projet contre la liberté delà pr« ss«' , les menace paiticulièretn» nt. Celte véiité acqueiroit un nou- Vt'MU di gré d'tvid prosci iption , etpour censeur le bourreau. ]Mallel-Ju-p: 11 !ut obligé dq iuirj Durozov paya ses écrits d. «a léle. Après la terreur il y eut Ubtilé de la presse. Quel en fut le résultat? la tranee devinl telle- ment rovaliste que le niedoi'e ne put prévenir le rétablissement du trôn. , que ^,ar le 18 fruc- tidor : les écrivains monarchiques furent con- damnés en masse à la depoitat («u. Ou vit ce t été traités les plus honnêtes gfins de la France dans les journaux censurés? Quels services n'ont point été méconiius , quels talons n'ont point été insul- tes , si ces services, si ces talens se trouvoient dans une opposition que le gouvei-nement repiéseutatif fait naître? Qui ne se r;ij)pelle le déplorable ar- ticle apporté , au nom d'un ministre , par un gf'u- darme au Journal des Débats ; article où l'on ou- trageoit un prisonnier qui n'étoit pas mémo en état de prévention? Et ce prisonnier etoit le sau- vteur de Lyon, ce général Canueî que les tribu- naux ont vengé de la plus stupide comme de Ja plus noire des calomnies. Les ministres ont -ils oublie cette prétendue conspiration dans laquelle ils ont voulu nous envelopper? Ont-ils oublié les iaterrogatoires étranges dont nous avons été l'ob- jet ? ont-ils oublié la Correspondajice privée qui , {jondant trois ans , a vomi contre nous les plus àcUes calomnies? Les ministres par ces attaques qu'aggravoient les joJirnaux sous leurs ordres, ne se. contcnloient p? D'une loi ? Elle ne pas&eroit pas aux; Chambres : il seroit aussi trop fort de venir, après une courte expérience de huit mois, nous demander de nous contredire honteusement, nous prier de *acri(icr à l'insullisance uiinislérielle la plus né- cessaire de nos libertés. Emploili(|u<'. iSoiis pensons, et nous l'avons dit , qile certains hojnmes d'Etat voudroient confisquer la Chaite au j)ro{it de l'article i4; mais nous ncn sommes pas encore là. Ceux (jni se figurent qu'on pourroit impuné- ment suspendre la Constitution, torturer les mots de la Ciiarte pour en ti'.er l'arbitraire, connoissent Lien peu la iorce des choses qui nous entraîne, et la capacité des hommes qui croient nous diriger. INous le répéterons; si les ministres veulent s« soustraire aux j)elites tribulations que leur cause la liberté de la presse , ils n'ont (£u'à se placer dans une des d(;ux opinions dominantes ; c Cst à eux de choisir l'une ou l'autre. ISe cherchent-ils q^^« la plus forte? il leur est dajis ce moment facile de la distinguer. Les révolutionnaires, pour la ving-^ tième fois, laissent échapper le secret de leur foiblesse : ce parti ne peut marcher, ne jit'ut se sou- tenir, ne peut être quelque chose que par la faveur Jl'S ministres. Ausecondretour du Uoi il fut abatluj il ne releva la tête qu'ajn'ès l'ordonnance du 5 sep- tembre; il se crut perdu de nouveau lorsqu'il lut question du second ministère - Richelieu ; une seule phrase d'un discours roval le lit rentrer eu terre ; la proposition de M. Barthélémy le consterna ; aujourd'hui il est-dans les plus mor- telles inquiétudes : le congrès de Carlsbad l'a renversé. Il n'y a point d'oiîres , de promesses qu'il ne fasseaupouvoir : lescomitésdirecîeurssont assembles; délibérations sur délibérations; mes- sages surme>4»nges au ministère : tantôt on propose de suspendre toute attaque contre M. le ministre de l'intérieur; tantôt on fulmine contre la résolu- tion de la diète de Franclort ; puis , la peur reve- nant, on déclare qu'on restera neutre. Quand on est si fort, pe«d-on la tête à ce point? Fait-on dependi'e sa destinée d'une politique étrangère. ( 70 ) d*nneTévolut-on de caLinet? \ojez les voyalistM: s'a£;itent-ils pour im clmngcmont de ministère? Sont-ils atléiés par la perte de la faveur? Ils ver- l'oiont demain s'établir un ministère libéral , que, loin de cjoîre la partie perdue , ils la tiendroient pour gai^née. Ils sont revenus de plus loin : leur force est dans leurs principes, et cette force ne se détiiiit jamais. Ils ne sVfîraient donc point ; ils n'intriguent donc point . ils n'ont point de comités-directeurs. L'I'.urope les a mi^'connus jjcndaut trois années, et ils n'ont point été abattus 5 l'Europe leur rend justice aujourd'hui, et ils ne sont point exaltés par ce succès. Ils applaudissent sans doute aux résultats généraux du congrès de Carlsbad, sans juger de quelt^ues détails, et surtout de la convenance locale fpii a pu déterminer la clause relative àlasus- pension de la liberté de la presse. L'acte naémo- rable cjue l'on dit être rédigé par M. Ghenst, liomine d'un grand mérite, est la pi'em.ière baiTÏère que l'Eujope ait opposée , depuis trente ans, aux principes révolutiounaiies : si les souverains le maintiennent, il pourra sauver la société. Cet acte donne aux peuples Allemands une constitu- tion nouvelle, fondée sur leur antique consti- tution, comme le gouvernement représentatif en Angleteri-e, est assis sur les bases mêmes de l'ancienne aristocratie normande : le vieux tronc Cjcrmanique nourrira de sa sève la greffe qu'on lui fait porter. En France on a déracina l'arbre : on a voulu follement séjxarer l'avenii- du passé; J.es royalistes voient donc avec pi,»'iisij' les piiu- cipes monarchifjuesjjrospérer en .lilemagne, mais ils ne therclieut point, dans ce triomphe général de la bonne cause, leur victoire pai'ticulière : comme ils ne dcniaiidenl jamais grâce dans l'ad- \ersité , ils ne réclament, dans la prospérité, au- •vuae 'faveur. Toules leurs iutrigiues consistent à (V) Aire hautement et publiqurment aux ministres > « iSoussoiniiies prêts à \ous seconder si vous aban- » donnez un système destructeur, si vous cessez » de persécuter les hommes mQ.narchi(|ues, si voua « nous donnez des lois monarchiques. A ce prix, V nous vous scrviions de tout notre pouvoir : »» demain nous passons dans Vos rangs; nous écri- » rons pour vous , nous j)arleruns pour vous^ nous )) voterons pour vous, nous oublierons tout c« M que vous avez fait contre nous, ûlous ne vous >) demandons ni vos places, ni vos honneurs : » gardez-les, et sauvez la France. » Qne les ministres choisissent maintenant entr« les propositions secrètes des révolutionnaires et les propositions publiques des royalistes. Qu'il» comptent les voix; dans les Chambres : ils trouve- ront que Topposition de droite, unie au centre, leur donneroit une immense majorité. Qu'ils cal- culent l'efl'et des journaux indépendans et des journau-x monarchiques : ils verront que l'opinion monarchique estl'opinion dominante de la France. Ceci nous ramène, en finissant, à notre sujet. Le phénomène de l'influence des journaux roya- listes parmi nous (phénomène qui pourtant n'en est pas un) ne cesse de confondre les hommes dé- mocratiques. Ces hommes veulent, en théorie, la liberté de la presse; mais aussitôt qu'elle est ac cordée, ils reculent devant la pratique. Ils s'é- pouvantent des effets qu'ils n'atteudoient pas j ils s'étonnent que la liberté de la presse aban- donne la révolution, que celte liberté se range du côté de ceux si injustement désignés comme les ennemis de toute idée généreuse. ISéanmoins ce« hommes, avec un peu d'impartialité , ne devroient** ils pas conclure que les mœurs naturelles de la France sont les mœurs où la foule est le plus facilement l'amenée ? Si dans le combat des cloc- ti'inss il ea est une qui obliosLue toujours 1% C 70 tîctoire nVst - H pas évidcnl que celte cîoctrihe est la plus forit? Or, nulle doctrine ne triomphe à la loiif^ur, (ju'clle ne soit fondée^ en raison el cil justice. Donc l'opinion royaliste qui domine parmi nous lorsqu'elle est libre, est l'opinion française^ comme elle est ropinion juste et raisonnable. Tout cons'déré nous ne voyons que le crime ^ la bassesse el la médiocrité qui doivent craindre la liberté de la presse ; le crime la redoute couime tin éclialaud , la bassesse comme une flétrissure^ la médiocrité comme une lumière. Tout ce qui est sans talent recherche l'abri de la censure : les tempéramens loibles aiment l'ombre. Le Vicomte de Chateaubriand* EXPOSITION DtS TABLEAUX* ( Second article. ) TABLEAUX D'HISTOIRE.. Ainsi que nous l'avons lait jjressentir dans le* réflexions préliminaires insérées dans la 5 1' Li- vraison du CoTiservaietir, nous ne nous proposons pas de faire un examen approfondi de l'exposi* lion actuelle. La nature de ce ricueil , le peu d'espace que la politique nous permet de lui dé- rober, le temps qui s'écoule entre chatjue livrai- son, nous forcent, quant au nombre <\i's tabbauXj à liiuiter cette revue, et ce n'est assurément pas ce dont le public se plaindra; mais^ en méuic temps, nous lâcherons que notre critique abré- gée soit aussi raisonnée que possible, et pré^ sente au moins quelques résultats po.-itifs et pro* fitables à l'art. Cet engagement que nous oson« prendi'C , nous espéi^ons le remplir , grâce à l'ex- cellent guide quia bien \oulu parcourir le salon avec nous, et dont les sa\,inles jcniarcjues don- neront à nos arliclcs toute l'autorité qu'ils pour* ( 73 ) ront avoir. Trop modeste pour vouloir être nommé, (ju il soutfre au moins que notre recon- noissance avoue ici tout ce que nous devons à ses lumières. Deux manières d'examiner les productions des arts , peuvent concourir à leurs progrès : l'éloge motive des beaux ouvrages, et la juste censure dos mauvais. Sous ce double point de vue , le salon de celte année l'ourniroit ample matière à l'observalion. Cependant, nous nous bornerons à la première j non seulement celte tâche s'ac- corde mieux avec la brièveté qui nous est imposée (et quiconque a vu les seize cent onze ouvrages exposés cette année en est bien convaincu), mais elle est aussi plus douce et plus facile. Quand un tnbleau ne présente que des défauts désespérans, ou une médiocrité souvent plus déses- pérante , on répugne à blesser l'auteur par des cri- tiques dont il ne peut profiter, qui n'en feront jamais un meilleur peintre, et qui peuvent en faire un peintre très-alfligé- caria vanité estsurtout oii ]e talent n'est pas. Ce seroit à M. le directeur géné- ral du Musée, cruel par humanité, à désabuser CCS manieurs de brosse qui se croient artistes, en refusant à leurs ouvrages l'entrée du sanctuaire , où ils paroissent d'autant pllis ridicules qu'ils s'y Irouvent en plus brillante compagnie. Mais une fois admis au danger deTexposilion publique, c'est à M. de Forbin qu'ils doivent &en prendre de son trop de complaisance, et comme nous ne voulons pas qu'ils s\i\ prenn-nt ensuite à nous de notre trop de franchise , nous nous tairons sur leur compte. Ceci posé , commençons l'examen des bonnes f/to.çe^yetd'abordjVoyonsM.AbeldePujol.Comme dans notre premier articlç, nous avons, sous le ) apport politique, vivement critiqué son plafond, nous éprouvons l'impatience de louer, sous le ToMK V. — 54' Livraison. 6 (74) rapport de l'art, son grand tableau de la Tierc^e au tombeau. iSavamment composé, l'ordonnance en est vaste , et présente de belles lignes. Le grand nombre de personnages y répandent de la variété sans y jeter de confusion, mérite rare , et qu'il est d'autant plus juste de signaler, que de grands peintres de l'école actuelle semblent trop le né- gliger. Le beau style , le dessin pur, les doctrines» classiques qiii ont fait distinguer les premiers ou- vrages de l'auteur, se retrouvent dans celui-ci. Les premiers plans surtout sont remarquables par la science du dessin. La figure princi]>ale est con- nue avec un rare bonbeur ; la Vierge est, si ou ose s'exprimer ainsi, à peine morte, et cependant plus qu'endormie. Il y a dans toute cette figure comme un pressentiment mystérieux d'une pro- chaine résurrection 5 l'espèce de fraîcheur que le peintre lui a si ingénieusement conservée, indique que ce n'est qu'c« passant qu'elle a été soumise à l'obligation de finir, imposée à tout ce qui a com- mencé: on sent f[ue sa mort doit être courte. C'est à de semblables inspiialions que se reconnoisscnt les grands artistes. Comme coloriste , M. de Pujol ^ laisse à désirer j la couleur de son tableau est foible, et manque particulièrement de celte sé- vérité historique qu'exigeoit lin sujet si grave. Sous ce rapport, et ]>eut-ctre aussi sous celui de l'originalité de la pensée, nous préférerions /e*5'rtz// if Etienne qui a commencé la réputation de l'auteur. Ceci , au reste, n'est tju'une prédilection de sen- timent 5 et si uous aimons un de ses enfaus plus que l'autre, cela ne sort jias de la famille. Le Livret annonce du mémo artiste iiu secoîid tableau représentant Cisar allant au Sentit: nous n'avons pas encore pu le trouver ; c'est sans douli; matière à un regret. AL Bosio aussi a peint la A/ort de la ^ier^p ; mais le moment choisi par lui est celui où la Suinte \ ( 75 ) rend le dernier soupir. Les productions de ce peintre ne sont ])as de cell(\s (j^ui obtiennent la vogue. Le premier aspect, cehii qui décide tou- jours le jugement de la multitude, ne leur est pas favorable. Son tableau a besoin d'être exa- miné : ajoutons qu'il en a le droit. Il renferme des beautés 5 la couleur en est chaude, la touche énergique j sa lumière brillante et vive est toute- fois un peu papillotante, et le rayon céleste qui éclaire la Vierge nous a paru lourd et sans trans- parence. On regrette aussi que ses figures, d'une expression toujours vraie, ne soient pas d'un ca- ractère toujours noble. C'est évidemment là ce quî manque à cet artiste j cependant il a prouvé, dans l'invention de deux charmantes têtes d'enfans , que le beau idéal ne lui est pas constamment étranger. Que ne l'a-t-il aussi rencontré dans la figure de sa Vierge, où la femme mortelle devoit avoir déjà disparu pour faire place à la Reine des Anges? M. Bosio s'applique à reproduire la ma- nière du Michel-Ange de Caravage. L'imitation est évidente , mais ne dégénère pourtant jamais tn copie servile. Ce que sa mémoire lui fournit, son pinceau sait encore le rendre original; et, comme les traducteui'S habiles ,, il s'approprie ce qu'il emprunte. INI. Picot, dans ses deux tableaux delà Mort de Saphire et àe f^mour çt Psyché , a fait preuve d'une grande souplesse de talent, en traitant deux sujets si différens de deux manières également di- verses. Dans le premier il ne s'écarte jamais d'une extrême se'vérité d'exécution ; les figures sont bien posées, et généralement bien groupées, si on en excepte le personnage principal , Saphire, qui nous paroît tiop isolée du groupe supérieur , et sur un plan trop avancé. A ce léger défaut près, très-difficile à éviter dans les compositions dispo- sées en amphithéâtre, la figure de Saphire est na- 6. (7^^ ) iurelle de pose, bien étudiée, belle d'expres- sion. Le mensonse semble encore errer ^ir ley lèvres que la mort vient de fermer. Saint Pierre qui vient de la punir au nom du Dieu de vérilé , présentoit un éciieil au peintre. II n^a été que le mini^tie de la Justice divine : sa tiçure devoit être terrible, et pourtant sans colère; c'est ce que M. Ficot a très-bien e:!kprimé. Un peu plus de noblesse dans cette tête, et aussi dan^ le.*? person- nages secondaires, et son tableau laisserait peu de cbosc à désirer. Le fond est charmant, lepavsaoe, d'une vaste étendue, fuit Lien j l'air y circule par- tout. Le second tableau de M. Picot est un de ceux qui captivent le plus puissamment l'attention. Ou ne peut rien voir de plus gracieux que toute la figure de 1 Amour. Encore à demi a})puvé sur la couche de Psvclié , quii laisse endormie . d'un der- nier regard il lui dit adieu. 11 y a dans tout sou mouvement une crainte de la réveiller, qui est d'une exquise délicatesse; sa poitrine gontîée re- tient son souiûe ; à peine son pied presse la terre, et Ion peut dire du Dieu comme on a dit de Poiseau , Même quand Wiesour marche , on »enf qu'il a des ailes. La tête de Psvché est d une expression charmante. Pudeur, volupté, innocence, enchantent son rê\e. Le buste, bien modelé, repose avec grâce. Pour- quoi est-il déparé par ce bras droit cassé dans 1 épaule, gros et court dans la partie intérieure, et Çi mal attaché au poignet ? iSous en avons aussi entendu blâmer la pose. En cela, notre a^is est bien ditTérent. Le bras ainsi écarté et avancé jus- 3u'au bord du lit, indique qu'il étoit passé autour u cou de l'Amour, qui vient de s'en dégager. Cette ftensée. qui dans la situation reprtscntée explique a situation ffrécédentt;, est au cûutrr.ire uuebonne ( 77 ) fortune en peînlnre, et ne mcrileroitquc des éloi;e» si elle étoit excculée aussi liieu quelle est conruc. Les accessoires sont du choix le plus élégant. Une conionne de fleur>, sans doute celle que la veille Zéphir a tressée pour orner la chevelure de Psvché, une lyre, qui dnnsrah«:encc de «on Invisible aiuant, charme les ennuis de l'altente, une Icccre drane- ne Tosee , qui , en s entr ouvrant, laisse apercevoir, à travers la vapeur matinale, le lointain d'un site enchante; enfin la couleur un peu foibie et molle p«nit-éLre, mais harmonieuse malgré sa foible5se, concourent à répandre sur cette scène d'araonr une teinle mystérieuse et un charme céleste. 31. Steuben, nouveau débutant au Salon, a été loué unanimement par les journaus ; nous vou- lons dire les journaux rovaîistes, car sans doute les autres ne lui auront pas pardonné davoir peint un saint prélat soulageant les pauvres. Cepen- dant son tableau de Saint Germain distribuant des aumônes nous semble encore au dessus des éloges qu'il a rerus. On a traité M. Steuben comme un maître vieilli dans l'atelier, et nous convenons que la vue de l'ouvrage pouvoit faire illusion sur 1 âge et la pratique de 1 auteur ; mais quand on pense que c'est un jeune homme, un commençant, qui réunit à un si haut degré l'éclat de la couleur, la facilité du pinceau, l'entente des effets, les socrets de la comoosilion ; lorsque, passant de l'ensemble aux détails, on examine telle fissure, par exemple cette pauvresse aveugle, d'une ex- pression si élevée sans sortir des convenances d'une nature si infirme, épuisée et non défigurée jiar le liesoin , si reconnoissante du bienfait reçu, qu'on devine qu'elle estmèie même avant d'aper- cevoir l'enfant qu'elle tient pi'esque cache dans ses bras; quand on considèie tout ce qu'il y a de sen- timent dans la conception et d habileté dans 1 exé- cution de cet épisode, qui seul vaut un tableau, ( 78 ) _ on, ne sauroît exprimer trop vivement la surprise et la satisl'actiou qu'un pareil début inspire; et doublement émerveillé du mérite de l'ouvrage et de la jeunesse de l'auteur, on ne s'apercevroit pas de quelques négligences de dessin , si l'on n'éprou- voil toiijours le désir de trouver parfait ce qui déjà est excellent. M. Drolling, qui aussi, à son entrée dans la carrière, a donné tant d'espérances, et qui sou- vent les a réalisées, vient d'exposer un Orphée perdant Eurydice aux portes de Venfer. L'impru- dent époux vient de se retourner, et perd , par sa faute, l'objet de son amour. Le groupe de Mercure emportant Eurydice est gracieux et léger; on sent qu'Eurydice est aéjà redevenue une ombre j cette intention explicative du sujet est habilement saisie. Il est fâcheux que la pose d'Orphée soit bizarre, maniérée et d'un eflit désagréable. Sa tête aussi, pour laquelle les plus sublimes inspi- rations n'éloient pas trop élevées, manque préci- sément de grandiose : c'est un personnage à re- faire ; et les autres méritent que ]NL Drolling se donne cette peine. Quoi qu'il en soit , son tableau , tel qu'il est, s'il n'ajoute rien à la réputation déjà acquise du peintre, n'en ternira pas l'éclat. Deux peintres se sont rencontrés dans le choix d'un sujet : La Résurrection dujils de la veuve de JYaïm. M. Guillemot, dans un tableau de grande diiiiension ; M. Bouillon , dans un cadre de gran- deur J/Y« du Potissin, On remarque dans le pre- mier une sage richesse d'ordonnance, un coloris harmonieux, v\nfaije Inrge. L'ensemble rappelle l'école de Jouvenet, d'autant plus que ce peintre a composé sur le même sujet un tabl«;au qui décore aujourd'hui l'église de Saint -Louis, à V'^crsailles. Cependant, sous tous les rapports, la préférence estdue au tablealide M. Guilleuiotsur celui dont il paroît avoir eu quelque réminiscence en esquissant ( 79 )^ le sien. Le mouvement du Christ est frappant de vérité. Rien de plus imj)Lratif ({ue le bras qu'il étend vei'S celui qu il raj^pelle à la lumière 5 il y a une autorité irrésistible dans son geslc, et l'on peut dire que sa main cs.t parlante. Cependant il y a peut-être déjà trop de vie dans le ressuscité ; des chairs plus livides eussent mieux fait sentir que la mort avoit à peine lâché sa proie. Tel (|ue le peintre nous 1<; montre, ce miracle resse : Lie plus à une guériso/i qu'à une résurrection. L'ajus- tement de la mère^ revêtue d'un costunnî monas- tique si exact, qu'au pi-emier aspect il est impossible de ne pas la prendre pour une religieuse , pourroit aussi jeter de l'incertitude sur le sujet. On lui reproche aussi de n'être pas assez partagée entre le Christ qu'elle implore pour son fils , et ce fils si cher que son regard ne devoit pas quitter, et qu'elle devoit sentir renaître, pour ainsi dire , avant de le voir. C'étoit, il est vrai, une double expression d'une extrême difficulté à saisir ; mais M. Guil- lemot étoit digne de l'aborder franchement, et capable de la surmonter. ISous l'engagerons enfin à examiner si le second plan.de son tableau n'est pas plus poussé à la vigueur que le premier, ce qui lait reculer celui-ci sous l'autre. Ce défaut, s'il croit l'apercevoir comme nous, peut facile- ment disparoître; et, dans l'effet général, cette correction rendra ce qu'il manque d'harmonie à cette belle composition, où l'artiste a fait preuve d'un talent très-distingué. Le tableau de M. Bouillon, composé seulement de vingt figures, d'une ordonnance plus classique^ ne rappelle pas seulement par les dimensions les chefs-d'œuvre du Poussin. Comme ce poète des peintres , si simple dans son abondance , si \>Uge dans son enthousiasme, iVI. Bouillon a su distin-. guer avec un goût exquis ce qui pouvoit enrichir «a composition de ce qui n'auroit fait que la ( 8o ) charger. Pas un de ses personnages qui ne soit utile, occupé, qui n'ait son expression propre qui se lie cependant à l'expression générale. On retrouve encore chez lui cet art profond du Poussin, de cliercher ses oppositions dans l'âge, le sexe, les mœurs, la pensée des personnages qu'il raj)proche, bien plus que dins leurs attitudes ou leurs ajustemens. Tel peintre croit être hien varié, bien pittoresque , quand il a fait un tableau qu'on prchdroit pour un bazar ou un caravan- sérail j c'est que beat; coup de peintres n'ont pas d'esprit, et que très - pou ont du sentiment. M. Bouillon a prouvé qu'il avoit de l'un et de l'autre, flien de mieux opposé et en même temps de mieux lié que ses groupes ; et ici , l'art va si loin , qu'on n'en aperçoit pas même la trace : on croiroit impossible de disposer l'action autrement qu'il ne l'a lait. La mère, placée de rannicre à voir à la fois son fils et son sauveur, exprime tout cnseirjjle la reconnoissance, la joie, et aussi une sorte de surprise effrayée de la grandeur du pro- dige. Toutefois, la trace d'une douleur si récemment consolée, ne peut être encore effacée, et l'on voit la dernière larme se sécher dans ces yeux qui ont beaucoup pleiiré. Son fils, déjà à moitié dégagé de son linceul, ouvre, sans voir, des yeux hagards j ses mains s'étendent sans toucher, sa bouche s'ouvre sans parler: la pensée, les sens lui manquent encore. Une voix puissante lui a dit au fond du tombeau : Zei'fTz-vou.y, et vivez. 11 s'est levé , il vit : voilà tout. Ces restes de la mort contrastent merveilleusement avec le Christ, dont la physio- nomie ravonnante de puissance, a \u\ caractère de jeunesse immortelle qu'on nesauroit trop admirer, On 'doit autant d'éloges nu groupe des trois dis- ciples si différons d'expressions. Le plus jeune, le plus aimant, saint Jean, puise dans ce prodige un»' nouvelle source d'amour. Le second a])prend (8i) et retient. Le dernier, plus impassible, demeure sans rtonneiuent ; un miracle de plus ne peut le surprendre : il y a long-temps qu'il accompagne le Cihrist. Nous citerons encore, comme expres- sion vraie, un jeune homme, vu de proûl dans le fond, le vieillard coiffé d'un turban, et le jeune enfant qu'il tient. Celui-ci n'est point étonné j il n'est que curieux : il connoît à peine la vie qu il commence , et il ignore la mort. Si on pouvoit faire un rcj)roche à M. Bouillon, il porteroit sur sa couleur. Bien que juste, elle est foible : on diroit d'une «;a7.e tendue entre le tableau et le spectateur. I.e fond nous a aussi paru trop sombre, et manquer de légèreté. jNous en dirons autant du manteau de la mère, qui est terne, ce qui diminue de beaucoup le relief de cette figure, et dont l'ampleur et l'agencement dégrisent trop les formes at le mouvement de la figure . Quant au travail de la main, il est digue en tout de la composition. Le pinceau de M. Bouillon est dune suavité parfaite. Ce mérite, très-grand par lui-même, frappe ici d'autant plus, que l'au- teur qui , il V a vingt ans , remporta le premier prir avec un concurrent aussi redoutable que M. (jué- rin, n'avoit rien produit depuis. Tout entier à la grande entreprise du Musée des Ajitiques , la plus étonnante, sans contredit, qu'offre l'histoire de la gravure, on pouvoit craindre que, salisiait du renom deprcmier graveur de son siècle, ÎNLBouill on ne reprît jamais le pinceau, et l'on s'étonne avec raison de la facilité avec laquelle il le manie après un si long repos. C'est ru Roi que nous devons cet heorcM^c retour : Sa Majesté, eu acceptant la dédicace du Musée des antiques , jugea que celui qui savoit allier au plus haut degré le sentiment du dessin à l'art de la gravure , pourrdit être encore un peintre habile, et elle lui commande ( 8a ) le tableau que nous avons examiné, ta manirvc dont il a i'(''pondu à cette première faveur, t'ait espérer qu'elle ne sera pas la dernière j et, grâce à la protection royale, la France, sans perdre un excellent graveur, aura reconquis un grand peijitre. Le défaut d'espace nous force à remettre à la prochaine Livraison la fin de l'exanien des taLleaux d'histoire. En nous étendant sur les premiers, nous avons cru agir dans l'intérêt de l'art et dans celui des lecteurs : une sèche nomenclature seroil sans utilité, et à coup sûr sans agrément. La cri- ti(|ue (Icscripti\>e nous semble la seidc qui satisfasse à la fois, la justice, le goût et la curiosité. Que ceux qui préfèrent la quantité à la qualité achètent, lisent, méditent \e Livret. Qu'ils y joignent, s'ils veulent, une douzaine de numéros de feuilles jacobines qui traitent de l'exposition. Ils n'y trou- veront, il est vrai, ni jugement, ni jugemens , mais une ample collection de noms, et aussi d'aimables impiétés : cela fait compensation. Le Comte O'Mahony. CORRESPONDANCE ELECTORALE. ISous n'avons pu jusqu'à ce jour rendre, compte de g* qui nous a été écrit sur les élections. L'iinpo»sibilité d'in- sérer en entier notre correspondance, nous force à n'en donner que quelques extraits. Nous regrettons peu les détails que nous sommes obligés de supprimer. L'unifor- mité des moyens mis en œuvre dans toute la France par les deux partis (si Ton peut efncore ^ppelerparti h fraction des ministériels), Ole à tous les récifs que nous avons sous les jeux lattrait de la variété. Partout on a fait les mêmes choses, et si le résultat n'a pas été partout le même, il faut en rendre grâce à quelques uns de ces hommes tou- jours vaiuf us, qui, pour la première fois depuis trente ans, ont voulu prendre le soin de s'entendre. Là où les roja- lisios se sont reuniri, «U l'ont emporté sur les libéraux. ( B3 ) qui, comme chacun sait, se gardent bien de se diviser dans les occasions où l'union peut leur servir à quelque chose. Ils ont leur elat-majoi. leurs Uo';nPs légères, leurs corps de réserve pour les ni' mens décisifs, leurs espions y leurs embaucheurs; pour artillerie les injures et !es me- naces , et pour auxiliaires tout le rc;;irnpnt des peiueux. Semblables aux zéros , ceux-ci n empruntent leur for-e que de leurs devanciers ; mais à leur suite ils f -ut nombre, et complètent ainsi les cadres de la petite armée jacobine libérale. Pour prouver l'accord qui existe dans toute la France parmi ces Messieurs, il suffira de jeter les _yeux sur les extraits suivans : Poitiers (^'ienne), le ii septembre i8ig. Le scandale des élections est commencé. On a procédé aujourd'hui à la formation des bureaux , et voici le résul- tat de celte première épreuve, dans laquelle il paroîf constant que les combattans ont employé toutes leurs forces présentes. Le collé|^e de la Vienne est divisé en deux sections. Elles n'ont pas suffi pour encadrer tous les éloctturs qui se sont présentés, et qui avoient des droits incontestables à être admis. Les deux sections sont donc poriées au maximum voulu par la loi. TSéanmoins il ne s'est trouvé, au lieu de 1200 électeurs inscrits sur les listes, que 926 volans j savoir : Libéraux ^533 Royalistes » 3 1 3 Ministériels 106 Voix éparses qui ne se réunissent pas "4 Nombre égal gîiG Les libéraux ont enlevé de vive force la nomination des bureaux, et les ministériels n'ont eu d'autre consolation que de s'avouer que s'ils font tout le mal, ce n est pas à leur profit. Poitiers , le i4- Il est enfin prouvé jusqu'à l'évidence que toutes les démarches faites dans l'intérêt du ministère ont tourné au profit des libéraux. Ce parti , depuis long-t'^mps , ruinoit sous main les batteries de M. le préfet ; mais il l'enlrete- ( 84 ) woif en m^mp lomps clans la doiace ctmfiancp qu'il poîl»-* roil à son prc disposer des éler lions. CcpeiKlinl la faclioil ne ijrgli^r^oit aucun moyen de succès ponrawir, surtout sur les électeurs des camp; p;nes, élranp;ers aux iniri^ues qui déchirent la France. Elle ne manquoil pas de se pré- valoir à leurs yeux do la m;in lie du gouvernement , des deslitt tioiis faites , de la protection exclusive de raulorilé en fdveur des révolutionnaires. Ces! ainsi qu'on parvint à recruter des voix an parti libéral. M. Fradin iut élu, et, sans consulter l'ar.ic'e <5 de la loi sur les élections, se leva pour occuper le collège de sa leconnoissance, et îaire une profession de foi conforme aux principes qui n'ont cessé de l'animn' depuis I7q3, el dont il nous seroit facile de vous envoyer des ccliantillons. Ce succès des libéraux a médiorrement affcclé M. le préfet. Il cspéroit que pour réciprocité, on l'aideroit à faire passer à son tour un can- didat ministériel , lorsqu'il fut averti que les libéraux s'elforçoiep* d'enlever de vive force la nomination de M. de Marçay. Alors fut répandu avec profusion un pam- phlet qui pré.<;ente sous les couleurs les plus noires M. de Marçaj, ft recommande aux suffra£;es du collège M. Che- mineau. Celte maladresse, dont il étoit impossible- de mé- ronnoiire la source , ne produisit rien en faveur de M. Cheinineau , mais excita contre les auteurs présuuiés de ce libelle, l'indignation des libéraux. Seulement le suc- cès de M. de Marçaj' fut retardé, el il n'obtint pas uns ïnajorifé abs'jlue. Les libéraux s'assernlilèrenl dans la nuil pour conserver leur avantage, et, pour éviter la désertion, ils doublèrent îa sc'ddé et là ration. Poitiers, le >5 septembre. L'œuvre est consommée. Les manœuvres dô l'intrigue ri de la corruption ont prévalu sur les nobles efforts du royalisme, de l'horineuret do la fidélité. Aussi les roya- listes se trouveiit-ils moins abattus dans leur défaite que leurs adversaires ne semblent embirrassés de leur victoire. M. de Marçay, digne collègue de M. Fradin, l'a emporté. Les royalistes ont prouvé par leur union, leur nombre, et la force d'opinion qu'ils ont exercée, que de même ipie les ministres sont parvenus-i mettre la véritable opinion *i<- !a France h jrs des Chambres, M. do La Rochelle , avec ( ^■> ) ■ le m^c talent, a su placor ropiiiion de son dépajlenjenl hors du coll^p<; éleitoral tle la Vienne. M, Math'ipu Dumas a rempli ses fonctions de président avec une impassibilité et une polile^se rem.^Kptables. A. l'exemple du ministère, ii a su'prenJro son p.irîi , et «près «voir écarté do tous ses vœux les di-piilés élus, il a fermé la îi'ssion ©n félicita-it le col èoe (à voix bassi» à la vé- rité > sur les choix qu'il* avoit faits. Sur 02^ votans, le JjalloUa'e entre MM. de Luzine et de Març^'ay avoit donné à M. de LuKïne, eau li. lai roya'iite, 1^-j.o voix. à M. de Marçay, candidat libéral, 49^ Voix perdues ^ Nombre égal 924 Le dirfianche 12, M. de Luzine, ex-d '[)>i4é-', avoit 365 voix. M. le lieutenanl-^général Canuel en avoit SuS. Besançon (Doubs), le 12 st'idenibr*. Les élections du département du Doubs sont terminées. Les détads suivans prouveront que pour obtenir leur ré- sultat, il a fallu toutes les ressources de l'inlrigue et Je la corruption. La liste des électeurs, régulièrement formée en 1817, avoit été clandestinement annulée, et on ea avoit publié une nouvelle deux mois avant la convocation du collège. Ladministration a employé près des ambitieux et menaces et promesses. Plusieurs p. aces de sous-prefet ont été promises; des emplois dans lou!es les administra- tions sont garaaiisj des bourses dans les collèges sont libé- ralement données 3 desdestitutions, inémert-centes, seront réparées , des pen-ions seront liquidées , et l'on consent au besoiji à ne demander aux rojalislfs, pour prix de toutes ces faveurs , que de ne point se déplacer pour les élections; aussi peut-on affirmer que dans le nombre des électeurs absens, les deux tiers étoient royaliste.';. Outre l'emploi de ces différens moyens, on n'a point dédaigné défaire usage des harangues à la manière anglaise, CJn célèbre avocat de Besançon en a fait à des groupes d'électeurs rassembles dans les promenades publiques, et a parlé de la noblesse, des dîmes, du ri'^ir)ie féodal ^ de* duniainesnutlonaux ^ et t\ufanah'*me^ a\cc toute l'àncrgie d'un rélbrinaleur radical. (86) M. Courvoisier a réuni 3Go sufTrap;es 3Go IM. Clément, désij^né par le niiiisipre et par la Mi- nerve ^ jadis membre et secréiaire de la Chambre des cent-jours 824 M. Chifflet, député de l8tS i;5 M. de Terrier-Sautans, maire de Besançon 1 jc^ M. Pnidhon , professeur en droit , désigné par la Mineroe 85 Moulins (Allier) , i5 septembre. Les élections du département de l'Allier sont terminées. Les candidats désignes par la Mineive ont été nommés ; M. lîu relie , ex - représentant pendant les cent - joiirs, M. d'Alphonse , ex commissaire impérial pendant les cent- jours, sont députés de T Allier. Le ministère eût été vaincu , s'il n'eût cherché son appui parmi les libéraux. On a beaucoup travaillé dans les auberges, les cafés, même aux barrières, où l'on demandoit aux passans s'ils ëtoientélerteiirs. Sur Taffirmativc, on engageoiti» nommer MM, d'Alphonse et Burelle , sous peine de voir rétablir les cens et les dimes. Plusieurs placards ont été affichés , sur lesquels on lisoit : d Alphonse, Burelle : vive la libellé l Grenoble (Isère), le i3 septembre. On l'a dit, et je le répèle, on recueille maintenant In fruit de ce qu'on a semé il j a trois ans. Le parti libéral, fort par son nombre , a commencé par menacer des foibles, qui l'ont joint, quoiqu'à regret. I>es royalistes ont voté suivant leur conscience, annonçant hautement que quand le ballottage s'établiroit entre les jacobins et les ministériels, ils se relireroient, ne voulant nullement se mêler de cette querelle de fam'lle. Les jacobins et les ministériels se trompoient mutuellement sans vouloir se brouiller sans retour. Le sieur Charles Sappej (ancien homme d affaires de Lucien Buonaparte) , refusé ostensiblement par les mi- nistériels, avoit cependant apporté, dit-on, une lettre de recommatidation du ministre au préfet, pour qvie celui-ci fit alliance au besoin. Le pr<';fel , secouru de la prés<'nce de M. d'Argoul, pair de France, qui lui apportoit son expérience! de iNimes, moniroit, dit on, au <;)iefdes libéraux la copie envoyée par le rninisln', d une; lettre de M. Ben- (87) jami'n Constant, qui dissuaJoit ses amis de porier^poitr cette fois, le pontife do la Converilion. l)'oi\ l'on peut inférer que le ministre et M. Benjamin Constant s'accor- dent parfois en secret. Au second tour de scrutin, le convcnlionnel et régicid» Gréf^oire fut nommé à une majorilé absolue de trente voix. Des cris hideux de ^noe Gréfj^oirel auxqiiels se joi^noient quelques cris ironi<|ues de vioe le Roi ! lurent poussés sur la place et dans les rues. Bientôt la populace des faubourg;» illumina ses maisons; mais toute la population de ia viile ne fut tmanime que s>ir un point, en exprimant hautement sa façon de penser sur M. le préfet, qui a été si complète- ment dupé, qu'après avoir préparé un dincr de cinquante couverts, il sVst vu réduit à dix convives. Klendu sur un làuteuil, il avouoit qu'il étoit sur son lit d'agonie. Bnyonne. (lîasses-Pvrenees. ) Ce département compte 4oo électeurs j il n y en a eu ^e présens que 280. M. Rasiarèche a eu itjO M. d'Anj!;osse 172 M. Dartigaux 140 M. de Gestas I2c) Ai. de Candeau 65 La plus grande partie de ceux qui ont voté pour M. Bas- tarèche étoient des patentés qu'on avoit fait venir. Beau- coup d'électeurs sont arrivés quand tout a été fini. Les absens étoient presque tous .des royalistes, ou de bons propriétaires indifférens sur toute autre chose que leur propriété. VTisscmhotirg (Bas-Rhin), 17 septembre. Nos élections sont terminées depuis quatre jours. Les indépendans, dont on a si gratuitement relevé I aud.^ce et 1rs espérances, ont tout conduit suivant leur boy plaisir. Le gouvernement avoit nommé pour président du col- lège électoral , M. de Turckhein, père, b.mquier, et pour adjoint, M. I^evrault , recteur de l'université. En les mettant ainsi en évidence, le ministère annnn- çoit le désir" de les voir, de prime-aborrl , obtenir les suf- frages du collège. 11 crt lut tout autrement. (88 ) les électeurs ont nommé dans leurpremière opération, un persnnrian;e absolument étrani^er au dr-parlsment, re— comiriandé par le comité directeur de Paris, et reconnu par son amour pour le réj^ime républicain ; en un mot, M. Lambrechts , Belge naturalisé , et ministre de la justice sous le gouvernement du directoire. Le second choix est loinbé sur M. Brachenhoffer, maire de Slrnsbourg pendant les cent-jours/On n'oublie point ses proclamations du 20 avril et 17 mai i8i5, parce qu'il persévère dans les principes qui les ont dictée.^, et nos radicaux avoienl, sous ce rapport, une garantie plus que suffisante. M. Florent î^aglio a été élu le troisième. C'est à l'égard de M. Turckhein que les indépendans ont le plus scanda- leusement abusé de la victoire. Ce président d honneur, mis en évidence pour attirer d'abord tous les suffrages, a été conservé pour la fin, et réduit à un honteux ballottage avec le sieur Apfel, maire de Wissembourg. Vous pensez bien que notre préfet est irès-affecté du résultat de nos élections. On a de fortes raisons, de croire qu'il a été joué par des hommes qui avoient sa confiance, et qui s'étoient engagés à seconder ses vues; mais des in- dépendans prononcés composent-ils dans 1 intérêt du mi- nistère!^ Ils promettent pour surprendre la confiance, et en abuser avec la dernière impudeur. C'est ce qui s'est fait ici de la part des personnes qui ont tout conduit, et dont quelques unes, cependant, sont les habituées de la pré- fecture. Aisne, septembre. Les élections de l'Aisne ont eu cela de remarquable, que les ministériels en fort petit nombre , comme par- tout ailleurs, ont levé le masque, et n'ont point caché leur ferme résolution d'exclure les royalistes du concours des nominations. Il est présumable qu'ils n'aiiroient osé l'écrire et le publier, (suitout un fonctionnaire public!) s'ils n'j avoient été autorisés. Ils semblent avoir îvoulu donner un démenti formel à M. le comte de Cazes, qui affirmoil à la tribune , au commencement do la session de i^iiy, qu'il éloit faux qu'on criât hautement : /1/ l/as les royalistes! à bas la noblesse! et que si le fait eût c.MSté, il eût été le premier à en avoir connoissance. ' ( 89 ) 11 housest parvenu quelques exemplaires d'un pamphlet anonyme di.^lribue au luniiii'iil liccj cli.-clii>Uci tie ci' dépar- tement , qui atti&lo i)o;i seulcmoul It- rri d axc!!Jsi"ticou.re h's royalistes, composes (dit l'auleur ) en ^raade: partie, de l'ancieruie nobli-sse, mais qui confirme cette prufes- î'ion d- foi d un personnage connu : AUuince uç>ec les ruyu/ixU'S , jainali l a^Kc les jacobins^ le plus tard pussihle le moment paroit arrivé. Voici le nom dii nos députés : MM. Le Carlior, fils de réfi;icide, député des cent -jours j Méchin, pret'et des cenl-jours ; le p;énéral Foj^ l'Abbej de iPompières, dé- puté des cent-jours. Carpcntras (Vaucluse), i4 septembre. Le H septembre, jour de la formation des bureaux, les royalistes eurent une majorité de plus de 60 voix. Cet avan- tage épouvanta nos adversaires: ils profitèrent do la nuit pouf envoyer dans tout le département afin de se renforcer. Les libéraux étoient loin d'être assez forts pour coraman- (1er les élections; leurs candidats étoient, MM. Olivier de Garante, dépuré des cent jours; le général Julien et Biloti : ceux des ministériels étoient, MM. Soulier, dé- pute sortant, ■et d Aubier, président du collège; ceux des ïoyalistcs, MM.Causans et Fiévée. On faisoit dire de tous cotes qnè le déparleinent étoit perdu si on nomraoit ]\L Fiévée, q e le préfet et tous les maires royalistes se- roient destitués, et alors on a imaginé de porter M. de Puy , maire; les ministériels et les libéraux se sont reunis "en sa faveur. hi. de Pay a eu. ../.,... 280 voix. M. de Causans aiiu M. Fiévée it)5 M. d'Augler. ifiS Et M. Soulier . . , , gy Les libéraux regardent comme un grand triomphe d'a- Voir f lit élire des ministériels au préjudice des royalistes : iU ne pouvoient prétendre a faire nommer un des leurs. Cliarlres ( Eure et Loir ) , i4 septembre. Les élections d £ure et Loir ont eu aujourd hiii Ia résultai que nous devions attendre de cette loi fune-te qui exposera toujours la probité à succomber souus l'infliiénce T0M£ V. — 54' LlYBAISOR. 7 ( 90 ) de l'inlrigne. MM. de (^ourtavel et Cacquer sont rptnplaro». par iMM.Busson et Lacroix-Frainville, dépuîcs des tent- juurs. Trois cents électeurs royalistes avoient porté les députés «ortans avec une constance et un zèle rcinar(]uables. Je m'éloigne avec horreur des épouvantables machinations mises en jeu dans ce département; indigné, mais trop heureux de n'être plus témoin d'une corruption qui a conduit mon pays sur les bords de labinie.' Rouen ( Seinc-Inferieure ) , 1 5 septembre. Le collège électoral étant composé de 4iSoo volans, et 1,600 seulement s'élantli\rés aux suggestions des libéraux, TOUS voyez quel parti un administrateur dévoué auroil tiré des 3,200 qui ont du dégoût pour la révolution; d'autant plus que chacun s'étant compté, on sait que sur les 3, 200 il y en a 1,200 de royalistes, 1,100 de modérés, et 900 d'indilTérens j que sur les i,Goo, il y a au moins 3oo paysans qui ont voté sans s3\o\r pour qui\ et encore moins pour quoi. Les noms de MM. Uelaroche, Cabanon, Le Seigneur, Girardin et I^ambretchs sont sortis au premier tour de scrutin. Par un arrangement que M. Deugnof a cru devoir prendre pour assurer sa nominalion , les libé- raux ont consenti à décider en sa faveu*- le ballottage établi entre lui et M. Cotlerelle. Laval ( JMayenne ), 16 septembre. Vous apprendrez peut-être avec intérêt que les roya- listes n'ont pas perdu une voix; que les ministériels, for- mant à peine un dixième du collège électoral , ont toujours Tolé avec les libéraux qui en forment les six dixièmes j aussi tout a été fait en un jour : il est vrai que les vain— qiieurs sont déjà embarrassés de leur succès et de l'union des royalistes, etc. Alby ( Tarn ) , i.\ septembre. Les élections du Tarn ont. été vicforienses pour les roya- listes. Au premier tour do scrutin , une majorité énorme a donné pour débilités MM. de Cardonnel et de Lastours , députés sortans. Sur 1, i4' volans, M. de Cardonnel a eu i)f)7 voix, et M. de Lastours tjJSy. On est à peu près sûr qu'il y a eu trois voix perdn'*s par erreur, ce qui porte la ïnajorilé à (ifjO , et ne laisseroit plus que 461 voles pour le» ministériels et les libéraux. M. Cavayon , le candidat ( 9' ) des premiers, n'a eu que 80 voix; 3go sproif donc le nombre des libéraux de ce di'parleinetit Lf inare< liai Soiill, un do leurs candidat-;, a ( ependant eu 4Ô 4 ou i'ôS voles; mais ildevoit les autres à quelques niinisuniels qui l'ont porté avec M. Cavayou. Arrière , i4 septembre. Le parti libéral a échoue daHs Ses leU'afives. Nos députés sont : M. Calvet de Madaillan, minislt-riol, et Fornier de (>!auzclle, royaliste La Rochelle (Charente-Inférieure ), i4 septembre. Persuadé que vous screx bien aise de connoilre !e résultat dos opérations du collège élecloral de ce déparlement , je m'empresse de vous designer les noms sortis de l'urne latale. iM. Admiiault, ex-député j M. Mathieu Faure , banquier à Saintes; M. Bouveau de Beauséjour; Le général Taraire , nommé sur la fui d'une liste signé© Lafajette. Malgré mes soins, je n'ai pu rencontrer un seul é!ec;eur qui ait pu me dire connoitre ce général ; et cepen- dant il a eu une immense majorité. Haute-Marne, septembre. M. Becqiley, ministériel , et M. Toupot, ont été pro- clamés députés. Les tendres recommandations de la Mi— neive en faveur de M. Etienne n'ont eu aucun résultat. Toulouse (Haute-Garonne), i4 septembre. Les roy distes de Toulouse ont triomphé hier au soir : le coUégé électoral complet étoit de 1,657 membres. Les membres présens ont été au nombre de 1,^71. L^ majorité absoue etoil donc de 686 voix. M. de Casteibdjac, de la Chambre introuvable, a eu 69 i J^a majorité aUsoluu a dinc élé surpasse de cinq voix. M. Durand, porte par les libéraux, a eu 'ï.ti vok. Tout s'est passé avec calme et décence. L^s ro\a!istes ont elé généreux. Cfpcmdant les cris de we le lioi ont retenti dans la salle des Illustres au mun'Tit de la procla- mation. Les billets portant le nom de M. Durand sont coupés dans la forme du ter de riustrument des supplices, et sont (90 écrits en encrn rouge (i"). Celte particularité a inspiré de l'horreur à tout ce qui est honnête, et a fait une fort* impression. Tons les honnêies gens se réjouissent de la nominaiion de M. Castelbajac. Le parti libéral croyant son succès assuré, avoit fait pré- pari«r un. char de triomphe et une sérénade pour son candidat. Le département de la Haute-Garonne renferme 432, 38(» habitans, sur lesquels le minisière n'en a trouvé qu'environ Co qui consentissent à voter pour lui. Nous bornerons ici nos extraits. Nous en ayons assez dît pour prouver ce que nous avions annoncé, que par- tout la conduite des libéraux a été la même, il n'y a pas eu plus de variété dans les intrigues ministérielles. Toiis les détails que nous eussions pu a'outer n'eiissent donc été que des répétitions inutiles. Nous en ferons grâce à nos lecteurs. Au reste, il ne faut pas croire que tout le monde consi- dère du même oeil le résultat des élections. Un membre du centre a dit qu iln'y avoi) que deux mauvais choix, Vabljé Grégoire et iM. de Caslelbajuc. Certes, jusqu'à présent, on ne s'étoi» e;uère doulé qu'il piit devenir ilatleur d'être accolléà M. l'abbé Grégoire: mais ces Messieurs ont trouv«j le secret de faire un honneur de la plus cruelle injure. C«la peut s'appeler un miracle ministériel. A M. L'ÉDITEUR DU CONSERVATEUR. Alby , le 1 5 septembre i8ig. On aimonce, Monsieur, qtje Je grand comité électoral prépare des breveta à immo/ji7ité pour nos électeurs, qui, nous sommes forcés d'en couvenir, les ont biens mérités. Quoi de. plus immobile, en effet, que la confiance du département du Tarn en ses immobiles députés ! Passa encore pour la première i-lcciion^ la tenvur de i8i5 pouvoit l'avoir dictée, et sans doute le gouvernement cxcT' (^t) Hqu» ayons sous les yeux uo de ces bvill tins. ' ( ^êU da Rédaettur. ) l ?)'5 ) çoit itne influence ullra-royalisie sous le ministère du rt'^çn'- f.ide Fauché; mais sous l'adininistivilion libérale de M. le roinle i\e Cazes , lorsque le Journal des JMai/es, adressé giatuitement à tous les électeurs, exliumoit la logique et l'éloquence du père Duchêne» nedevoit-on pas esp«^rer d'autres choix? Eh bien, les colléf;es darroudissement reproduisirent les hommes t/^ i8i5 , et M. le préfet, frère de Son Exe. M*"^ le comte de Cazes , ne put _y obtenir un» pauvre candidature pour son beau-père. Le p;rand collège dont eehii-ei éloit président, lui accorda neuf suffrages de pluscju'au candidat libéral» ce qui, joint aux cinquante^ jiept amis de ce dernier, donne un total de soixante-six ^oixsur Iro's cents votans. Tel fui le succès de plusieurs tournées admlnistrati\>es et des innacens moyens que M. le ])réfet liroit de sa place et des troupes secrètes de son illustre frère. En vain, Pordonnance du 5 septembre ré- duisant de moitié la députalion , espùroit-on que Tesprit de localité ou les affections personnelles inîroduiroient quelque division. On est trop pénétré dans le département du Tarn de cette gothique maxime ,^ l'union fait la force , pour séparer de communs intérêts , et dans l'embarras de choisir entre quatre mandataires également recomman- dables, on s'en ren>il au sort qui désigna MM. de Car- donnel et de Lastours, au choix unanime des royalistes. Il est'vrai que les collèges électoraux étoient restés en 1816 tels que Buonaparte les avoit formés, c'est-à-dire une institution ^^ztoc//^'^ de féodalité, et beaucoup trop mo- narchique pour une monarchie. Mais sous l'empire d'une r.harte électorale, qui , an dire des journaux ministériels , avoit mis les royalistes en coupe réglée^ reproduire deux députes du côté di oit, entendre de toutes parts celte immo- bile exclamation T l<:s mêmes ; trouver d honnêtes cultiva- teurs, de bons fabriccvns, plus effrayes des réquisitions, du maximum ^ des levées en masse, de l'emprunt forcé, de la décade , des comilés et tribunaux révolution- naires, etc. etc. , que du retour des dunes , des censives,^ de l'inquisition et de f es carcans, dont If snobles lioient le peuple comme chacun le sait j voir les sept onzièmes d'un collège électoral plonges dans cet obscurantisme ^ et ne pas les déclarer Unmo-fiUes y seroit une injusfice dont les nouveaux allies du ministère sont incapables — Comme il importe cependant de- bien ëliblir nos tiroils, je vous prie, Monsieur, de vouloir bien publier le résullaf ci-joinl de nos oppialions : Scrutin du Collège èleclorul du d''partcment du Tarn , Séance du i2, si'pU'inbve lî^iÇ). Nombre des volans dans cliaqHs s«clion. Majorité absolue Noms inscrits sur Us bulletins. De Cardonnel , cx-dépuli! • De l^stours, idem I.e maréchal Soull.. . . . Corbicres, reprcs. des ccnl-jours Jutry de Lanel , idem Carayon, receveur gcncral a Bordeaux, candidat minisléricl Voix dissémîni'cs sur le nombre d'indi- vidus désignés par le cliiffrc Bulletins sans dés i "nation. ....... Total £C\i. 8ro S E C 1 1 O N S 4.0 :;s: 34G 4a =37 ■ 43 97 43 43 G 7 .43 1=3 79 34 24 S 770 ■07 19J 69 a .■4. c,j4 G77 4o3 580 85 9 I Je n'aiirois pas donné le détail des voles dans chaque seclion , s'il ne m'eût paru essentiel de faire romarqiicr par quelle circonstance la seconde , moins nombreuse que la première, avoit ur la religion , on leur auroit de noa jours accordé un l)revet de philosophe par- des- sus le marché : ils anroicnt pu m^me prétendre au bonnel de doctrinaire, s'ils avoientsu raisonner leurs principes de manièie à ce cjue personne n'y cou prît rien, l' t qu'on ne nous accuse ])as (l'exagération, nous aovous cliajfue jour laire l'éloge de choses bien au tr' nient fortes que les faits el^e^les de Cartouche et de Mandrin. Leurs actes ne sont que dés pécadilles , auprès' des actes que 1(S trompettes révolutionnaires exaltent et préconisent ; et l'on recule d'horreur devant l'ave- nir que nous préparent des hommes ass<;z éhoutés Îiour se faire les apologistes de tous les crimes, es défenseurs de tous les bourreauv. De tous les temps on a vu Hes nations, victimes de leurs er- reurs , s'abandonner à de coupabh's excès ; niais l'efl'ervesci'nce des passions une fois calmée, le dé- lire une fois évanoui , le besoin du repos se faisoit sentir : on gémissoit sur le passé, et rexpciience Vunissoit à la nécessit-é pour ramener à des idées saines et justes; les vrais principes ro<]evenoiei>t les seuls principes, la vertu étoil une , llionneur ij'avoit ([u'une acception. Il étoit réservé à notre siècle et il do prétendus grands li(^mmes, d'agir en sens inverse de ce qu'ont fait tous les peuples, de compter pour rien l'expérience des tenq)s , les le«;ons de l'histoire, <^t de ne se servir delà démoralisation d'une résolution que pour démo- raliser encoredavantage. Tel journal, parexemple, en parlant du parti révolutionnaire, vous dira qu't7 esl le plus fort par ce quil est ht nation^ comme si la France ne conuoissoit pas l'imporlan. e que l'on doit ajouter à ce mot nu/ion. Hélas î elle sait au- jourd'hui qu'il servit ég-iinnent à Earrèje, à (]ou- thon , au Directoire et à Buonaparle; il fut tour à leur employa par les bourreaux de la France et parles plais valets <îe la plus dure tyrannie. Ce- ( 97 ) toîl au nom de la un (ion qne des assassins deman- doient la têlc d'iin R(»i verlnrux et bon; ce fut au nom lie la n-ition que les mejnes honiines prodi- giièrenl l'encens de la ]>lns vi!e servitude ,au des- pote le plus aUsoîn. Au nom de la nation, la France lut pendnnt quinze mois couverte d'éclia- fauds et de cadavres: f>u nom delà nation, - d'intéressantes victimes. A les entendre, ils combattent les hommes qui ont des- tîttîê , proscrit, etc. Ceci ne serolt que visible, si le ministèi'e avoit laissé la révolution à ses propres forces, et n'avoit pas tendu une main sccou- rable et protectrice aux hommes dont la France s'effraie autant qu'eîk; en rougît. Mais, forte de cet appui , la révotution relève la télé • des mise'- rables, dont l'histoire atteste; les crimes à chacune de ses' pages, des noms qui n'ont rté étrangers à aucun lorlail, à aucun parjure, qui sont également couverts de sang et de boue, réclament pour eux tout l'intérêt dû à l'infortune (jui fut leur ouvrage, et, sans remords comme sans crainte, iis sa jouent sur les tombeaux qu'ils ont peuplés et sur les ruines de leur patrie. In tel excès d audace seyoit réelle- ment iu .oucevable , si quelque chose pouvoit ^re (on inconcevnhle après raveuglcmciit d'un lainistère qui croit Irouver sa force et ses movens de gou- vernement dans les doctrines et dans les liommes qui renversèrent la monarchie. Quels principes professez-vous? quels hommes employez-vous? Tille est la ijuestion dont la réponse est impossible au minislèie, s'il ne veut prononcer lui-même sa Svopre condamnation. Où en est-il? qu'a-t-il fait e cette France où toutes les. passions étoient amOi^lies; où les regrets du passé s'anéantissoient devant l'espoir et le Lesoin du repos de l'avenir; où aucun sacrifice n'étoit jfénible, parce que le retour des Bourbons en étoil le prix^ où toutes les idées monarchiques s'étoient réveillée,s ; où tous les esprits tendoient à une réconciliation géné- rale^ dont le bonheur de la France dédornmageoit l'infortune, autant qu'il étoit le garant de l'oubli nccordé aux erreurs? qua-t-il fait, dis-je, de ce l)eau royaume de saint Louis, si dévoué ,en sacri- fices et si riche en espérances? 8a conduile tor-» tueuse et mc-diocre a réveillé les passions, a ranimé Ja haine des médians contre les bons 5 «*lle a pros- x^rit ce qui fut fidèle ; elle a mis le paj-jure sui' un piédestal; elle a répandu l'inquiétutle là où régnoit ia sécurité; elle a provoqué des lois qui minent chaque jour la monarchie; elle caresse ceux qui renversèrent la royauté , dévoue à l'anathème ceux qui la défendirent , et détruisant par des actes par- ticuliers les ell'els des lois vengferesses de Ihonneur iiational , elle a lait rentrer en France les assassins de Louis XVL Tels sont les résultats de la con- duile du ministère. INous désirons sincèrement qu'il lui soit encore donné de réfléihir; car malgré tout ce qu il a pu faire, les révolutionnaires ne sont forts que de ses œuvres : ils le savent, et le jour où cet appui leur manqueroit, la quesliou seroit vite décidée. L'alarme est générale, aiijourd hui , au cani]) des prétendus libéraux. Le cri de détresse est dans tous leurs journaux, et les mcsur<'s prises en AUc- ( 99 ) maç^nc lonr causent une terreur qu'il leur est im- po.s.sil)!c (]f dissimuler. C^en es/ fait de la liberté de I .Allemagne , sécrirut-ils, c'est à Carlsbadqu^n été résolu le iioui>el esclavai^e de la nation. Les hommes doués de sentimens libéraux sont cons- terriés, etc., etc. INous ne pretrndous nullement uous Imn)i,scer dans la poirii([ue clranoère; mais il <'st des principes commun.sà tous les pays, des inl<^- réts communs cnii en dérivent, et des réfl< xions qui, par conséi|uent, appartiennent à tous les peuples. Les souverains qui gouvernent F Allemac^ne ont dû uécessaircnient s'ellraver delà propagalion des principes destructeurs de tous les trônes. Après avoir fait d'immpn.ses sacrifices pour le rétablisse- ment du repos de l'Europe, ils ont dû voir avec inquiétude, que tous leurs efforts n'avoient abouti qu'à renverser un usurpateur, et que les doctrines qui conduisoient à la révolte et à l'usurpation sub- sistoient encore dans leur entier; qu'elles éloient publiquement répandues, quellesétoient avouées, et que, déjà, divers excès en attestoient le délire. L'histoire de la révolution française leur démon- troit que ce n'est pas en composant avec ces doc- trines qu'on en neutralise le danger; qu'une fois qu'fdles ont acquis un certain développement, l'au- torité devient insuftisante pour en arrêter les pro- grès. Avertis par une funeste expérience, ils ont dû, dans l'intérêt de leurs peuples, compter le passé pour quci(|ue chose, se réunir pour arrêter le mal , ets'entendre pour maintenirles principes qui cons- tituent seuls l'existence des sociétés. Là-dessus, il étoit naturel que le cri de détresse d'un certain parti se fît entendre. Quel espoir lui restera-t-il ,^i l'on en revient à des idées saines, à des principes positifs? Quand on vit de discordes, on doit frémir a l'idée du rrpos. jNuI doute que la question qui s'agite en Alle- magne ne touciie en rien à l'indépeudanco de la France. Il J a une différence rcmarcjuable entre les ( ioo ) raesiiresapplicablesàun pa^'s soumis à plusieurs soHi^ yevains , à un pays où les lois >aricnt en raison des divers princes qui les régissent, et un royaume comme la France, où la législation est une et gé- nérale, et où tout a été spécifié : devoirs, droits cl délits. Le Congrès de Carlsbad a lui-même fait remarquer cette ditFérerice. Mais la question n'est pas là pour nos révolutionnaires. Quelque diver- gence qu'il y ait euti'e les mceurs^el les lois de dif- leren? ]>eupl<^s, il v a un principe commun à tous, le besoin du repos. Les doctr'ues (pii portent le lr^téiitis invectivc- roient tant soit peu les révolutionuaires, et ils recoviuf;îtioient qu'on ne peut pas se lier pour Jà fidélité à la Charte, à ces honiuK s qui disent bien liant, lien que la Charte, eiuume ij>, di.soidit rien que la ( onslitulio7i de i^(ji, a\arit le lo août. JVIais, d'un autre côté, pour concilier cette situa- lion , vraiment déilcat(;, avec les égards dus aux ré\olutionnaires.eîj laveui dune ancieime amitié et (\i:s ser\ices mutuels, on laisseroit toutes les places entre les mains des hoiiimes des ecnt-jouis j on ijoursuivroit A la sourdine le svsLcme de (iesti- lutitius envers bs ruvaii.<-l' s ^ et, par ce moyen, les hommes du paiti se reniorceri,iei>t en raison de ce qu'on aurou r.q.qjaier.ce d'eiîb-ver aiix prin- ci' es. i^0U3 ne f^aiarî^iosons p;'S ces bruits jusqu'à Un C'j la n point, r.iaib eouiuje ils ne nous ont pas paru tcul-à-l"nit dénués ùr londement, tt que ce dont les royall-les ont le plu» à se mélier , c'est d'être dupes, nous avons cru d. voir les prévenir sur des piojets qi:i re«S'*!;ib: devoir de l'éducation chrétienne ne seroit pas impérieusement prescrit aux parens par ]a loi de Dieu, il leur seroit encore imposé par la, ïiature de la chose. La morale et la religion ayant entre elles une connexion intime pour inculquer la morale, il faut inspirer la religion. Pour donner aux élèves les vertus que le monde désire, il faut commencer par les munir de celles que la loi pres- crit. Parens qui souhaitez que vos enfans soient honnêtes ( et quel est celui qui ne le souhaite pas? ), rendez-les pieux; Ibndez sur la religion î'édiiice de leurs vertus sociales. C'est la base la plus solide; c'est la seule qui le soit véritablement, généralemeni, constanimenl. L'asseoir sur d'autres principes, c'est établir le bâtiment sur le sable. Les lillialioi-s des séductions le mineront; le* vents rUs passions le reuvciseront ; les torreni de^ exemples l'entraîneront. Telle est la force pré- cieuse des principes chrét,ieus , ou' ilsprésenleulles ( IJ' ) ïnolifs les plus pnissans, donne nt les intérêts les ])iiis ijraiuls, inspirent les (lésirslcs pinsvifis, foiiv- nisseiit les nu)Veu de temps seroit changée la face de la terre ! iNous vrrions les mai- sons devenues des habitations de ])aix, et non plus de Ic impulsion des passions. Combien de pères ont à déplorer les égaremcns de leurs iils, sans pailer de ceux qui ont à se les reprocher! O vous qui éprouvez ce. malheur, le plus douloureux pour une âme pater- nelle, en vouslarijenlaut, ne désespérez pas. Aliez/ au-de\antde ces malheureux qui courtntà h'ur perte, ('oujurez-les, ])ar votre tcïidresse pour eux^ par leur respect pour vous, d'avoir. pitié de l'af- lliction qu'ils vous causent. Touclie/.-les par le spectacle de votre douUur, cl ejuplovez, à les re- tirer de leurs désordres , les laruie.s même (lu'ils vous font lépandre. .loigue/ les précautions de la prudence à l'ardeur du zèle, les caresses aux re- proches, la douce insinuation aux vives exhorta- tions. L histoire de la religion vous présente vn exemple uiémorf ble d'Un grand suc( es de ce genre, et des movtns propres à loblenir. Kgaré par les exemples (ïnu père peu rcligiîince légitime. Ceux même aui conlril)iîérent à l'exclure du trônt- tivejit tout ce qu JJs purcut poui- ne pas paroîlro violer le priucipe» sacré de Thérédité. C'est par cette raison (]ne Marie, lille de Jacques, lut déclarée reine, et Guillaume n'auroit jamais eu que la ré- gence sans la crainte des troui>cs hollandaises , et SCS menaces d al)anaonne)- ses partisans an ressen- timent dii Pioi. Exposons les laits (i), ils parlent assez haut. Quand la maison de ^'tnart devint maîtresse du trône d'Angleterre, tout étoit ému autour d'elle. Jacques, fils d'une reine catiioiicjue , morte sur l'échafaud, entroit dans un édilice dont les fon- demens étoient ébranlés. Il défendit l'épiscopat; mais il falloîl revenir à la papauté pour arrêter le mouvement des esprits. 11 ne le fit pas , et il laissa des institutions chancelantes à son tils, qui, ap- puyant comme lui l'iglise anglicane, se vit atta- qué ])ar les puritains avec les mêmes armes que celte secte avoit employées pour détruiie le pou voir du Saint-Siège. Charles , placé sur ce terrain glis- sant de l'erreur , et ne voulant pas en sortir, tomba dans l'abîme où la royauté l'ut précipitée avec lui. Un Stuart ]>érit viclime d'un Tiidor (lleiivi \ lll) dont /n haine avait ètc toute la ri^^lc ilc foi , et l'Ancleterre fut livrée au desi)oti.sme etàTatiar- chie. Les esprits mquiels et turbulens dominèrent. La licence et rindépendance s'étendirent, et l'ex- cès des maîix en amena 1<; remède. Un pailement seprosteina devant Cliailes ! 1, et lui demanda par- Ci) ^'()ve^ Hume, d'Alryniple, et un ouvrage nouveau «|ui vient (le jiarDUre en An^^lctcn e , el q li ne sera pas suspect de partialile peur .larcjues. car c'(•.^t iiui: apologie «le (îniliaunic. yV/e IJislnvy nf t/ic BrUiih Jlfunlulion oj' 1688-9. ^-^ Gcurgt: Jtloore, London, iJiiy. ( lïD ) don an nom delà nation. Mais les x\nglais n'ahin* rèrent (juc leur ljain<' pour la rovap.lé: ils conseï'- vèrent Ions leurs prcjiif>és contre la reli.<.M'on catho- lique, et ils j-eslèrent dans la voie des désordres* L'indépendance religieuse mina tous les jours l'autorité rovale , et elle se fortifia de l'animosité des Ani.>lais contre les catliolicpies. Jacques I*' avoit adouci les mesures prises contre eux ^ Charles l" les avoit tous vus dans son parti j Charles II, ainsi que son frère, élevés dans une teire étrangère, passoient pour catholiques. La conversion de Jacqiles, qui n'étoit encore que duc d'Yorck , confirma ce soupçon. Alors on vit éclore cette prétendue conspiration des cfttlioli-^ ques , inventée par Shaitesbury, prodige d'esprit et d'immoralité. L'invasion, l'incendie de Londres^ le massacre des protestans , tel étoit le Ijut supposé de ce complot. Le Roi eutla foiLlesse de paroître v croire. Les esprits s'envenimèrent encore plus. La douleur a une ineswe, mais la craifife nen a point. C'est au milieu des anxiétés d'un peuple entier que commença le projet d'exclusion du duc d'Yorck. Le, Lill d'exclusion passa même dans la ChamLre des Communes, mais les lords le rejetèrent à la pluralité des voix.' Charles II mourut. La défiance générale s'augmenta par la publication de deux écrits de ce prince en faveur de la religion catho- lique. Dès les premiers jours de son avènement au trône , Jacques alla à la messe publiquement et avec toutes les marques de la royauté. On sait que le duc de iSorfolk, qui portoit l'épée de l'Etat, s'arrêta à l'entrée de la clia])elle. Bientôt après Jacques, et c'est l'acte qui lui valut îe plus de haine, proposa de révoquer les lois pénales c07ïtre les catholiques. Ce n'étoit pas même de la tolé- rance, ce n'éloit qu'arrêter la persécution. Toute l'Angleterre fut en rumeur. Le dei-gé angli! préparés portr sa naissance étoient destinés à incendier Londres. Le peuple croyoit tout dini Roi t[ui avoit abjuré le protestantisme pour embrasser Ja religion catholique. Et quand la révocation de ledit de PSantés eut été connue , les yeuK des prolestans zélés se tournèrent vers le prince d'Oranlet(,r]'e , et à précipiter du trône son bcan-pér(! et son neveu, 'fous les Etals qui faisoient jjartie de la coalition servoient sa cause, dit M. Ancillon,les uns par leur inaction, ]ves Anglais qui désiroient l'.inivc'e tle Giiill.iume, nppe- loieiit à<- Icuis vœux ie venl •-' ) rlno^e. Les Anglais lui demanderont d'attendre jus- qu'au lendcîinaiu, ranniversairc de la conspira- tion des j)<)ijdre.s, pour que l'Europe vît Lieu que c'étoit le protestantisme que Guillaume venoit défendre. Un des premiers articles de sa déclara- tion contre son beau-père , tut Taccusatiou de vouloir rétablir la religion catholique <'n Angle- terre. Mais, malgré tout le zèle de it'ligiou, ou se décidoit si peu contre le Koi, qu'à Excester, Guil- laume lut sur le point de repartir. Quand les troupes boiîandaises entrèrent dans Eondres , Jacques fit retirer ses gardes qui obéirent en mur- murant; lui-même il monta sur une baivjup qui déposa en France, ])rès d'Ambleteuse, le Hoi d'An- gleterre avec nn seul de ses serviteurs. Alors la révolution commença. La fuite du Koi fut un pré- tcKfce pour parler de son abdication ; mais jamais il n'y eut rien de plus opposé à ce piétendu droit es Torys firent rejeter le inot abdique Jatis la cjiieslion -. Jacques a-t-i abili(]ué le trône? cl y suLilitucrent le mot ahun- doniiê. Sur la question de savoir si le trône eloit vacant, les Torys eurent une majorité de quatorze voix. Ainsi la Cliaml)re-Ilaute déclara (Hie , par l'aliandon de Jacques , lu trône dcvojj passer à l'Iiéritter ininicdijl dt Jacques. ( 1^3 ) Composée (V«''U-angers , et les trois quarts de ses oflîcit'rs p;éuéraii.v avoieiit seivi eu Hollande. A la halaille de la Boviie on vil bien eneore que GuU- liiuiue nétoit soutenu que parle zèle pour la reli- gion protestante. Les An<;Tais ne se baltoient pas seulement contre les Ani^lais, mais les Français eonti'eles Français. Les prolestans français réfugiés étoient dans l'armée de Guillaume, et les Franrais callu)li(jues dans celle de Jacques. Tout se ter- mina à Ja bataille de la Hogue où les événemens euj'ent plus d'i'mpire que les hommes. Mais si les armées de Louis XIV n'eussent pas trouvé la mer eulr' elles et Guillaume, la maison de Stuartseroit probablement encore sur le trône. Quand le prince Charles Edouard prit les armes, tous les cœurs en KcossC étoient à lui j et il arriva jusqu'aux portes de Londres. Le sang de ses partisans (i) ruissela, et la mort du dernier des Stuart a seule assuré le repos (2) de l'Angleterre. Ainsi donc , c'est uniquement en excitant le zèle pour le protestantisme (;t la haine contre la ^eli^ion catholique qu'un parti est parvenu à ex- clure Jacques du trône, et on n'auroit pu lui ôter la couronne sans sa fuite. Loin d'en appeler à la souveraineté du peuple, ceux qui contribuèrent à cette révolution sentirent que le droit à la cou- ronne ne pouvoit être perdu sans que 1 Etat ne dégénérât en république, ou, ce qui devoit paroître encore pire, dit Hume, en une turbulente et per- nicieuse monarchie. Les whigs eux-mêmes lie contestèrent pas alors au prince de Galles le titre (i) Lord Devenvvater Youlul «|ue son fils, encore enfant, montât sur l't chafand avec lui, et il lui dit : «Soyez couvert »> de mon sang, et apprenez à mourir pour vos Rois. » Lord Lovât, âge' de 90 ans, mourut en prononçant tout haut ce vers d'Horace : DiUce et deconim est pro palrid mon. Tous ceux qui périrent protestèrent qu'ils momoient pour la bonne cause. (2) Ou sait re (juc Buonaparle disoil à M'ne d'.A.Ibani : « Si » i'ous m^iez fu un fils , je l' aurais mis sur U trône d'^ingleletTe. >> 9» ( 1=4 ) de Icj^îlimc héritier; mais ils disoient qu'il étoit Loi's du rovaumc élevé dansd<;sprinciprsconti'aii-<'s à la religion de TEt;)!, que ses enians seroient catholiqnes aussi, et qu'il faiidroil sans eesse voir des ré^'ons en AngleteiTe, pendant que leurs Kois seroient en Franee. Cv fut un Mliig, lord Somers, qui fut ehargé de la rédaclion du Lill appelé ci'e la Dichiralion des Droits. Laissons parler iei un des plus grands liouimes d'-î l'Angleterre, et II est ctirieux d'obsrr- » ver, dit I\ï. Burke, avec (juelle adresse l'inter- )j ruplioj) accidentelle dans l'ordre de succession >♦ est Aoiiée à tous les yeux. 1 a K'gishtture re- u connut qu'un titre de succession douteux res- »> senihlcîoit trop à une élection , et qu'une élec- u tioi) seroit entièrement destructive de l'unité, )) de la j)aix et de la trancpiillilé de cette nation. » Il est si loin d'être \rai, ajoute INI. Burke, que » nous avions acquis par la révolution le droit de » choisir nos Rois, que, reussions-nous possédé )) auparavant, la nation ani;laise v a solennclle- » nient alors renoncé, et l'a abdicpié à jamais » pour eije-niêiue et pour sa postéril»' (i). » Que veulent donc ces esprits inquiets (jui nous paiieiit sans cesse contre la légitimité, qui cher- ciient à dépouiller le passé de sa gloire, et à faire (ï) II V a encore un fait l)ien remnrf|iinl)Ie (onlre l'assertion df nos prt't(!!itliis iiul<'j»cri> sont les proprts paroles de l'acte du parieuieiit ) la tres- » eyrelicn'e j)Mnon, déclarée la plus prix lie en ordre de siirces- » sioii dans la lij;iie piotestsnte, et» , et la (omonjie passera à i> ses Iiérilii rs pi'otestaris. » Ou Irouve-l-oii la lu droit Uc uJ- poiitcr les Iluis i ( i25 ) eommcncci- la Franco oun: jours de leurs fureurs? En H(), ils nous meiioiout au précipice les yeux formés , ils nous y cniuluiseut aujourd'hui les yeu^ ouverts. Ils nous vantcnl «ans cosse l'tsprit dos wliisj;.s. Qn'ont-il» iail ces ^vlii(>s:' Ijs ont fniniiélé Jac'[urs i«', i]î! ont traîne Charles I*'à l'échafaud , ils out passé d'un gouvernement à l'autre, pour- suivant loujours leur fantôme de liberté, il.s ont fatigué Charles II de leurs essais de réboiliou, et lone^-teinps ils trameront l'oxclusion de J;;c;[ues, qu'ils conlraiiTMircnl d'abandonner son trône et sa patrie. Ils poitèrent la peine de mort contre son iils, et bientôt après on les vit conspirer contre ce même Guillaume à qîii ils avoient donné la cou- ronne, et lo forcer dcpi-éférer à ceiiK qui l'avoient élevé les j)arlisans d<\s Sluart. Et voilii les hommes que nos libéraux admirent, et qu'ils nous pro- j)0scnt pour raodil(;s! ils cachent à peine l(;urs desseins, et on diroit que l'autorité y est insensible. Qu'aîtend-on cependant pour ariclcr ce déborde- me?il rcvoluLiounaire ? « L'expérience (i) seule » fait concevoir Tabitue où l'on tombe dans les » mouarohies, quand ceux qui les gouvernent » n'en connoissent ni les maux les plus communs » ni les régies les plus légitimes. » EuGh;NE Genoude. Sur le lièsiiltat des Conjcrences Je CftrJshad. La déclaration de Garlsbad est un dos actes les plus importans de la politique moderne. C'est la première fois, deouis trente ans, (jue les intérêts de l'ordre social ont été pris en considé- )ation. Jusque-là on avoit vu ce que peuvent des intérêts particuliers bien ou mal entendus, des » ■ Il I ■ — ■ (i) Le cardinal de Reti. ( I^-<^ ) inlnilioiis ambitieuses Lien ou ma] déguisées, l'esprit (le conquête et d'envahissement : pendant ces longues erreurs des cabinets, le ])ltiIosopiîisme, abusant des mots de vertu , de patrie , de liberté , proclamoitses détestables maximes dans les assem- blées légales et dans les clubs, dans les écoles et dans les académies, dans les camj)s et dans les chaumières; il en iufi ctoit les espriis, et prépa- roit la dissolution de la société par l'union mons- trueuse de la démence et du crime. La France, qui souvent a doiiné à l'Europe de beauv et de grands exemples , étoit destinée par la Providence à lui en donnei- de funestes. le si- gnal de la désorganisation jiarut en 1789, et dans le court espace de cinq années, le cercle immense de tOTit ce qu'il est possible à riiomme privé de sa raison d'enfanter d'atrocités et de lolies , lut parcouru avec une effrayante rapidité. Le 'crime sans voile est tellement hideux qu'il dégoûte jusqu'à ceux qui le commettent : afin de le rendre supportable, on l'enveloppa du man- teau des doctrines; ce fut sous ce déguisement qu'on put être pervers en parlant de vertu. Celte dernière illusion fut longue et funeste : le des- potisme la comprima, la restauration 1 avoit tuée; il n'a pas fallu moins que l'habileté de nos pré- tendus publicistes pour la sortir du tombeau. A peine un coup d'Etat malheureux eut-il ranimé la révolution que les principes et les hommes des cinq premières années de nos malheurs reparurent avec éclat. Leur force s'accrut par le succès : ils trouvèrent des auxiliaires parmi ceux fjui dévoient les combattre; et fiers de cette alliance inconce- vable, ils ne mirent plus de bornes à leurs espé- rances. Appuyés pai" une loi d'élection , œuvre» chérie de nos ministres, les hommes di's cent-jours purent, de la tribune des l)éj)utés. faire un appel a leurs fières ; et comme le": progrès du mal sont ( '"7 ) rapides, les vrgiciclos ne tardèrent pas à voir leur représrntant dans une des Chambres qui partage le pouvoir léi^islatii' avec le l'rère du .Monarque assassine^. Des succès tellement inespérés ncpouvoienl pas se concentrer dans nu seul territoire. Les songe- creux, les idéologues , les spéciaux , 1< s réforma- teurs, les radicaux, les ilhuninès , eiiliu tout ce <}ui , sous des noms dilVérens, compose la classe bravante des révolutionnaires de l'Europe , s'i- magina que le temps étoit venu de réaliser le rêve monstrueux du bonheur commun , c'est-à-dire de ce bonheur qui, bouleversaut tous, les principes sociaux, se lepaît de sang, se gf^rge de rajjines , et ne se plaît qu'au milieu des cadavres et des dé- bris entassés. En Angleterre , eu Italie,, et sur- tout en Allemagne , les désorganisateurs mar- choient à grands pas sur les traces des jacobins français. Ils étoient justifiés, applaudis, encou- ragés dans les Correspondances prà'ées (i) : leur triomphe sembloit assuré, l'ordre social étoit sur son déclin, lorsque la déclaration de Carlsbad a prouvéquelessouverains, préposés par Dieu même pour inainlenir la société dans ses crises , vouloient r<;mplir la n )1)1(; lâche qui-leur est imposée. Con- servateurs de leurs droits , et protecteurs de leurs peuples, ils annoncent l'intention de les soustraire à l'anarchie révolutionnaire : grâces leur en soient rendues! Ils ne veulent point détruire la libeité; mais, pour la donner sans licence et sans révolu- tion , ils veulent mettre de coté les théories ahs- fraitex et les modèles étrangers ^ ne consulter rjuc ^histoire, le droit public et les anciennes doctrines des peuples de r Allemagne , et s'attacher surtojit au maintieti du principe monarchiûuc, dont l\Al- lenia:^ne ne peut iamais s'écarter impunément. (i) Lisez l'arliclc Correspondance f/rii-ee dans/- .^l"nitcur f\\ï .\ aoùl iSii). ( 128 ) Une tcllo cléclarnilnti dpvoit f'pnnvniîter lon.9 les pavti^nns c]vh lliôovics abstraites et des ])ei)- chaii'' .?i)ti-inonnicluqiies : aussi Talarine a-t-ell*^ été Lienlèt dans le caiiip des libéraux cl daii.s celui de leurs uoiivcaux alliés. Les uns ont frémi de ra^c en y voyant un oLslaclf insurmontable à la propaoaiion de leurs doctrines 5 les .-.ulres ont pîlli d'effroi en v voA'aiit une désapprobation lor- nielle de leur système poli li({ue. Mais après le pre- mier moment de terreur, le pesant Courrier et l'insipide Joiirraf ayer les créanciers des cent- joui's, n'aient pas même eu la pensée d'acquitter ]es dettes delà reconnoissance ? est-il des expres- sions suffisantes pour rendre l'élonnement dont on est saisi, lorsqu'on voit \c. plus influent de nos ministres répondre par des écpiivocpies, par des divagations, à leffroi que les doc.tiin<'s lévolu- tioniiaires insj)irent à la confédération germa- nique^ lorsqu'on trtnive les passages suivaiis dans la correspondance prU>éc du J'inies y si générale- ment attrii)uée à M. de Cazes ! '( ÎN'ous avons passé j)ar toutes les crises dont » les symptômes mcnac<'nt en ce moment plu- 1^ sieurs autres pays , parce qu'ils ne veulent point « payer tribut au changement qui s'esliopéré dans J) les esprits des hommes. Quelques uns sont entiè-r >» reraent malades ; d autres sont susceptibles dç ( '^O V le clevrnii- à tout moment, surtout si l'ou » appliîjuc de violcns remôflfs. » Il laul esjx'rtrque ceux dont le t(mi]>érnment » est cléranj;é d'une manière si sensible , dirige- , » ront mainlciiant leurattcntion sur leurs proj)res » maux lis se sont si mal soiejnés eux-mêmes, ^) fju ils ont maintenant perdu tout droit à nous » conseiller,. si même ils l'ont jamais possédé. )' Au lieu de nous soumettre à la surveillance » de nos voisins , ne scroit-il ])as de notre devoir, )) si nous adoi)tions leur loirique, de les sur- •11 '1 o T. ' » veiller eux-mêmes :* » Le gouvernement prussien annonce que ces « sociétés (secrète s) coiiiplotent rél-ihlissement » d une république universelle en xVllemagne. Il » les représente armées de poignards, et prêtés » à verser le sang des .souverains et de leurs prin- " cipaux ministres . » Ces sociétés secrètes n'ont certainement au- " cune liaison avec nos principes : personne, si » ce n'est les «/?/Y7.9 pendant leur tyrannie éplié- ') mère de i8j5, n'a jamais rêvé pareille chose (i). » Voilà, je l'espère, assez de dédain, de déni- grement, de dénégations; mais cette jactance suffit-elle pour convaincre? Je me pei'mettrai long-temps d en douter. Je ne douterai pas moins de l'absence de liaison entre les principes des sociétés allemandes et ceux de nos libéraux. JMais comme je suis moins Irancbant que IMonsieiir du l>n\'c , i'a])pnierai ma conviction sur des faits. IndépendaiiinTCut de fa Dlinerve, de la Renommée, doul on transcrit maintenant des fragmens entiers dajis /c Moniteur , et àcs autres journaux de cette espèce , je rapporterai quelques passages du Com- mentaire sur I Esprit des Lois, imprimé d'abord à Liège en iBiy, puis à Paris en 1819. L'éditeur {1) Jffoniteur du 11 août i8ig. atpllempntrintenlîon cVen pi'opnp^rv les flocliinr**, qu'il dit dans son ovorlissemcnt : « Txm'.s ci'ovons » rendre un vérilahle sprvicf aujc lihirnux de •") ions les pays, en piiMlant aujourfj'Iiui cet » omrage, traduit dans la lang^uc (jue l'Eurone » send>ie avoir adoj^tée jîour toutes les scieucr* •n politiques ci ïuurales. » Or, vcnt-on savoir qui lies sont ces doctrines destinées aux libéraux de tous les j)ays ? Page I yc). La ^r?;is'iffinn est toxijours bien mal étah/ie (juand elle est fondée sur l'imposture. C'est ainsi que l'auteur p.'ule d'une législation fondée sur les idées religieuses. Pa^e i8"2. L'auteur vante les helfes coucepiious de la Convention. li dit que l'Assemblée iéf^^is- latlve s'est vue obligée de rc/n^erser le fraie , après avoir proclame le vœu nadonal pour la république ^ e est-à-dire pour la destruclion du pou^'oir exè- tutif héréditaire . Veut-on savoir ce qu'il pense des Rois dans les gouvernemens représentalils'' vov< z pa£fc 202. L'auteur croit tirer son exemple de l'Anglelerrc. Le Jioi n'est absolument rien que par la portion quil a dans le pouvoir lét^islaiif, et si on lui otoit cette part quil ne doit point avoir , il seroit com- plètement inutile. Le Corps lé^iislatif et le corps des ministres , voilà réellement le gouvernement. Le Jioi n'est quiui être parasite , un rouage super/lu an mouvement de la machine dont il ne fait quaug~ mériter lesfrot.temcns et les fais. Peut-on se flatter de jouir d'nue sage liberté dans un Etat mon;ircliiqiie ? Non; l'auteur 1« décide, page 214. Espérer liberté et monarchie , cest espérer deu.v choses dont Fiine exclut l antre. Après une assertion aussi tranchante, il n'(tft pas surprenant que l'auteur ajoute, puge 210 ; Ljd pouvoir héréditaire j ayant des intérêts distincts ( i33 ) de riiitérêt génc'rat, est oh/iqé de se conduire êoniine une fnclion dans t Etat. 1luW.\ï vi'ut-ou 5nvoir ijuel est le t^ouvernement que railleur désiio ? voyez livre XI, chapitre XI, et vous Irouvort-// qu'il faut un ('orps législatif noiubi\Mi\ , un corps Je luiil ou tliv per.sonues tliaf^é de l'exécution, un corps conservateur; ce qui nous rendroit la répnljli(jue cl le directoire, avec l'addition d'un sénial. Maint-nant, .M. le comte ,• si comme on l'assure, et vous ne l'a'.ez pas déiuenti , vous êted Tauteur des Correspondances privics , (liles-nous, je vous prie, si ces uiax.iuies, adressées aux lihiranx de tous les pays y sont bieu nionaichiques, si tlica sont bieu eu harmonie avec la Charte dont vous parlez sans cesse , si ce n'est pas eu France qu'elles 6ontpul)Iiée.s, et si vous avez bonne s^ràce ti'avancer avec une joyeuse assurance, que les socutcs se-r- crêtes qui coniulotent rîUiblissenient d'une rêpuv bliquc universelle en jl!U'nia:^ne , nont aucune liaison avec les principes de nos libéraux. Lox'squ» les fai;s parlent, il est diJEcie de nier avec con- viction, et si vous u'éleà pas convaincu , M. le comte, dans quelle inteuliou induisez-vous lEu- rx)j)e en erreur? Imaginons <{ue M. le comte se trompe, il y paroît sujet; car malgré tous les moyens qu'il a d être bien informé , elle devoir de sa posi'.ioa, qui l'oblige à l'éli-e, il paroît ne s'être pas douté de l'impurtance du couii;i es de Carisbad. S'il eu éloit autrement, il ne l'eût pas traité avec assez de dédain pour uéglif>er d'y faiic rej)résenler la Irrance par un négociateur. Je seiois (enté du croire a cette méprise, en lisant /a Conesponuancé privce, iusérée dans le ISIoniieur du 2j août der- nier. \ oici ce qu'on y trouve : (( ISe donnez aucun cré<îil a ce ([uc disent vos » jouruuu^., de la uoiiiiuaùou de M. lu cujui.c cU ( i34 ) » Jaucourt , pour assister aux conférences de » Carlsbad : ç'auroit été un bon choix , s'il y avoit » eu lieu d'en faire un; mais la France n'enverra ;) personne, à moins quïl n'arrive quelque chan- » gement imj^iévu dans la nature des choses, » Tout contlrme l'opinion que, dans ce coni^rès » auquel on attache tant d'iniportanc*;, et dont » il ne sortira j-ien de plus que quelque déclara- )) tiou de princi[)es locaux , le seul point agité » sera l'état intérieur de l'Allemagne. » Et vraiment oui, il devoit être question, dans une réunion de ministres allemands, de la situa- tion intérieure de leur commune patrie; mais depuis quand les F.tats de l'Europe, unis par la Sainte-Alliance, sont-ils devenus assez étrangers les uns auK autres, pour que l'alarme ne soit pas universelle, lorsqu'on voit l'ordre social ébranlé dans sa base? Il n'auroit donc pas été si messéanl d'envOY*^i' un ministre à Carlsbad; car de deuv choses l'une : ou l'agi talion qui se manilé^te en Europe part de la France, ou elle lui arrive des pays étrangers. Dans le premier cas, la présence d'un négociateur étoit nécessaire pour tranquil- liser nos alliés sur la crainte d'une irruption des principes révolutionnaires. Dans le second , la présence d'un négociateur étoit indispensable , afin de concerter les mesures convenables pour empêcher les miasmes pestihmtiels de parvenir jusqu'à nous. Ou est généraux desdépartemeiis, ils doivent <'n reiuci'- » cier le ministèj-e, parce ) NETTE a presque toujours conservé une conte- » nance calme et assurée. En entendant prononcer » son jugement, elle n'a laissé paroître aucune )» marque d'altération, et elle est sortie de la salle ); sans proférer une seule parole, sans adresser Tome V. —55' Livraison. 10 ( i3S ) »» ancnn tliscoiirs ni aux ji'.<7cs ni au public; il ,/ élolt quatre heures et demie du matin (j() oc- » tobre) M Antoinette , bî long de la route, jiaroissoit » M)ir avec indifl'érence la force année qui , au » nombre de plus de ti'entc; n.ille hommes. lormbiC » une doiible haie dans les rues où elle a j)assé ; » on naperecvoit sur son visatje ni abaltenienl ni » fierté 3 elle paruissoit insensible aux cris de vi\>é » la fcinihliiiue! à bas la tyrannie / qu'elle n'a M cessé d'entendre sur son passage » Ainsi périt la iille des Césars, forte de sa rési- gnation et de sa grande âme. La révolution, ce jour-là, se donna un grand crime déplus, et le cœur de ses pontifes en tressaillit de joie. Chacna conuoît aujourd'hui les malheurs qui ont daté de celte funeste époque ; chacun sait que le sang coula' par lorrens, et que la colère céleste s'étendit sur no li'e niai heure use pal rie. Laiamiile royale n'avoit été étrangère à aucune infortune ; la France devoit les subir toutes, avant qu'il lui fût donné de re- naître sous la protection de cette même famille. Par quelle fatalité se fait-il ([u'après une ex])érience si chèrement acquise, nous entendions encore au- jourd hui pridésscr avec impudence les doctrines qui ont dévoré lés générations et dévasté la France? Où veulent en v( nir certains hommes? Que leur faut-il ? IN'y a-t-il pas eu assez de ruiuesl' assez de tcftiibeaux creusés par buirs ruaijis'* J.aFi-ance n'a- t-eîle pas été assez déchirée? Le feu n'a-t-il pas' dévasté les chaumières comme les palais? J^es osse- mens du pauvre n'ont-ils pas comblé la fosse ou- veitepour Je riche? Que veident-ils (k)nc? Recom- m''n.cer?qu ilsne s'y niéj)renncnt pas, il ne leur est plu*: donné d(> Iroirper; i h.sluii-e a conservé leurs noms ; l'itifîini'e tenoit la plume, et leurs crinu\s, coiTtme Ieu)s l)assesscs, sont tracés en caractères de sang et de boue. ( i39 ) Vinp;t-.siv afis se sont écoulés (le])iiis ces tem[)S déploraliiesjlcs Rouibons aolis ont élé i-eutlus ,et ,- chose veiuar(]iiabie , un corlain parti dissimule si peu SCS principes que ce n'est jamais le retoitr des î^ourbiins qui se pi'éstnte à lui comme le résuitat de l'invasion étranii[ère. Ce retour, qui seul poiivoit consoler la .Franc«v de ses malli'urs, n'est jamais présent à sa méavoire^il ne s'occupe (jue de ce que Tin-, asion a coûté à la France. Mais, si nous ne nous trompons pas, la première invasion n'avoit rien coûté, notre territoire éloit veste intact; les objets dart et de curiosité , monun:!ens de nos con- quêtes, nous avoient été conserves; la France n"a- voit subi que les maux: inséparables d'un état de guerre; et, certes^ cette guerre, nous ne pensons pas que les royalistes puissent être accusés d'en avoir été la cause. Quant à la seconde invasion, qui l'a provoquée ? Sont-ce les i*ovaiistes ou les iwolu-' lionnaires? qui a élé iidèle? qui a trahi? et, en analvse, qui a pay< ? Sont-ce de misérables barbouilleurs de papier, étrangers à la moindi'e part de cette gloire , qu'ils l'evcndiquentsans cesse ? Sont-ce les hommes qui ont exploité à leur profit, tous les divers gouvernemeus qui ont régi la France, ou bien la masse des propriétaires devant qui tous les sacriiices se sont évanouis du moment où ils avoient pour résultat le retour du Roi légitime? Si ceux qui ont réellementpayé ne se plaignent pas , de quel droit le? hommes dont nous parlons se plai- gnent-ils? Oe quel droit;, surtout, se plaignent-ils, quand c'est à leurs iuuestes principes que nous devons tout le poids de l'occupation étrangère, poids que nous avons supporté par eus, à cause d'eux, et pour lequel ils n'ont rien payé eux- mêmes? On conçoit qae l'on puisse prétendre à recueillir queiqu'avantage des sacriiices its in eum , anlmœ (juœrcnti illum; bonum cstprgstoralicum silentio salut arc Dei. Th ren . m, 26. (2) J'i moram/ecerit, cxpecta illum... quia veniens vcniet^ et non tardabit. Habac. H, 3. (3) Comolabitar omnes ruinas Israël. Is. Li , 3. ( t4^ ) pères { \) ^ consullez les anciens des peuples^ et Us i^ous ap- prendront des choses inouiVs opérées par roubli de la reli- gion : ils vous raconteront , avec une effraj'ante véri'ié, ({lie vous aurez peine a croire jusqu'oii peuvent aller les effets de rirupiété, et quel est le malheur d'un pe\iplc du milieu duquel la religion a été pour un temps bannie. » « Nous dirons aux riches, aux grands, aux magistrats, aux dépositaires du pouvoir : Venez, unissons-nous pour réparer hs suites funestes à<^. l'irréligion, afin que nous ne donnions plus à 1 avenir aux nalions voisines un spectacle si lamentable, et qu'elles n'en prennent pas occasion de nous jegarder avec dédain [2!^ : Venue , et œdificenuis. ISIaintenanl que la main de Dieu semble devenir plus favorable, que le Roi se trouve heureux de pouvoir faci- liter davautiigo nos desseins, concourons tous ensemble à fortifier dans !(?s cœurs le doux empire de la religion j fai- sons une alliance indissoluble; prêtons -nous lin mutuel appui pour noire bonheur mutuel; ne craignons pas ceux qui, après avoir dispersé les pierres du Sanctuaire, en n-doufent encore lesdtbris; qui s'alarment de les voir se rassembler, s'irriicnt en aperc-n'ant nos pfairs se cica- triser^ ou qui, cachant lour frayeur sous le masque de la pitié, insultent à nosefforîr. , ou bien voiidroieirt iessignri-. 1er comme conlraires à l'autorité : ]\untt/uid contra Re';em 00s rebellalii (3 ? Rassurons nous , sachons nous oppo- ser à leurs allaques ; el Dieu , secondant notre amour pour la religion de nos percs, dissipera leurs projets; i! fera phis, il les ramènera peut-être à lui, cl ils dcMondront eux-mêmes les conquêtes de sa grâce. (i ) f/iterro!;u patrcm tnuni , et (i:!:iunllUhit tilu : innjnrcs luus , e/ i/.'fv/i/ tiôi. Dt:ni. X\,\!l, -. {'U) t î. hscir. II. ; -. (j; DsJr. J ! , 19. ( T 4'^' ) 1) Nous (lirons à la Fraticf cnliore, on In personne de s s pairs el doses députés, qui vont se rxssemhicr de iiou- \ eau dans renceiute do relie rapil.do : EniJimini^qui judi- catis terrant (i) : Apprenez, vous qui jnp;ez la torre, vous qui devez concourir à domier dos lois à la France , com- prenez bien que Iravailîcr à aftermir le royaume de Josus-Christ , c'osi travailior à consolider le trône de nos Rois; que la rcii^^ion est le fondemml sur lequel repose solidement tout édifice social 3 que, sans elle, lesmeilleun s institutions sont bâties sur un sable mouvant j que la con- fusion doit réj^ner dans les consoils de ceux qui ne se ral- lient pas sous t eltc ma.xime capitale, que la roli^^ion seule atiprend à bien observer : Ainiei ^^os'frèreu (2), craignez Dieu ^ honorez le Roi; et qu'alors les générations fuluies, b'S jugeant sans miséricorde , ne donneront à leur mémoire que dos malédictions, au lieu des acclamations et des louanges que recueillent au contraire, d âge en âge, les familles do ceux dont le courage, la religion et la vertu assurent à leur pays des siècles de félicité.' « iSous dirons à ceux qui se sont faits sans sujet nos ennemis , s'il en existe quelques uns , car pour nous , nous ne coimoissons que des enfans et des frères j nous leur dirons que le pardon sera toujours sur nos lèvres et dans riotrecœur, et qu'ils se lasseront plutôt de nous maudire, tjue nous ne cesserons de les aimer. » Les mesures qui se prennent >. I' , 10. (a* l'VtUrniiKUem diltgite, Déttm limele, Hcgrin honorijicate , Vet. I. aa. ( i44 ) îf ous , pour qui le bruit n'est pas grand'diose, nous sommes convaincus que s'il étoit possible que des royalistes fussent portés au ministère , on que le ministère se fît royaliste , il seroit aussi fjiciie de gouverner un pays qui est en masse rovalistc., qu'il seroit peu raisonnable de s'inquiéter du courroux de certaines gens.Ousait ce que vautleur colère, et à quel prix on peut ol)tenir loin s éloges. On a beaucoup parlé ces jours derniers de dé- sunion dans le ministère : aujourd'hui on dit qu'il est de nouveau réuni ; demain peut-être il y aura de nouvelles discussions j comme les royalistes ne peuvent pas plus perdre à un changement de per- sonnes qu'à un changement de système , il y a peu d'intérêt pour eux dans cettf petite querelle de famille. En attendant, M. l'ablié Louis pré- pare soii budget comme si de rien n'étoit, le ministre de la guerre continue à éloigner les gejis fidèles comme s'il y en avoittrop, et la Correspon- dance prlvce d'Augsbourg va son train comme si on y croyoit. Pour celle du Times elle a éprouvé de si rudes attaques que l'on n'en entend [)lus par- ler : où ira-t-eile se nicher, quand la gazette d'Augsbourg n'en voudra plus ? Pitoyable res- source pour des hommes d'Etat, que de colj>orter ainsi à l'étranger \çs mensonges qu'ils n'osent ris- quer dans leur proj)rc pays. L'on ne pent s'empêcher de réfléchir doidou- reiiseujrnt sur la destinée d'un peuple chez qui l'adminislrptioii est la part de ministres à vue courte et a espiit médiocre. Tout se gâteroit entre leurs mains dans un gouvernement qui auroit déjà des institutions fortes et monarchi(|ues : que \\v doit-on pas craindie par coiisé(|ueut dans un gou- vernement qui les allend toutes? Au lieu de sui\ ri- la marche que li.i trarcjji la saine raison, au li<"i( de nous donner les lois salutaires qui dérivoieiil de la Charte , le minislèi»; s'est jeté constamment dans loiiles les erreurs qui apparliciin( ni ouv e.-.- ( i45 ^ prits à qui il n'est pas plus donne tic léfléclur que (le prévoir. Vide de souvenirs comme de con- ception , il n'a pas plus créé qu'il n'a su profiter 5 et cppen ) Ayez , tendre avec art, sensible à point nornmé , Le rœnr lYun géomètre , aux passions fei-mé. Prop aimer, en ce genre, es! d'un danger extrême; De non grands niode'ros, apprenez coninie on aime, Comme on doit, vrai recteur des quatre faiullés, Am secours de son Roi, marcher à pas comptés. C est ainsi qu'en se jetant, constamment hors du cercle que lui Iraroient rexpérieiice et le Lon sens, le mini'^tère s'est toujours trouvé era])arrasse'. IMaîtrisé par les évcuemens, son plan du jour n'a jamais été celui delà veille : sans idées fixes, sans pvajels arrêtés, la chance du lendemain lui a tou- jours été inconnue. Il a uîai clié comme un homme «|!ii va à la découverte, et qui ne sait ni ce qu'il trouvera, ni où il arrivera. Aujourd'hui qu'il se voit cerné par Ifi révolution, il n'est pas pour cela plus éclairé ; il voit le mal , non dans^ce qu'il a Tait, mais dai\-- les rej)roclies qu'on lui adresse. Tout auroit été à merveille si les loyalistes n'a- voient pas eu le droit de sii^tialer les hévues minis- térielles} c^est la liberté de la presse qui a fait tout le mal; sans elle le j^ouverneraeut auroit marché sur des roulettes; tel est le refrain des hommes du jour, et de bonnes gens le répèlent. Comme si d'abord le gouvernement représeMtiitif pouvoit exister sans une loi qui en est l'âme; en second lieu, comme s'il étoit possible qu'un révolution- naire liit devenu un instrument monarchique entre les mains du ministère, et que le parjure lût plus* propre à être mis en action comme garantie dcfidélilé, ])ar cela seul que les royalistes auroient été l'éduits au silence. Certes, il y a ici absurdité. vSeroit-ce poiu' ne pas sortir de cette ligne que le minislère ne voit de remède que dans la suppres- sion de la liberté de la presse? jNous avons déjà tiailé cette question dans la dernière Livi*aison du ( ouservateur ; nous y reviendrons aujourd'hui, p.'irceque nousavonsdc fortes données pour croire t!uc c'est là où le ministère voudroit en venir si la ( '47 ) choselui étoit possible. Los movon'5 sont difficiles; uneloi existe; et il ne noiispaioît pas très-pro])al)le que le raj^)porl d'une loi i que le raiiu'sléve prétend se iuonlr r convaincu du danircr de la liberté de la ( i48 ) presse? Ce tlanf^er, nous le répétons, ne Inî parois- soit pas exister, lorsque les royalistes n'avoient pas le tlroit de parler- ce seroit donc évidemment contre eux que seroit dirigée la suppression de la liberté delà presse; et dans l'intérêt de qui? dans l'intérêt de la France? Non, sans doute ; carl'opi- uion delà France estmonarclii([ue, et cet te vérité est évidemment démontrée par la popularité des jour- naux royalistes. Chacun sait que leurs abonnés sont intiniment plus nombreux que les abonnés des journaux révolutionnaires; mais cesei-oit dans l'intérêt de six hommes , dans l'intérêt d'un minis- tère à qui la critique de ses actes est importune > et qui se Irouveroit ainsi affranchi des consé- quences attachées à notre forme de gouvernement. Pauvre ressource qu'une pareille tentative I II y a dans des essais de ce genre plutôt mécompte que succès. De deux choses l'une : ou les reproches qu'on adresse au ministère sont fondés, et alors s'il ne pèche que par erreur, la critique lui est salu- taire, puisqu'il peut en profiter, et il doit la vou- 4.oir, au lieu de chercher à la déti'uire; ou bien c'est à tort (ju'on l'accuse, et, dans ce cas, il grandit par l'attaque bien plus qu'il n'a à s'en plaindre. Nous avons déjà cité M. Pitt ; le Mor- mn^-Chronicle n'a pas plus nui à sa réputation qu'à ses talens. (' Mais, vous dit-on, si le ministère veut la suspension «le la presse, c'est pour s'arrêter. Il s'aperroit qu'il a été trop loin. .) S'arrêter ! comme si on s'arrêloit en l'évolution! Et, de bonne foi , peut-on supposer que les hommes qui figurèrent au commencement de nos troubles voulurent tous la révolution et ses conséquences? Non sans doute, et plusieurs d'entre eux auroient désiré aussi arrêter ce débordement de passions auquel ils .'1 voient, sans s'en douter, donné une force dont ils «levoieut devenir les victimes, et dont il ne ( i49 ) leur ('toit pas donné de prévoîi' les suites. Tel homme qui, en i7f^<), demandoit avec chaleur des réformes dans l'Etat, celui même qni crioit le pins contx'c la noblesse et le clergé, se donloit-il , par exemple, que par suite de tout ce qu'il demandoit, on en viendroit à condamner à raort^ à Paris, eu i'lC)'^, un pauvre habitant d'Hazebrouck, départe- ment du ISord , pour avoir écrit i'à'. ) Le Conseivateurn 3i pas eu, iusqu'à ce moment, rocci- sion de mentionner honoriiblemenl, comme il le mérite, un ouvrac;e semi-périodique, qne la p'ircté de ses prin- cipes, le talent de ses rédacteurs, et l'ulilité de son but, placent dans un rang distingue parmi les écrits royalisles de notre époque. Il a pour tilre, MÉMOir.ES DE l'Aca- DiîMlE DES'Ignorans , et 3 pour éditeur et principal rédacteur, M. le chevalier de Fonvielle. Nous nous faisons un devoir de recommander cet inté- ressant Fiecueil, aux amis de la religion, de la monarchie légitime , des mœurs et de l'ordre. Les Ménioiies de f Aradémie des Ignorons . sont divisés en deux sections : la première, sous le tilre de ^ÏERCUHE Royal , paroît trois fois par mois, par livraisons de trois feuilles environ : la deuxième, sous le titre de PARACHUTE iMoNARCHiQUE, paroIt une fois par mois, par livraisons de cinq feuilles au moins. Chaque section a sa série de volumes à part. Ou ne souscrit point séparément pour le Parachute et nonv le JMcrcure ^ ni pour moins de deux volumes. Le prix de la souscription est de 17 fr. 5o c. pour deux volumes, et de '60 fr. pour quatre volumes. On s'abonne à Paris, au secrétariat de l'A-cadémie, rue S. Honoré, n". :igo. Voyac:e aun Régions é^^uino n'aies du ]Suuoeau Conti^ nent^ fait en l'/O"), kSoo, 1802, i8o3 et i'^'o4i par Alex, de Ilumbold et A. Bonp'and , rédigé par Alex, de Humbold, tome second. A Paris, cIk-s Maz«, rue Gît- le-Cœur, n" 4^ ^t chez Le ^Norm&nt. M. le vicomte de Chateaubriand rendra compte inces- samment de l'ouvrage de son illuslre ami, ainsi que de quelques ouvrages hisloriqucs. — M. Egrou BOUS prie d'annoncer que l'ouvrage inli- ( r5.. ) tiilé Espn't âe MM. de Chateaubriand ., d'Hérhouollle j Donald, .Sa/aheit)\ delà Menna/s, Fièoée ^ Castelbajac ^ 0' Mohuny., Juuffioy^ Martanuu'Iie, e/c. , vient de paroître (i vol. in-8\ )prix 3 f. 5o c. et 4 f. 5o c. La source où cet ouvrage est puisé, et les noms qu'il rappelle, nous interdisent toute réflexion. Tout ce que nous pouvons dire, c'est que le choix est fait avec discernement el classé avec méthode et clarté. — On vient de mettre en vente chei Le Normant l'ouvrage intitulé : Nouvel Abrégé chronologique de l' Histoire de France depuis Pharamond jusqu'à Louis XVIII, précédé d'une intro- duction où l'on traite des Celtes, des Gaulois et des Francs, de la Loi salique , et du vrai fondateur de la monarchie française , avec trois tableaux généalogiques ; dédié à la jeunesse par M. de Meulières, membre de plusieurs académies et sociétés littéraires, françaises et étrangères. Un vol. in-i2. Prix : 4 ^r. et 5 fr. 2.5 c. par la poste. ( Le second et dernier volume paroi- tra incessamment.) — Le libraire Piîlet, aîné, rue Christine, n° 5, vient de mettre en vente la seconde édition , avec un supplément , de l'Histoire de l'Esclat'age en y^ifVjr;/e ( pendant trente-quatre ans) . de P. J. Dumonl , natif de Paris, maintenant à l'hospice royal des Incu- rables; rédigée sur ses propres déclarations par J. .S. Quesné. Un vol. in-S" , orné de deux portraits de Dûment, et d'un^wc simileàe son écriture. Piix : 3 fr. et 3 fr. 78 c. par la poste. La première édition de cet ouvrage a été épuisée en moins d''in mois. — M. Louis Janet .éditeur de la belle Imitation de Jésiu-Christ in-8° dédiée au Roi, vient de mettre en vente l'Imitution de la Sainte Vierge (i) avec gravures. Il n'existoil pas encore de belle édition de ce livre. — C'est par erreur que nous avons annonce, dans la 52<î Li- vraison du Conservateur. le prix du livre ;intitulé : Vie et Révé- lations de la Sœur de la Natiiité, à la fr. : il faut le rétablir ainsi : â vol. in-i2 i8fr. J • < t> • 4vol.in-8° ^8 f^i pris a Pans. et I fr. 5o c. de plus par volume pour recevoir l'ouvrage franc de port. (1) Un Tot. in-i7.. Pri« : pap. fin saline Lroch^, 4fr., relie basant 5 fr., vean 7 fr. iinaroq. lo fr. Cliez Looii Janel, éditeur des Oraisous funtljrcs , rue Saint- JiicqDfs, n" 3g. «VVV^\^>VVWV\%V\>ArtWVW\WVWVVV*^AWV\^\XWWV\^V^/VW\^l^VVX%W\WV\^ vv^\^^ LE CONSERVATEUR. Sur les Circonstances présentes. L^AUTEUR de cet article disoit il y a plusieurs années, eu terminant le discours préliminaire de la Lcu,isIatioti primitive : « La révolution a com- » mencé parla déclaration des droits de l'homme, » et elle ne peut linir que par la déclaration des » droits de Dieu. » Rien de ce qui est arrivé depuis cette é^joque n'a du lui taire changer de scnlimcns, et il: sufTif de réfléchir à la nature des troubles qui agitent la société, cà la tendance des opinions qui s'y raanilestent, au carnctère parti, ulier de quelques événenieus qui s'v sont jiassés, poui' élre coiivaiucu que la uraladie qui travaille depuis si long-temps l'Europe est beaucoup plus reiigieuse que poli- tique, ou plutôt qu'elle n'attaque le COI ps poli- tique que pour détruire la société religieuse. C'est là l'esprit du siècle, et c'est l'esprit du siècle parce que ce siècle est le siècle de res|^)rit, de cet esprit de l'homme qui est au plus loin de l'esprit de la société, de cet esprit des petites choses et des petits intérêts, essenliellemenl igno- rant, et par conséquent ennemi de tout ce qui est élevé, absolu, général, dans les pensées, les devoirs et les intéréis. La société qui commence, comme commence l'homme lui-même, par ses développemens phy- siques, sera troublée par la violence et l'excès ou l'abus de la force 5 mais une société adulte et for- mée, qui, pai-venue au terme de son accroisse- ToME V. — 56* Livraison. i i ( i54 ) ^ nionl pltysi'qiiP, aciillîvclps .arls do rîmaqinatîott vt de la ]>ensoe, ne peut être sérienscmcnt trou- ]^\éc que par dcsdoctiijies et par l'abus delcsiirit. C'est là (jue nous en sommes. Je sais que des esprits qui se croient forts parce qu'ils sont opiniâtres et passionnés et cxenq^ls die préjuffés, parce qu'ils sont vides de pensées et de conuoissances , des esprits ivres de faux savoir, et qni eu ont tout l'orgueil, toute la sécheresse et toute la pédanterie, croiroienls'ahaisscr au niveau du vulgaire s'ils croyoient à une religion qu'ils n'ont pas fsiite, ou approuvoientun gouvej-nement qu'ils n'ont pas eux-mêmes constitue 5 ils ne voient de liberté, en religion comme en polilique, que dans une indépendance de pensées qni n'est, à vrai dire, que i'etat d'un esprit qui ne sait ni d'où il.]>ail, ni où il va, ni ce qu'il veut, et qui prend l'inquiétude de la foibîesse pour des aver- tisscmens du génie. Nos nonveaTix docteurs nous ont dijuné, comme des lois et des doctrines, les rêves de leur orgueil, et parce que nous les reje- tons, et que nous ne pouvons y plier nos esprits et nos habitudes, ils disent que nous ne sommes pas mûrs encore pour des lois si parfaites, tandis, au contraire, que nous ne les repoussons que parce qu'elles sont Ibibles et fausses et trop en airièrc de noire intelligence. Mais heureusement ce ibibles esprits, ces esprits à' entre deux, comme les appelle Pascal, qui troublent le monde, ne_ sauroient le gouverner, et il est du devoir de ceux à qui la direction en a été coiihé(! , de le gouverner sans eux et malgré eux. L'P.urope va donc encore ujie fois réunir ses chefs pour délibérer sur ses destinées, et, comme après un grand coml)at, elle ])0urra coniplej- ses blessures. Elles sont nombreuses et ])rofondes. J.e.s ])uissances, trompées par les révolutif)nnaires , ont cru u lui a rendu, et de tout ce (pie Buouaparte ne iiii a\olt na.s ôté. La révolution est rentrée en F»-nTice, comme le démonde rFvan ile rentre nu.v heiix dvii il êtoit sorti , accomp;ii^né de sept au/res esprits vins mé- dians que lui , et je CT'ois que nou^ pourrions Xr^^ compter et les noniraer^ Riiouaoprli* av )it hérité de la force de la révolution, et lait servira ses desseins les passions qu'«'lle avoit d^-ciiainées. i.a révolution, à son tour, a hérité de Buonaparîe , et des regrets qu'il a laissés à tant de vanités, d'ambitions et de cupidît.-s. lîi'onaparte vouioit fisservir le monde à Ja t. J ce de se-, arm^^s, la révo- lution veut l'asservira ses doctrines. l'Europe a résisté aux armes de Buouapdvle, palce qu'elle a opposé des armées plus fortes à ses ai'mées ; elle a snccomhé aux doctrines de la révolution, parce qu'elle ne sait pas leur opposer de meilK^ures ( t plus fortes doctrines, et «r-i'elle n'e^l pas encore persuadée que tout , absolument tout <'st faux et absurde druis les doctrines religieuses et poli- tiques de la révolution. 11 y a trente ans qu'on auroit pu soupçonner quelques gouvernemens de susciter des embarras intérieurs à leurs voisin*. On Tuetloit ab)rs de J 'in- trigue dans îa politique, au lieu d'v mettre de la morale, et les hommes d'Etat, qui avaient sans cesse à la bouclie le mot à' équilibre politique , né s'apercevoient pas qu'ils le rompoient au détriment de tous, en excitant cliez quelques uns les passions populaires. Je crois que les gouvernemens ne jouent plus aujourdliui à ce jeu périlleux qui a coûté trop cher même à ceux qui y ont été les plus habiles ou les plus heureux , et lorsque tous ont riuceadie à leurs portes, ils ne peuvent guère IX. f C i5t) ) attiser le feu cliez les autres j mais le gouverne- ment fraurais, qui, plus récemment et plus vio- lemm!e Ijaiue et niép) is dt rautorllé religieuse, et bientôt de toute «ulie autorité. La religion est la source du pou- voir et la règle des devoirs : aussi yojez coaime ( ^r^D ) tout aujourd'hui, pouvoir et devoirs, est déplacé. Le pouvoir est ])artoiit , les devoirs nulle part, et les ilois ne scmhU-ut j)lus f^ouverner que par in- tcrini, et les peuples obéir que par coniplaisauce ; etlorsqu'oii secoue le joii^de l'autorité religieuse , qu'on ne compte pas sur les houiuies pour remé- dier à de- si grands maux, les hommes ne sont plus rien : ils méprisent leur propre esprit à tel point, ils atlaclient si peu d'imporlance à leurs f)iopres opinions, ([u'ils ont lait on dogme de la ijjerté iudélinie de j)i'nser et d'écrire , liberté qu'on n'eût eu garde de demander ou d'accorder, lorsqu'on avoit une juste idée de l'influence de l'esprit humain , et qu'on nous permet aujour- d'hui, comme à des enians dont les paroles sont sans conséquence, et ne méritent aucune atten- tion. Les hommes, je le répète, ne sont plus rien 5 ils ont abusé de tous jes dons- de resj)rit, ils ont lout usé jusqu'à la gloire, et tous les avantages humains ont perdu ieur crédit sur les esprits; et cependant il n'y a jamais eu en EuropedepUis forts et de meilleui'S esprits. Tous (et ceci est digne de remarque j, tous zéiés défenseurs des principes conservateurs des sociétés, tous ennemis déclarés de cette anaichiqueetséditieuse philosophie 5 tous condjattent pour h s instilulions naturelles coutre \k's inslitutions tactices-. Je ne parle pas des écri-~ vains Iranrais , ils .«ont assv-z connus- mais chez les étrangers, en Angleterre, en Italie, eu Suisse, en Allemagne , h s de Maistre , les Bitihe , les Jlaller, les Gcnlz ont publié des écrits ou les plus hautes véiilés s'unissent aux ])lus nobles senti- meiis : qui ne connoît les belles (onsiacraiions sur la m vol utio II française , par iNi. le cota Le de Maislre:' L'ouvrage récent de M. de llaller ^ digne héritier d'un nom lameux , sur la Science de l Homme d'Etat^ écrit en aiiemaiid , gf'gne ( ïCo ) jusqu'aux Universités, «l est enseigné à Vienne et à GceUingue par de célèbres professeurs. Ces lu- mières cependant n'éclairent pas encore les j^ou- vernemeiis(jui s'ol)stinci)tàsiii%re d'antres guides: et quels guides? Je croirois, si je les nomniois, déroger à la gravité de cet article. Le talent a donc perdu sa puissance, même dans le siècle de l'es- prit, et il faut revenir à une autorité indépen- dante des hommes à la suite , autorité (jue la so- ciété ne puisse rejeter sans f[ue les dernières cala- mités ne viennent la punir de l'avoir méconnue;. Et qu'on ne pense pas que le souverain Maître des mondes ait besoin de suspendre les lois de la nature physique, ou de bouleverser les élémens et les saisons pour ramener à lui les sociétés (pii s'en écartent. Il y a de la sottise à le croire, et du fanatisme à l'attendre : il n'a au contraire qu'à laisser un libre cours aux lois générales du monde moral, tout aussi îiaturelles que celles qui assu- roiei^.t la durée du moudo physique ; et il n'est pas plus certain (jue le fleu\ e dont on ronqjl Us digues, débordera dans les campngnt s , que la pierre lais- sée en l'air retombera par son propre poids , que le feu qu'on n'éteint pas gagnera les combles de l'édifice , qu'il n'est certain que la société qui , re- jetant la religion, rejette en uiéme leuips la souice du pouvoir et les lègies des devoirs , < t ote ainsi aux passions tout frein et toute retenue aux. désirs , sera tôt ou fard, mais toujours trop tôt pour son nnalheur, livrée à tous les désordres qui naissent de la lutte des pouvoirs , etde l'oubli des de\oirs , à des désordres, tels que nous en avons vu en 9'^, tels que nous en verrions encore- et la révolution la ])]ks sanglante n'est, comme un tremblement de terie , ou l'apparition d'une comèt<; , que la suite et l'accompiisscMnent d'une loi générale. Beaucoup de crimes particuliers demeurent aussi impunis, parce que lu justice humaine ne ( i6i ) les connoît pas , ou ncf^li^e de les punir. C'est un dôsoTcli e saus doute, mais local et passanfcr j et la lelipioii nous apprend que tôt ou tard il sera ré- pare. ÎNJais il n'y a point niên;e ici bas d'impunité pour la société, il n'v a pas pour elle d'auti-e loi H attendre, et elle est toujours exécutée dans le teirps et Mir le lieu du délit : toutes les malédic- l'ons que dénoncent les livres saints au peuple de Dieu, lorsqu'il se livre à l'idolâtrie, et va sacriGcr sur les hauts lieux, s'accomplissent à la lettre sur une société chrétienne qui oublie le grand bien- fait du christianisme j ce ne sont point là des mi- racles, c'est i^ fFet inévitable et prévu delinfrac- tion des lois naturelles des sociétés, et nous avons eu aussi nos laux prophètes, la séparation de nos tribus en twii\'elle nation et nation ancienne, nos transmii^ralions, nos trente ans de captivité sous des maîtres plus durs que les rois d'Assyiie et de Babvlone, et il faudroit un nouveau Jérémiey:;ot/r ('i,'rt/er, suivant l'expression deBossuet, les lamen- tations aux calamités . Comme la cause du désordre est toute morale , le désordre aussi est d'abord moral, et il ne p^agne les actions qu'après avoir troublé et altéré les doc- trines. Toutes les vérités s'obscurcissent, toutes les lumières s'éteignent. La lettre de la société , si je peux ainsi parler, subsiste , mais l'esprit n'y est |)Ius, et comme de la disposition la plus inique, au moveu de trois lettres on lait une loi 5 avec un brevet et un costume on fait un législateur d'un homiiie corrompu, et quelqueiois d'un homme coupable. Alors on voit des ugeniens comme nous en voyons tous les jours, et la lettre de la loi à la main, f-n acquitte des propositions de cannibales , dégni«;ées sous la forme d'un calembour, et des provocations à la révolte, revêtues de l'autorité d'une leçon de jurisprudence. Mais aussi , et comme par compensation, la lettre de la loi con- ( ïC2 ) damnora ]a réclamation la plus léoifime, pros- criiît incnie tout recours à la justice , l'oi-dre Icqal étoiiffeia l'ordre léafitirae et le jugement , le ju- gement, l'acte le plus solemnel et le plus au- guste de la sociélé , iMiiscru'on n'a pu donner d'autre nom à Tacle le ]i!us n(4)le de notre raison^ à celui qui s'approclie le j/sus de la raison éternelle 5 le jugement ne sera plus qu'une mé- caai({ue aveu;>ie et passive qui s'arrêt' au moindre obstacle qu'elle n'a pu prévoir, et qu'elle ne peut repai-er, coin ue dan^ les autres mécani([nesoù i'ou ne \oit que des forces ; et au désordre moral on ne suit op])oser que la force plivsi([ue ; mais celte force elle-uiême , machine , comme tout le reste , privée de cet esj)rit de fidélité qu'on ne clierclie même pas à lui inspirer, et qui, en assurant son obéissance, en prévient l'aveujjîe direction, ne peut être contenue que par une discipline sé- vère qu'on prend pour de l'ordre, et qui se met en mouvenient au jnot marche, par qui qu'il soit prononcé. x\lors le pouvoir a des soldats, et n'a pas de serviteurs; la justice a d''s suppôts, et n'a plus do ministres 5 la grande famiib^ compte des esclaves j)!ulàt que des enfans , et l'administra- tion est forcée d'avoir sans cesse la main au mar- teau et à l'enckime pour forger des liens de fer, qui puissent retenir à leur place ces pièces mal assorties , ([n'use l'elVort même des mouveniens : elle ne parle plus au c esprits (i), et n'agit plus que sur des corps et dans le profond mépi'is qu'elle l'essent pour des hommes ainsi avilis ; elle ne sait plus au premier mouvement qui la contrarie, que ien changer de place , ou les rt.'jeter comme un horloger déplace ou rebute des aiguilles, des roues (i) Depuis la restiiuralioii , pns unt prorlamalion au nom liu R'ii i»'a lilt- nilressée aux Fpan(;ais (ju'o i a si l(>iip;-li'iui)s ('saivs avec tics procramations : il y avoll cipcailant taal à leur dire ! ( .63 ) et des pitons. On en vient cependant au point de déraison et d aveiiolement de s'aj)plaudir de cet état , comme du deruiei- eflovt de lintelligence humaine et du dernier terme de ses progrès et de la perfectibilité de nos esprits; et des inibécilles rci^ardeut en pilié les siècles où le pouvoir étoit aileriiii , et l'obéissance affectueuse ; Oii la consti- tution étoit co..»nie la vie el la sanlé dont on jouit sans savoir seulement ce c[u'elles sont ; où l'adiui- nistralion étoit inapeirue, et où la relii^ion , partie essentielle du gouvctneraent , inébranlable appui de la royauté, parce i|u'elîe éioit , comme la royauté, lorle de sa jjropre iudépmdance , con- iervoit l'auloi ile léçilime des Pvois et la légitime dépendance drs j)eupies. Si l'on veut savoir à quel point les plus saines doctrines sont bouleversées, je ne dis pas dans des' éciils vendus au niensoiige et à l'esprit de révoilc, mais dans les discoui-s officiels émanés de personnages r>i us ofllciels encore, conseillers d'Ltat, pairs de France, i-evêtus des plus hautes fonctions dlns scanda- leuses, loin de ])Ouvoir prêter que!(|ue appui à la société, ne peut se soutenir elle-même, et déjà par délibération publique de l'auto lité civile, est dé- chue du rang de communion chrétienne, et a ouvertement embrassé le déisme. Le déisme qui, selon Bossuct , n'est qu'un atJiêisme fh'giiisc; le déisme se glisse dans la reii^ion comme dans la politique ; on veut un Dieu sans providence, il faut des Rois sans action. La noblesse , véritable sacer- doce de la royauté , est ])roscrîte comme le sacer- doce de la Divinité; le déisme s'empreint jusque sur nos monnaies , et, à la place de la devise chré- tienne, Christus vei^nat , s'invit, iinperat , on lit l'exergue métaphysique et orgueilleuse : DieuprO' tége la France (i). Eh 1 sans doute il la protège puisqu'il la punit; car le châtiment est la mesure de la protection : il faut convenir qu'elle n'a jamais été plus abondamment protégée. Viç^?' hommes simples voient peut-être une en- treprise religieuse dans la propagation des livres saints par les sociétés bibli([ues. JNe diioil-on pas que les révoltes se multiplient comme ces éditions suspectes? El que! fruit onl-elles produit dans le pa\ s même où a commencée cette spéculation aussi protilable( n( ommercequedangei euseeureligion? Les livres saints sont autant /e^ livres des Rois et les Livres des Jii/^es nu des grands, que les livres des peuples, <'l le pou vctirsu |) remèdes sociétés y adonné aux cliefs i\rs naliens desinstructions que l'Eglise, son inlerj)r(te iidèle, doit ouvrir à cr'tte hauteur, comme les ordres cachetés que les Rois donnent (i) Iv'obscrvatlon est de ÎNI. le comte Lciiiaistrc. ( 1^7 ) ^ aux gOTivornoiiTS de leurs provinces. Laîsspz-Piî rinlorprcfation an sens pii\c et à loiis les csprils, et vous ne recueill<'rcz ([u'une t'flV.>vabIe anar- chie (le croyances, et peut-être des Ci inies juslitiés pardes exemples pris à contre-sens, et des maximes faussement ;ij)pHquécs 5 c'est ce qu'on verroildans la vie civile et les relations d<'s lionimcs cnîre eux, si, le code se trouvant dans toutes les mniu';, il n'y avoit pas des tribimaux j)Our en fuirc l'appiica- tion et eu déterminer le sens. A présent jugeons-nous nous-mêmes , exami- nons l'état de la France et celui de 1 Europe , et demandons-nous avec sincériJé si nous avons pris les niovens les jjlus efficaces pour rendie a la France la tranquillité, c'est-à-dire pour afïej-mir le pouvoir, seul gage de la poix intérieure dun. Etat 5 et, bien convaincus de l'influence pui.ssante de la France sur l'Europe , dont personne ne doute, demandons-nous encore si les Jcijons ou les exemples que depuis quatre ans nous doauoas à nos voisins, n'y ont pas rallumé ou entretenu celte fureur de révolution , cette rage de révolte et d'insubordination, qui s'y montrent partout sous des symptômes si alarmans. Qu'a lait noire gouvernement pour la religion, au moins pour la religion de .l'Etat et de la presque totMiilé de la natioji ? On traite l'établissement episcopal , le centre et la source de toutes autorités religieuses, avec la crainte d'en faire toujours trop, lors tu on n'en feroit jamais assez , si l'on savoit que plus il V a d'élabiissemcus religieux chez un peuple , plus il y a de loi et d attachement à la religion. QTjcJle lutte indécente que celle d ,nt nous sommes té^ moins avec l'autorité et les citovens, | our l'en- seignement mutuel dont personne ne veut, ou les Frères des Ecoles chrétiennes ir entre deux partis, le monarchique et le révolutiomiairc; entre deux, car il n'y en a jamais davantage en politique comme en reli- gion. On a préléré d'en former un troisième , chose absurde en soi, et condamnée par l'expe'- rieiicc, même en France, où les tiers partis ont tou jours été nuls , et ont fini par être ridicules. Ce n'étoit pas assurément le moyen d'apaiser les haines : d'abord, parce que les royalistes et les révolutionnaires sont trop distans les uns des autres pour jamais franchir l'intervalle qui les sépare j ensuite, parce qu en les aigrissant tous les deux, on les renduit l'un et l'autre plus ennemis entre eux, et plus ennemis du gouvernement. Sous Buonaparte ils vivoient tranquilles, et mêmtf d'assez boiine intelligence, parce que Buonaparte avoit éjjousé les principes monarchiques, et se servoit à la fois des hommes monarchiques et des hpmmes de la révolution, et que, pour les der- niers, les places sont tout, et les principes rien. Il falloit donc s'attacher franchement aux royalistes, qui , au fond, ne sont pas un parti, mais la nation, et leur donner la force qu'ils avoient prêtée au gouvernement, et être bien assuré qu'on a en vain obtenu la modération que Ton demandoit ; car on n'est modéré que dans la prospérité, et jamais dans la souffrance. Le gouvernement, au contraire, a voulu écraser les deux partis, les soûls qui puissent exister dans la nature, bonne ou mauvaise, de l'homme et de la société; et, par la, il les a fait revivre, et a porté à l'excès tous les seuliiuens, et il n'a eu à leur opposer que l'in- certitude de ses partisans, qui, selon leurs prin- cipes personnels ou leur conduite précédente, se sont réunis aux royalistes ou aux républicains. Il Tome V.— 56* Liybauok. la ( '70 ) a cru peut-être servir les Bourbons en appelant des liomuies (jui haïssoient Buonaparte; et il s'est trompé encore de n'avoir pas su fjue l)eaucoup se sont trompés eux-mêmes, et ont ou aimer les Bourbons, parce qu'ils haïssoient Buonaparte, tandis qu'au fond ils haïssoient toute autorité. Quand on a eu indisposé ainsi tous les partis, on leur a recommandé Vonhli et rwiion . Mais il ne de'pend pas plus de 1 liomme d'oublier (jiie de se souvenir^ et, de toutes les facultés de son es- j)rit , sa mémoire est celle dont il dispose le moins. La religion, toujours juste, toujours vraie, or- donne de ])ardonner, et elle est obéie, et plus en France que partout ailleurs 5 elle ordonne d'.'jiiner jus(pi'à ses ennemis, et de leur faire du bien 5 mais elle n'ordonne pas de vivre avec eux dans celte union habituelle qu'on ne doit qu'à l'amitié et à la vertu, et qui est unehypociisie avec des ennemi* reconnus et non repentans, et un scandale avec des hommes notoirement coupables. On a beau laire, il y a, comme l'a dit souvent dans cet ouvrage un de nos meilleurs esprits, M. Fiévée, une veiilé au fond de toutes les choses, contre laquelle tout ce que peuvent faire même les gouvci iiemens est nid de soi , et impuissant ; il y a des lois éternelles d'oidr(; et de raison, qui, de. gré ou de force, ramènent à elles tout ce qui s'en écarte. Si nous jetonsies yeux sur l'Europe, que ver- rons-nous en Angleterie et dans <|uc!lques Etats d'Allemagne? Partout l'cîspiit de haine contre l'autorité, ce fanatisme des lausses doctrines, des symptômes ou des actes de rébellion, «t cepen- dant jamais pcutrêtre les soJiveraijis nont porté à un si haut degré le désir d'améiioier le soit de leu rs pcupl es, e t n'ont été plus occuj)és de leur bon- heur. Ou en y prennegarde: pareilles aux liuin<.'urs malignes qui errent dans le corps humain, et se jettent tantôt sur une j^aj-lie, tantôt sur une ( ^v ) autre, jusqu'à ce qu'elles fassent éruption, et de- viennent (les ulcères ron<;^em'S, ces disposllions liaiiu'uses et sédilieuses i) abonh'sscnl (jii-.i des ré- volutions (['li les poussent au dehors et Ifs con- sument : terrible reuiède, mais ie seul peut- grande et secrète expédition a pour objet la ]\!ar- » tinique et Saint-Domingue 5 s'il en est ainsi, cl » que nous réussissions , nous récupérerons, et les » Français perdront à leur tour une des branches » de commerce la plus ])récieuse, fe sucre. )) Jusqu'en 1 790 , la prospérité de Saint-Domingue se soutenoit encore dans tout son éclat, l'impor- tation nationale et étrangère fut à cette époque de 7.'j^,io(],25^ liv. 5 l'exportation nationale et étran- gère s'éleva à la somme de 4^^^,343,6^8 liv. « De quelle importance (dit l'auteu)-) n étoit-ellc pas, pour la puissance qui lapossédoit, une colonie qui a elle seule procuroit un commerce d'impor- tation, d'exportation , bénétlce de fret, et divers autres, montant à y3j,449>9'^2 liv., et qui, par de tels moyens, donnoit le mouvement et la vie à plusieurs millions de Français ? ( '78 ) » Tls-«ont hîen coiipal)lo.s les anlours rie la des- truction de tons ces canaux de la prc^péillé natio- nal e ! iMaisquels soiil-iJs? l/('Sj))it de parti toujouis veut les voir dans les proprietaiies colons , qu'il signale d'abord conDue des aristocrates entichés de préjugés, ensuite comme les seuls révolution- naires du ])avs où ils asjîiroient à la domiuatioji exclusive. {^Journal du Commerce , des 12 et l^ avril 1819.) Voilà ce que diseut les élèves de cette propagande qui fait germer l'étiange doctrine de s'appuyer sur les intérêts moraux de la révolu- tion. Ils qualiiicut de révolutiounaii'cs les hommes qui en sont les victimes : c'est la taclitjue de tous ces charlatans qui ne sont pliilosophes que par spéculation , et que l'impunité encourage. » On voit que dans tous les temps, et partout, la révolution a toujours e'té la même. Aujourd'hui elle parle encore en France comme elle y parla autrciois, comme elle parla à Saint-Domingue, et de nos jours nous entendons répéter que ce sont les défenseurs (lu trône qui l'ont renversé j que les victimes ont créé les bourreaux, et l'on nous dit que si un régicide est nommé à laChambre Ags Députés, ce sont les royalistes qui l'y ont porté. De telles doctrines perdent, à la vérité, chaf|ue jour de leur empire; mais les révolution- naires ne se fatiguent pas pour cela. Ils auroient afiairc à une nation d'iinbécilles , qu'ils ne pour- suivroient jias leur sol ouvrage avec plus de per- sévérance. Les causes des troubles de Saint-Domingue sont parfaitement détaillées dans l'ouvrage dont nous ne jjouvons donner (pi'une loihle analyse, et on V voit combien li\s écrits incejidiaires de la faction dite Société des Amis des Noirs a coûté de sang à Cl tle malheureuse colonie. M. l'abbé Grégoire, alors curé dEmbermen il , a voit faitréj)andre dans les colonies un ouvrage qui appelloit les Nègres à ( 179 ) ^ la révohe , et voiioit les blancs à la mort. Paisse^ je voir une insurrection générale dans F Univers y pour étoujjer la tyrannie , ressusciter la liberté/ etc. . Ainsi s'i'Xprinioit le prêtre! et son vœu l'ut exaucé ; l'insurrection fut ffénéi'ale à vSaint- Doniinfjue ; et là , comme en France, l'arbre de la liberté révolutionnaire fut arrosé de sang, et planté sur des monceaux de cadavres. J/inslabililé des mesures législatives, l'incohé- rence des décrets rendus par rAssembice natio- nale , furent les causes des fautes que Ton a repro- chées à la premièi-e assemblée coloniale, qui put, quelquefois, selon l'auteur, pécher par les formes, mais qui dans loTond voyoit bien et voyoit justej car elle demandoit, non l'indépendance de la colonie , mais bien le droit de statuer sur sou régime intérieur. Or, cette prétention paroîtra toute naturelle, si l'on se reporte à l'acte pri- mitif de possession de Saint-Domingue. Cette colonie se donna à Louis XÏV, sous la clause expresse d'une protection active , continuelle , et d'un affranchissement absolu de toute espèce, d'impôts. Louis XIV se regardoit si bien engagé par cette clause, que lorsque ses revers l'obli- gèrent à chercher de nouvelles ressources, loin de se croire le droit d'imposer Saint-Domingue, il s'adressa à la colonie pour lui demander des octrois. Cette demande fut accordée par une assemblée nationale, où les habitans s'imposèrent eux-mêmes; et, depuis cette époque, ils renouve- lèrent ce même don tous les cinq ans. L'auteur parcourt toutes les époques des dé- sastres de Saint-Domingue, les révoltes des nègres, l'arrivée des commissaires Polverel et Sanlhonax. II dépeint 1^ caractère de ces hommes, fomentant desdivisions, pour régner, et finissant par détruire la colonie. Le tableau de la nouvelle commission civileenvoyéepar le Directoire àSaint-Domingue, C i8o ) succède à tous ces détails. La mésintelliirenee éclate bientôt parmi ses memlivcs. Le iiè^re Toussaint, qui avoit figuré dans la premièie in- surrection, et qui étoit ensuite venu se ranger sous les drapeaux dr la république.^ joue à la l'ois les commissaires et le général 5 ii finit par se dé- barrasser d'eux , et préparer ainsi sa puissance. L'expédition du général Leclerc avoit eu im résultat heureux : en moins de trois mois la colonie avoit été soumise. Avec de la sagesse et de Thabi- leté on l'eût conservée; mais de grandes iautcs et de fausses mesures firent évanouir tons les avantages de la victoire; elles p\*ovoquèrent de nouvelles insurrections, elles amenèrent un nou- Tcl état de trouble et de malaise, et déterminèrent l'évacuation des points même de l'île que l'on auroit pu encore conserver : mais c'est ici où il faut lire les réflexions de l'auteur lui-même; elles frappent par leur analogie avec les fautes dont la France est chaque jour la victime. JMais, dira-t-on, par quelle fatalité une expé- dition aussi heureusement commencée n'a-t-elle bientôt plus offert que l'issue la plus funeste? Par une raison toute simple : parce qu'on n'a pas su conserver dans le cabinet le même aplomb que sur le champ de bataille; parce qu'il ne falloit pas débuter dans l'administration par une marche douteuse et équivoque; parce que les opinions pour le système colonial ont été divergentes; parce qu'au lieu d'appeler des eolons sages, on a re- poussé leurs conseils en leur supposant de vieux préjugés sur lesquels leur propre intérêt les por- toit à transiger; parce qu'il ne falloit pas confier à des nègres le désarmement d'autres nègres Ainsi, pourroit-on dire à nos hommes d'Etat, Yoyez et comparez : vous aussi vous avez débuté après la victoire de la restauration par une marche douteuse et équivoque j vous avez repoussé les^ ( i8i ) ^cxM sa^es ti fidèles; vous vous êtes plu à leur supposer des sentirnens qu'ils n'avoicnt pas; vous avez confié à la rcvolutiou le soiu de désarmer la révolulion. Où voulez-vous aller avec un tel sys- tème? Et qu'est-il ad\('nii de Saiut-Domingue? jRcfl''chisser pendant qu'il en est temps encore; n'attendez pas que le résultat de vos funestes conceptions vous ôte tout inoj'en de sauver votre pavs , et que rexj)crience , lorsqu'elle est si récente, vous serve du moins à quelque chose. M. Clausson s'occupe aussi de l'état actuel de Saint-Doming;ue, du dépérissement de l'agricul- ture ; H combat différens ouvrages tendans à égarer l'opinion sur l'étal de cette colonie. Il pré- sente le tableau des deuv gouvernemrns sous lesquels elle gémit aujourd'hui. Fort df-son expé- rience et de SCS conjioissances locales, il repous.ve toute idée tendante à affranchir cette île de ^a dépendance de la métropole, et pense qu'il e.'^t beaucoup moins difficile qu'on ne le croit d'en rcprer.dre possession. En tout, cet ouvrage mérite d'être lu et médité ; il fait connoître la série des événemens, et en démontre les causes réelles. L'esquisse est rapide, mais elle est suffisante pour fixer l'opinion; et, quoique propriétaire à baint-Domingue , l'auteur a M lis dans son Précis une impartialité qui lui mérite de fournir des matériaux, à l'histoire. EXPOSITION DES TABLEAUX. (Troisième article.) SUITE DES TABLEAUX D'HISTOIRE. La MLSurrection de Lazare, par M. Destouches, est le premier ouvrage d'un jeune homme qui fait «oncevoir de -grandes espérances^ et déjà en l'éa- C i82 ) lise une partie. La figure de Lazare est bien mo- delée, d'un cnraclère fort noble et d'un bel eflct. On en peut dire autant de tout le groupe place à la droite du spectateur, et qui se dislingue aussi par une touche mâle , hardie , Une couleur îranche, des poses naturelles et de l'expression dans les têtes. Li^s personnages du côté gauche sont traités avec moius de soins et d'études; cette disparate est tellement marquée , qu'on diroit que deux mains ont coopéré à ce tableau. Au reste , l'auteur a prouvé , par la première moitié, qu'il étoit capable de mieux exécuter la seconde. Qu'à l'avenir chacune de ses œuvres forme un tout indivisible , et nous nous féliciterons de ne plus partager en deux , ni ses tableaux, ni nos obser- vations. Encore un tableau que l'on voudroit couper en deux, cesiT ylssomption, par M. Blondel. Taudis que la partie supérieure, qui dcAroit élre toute aérienne, toute brillante , est au contraire lourde et pâle, que la \ierge, embarrassée dans une draperie épaisse, tombe du ciel au lieu d'y mon- ter ; la partie inférieure est belle d'effet , d'un dessin ferme, et peinte avec une grande pratique. Toutefois cette qualité même auroit son danger, si l'artiste crovoit que l'iiabitude ^/'creru/f/' j)eut suppléer l'obligalion di'tudicr. M. Blondd seioit d'auiaut moius excusable de se livrer à cette illu- sion de la paresse, (|ue ce qu'il recherche avec soin est bien j)référal>fe à ce qu'il rencontre sans efîbrls. ÎNous n'en voulons pour preuve que le soldai debout, la jeune femme, et siirloul l'iiomme à genoux , (jui enloiirent 1<; tombeau désert. Ce sont des témoins (jue M. Blondel ne récusera pas T)lus que nous : ils déposent à la fois en faveur de notre opinion et de son talent. 'J',in»lis que la Vierge de INI . Blondel paroît des- cendre, celle de M.Prud'hon s'élève à travers la ( i8J ) vapeur d'un citl inondé de lumière , dont elle sembla partager la tran.spareuce. M. Prud'hon a un genre «jui einbarrasse la critique : on n'-ose le juger d'après les règles ordinaii-es. Assurément son stvle est maniéré, luais il est dune rare élé- gance^ sa couleur est lactlce , mais séduisante j toutes ses têtes ont un air de iamiile, mais toutes les dames youdroient être de cette iamille-là , et pour notre compte nous ne nous en plaindrions pas. Le moven donc de bUàmer en peinture ce qui nous cliarmeroit en réalité.' Assurément en- core , celle Vierge a les yeux démesurément grands , et jamais tète vivante ne pom-roit les contenir; mais les grands veux sont nne si belle oliose 1 tous ces pieds si élégamment efiilés , sont d'une petitesse inconcevable 5 mais c'est si joli des jietils pieds bien effilés! D'ailleurs , n'est-ce pas pour di;s anges un objet de pur ornement? l^uand on a des ailes , qu'est-il besoin de pouvoir niarcliPr ? Seulement, à propos de pieds, nous demanderons à M. Prudhon pourquoi ses nom- breux personnages, sans exception, ont tous le même , et le montrent tous exactement sous le même aspect. Ct;tte répétition uniiorme , et sans exemple peut-être , est aussi par trop surnatu- relle. Passe pour la similitude des visages ; mais tin peu de variété dans la famille des pieds cé- lestes, ou du moins dans leur position, n'auroit pas nui à l'harmonie générale. Que; M. Prud lion nous pardonne celte mauvaise chicane en faveur de la justice que nous rendons à ses anges, beaux et divins comme leur nom , et surtout à celui placé à la droite de la\ierge, si suave, si gra- cieux, et que Le ('orrège \\\\ auroit envié. Certes, c'est là le bon ans^e de Isï. Prud hon. Parmi ceux dont on ne voit (jue iTléle dans la vapeur, il y en a aussi de bien jolis. (Cependant ou ne dira pas que ce sont des anges tels que Jules Komaia (.184) les avoit rêvés ; ce ne sont pas non plus cens que RapLacl avoit vus. Ce sont les anales de M. Pru- d'hon : ils lui ap|)avtiennent eu propre , et il faut les lui laisser. Quiconque les admirera aura rai- son : c[uiconque les iniitcroit auroit tort. Pour reposer n-os yeux éblouis de cet océan de clarté , regardons le Saint Char/es Borromce , secoura?i( pciuluul la nuit les pestifcrcs de Milan. M. Grauj^er, eu traitant une scèue nocturne dans un cadre de si vaste diuiens-ion, s'est créé d'ex- tiêmes difiîcultés , qu'il a souvent heureusement vaincues. Le groupe de saint Charles portant un cniaat, et du clergé qui laccompagne, est très- 3>cau. Ou désireroit que les autres personnages , et parîiculièremeuLles pestiférés des second et troi- sième pî.'ins , fussent plus liés entre eux , et à l'ac- llon priucipale ; la composilion scuiLle trop épar- pillée. On remarque aussi \\i\ peu de roideur dans ic dessin ; les draperies sont lourdes , et ce dé- faut étoit presque inévitable, le genre de lumière ne permeftanl de donner aux étoiles, ni reflets, ni transparence. Mais ce qui est vraiment merveil- leux, c'est tout le fond , où l'air, la vapeur, la lu- mière circulent à faire illusion : on croit sentir la fraîcheur de la nuit. Sous le rapport de la per- spective aérienne, ce tableau est sans contredit un des plus remarquables de l'Exposition. Ter- jniuons-en l'éloge en observant qu'une feuille jacobine , qu'on ne lit pas , l'a traité avec uile rigueur vraiment /i^c/'a/c. Est-ce que M. Oranger smoit à la fois peintre habile et royaliste? A propos de feuille jacobine, voici encore une Peste que nous croyons devoir tirer de l'injusle obscurité où certains critiques auroient voulu i'tnsevelij" j c'est la Pcsie de Marseille , ou plutôt le Dévouement du vertueux Belzuncc, par IM. jNIou- siau. La composilion en est sage; les diflérentes pra'ties se baiauceat bien sans se coufondrc. La ( i85 ) tèle Jti pvèbt (nous avans presque dit du saîvt)^ À nnc ]jc!!e expression, joint, (iil-on, le mchi'l^ de la rosscinhlaiice. L<î jjînc«\Tii a de la douceur, qui ptnil-êtrc déi^riî<^rc quch|uci >is en inoHesse. On voudroit que les parties nues fassent plus étu- diées et plus vij^areusemeut accusées. C<'pendant ce tahleau , bien (p.i'inférieur au })eau Moliire lisant le Tartufe, qui a fait la réputation de l'au- teur, n'est point indigne de {ignrer à côté de lui dans le même cabinet. On regrette que M. Mon- siaii n'ait pas exposé aussi sxu Apothéose cl» Louis Xf'I, qui décore aujourd'hui l'Oratoire de Madame. Sans doute, à la prière du peintre, la fille du Martyr eût cédé à la vénération publique cette royale image , devenue plus saci^ée pour nous «le toutes les larmes qci ont coulé devant eiie. M. Pallière avoit exposé, des l'ouverture du Salon, un saint Pierre guérissant un Boiteux. Depuis, il Y ^ joint Tohie rendant la vue à son père. Ce maître , qu'on peut ranger parmi [es coloristes vrais , qu'il ne faut pas confondre avec les coloristes brillans, voit tout ce qu'il veut {>eindre, et ne peint que ce qu'il a vu. Dans toutes curs parties, ses œuvres annoncent des études scrupuleusement faites. Des figures ])leines de mouvement, des draperies suivant bien le mou- vement des ligures et ne trahissant jamais le man- nequin , des fonds riches et pittoresques, telles sont les qualités qu'on admire dans ces deux ta- bleaux. Le second, préférable par l'intérêt du sujet, Test aussi , ce nous semble, par un stvle et un caractère plus nobles que dans le premier- car, en L^énéral, M. Pallière sait mieux étudier ses modèles que les choisir : c^est là son côté foible, et cette tendance vers une nature commune est ce qu'il doit sans cesse s'attacher à combattre. Cependant, les jeunes pasteurs qui assistent à ht guéiison de Tobie, prouvent qu'il sait, dès au- jourd'hui, allier l'élégance à la naïveté : ce sont TOHS V. — 56e LlVEAISOIf, i3 ( ^8(i ) doux tôtcs cliarmauk's. jN'oublions pas de louèf aussi cette idée, si lieurenseincul simple, d'avoir fait tomber un layon de soleil sur les yeux encore l'eimés du vieillard. Ou ne peut plus ingénieuse- ment exprimer à la fois ([ue la vue du Ciel va lui être rendue, et que c'est du Ciel aussi que descen- dra le bienfait. Il n'est pas de tableau plus difficile à juger que la Descente de Croix de iM. Paulin Guérin. Il pré- sente un mélange inconcevable de bien et de mal. Une couleur plutôt bizarre que mauvaise , et mo- notone quoique vigoureuse 5 une lumière verte , d'un effet lourd , sans pourtant manquer de trans- parence ; auprès de parties supérieurement des- ^:[lées, des incorrections qui choquent d'abord l'œil le moins exercé, par exemple le haut du ))nste du Christ évidemment trop étroit 5 des ca- ïMclères communs à côté des inspirations les plus éievécs ; de savantes combinaisons de clair-ohscur, etenmemetempsroubiidelaperspectiveaéri(;nne, iioiamment dans la croix, qui est beaucoup trop ])rès du premier plan, sida femme tjui s'y appuie n'est pas beaucoup trop petite : voilà Avs dispa- ral<;s qui étonnent dans un artiste aussi distingué, et que ses précédens ouvrages peuvent faire juger sévèrement. Cependant, dans celui-ci, on trouve encore telles figures qui ne laissent rien à désirer que (le les rencontrer ailleurs. jNous citerons celle coiffée d'un turban qui se détache sur le Ciel : on ne peut rien voir de mieux ajusté ni de mieux peint. Au reste, cette incohérence dont on s'é- tonne, ne fprendroil-elle pas sa .source dans une intention d'imiter ici Lebrun, et plus encore le vieux Palme? S il étoit vrai, (|ue IVl. Paulin (jué- rin se hâle de redevenir lui-même : le public et lui ne pourront qu'y gagner. INI. Oelorme, dont on devineroil la jeunesse seulement à son audace, a osé aborder un sujet hérissé des ]dus redoutables didjcidtés, et <[ui , pour lu pensée et l'exéculiou, eût exigé un mailrc tics long-temps îiiîlié aux ])1 us profonds mystères lie son arl. Il a peint Jcsns-Cltrisl descendant dans /es limbes. Tout ce (ju'unepareille scène, de Tordre Ift ])lus sublime et toute d'inspiration, imposoit de t de manière-, la couleur convenable- uiêat sévère, et le faire très-aisé 5 mais que l'en- i3. ( '88 ) fft'mMc est IVoifl, et l'effet général .sans pittportîon «vec les Ijcautés répanclues en grand nombre tians les (lélails. Seroit-ce par hasard la faute du sujet? On potirroit le craindre. Depuis trente ans que nous les parodions, les anciens héros sont bien lombes dans l'opinion ; Qui nous délivrera des Grecs et des Romains, a dit M. Berchou^ au sujet de la poésie. Noire barbarie vcjudroit-eile aussi les bannir de la pein- ture? Cependant , c'étoit un bien galant homme que ce Phocion, et la femme de Mégare étoit une biiMi brave femme! Si la belle Gabriellc d'Eslrées n^^voît pas pré- cisémentautautdevertiîquecettehonnêtepaïenne, convenons que Hcnri-le-Grand et le grand Sullj mei-iloieiit au moins autant que Phocion de trou- ver un bon peintre. M. Fragonard s'(-st présenté, rt le Béarnais etson noble ami n'aurontpointà s'en T)^aindre. Quoique l'anecdote qu'il a retracée sem- Idât plutôt le sujet d'un tableaur/e .^e/^rc, M. Fra- gonard, persuadé que de si grands hommes doivent toujours être montres grands, a mesuré sa toile à son enthousiasme. Son Henri, ou pour dire mieux, noire Henri est supérieurement posé, et l'exjjres- Sion de sa physionomie d'autant plus habilement saisie, que, tout en peignant la colère, elle n'a lien perdu de sa ressemblance avec les portraifs où nous avons coutume de la voir respirant la bouté la plus affectueuse. C'est bien ainsi que Henri devoit se fâclier,- et, soit dit en passant, le bon Boi se fàchoit plus souvent que ne le croient cer- l "ins niais qui ne le connoissent que d'après les U'scours de certains orateurs. La tête de Sully est d'une intention moins décidée, et on pourroitlui '■•^l'rocher une teinte d'indifrèrenccj a cela près, Cf-lte fitrure est d'un excellent effet. Seulement, *^n voudroitia rappiocher nu peu })lus de celle du Boi avec lequel elle se grouperoit mieux, et alors le tableau ne «croit plus si symétriquement divisé ( i89 ) par tiers entre les trois personnages. Le moins favorisé du peintre est Gabrielle. M. Fi-ai ( '9^ } M. le vicomte d'Agoult de tomber sur M. ie vi- comte de Montmorency, et après ieur avoir rendu ce bon office, rendons justice à la ressemblais ce de ces deux portraits. IMais surtout niellons vite à l'écart, et loin de certains yeux, ces deux bate- liers qu'on ne peut soîiirrir en si bonne compagnie sans les hahiller , et qu'il srroit pourtant bien fâ- cheux de ne pas laisser nus , tant on aime .à étudier dos îit^Mi*es si adinirabienxnt modelées et si lar^i^e- raent prinles... (^uant à .Madame, uoms la clier- clions , etnela trouvons pas. Voici bien une femme à s» place qui voudroitlui ressembler^ mai^ ce n'est' ni i'œil ni le cœur des royalistes qu^on trompe sur une identité si chère. Apparemment que S. xi. i\. est déjù embarquée. Attendons son retour 5 que cette lois M. (iros ne la man, et le défaut d'espace seul nous a empêchés d analyser tous les ouvi'ag. s nui nous ont frappés; tels que ceux de ]NLM. (ias- sies, Dejuinne, Kouget et l'ranque, et plus parti- culièrement de 'XilsV. (juil)ot et SchnetZjtous pro- nicltiint beaucoup 5 ou tenant déjà parole. C est sur le caractère général de ces protlucîions que nous avons àt. basm- nos éloges comme nolie critique. Tout est relatif, et l'on sait que, celle ( »93 ) année,les hauts points (le comparaison ontmar«qii( , Quel amateur ne s'est pas alHigé , comme nous , de clierclier vainement dans le Catalogue, les noms de M. Guérin, auteur de Phèdre, de M. Gérard , premier peintre du Roi , et de M. (iirodet, pre- mier peiuti'e du siècle ? Le Comte OMahony. Paris, le 22 octobre 1819. C'est donc au i5 novembre que l'onvcrlure des Chambres a été fixée ])ar le Roi. Ljillitude que prendront les pairs et les députés peut sauver la France, ou la livrer à de nouveaux mailieurs. On peut raisonnablement penser que les amis de la pairie et du trône ne se montreront pas indiffé- rens à l'inconcevable outrage qu'a reçu dans les élections la majesté rovale. Sans vouloir deviner ce qu'ils feront , ce qu'ils diront, il nous est per- mis de préjuger qu'ils diront tout ce qui est coji- ^enable, (Qu'ils feront tout ce qui est juste et géné- reux. Le respect que nous avons ]>our les trois pou- voirs qui concourent à la formation fies lois , ïious donne la conviction que , dans une circonstance si iitiportante , le gouvernement, les pairs et les députés ne voudront pas rester au-dessous des devoirs qu'ils ont à remplir. Qu'ils ne s'y trompent pas en effet :1a nomination d'un homme j)lus cou- pable encore que les autres régicides, n est qu'un essai de ce qu'osera le génie du mal, si son audace n'est ])asdès à présent réprimée. Que se proposejit ceux qu'il inspire ? Le renversement de la religion calholi(|ue , l'expulsion de la famille des Bourbon <;. îse vienntnt-ils pas d'y préluder de la manière la plus scandaleuse, et chaque pas qu'ils font jour- nellement ne révèle-t-il pas leurs complots et leurs espérances? Ils savent que le trône est appuyé sur l'autel, et sans cesse ils inventent de nouveaux mensonges, des calomnies nouvelles pour décon- sidérer et a\iiir le cJcJgé. Voilà qu'ils lui le- ( ^94 ) procliont \u\p plate soumission au scouvcrnement , c-t iju'ils accusent le grand Bossp.el (lavoir encou- raçé cette soumission par son exemple. Ils ignorent donc, ou plutôt ils leigncnt d ignorer que celui ï{ui mérita d'être appelé de son vivant un Père de l'Eglise, fit entendre constamment à Louis XIV et à l'héritier de sa couronne les plus sévères et ]cs plus nobles vérités- que, dans toutes les admi- nistrations provinciales, sous Louis XIII, sotis Louis XIV et sous Louis XV, ce furent les mem- ])resdu(lergéqui donnèrent fréquemment l'exem- ple d'une courageuse résistance, et défendirent jusqu'au milieu de la cour la cause et les intérêts des peuples. Le génie du mal sait c|ue les Français se sont distingués de tout temps par leur amour pour leurs Princes, et que ce sentiment formoit une des qualités dominantes de leur caractère : il faut donc qu'il travaille à l'efl'acer de leur cœur. De là ces anecdotes outrageantes qu'un journal va inventer jusque dans le cabinet du Souverain 5 de là ces prétendues réclamations contre tout ce qui peut marquer la différence des rangs dans un Etat qui est encore une monarchie ; de là cette inju- rieuse e'galité qu'on voudroit établir entre les membres de la Famille Royale et les plus simjiles particuliers. L'esprit révolutionnaire ne s'arrête p< intdans sa marche. Vous l'entendez, non plus insinuer, mais publier hautement le principe de la souveraineté du pquple. On voit clairement le but où tendent ses j)eifidics, quand il nous dit que l'autorité royale est émanée de la volonté.po- ]iulaire, qu'elle n'est légitime que lors([u'elle tire ja source du vœu national, que c'est là le titre qui transiéra le sceptrede Charleniagnc dans les mains de Hugues-Capet. Et cela nous rappelle les propos «fue tenoit sur l'éligibilité des Rois sous les deux premières races, un pré.sident de collège électoral i* l'époque de l'ordonnance du 5 septembre. Sans enlrci- dans la discussion de ces points his- toriques, nous demanderon? si c'est dans l'intéi'ét ( '9' ) lie la TTioiinrchie légitime et do la Charte que de paréiih's doctrines sont prolessérs ? Est-ce aussi dans des intentions droites et pures que Ton se livre à des détails particuliers sur la manière de penser et de vivre, de Buonaparle , qu'on en fait un oracle du système par -lequel l'Europe tend à ^e coustitutionnaliscr , le pro;diète de la chute de tout gouvenienient qui ne voudra pas marcher avec les idées libérales , et qu'on le jieint comme Charles XII à Bender ? Cette dernière compa- raison ne décèle-t-elle pas l'arrière-pensée d'in- téresserle publicen faveur de l'usurpateur déchu, qu'on nous présente comme un roi prisonnier de guérie dont ses peuples attendent la délivrance et le retour ? INous ne parlerons pas de ces parodies indé- centes contre la relit^ion et ses ministres , turpi- tudes qui salissent chaque jour les gazettes révo- lutionnaires. iMais que les feuilles mini^^térielles se lassent les éclins de ces honteuses déclamations, qu'elles se permettent des plaisanteries, aussi fades que scandaleuses, sur l'oLjet du respect de tous les gens de bieii , n'est-ce pas l'ind'ce, ou plutôt la preuve de toute absence de pudeur et de rai- son ? Les minisires du Roi légitim-c, du Roi très- chrétien , ne dés]ionorcnt-ils pas leur protection, lorsqu'ils l'accordent à des profanations si crimi- nelles? Faut-il que des catholiques soient obligés d'aller chercher en Angleterre, dans une commu- nion séparée de l'Eglise romaine , des exemples de vénération pour le christianisme , de juste sé- vérité contre ceux qui en outragent la sainteté par leurs blas])lièmes? La condamnation Av. libellisle Carlile, l'horreur que ses impiétés ont inspirée à tout ce qui honore la nation aïiglaise, n'offrent- elles pas aux dépositaires de l'autorité royale en France , d'aussi utiles et importantes leçons que celles qu'ils o"nt déjà reçues de la vigilance et de l'énergie de l'Europe? ( i9^> ) OnyriiOTit-ils enfin los ycuv strr les suites d(? Jciir i un este c l tl é}>] oral)! esystèiitc? l'amour propre les empêchera-l-il de reconnoître les tnrl.s de leur aveuglement? s'obstineront-ils à sacrifier la mo- narchie à leur vfiniîé ? IS'otis ne disons pas à leur ambition; car, dans ce .sentiment f|ui îrop souvent conduit au crime, quelque chose pourtant sup- pose encore un certain degré d'élévation ; et mal- heureusement nous avons à gémir de la pelitessc autant que de la déloyauté de nos hommes d'Etat. Si i ou en croit les bruits qui se renoîivellent , il paroîtroit que la réconciliai ion opérée enlre eux n'auroit pas éfé de longue duiée ; on s'y atten- doit, on l'avoit prédit. Suivant ces bruits, les voilà plus brouillés que jamais : rien de plus naturel; ce n'est que pour le bien, ce n'est que par un prii.cipc de vertu que les racommode- mens peuvent être sincères etsolides. Cette brouil- Icjie de nos ministres, en admettant qu'elle soit rt-elle, nous amenera-t-eile un changement dans les hommes ou dans les choses? Si le pouvoir passe seulement en d'au ti es mains, à la coud il ion d'en faire le mémo usao^e fjue par le passé , nous ne voyons là aucun avantage pour la cause de la lé- jçitimifé. C'tstle système qu'il faut changer sous peine de périr: c'est aux principes monarchiques qu il faut revenir entîn, ou c'en est lait de la mo- narchie. Oue l'on répète à satiété contre les royalistes d'absurdes imputations auxquelles ceux qui 1<îs font ne croient pas eux-mêmes ; que l'on abuse encore les ésj>rils foibles eu les cU'iavaut du dan- L^er de prétv titions chimériques, de droits et de priviiègos oubliés ; ([ue 1 ou invente de nouvelles défmitjons de l'obéissance ; qu'on l'érigé en fille de la raison , appai-emment de cette prostituée qui se fnisoit adorer, aux bons jours tle 17!)^ , dans les temples et snr les autels du vrai Dieu ; que l'on c)rnpose la société sur des éléraeus tout ( ^97 ) noiTveniix ; que l'on lei^aide les ultra , c'est à- tliro les rovalistcs, comme une société dans la société : tout cet échalaudaire d'idéologie creuse, d. abstractions métaphysiques , de reproches nien- snni^crs , de terreur calomnieuse , n'est qu'une lautasmaçorie qui s'évanouit à la simple lumière du bon sens et de rexpérience. Les royalistes ibriuent la masse de la nation , ou nous n'avons pas la rovauté 5 les royalistes ne vexiientpas la royauté lej>itinie comme une émanation de la Charte j ils venient la Charte comme une émanation de la légi- timité. Entre ceux qui professent cette doctrine, et ceux qui dogmatisent sur la souveraineté du peuple, il n'y a point, il ne peut y avoir de sage milieu, ou vous mettez un milieu entre le vice et la vertu. En dernière analyse, voilà cependant le çuide trompeur qui conduiroit les ministres, en les supposant de bonne loi. jNous n'avons rien dit jusqu'à présent des pro- jets d'organisation administrative dont paroît s occuper le ministère. Pourquoi? c'est que nous n'avons rien de bon à attendre des fabricateurs de l'ordounnuce du 5 septembre, de la loi des élec- tions et de celle du recrutement. Timeo Danaos et donafcrentes, disoil ce prince troven, en voyant la fatale ma- chine préparée pour la ruint; d'Ilion. jN'avons- )!0us pas lieu de craindre que toute cette machine de législalioïi ne soit un artifice inventé par nos modernes Ulysses, et qui inlroduiroit l'ennemi dans le sein delà monarchie? iN 'avons-nous pas à redouter la contagion des principes démago- giques? Et si toutes nos institutions venoient à être empestées de ce levain révululioiniaire , que resteroit-il à cette France glorieuse d'une monar- chie de quatorze siècles ? Le regret de n'avoir pas cru les prédictions, de n'avoir pas suivi les conseils de ceux qui i'averlissoieutcte se délier des présens tl*Ulysse et drs monsonoes de Sinon? Quelle in- novation législative vt dans 1 administration et dans l'instruction publique , pouiroit être utile, à inoins que la religion ne soit lionorée et resj)ectéè comme elle doit l'être dans le royaume du fils aîné de l'Eglise, dans l'héritage de saint Louis, d Henii IV et de Louis XIV, à moins que la jus- tice et la vérité n'inspirent les préparateurs de nos lois, à moins que la propriété ne redevienne la l)ase de tout étaLlissenient social 1 Aloi-s, seule- ment, on verroit avec confiance nos ministres et nos législateurs consacrer des méditations appro- fondies à l'examen de ces grandes questions, in- voquer les lumières et les leçons de l'expérience, puiser dans les exemples du passé tout ce qui peut se concilier avec les besoins du temps présent. Alors ils ne dédaigneroient pas les modèles que leur présentent ces administrations qui iaisoient la gloire et la prospérité des provinces où elles étoient établies. Et quels plus beaux modèles à leur offrir que les Etats de Languedoc? C'est là qu'ils apprendroient comment le principe de la propriété servoitde fondement à toutes les corpo- rations, depuis la communauté municipale et l'as- semblée de diocèse jusqu'à l'assemblée générale de la province 5 c'est là cfu'ils verroient les libertés jvubliques aussinoblement garanties que sagement constituées, et les droits du peuple défendus jus- qu'au pied du trône; et j)ar (jui? par des évêques et des nobles, qui n'avoient eux-mêmes , comme les membi'es du tiers-étal, d'autres droits que ceux de la propriété. Au milieu du déchaînement de toutes les pas- sions violentes, dans cette fermentation d'intrigues et d'ambitions j)articulières , avec toutes les ar- rière-pensées de la démagogie ou de l'usurpation, peut-on raisonnablement se livrera des discussions qui demandent tant debonnefoiet d'imj)artialilé ? Prouvez-nous que ces seutimcns vous animent^, et ( ^99 ) KOiis acceploroTis vos prcsens ; donnez-nous la st'curité avant de prétendre à notre veconnois- sance. Tâchez de nous persuader que vos plans ne «ont pas la suite du syslème de guerre dont vous accablez les rovalistes; que vous ne voulez pas offrir de nou> elles victimes à ceux cjui crient à la persécution quand ils ne cessent de persécuter 5 que votre but n'est pas de bouleverser tous ces conseils généraux qui ne se sont pas montrés assez dociles à vos caprices , qui ont préféré les Frères de la Doctrine chrétienne à l'enseignement mu- tuel ; qui ont osé , comme celui de l.oir et Cher, adresser des regrets à des administrateurs destitués dont ils apprécioientlestalensetlabonne conduite. Peut-être nos ministres seront-ils trop occupés de leur défense personnelle pour apporter ces pro- jets de loi à la prochaine session, à moins que ce ne soit pour eux un moyen de distraire l'attention publique qui a des comptes si sévères à leur de- mander. La Charte les fait responsables , leur volonté les fait inviolables : qu'ils y prennent garde ,1e jour peut arriver où ils seront contraints de répondre. Si , dans la Chambre des Pairs ; si , dans la Chambre des Députés, une voix coura- geuse s'élevoit, qui les accusât de tant de maux causés par leur entêtement et leur imprévoyance, et qui leur dît : « La France aspiroit et touchoit au moment d'être tranquille ^ vous avez rejetédans sftn sein les brandons delà Discorde; vous avez r<''veillé les haines et les ressentiraens 5 vous avez lait des ennemis irréconciliables de tous ceux que divisoient des nuances d'opinion, mais qui dési- roient l'oubli du passé ; vous avez établi sur tous les points de ce beau royaume des foyers de brigues, fie cabales et de conspirations; vous avez accou- tumé la multitude à secouer le frein delà religion et de la morale, vous l'avez corrompue par le rai- sonnement etle sophisme; par la foule de vos prétendues ipstitutions , vous avez dénaturé toutes les idées , toutes les notions du juste cl de l'injuste: ( 200 ) VOUS avez tlénouillc la couronne de ses préroiTti ■ fives légitimes, et vous avez cru 1 enrichir ou la ilédoinniager par votre despotisme capricieux ; cnliii , le (leruier chel-d'œuvre de votre loi d'élec- tions a été d'amener dans une Chambre de Députés inonarclii{[ues le provocateur du renversement de la monarchie, un j)rélre juge et assassin de son Jîoi ; aujouid liai la royauté, la légitimité sont de nouveau nu nacées , leurs périls sont le re'sultat de \os combinaisons ou de votre incapacité. Que répondrez-vous à la France royaliste (][ui vous accuse? » Pour faire taire une voix si terrible, les ministres nuroient-ils recours à de nouveaux coups d'Etat? Créeroient-i]s de nouveaux Pairs pour augmenter le nombre de leurs partisans? tli bien! c'est un danger de plus auquel ils exposeroient la royauté. S'ils ont lu Montesquieu, qu'ils se rappellent ce passage qu'on diroil écrit de nos jours : (( Le principe de la monarchie se corrompt » lorsque les premières dignités sont les marques » de la pi'emière servitude ; lorsqu'on ôte aux » grands le respect des peuples , et qu'on les rend w de vils instrumens du pouvoir arbitraire. î) Tl se corrompt encore plus lorsque l'honneur » a été mis en contradiction avec les honneurs, et » que l'on peut être à la fois couvert d'infamie et de » dignités, i) [Esprit des LoisyUw Vlil, chap. y.) T. f'ie de Louis- Joseph de Bombon-Condê , prince du sang, grand - maître de la Maison du Roi, colonel-général de l'infanterie, et gouverneur du duché de Bourgogne. Dédiée aux Armées fran- çaises , par C. A. Cliamb''lland. Trois vol. in -8°. Tom. 1". A Paris, chez Denlu, rue des Petits- Auguslins ; et chez le ISormant. Ze Conservateur rendra compte, par la suite, de cet ouvrage qui doit intéresser tous les amis du. troue et de la gloire de la Maison de Bourbon. MlVtW VW ^^ V*V V*V VWXWWk VVkVWV^^ VWMWW VW\WV\VVW\W\^^ vvwww\n\*vw>/*» LE CONSERVATEUR. CONSIDÉRATIOJNS POLITIQUES. Il est ))OTir les cvénemens que-le temps amène, coinmc poiii" les IViiits de la terre, une époque de maturité (qu'ils doivent atteindre , et qu'ils ne peuvent dépasser; ceux-ci , sans s'altérer et se cori'oinpre j ccux-la, sans prendre une nouvello direction. Cela est vrai du Lien comme du mal • mais avec cette différence que le bien, essentiellement fécond, anivé à sa maturité , produit dans la so- ciété , si l'on n'y met obstacle, les iruits les plus salutaires. Le mal au contraire, infécond de sa nature, arrivé à son plus haut période, est forcé de retomber sur lui-même; et ia loi première de ]a nature, la loi de la conservation des êtres , lui fait trouver dans ses jivopres excès des bornes à sa puissance de détruire , si détruire est une puissance, et n'est pas plutôt l'ijupuissance de produire et'de conserver» Ainsi, pour appliquer ce principe à notre ré- volution et à toutes ses phases , «piand l'Assem- blée constituante fut parvenue au terme de l'am- bition la plus folle dont des homnies puissent étro saisis, celle de constituer à prioj'i une société qui comploit quatorze siéclt.s de durée et de prospé- rité, elle finit snns honneur, honteuse de son propre (tuvracje, et recommandant à tout le monde le maintien d'une constitution qu'elle-même dé- sespf'roit de soulenii-. Ainsi, quand Koberspieire cutatieintle comble ToMB V. — 57« Livraison. i4 ( ao2 ) de l'orgueil Ixumaii) , en décvclaiil Icxistence de rÉtre-Suprême, on a remarqué qu'il ne lit (pie déchoir, et sembla pressentir sa chute inévitable. Ainsi , quand Buonaparte fut arii>c au laîU; de la gloire militaire, en allant à six cents Houes de ses iroutières inc<'ndier la cnpilale d un des em- pires \es pluspuissans qu'ait vu le monde civilisé , son étoile pâlit, et il déclina sensiblement : impru- dent dans tousses conseils, malheureux clans toutes ses eut reprises. Psous avions parcouru le cercle entier des ab- surdités , des extravagances et des crimes, nous avions tout usé et abusé de tout, et nous pouvions nous croire parvenus à ce terme au-delà duquel il n'y a plus que la lin et le néant, à ce point où une société, long-temps égarée dans des voies de j)vv- dition , doit nécessairement revenir sur ses pas, et sous peine de perdre jusqu'à sou nom , rentrer dans les voies naturelles de la raison et de la jus- tice. Telle étoit la marche naturelle des éyénemens, tel étoit surtout le vont de la France, de cette France victime delà révolution , même lorsqu'elle en a été la complice : et les cris de joie cju'elle fit entendre au retour de ses Rois légitimes, et ce délire d'allégresse, si je puis m'exprimer ainsi, dont elle lut saisie à cet heureux momeîit, et ii;s choix (ju'eile fit spontanémentpour la représenter en i8i5 , et offrir au Monarque ses vœux et sea besoins, prouvent mieux que tout ce que nous pourrions dire , quelle étoit sa vive impalieuce du retour de l'ordre dont la légitimité renaissant».' étoit pour elle l'annonce et le garant. ]Nous nous sommes trompés. Cet esprit de dé- sordre dpnt parle l'Evangile , chassé du lieu qu'il liabitoit, et las de promener son inquiétude dans le vide, a tlit ; « Je rentrerai dans la société dont )) je suis sorti. » Il y est rentré, il a trouvé tout ( 203 ) tli.sposc pour le recevoir, « et il sV est étahli avec » .scj)t autres esprits plus niéclians (|uc lui , et le » deruier état de cette socicté est (lc\euu pire que » le premier (i). » Pour parler sans ligure, en- core tout meurtris d'une révolution populaire, il a fallu nous rembar((uer dans une jfévolution qu'on peut appeler /«////.ï/cV/W/c , et certes à bon droit ; car les ministres ont sin; sang et eau pour nous y replonger, |)uur l;',ire remonter à la France le courant qui l'entraînoit vers un meilleur ave- nir, la dcvover de la roule religieuse et monar- rlii([ue où elle étoit entrée avec tant d'empresse- ment, et qu'elle suivoit d'un pas si assuié , et la rejeter dans les sentie' s inexlritables de l'irréli- gion et de la démocratie où elle avoit erré si long- temps. La révolution étoit desséchée par la res- tauration, comme l'ivvaie par les ardeurs de l'été. C'est avec des prodiges de soins et de culture qu'on l'a ranimée 5 et déjà elle étale ses feuilles verdovantes, et nous menace de ses fruits. Certes, les artisans de ce bel ouvrage peuvent dire , comme ces hommes dont parle /a Sagesse : yimhulavinius j)er vins dij/îciles , lassati surnus in tnà perditionîs . « iSous a\on3 marché par des routes impraîi- » cables ,• nous nous sommes lassés dans la voie » de perdition. » Il leur a fallu, en effet, des efforts incroyables poui^faire violence à la nature. On anroit rétabli dix sociétés avec moins de peine cl (V affliction d'esprit qu'on n'en a déplové pour en décomposer une 5 et lorsqu'on a vu à quelles petites intrigues , à quels petits siiccès , k quelles ( I ) Ciun immunilus spirilus eiierit de homirip. , auibulat per Inca arida , qucEivris rcqtticm , et non ùn/enil, Tum dicit : BcweHar in dninuni fiiPani unde exiwi , et l'cniens invenil eam ^acantem . scopit miinéLiltitn t-t ornatani ; tune i-adit et assuma scpteni alios spin'tus secum nrqiliores se , et intrantes habitant ibi , et fftint nouissima Ito- ininis illuii pejora priât ibus. Sic erit et generalîoni hiiic pessimie Saint iMaUli. cli. 12. 14. C M ) j>oli'{«'<; niajorilrs, à (jUfls j>clil>s liorniiics enfin on a dû ct'sdt-piurahles Irlomplies, oiircsle contondu d'étoiint'iiK'nt vl de douleur 5 et en rappelant dans jia iiiéinoir(; tout ce (puiriiisloire nous raconte des nialliems âes peuples et des erreurs de ceux qui les coiîduisent , on désespèie de trouver dans ces annales des misères et des folies humaijies, rien qui resseiLdjle à tout C€ que nous voyous de nos veux: 5 el jamais on ne donna un démenti plus formel à la justice, à la vertu, à la rai.^on , au Lon sens, à l'esprit, à toutes les qualités qui dis- tinîruent lespèce humaine entre toutes les autres. Celte révolution minisléiielle , qui a relevé la démocratie al>altue , et décoiiracfé la monarcljie renaissante, me pavoU avoir allcint cet apogée dont je parloiï tout à l'heure , par la nomination d'un régicide à la Chambre des Députés. Aussi les cliefs du j/arli, par un secret pressen- timent, redoutoient , dit-on , d'arriver si tôt à et* 5;ucc'"s^ extrême , et n'auroient ]vis \oulu peut-être tcnlei l'assaut avant que la ]>rèciie lut suftisamment ouverte , et que le iossé lût comblé ; mais leurs amis, les électeui-s de l'Isèi-e , qui n'en savent pas tant, n'ont pas voulu laisser à d'aulres la gloire qui doit revenir de cette nomination , à une j)roviiK-,e privilégiée, et qui avoit l'honneur de donner snn nom à l'hérili'r présomptif de la cou- ronncde rrauce. lisse sont doncliâlés de prendre les devants, et de faire à la Chambre desOéputéA ie présent d'un homme qui, outre rassenlimcnl «ju'il a doiiiié très-gralullement à la mort de i^Oîîi XVi , a encore, aux yeux de la France, le inéiilc insigue d'avoir contribué plus que qui ^|ue ce soit à lui enlevev sa belle colonie de Sainl- l)omingue , et ;» livj'er atix tigres de la côte de Guinée des millieis de ses conipatrio^es de tout âge cl de tout sexe. C'cil là, je le répète, lu maxiniimi , le riec j)ht* ( -ao,)' ) riîfra de la nouvelle rcvoluiltui , cl il 110 ,'»frr>il pas mifiiK alloliit, «[iiniid on vcn-f)il ;ini\ci' à lu <^l!;!;n!)ro vini;t ou liH'iilc i(''<;ici- sencc; tout aussi indiliérent luéuie ([iu; son opi- nion personnelle dans les déliliératîous , lïit-elle aussi exagérée en iH^valisiiic (pi'elir l'a été en dé- mocratie, EtraUi^e rajtjirc'clu'nient ! telles éloient la décence et la d(nic«'ur de nos nucui's , que le jujje qui auroitle pliis iégiti:uement proiioîicé la peine de mort contre un coupabie, se seroit abs- tenu de paroîLie sans nécessité aux yeux de la iamiib- du condamné; «pu* pas un de ceux qui ont ne sert tout entière qu'à ceux qui l'ont supportée. Tout ce que vos jfMines aduiinis- trateurs , venus au monde après les jours de dé- solation , savent de la révolution, ou tout ce ([u'ils en ont retenu , est l'abaissement de ceux-ci et l'élévation de ceux-là; et cette connoissance sulht à leur jalousie et à leur cupidité. La révolu- tion faite ou à faire n'est pour eux que cela, abais- sement des uns et élévation des autres, et sans doute ils ne trouvent rien que de tout-à-fait na- turel et d'avantageux dans ce déplacement. Seu- lement ils regrettent peut-être de n'être pas venus plus tôt: non i'idit obsessani curiam pourroit- on dire, comme Tacite, parlant du règne afireux de Domitien, disoit d'Agricola : Ils n'ont pas vu la demeure des Rois ensanglantée, la magistrature égorgée, la religion outragée, le sacerdoce immolé ou banni, la vertu ne sortant des prisons que pour monter sur l'échafaud ; la vieillesse , l'cn- tance , la jeunesse, tou^ les âges, tous les sexes , massacrés sans pitié. Ils n'ont pas vu tout ce que la sottise a de plus extravagant, la cruauté de plus réfléchi, la cupidité de plus vil, l'orgvieil de plus monstrueux, la haine de plus féroce, l'in- gratitude de plus l'évoltant, le malheur de plus accablant , l'héroïsme de la résignation de j^lus. sublime ; ils n'ont pas vu les 2 et 3 septembi'e , les 5 et 6 octobre, le 10 août, le 21 janvier 5 ils. n'ont pas vu 9^, ou si quelques uns l'ont vu, il en est peut-être qui l'ont oublié, et qui trouve- roient en eux-mêmes, ou dans leurs proches, de puissans motifs de ne pas se le rappeler.,. Eu ua. ( 2a3 ) iAot, ils iront pas vu la révolution : et qui n'a pa» vil la révolution n'a rien vu, et ne sait rien de ce qu'il iaul savoir pour conduire les boinmes après une révolution. Pour les tfileus^ il s< roit loul-à- fait déplacé, quand on écrit soi-même, de faire la part des uns et des autres, mais vous-même lisez et jugez i et si vous voulez connoîlre sur ce point l'opinion de l'Europe, il est tel homuie en î'rance, lié de seuliniens et de co]'r('sj)niidauces avec tout ce que l'Europe compte de meilleurs et 4cle plus forts esprits, qui pourroit vous dire quelle «st, sur les talens de ceux que vous persécutez et de ceux que vous favorisez, l'opinion universelle. Mais enfin, qvielle direclioii nouvelle prendront les événemens, aujoui'd liui (ju'iis ont alleinl i'ex- Irémiîé de la ligne qu'ils parcouroient? Si en France j où rien n'arrive, ni couime on le craint, ni comme on le désire; en France oii l'on veut conduire à pas comptés , par de £>rande.s iji- trigues et de petits svslèmes d'équilibi'e et de bascule , ce qui ne marclie jamais qii(* par coups ^ et où rien de grand ne se fait (uie ])ar élan , mai^^ où se fait tôt ou tard tout ce qui est naturel et raisonnable 5 en France où rien de contraire à la raison et à la nature ne peut s'ailerniii' , il est per- mis de combiner à l'avance (juelffue diose , et le ministère peut croire avoir à prendrt; diilé- rens partis. Il peut se jeter ii corps perdu dans la démocratie, au has;ird de nous donner une auti e représentation du régicide, après nous eu u>oi5' donné le leprésenlant. Mais alors pourquoi Cont^)romettre le succès de cette noble entreprise, eu courant la chance si lente du renouvellement successif des deux séries? DissolvoJis la Chambre, l'ouvrons dans toute la France le volcan électoral» reconqiosons une nouvelle députation générale a i aide de nos préfets, de nos sous-préfets , de nos j»*;»ircs , de nos agen.s de police , de nos eiuplo vé« ( 209 ) fliix flouaîics et aii\ ilroits réunis , même de nos pairs; doublons le nombre dus députés: si ce n'est pas as«c7. , lrij)lons-le pour en iniro une nouvoile Convention ; «< De Troie en ce pays roveillons les misères, » Et qu'on parle de nous ainsi que de nos. pères. » Mai.s prenons garde toutefois qu'une pinndo Ré* publi(pie continentale est int(unj>ali]>!e avec le tepos de l'Eui'ope ) pat ce ijue la î^uerre, et une guerre générale , sera ton jouis son premier be- soin , et niénie sa [)reinière sûreté ; l'Europe l'a appris à ses dépens, elle se i-appelie tout le mal que nous lui a\ons fait , et tout celui qu'elle a pu nous faire ; elle est ariut-e , et l'oceupalion sans retour de nos frontières ne seroil^elle jms, jieii!- é tre. le f esul ta linévit aï )iede notre témérité?., ('elle cliance, au reste, éloî! pré\ ne, et niésiie désirée par les Rrissot et autres iVipuns d(! ce temps, qui firent tléelaiTr la jjjnerre à l'Europe , pour maintenir, ilisoieut-ils , l'indépendance nationale dont ils Si\oienl déjà traité; et lorsque j'entends des dé- clamations du mêuje genre, je me rappelle tou- jours les. mots de Virgile , qui [)0urnDicnt être pla- giés au bas de tant de portraits : « Vcndidit hic. auixi f/airiam .' . . . » Le ministère;, je crois, n'a i^as rintenti(>n de pmisser jusqu'au bout It: svstème républicain, et peul-étre n'a-t-il vonlu tpie Ifiire peur à la monarcbie pour en obtenii- une meilleure c()nq)0- «i lion ; mais persistera -t- il da[i>; ce déplorable système de bascule et de contre-poids qui a perdu lous crux qui en ont essaye , et qui ue lui a réussi qu'à inire passer des lois désastreuses à une majo- rité ridicule du petit nombre? Ou n'auroit cerlai- tiemcnt pas plus mal fait avec de francs indépen- tlans. Faut-il répéter pour la centième fois qu'il a'j a que deux partis eu France , si [es royalistes ( 2IO ) y; ru \ en t. «* Ire nppclrs un parti , qu'il ne peut pas y <*n avoir d'autre ; que plus une nation est éclai- rée , ])lus sans doute il y a de la modcralion dans ]es caractères 5 mais moins il y a de cette auti*e modération , qui n'est que de la mi'tojenjieié dans le.s esprits sur les vérités ou les principes , parce qu'une nation éclairée connoît le hien et le mal d'une manièie plus certaine, et fait entre eux un choix plus absolu ; que ce système de modération, ou plutôt d'indilïérence , nous l'avons renouvelé des Grecs et de leur académie , comme tant d'autres pauvretés, sans faire attention que cette indifférence dont leurs philosophes font un si grand bruit, étoit oblijrée chez des ])euples qui, ne connoissant, au fond, en morale, ni l'erreur ni la vérité , dévoient rester en suspens entre elles ; mais que chez nous elle n(; prouve, dans les iiidividîis qui en sont aflligés , qu'ij^norance et médiocrité d'esprit ? D'ailleurs , on ne peut faire .un parti sans partisans ; et je doute qu'aujour- d'hui , après les échecs qu'ont reçus aux deji"- nières élections les ministériels les plus dévoués , on puisse faire de nombreuses reci'ues pour un répriment si souvent battu, et où il y a si peu d'avancement à espérer. Resteroient donc les royalistes , le parti , si l'on peut l'appeler ainsi, de la nature et de la rai- son , le parti de la justice et du bon sens , le parti de la France et des Français , et nu''Mne du très- grand nombre; car si la France, par sa situation naturelle, et des habitudes invétérées , devenues «ne secoude nature, par ses besoins et ses rapports avec les Etals voisins, doit être gouvernée par un Roi, il faut bien qu'il v ait des royalistes; il faut mênie(|u'il n'y ait «jue des royalistes; et s'il n'y en a\oitpas, il faudroit en faire, ce cjui eût été in- comparablement plus facile que de faire des dé- uiocrales , par la même raison qui fait qu'il est ( 2,1 ) plus facile de tracer une perpendiculaire qu'une courbe. Il ne falloit pour cela que laisser aller les. esprits et les creurs , là où ils se porlnieut d'eux- mêmes , car la société en corps veut la rclijL^ion , la justice, la morale, la paiv , l'ordre enfin , fruit naturel delà monarchie légitime, même lorsque les passions des individus ne le veulent pas. On ne devoit pas s'attendre que , pour con- ti'arier cette tendance si naturelle , on mettroit ]es infcrcfs moraux de la révolution en opposition avec les intérêts de la société. Les intérêts moraux: d'une révolution ! certes, je ne crois pas que, depuis qu'il existe des langues , expression fidèle des pensées des hommes et des idées de choses , on ait vu une alliance de mots aussi étrange et aussi absurde. Les intérêts moraux d'une révolu tion , c'est-à-dire de Tétat de société le plus im- moral et le plus corrompu oi\ des hommes étran- gers à toute morale et à toute humanité, dispo- soient arbitrairement de la vie , de la liberté, de l'honneur, de la propriété de leurs semblables, et faisoiont une société tout exprés pour leurs passions. Parlez des intérêts matériels de la révo- lution, et l'on vous entendra 5 mais, au nom de la raison et du bon sens , n'y mettez pas la mo- rale, qui certainement n'a rien à faire dans cette orgie de folies et de crimes. Cependant le temps presse , et les événemens vont plus vite même que le temps. Le ministère , absorbé par les soins du gouvernement, ébloui par les illusions de la grandeur, ne fait pas assez d'attention à la terrible responsabilité dont il est chargé envers la France , l'Europe et la postérité, pour tout le mal qu'il a pu empêcher et tout le bien qu'il a pu faire. Dominé par d'ambitieux intrigans , avides de toutes les places, jaloux de toutes Jes égalités, qui , n ©.«ant pas s asseoir parmi les libéraux, et craignant de n'être pas assez dis- ( 212 ) tïngucs parmi les royalistes, se sont àits cotisti" HiLtiotiuels à outrance , pour être les premiers t{uclque part, et pouvoir disposer de la conslitu- tion à leur fantaisie, le minislï^re marche les veux ferjnés vers un but qu'on a Tadresse de lui cacher. Au lieu de proposer aux autres ]»euplcsIaFrnnce, leur aînée , comme un mo(]è!<' d'ordre , do sagesse €t de véritable régénération, et de lui rendre ainsi celte honorable magistrature qu'elle a si long- temps exercée parmi les puissances, il la laisse chanceler comme un homme ivre , sans vérité, et même sans fixité dans les doctrines, sans force dans ses tribunaux, sans établissement pour sa religion, sans autre organisation définitive que cellede ses dettes et de scfi francs -maçon s , insul- tant les Rois, scandalisant les peuples , vraie pesti- férée couti'e laquelle les nations voisines sont for- cées de prendre des mesures de précaution et de sûreté. Avec la Chambre de i8i5, it auroit pu prendre cette noble iniliativ(î en Europe ; avec desliberaux, cl même les ministériels, il est réduit à en laisser l'honneur et ravanlagc à une nation voisine peu accoutumée à nous servir d'exemple j et la diète germanique vient do donner au monde civilisé une grande leron qu'il auroit du recevoir de nous. Les royalistes, imniahiles au point d'où le mi- nistère et eux sont partis en i8j5, peuvent «aujour- d'hui lui servir de point de comparaison poiiï mesurer l'écartement prodigieuv de la ligne qu'il a suivie; ils peuvent lui dire : a Qu'avez-vous fait » de la monarchie qui vous avoit été confiée , M plus forte lorsque vous l'avez reçue qu'elle ne » l'avoit jamais été, puisque ce qui n'étoit qu'ha- w bitndi's étoit devenu enthousiasme ? Qu'eu » avez-vous fait, et où la chcixhcr mainttMiant :* » Vous ne la trouvei-ez nulle part, puiscpic, au » grand scandale des peuples , ses plus fermes ( 2j3 ) » défenseurs, ses amis les plus dévoues, ont été » Lannis de son service, et qu'ils détendent la » dernière bièciiesurledernier rempart. La trou- » verez - vous dans ces persécutions odieuses, )) dirigées contre de braves et fidèles généraux, » pour les punir d'avoir étouffé des conspirations » trop réelles, ou dans ces manœuvres infâmes w dévoilées même par les tribunaux pour impli- » quer de lovauv serviteurs du Roi dans des cons- » pirations inioqinaires ? La trouverez- vous dans » les lois démocrali(pies d'élection, de cons- » criptîon,de recrutement, dans le système dé- >» mocratique de crédit public élevé à force de » dettes appelées de toutes époques , et même de » celle des cenl-jours? La trouverez-vous dans » les lenteurs de rétablissement religieux, etdes 1 • • "^ 1» M chicanes sans cesse renaissantes contre i au- » torité du Chef de l'Eglise j dans les promesses » d'amélioration du sort du clergé, si souyent » démenties dans le système déiste d'inslnictiou » populaire? La Irouverez-vous dans cette haine M furieuse contre la Chambre , qualifiée par le " Koi lui-même de Chambre introin^ahle , et la » vogue donnée à cette atroce et lâche plaisan- » terie de terreur de 1810, calomnie qu'il vous » étoit si aisé de confondre, en observant que les » lois dexceplion dont on se plaiguoit avoient » été rendues sur votre proposition, et que ces » destitutions dont on faisoit tant de bruit, qui » n'avoicnt été alors qu'un accident, étoient, » depuis i8i(3, devenues un svslème ? » Chi a p:irlé d'union et d' oublia et l'on a tout » fait pt ur dis iser les hommes etrappeler le sou- » venir des maux. Le gouvernement étoit placé V entre les oppresseurs et les opju'imés. Un peu >» plus de connoissance du cœur humain et de » rbistoire, lui auroit appris qu'il est plus facile » d'oublier le mal qu'on a souffert que celui que ( 2l4 ) )) l'on a fait ; que la prospérité , qui est un calmant » pour les gens tle Lien, est un irritant pour les >j niéclians; et que' si les uns peuvent oublier ce » qu'ils ont perdu, les autres n'oubl'cnt juniaîs w ce qu'ils ont niancfué , et se serviront de leurs » succès pour le ressaisir, Méprise à jaiuais déplo- » rable ! On a eu peur de l'enlhousiasine du bien , » et l'on n'a pas cr;;int la fureur et le lanatisrae » du mal j et, entre deux partis également animés )> à f.iire triompher des doctrines opposées , ou a » cru maiutoiir l'équilibre, en mettant, tantôt » d'un côté , tantôt de l'autre, des opinions iiédcs » et insignifiantes 5 et parce qu'on n'a pu réussir ■) par cette conduite qu'à exciter davantage les )) senlimens opposés, on a appelé la violence des » mesures au secours de la modcralioii des opi- » n'ions; un homme en place suspect, ou seuJe- )) ment soupçonné iVetre suspect de peu d'sttache- » ment à un système si pâle et si mal défini qu'on >' Jie pouvoit pas même l'apercevoir, a été un )> homme destitué , et jamais on n'avoit vu plus de )> >iolence et d'arbitraire que sous un gouvernc- » ment de modérés. » Le ministère se plaindroit-il de la liberté de » la presse? Mais, à voir l'usage qu'on laisoit de M la presse contre les royalistes, quand elle éloit 1) sous la main delà police, leurs ennemis eux- » mêmes ont reconnu qu'il falloit que cette arm»- )) ftJt coujmune à tous les combattans, et qu'il » con\enoitque ceux qu'on attaquoit pussent se » défeudre. Pourquoi, d'ailleurs , laisser impu- v nies les insultes à tout ce (|u'il v a de plus sacré ; )) et qui d'entre nous, en demaiidantla liberté de » la presse , a entendu en demander la licence ? » Il semble, au contraire, qu^on lui ait laissé le » eliamp libre pour pouvoir accuser de ses excès >j ceux qui l'ont défendue 5 tiiste vengeance , ([ui » livre à lu dérision et ù l'outrage tout ce qu'il y a ( ^^^^ ) )> de plus rcspoclalilc , pour on liror qucltjue » avantage contre des ()|)posans à ses voionlés '. » Quelques ministrc^s , dit-ou, se sont plaints )) d'avoir été humiliés ! quY'st-ce que cela veut » dire ? Est-ce qu'on peut humilier un homme de » bien, et son honneur est-il à la disposition de » (|ui que ce soit? Des classes entières de citoyens » et des plus respectables , ne sont-elles pas jour- » nellement l'objet des déclamations les j)Ius l'u- » rieuses et des calomniesles plus dégoûtantes , et » s'en croi(nU-elles hujniliées? Que sont, après » tout, des sarcasmes, des injures même , si l'on » veut, des calomnies , auprès des intérêts de son M pays, des devoirs de ces hautes lonclions, et un » homuic, quel qu'il soit, est-il quelque chose à » côté de si grands objets? Croit-on que d'Am- » boise, Sully, Piichelieu, Mazarin , Colbert, » Fieury, n'eussent pas desennemis ou des jaloux? » Et la royauté , eu conliant son pouvoir et ses » inléi'éts à un ministre, iait-elle avec son amour- '» proj)re le pacte que , dans les alFaires délicates » dont il sera chargé , dans les relations uom- » breuses et variées qu'il aura avec les hommes , » jamais sa vanité ne sera froissée , ou même » sa probité méconnue? Et n'y a-t-il pas, a]>rès » tout, dans ces grandes places, de grands dé- » domniiigemens à ces'petites contrariétés j et la w fortune, les dignités, la faveur du maître, ne » sont-elles pas quelque chose? Qui que vous » so^-^ez , qui ne pouvez pardonner d'avoir été » humilié, laissez à la société son utile préjugé » contre les élévations subites qui troublent la » n>arche ordinaire et naturelle des hommes et » des choses 5 et s'il n'a pas dépendu de vous de » mériter votre élévation par des actions bril- » lantes , vous pouvez la iustidcr par d'utiles ser- » vices , et les plus grands que jamais homme » d'Etat ait-rendus àïon Roi et à son pays. Laissez ( =ï6) 3» fairf' au temps, qui fnit oublier tant de clioses » anciennes , don consacre tantcle nouvelles 5 mais » il vous oflVira aussi des exemples d'éclatantes )) lorhines précipitées pour s'êlve endormies aux )) doux, sons de la flatterie, et avoir fermél'oreilie » aux aecens séxires de la vérité. » V^oudroit-oiî , enliu, se précautionner à l'a- » vance contr(; la lécfitimité, et rivaliser d'iiéré- )) dite avec elle? Le calcul seroit coupable, et M n'en seroit piis plus sûr. C'est dv. la petite poli- » tique, mille l'ois essavée , mille lois déjouée 5 de » la politique d'antidiambie ou de boudoir , qui » peut venir à l'esprit de valets ou de maîtresses » (pli conspirent [OU r leur propre compte^ mais y> ce n'i'st pas de la liante |ioliti([uc, de la poli- » tique d'un véiitable liomnic d'Etat, qui occu]>e » sa place avec «rloire, qui la résigne avec graii- » denr; et le njinistrcqui emporte , en se retirant, î) les bénédictions des peuples, l'estime des gens )) de bien , et la sienne propre , n'a pas tout » perdu. » Quoi qu'il en soit , le système que l'on suit est faux, f[u il soit anti-monaichique ou seulenleut .anli-léj?iîimaire 5 car il faut prendre garde aux iausses att.upKS , et les i)ilérnls mornii.v de la révo- lution seioient de bonne composition sur les garanties, d(; quelque côté qu'elles vinssent. La iépiib!iqu(>, pure et simple, est un bon appât à prendre [(^^^h iguorans et les imbécilles; mais les cliefs y voient clair sur la possibilité ou limpossi- biiilé de l'établir ; les ])rintipes , même les leurs, sont ce qui les occupe le moins, et ils savent bien comment on fait des républiques , mémo avec des itois. Heureuseme-nt des exemples ne sont pas plus dis nioyens ipie des raisons de suc- cès- et (u Fi-ance , quebjue cliose qu'on n'a pas prévu , dérange souvent les cab uls. Le système , je le répétf , est iaux, et il «'«stplus permis , méaic ( 217 ) anx plus incrédules et aux pins prévenus, d'en douler aprc's U; résuilat qn' 1 vient de donner, et qui est iitHî insulte a la majesté royale et à tous les Hois de l'Europe (i). jNous suivons donc un sys- lome opposé à la nature des choses; nous lesuivons depuis Irenteans, et nous avons la sliupiicilé de nonsétoiinerde ne pouvoir surmonter cette Ojipo- sition insurmontable de la nature , et nous accu- sons les hoiunies d une résistance qui est toutedans l«s choses. JNous nous dépitons comme des enlans qui battent leur nourrice, parce qu'elle no ]>eat pas leur donner ce qu'elle ne peut pas atteindre. Là, et là seulement est la cause de tous les malheni-s, de toutes les violences et de tous les crimes que nous avons vus, et seroit la cause de tout ce que nous verrions encore. iSous destituons donc les hoiuiues qui ne veulent pas marcher dans notre sens 5 nous eu trouvons de plus complaisaus, et les chosesnesout pas plu'i complaisantes. jNous destituons encore, et les résistances se multiplient. ISous iious enfonrons toujours plus avant sur la loi de guides iutidèles qui sondent, et qui se gardent bien den rappOiter la protbndeur. Auv rovalistes succèdent les ministériels . aux ministé- riels les libéraux, aux libérauxlcs régicidus; nous destituons, d'autres tueront, tout aussi épris de leurs systèmes, tout aussi passionnés pour leurs intérêts , tout aussi disposés à ne voir de résistance que dans des hommes (ju ils peuvent sacrifier, et à ne pas la voir dans des choses qui sont hors de leur puissance. Alors épouvantés eu\-:uémes d'un progrès ùe désordre qu'ils n'avoient pas prévu, (i) il ne faut pus s'y troinaer, La no.nia.itiun d'un régicide est un calcol. En même temps que l'on iniulte tous ies Rois ou pl'.ilèl ia royauté même . on leur suscite à tous des embana» cliei eux , et l'nn sent font le p;*rti que des fa lieux pourront tirer de cette double combinùsoD , contre Jeur p.iys et contre l'Europe. C'e-t pour di-tourner les es[>rits et les porter aillcur» <{u'ou accuse Içs royali:>les de cette nomination. ToMK V. — 57<: I.IVPAISnN. lî ( 2'8 ) les premiers moteurs de ce mouvcmpiit rapide veult'ut l'arrêter et se retenir sur Ja pente où ils se sont placés. Devenus odieux aux hommes du mo- ment, et plus odieux , parce qu'ils leur paroissent des rétractàires et des traîtres , ils sont les pre- mières victimes du monstre qu'ils ont déchaîné, et ils n'échappent àréchafaud (pu: pour aller linir de honte et de désespoir, laissant à leuis enlans l'affreux héritage d'un nom flétii, et qu'ils n'ont pas même la triste ressource de dérober à l'histoire, de'noûmcnt tout-à-Iail uaUirel de tout ce qui se veut soutenir malgré la nature... Telle est l'his- toire de toutes les révolutions, telle a été surtout riiistoire de la nôtre; et par quelle fatalité, des coniLinaisons d'événemcns si naturelles et si jn'é- vues , et justiiiées par des exen:j)les si publics et si récens, u'ont-cUes j:as plus dinlluence sur la con- duite des hommes ? Comment se iait-il que la noble ambition de Ja plus belle gloire que les liommes puissent obtenir, celle de sauver son pavs, ne s'empare pas de loules les facultés des liommes que des circonstances singulières ont re- vêtu d'un grand pouvoir? Tel homme qui a dis- posé un moment de toutes les forces de Ja capi- tale, a pu mériter, à plus juste titre même que Duçuesciiuji'épée de connétable, eliJ l'a saciiflée à des ihéoi ies creuses dont il ne prévoyoit pas les conséquences; tel autre se laissera détourner de cette noble destination par de petits ressentimens et de ])elites j)assions. Miiabeau, après avoir con- duit la monarchie au boid de l'abîme, eut assez d'élévation dans le caractère, et de force dans l'esprit pour l'en vouloir retirer, mais il n'avoit, » Pour défendre sa rriuse et venger ses injures, » Ni le cœur. assez droit, ni les mains assez pures. » Les philosophes nous répètent sans cesse, et certes avec raiion , que la royauté n'éloit i)us instituée ( 219 ) pour les Rois, mai» pour les peuples. Si les Rois ral)aiHlouuoic>ut , ce sevoit donc aux sujets. à la délVndre; et lorsque dans une monarchie en ré- volution, on voit un sujet placé dans une de ces situations e\(raurdinaircs qui peuvent ser^ir au salut de l'Etat , comme à sa ruine , on est toujours tenté de lui demander, comme les disciples de saint Jean : (c Est-ce vous qui devez venir, ou de- i) vons-nous en attendre un autre ? » De Bowald. Qu'est-ce que l Industrie ? Quelques personnes qui n'acceptentpas les mot* sans en peser la valeur, parce qu'un mot repré- sente toujours quelque chose , se demandant pour([uoi on appelle industrie, et exclusivement industrie nationaU. , les produits de nos manu- factures. Le mot industrie signifiant dextérité , adresse à faire quelque chose , ne doit pas s'ap- pliquer seulement à ce qui se lait par la main des hommes, ou avec des machines j et je crois que c'est insulter la France que de réduire [industrie nationale à des travaux dans lesquels l'esprit n'entre que pour une part bien petite. Comme j'ai souvent combattu en faveur de la spiritualité de la société contre ce qui n'est que matériel, je crois nécessaire d'examiner si , dans ce moment , on ne s'enfonce pas dans le matérialisme. Ce que j'appelle industrie nationale , et ce qui n'appartient vraiment qu'à la France , c'est la <1c\térité, l'adresse propres à faire dix-sept ou dix-huit mille lois de liberté, de proscription, de république , de despotisme , et qui soient cepen- dant toutes si bonnes , si indépendantes des mœurs, des circonstances, des intérêts dominans, a5. ( 220 ) qu'on Its conserve , cju'cn les cile, qu'on les réîm-r prime , qu'on en réclame rexécution depuis le Tt'lablissement de la royauté légitime, comme sî ce rétaLlissenîentn'étoil jxas même un événement. Le Bulletin des Lois me paroît la première pièce à oflrir à l'admiration des cnrieiis:, si jamais on fait une exposition digne de ])orter le nom d'in- dustrie nationale. En effet, c'est là qu'on trouve rassemblées des constitutions qui, pour être con- tradictoires, n'en sont pas moins parfaites, et qui, n'ayant jamais été mises en mouvement , ont l'avantage de pouvoir être produites comme des nouveautés. Qu'on cite une nation, soit ancienne, soit moderne, qui, pour ce genre d'industrie, soit en état de se comparer à la France ! La nation Teut-elle une républiqvie sous le nom de monar- chie? l'ouvrage de l'Assemblée constituante est là. Veut-elle une tyrannie sous le nom de répu- blique? les travaux de la Convention existent. "Veut-elle qucbjue chose qui ne ressemble à rien , un de ces mélanges qui afiadissent les esprits, et lie produisent que le ridicule ? il suffit de tourner quelques feuillets, on trouve le Directoire, et quelques feuillets plus loin , un ministère se di- sant le gouvernement. Préfère-t-elle les beaux jours de Bome? le Consulat les lui rendi-a de nom; mais ce que Rome, sans industrie, n'a obtenu qu'en plusieurs siècles, la France si industrieuse devoit le faire en quelques mois ; et du Consulat on passe à l'Empire, sans que la transition soit sensible. Dès lors les mêmes armées qui faisoient la guerre jiour établir partout des républiques, continuent de combattre le monde entier pour -faire des royaumes ; et bientôt TEuropc ne pré- sentera plus même une municipalité. Qni ne croi- Toit que c'est le dernier effort de l'industrie? pas du tout ; quelques pages après on retrouve ot» Aouveraineté du peuple ; qu'-l n'y enlroit rien de ilus, qu'on n'y découvroit rien de moins; que c étolt une chose (ju i! falloit croire, parce que, conirne tout ce qui ne s'adresse qu'aux esj)rils , on ne pouvoit la voir; et que c'étoit posiliv<;meut pirce qu'on ne l'avoit jamais vue dans les monar- chies qu'il talloit purtout en faire usage dans ( 22J ) les monarcKieîî, afin que les monarchies fussent libérales. Tout bien pesé, cela est devenu un iait qu'on ne conteste plus 5 et l'industrie nationale franraise est en eflV-t parvenue à faire ce qu'aucun peuple de la terre n'avoit soupçonné jusqu'à nous , des royaumes démocratiques appuvés sur les lois qu'on -a faites pour renverser la religion et la royauté , et dans lesqiiels on ne découvriroit pas même l'ombre de la liberté. Elle y feroit tache. Je sais que les malveillans disent que les pro- duits de l'industrie nationale , fondés sur la ma- tière prenuère connue dans le commerce sous le nom de souveraineté du peuple, ont de l'éclat, mais ne durent pas ; qu'on en a changé vingt fois la ia<;on , et que c'est toujours à refaïre ; que tantôt la souveraineté cherche à se séparer du peuple, et tantôt le peuple de la souveraineté; que, dans le premier cas, la souveraineté n'est plus que tyran- nie, usurpation , despotisme, et que, dans le se- cond cas, ce qu'on appeloit le peuple n'est plus que confusion , crime et imbécillité. U est dans la destinée de tout ce qui est nouveau de trouver pour contradicteuj'S les esprits routiniers; mais pour peu qu'on s'élève à la hauteur du siècle, tout s'explique; et l'admiration augmente à me- sure qu'on saisit mieux l'ensemble des choses. Partons de ce principe avoué partons lespubli- cistes , que les mœurs des peuples sont surtout formées parleur législation. Lhbien, qu'on lise le Bulletin des Lois, et qu'on enrapprocheles mœurs de la nation française, on sera frappé des rap- ports. \' eut-on revenir aux travaux de l'x^ssem- l*lé(; constituante? Il v a en France une nation niaise pour les admirer, et des sots pour en renou- veler l'application. \ eut-on la république acerb* ? Il y a en France une nation féroce et républi- caine, avec ses doctrines, son armée , ses généraux, ses ministres, ses législateurs; ils sont connus- ( 226 ) tout le monde les nommeroît; cela même seroîl iiuilile , car ils vicudroicnt scplacei- d'eux-mêmes. ^ ciit-ou une république corrompue? En chan- Ç^eant le nom du ministère , qui a la prétenliou d'être le gouvernement, on retrouvera le même système corrupteur que sous le Directoire , la mêtne prépondérance des agioteurs et faiseurs d'aliaircs, la même haine contre les royalistes et les prêtres, la même ignorance , les mêmes cour- tisans, et le centre, elle ventre , et la même nation qui a pour principe qu'on ne va pas mal tant qu'on tombe encore. Veut -on l'usurpation? Qu'on tourne les yeux, elle est là 5 les hommes, les choses, les mots, les lois, les allur<;s ; et la 7ialion de ce temps-là n'est pas pins morte que les autres. Veut-on la monarchie? Pourquoi pas, dès (pie la France rar la(juelle h; beau pays de 1' rance estfaronnédw manière rru'ilnc peut périr, puisffu'il renferme autant de nations disponibles que l'esprit peut supposer deformesetdemélauges ( 227 ) de gouvernemcns ! C'est ià ce qu'il faut exposer à l'admirtition tics amalenivs , et non «les m«''lau\; et des élollcs (pii ne tcmoi£;neiil fju'en invcur d'une industrie toute matérielle. i'A quand on peTise qu'à toutes ces nations l)ien connues , bien dis- tinctes , le cerveau d'un doctrinaire doit afouler une nation dont il est en travail, on conçoit l'es- pérance de voir fonder des pi-ix pour ceux qui trouveront moyen d auomenter cette nouvelle in- dustrie , en créant encore d'autres nations au milieu de la grande nation. Quand on distiibuera les prix , personne ne mauf[uera à l'appel 5 les fabricans de la nation résicide sont là comme les autres et avec les autres , ce qui est tout natu- rel, puisqu'ils ont lait le plus grand em])loi pos- sible de la souveraineté du peuple, qu'ils ont puissamment coopéré au Bulletin des Lois, et pertectionné le INtonileur. Lorsqu'on lit les Coi rcspondauces privées attri- buées à nos ministres , qu'on v voit leur respect pour la révolution , leur zèle pour la défense des intérêts moraux de la révolution ^ lorsqu'ils se fé- licitent de ce que la France a accompli sa révolu- tion,- tandis qu'ils plaignent les peuples qui ont encore à faire la leur ou les leurs , ou ne cou'piend bien ce que cela signiiie qu'en réflécliissant sur ce qu'est devenue la nation franraise par les jjrogrès de l'industrie nationale , et en comparant son aptitude à tous les gouvernemcns à l'état de stabi- lité oii sont restées la plupart des autres nations. Nations malheureuses, propres sf'juiementà vivre sous le gouvernement monarchique qui les a fon- dées; nations malheureuses axant vivantes (|ui ne jjourroient arriver à l'indrlTéreuce politi([ue qu'à trav(ns des flots de f«ng, passer de la démagogie au despotisme, du ( 228 ) despotisme à la clcraagogie sans s'en apercevoir, prendre un ministère pour nn gouvernement sans y faire altenlion, pressentir des Louleversemens sans efiroi , tandis que la France , grâces à son in- dustrie , est arrivée à ce point de perfection que tout gouvernement lui est possible tant qu'il est , qu on s'y contente d'ouvrir sa fenêtre pour le voir passer quand il s'en va, sauf à l'ouvrir de nouveau pour examiner, quand il revient, s'il n'est pas change en route. Peut-être, dans un autre article , présenterai-je le tableau d'une autre industrie nationale toute en négations, dont on ne se doute guère à Paris, et que je puis appeler la perfection de la misère par la division des propriétés 5 car s'il y a des législateurs qui tuent les Hois , il V a des adminis- trateurs qui tuent les nations. Ce genre d'industrie étant bien véritablement national, il est bon que la France s'en vante , qu'elle l'expose aux yeux des autres peuples, afin que, s'ils en sont tentés, les correspondans privés des incroyables ministres qui ne nous gouvernent, ni ne nous administrent, mais qui nous empêchent d'êti*e gouvernés et de nous administrer, ne puissent plaindre ces peuples que de leur ignorance, et non de leur mauvaise volonté. FlÉVÉE. Paris , le 29 octobre 1819. (( Il vous en souvient, citoyens , et long-temps » votre mémoire gardera ce douloureux souvenir 5 » il vous souvient de ce jour d'horreur, où non » seulement la haine et la vengeance désignoicnt '> les victimes, mais où se réalisoient , sous nos » yeux , ce que nous avons peine à croire dts ty- » rans de l'ancienne Rome, quoique attesté par '> Suétone, où périssoient des milliers de citoyens, d';q)rès les listes émarginées en caractères hic- ( a29 ) » roglypliiques, par le chef des tyrans, ou signées w par ses complices, et confiées à ces ti'op perfides » boui'reaux dont ils avoicnt composé leur tribu- )» nal révolulionnaire , et an milieu desquels ils » niarcheruienl volontiers, comme le disoit Saint- » Jusl , les pieds dans le sang et dans les larmes, ;> Vons les avez vues ces cîiarretles encombrées j> d'hommes, de femmes de tout âge, qui, sans M s'être jamais connus même de nom , étoient » condamnés et périssoient ensemble. Vous avez » vu conduire au même échafaud, le même jour, » et la vieillesse privée des sens qui lui eussent )) été nécessaires pour être coupable , et la jeu- )) nesse incapable encore de l'être. Hommes sen- » sibles , on vous trailoit cF nppitoYeuvs quand les » derniers cris de tant de mourans , quand les » dernières plaintes de l'innocence égorgée avec )» le crime, appeloient vos soupirs. Non, les ty- » rans ne vous permettoient pas même de rougir » pour eux : la moindre émotion que vous eût ;) causée ce carnaae journalier, evit été le signal » de votre proscription : voire sensibilité eiit été » transformée en modérantisme , et votre perte » eût été jurée ; oui , elle eût été jurée 5 l'homme » sensible est un monstre aux yeux de l'homme )) barbare 5 sa présence est un reproche vivant ; » son existence lui devient inutile, puisqu'il n'en » peut laire un complice 5 sous le régime de sang » il doit donc être frappé de la mort. » Le paragi-aphe que nous venons de citer est ex- trait du rapport fait à la Convention par Courtois, siu" les papiers trouvés chez Roberspierre : tel est le tableau de la terreur, présenté à la Convention elle-même : telle est la peinture de ces temps d'horreur et d'opprobre, auxquels il se trouve des hommes qui osent sans cesse comparer l'époque où la Fj-ance a enfui i-etrouvé son Roi. Certes , s'il nj a pas démence dans t'î. système de ces hommes. C 2^0 ) on peut y voir des combinaisons Lien ])erfi(î('s : se placer sans cosse dans l'absurde , pour avoir le droit do tout dif , mais bon, le Français peut être un instant égaré , mais il a liorreur des cannibales; et clans le nombre des opinions qui divisent aujourd'hui la France , la très-grande partie se réuniroit contre les enfans de 17^3 , le jour où elle verroit que sa, mésintel- ligence n'a servi qu'à favoriser leurs projets. Que les révolutionnaires se le tiennent pour dit : quant à nous, nous ne cesserons de présenter dans leurs œuvres le contre-poison de leurs doctrines ; si ce caustique leur paioît violent, qu'ils se taisent, car il ne déjjend pas plus d'eux d'arrêter notre plume , qu'il ne fut en leur pouvoir de ne pas tretnbler l'année dernière pour une simple phrase du dis- cours émané du trône. JicfHleroiit.-ils , comme ils le disent, que nous ne sommes ])as Finançais, en signalant les crimes dont le souvenir lait leur honte? A cet égard nous ferons une profession de foi pleine et entière : non, nous ne sommes pas Français , si , pour l'être , il faut s'unir aux assas- sins de Louis X\ I et aux bourreaux de notre pa- t)ie. JNous ne sommes pas Framais , si, pour eu porter le nom , il faut avoir porté un bonnet rouge, travaillé à la subversion de l'Europe, et au renversement de tout principe religieux et mo- ( '-3i ) naixhiqixe. Nous ne réclamons un titre (U»nf nows sommes tiers que dans le cas où il snflit , ])Oiu- le mériter, d'être disposé à verser son san^ pour le trône, à faire abnégation de nous-mêmes dans Tintérêl de la patrie; à nous en tenir à ce qui existe , à ne rien demander au passé, et à ne trou- ver aucun sacrifie* impossible pour rétablir le repos, pour ramener 1 union et la confiance parmi les hommes qui ne furent qu'égarés : à ce prix nous sommes Français , et nous croyons l'èfre plus que ceux qui vondroient ne faire de la France qu'un pavs de barbarie, d ignorance , d'orgjieil , et qui , tour à tour vendus à tous les pouvoirs comme à toutes les absurdités , ne laissent après eux que la renommée d'un grand scandale , ou le souvenir d'une imperturbable bassesse. Une des plus grandes fautes du ministère a été de donner à de tels hommes une iniluence quel- conque sur l'opinion; s'il eût suivi la ligne que lui traroit l'intérêt de. l'Etat et celui de sa propre gloire, l'opinion révolutionnaire seroit nulle au- jourd hui. Une marche franchement coustituticHi- nelle, des principes rovallstes haulement avoué*, des lois monarchi(|ues tiemaudées aux: Chambres, des hommes fidèles et sans reproche pour les exé- cuter, et la France se vovoit à jamais délivrée des craintes que lui inspire un svstème qui remet eu é\idence et en pouvoir les docrines et les instru- mens déma^ojj'Mnes. Au lieu de cela, soit incurie, soit foiblesse , le ministère se traîne péniblement. En butte à l'ani- madversion révolutionnaire, il craijit de la com- battre ; il fléchit devant elle ; et, s'il a une foVce , il ne la relrouve que contre les principes , qui seuls pourroient le sauver. L'Europe s'alarme du danger de certaines doctrines ; elle cherche à échapper k la conlagion. Ls Moniteur cite ua article de Bnliu (i) relatif aux mesuves de sûreté que ]a Prusse a cru devoir prendre contre les pré- tendus libéraux ; et aussitôt, vertement tancé par jinsniaîlres en révolulion , /c Moniteur, ce journal ofliciel ou ofticieux, s'excuse , dit uu'ii étoit de son devoir de donner un document historique néces- saire pour compléter sa collection; que sa direc- tion tient à Tamour de l'ordre ; et en preu\e, qu'il a cité souvent des articles de ces mêmes journaux qui le rabrouent aujourd'hui; qu'assurément ce n'étoient pas les ultras qui étoient venus l'y <în- gager. D'un autre côté , le Moniteur vous dira en- core , et ceci nous paroît plus officiel qu'ofiicioux , « que le minisière jouit de l'estime de la nation, » et que les hommes honorables de tous les partis , » ceux dontle jugement n'est pas totalement obs- » curci par des passions désordonnées, rendent » justice aux succès de son zèle, et reconnoissent » la pureté de ses intentions. » JNous naoiterons nullement la question de la ureté des intentions ministérielles; il nous est en moins pénible de voir une incurie complète, que de soupçonner la lo^'auté ; mais puisque le Moniteur nous dit tant de choses, il devroit bien nous dire aussi à quel genre de zèle appar- tient la destitution de tout ce qui fut fidèle et sans reproche, et la bienveillance ministérielle pour tout ce qui rappelle une trahison ou im crime. Il devroit nous dire à quel genre de zèle appar- tient l'acte qui lait renher des r(gicid('S bannis en vertu d'une loi tle llJat, acte ([ui déjà porte un Iruilsi ajuer. A quel genre de zèle appartient ce svslèmi; de dénigr. ment et d'outrages contre tout ce qui veisa sou sang pour la monarchie; ces l (i) L'importance pdlilHHie «^ ) ' éloigné dos adniiuislratioiis , ]r.s liomme.s sur qtiî ];> luoiiarcliie légitime poiivoit camplei', on eu vieiidroit aux destitutions militaires. Le ministre de la guerre s'empresse aujourd'liui de justifier luis craintes. Entre autres destitutions, nous ci- lei'ons celle de M. de ÎVlallevssics, colonel de la légion de Tlndre , et celle du général Pariouneaux , commandantle département delà Haute-Garonne. M. de jVlalleyssies éloit connu par son attachement au Roi. Brave et loyal, le général Paj-touneanx étoit, par sa fidélité, cliéri et respecté sui- une terre fidèle. La ville ulenl que la religion, déclarée parla Charte religion de l'Etat, soit honorée, respectée, et que ses ministres ne puissent point être outragés. Ils veulent le mode de gouvernement octroyé parle Roi, et ils demandent les institutions mo- narchiques qui en dérivent et qui en sont le com- plément. Ils ne prétendent ni aux privilèges, ni aux dîmes, ni aux droits féodaux. ( ^4o ) , Ils repoussent toutes les absurdités qu'on leur prête. Ils ont liorreur de l'anarcliie, de la jcvoîutio», et ne veulent pas du despotisme ministé)iol. Ils veulent le maintien des libertés publitpios, telles que la Cliartc les a consacrées. Ils veuientqueles dépositaires du pouvoir royal soient des hommes intègres et fidèles. Ils demandent que la lidélité ne soit plus uu crime et la trahison une vcilu. Ils demandent que le passé soit une leron pour l'avenir, et qu'après trente ans de révolution un faux syslèiue ne nous plonge pas dans une révo- lution nouvelle. Dans l'intérêt de l'autorité royale et du repo^ de tous y ils demandent que le ministère professe hautement des principes monarchiques ; qu'il propose des lois monarchiques, et que 1 exécution de ces lois ne soit pas coniiée aux hommes qui ont \iolé toutes les lois. Ils demandent que le ministère renonce à son système de proscription envers les royalistes , parce que , dans une monarchie , proscrire les royalistes, c'est détruire la niouarchie. Ils ne dcmaudenl ni réaction ni vengeances celles sont nussi éloignées de leurs cceuis que de leurs principes , iis veulent,, au contraire, que le repos de tous soit assuré j ce n'est même qu'en cela qu'ils voient la garantie de leur propre repos, et ils trouvent qu'ils ont assez soufle) t. Casteleajac. Déclaration de Berlin (i). Quelques journaux français, ou rédiges par des Fran- çais , ont pris à tache de dcfif^iirer !es évcncmens qui dfîpuis trois mois se sont passés on Prusse. Dos mesures (i) Vo}ez ci-dessus, pa^ 202, Lcllre sur Paris. ,( M' ) (1o sûreté qno la police de ce pays a cru dovoir prendre «contre des ç;ensqui, dans leur perversité ou leur fanalisme, jie lendoient à rion moins qu à troubler la tranquillité de r.VIlemasne entière, paroissont à ces écriv-ains des atten- tais contre la liberté publique et des actes de tyrannie. Dans ces feuilles , il nVst question que d'arrestatiois et de persécutions; à les entendre, les cachots de Berlin sont remplis de victimes, et la terreiir rè^ne dans cette ville. Cependant la paix intérieure de ses habilaus n'a pas été troublée un instant : les hommes sages et bien pensans , qui en fornirnt Timinense majorité, appro\ivenl tout ce qui tend à assurer leur repos; ils demandent qu'on pu- nisse sévt-rement ceux qui auroicnt voulu le troubler. Si la terreur rè^ne à Berlin, cela no peut être que parmi les correspondans de quelques journalistes /À««(:«i.s, si toute- fois ils en ont, et qu'ils ne forgent pas eux-mêmes les nouvelles qu'ils débitent avec tant dVflrontcrie. 11 n'est pas difficile d'apercevoir le but de ces écrivains. A leurs jeux tout ce qui tend à raffermir les Etals est vm crime j toute mesure de vigueur les fait enrager, parce qu'ils sentent bien qu'ils ne pourront réussir dans leurs }>rojets infernaux , que lorsque tous les gouvernemens d'Europe, occupés chez eux, seront forcés de détourner b^ yeux des menées d'un parti qu'une clémence renou- velée n'a pu corriger. N'osant encore avouer leurs projets, ni se déclarer ouvertement les défenseurs de leurs colla- borateurs et ainis, ils trompent la bonne foi de leurslecleurs eu leur disant que le gouverjiement pnissien a cru » à une » conspiration qui n'existe pas ; conspiration qu'une fac— » tion qui , d'après eux , trouble la France depuis le 5 sep- » tembrc 18 iG , et contribue à l'agitation dans laquelle le » Monde se trouve aujourd'hui plongé, a été inventée >» pour effrayer ce gouvernement, » Telle a été, depuis., l'origine , la tactique des révolutionnaires français, d'at- tribuer à leurs adversaires les plans ténébreux qu'ils tra- moient eux-mêmes, et d'appeler faciion la partie saine de la nation dont »I craignoient la résistance. Nous igno- rons si, hormis la France, le Monde est plongé dans la- gitation ^ nous n'en voyons pas en Prusse ; ou si l'on veut appeler ainsi les menées sourdes de quelques insensés, nous savons bien à qui nous en sommes redevables, de ca consternai ion iTa réj!:^r)éh Tîerlin que parmi ceux qui se scntoioni coupables j les autres éloicnt rassurés par la justice qui caractérise • eus les actes du {gouvernement, quoiqu'ils ne soient pas incessamment contrôlés par la clameur de quelques déma- gogues, se mettant à la place de la nation, dont ils sont quelquefois le rebut. Le journaliste français que nous avons réfuté, prétend que parmi les individus qui, par leur conduite, ont mérité d être privés de la liberté, ily en a qui autrefois ontrendu des services à l'Allcmapine : et celte assertion a besoin d'être rectifiée. Les personnes arrêtées , à l'exception de deux, sont des jeunes gens de vingt à vingt-quatre ans, moins criminels peut-être , qu'ils ne sont à plaindre, de s'être laissés entraîner par leurs exaltations à des projets criminels. Quels peuvent donc être les services que cette jeunesse a rendus à la patrie , si ce n'est d'avoir, à l'exemple de leurs camarades, pi is les armes pour opérer sa délivrance::' ()ue le jouruali.Tie se rassure à l'égard de ces anciens militaires : lorscjue le degré de leur culpabilité sera déterminé, la clémeni e du Roi saura concilier les droits de la jusliie avec l'indul- gence que leur inexpérience et le zèle qii'ils ont déployé à une autre époque, pourront réclamer. 11 faut cependant se garder de faire sonner si haut les services que prétendent avoir rendus à la patrie des hommes qui aujourd'hui travaillent à la couvrir de désor- dres et à la plonger dans l'anarchie, le incme principe (|ui les guidoit alors, les fait encore agir aujourd'hui. Si alors ils ont fait cause commune avec les gouvernemens , c'»'st qu'ils esperoient bien tourner un jour contre les princes l'enthousiasme qu'ils inspiroient h une partie de la nation. Si la conduite du gouvernement prussien n'a pas besoin d être justifiée, ce gouvernement ne craint pourtant p;"^ de la soumettre au jugement de l'opinion publiijue. Les pr(-vpnus, qui dans ce moment sont détenus dans une pri- son déi.-ontf, seront traduits devant les tribunaux, ;:ussitôî qu'on tiendra tous les fils d'une conspiration qui , pour être absurde, n'a pas été moins réelle, ni moins étendue. 11 a pris l'engai^ement de publier un jour les actes de la procédure : en a! tendant il a fait connoilre par la voie officielia les faits qui en résultent. S'il est au devoir d'un bon citoyen d'ajouter foi aux assurances d'un gouverne- ment paternel , plutôt qu'aux déclamations de ces frondeurs éternels de tout ordre de choses établi, il appartient aux éiranf^ers d'ajourner leur jugement jusqu'à ce que les tribu- naux aient prononcé. Alors on verra s'il est vrai que le £;ouvernement s'est laissé tromper par des apparences. Si tel étoit le cas, les bons citoyens loueront encore une prévoyance qui n'a pas attendu le moment où quelques actes vigoureux n'auroienl plus suffi pour empêcher que de simples apparences ne prissent un caractère trop réel. Malheureusement il n'est plus possible de se faire illusion sur l'existence, je ne dis pas d'une conspiration dont oti puisse craindre le renversement desgouvernemens existans ^ parce (pi'elle se compose d'élémens trop ridicules, mais bien d'associations secrètes par lesquelles des chefs invi- sibles veulent préparer les esprits au bouleversement qu'il méditent, et former des insirumens pour rexéculion de ces plans. La jeunesse qui, dans les universités allemandes, \h dans une grande liberté, dont jusqu'à ces derniers temps, elle n'avoit pas abusé, se laisse plus farilemenl entraîner par de vaines déclnnalions, surtout lorsqu'elles sortent de la bouche de maitres célèbres, parce que l'expéiionce ne lui a pas encore appris à réduire à leur valeur ce que les théories renleriuent d'impraticable : aussi est-ce sur les jeunes gens surtgut que comptent ces inirigans. Us ou- blient touiclois que si leurs prédications séduisent uh ins'ani des têtes exaltées par la lecture des anciens,. toute cette fumée se dissipe lorsque les jeunes gens, rentrés dans le sein de leurs familles , y retrouvent les principes de morale et de religion, qui caractérisent la natiot> allemande, ou qu'appelés aux fonctions publiques, ili. apprennent à ro.inoitre le néant des rêves dont on a flatté leur imagination. Quoi iju'il en soit des effets auxquels on doit s'attendre ( M.^ ) de ces intrif^ueS, voici les moyens que les rcvoliilionnaircs onl préparés : Dès Tannée l8i3 ils avoicnt essayé de former dos asso- ciations entre les jeunes pfns des universités. On a la preuve des tentatives qui turent faites à cotle époque à Berlin. Us cornploient alors sur la coopération du recteur temporaire de celte université qui jouissoit d une certaine réputation en Allemaf;ne. Le projet échoua, mais no fut pas abandonné. Préparé en silence, il fut exécuté à la fameuse réunion de^l'arlbourg, où il y avoit des dépu- tés des différentes universités. Le nombre connu de ces associations actuellement existantes, est de quatorze. Toutes sont en correspondance enir'ellos pour le but com- mun ; ili icune a son orç;anisation particulière, ses chefs, sa caisse commune. Indépendamment de ces grandes réu- nions qui, en apparence, sont fjrt innocenies, il existe des réunions particulières, composées d'un choix de membres distinj^ués par leurs taleris ou leur en'housiame. l>es candidats proposés pour y entrer, sont soumis à un examen sévère : ceux qui ne visent qu'à leur inslructiou ou qui, susceptibles d'enthousiasme pour les nouvelles théories politiques, ne poussent pas le fanatisme jusque, vouloir servir d'ins. rumens actifs au renversement qui est le but secret des affiliations, restent doues , parce qu'ils ont contracté l'obligalion du n èlre dans aucuns cas reteniis par quelque considération que ce soit; mais d'cxéculer sans modiri''ation, et par tous les moyens possibles, ce qui, d'après leur conviclion, c'est-à-dire d'après les impulsions qu'on leur a données, leur aura paru nécesaire. il est hoi"S de doute queSand a été du nombre de ces Séides. Jje précis qu'on vient de donner de roro;anisation des sociétés secrèles, est le résultat » « N'est-il pas à craindre que dans un moment de foi- blesse , à rap;onie de la mort, Sand ne trahisse son secret? n J'étudie avec zèle l'histoire des révolutions ; elles sont aussi nécessaires aux peuples que la respiration Test aux tiommes. »» « Au moment de Pexécution, notée ami N. devra se mettre à notre tète, et comme un autre Zisca, porter la Bible d'une main et le glaive île l'autre. » « Ce n'est qu'un bouleversement total qui peut nous sauver ! »> « Le peuple ne connoit pas encore le plan pour lequel Sand s'est sacrifié; mais il commence à 1 entrevoir. « " Renversons les trônes d'Alexandre, de Frédéric- Guillaume et de François II. » « Il faudra qu'à chaque arbre le long de la roule de Ber- lin à Ch:irlotlembourg, on pende un de ces serviteurs du trône: et cela ne sera pas même suffisant. » « La monarchie héréditaire est une institution insensée. » Celte phrase est extraite d'un discours public ; tenu par un des chefs de l'Ordre. « Est-il donc si difficile de tuer les trente-huit ? » (il est question des trente-huit souverains de la confédération germanique.) « il faut absolument que Sand meure sur l'échafaud, afin que le publicjapprenne à croire à Xsl charité cliréienne et à la résignation ; afin qu'il voie de quels sacrifices la jeu- nesse allemande est capable.- Dans ce siècle éclairé l'écha~ laud sera le symbole qui remplacera la croix. » Remarquez bien ceci ; il est nécessaire que l'ordre actuel des choses soit changé par le peuple , par la force , cl par une tragédie. » Voilà comme s'exprime un des dévoués ou absolus, en parodiant un vers d'une tragédie allemande : « Nos che- veux ne sont pas ornés de la couronne nuptiale; il est réservé à la hache du bourreau de les trancher. » Le passage suivant ne seroit que risible, si les derniers evénemens ne lui avoicnt doimé quelque importance. Il est extrait du journal tenu jour par jour par un initié. « Aujourd'hui on a voté sur le sort des juifs. » Faut-il augmenter ces extraits pour justifier un gouver- nement prudent d'avoir pris des moyens pour étouffer cos projets? ( ^iH ) Si les associations ne renferment yjrincipalcment que des jeunes gens, ils ne sont cependant pas les seuls sur lesquels comptent les chefs secrets. 11 existe en Allemagne une classe d'hommes d'autant plus faciles à séduire qu'ayant dts intentions pures, ils sont toujours prêts à les supposer aux autres. Ct^s hoinmesque IVxpt'rit^nce de vingt-cinq années n'a pu corriger, son! avides d'innova- li.cM.ié'i h'U'' iunour propre les aveugle au point de ne pas voir qu'après avoir été les inslrumens des méchans, ils scroicnt biLMilôt leurs victimes. (Quoique ces hommes plus dangereux peut-cire que les chefs, ne manquent pas en Prusse, cependant le gouver- nement de ce pays craint moins que phisieurs autres l'in- fluence des ennemis du bonheur social, parce que tou- jours prêt à écouter les représentations qui restent dans les bornes de la décence , et à rendre une égale jusiice à tous, il sait que le peuple n'a aucun sujet de plainte, qu'il dé- pend du gouvernement d'écarter. Si la inonarchie prus- sienne ne jouit pas encore de la prosfiérilé dont elle est susceptiblii, et si elle n'a pas encore obtenu la charte qui lui a été promise, c'est (juc la main bienfaisante du I\oi avait trop de plaies à guérir, et que les intérêts des parties hétérogènes dont celte monarchie se compose, doivent être conciliés entre eux, avant qu'on puisse s'occuper d'une chose qui exige la plus mûre délibération et une attention que ne puissent distraire les besoins de l'Ktat. Les bons citoyens ne veulent pas qu'on joue le salut de l'Etat , pour l'es- sai d'une théorie philosophique. Cependant tousiestravaux préliminaires qui doivent préparer l'introduction d'un ré- gime constitutionnel étant achevés, leRoi a nimmé une com- mission de sept membres, chargée dexaminer le planqua son chancelier-d" Etat lui a soumis. Cette commission dans laquelle siègent des membres aussi connus par leurs idées libérales que parleur loyauté, est sur le point de commen- cer ses travaux. Les bases du pian qu'elle doit examiner assurent J» la nalion un régiu)e municipal soustraità Tarbi- Iraire (unique base de toule liberté dans un grand Etat ) , et une représentation vraiment nalienale , qui soit à l'abri de l'induencedémagogique et garantie contre les séduction» niinislérielles. Ainsi la Prusse va jouir d'une constitution libérale, qui ne coûtera pas de larmes et ne causera pas même de regrets à qui que ce soit, si ce n'est à ceux qui ne cessent de travailler à séparer la cause du Roi Je celle d« son peuple. ft\\^\»^v^w»^\^w^vv»w^vv^vv^^\^^v^w^/w»w\vv>\^^w^w\'VV»^A^*v>w^^wwv\vv»w^ LE CONSERVATEUR. Sur r Education des Filles. Si quelque chose est, par sa nature, indépen- dant de 1 administration , c'est sans doute l'édu- cation dtslilles destinées à une vie do retraite, et uniquement occupée des soins de Ja famille. Tous \i^s peuples ont senti cette vérité : Sparte seule forme une exception ; nulle part ailleurs on ne trouvera que l'autorité publiijue ait entrepris, à cet égai'd , sur les droits des parens, ni que la police soit venue se placer entre lanière et sa fille, Î)Our éclairer la tendresse de l'une, et veiller à instruction de l'autre. En France même , pendant les années les plus désastreuses de la révolution, personn?: n'imagina qu'il fût possible de renverser à ce point les notions du hon sens et de lexpé- riciice ; l'éducation des filles resta libre, et ou respecta cet ordie, lorsque tout ordre étoit violé. INIais, sous la monarchie léj^itijuc, nous sommes condamnés à voirie développemcnl de toutes les idées, de toutes les institutions révolutionnaires. On a posé les principes, on en tire les consé- quences. Ainsi, aprèss'êtremisà la place des pères, 1)ar une usurpation qui prépare la dissolution de a famille, le ministère paroît vouloir aujour- d'hui se mettre à la place des mères ; tant est vaste la sollicitude de iNl. le ministre de l'intérieur! Si siis vœux sont remplis, ou si ses ordres sont exécutés, on ne pourra désormais se consacrer à l'éducation ûcs iiiles, qu'on n'y soit autorisé par l'administration. Or, les maîtresses d'école se divisent en doux. ToMB V. — 58« LiviiAisoN. 17 C aji> ) clnssCvS : 1rs menihios des congré^jalioTis religieuses irooiinucs par la loi, et les iiislittilrices particu- lières. D'après les instniclions ndiessécs aux préfets, les religieuses, assimilées sous ce rapport aux Frères des Ecoles clirétienueSj^ n'auroienl besoia j)onr obtenir des brevets, que de montrer leur* lettres d'obédience. Les au très insli tu triées seroicnt soumises à un examen préalable. Ainsi, suivant ces saj^es dispositions, il faudra que de jeunes personnes, surmontant celte piideur timide , leur première vertu et celle f{ui conserve toutes les autres, comparoissent devant des exa-t minateurs chargés de vérifier si elles possèdent les qualités nécessaires pour enseigner les enfans de leur sexe. Je doute qu'on ait jamais imaginé rien de plus absurde et de plus indécent. Repré" sentez-vous des hommes graves, faisant lire, écrire, coudre et tricoter une pauvre maîtresse d'écolv , et dressant procès-verbal de cet important exa- men. Comment n'a-t-on pas été frappé de cet excès de rias moins de force à l'égard des autres instit itrices. Que l'autorité pré\ienne les dangers que pourroit rencontrer reniante dans des maisons susp^>ctes, cela est de son devoir, et . nous la louerons de le remplir. Mais, apparem- m.ent, ce n'est pas en déléguant des commissaires, pour interroger une moîtressc d'école, que l'admi- nistration s'assurera de ses mœurs. La moindre question t^u'on lui adresseroit sur un pari il sujet, seroit un outrage intolérable, et il n'y auroit pas lieu d'en faire une seconde, si elle écoutoit la pre- mière sans indignation. Des certificats, même des curés , ne sont pas un meilleur moyen pour obtenir la garantie qu'on cherche; ce seroit trop humilier la ^erlu. Mais le curé peutcertHier que telle personne remplit exac- tement les devoirs de religion; c'est tout ce qu'il peut et doit dire, parce que c'est tout ce qu'il peut et doit savoir connue liomme jiublic. Cela sullit aussi à l'autorité, et vu atlcignajU de la sorte le but . qu elle se propose, elle respecte toutes les bien- séances, qui sont ici des lois, pt dçs lois sacrées. Mais on pounoit presque douter qu'il y ait au- jourd'hui des lois d aucune csp.'ce pour l'adminis- tration , tant ciiC élude aisérjient celles (]ui exis- , teut, et supplée sans scrupule celles qui n existeut , ( *53 ) pas. Où est, en effet, la loi , où est l'orclonnance qui oblic^e les i-eligieuscs et les autres institutrices à se munir de brevets? De f[uel droit prétenfl-Oii leur imposercette contrainte? Où s'arrêtera ce sys- tème d'oppression et d'nsarpalion? S'il s'y mêloit des vues fiscales, si l'on faisoit payer ces scanda- leJiv hreveis, ce ne seroit pa« siiilement un ahus de pouvoir, mais une véritable concusirion. On doit donc croire (ju'on délivrev:i l's bveyeisij^ratts. Ils n'en seront pas moins une servitude illégale^ une nouvelle preuve que ces mêmes hommes qui traînent «tu pidement la France vers la démocratie, n'ont au fond de l'àme que le de5potisme, et ne comprennent j)as plus la monaichic, que les révo- lutionnaires ne comprennent la lib'rté. L'abbé F. DE LA Mennaïs. Les Ministres sont -ils le Gouvernement? Lorsque ]M. Corvelto , parlant à la tribiine des Députés, publia le premier qu'il v avoitMi Fiance un gouvernemenl indépendant dufioi, Ion au- roit eu le di'oit de lui répondre ce que , dans la tragédie de Gaston et Bayard,\e duc de Nemours répond à un autre Italien : Vous n'êtes pas Frapçais, on peut vous pardonner. Mais lorsque des hommes nés en France, et se crovant ass. z habiles pour être ministres^ niécon- noissent leurs devoirs et leurs droits au point de répéter la même inconslitutionnalilé , il convient, non moins à la propi-iété des expressions qu'à l'intérêt de la monarchie, de relever une erreur d'où résultent tant de conséquences fâcheuses. Posons d'abord les principes. Dans toute monarchie, soit absolue , soit tem- pérée , il u existe qvi un seul pouvoir dont les ( *54 ) nuti-fs sont les dérivés : ce pouvoir est le pouvoîir gouvoriifiut, ou pouvcir ro\ al. Les grandes attributions du pouvoir gouver- nant sont de faire les lois, de rendre la justice , et d'aciniinislrer les sujets. Dans les monarchies absolues, le Prince seul fait leslois^ dans les monarchies tempérées, comme la monarchie franeaise l'a toujours été , la puis- sance législative est exercée par le Monarque, uni à des pouvoirs spéciaux. Jusqu'à 181 4, ce droit apj.artiuoit aux Etats-(i('néraux du royaume; depuis 1814, notre nnc^ern'.' forme de gouver- nement ayant subi des modifications nécessaires, les Etals-Généraux sont sup[lr4 leurs socoiidail'^^s daus l'étroite ubli^raliiou ( r3j ) 4c, se cônfoitnpr aux lois et à la volonté royalV. Les admiiilsliateiirs sccoiuiaircs exercent tics fonctions civiles ou militaires. (]eux (|ui n'c\erc«'iit que tirs fonctions «jMîes sont plus i)articulièic\utnt tlc^i^-nés sous le nom a atliiiiHislrnteuis. La ibnction tics généraux, tlcsculoiicls, eu temps tIc paix, est d'atluiinislror, sous le rapport mili- iaire, des dÏNisions, des réj^iniens. Ln temps de guerre, ils y joij^ntnl le (l(>vuir de combalti e dans i'iulérèt du monaïqiie et de la pati je. Pour oljte- Jiir de grands succès, il faut (|u ils unissent le» talens de l'administrateur aux qualités du guer- rier. J'ai cru nécessaire de rappeler ces idées , parcQ que tant tle choses ont été brouillées par noire révolution, que dans ce désordre général elles ont été souvent perdues de vue. L'on a confondu l'ad- ^ninistrateur avec le magistrat , .l'ecclésiastique iïvec le fonctionnaire civil. On a pensé que les militaires faisoient un ordre à part, et que l'ar- mée éloit un Etat dans 1 Etat. De-s lois ont été liaites en conséquence 5 colle fin recrutement n'a pas une autre base 5 cntin l'oubli d4e toute raison, de toute cojivenance, de tout principe, est de- •.venu tel, que le Roi n'a paru qu'un fonctionnaire révocable, et que , par la constitution de 1791., la rovauté avoit été changée en pouvoir exécutif. C'est, il n'en faut pas douter, par une suite de .cette aberration , que les ministres, pris collecti- vement, se nomment par excellence le gouverne- ment. 11 ne peut y avoir, dans un Etat, qu'un seul gouvernement, parce qu'il ne peut y avoir qu'un seul pouvoir gouvernant. Ce pouvoir, dans une monarchie, n'est susceptible ni de partage ni d'al- tération j et quoique pour soutenir 1 opinion con-> -traire un ministre ait, dans un discours au moins extraordinaire, avance que /a royauté Ji'ètoit pas ( 256 ) un cirpot stérile , cet apophte^e atidacionx n'a pu ni dénaturer les droits du trône , ni justifier des prétentions insoutenables. Au feit, si les mi- nistres éloiontle gouvernement, ils exerceroient le pouvoir gouvernant dans sa plénitude; mais comme nous avons vu que ce poiivoir ne pouvoit pas se partager, il en résulteroit que le Roi, qui s'en seroit dessaisi , ne seroit plus rien, et qu'au lieu d'une monarchie , nous aurions une république avec un directoire. Sans examiner si les ministres ont ou n'ont pas prévu les conséquences qui résultent de leurs pré- tentions à la puissance, il est indispensable de les repousser, et rien de mieux pour cela que de cher- cher ce qu'ils peuvent être en France avec un gou- vernement représentatif. Considérés isolément , chaque ministre est un administrateur d'un ordre élevé, responsable, dont la puissance est d'autant plus grande, t[ue, s'exprimant toujours au nom des lois ou des or- donnances, elle a pour appui la volonté législative et la volonté royale. '■ Pris en masse , sous la présidence d'un de leurs collègues, la réunion des ministres, ou si l'on veut le ministère , n'est rien. Sans autorité, point d'autre existence politique que celle de courtoi- sie; leminislère, le président du Conseil, peuvent y jjiétendre; mais là doivent s'arrêter leurs pré- tentions. J/uni(in (Uis ministres à bonne ou à mauvaise intention, ne fait point un des pouvoirs de l'Etat ; c'est une existence toute nominale, illu- soire et tellement vaine, que je ne sache pas, en Fi-ance, un seul individu, bien moins encore un fonctionnaire, qui dût légalement déférer à un ordre donné , soit par le président du Conseil, soit parle jninisltre entier. Mais si, d'après nos cons- titutions, chaque ministre concentré dans son dé- partement est quelque chose , et si leur aggiéga- ( 257 ) lion en ministère n'est rien , sur quoi peut être, fondée celle orgueilleuse qualification Je gouver- nement? Tranchons le mot, sur l'ambilion indi- viduelle et sur l'usurpation. La réunion des ministres en ministère n'a d'autre Lut que de fonder un dcsjK)lisme pour opprimer à la fois la nation et son Roi. Aux Îilaintes de l'une on oppose la solidarité ; aux vo- ontés de l'autre on oppose la responsabilité , deux mots vides Je sens, vains d'eftet^, que les chai*- latans politiques ont crées c-i leur usage, parce que, taciles à détourner de leur acception véritable, ils se prêtent à toutes les interprétations. C'est ainsi que maintenant, grâces auv variations introduites, la solidarité n'enchaîne plus les personnes, mais les principes; la responsabilité ne s'étend point aux actes, mais aux intentions! S'il en étoit autrement, les ministères que nous avons vus se succéder avec tant de rapidité, se- roient tombés en masse et non par lambeaux. Si la pureté bien ou mal prouvée des intentions ne garantissoit pas la déloyauté des actes , tant de ministres, quidicpuis i8i4 jusqu'au moment actuel nous ont fait passer des hommes et des choses mo- narchiques, aux hommes et aux choses de la révo- lution, n'auroient-ils pas été l'objet d'enquêtes multipliées, pour découvrir par combien de fautes, du point de départ le plus heureux , nous nous trouvons dans une situation si d-éplorable ? La Chambre de i8i5, cette Chambre si tei'rible , si terroriste , comme on le dit aujourd'hui , n'auroit- elle pas demandé compte aux ministres de i8i4 de ce qu'ils avoient fait pour prévenir, pour empêcher ou du moins pour retarder les éve'nemens du 20 mars? ]N'auroit-elle pas demandé à M. l'abbé Loui.s pourquoi, ministre du Pioi , il avoit abandonné 70 millions à l'homme coupable qui rompoit son ban? jN'auroit-ellepas demandé au même ministre ( ^5B ) pourquoi, malgré une déclaration antérieure, il avoil chargé l'Etat de toutes les dettes contractées pendant les cent-jours? ]Ne lui auroil-elle pas encore demandé pourquoi, maigre le texte formel de la Charte, il avoit, de sa pleine autorité , im- posé une taxe de loo millions, et joint l'arliitraire de la répartition à l'illégalité plus (^xie concussion-' naire de l'impôt? Certes, si l'on eût fait cette en- quête indispensable sur les miuistres de i8i4, et sur une partie de ceux qui s'installèrent api-ès le S juillet, leurs successeurs auroient été plus cir- conspects; depuis 1816 jusqu'en i8ig, ils n'au- roienl pas acquis assez d'audace pour faire offi- ciellement l'éloge de la Convention, pour inventer insolemment des consplj alions à la Fouclié , pour destituer et jeter dans les cachots les défenseurs du trône, pour calomnier, avec des journavtx sa- lariés et des correspoiidances privées , tout ce qui conserve le sentiment de la fidélité, pour rcstau- rev la révolution, j)0ur flétrir l'autorité rdyale , pour rappeler des régicides bannis par une loi, et pouj- donner le hideux spectacle de l'assassia d'un Roi siégeant parmi les députés de la nation qui s'est replacée sous le gouvernement monar- chique. La responsabilité, dans son état acLuel , n'est donc qu'un mot ; la solidarité n'est pas moins chi- mérique. J'ai dit ci-dessus qu'elle n'enchaînoit que lc5 p^-incipes ; et ces princij^es, où sont-ils? dans la ptnsée, dans la volonté d'un homme qui , depuis trois ans, domine avec non moins d'audace que d'impérilie. Le ministère de 181 j étoit nn-Ct .solidaire, disoit-on; ce ministère a été décimé, mutilé dans toutes sts parties, jusquau moment où sa chute cotnplèie a montré (ju'ii existoit dans uji seul homme. Le ministère actuel a-t-il une base plus solide? Je ne le crois pas quoique, les jour* ttauï de la police disent le contraire, et peut-élr« ( 259 ) parce qu'ils le diseut. La dispersion du ministère de iSiJ ne donne pas lieu de penser que celui de 1818 soit plus compact; comme sou prédécesseur, »vaut qu'il soit peu de temps peut-ftre, il se dis- sipeia en iumée : et que reslera-t-il alors ■? encore uu seul homme, toujours le n>êiue, ministre con- damné, pour le malheur de la France et pour le sîçn, au supplice de la perpétuité, juS(|u'à ce que la loi des élections , parvenue à son dernier terme , le précipite avec une violence dont rien ue pourra le garantir. Est-ce un tel assemblage qu'il faut appeler gou- vernement? Si cela est, je plains sincèrement ma patrie. Je la plaindrois d'clre gouvernée de droit. j)ar une aggrégation aussi incoliérente j je la plain- drois bien davantage d'être gouvo-née exclusive- ment par riiérilier iniaillibie et banal de toutes les puissances minislérielleS". "' Des ministres unis ponr gouverner, et qui -se noîument le gouvernement, attentent tous les jours sur le pouvoir roval ; ils sont à son égard dans un état continuel d'usurpation. Cette forme est à la fois anti-monarchique et ant -franraise. Quelque durée qu'ait eue la révolution, quelques violences qti'elle ait exercées, elle n'a rien édi- lié , parce qu'il ne lui étoit donné que de dé- truire j ainsi elle n'a pu nous façonner ni aux idées l'épublicaiues , ni à la servilité pour des fonction- naires révocables. Le Français spirituel j mal'i» , i^isonneur, examine rigoureusemen-t lacouduîfe des hommes qui prétendent au dangereux hon- neur de le diriger; s'il y découvre de la foiblesse, de 1 incapacité, de l'astuce, il sindigne, refuse sa coniiance, et, suivant les positions, il combat ou ridiculise les hommes qui n'ont pour qualités que l'intrigue, et pour mérite que la laveur. Lorsqu'il souffre , il s'en prend aux ministres du «jaUise qn'i! éprcinve : il les accuse, les maudit, et ( 26o ) répète ces phrases qu'exhala toujours sa tlouhiur : Sùrenienl le JioL ne. sait pas cela; on le trompe , on lui cache la l'crifé; el ces phrases ce uc sont p^s de vains mots : elles sont l'expression d'un sentiment juste et rélléclu. Le peuple, lorsqn'il n'est pas égaré par des factieux, a toujours des idées saines. Observez que je prends ici le terme de peuple dans son acception la plus noble, et que, sans égard ni pour la fortune, ni pour le rang, j'y comprendsTuniversalitéde ceux qui sont gouvernés. Or, dans tant de têtes, il n'y a qu'une opinion, dans tant de cœurs, il n'y a qu'un sen- timent, c'est que le Roi ne peut jamais faire le mal sciemment. Quoiqu'un Pioi soit un homme, et, comme tel , qu'il pjtisse être agité parles passions , le rang supérieur et sans pair qu'il tient de sa naissance le mettant au-dessus de toutes les ambi- tions, il ne peut être accessible qu'à celle de s'il- lustrer en illustrant son peuple et le rendant heu- reux. vS'il se trompe sur les moyens, c'est la faute de ses conseillers, ce n\'st pas la sienne; voilà pourquoi, tout en conservau't pour le Roi les senlimens de respect et d'amour qui caractérisèrent toujours les Français, on se permit de tout temps d'attaquer les ministres. Quant à ceux-ci , liberté plénière siir leur conduite politi<[ue. Que leur exlraclion soit illusti'c, ou (|ue leur naissance soit commune, peu importe, ils sont justiciables de l'opinion , parce q»ie partout ils trouvent des pairs, et que leurs motifs secrets, leurs vues ambitieuses, leurs penchans intéressés ont d'incorruptibles appréciateurs. A leur égard on est d'autant plus sévère, que des exemples nombreux, piis dans tous les temps et chez toutes les nations , ont prouvé que l'intérêt des ministres est souvent opposé à l'intérêt du Roi , et par conséquent à l'intérêt du peuple, puis- qu'ils sont identiques. Attaquables par tous le* ( ^6i ) genres (l'amhilion et de cupidité, <\vs miiiislres ont tralii le secret de leurs cal)i7)ets , d'iiulres ont conseillé des guerres desnvantageuses , ont fait perdre des botailles, ont conclu des traités Cu- ncsles , ont af;£;ravé les taxes, ont pro\oqué de mauvaises lois, ont exaspéré les esprits »u [joint de les porter -ai soulèvement, ont contribué à renverser le trône de leurs mailres, et traité avec les usurpateurs dont ils sont devenus les lavoris et les ministres; et, dans ces événemens déplo- rables, la nation étoil éclairée, le Prince seul étoit aveuqlé. .Si, de ces considérations générales, nous passons à notre situation particulière, nous verrons, sui- vant le système des ministres, d'abord le Roi que nousreconnoissons, nous autres royalistes, comme la source de tout bien , comme un cire impec- cable, comme l'unique et véritable représentant de la nation; el puis un assemblage bizarre nommé le gouvei'ueinent du lîoi , composé de ministres tcmjioraii'es el d'un ministre perpétuel. Celle aggrégation , selon ses vues on son intérêt du mo- ment, tantôt ^i'unit au Roi, tantôt s'en sépaie, de telle sorte ({ueie Roi quelquefois est le gouverne- ment, et d'autres fois, qti'il lui est tot;ilement étranger, conception monstrueuse, impossible à défendre, el dont 'le scandale se fait icmarquer en lisant deux articles insérés dans fc Monileur des 1 7 cl 1 8 octobre dernier. Dans le premier, une lettre écrite par un correspondant occasiojuiel (^i^, contient les deux alinéa suivans : « Ceci bien entendu , et me rappelant très-bien » que, dans mon enfance, on m'apprenoit qu'il » lalloit respecter les ministres delà religion pour » que la religion fut elle-même respectée, je ne )) pense pas que ce soit un bon moyen de faire Cl; Evpr^'ssiju du texte. ( aGa ) » respecter le Roi et la royauté, dans le temps où )) nous sommes, que d'outrager perpétuellement :> les ministres du Roi, quel que puisse être leur )) caractère personnel. » Je pense encore moins que l'on soit fort » louable de séparer en tout et pour tout le Roi w des actes même les plus solennels de son gou- » vcrnement. Cette manière peut étie fart bonne » en ce qui regarde les actes d'administration 5 î) mais, en matière d'Etat, il n'est pas toujours » prudent d'interjeter appel au peuple y comme i> ou le l'ait sans cesse aujourd'hui. » Ces deux alinéa sont extrêmement curienx. Le premier contient une inculpation à laquelle nous avons répondu d'avance, en prouvant f[u'on peut professer les sentimcns du respect et dé l'amour le plus pur pour le Monarque et pour la royauté, tout en censurant vivement la conduite des mi- nistres. Ce scroit même une obligation dans le cas où ces dépositaires du pouvoir, agissant dans un sens contraire à la monarchie, l'exposeroient aux plus grands dangers. C'est alors que tojutcs les voix devjoient s'élever pour avertir des fonc- tionnaires égarés, s'ils sont dans l'erreur, ou pour signaler des agens infidèles^ s'ils sont coupables. Dans dos ciri onstances aus.>-i graves, à défaut des hommes, les pierres même pousscroient des cla- meurs. Au surplus, cette inculpation faite aux rO'\ a-» listes étant aussi ridicule (jue celles dont tous le5 jours ils sont l'objet, le ridicule sufPiroit pour y répondre. Il y a cent cinquante ans que Roilea;j en a pris soin j nous ne pou\ons riea faire d^* mieux que de transcrire ici sa réponse: Vous aurez beau vantrrie Iloi dans vos ouvragei . l't de re nom sacré sanctifier vos jiyyes, Qui méprise Cotiri, nVstinic point .son Roi, 1:1 n'a, seinii Cofin, ni IJieu, ni Toi , iii Ifi. ( 263 ) Le second alinéa est prc-cj^. Le Roi ne fait point partie de son gouvernement ^ mais il ne faut pas toujours l'en séparer. Cela peut convenir en ce aui regarde les actes (t administration ; mais, en matière d'Etat, cela peut avo'r des inconvénicns. Ainsi, pour se coiilormer au système ministé- riel, il faut que le Roi soit à la fois en dehors et en dedans du gouvernement. T n dt hors, en ce qui regarde les actes d'administration , afin que les ministres soient maîtres absolus de faire toutes les fautes, de commettre toutes les injustices utiles à leurs intérêts, sans surveillant et sans contradic- teur, puisqu'il est établi que le Roi ne doit pas $'en mêler; mais, en matière d'Etat, comme les faites sont plus désastreuses , comme les erreurs sont plus graves, et que la responsabilité est plus grande, ces Messieurs replacent le Roi dans le gouvernement, afin que ce nom auguste les pro- tège contre le blâme et contre l'indignation. Ce petit commentaire, utile pour expliquer le texte, me paroît en êti'e l'interprétation la plus précise; par conséquent on pourroit croire qu'on a saisi le vrai sens de l'opinion ministérielle sur cet important objet : point du toxit. Le Moniteur du lendemain détruit le sens du Moniteur de la veille. Le numéi-o du 17 mettoit le Roi dans le gouvernement, en matière d'Etat, et le numéro du 18 l'en sépare. Lisez en preuve une letti'e que le ministéiie! Moniteur a transcrite du miuistériel Journal de Paris , vous y trouverez les phrases suivantes, qui touchent bien certainement aux plus grands intérêts de TEtat, et qui vous démon- treront qffe le ministère agit seul comi7ie L'Ouver- nement, et que c'est lui-même qui le déclare et qui s'en vante : (( C'est après avoia.' vainement cherché , auprès » de la France, un appui qu'elle leur refuse, que ••) les partis ont tom'ué leux's espéraaces du coLé ( ^64 ) » des dépositaires de 1,'aulorite royalej c'est d'eux » seuls eu ell'et qu'ils pourroient tirer la force qui » leur niauque et qui leur manquera toujours, » tant que le gouvernement, eu se montrant juste w pour tous, demeurera inaccessible aux séduc- » tions ou aux menaces des deux minorités qui » se harcèlent. » Et plus loin : «( Depuis l'ordonnance du 5 septembre, le )) gouvernement du Hoi a secoué le joug des mi- )) norités, et a jeté par cela même de profondes » racines dans le cœur de la nation : plus heureux » et plus sage que Buonaparte, il n'a pu ni voulu » imposer silence aux diverses o])inions qui » s'agitent dans la société 5 en se manifestant elles )) l'éclairent, et leurs clameurs, même les plus w violentes, ne peuvent qu'ajouter à sa fcH:ce, >) aussi long-temj)S qu'il ne se laissera ni séduire, )> ni intimider par elles, w ' Il suffit de lire attentivement ces deux phrases pour rcconnoître que les ministres s'y désignent clairement sous le nom de gouvernement^ et que le Roi n'en fait point partie. Ce qui Ibrtifie mon opinion, c'est que je suppose à nos ministres trop de vergogne pour établir une comparaison entre le Roi légitime et le sujet révolté. Une telle incon- venance seroit aussi par trop choquante , même dans un journal ministériel. Ce sont donc les ministres qui tiennent dédaigneusement la balance entre les partis , ce sont eux qui se montrent justes pour tous, qui sont inaccessibles aux séductions et aux menaces, qui , depuis l'ordonnance du 5 ^septembre, ont jeté de profondes racines dans le cœur de la nation, qui sont plus heureux et plus sages que Buonaparte, et qui ne se laisseront jamais enli'aîner ni séduire. Tout cela est fort beau, sans doute; mais si la France et l'Europe doivent s'incliner devant ( ^65 ) les résultats merveilleux d'une façon de gouverner aussi sublime , pourquoi leurs excellences veulent- elles s'en donner exclusivement le mérite? C'est une ([iicstion dont j'abandonne la solu«ion à qui voudra r('n(repr<'ndre 5 il me siifGt d'avoir dé- montré par leurs propres aveux, que, dans la pensée des ministres, ce qu'ils nomment le gou- vernement doit marcher avec le Rui , ou sans le Roi, suivant l'opportunité, et selon le besoin de leur svstèmc. Un écrivain doctrinaire s'est occupé d'aplanir cette difficulté, en publiant un long article dans Je Moiiiteur du a6 octobre. Malheureusement, suivant l'habitude de sa secte, il n'a fait qu'em- brouiller jiar la métaphysique un sujet qui a'avoit déjà que trop d'obscurité. Suivant M. le doctrinaire il faut attribuer la ^^énlabfe cause des embarras qui semb/e?it encore assitt^cr le ministère, à ce que l'on a presque tou- jours confondu les deux attributions principales, mais distinctes , qui forment le gou\'ernement. Or, le ^gouvernement est la raison de la société , et dans la société y comme dans C homme, la raison est T intelligence qui conçoit, et la volonté qui à^it. Ijintclligence rc^le pour le présent et pour l'ai'enir; la volonté exécute et agit dans le présent. Observons en passant qu'il faut une rare intel- ligence pour concevoir de si belles choses, et une volonté bien robuste pour travailler à les com- prendre. Lhommc à qui il est donné de représenter la raison de la. société ^ et de la manifester, est Phomme- poui'oir , ou le Roi. Il porteroit toujours des lois parfaites , et les fer oit exécuter a\>ec la m cm c per- fection , s'il étoit parfait; mais comme il ne l'est pas, il a des conseils qui expriment , de fait ou de droit, et les intérêts perpétuels , et les intérêts temporaires 0:1 transitoires de la société. Tome V. — 58"^ Livraison. 18 ( a66 ) /.es ministres , placés si près du trône, sont jndubilableracnl k- proniicr de ces conseils, car i/s ont une influence nécessaire sur la formation Je Iq loi; mais le mot a initiative présente une ■écjuivoque dangereuse. Si les rainislies prennent toute Fijàtiative de la ■loi, où trouveront-its cette autorité moi aie, qui persuadera aux deux Chanib/es que la loi quils proposent est conçue , non pas dans l intérêt parti- culier de leur autorité, mais dans l intérêt, soit temporaire , soit perpétuel , et toujours général de la société P Pour cvitei- cet écuell, il faudroit composer wn conseil ( de doctrinaires, selon toutes les ajipa- .rences), qui prépareroit les lois d'ititelligcncc , tandis que les ministres prépareroient celles de oyolonté. Dans cette hypothèse , une loi serait acceptée ou refusée : acceptée , le ministre en auroil hi gloire ; refusée , il ne tomberait pas avec elle, parce quil aurait derrière lui l'autorité morale d'un conseil qui l'aurait crue nécessaire, 11 faut convenir que si INI. le doctrinaire avoit été obligé de débiter ce galimatias devant M. Perrin Dandin, que Racine a rendu si célèbre, on auroit pu lui dire à la lia de son plaidoyer : _i Belle conclusion, et digne de l'exorde! irçt qu'il auroit peut-être répondu comme Petit- r Jean : On l'enlciid bien toujours, qui voudra mordre y morde. Dans ce système que j'ai tâché d'éclaircir pour le comprendre, ouvauroit d'abord, suivant J'ex- pression scandaleuse du doctrinaire , Fliomme- pouvoir ou le Jîoi , ensuite un ministère ou les mi- nistres unis en gouvernement , et de plus un con- seil sj)écial indépendant du ministère , qui pré- pareroit les lois d institufions. Avec ce conseil vous n'avez plus rien ù craindre : tout marchera le mieux du monde. Les attribnlioiis de Vintelli' ^encc et tic la volonté seront dislirictes; par ■'con- séquent il n'y aura plus d'embarras ni de coillïi- sion. Et c'est dans le dix-neuvième siècle, au centre de l'Europe , chez une; nation civilisée qu'il se trouve des hommes capables d'entasser ainsi ridi- cules sur ridicules, syslèines sur systèmes ! C'est à force de tromperies , de sopliismes , d'absurdités, que des ministres et leurs adhéi-ens soutiennent une domination qui, dans sa malheureuse durée, a bouleversé les principes sociaux. Loin de gémir de ces torts, ils y ajoutent celui de la persévé- rance, et le triste courage de s\n léliciter! De- puis l'ordonnance du 5 septembre , les mijiistres ont jeté, disent-ils, de profondes racines dans le cœlir de la nation ? Ce n'est point dans le cœur de ia nation qu'ils Unt jeté des racines, c'est dans le terrain de la révolution : c'est là qu'ils ont dé- friché , cultivé , planté , c'est aussi ce terrain qui, par leurs soins, commence à produire des sucs empoisonnés. Réduisons donc à leur valeur ces éloges commandés , ces effusions d'un orgueil qui se caresse, et pour départir aux ministres les louanges qu'ils méritent, cherchons ce qu'il y h de louable dans leur conduite. Au 8 juillet i8i J , la France étoit ivre de bon- heur d avoir recouvré la noble famille de ilois q>ii lui appartient ^ les hommes qui s'étoient laissés entraîner^ ceux même qui avoieut eu des torts, tàchoient de les faire oublier j la conduite à tenir étoit de s'entourer de ses amis et deieiidre la main à tout le monde. Une Chambre des Députés fut nommée dans cette circonstance > ses intentions étoient excellentes 5 et quelque chose qu'on en ait voulu dire depuis, son éloge se t^rouve dans cette qualilication (^introuvable , qui lui fut donnée par le sulfiage le plus auguste j malheureusement i8. ( 268 ) composée en grande partie clhommestpiî insques- là s'étoient peu familiarisés avec les matières de gouvernement et de législation, elle avoit besoin d'être dirigée pardesjuinistres habiles : elleenfitJa demande, et ne fut point écoutée. Dans cet {vban- don , forcée de se conduire seule, sons l'unique influence de ses seiitimens rovalisles, elle commit la faute de parler trop et de ne point agir assez. Si elle eiil provoqué une enquête contre ]os mi- nistres de i8j4j elle auroit donné un utile et grand exemple, et montré quelle est l'importance et l'étendue de la responsabilité dans un gouver- nement représentatif. Ce tort nVst pas au nombre de ceux qu'on lui reproche. On l'accuse d'audace, elle fut timide j d'envahissement, elle est réglée en .deçà de ses devoirs ^ d'avoir froissé les intérêts ré- volutionnaires, consacrés par la Charte, elle les a respectés scrupuleusement ; d'avoir été tyran- nique , les lois d'exception, quoiqu'il fût juste et nécessaire d'en porter alors , ne lurent discutées que sur la proposition des ministres, et ne pas- sèrent qu'api'ès avoir été adoucies. Mais cette Chambre avoit eu le malheur, ou la sagacité, comme on voudra , d'apprécier les principes et les Jiommes du ministère 5 et quelques députés usant du privilège de la tribune, avoieut fait cojinoîlrc l'opinion de la majorité à leur égard 5 dès lors la dissolution de la Chambre introuvable fut arrê- tée , atln de conserver des ministres que vraisem- blablement il ('toit encore plus difficile de rem- jdacer 5 l'ordonnance du 5 septembre proclama le triomphe de ces ministres et l'ébranlement de la royauté. Les collèges électoraux furent convoqués sous l'influence de la police, et les hommes dont elle ne voiiloil pas>(;t ceux dont elle >ouloit , lurent désignés aux électeurs. C'est alors qu'on entendit de nouveau les cris si chers aux vieux révolutionnaires : à bus les iiohles , à has les i ( -^69 ) prêtres ! et dans la Chambre régéiiéicc on pro- nonça (les nouis f|ui se troiivui(;nt en liaLiiionic avec ces clameurs. Elevés par ce coup d'Elat au rang de puissance politique, les niinislres s'arrogèrent la (pialjlîca-. tion de gouvcrnctnent ; et pour soutenir ce nou- veau titre, ils se créèrent une armée. Jusqu'alors tous les hommes que l'entraînement ou la médita- tion portent à s'occuper de droit puhlic , étoient classés en deux grandes divisions : l'une voulant la religion , les mœurs , une sage liberté sous la protection de la royauté héréditaire et des anciens souvenirs 5 l'autre composée d'<'sprits inquiets , ardens, désordonnés, voulant une liberté sans bornes, l'anarchie, le retour vers l'état de natiire et la destruction desliens delà société. A ces deux classes les ministres en ajoutèrent une troisième Ibrmce de tous les hommes sans volonté, qu'ils égarèrent par une fausse candeur, ou qu'ils sédui- sirent par les movens propres à les entraîner. Ou vil alors les Chambres et la France partagées eu trois opinions, sous des guides ditlerens, les roya- listes qui, malgré la réprobation dont on les ho- nore , ne reconnoissent d'autre chef que le Roi ; les libéraux, de toutes les sectes , qui marchent sous l'étendaixl des doctrines révolutionnaires; et s les ministériels , soldats dévoue's du ministre pré- ;*k pondérant , plutôt que du ministère, et n'atten- , dant qu'un ordre pour défendre on combattre alternativement la révolution et la royauté. C'est 1 • • • '1 avec cet appui que les ministres ont pu soutenir , l'orgueilleuse prétention de se nommer \e gouver- nement; et dans le fait , avec les attributions et la réalité du pouvoir gouvernant , ils ont pu se flat- ter de produire une illusion de quelque durée. Mais, en politique, les jongleries n'ont qu'un temps. Ce ]>arti ministériel, formé par la décep- tion, «est écroulé comme s'écroulera toul ce qui 'H ( 270 ) manque clc base 5 prives de cet appui, isolés eutrc les deux opinions opposées , les ministres cesseront bionlôt d'être le pjouveineraent , puis- q.n'lls lie pourront se soutenir qu'en se laissant gouverner par l'opinion rovalisle, ou par l'opi- nion libérale. Ils ont beau dire lo contraire , ils ont beau rc])éler qu'il* marchent à distance égale des deux partis (1), et se vanter de repousser les sollicitations qu'on leur adresse : ces ruses sont déjouées et ne Iroinpcnt plus personne. Tout le monde les abandonne, nul ne les recherche; les royalistes Ijcs dévoilent, ]«& libéraux l«s. poiir- .suivcnt; et s'il y a des tentatives de rapproche- ment , ce sont Ixis ministres qui lies font. Pour sortir de celte gêne, et pour prolonger de quelques jnois sa fragile existence , à qui se ralliera le mi- nistère ? On peut aisément le prévoit' lorsqu'on coiinoît sa devise : ylUiance a\'cc les jacobins le Il/us tard possible , avec les royalistes jamais ; c'est donc avec les révolutionnaires que les mi- nifStres ferout alliance ; et lorsqu'elle sera cimeu- tée, s'ils veulent encore se nommer le gouverne- ment, il faudra, pour s'exprimer d'une manière exacte , qu'ils se qualifient du uonx scandaleux de gOJivernement de la révolution. A oilà pourtmt où nous sommes parvenus après trois ans d'exercice de la puissance ministé- rielle^. Kn 181J la France éloit royaliste, et les révohjtionuaires cherchoieut à se faire oublier j en 1.819 les révolultonnaires se mettent en évi- dence, et les royalistes se décourageroient , si quelque chose pouvoit les décourager. Le chan- genient est couij)let. Si les ministres l'ont fait à dessein, le succès doit passer leurs espérances; (i ) On .'( «'il reiitibis romhicn il l'Ioil pe'nil>Ic d'être rt'duità se servir (!<■ relit! expresiioii pour (lL'sit;ner les rO)'iilisf«^s dans une xnon.)r(.hie. Ccin prou ve à <) ii e I pf)i ni Ipsidi; os se sont bouleverse c.4 sji/ii;. ia dominnllon d'Iiommo incapables. 4^^ ( 27^ ) TYiaîs s'ils ne l'ont pas voulu, leur irapéiitlc est Lien grande ot Lien funeste. Sous quehjue aspect qu'on l'envisage, ce résul- tat déplorable est bien certainement l'œuvre des ministres, et l'effet inévitable de leur gouverne- ment. Qu'ils prennent dx)nc le titre de gouver- nans lorsqu'ils signaleront leurs actes, j'y souscris j mais qu'ils cessent d'en faire un sujet d'éloges. Un désaveu formel se fait entendre d'un bout de la France à lantre, et repousse des louanges que rien ne justille. Qu'elles soient adi-essées au mi- nistère en masse, ou bien au ministre prépondé- i-^iut, elles ne sont pas plus méritées. Pour passer delà monarchie à la révolution , il a fallu une suite de combinaisons bien étranges 5 et 1 homme qui les a laissé former, tandis que par son influence il étoit à lui setil le gouvernement, condamné dé- sormais à vivre dans l'histoire, y paroîtra sous un aspect sinistre. Peut-être qu'en faisant un rappro- chement terrible elle dira: Buonaparte, héritier We la révolution, la mit à cheval, et la mutila sur les champs de bataille; INI. de Gazes, obligé par devoir de soutenir la monarchie , releva la révolu- tion, et l'assit devant un bureau. Il l'y montra nue, dépouillée, sans prestige, dans toute sa lai- deur; et cette pupille ingrate, après avoir dévoré son protecteur, s'élanra de nouveau pour ravager la France, et répandre encore une lois tous les llcaux sur l'Europe désolée. d'IIerbouvu.le. 9» «* ( ='7= ) EXPOSITION DES TABLEAUX. (IV Arlide.) PYGMALION ET GALATÉE, PAR M. GIRODET. En terminant notre précctlent article, nous déplorions, a>ec tous les amis des arts, l'absence du preniinj- peintre du siècle. Nous j-egretlions de le voir, semblable au héros d'Homère, rassasié de succès, bouder la gloire, et repousser une palme nouvelle. Il ne nous appartient pas de croire que notre foible voix, péuélrant dajis sa reti'aitCj ait pu contribuer à l'en arracher. Sans doute un vé- hicule j»lus puissant, plus impérieux souvent que la volonté même, cet irrésistible besoin que le génie éprouve de livrer ses chefs-d'œuvre à leur renommée, a valu au tableau de Galatêe le tiiomphe de l'exjjosition. ^.aintenant qu'il ne peut plus échapper à notre admiration, nous remercierons ]M. Girodet de ne l'avoir pas montré plus tôt. La vue de ce chef- d'œuvre ou la poésie de la pensée, la sublimité du stvle le disputent à la pureté dé l'exécution , nous auroit étrangement gén! s dans l'examen que nous avons eu à faire des autres tableaux, et peut-être nous eût-elle rendus trop sévères à leur égard. TuiLt objet de comparaison, hors de proporlion avec ce qui lenvirounc, déconcerte le jugement; et lorsqu'une production qu'on peut à tant de titres nommer dn'ine s'élève sans èi^ale ])armi des ouvrnges hunuiins , ternis par un si icdoutable voisinage, leur mérite disparoîl aux y*^"^ 'P'<^ '•'* perlection a blasés; et, pour avoir trop jusfemeut apj)jéciéle génie, on devient malgré soi injuste envers Icialent, De tons ]es sujets que ranliquite fabulcTise ofTroit à la peinture, la mélaindipliuse de Galatce est sans contrtclit nu des plus r ndianteurs , et par cela même un des plus difficiles. H a séduit une i'oule de peintres: il vient d'en iuspircn- un. Beaueoup avoient tait des tableaux sur ce sujets M. C'jiroaet a fuit un poème. Deux personnages seulement occupent la scène, Pvgmaiion et Galatée « et l'Amour? M va-t-on sans doute nous dire, cet Amour si » joli , pourquoi ne le comptez-vous pas? u'a-t-il )) pas aussi ses droits à l'admiration? Peut-on M rien imaginer de plus délicat que cette ligure à » la fois si jnuline et si naïve ? Où trouver une » pose aussi gracieuse et plus capricieusement i» originale, un geste qui lie mieux Pygmalion et >) Galatée, dont il dirige et explique le double » mouvement? Et cet éclat tout céleste dont il » brille, cette lumière magique qu'on croit voir « jaillir de tout son corps, et qui éclaire la scène » entière, tout cela vous est-il échappé? » IVon, assurément. ÎNlais c'est précisément parce que cet Amour aérien, diaphane, lumineux comme la flamn)e, comme elle aussi est impalpable- c est parce que la main de Pve[malion cède à la sienne sans la sentir, parce que Galatée qu'il vivifie en la touchant, ne se sent pourtant pas touchée j enfin c'est parce que cet amour que chacun d'eux éprouve, et que ni l'un ni l'autre ne 0)011, est comme Yâme qui les anime, comme \ewY pense e rendue visible, que nous répétons qu'il n'y a réellement que (\.^\x\ persoiuiagcs dans le tableau; et nous croyons que iM. Girodet ne nous démen- tira pas. La figure de Pygmalion est du style le plus élevé. 11 y a dans son regard une éloquence de j)assion vraiment prodigieuse. La pose est pleine de vie et de mouvenuMit ; la draperie, ajustée avec ( ^74 ) iinf»rarp élégance, est d'une souplesse d'exécnlîon qui fa Et îlhision. Cependant il se pourroît qu'on trouvât ailleurs, par exemple dans les autres ou- vrages de INI. Girodet , ou bien dans ceux de Ka- plia ri , une fioure qui le disputât à celle-ci. Mais if nous semble impossible , nous ne dirons pas de rien voir, mais de rien imaginer d'égal à Ga- lilée, Objet de la plus étonnante métamorpliose , nn prodige du génie pouvoit seul rendre digne- ment le prodige de l'amour. Il falloit exprimer ce pas-sage si difficile du néant à l'existence, cette conquête progressive de l'esprit sur la matière, réunir et fondre dans la même figure et tout ce que la nature morte a de plus froid, et tout ce qne la natore animée a de plus brûlant. Ici l'exécution a égalé la difficulté : c'est tout dire. Le mouvement de Galatée est sublime. Encore à demi -statue, ayant déjà une àme pour aimer, et à peine des sens paur se connoître, surprise de respirer, et essayant la vie, sa main appuyée sur SQn sein, in- terrage le marbre , et frémit étonnée que la chair lui réponde. Par une dégradation insensible, cette chaleur naissante se; perd et finit par disparoître lo^ut-à'faitdansles parties inférieures qui ignorent cncoi^elemouvement, et auxquelles le peintre, pai* un effet de eoxdeiTr vraiment magique, a laissé tout le l>o/i , et jjistpi'au /iiisant du marbre. C'est parti- f nliérementce mélange d'nn goiit exqnis qu'on ne sauroit trop admirer 5 c'est cette réunion dans un senl personnage, des diverses beautés propres à la sculpture et à la peinture , que partoTit on trouve confondues, et pourtant partout sensibles. Jus- qu'aux clieveux, déjà colorés comme la tête, et qui ont pourtant conservé de leur première nature , cet arrangement symétrique et ces masses lices ([u.i infliqu<;nt que depuis qu'ils ne sont j)lus marbre, le souffle du zéphir n'cïi a pas encore soulevé les ondulations, ni séparé les anneaux. Enfin nous ( 275 ) ne pouvons miruv Taire srnlir ce caractèi'C mixte fie Oalatce, ([u'oi» disant (ju'cn la voyant ainsi, Phidias et Apelics se la sei-oient disputée. Pai-levons-hous du fbnri , inondé d'une lumièi'C surnaturelle, comme la s ène qu'elle éclaire^ des accessoires d'un travaihsi prcci^Jux , d'un choix si délicat? de ces trépieds cbart;és d'encens, de ces fleurs restes d'un sacritice, qui, au souvenir du culte, attache en quel<]ue sorte la vraisemblance du nrodi voudroient les suivre : c'est ce que nous ne voulons M pas, c'est ce que nous ne souffrirons jamais. » Je reviens à la mission; elle fut aimoncée dimanche dernier, 24» en chaire, par M6' l'évcque de Quimper, qui prononça, à ce sujet, un discours laconique et très- Bien fait. Un missionnaire prêcha un fort bon sermon. Tous les libéraux ëtoient en agitation depuis le matin. Ils s'assemblèrent en foule sur la place dite le Champ-de- Batailley d'où, après avoir alliré toute la populace de la ville , armée de cornes à bouquin , de chaudrons , de porte- voix de vaisseau, etc., ils s'acheminèrent vers neuf heures, en troupes, du côté du presbytère, où logeoient l'évcque et les missionnaires, et là, firent un charivari épotivan- lable jusqu'à dix heures. La police, quoique, dit-on, dûment prévenue, ne prit nulle précaution, ni ne fil aucun mou- ( 277 ) vement pour disperser les frères et amis. A dix lieures, ils se partagèrent par bandes, et continuèrent leur tinlamare par toute la ville. Kn terminant, ils se donnèrent rendez- vous pour le lendemain, sur le Cliamp -de- Bataille, à neuf heures mciiis un quart : ils furent fidèles; aux ins- tnimi'ns de. la veille, ils avoient ajoulé des bàlons. Je sup- pose que celle dernière précaution fut le résultat d une proclamalion tardni^nenl "survenue , qui défendoitles ras- semblem('us,etm-naçoit Ks délinquansde peines, etc., etc. Celte masse àliomines sans préjugés, réunie dos avant sept heures au Champ-de-Balaitle , en partit à neuf heures, environ. Elle fut arrêtée un moment par le sous-préfet et le lieutenant de l\oi , qui demandèrent à pérorer, ce qui leur fut accordé. Ils ne réussirent à rien qu'à compro- mettre leur autorité. Le lieutenant de Roi, entre autres choses, dit aux perturbateurs qu'il avoit quatre mille hommes sous ses ordres « Nous nous bien de n vos quatre mille hommes, nous en avons vin{!;l - huit j) mille. i> Puis, des cris à la /(interne, etc. etc. ils pour- suivirent leur pointe , et allèrent , comme la veille , assour- dir l'évêque tt les missionnaires. La pluie ou ia lassitude les dispersa vers dix heures du soir. Un d'eux fut entendu , disant tout haut : << Ma foi , s'ils veulent que jo continue » ce métier-là, il faudra qu'ils me donnent plus de vinj^t >» sols , car cela me fatigue, et demain je ne pourrai pas » aller à ma journée. » Le mardi, le conseil-général de la commune, et plu- sieurs notables de Brest , s'assemblèrent à l'Hôlel-de Ville , et délibérèrent daller en corps prier l'évêque de ren- voyer la mission, etc. Cette assemblée se rendit chex lui, en corps , entre six et sept heures du soir. Comme la délibération de la mairie étoit comme du public, toiite la place Saint-Louis, et ia rue où demeure l'évêque, éloient couvertes d'un peuple immense, attiré, pour la plupart, par une simple curiosité. L évêque les reçut avec .sa dignité et sa présence d esprit accoutumées. Un individu excepté, ilsse comportèrent tou» devant lui avec décence. Mais ce quidam, lui mettant le poing presque sous le nez, eut l'insolence de lui dire : « Oui , Monseigneur, il faut que les missionnaires s'en »' «illent, et vous avec eux. » Pour rendre toute just:cej il fut gévèrement bliraé par L dépulaiion. Efièn, ils exi- gèrent «né réponse directe, .'ur le champ. Alors, l'éVêqUéÇ avec un ton plein de dignité, leur dit ; « Qu'il ne se laisseroit jamais rnlimiderpar les menaces » ni maîtriser par la crainte, qu'il rétléchiroit k leur n proposition, et qu'il enverroit le lendemain par écrit >» sa réponse au conseil-général , etc. » Ils sv retirèrenï paisiblement, et il ny eut dans la soirée, ni charivari, ni Irotible, ni rassemblement. Voici la lettre qu'il adressa, mercredi malin , au maire de Brest, et dont , sans réflexions (car c'est une terrible pièce contre les autorités ) , ils se hâtèrent de répandre en ville des copies textuelles. Brest, 27 octobre 1819. « Monsieur le maire , » D'après l'assurance que vous m'avez, donnée , avec » tous les membres du conseil-général delà commune, » qu'il vous étoit impossible de maintenir la tranquillité » publique, si les exercices de la mission avoient lieuj » D'après le vœu d'un certain nombre de pères de >i famille, et de citoyens notables de la ville de Brest , » rassemblés à l'hôtel de la mairie, qui partageoient la » même inquiétude sur les suites que pouvoit avoir l'agi— jr tation qui s'est manifestée, j'ai cru devoir ordonner la » suspension de la mission. Je dois, monsieur le maire, » déplorer d'être force à prendre une pareille détermina- » lion, et de voir la religion de TEtat ne pouvoir jouir à » Krest de la liberté que la Charte garantit à tous les cultes, *» et cette ville , qui fut toujours l'objet de notre plus » tendre sollicitude, se priver d'un aussi grand moyen de M salut. ; » Je crois vous avoir prouvé , ainsi qu'au conseil géné- » rai de la commune, qu'aucune crainte personnelle ne » pouvoit m'arraclicr une pareille détermination; mais » lorsque les magistrats d'une ville m'assurent qu'ils ne » peuvent répondre de la tranquillité publique, je dois, 3» en gémissatit, codera l'impérieuse nécessité. » 11 avoit déjà écrit au sous-préfet la réponse suivante : Brest, le ^5 octobre 1819. « Monsieur le sous-préfet , » Il est permis d être surpris que sous le gouvernement ( ^79 ) ♦• du Roi, qui a donné une Charte qui assure la liberté d««i » cultes et qui a proclairié la religion catholique la reli- » gion de l'Etat, celte religion ne puisse jouira Brest do « cette liberté. » Je ne réclame que la protection de la loi, et non sa » sévérité. » Ce n'est pas à moi à tracer aux autorités la manière » de la faire respecter. M J'ai l'honneur, M. le sous-préfet, devoussahier, etc. «• Une dépêche télégraphique, arrivée avant-hier au sous- préfol , portoit ces mots : punissez les mutins. Ces fails sont à la connoissance de toute la ville. — Les détails en seroient volumineux. — « Que peut-on faire, )) disoit un fonctionnaire, à des gens qui crient : Vivo M le Roi! »» H s'est bien gardé de finir la phrase, la voici: « Vive le Roi! à la lanterne, les nobles et les prêtres. » POLITIQUE. 'i'REMIÈRE P.iRTIE, — POLITIQUE EXTÉRIEURE. On a considéré l'Europe chrétienne comme une espèce de république fcaérative , dont aucun Etat ne se peut troubler sans porter le désordre dans les Etats voisins. C'est d'après cette idée si juste , que s'est formée la Sainte-Alliance. 5 traité moral qui ne lait que consacrer une vérité historique et rétablir les choses dans leur nature primitive. En effet,le monument de la civilisation moderne est une croix : c'est du pied de cette croix que sont partis douze législateurs, un bâton pastoral à la juain , pour renouveler la face du monde. Les vrais principes de la société entrèrent peu à peu dansleslois, à mesure que le polithéisme s'affaiblit et que le christianisme s'étendit sur la terre. iMais enfin l'empire des Césars est condamné : ce monde ctoit trop corrompu, trop rempli de vices, de ( 280 ) v;ruautcs, d'injusticos , trop enchanté de ses faux sages et de ses faux dicMix , ponr qu'il pût être en- tièrement régénéré parle christianisme. Une re- ligion nouvelle avoiî besoin de peuples nouveaux: il t'alloit à l'innocence de 1 Evangile l'innocence des hommes sauvages , à une foi simple des cœurs simples comme cette loi. Dieu ayant arrêté sqs conseils, donna le signal tPvome n'avoit à sea fron- tières f{u<; des soliludes ; elle semhloit ne devoir rien craindre : et pourtant c'éloit dans c(\s soli- tudes que la Providence i-assembîoit l'armée des nations. Quatre cents ans furent nécessaires pour réunir celte terrible année. Le même bras qui souleva les nations du pôle, clias;ia des murailles de la Chine les hordes de Tartares qui se dévoient trou- ver au rendez-vous. Les Francs, les Allemands, les Vandales, les Goths , les Huns, les Perses et les Maures, achevèrent d'enfermer d:ms un cercle de peuples vengeurs . et ces dieux qui avoient en- vahi le ciel , et ces Romains qui aN oient opprimé la terre. Après plusieurs siècles de destruction et de ra- vages, quand la poussière qui s'élevoit sous les pieds de tant de nations, (jui sorloit de Técrou- leiuent de; tant de cités, fut tombée 5 quand les lourbillons de fum(fe qni s'échappoicnt de tant d'cnibrasemens furent dissij)és, on aperçut un inonde nouveau. Tout éloit changé, peuples , mœurs , langages : quelques prêtres , l'Kvangile à la main, assis sur es tvouhles se proloii^ent jusqu'au lèf^ne de Louis XIV, ol\ tout se (i\e dans un équi- libre que la révolution seule a pu rompre. On ne niera pjw sans doute rinflueiice de cette révolution sur le monde civilisé; on sait trop comment elle a ébranlé l«vs trônes. Nous avons retracé dans un précédent article, les fautes que l'Europe a commises depuis (rente ans ; nous avons montré comment, éclîappée à nos soldatvS, elle mêla à la s^urpiisf^ de ses succès le souvenir de ses revers, comment elle voulut transfonuer des hommes médiocres en hommes de génie, alin d'euficr sas triomphes et d'excuser ses défaites. L'amour-propre des peuples s'arr.tngca d'une illu- sion quibornoîlà quelquesindividiis, la grajideur qu'il eût fallu attribuer à toute la nation fran- çaise. ' Cotte première erreur de Torî^ufil .devint la source d'une foule de maux. L'Evn-ope, au ,mo- ment de la restauration, reconnut â la fois le droit et le fait, consacra 1 innocence et sanctionna le crime, couronna la légitijuité et la révolu(ion ;• par celte confusion de principes, elle donna n la révolution quelque chose dv. stable et de légitime ,' et quelque chose d'incertain et de ré\oiulionnaire à la légitimité. ' Le 20 mars ne fut point encore, pour l'Europe pas plus que pour nous, une ieron sufhsajite : le sang qui coula à Waterloo cria vainement vers le« llois. Les étrangers s'en tinrent à leui's premièn's erreurs: ils fnrent entraînés à prêter leur appui à ce système mi nisiéi'iel contre l(;quel ils sont eux- mêmes obligés de prendre aujonrd'lini des me- snr<;s. Il faut le dire : rEurO])e a |)rndaut Irois^ années, favorisé parmi nous de toute i'iniluenre de sa diplomatie, les hommes et les principes r«iiti-» ( ^83 ) inonarcliîques; elle a mis pendant ce long espace de temps, le poids de son épée dans la balance de la révolution. Trompée par le ministère, elle a applaudi à l'ordonnance du 5 septembre, source ini'puisablc de calamités. Le 21 janvier tua le monarque : le 5 scjitembre a pensé tuer la monar- chie. Si cette monarcliie a résisté à un coup si rude, elle ne doit son salut qu'aux efforts des royalistes. Les yeux s'ouvrent enfin : depuis la publication de notre dernier article , le congrès de Carlsbad a pris des résolutions importantes pour la tran- quillité de r Allemagne : tout dépend de la fer- meté que l'on mettra à les soutenir. Il n'appartient jjas à un Français de juger les détails de cette rande mesure. La censure qui pcrdroit aujour- liui la France, sous le régime de la Charte, eut être utile à la confédération germanique, dont es diverses constitutions n'ont que des rapports assez éloignés avec la nôtre. La censure d'ailleurs n'est pas remise dans ce pays, entre les mains d'un seul ministère : elle est , en dernier ressort , confiée a des espèces de trib anaux indépcndans qui n'ont ni t"-iutcs à cacher, ni intéi'éls particuliers à défendre. Toutes les constitutions ne sont pas applicables aux niémes peuples j toutes les formes de gouvernement sont bonnes, or celles qui enleveroient à l'homme sa dignité, INosrévoltitionnairesqui manquentsur-t tout d'élévation d'âme , ont placé l'indépendance dans les mois : ils n'ont pas vu qu'elle peut exister dans certaines institutions qui impriment à cer- tainspeuples un caractère spécial de liberté. Un Es-' f>agnol, pai-exçmple, est centfoisplus libre que tous es Brulus sortis de la Convention. En Espagne on n'a pas décrété les droits de l'homme j on les a suivis. Les Communes, dans ce noble pays, sont des espèces de petites républiques, gouvernées d'après l'admirable régime «luaicipal des Ko mains. ( 284 ) Le paysan est pauvre, mai-s il est protc'gc et indé- pciulant: quant à l'action de la volonté sovivc- laine, il ne la sent qu'à travers la religion qui élève tout. Le pouvoir théocratiquequi peut avoir des inconvéniens, a un avantage que nos fiers ré- publicains auroient dû reconnoîlre ; il n'avilit rien . Dans le système religieux, 1 homme se soumettant a la volonté de Di( u, et non à celle de l'homme, tire sa liberté du principe même de son obéissance. Voila comment s'explique la licrté du caractère espagnol \ voilà pourquoi des soldats qui avoient vaincu l'Europe, 60iit venus s'arrêter devant un peuple désarmé et demi-nu. Le document presqu'ofticiel publié sur les af- faires de Prusse, prouve que la patrie du grand Frédéric, a dans ses conseils des hommes d'Etat capables de la sauver. En général tous les hommes de talent en Allemagne , se sont réunis pour com- battre les fausses doctrines, et des succès mérités couronnent leurs généreux efforts. Le document précité démontre encore que le foyer de l'ac- tion jacobine est en France, ce que nous avions dit depuis long-temps. Lorsque l'ordonnance du 5 septembre eût déchaîné le monstre delà révolu- tion, nous soutînmes que ]es mouvemens de Spaîîelds en Angleterre, avoient pu s'accroître de l'impulsion donnée par le ministère français à la faction démocratique. L'Angleterre crie aujour- d'hui que ses troubles lui viennent de nous: nos assertions ne sont donc que trop justifiées. î^ous ne doutons point que la Grande-Bi'etagne jie triomphe de ses révolutionnaires > si son minis- tère agit avec vigueur, et profite des ressources que lui présentent d'excellentes institutions. Mais si ce n)inistère laissoit succomber les pioprié- taires, la Yeoraanery de Manchester, ce premier échec reçu, les conséquences en seroient incal- culables. Il est urgeut qu'au bill, explicatif dir ( 285 ) l)îll de Mutiny, soit présente à la prochaine ses- flion du Parlement, afin que l'on distingue mieux à l'avenir la limite où le droit de pétition finit, et où l'insurrection commence. L'état des finances de l'Angleterre la menace encore d'un événement- mais nous pensons qu'on trouveroit une ressource soit dans l'administration de l'Inde, soit dans un appel aux propriétaires des trois royaumes : dans les temps de crises, le caractère national anglais est admirable. Tous ceux qui font profession d'ut>e véritable philanthropie , et qui sont touchés du beau spectacle d'un peuple libre j tous les amis du gouvernementconstitutionnel, doivent désirer que la Grande - Bretagne échappe aux désastres d'une révolution. De plus, la race royale d'Angle- terre a offert un dernier asile aux derniers rejetons de la race de nos Rois; le clergé anglican a soulagé nos prêtres martyrs ; etla postérité des Talbot et des Chaudos a reçu la postérité proscrite des La Hire et des Duguesclin. ( a86 ) SECONDE PARTIE. — POLITIQUE INTÉRIEURE, L'Europe «'bvanléc par nos systèmes poli- tiques se met donc en mesuré de toutes parts a lin d'écarter le péril. Nous seuls ne ferons-nous ri<;n pour nous? On a parlé d'un cliangcmeul de minislèrc : nous avions prévu que l^ cbangenient u'auroit pas lieu. Si jiarnii nos liomnit- d'F.tat, il se trouvoit un personnage dominant, c. palile de reconnoître ses fautes, de prendre une grande résolution, sans doute il lui seroit facile de mettre fin aux frayeurs des amis de l'ordre. Mais où est-il ce personnage? Quel est celui d'entre nos mi- nistres qui veuille revenir franchement aux hommes et aux principes monarchiques? Tout se réduit à de l'humeur et à des intrigues. Nos gou- vernans cherchent mutuellement à se tromper; ils se divisent, se réunissent ])Our se diviser encore ; ils sentent <(u'rls ne peuvent rester comme ilg sont, et pou liant ils ne veulent pas changer. Pressés par le temps , par l'opinion de l'Europe et de la France , inca])abies d'arrêter le mouvement , ils se laissent entraîner aux chances de l'avenir. On attend dans cette incertitude produite par i'impéritie ministérielle, les évéuemeus qui s'a- vancent rapidement sur nous. La session va s'ou- vrir. Cette session, quels qu'en soient les résultats, négatifs ou positifs, sera décisive pour la France. Tout paroît aussi vague dans la Cliainbre des Députés que dans la position du ministère et des partis. En comhien d'oppositions la Chambi'C se diviscra-t-ellc? M. Grégoire sera-t-il admis ou rejeté? Se présentera-t-il à la séance royale OU ' après la séance royale? Toutes les faces de cette aifaire son t odieuses. Si M . (Grégoire ne se présente pas, il aura plus de pudeur que la loi : alors le pftids de sa pitié régicide retombera sur la moïiar- chie légitime et sur la tête des ministres. S'il se présente et qu'il soit admis , un de^. meurtrier ( 287 ) de Louis XVI fera donc des lois avec Louis XVIII? S'il est rejelc, tous serez tlojic obligés de violer les principes pour éciiappcr à la lioule et au péril de la loi des élections ? Lt si les élections prochaines vous amènent non seulenieul des régicides ^j«/'.v, mais des régicides relaps , il laudra donc les exclure de nouveau? il iaudra donc que la repré- sentation nationale se mette en j^uerre avec les électeurs , et que tous les ans le droit conféré dé- |)ende dcTopinion d une majorité incertaine? Une chose peut nous consoler d'un abominable scan- dale ; la nomination de M. Grégoire a porté un coup rnoiicl à la loi des élections. Un grantl systèni'.;, inventé par les hommes iorts, a ra.ssuré le ministère. Le ministère paroît uécidé à rester tel (ju'il est, mais il prendra jiotre position et nos principes. Il va, dil-ou , mettre les royalistes dans la situation la plus critique : il leur prcsenteia des lois monarchiques! S'ils i-e- îcttent ces lois, ils prouveront qu'ils ne veulent ijue les ])l:!ces et qu'ils n'ont pas les principes qu'ils professent j s'ils approuvent ces lois, ils seront forcés de voler pour le ministère. Que les ministres ne nous ont-ils toujours ten- du de pareils pièges! Oui, s'ils se conduisent ainsi, ils sont assuré^ de nous faire tomber dans leurs filets; nous parlerons pour leurs lois, nous voterons pour leurs" lois. lis pourront rire, s'ils veulent, en nous, voyant marcher derrière eux. Qu ils prennent notre drapeau; qu'ilsse mettent à notre tête ; sans i'étendart de^ lis nous combat- trons, quel que soit le générai qui nous mène A I ennemi. ÏSous ne demandous pas mèuie que le ministère avoue qu'il s'est trompé ^ il faudroit ]>our faire cet aveu une force d'esprit ou une géué- ] osité d'âme que nous n'exigeunspas du ministère. II soutiendra , si bon iuiscm]>!i; , <|uetoutcequ'ila lait jusqu'à préseul est admirable; qu'il étoit abso- lument oécessaire de conduire \a monarchie à la démocratie , pour tomLer ensuite plus fortement sur la démocratie, «t la lepousser à grands coups vers la mouarclii*^ INous conviendrons que tout a été lait à point et dans son temps; qiie la France n'auroit jamais été sauvée, si l'on n'eût amené un régicide dans la Chambre des Députes, afin d'a- voir la gioire de l'en cliass(>r. !^gus n'abuserons point de ce que le ministère a dit autrefois 5 nous ne le comparerons point à lui-même 5 nous serons sérieux et sincères ; tout nous sera bon pour la prospérité du Roi et de la France. Mais expli- quons-nous. Le ministère n'auroit-il en pensée que de pro- noncer de grands discours royalistes, que de couvrir de pompeuses parolf*s des lois vagues et astucieuses 1* ISe voudroit-il que céder un peu à l'opinion, pour se maintenir aux affaires? Ne vmidroit - il qu'étouffer je cri public , que ré- pondre à l'attente européenne? On pourroit le soupçonner, en vovant continuer, dans ce mo- ment même, la proscription des hommes, tandis qu'on parle de revenir sur les choses. Dans ce cas, nous annonçons au ministère que sa nouvelle tromperie ne réussira pas; que l'on est trop averti pour se laisser surprendre ; que les rovalistes ne se croiront obligés de voler pour les lois qu'autant que ces lois seiont franchement, clairement, incontestablement monarchiques. Si les ministres appellent loi monarchique toute loi qui tendroit seulement à augmenter leur pouvoir, ils doivent s'attendre à ne pas nous trouver de cet avis; ils nous ont forcés à distinguer le Roi du ministère. ÎSous verrons en peu de temps quel sera le succès du nouveau plan, et comment on parviendra à faire des lois monarchiques sans employer des hommes monarchiques. Ce qu'il y a de certain , c'est que tout ce que nous avions prédit est arrivé ; c'est que le système ministériel nous a ( 289 ) coTîfluils à l'abîme, et que la loi des élections, amenant rée^iilièrement ses séries, marque avec exactitude le moment de notre mort politique: la conspiration des inlércts moraiioc de la révo- lution a parfaitement réussi. Quel juos personnes prétendentquil v a trahison dnn'^ certains liommesj nous croyons qn il v a incapacité ; cela revient au même : en lait de gouvernement, l'incapacité est une trahison. A l'appui de ce sentiment , remarquer, jusqu'à quel point le ministère a perdu sa considération, tant chez les étranf^ors que parmi noiis. Chez les étrangers, sa diplomatie ne se conpose plus que d'excuses et d'apologies, !^ous avons vu la copie d'une circulaire adressée à nos ambassadeurs. Si cette ci rc^d aire est authentique , et si la( copie en est exacte, comme tout nous porte à le croire, jamais document plus déplorable ne seroit s.oiti de ce cabinet illustré par le génie des Sully et des Riche- lieu. Il s'agit, dans ce document, d'expliquer le résullatdcs dernièresélections. Ondéclare qu'elles ne sont point aussi mauvaises qu'on le dit 5 que si quelques choix ont affligé le ministère, la majorité des choix a réalisé les espérances du gouverne- ment. On fait endndre qu'on est sûr du vole de certains hommes, lesquels ap: es tout, ont des'î'er- tus privées , et qui , dans l'intérêt de leur fortune, se rattacheront à la monarchie legilime. Il est question des ultras royalistes , qui continuent à sisoler de la nation , et qui pourtant ont des tixlens et fie tesprit. Singulier aveu ! il n'y a pas long-tem])s que tous les royalistes étoient des stupides. On })arle aussi du parti libéral : ce jjarti , dit la circulaire, ne tient à rien, mais ■! est lié à la masse de la nation par la consaiiip^dnité des intérêts. Si ce parti ne tient ci rien , comnent est-il lié a la masse de la nation? Il a fallu la révolu- tion pour jusliiier cette manière d'écrire , pour ( 290 ) nous apprendre qu'il y avôîl des liaisons de saîi^ entre les ititérels. Le tout est mêlé de ces lieux communs oui traînent dans /a Mifierue ct/e Coris- litutionnel. A retlc apologie sans vérité, sans di- gnité, misérable de raisons, pitoyahlc de style, les étrangers ont fait, dit-on, une réponse froide et sèche, et l'on a élé obligé de répliquer d'une manière moins trioni])liante. L'attitudesi peu noble que nos guides politiques prenncntavecles étrangers, est-elle plus relevée en France ? Qui ne se rit du ministère? Jamais l'auto- rité a-t-elle été plus dégradée que depuis qu'elle repose entre les mains de ce ministère ? On fait fer- mer le club des amis de la liberté de la jiresse : Qu'arrive-t-il? les libéraux bravent les foudres ministérielles , et annoncent une nouvelle assem- blée chez un de leurs chefs. Dans les provinces, même mépris du pouvoir : les fonctionnaires pu-» blics ont perdu toute influence, A force de voir déplacer les préfets et les sous-préfets, le peuple a fini par les considérer comme des hommes en- gagés dans la domesticité ministérielle j serviteurs plus ou moins industrieux , que leurs maîtres mettent à la porte, quand ils ne sont pas coutens de leur service. DaJis l'armée le découragement esta son comble. Aucun officier n'est sur de garder la place qu'il oc- cupe :malljeur au militaire, dans quelque grade que ce soit, qui a déléndu la cause royale! Un travail ëourd se fait de toutes parts : tel corps dont l'esprit étoit excellent il y a six mois , n'est plus aujour- d'hui reconnoissable. Tout s'altère, se détériore j tout tombe en dissolution. Si l'opinion monar- chique n'avoit soutenu la France, il n'eût pas été nécessaire d'attendre jusqu'aux élections pro- chaines pour arriver à de grands malheurs. Les ministres j>rétendent repousser ces faits ïiccablans pfir des dénégations 5 ne pouvant prou- ( ^9ï ) ver, ils insultent. «Les royalistes, disent - ils, » sont des hommes qui , pleins de leurs souvenirs, » relu.'^ent de se m^'Ier aux iuléiéls commuîis tle M la nation. la \ii:lence de leuis accu5iilions, M contre le ministère, ne déc(^!e que l'amerlunie » des regrets d une auibition troni])ée. Que les » royalistes saisissent le limon de iKlaL, tl dan.s » sis. mois , la l lance est perdue. » Voilà le cercle des réciiminafions d.^ns lequd tourne le ministère. Ln heu raisonnement, nu fait cîsirri'pondroient mieux qu'une decIaii;nliou qui , lut-elie lendée en vérité , ne pi*oii\eroit j rs encore là capac'té des ministies. Mais u'esl-ce pa.s une c^'iose curicu.>>e que ce venroche d'ambition , fait éternellement aux rovalistes, par ceu\.-[;'i mênro oui depuis quatre ans peident la France pour gar- der leurs places ? Quand les royalistes se compa-s reroient aux hommes d'Etat qui nous gouvernent , ils pourroitnt peut-être, sans blesser la modestie , se croire aussi h;=i)ile.s que ces hommes d'îtat. T:t pourquoi les ro' alistes n'auroicut-ils pas cette noble ambition f[ui vient du sentiment des vertus qit'on peut déployer, comme leurs ennemis ont cette basse ambition qui naît de l'envie dvs îalens qu'on ne peut aîteindi-e ? Si les royalistes arri- Aoient au pouvoir, vous prétendez que dans six mois la France seroit .perdue ? i^ous pensons au contraire qu'elle seroit ."^auvée. irienons le.pubiiç pour juge, en exposant le îabîeau d^une admi- nistration rovaliste telle que nous la concevon.^. Et d'abord les seuls hommes qui aient d<ô idées constitutionnelles sur la Charte, ks seuls hommes qui entendent parfailement le. jeu du gouvernement rejirçseniatii , ce soïit les roya- listes : nous n'en voulons pour prcuyc que leuis. discours et leurs écrits Les libéraux inclinenî à la démocratie pure ou à la démocratie royale, laquelle conduit également à la république j Lj- ministériels élevés à l'école de BTionaparie, ne rêvent que le pouvoir absolu : il n'y a donc que ]es royalistes à qui la Charte convienne réelle- ment. Dans tous les temps ils abandonnèrent ait Koi leur vie et leur fortune, mais ils ne lui li- vrèrent jamais leur honneur et leur liberté, JNous ne connoissons rien de plus indépendant qu'un véritable royaliste. Il faut dire encore que les royalistes ont été les premiers à déclarer que le retiair à l'ancien ré- gime est impossible; qu'aucun élément de la vieille constitution n'existe aujourd'hui^ et que la réédi- fîcatiori d'un monument aussi complètement dé- truit, ne pourroit être entreprise sans exposer la France à d'interminables révolutions. \oilà donc les royalistes arrivés au pouvoir, fermement résolus à maintenir la Charte : tout leur édifice seroit posé sur ce fondement ; mais au lieu de bâtir une démocrafie , ils éleveroient une monarcliie. Ainsi leur premier devoir comme leur premier soin, seroit de changer la loi des élec- tions. Ils feroient en même temps retrancher de la loi de recrutement le titre VI, et rendroient ainsi à la couronne une de ses plus importantes prérogatives. Ils rétabliroient dans la loi sur la liberté dela.presse le mot religion , qu'à leur honte éternelle de prétendus hommes d'Etat en ont banni. Ministres, vous fondez une législation, athée ; elle produira des moeurs conformes à vos règles : déjà l'abominable scène de Brest (i) est un Iruit de votre saj^esse. Après- la modification de ces lois capitales, les royalistes proposeroient les lois lespliLS monar- chiques sur l'organisation des Communes et sur la garde nationale. Ils afibibliroicnt le système de centralisation; ils rendroicnt une puissance salu- (i) yq/ez pins haut la lettre de Brest. ( 29^ ) taire aux conseils-gcnévaux. Créant partout des agrégatioin d'intéicls, ils les subslituoioiciit à ces individualités, trop favorablesà l'établissement de la tyrannie. En uu mot, ils recoraposeroieiit l'aris- tocratie 5 troisième pouvoir qui manque à nos institutions, et dont l'absence produit le frotte- ment dangereux que l'on remarque aujourd'hui entre la puissance royale et la puissance popu- laire. C'est dans cette vue que les royalistes solli- citeroient les substitutions en faveur de la pairie, lis cUercheroient à arrêter par tous les moyens légaux la division des propriétés j division qui, dans trente ans, en réalisant la loi agraire, nous fera tomber en démoci'atie forcée. Une autre mesure importante seroit encore prise par l'administration royaliste : cette administra- tion demanderoit aux Chambres-, tant dans l'in- téi^êt des acquéreurs que dans celui des anciens propriétaires, une juste indemnité pour les iamilles qui ont perdu leurs biens dans le cours de la révolution. JLes deux espèces de pro- priétés qui existent parmi nous, et qui créent f»onr ainsi dire deux peuples sur le même sol , sont a grande plaie de la France. Pour la guérir, les royalistes n'auroient que le mérite défaire revivre la proposition de M. le maréchal Macdonald : on apprend tout dans les camps franrars, la justice comme la gloire. C'est ainsi qu'en agiroient les royalistes, relati- vement aux choses. Mais comment se condui- roient-ils pour les hommes? jN'auroieut-iis pas des ressentimens à satisfaire? Les royalistes sont étrangers à la Haine. Ils aiment trop leur pays 5 ils ont trop de j ugement, trop de rai- son pour n'être pas convaincus que la vengeance est un mauvais moyen de gouverner. Il est sans doute quelques hommes qui se sont vendus, corps et âme, au ministère, et qui dans tout changement pos- ' C -94 ) sible lomlberojit avec les maîtres lîout ils ont servi les ])assîons ; inais (ont agent du pouvoir, qui , ne faisant (jîi'oljéir à nn ordre supérieur, l'a exécuté sans blrsser i honneur et la justice, seroit conservé par nne atlministralioti royaliste. La gloire d'une semblable administration seroit dé donner des leçons de modération et de douceur, à ceux qui li'ont oflert a^we. des exemples de persécution et de violence. Les royalistes ne seroient plus exclus des emplois 5 la trahison des eenl-jours, ne seroit plus entre deux candidats un titre de préférence; mais quiconque auroit des vertus et des talens, qui- conque seroit capable d'un retour sincère à la légitimité, seroit reçu avec joie : les rovalisles éviteroient de faire sentir aux autres, l'injustice dont ils ont été les victimes. Maintenant, que tout homme impartial ose dire, la main sur le coeur, qu'avec un pareil sys- tème on ne concilieroit pas les intérêts et les partis? IN'en doutons ])oint : une administration royaliste qui se conduiroit d'après de pareils prin- cipes, se maintiendroit au pouvoir, obtiendroit l'estime de l'Europe et les bénédictions de la France. Ici l'on n'a qu'une réponse à nous faire : on nous dira que les royalistes ne suivroient pas le plan que nous. venons de tracer. A celte réponse, nous n'opposerons que le silence , en remarquant, seulement queles royalistes ont toujours été fidèles à leur Daroie , et que c est du moins une présonqj- tioû en faveur de leur bonne foi. JNous avions souvent expliqué notre pensée sur la Charte et sur l'ordre actuel des choses : il ne nous restoit qu'à examiner l'assertion de ces doc- teurs, si grands par leurs œuvres , lesquels affir- ment que les royalistes perdroient tout s'ils par- venoientaupouvoir.LepublicconnoîtmaintenuJil nos principes. Qu'il prononce} au reste, les rovii- C Oç,5 ) listes ne désirent ni no demanclont le nnjiisti:re : ils ne sont pas au-dessous dts places, comme le disent leurs cnncrais, ils sont au-dessus. 11 y avoit à Rome, au temps de la dépravation de l'Empire, des citoyens qui conservoient linté- grifé et la piélé romaines. Ces graves personnages nés'affligcoicnt que des maux de leur patrie ; quant à leur sort particulier, ilsscrésignoient à la volonté das dieux. Lorsque la tvrauuie, importunée de leur vertu , se ialiguoit de les laisser vivre , ils s'en ailoient à petit bruit, jugeant cjii'il éloit inutile de taire tout le fracas de Caton, et de se déchirer les entrailles pour uue liberté qui n'existoit plus. Le Vicomte DE Chateaubriand. La i6* Livraison de la BïbIiothè(]ue Ptoralisle con- tinue, par la variété des morceaux qu'elle contient, par la pureté des principes qui distinguent- ses rédac- teurs, à mériter l'attention et l'estime des honnêtes gens, de tous les hommes sincèrement dévoués à la cause monarchique. Parmi les articles plquans dont la lecture se recommande d'elle-même, nous citerons ceux de M. Sarran sur les Négociations àiploma^ tiques du président Jeannin^ sur les démissions forcées et les destitutions arbitraires^ et sur le pouvoir royal. Nous avons également remarqué deux autres articles sans signature, le premier relatif à Vélat présent de l'autorité judiciaire et à Vabus du droit de faire grâce . Selon l'au- teur, jadis le droit de faire grâce, l'une des plus belles prérogatives royales, avoit été modifié par l'ordon- nance criminelle du mois d'août 1670. Les lettres de grâce étoient soumises à des formalités rigoureuses; il falloit qu'elles fussent préalablement notifiées à la partie civile, qui avoit le droit de s'opposer à leur entérine- ment. Les tribunaux et les cours pouvoient aussi , dans ( ^9^'> ) bien des cas, les rejeter, sauf les lettres de grâce émâ' nées du grand sceau; mais, dans ce cas, les magistrats avolent encore le droit de remontrance et de redresse- ment j si le Roi persistoit, alors rautorité judiciaire lléchissoit. Le second article concerne les souscriptions libérales et les penny-subscriplions. A l'occasion de la souscrip- tion ouverte en faveur des réfugiés du Texas, on de- mande s'il est vrai qu'il existe des réfugiés français au Texas, quel est leur nombre, s'ils sont dénués de toute ressource; si, dans un état bien policé, il est permis à tout individu ou à toute association quelconque de lever publiquement et par la voie des journaux, des souscriptions dont l'emploi n'est ni garanti ni même connu. En Angleterre, les penny subscnptions de Hunt sont considérées comme >.e \érilables escroque- ries, et quelques unes de nos souscriptions libérales ont de plus un caractère de criminalité qui ne scroit pas toléré cbez les Anglais, puisque, dans ces der- nières, il en est qui ont essentiellement pour but d'avilir l'autorité judiciaire et d'insulter à ses décrets. On souscrit, à raison de lo fr. 5o c, le volume, à Paris, cbez Everat, imprimeur de la Bibliothèque Royaliste, rue du Cadran, n' 16. — On vient de mettre en vente chez Le Normant, im- primeur libraire, et chez N, Pichard , libraire, quai de Conti , n" 5, un ouvrage intitulé '. Opinion d'un Juriscon- sulte surdii>erses questions concernani les Dettes contractées parles Emigrés, antérieurement à la mort civile dont ils ont été frappés , et à la confiscation de leurs biens ; par M. K. Dard, juiisconsulfe, ancien avocat à la Cour de Cassa- tion. Brochure in -4°; prix: 3 fr., et 3 fr. 5o c. par la posta; idem , ifi-S", 3 fr , et 3 fr. lio c. ■lvv\.\vv\•WkW^MWvv\\vt'Vv^v^^%v\v^'>'^wvvv^\\^^M LE CONSERVATEUR. DE L'ÉDUCATION PUBLIQUE (i). (H* Article.) L'kducation publique, donnée par des corps religieux, n'offre aucun des inconvéniens que j'ai signalés dans mon premier article, et rénnif tous les avantages; elle donne aux eufans, et fait entrer par les yeux et par toutes les habitudes de leur âge, la leçon la plus importante à recevoir et à retenir : l'esprit de règle, de discipline et d'obéis- sance , jusque sur les plus petites choses de la vie. Les enfans ne voient qu'autorité dans les supe'- rieurs, tempérée parlareligion, qu'obéissance dans les inférieurs, adoucie par la confiance 5 ils n'en- tendent jamais parler de salaires, jamais de plaintes d'un traitement trop modique, d'une nourriture insuffisante , ou contre la tyi'annie des supérieurs, et la discipline de la maison. Ils ne voient ni pré- tentions à l'esprit, ni ambition, ni intrigue; tout, dans cette éducation , est grave , sévère ,' uniforme ; tout est calme et religieux, état le plus favorable aux premières études, et qui laisse au jeune âge les impressions les plus durables et les plus utiles. Craindroit-on (jue les enfans ne prissent, dans les ctablissemens religieux, des habitudes monas- tiques? Il faut laisser ces étroites idées à ceux qui croient que la gloire de la France ne date que de la révolution , et qui ignorent ({ue tous nos héros de l'armée et de la magistrature furent élevés par des religieux. Les enfans prennent dans ces maisons (i) f'ojrez la 53' Livraison du Contert^ttt^ur. Tome V. — Sg* LjvnAisoN ao ( ^9» ) IhabiluWe dé l'ordre et de robéI>ssance, la pins propre de toutes à former l'iiomnic pour tous les élats de la société, «t particulièrement pourlV-tat militaire. Les in.slitulious ])hiiosopluc[ues ioi'- înt)i«nt des ^oWals pour Iti révolution j les i«sti- tutious religieuses iormeront des officiers pour la patrie et le Roi. Je crois parler à des lionunes saris préveulious.Touleslcs iuslitatious religieuses sont des institutions politiqiuîs, et nous n'aurions qu'à li'auchir les Pyrénées pour nous convaincre que, dans les grands dangers , les institutions , même monastiques, deviennent au besoin, chez nn ])euple religieux, des inslilutious tiélensives (i). Et je ne parJe pas du premier de tous \vs intérêts, celui d'une éducation clu'élienne, qui lait entrer dans l'esprit, le cteniretlc* habitudes de renfance, les pensées, les afFcclions, les pratiques religieuses. Ou instruit les euians dans une salie- mais on ne peut tOMclier leur cœur qu'à régli.s(î , et ces maisons avoient cet avantage, qu'elles étoieul pour les jo-unesgens une }>ar(jiôse autant qu'un collège. Il restera toujours dans l'homme fait qu(;lque chose de ces leçons qui lespremières ont pariéàsaimison , de ces sentimens et de ces pratiques qui les pre- miers ont occ'ipé son cœur et ses sens, même au milieu des plus grands désordres. La religion , comme une ancre dui ({ue dans la r* ligion »[ui la t , de Ihonncur rendu aux parens, le second di' ses préceptes. La France est alTamée d'éducation religieuse j elle l'est plus qu'on ne pense et que je ne peux le dire : et même, sous le règne du tvrau et dans les rangs les plus élevés de ses javoris ou de ses complices, on en a vu , et le plus graud nombre , qui , oitraînés dans les plus giands crimes de la révolution ou dan-s les plus grands excès du despotisme, avoient oublié qu'ils c-toient Français, qu'ils éloicnt ci- lovens, ([uils élcweut hommes, se souvenir cei>eu- dant qu'ils étoient pères de famille, désirer pour leurs entans une éducation religieuse qui les rendît meilleurs que leurs pères n'avoient été, et les conlier aux soins des institutions les plus religieuses ou des ecclésiastiques les plus respec- tables. Et, qu'on ne nous parle pas de progics des iu- mièi'es, de la nécessité dt; se soutenir à îa hauttui* des connoissances ac<{uises, etc. jNous connoissons la juste valeur de ce langage de coûvenlion, véri- table argo-t phijosopîiique, avec lequel on éb:ouit de ioibles esp;i(s. '11 n y a de progrès qu'en con- noissances plivsiqr^ s , qui ue rendent ni l'ii rarae meilleur, ni la société plus heureuse, ^ur tout le reste, il y a obscurcissement ou plutôt aveugle- ment presque total; et, si vous voulez en juger, même en laissant à parties crimes de ces derniers temps, qu'il i'aut mettre sur le compte des erreurg autant que des passions, remarquez, malgré la force de vos études littéraijes et votre luse d ins- truction spéciale, remarquez la décadence de la liante littérature, de la poésie diaoaatiqne, puf ( 3oo ) exemple, honneur de la littérature française , et qui suppose une profonde connoissance du cœur humain et des ressorts qui font agir les hoînmes dans la société, et voyez tous nos progrès en litté- rature réduits à l'art du feuilleton et du vaude- ville. On se trompe si l'on regarde la fonction d'élevei' la jeunesse comme une profession, un état, un emploi 5 c'est une œuvre de charité , comme le soin des infirmes, l'assistance des pauvres, le rachat des captifs, parce qu'il n'y a rien de plus infirme, de plus indigent, de plus captif que l'enfance qui estla grande foiblesse de l'humanité. Il y a même cette différence entre cette œuvre de charité et toutes les autres, que pour celles-ci, ceux dont vous soulagez les misères vont au-devant de vos soins, les secondent par leur docilité, les paient par leur reconnoissance, au lieu que l'enfant, sourd à vos avertissemens, rebelle à vos efforts, indocile, impatient, iugrat, ne reconnoît le prix de vos leçons que lorsque , dans un âge plus avancé, il éprouve le regret de n^en avoir pas mieux profité. C'est une grande erreur de penser qu'on puisse faire, pour de l'argent, le métier obscur et de tous le plus pénible pour un homme instruit. Sans doute un instituteur bien payé et souvent assuré d'une pension pour le reste de ses jours, peut donner des soins particuliers à un ou deux eufans qu'il élève sous les yeux des parens, dont l'autorité qu'il peut invoquer à tout moment appuie et fortifie la sienne 5 mais deux à trois cents enfans, éloignés de leurs familles, et qui poui>cette raison, outre l'instruction (|u'ils doivent recevoir, demandent de la part des maîtres et pendant plusieurs années des soins même mater- nels pour leur santé et leur entretien physique j deux à trois cents enfans ne peuvent être soignés, instruits, gouvernés avec tendresse ^ avec atlen- ( 3oî ) fion , avec zè4e , que par des motifs de conscience , qu'aucun autre motit d'ambition ou d'intérêt ne f»eut remplacer. INlalheur, dans les institutions aïques^ aux enians dont les poiens ne peuvent que payer la pension, lorsqu'ils se trouvent avec des condisciples dont la famille en crédit peut faire la fortune du maître; et j'avoue que j'aime des maîtres qui , comme les religieux , n'ont point de fortune à faire. Aussi , et cette observation a été faite avant nous, les hommes f|ui avoient éié élevés dans des maisons et des consfrégations reli- gieuses, conservoient de leurs maîtres le plus tendre souvenir jusque dans l'âge le plus avancé^ tandis que nos jeunes gens, élevés dans les écoles modernes, ne se rappellent en général leur insti- tulttuv que pour en faire le sujet de leurs plaintes ou de leurs railleries. Dans le collège ils sont indociles, et ingrats quand ils en _sont sortis. L'éducation domestique ou particulièi'C ne con- Tient qu'aux grandes fortunes : elle ne remplit pas les beseins de la société, parce qu'elle ne forme pas assez l'homme pour la vie publique , qu'elle n'étend pas autant, n'assouplit pas autant le caractère, ne développe pas autant les forces .physiques, et surtout parce qu'elle laisse sans acti- vité le ressort puissant de l'émulation. Seulement l'éducation publique est peut-être plus dange- reuse pour les mœurs des jeunes gens ; et c'est une nouvelle et puissante raison de la confier à la re- ligion, et de ne la confier qu'à elle. Les philosophes, en haine des corps religieux, ont préconisé l'éducation domestique, et surtout celle que le père donne lui-même à ses enfans. H y a peu dé pères de famille propres à élever eux- mêmes leurs enfans. Les pères trop exigeans s'ils sont eux-mêmes instruits trop foibles s'ils ne le sont pas, sont toujours placés à l'égard de leurs fulaus , entre l'impatiente qui les décoxirage , et ( 302 ) la flaîlcrie qui les enJmt. D'niilnirs, le.s pères les pl's ni (tat de donner ou\-:i.rme.s i'éducah'on à leurs rr. fans, seraient olice de l'éducation, doit dans chaque di- vision du royaume, diocèse ou département , ap- partenir aux autorités locales j à l'autorité reli-r gieuse pour la partie morale , à l'autorité civile pourla partie maiér'cllej et ces autorités, suivant les circonstances de population, de fortune , ou d'habitudes locales, laisseront ou établiront des ïnaisons d'éducation partout où elles seront né- cessaires. Alors seulement ces malsons pourront se souteuii- sans être à chaige à l'Etal, qui, sauf les secours à accorder, ou les avances à faire, s'il y a lieu, pour le premier établissement, n'aura à payer que les bourses ou pensions gratuites dont il faut régler le nombre , moins sur les besoins des familles, qui sont infinis, que. sur les besoitts de l'Etat, qui sont bornés. ( 3o7 ) L'autorité locale pourra Inissor dans les établis- .semcns déjà formés, les hoinnies c[tii h-s diiige,nt à pi'ésent, et qui mériteront sa confiance, elle pourra appeler des corps, s'il en existe, ou eu attendant des individus indéj)endari«,el elle aura, pour iaire le clioiv et des choses et des jjersonnrs, uji intérêt, des facilités et des coinioissances qui- manqueront toujours à une direction générale placée dans la capitale. On demandera sans doute comment pourront se former les corps enseignans dont nous appelons le rétablissement; ces corps se formeront d'eux- mêmes , et toujours inaî;^ré les passions et les inté- icls qui s'opposent à leurs progrès. Ils se sont tou- jours formes après les grandes ci-ises politiques qui donnent plus d'exercice à la force dame, aux ver- tus coura^^euses , aux qu-ililés énergiques : ainsi les passions qui troublcîit les Eîats , dirigées par la religion et dans son esprit, réparent les maux <[u'elle3 ont caus^ s. »Si l'autorité ne peut directement bâter le réta-r blissement de ces corps, elle peut du moins abro- ger la loi qui défend les vceux publics de religion, véritable déclaration de guerre laite par l'Assem- blée constituante à la religion calbolisrue , et dont la monarchie ne tartla pas à recueillir les fruits. Ces corps renaîtront, 'parce qu'ils sont néces-' saires à la conseivalion morale de la société. Les opinions qlii ont pu autrefois les diviser, ne se- ront plus (jue des énoques de riiistoire do l'esprit humain ; et désormais ils ne rivaliseront entre eux • tue de lalens et de zèle. Je n'ignore j)âs les préventions qui s'opposeîit au rétablissement du plus célèbre de ces corps, déjà rappelé chez plusieurs petiples catholiques , et parliculiérement chez celui qui, par son cou- rage et la fermeté de son gouvernement, seroit digae d<' servir de modifie à tous les autres. Je ( 3o8 ) connois de vieilles haines que \a grâce même ej/î- cace n'a pas adoucies, et qui seroient moins alar- mées d'une nouvelle éruption de jacobins 5 heu- reusement elles ne se trouvent guère qu'à Paris, qui depuis quatre-vingts ans a conservé sur les provinces le privilège exclusif de ce ridicule. Mais le vœu unanime des provinces ne sera pas sacriiié, il faut Tespérer, à des craintes chimériques , der- rière lesquelles se cachent peut-être d'autres craintes moins innocentes, et des projets plus jjrofouds et plus dangereux ; et ce n'est pas à ces préventions surannées qu'il faut livrer le soin de l'éducation en France. iSon seulement les institutions elles-mêmes, mais tout ce qui est bon et utile dans leur régime »,'xtérieur et moral s'établira de lui-même, et par la seule force des choses, elles enfans seront vêtus et nourris sans qu'il soit nécessaire qu'une admi- nistration générale s'occujie de savoir combien chaque enfant mange de kilogrammes de pain, boit de litres de vin, ou consomme de mètres de drap. Qu'on laisse en ce genre tout faire à l'esprit religieux, et surtout les comptes; et qu'on se pé- nètre bien, qu'au moins dans nos provinces, une éducation philosophique n'obtiendra jamais la confiance de parens même philosophes. Quant à rinstruction spéciale ou scientifique , on peut, comme avoit fait le conseil royal, laisser ou rétablir les anciennes universités, en en dimi- nuant le nombre, en distribuant entre elles les diveises facultés d'une manière plus judicieuse qu'elle ne l'éloit autrefois : les facultés de théo- logie ressortiront aux évêques, toutes les autres au chancelier de France. La capitale sera toujours le centre (i) d un enseignement complet de toutes (1) Tous les elablisscmens A' éducation devroient être hors de la capitale, où devroient se trouver seulement les élaljli>se' ( -"^oo ) \cs sciences pour lesquelles ses graiuls dépôts, bibliothèques, cabinets, collections, olFrent des moyens d'instruction qu'où cherclieroit vaine- ment ailleurs. Les sciences ont leur luxe, et crlui- là , comme les autres , ne doit se trouver que dans les capitales. Ceux fju'un attrait invincible pousse vers l'étude approfondie de quelques parties des counoissances humaines (et ce sont les seuls qui yréussssent) sauront trouver les moyens de s'y livrer, et pour eux les obstacles sont des facilités, et les difllcultés un aiguillon. Mais il ne faut pas oublier que ce degré élevé d'instruction scienti- fique et de tous les genres, se donne aux jeunes gens, c'est-à-dire à l'âge où se forment les prin- cipes qui doivent diriger l'homme dans le cours de la vie civile, et ce seroit préparera la fois «t le malheur du particulier, et des troubles dans l'Etat, que d'enseigner ou seulement d'insinuer à la jeunesse des principes qui la mettroient en op- position avec les lois de la société; et, si les pro- fesseurs doivent diriger l'instruction des élèves, le gouvernement doit surveiller l'enseignement des professeurs. Ce plan est sans doute trop simple, il contraste trop fortement peut-être avec ces ide'es qu'on croit grandes , parce qu'elles demandent pour leur exé- cution de grandes dépenses et de grandes admi- nistrations; mais ce système d'éducation, tout modeste qu'il est, a été suivi en France pendant des siècles, et il a pour lui deux choses sans lesquelles on ne fait rien, le temps et l'argent; je veux dire l'expérience et l'économie. ISous n'avons ])as parlé de l'éducation des filles; elle a moins souffert de la révolution que celle de leurs frères : les soins maternels ont remplacé, poiir.un grand nombre, l'éducation des couvens, ' ' ■ i> mens d'instruction scientifique : c'est à ct;la qu'il Caut tentSre il n'e&t plus possible d'élever des enfans à Paris. ( 3io ) Buonapavlc lui-même avoit permis rétablîssemetit de quelques maisons religieuses qui ne lui coA- toiont l'ien, et même favorisé l'établissement de celles où la charité se livroit à réducation gra- tuite des enfans des pauvres. Il ne vouloit de religion que pour les femuies et le peuple , tant il craignoit qu'elle ne modérât l'injustice et l'arro- gance des puissans. Le gouvernement légitime hâtera le retour de tout- s ces institutions conso- lantes , OLi tant de personnes du sexe, qui ne %-eulcntpas du inonde, ou dont le monde ne veut pas, trouvent auprès delà charité qui pardonne }a Ibiblesse, de la charité qu! accueille le repentir, tic la charité qui supporte Tiutirmite, de fai char- j-ité qui nourrit l'indigence, un asile si doux pour elles et si utile pour les autres. Et sans doute nous n'entendrons plus renouveler contre ces admi- rables institutions le leproche aussi absurde en politique qu'en morale, d'attenter à la libcHé naturelle, et de nuire aux progrès de la population. ■ INous reviendrons ainsi au mode d'éducation de nos pères, et peut-être nos enfans en reprendront- ils les principes, ]v.s docliines et les mœurs. Ils ne Yovoient qu'avaulages dans ces mêmes institutions on nous n'avons vu que ans abusj et, justement punis , nous n'aurons éprouvé nous-mêmes que [es malheurs de ces mêmes changemens où nos neveux, peut-être , re^iueillerout qn(;l;{ues IVuils tardiis. tJue religion sévèi'c, qui inspiroit la crainte et conimaudoit des privations, avoit mis dans notre caractère national l'hilarité, l'abandon et la confiance. Une philosophie qui n inspiroit que le plaisir et ne parloit que de jouissances, lions a rendus tristes, chagrins cl méconlens, et nous n'avons Vu autour de nous qu'abus, inéga- lités ^t oppressions. INIalgi'é 1<^ poaximesdu grand- înoîtrc, sur les désordres iuséparables de toutes les inslitutions où les honuncs entrent comme (3ii ) «ecas pour ai'racherle mauvais jrraîn, nous avons ■imprudeniment ravage ia mouscn j ef, lorsque ixoiAS avons voulu semer (^mîlque chose sur celte ten*e désolée, il ne sVst [)lus trouvé dans nos mains qu'une ivraie stérile. vSi celte comparaison peut être avec justesse a]»pliquée à quelques nues de nos iust-lulions , c'est surtout à l'éiUiealion, semence précieuse, et qui tous les ans est clcstiaée à renouveler la société. Revenons donc aux saii.es maximes sur l'éducation- ce n'est pas avec la science qui enfle ^ mais avec celle qui édifie(^ et l'expression est remarquabh") qu'on éiève l'édifice de la société. C'est avec réducaliovi qu'on lait les hommes, et non avec l'instruction seulement j que nos enfans devienuejit bons, et ils seront assez savans. Qu'on se rappelle les scènes dépîornLles d'insu- l)ordination et de licence qui ont éclaté à Paris, à Piennes, à Nantes, et ailleurs, dans Içs collèges ou les écoles de droit, et qui sont la faute de l'ins- litution , la honte du gouvernement, et tout le dé- sespoir des lamilles. Celte prétendue fore»; de l'ins- titution centrale n'existe pas mérac à Paris où elle «st placée, et ôte toute force aux autorités se- condaires dans llcs destinées à incendier la France et lEuropc- L'iuatlcntion du gouveruemeut sur la discûm^e- ( 3l2 ) nance spéciale de celui qui est à la tête de cette YBste machine de désordre, est un prodifj,e d'a- veuglement, et il semble ignorer cette incontes- ttible vérité , qu'une commission d'instruction pid)liquepeut laire, dans peu d'années , à la so- ciété, un mal plus étendu et plus irréparable qu'un autre comilê de salut public. De Bonald. La Cirnéicle , poème en douze chants , par Lucien Buoiiaparle , prince de Canino. M. Lucien Buonaparte étant plus connu dans le monde par sa parenté ront comment cette famille descend en lîg^ne directe d'un paladin de Cliarlemagnc , et comment l'exis- tence de ce paladin est attestée par le poème pré- cédent de M. Lucien. Deux poèmes épiques valent Lien , je pense , des parclierains poudreux. Or, ce paladin, nommé Isolier, est le héros de la Cir- néide. Rentré . .ipiès ses exploits, dans ses fovers, et redevenu j.âlre, prof<'ssion qu'il exerroit, je crois, a>ant que d'en sortir, il brûle du désir de délivrer sa patrie, et il appelle les Francs à son secours. Ils arrivent, enliuj mais neAoilà-l-il pas que leur clief, lingues Colonne, n'entend conquérir la Corse (pj'à son prolit! Isolier se sé- paie de lui avec indignation. Il entreprend de chasser les infidèles avec le seul secours de ses compatriotes, sauf à chasser ensuite les Francs. Il attaque les ninsulmans. Il est battu à outrance, mais il ne perd pas courage ; retiré le soir sur une montagne, avec les foibles débris de ses compa- gnons, il s'apj)iclc à recommencer le lendemaih le combat. C'est alors qu'un saint martyr, son compati iote et son ancien ami, lui apparoît dans un nuage, pour lui reprocher son imprudence, et lui conseiller de réunir Si;:s lorces à celles des Francs; il lui dit : « Seul, penses-tu forcer les murs alériens?» C'est-à-dire les murs d Alérie, vilie ou village dont l;-: Sarrasins ont lait leur capitale. Isolier répond avec amertume : « J'ai ser'.i Carloman (1('îs tni pins tendre enfance) » Ce roi , pour récompense , » Dcvoif , des mucrcans , aflrancliir nos foyers. » Et, li)rsc[u'en(in vers nous, il tourne ses ejjorts y » Dt; mes exploils passés, déposant la mémoire, u 11 veut qu'un étranger comuiande sur ces bord»! » Le bon martyr reprend : « Il faut icitiplir sa Itielie , et laisserjaire au Ckl. » lu di'fmids en Itéras Li yatrie et Vuitiel. >* Qu importe que Colonne fae'rite d'Arôiie ! » < 3i5 ) Ou voit (Jtie, selon la ïogicfue ^ïû^ôtîme, il ioSi* pQiPtB peu, aux hih'oè Tei' avec eus à meilleur prix qu'il ne nous ont coûté. Eux-mêuies en auroient recueilli nioins de traverses; et, ce qui l'end leur silence ineKcnsable^ c'est que le prophète «voit prédit à Isolier tout ce qui leur est arrivé jusqu'en i H 1 9, époque de la pubîieation du poème. « Des triomphes mondains un jour dctruît la trace. » I>e ciel garde à ta rare, » Apres tan( de grandeurs, le* maux les pfiiS pésansj » Sur un roc escarpé , vois, dans lu nuit profonde, i- Celui qui if-eléva lan* de Rois supplians, t> 11 est seul) d4nl tés Hirs, aux iiifaites du nidnde. » Les vers que j'hi cités sont, sans contredit, îe» meilleurs du poëine j l'amour IVaternel les a dictés » et il sciuLlefoit que le poème n'a été iail en quelque (3.6) sorte (|ue pour les encadrer. Pour achever cVen faire apprécier le slvlc, je prendrai une slropht au ba«ird. Voici la description d un combat cîie- valeresque; on pourra la comparer avec celles de l'Arioste , ou même de la ïlenriadc. Le chef de la Hotte des insulaires aborde un Taisseau musulman 5 il jette des l)randons dans l'intérieur 5 le feu se manifeste de toutes parts. L'é- mir, commandant du vaisseau, s'élance furieux sur le pont : le chrétien l'atlend avec courage , résolu de combattre sur la nef embrasée. rt Mais le géant l'attaque , et son arme pesante » Terrasse le chrétien d'un coup terrible et sûr. » Ainsi pour amollir le métal le plus dur , » Un énorme levier, dans une forge ardente , s> Suù-arit limvulsioii d^iin utile torrent, ■» Vingt fois, dans un niorriL-nt, y> A coups prêt ipitt's retentit et retombe. >• Ainsi frappe l'éiuir ; et le chef des marins; >> Pourfendu par le glaive, inanimé, succombe , » Et meurt dans l'incendie allumé par ses mains. ^> :\L le prince de Canino a , sans doute, visité avec attention une grande forge. C'est là, peut-être, que la strophe a été inspirée. Voyez avec quel art il en amène ici la description? Rien n'y ntanque. Ou voit la forge ardente 5 ce levier qui retentit à coiipsprécipités,esl le manche de l'énorme marteau. L impulsion de ïiiti/e torrent j'appelle de suite le canal, on coursier de l'usine 5 la roue et les souf^ llets sont sous-entendus. On voit ce malheureux chrétien , amolli comme un lopin , entre l'enclume et le marteau... ^'oilà de la poésie!... Remarquez comment, dans celte admirable strophe ,1a gradation des images est bien observée. Ce chef des marins... est d'abord terrassé par Je coup terrible et sûr de l'arme peSante,.. Puis il tîst pilé sous le marteau... l'.nsuite, il est pourfendu par le glaive... Ensuite, if est inruiîmc... Ce n"<'st (3i7) ijai après cola qu'il succombe... Ce n'estpas tout. .. Apiôs avoir été terrassé, pilé, pouifcndu, inanimé, <îl avoir succombé, il liuit \)»v mourir dans l'in- cendio. On pourroit, à la rij^nenr, chicaner M. Lucien sur qne!([ues fautes de Iaii<:jaop5 mais il seroit peu poli de les remarquer. jM. le pr uce de Canino en- tend assez bien le Iranrais, pour un Italien. Je suis plus fier de pouvoir lui contester la connois- sancedesa propre langue j l'auroit-il oubliéeparini nous! Il nous apprend, dans la Ciruéide,que la des- cendance d'isolier, transportée en Italie dans le temps des guerres civiles, suivit l'étendard des Guelfes, et se distingua tellement par sa fidélité au Saint-Siège, qu'elle acquit le surnom glorieux de Bonaparte , qui signifie , selon lui , bon parti. Je trouve fort convenable que M. Lucien se pré- vale, auprès du Saint Père qui l'a fait prince, de l'attachement que ses aïeux oïit puprofesser pour le Saint-Siég€... Mais, encore, ne faut-il pas tor- turer les motfi.- Biioriaparte , ou bon aparté , signifie une certaine quantité , et non une certaine qualité, Bonaparte deliarmata veut dire une grande partie de l'armée, et non pas la partie bonne de l'armée. Un parti se dit partito ,fazione. On auroit beau ])ren(lre le nom de Buonaparte en bonne part y jamais il ne signifiera le bon parti- Lors delà conquête de l'Italie, par l'illustre frère du prince de Canino, Marforio disoit à Pasquin : Itttti i Francesi sono ladri. « Tous les Français » sont des voleurs ; » et Pasquin , plus poli , lui ré- pondoit : Non tutti, ma bona parte... c Non pas tous, mais Bonaparte ou bonne partie. » Abstrac- tion faite de l'équivoque, ce mot signifie-t-il le bon parti ? En définitive , la Cirjiéide a droit de plaire aux C ai s ) amateurs deslivpes imprimés sur bfau papier et avec (le beaux caractères. L'exécution typogra- phique fie ce poème est U'ès-soignée : il sort des presses de M. Didot. Achille de Jouffroi. Jlêflexiov s sur l'état de l' Egfise (Je I^ran ce , pendant le di.r-huitiènu; siècle, et. sur' sa sîtuniion actuelle ^ sundes de 3lélan^es relis:;ieux et philosoyliiques. Par M. F'Abbë DE La MiHSAtS ( i ). Les Mélanges que M. de La Mçnnais piïbliç aujourd'hui se comjioseut des Jié/l'e.Ti'ons sur Fêtât de rEi^lisc de France que la police de Buona- parte fit supprimer, de diflérens articlt^s imprimes d>ans le Mvtnor.ial , et qui seront Uvcui'^ j)our la jdupart des leclieurs , pasce qu^ ce journal fut étouflé par la police, presqu'à sa naissance • de quelques écrits qui n'ont pu ôtKe connus qu'à ^aa-is j des aa;ticles <^ui ont paru dau.*; le (JoHserva- leur , «t d'un clàoix de pensées siu* la pliLlosopliie et la rcLigioi).. Tous ces mojfccaux divers lorïnent ujx ensemble; çapprochés, ils s'éclairent et si; prêtent mutuelle ment de la iorce. L'ouvrage qui commence le recui;!!' c-onlien.è he tabl (;au 1 e plus conqjlet des al la(jucs.quc l'Eglise a eu ^soulenir dan&.l/:i dix-liuiliiimesiîcie. Api es avoir njQïjtré TEgli^SiO cvoissaiit sous le glaive , <'.t comme un;a't-levau.lyit cent trente-cinq évéqucs et plus de cent mille prêtres se dévouer à la pau- vreté, à l'exil et à la mort, plutôt que de pro- noncer un serment que leur conscience désavouoit. Quand il n'y eut plus ni prêtres ni roi, la philoso- phie triomphante proclama la liberté. Les temps marqués par la Providence ont été accomplis. Les temples se sont relevés; mais à la fersécution du glaive a succédé la pcj'sécution de indifférence. Ici l'on trouve, clans quelques pages, le germe du bel ouvrage que l'auteur a depuis fait paroître sur l'indifb reuce en matière de religion; ouvrage dont le succès a fait presque douter du mal qu'il attaquoit, par l'efficacité du remède. Après avoir retracé tous les maux de l'Eglise, ]\L de La Mennais indiquoit alors les moyens de lui rendre son influence. Plusieurs de ces moyens, et euLr'autres les Missions employées de])uis, ont assez prouvé combien les vues de l'auteur éloicnt sages. L'opposition à la religion , qui vient aujourd'hui d'une faction, a seule empê- ché ju.s([u'ici d* faire us.';ge des autres moyens indiqués par l'auteur . el qui ne seroient pas moins utiles pour g eiir lpé depuis avec tant d'éclat. Nous en dirons autant des articles du Mênioriul . JNous ne parlerons des dissertations publiées dans le Conservateur, que pour répondre à ce que nous a\ons entendu dire. 8ans doute il y a là de l'éloqjieuco • mais on cherche la vérité, comme si la solidité pouvoitse séparer de l'éloquenc** dont elle est l'àme et le fondenu^nt, comme si l'on pouvoit toucher sans instruire , comme si de brillantes paroles pou- voient produire quelque effet sans la vie intérieure de la raison. Oublie-t-on ce qu'a dit Fénélon , que la passion est l'àme de la parole, et refusera- t-on de recDnuoîlre la lumière parce qu'elle est unie à la chaleur? On ne relii-a pas sans intérêt tout ce qui regarde l'éducaliou publique, et cette Université, fille de la révolution et de Buonaparte, et qui peut en effet servir presque également à faire des révo- lulioneiaires et des esclaves, si toutefois ce sont deux choses différentes. On a attaqué les argu- jnens de iSI. de La Mennais; mais c'est en comparant l'attaque à la défense, qu'on sent la justesse de cette réflexion d(; Montaigne : « La doctrine est une chose de très-précieux usage, qui ne se laisse pas possédera vil prix. En quelque main c'est un sceptre, eu quelque autre une ma- rotte. )) iSous pourrions terminer ici cet article. Pour annoncer un ouvrage de M. l'abbé de La Mennais, il ne faudioit dire que ce qu'il contient, et laisser à chaque lecteur le soin d'admirer tout ce qu'il v a de noble dans son style, sea sentimcns et ses idées; de lurain^'iix dau5 l'exposition et l'enrliaî- ( 325 ) nement de ses preuves, de fort dans ses ra+sonue- inens. pourquoi dire ce que cliacuti sait si bien, qH« ses pensées sont justes et prolbudes , ses tour- nures fortes et j>iquAntcs, sa concision pittoresque, s<:<; expressions heureuses et variées; que ses pii- foles vont toujours où va sa pensée? « Si je conlère avec une âme forfe et un roide jouteur, dit l'ingé- nieux écrivain que nous avons déjà cité, il nïe presse les flancs, me pique à gauche et à droite j ses imaginations élancent les miennes. » Ces der- niers )r»ols peignent adurirablement le talent de M, de La Mrnnais- sa brièveté est de la force, s» r.'ïpKli té delà lumière. Qu'on lise les courts chapitres qui précèdent les pensées; celui sur la f^'èritè (\\3uei la îtiorale , la métaphysique et la politique peuvent és^alem-ent réclamer, on verra avec quelle vigueur d'esprit l'auteur a prouvé qu'il n'y a point d'autre cause d'ex!stilués à vaincre i'hoiurac. >) (c La vie est une sorte «Ht vn fiuir du passé avec 1 oul)îi , on ji'co finit pjis ariie de ses ouvraj^es les plus connus, nous montre plutôt 1 homme de bieti et l'homme de ojoùt quv^ IVcrivain de f^enie. Mais si nous savons l'ap- procicrsotis tous les rapports, nous le verrons déployer, dans la pn^mière partie de sa carrière, l'une des imagina- tions les plus heureuses: dans la seci nde, l'une des àtties les plus fortes ; et tout ensemble , soit dans l'enseignement , soit hors de Teni-eignemenf , se montrer constamment à nous sous l'un des points de vue les plus imposans aux yeux même de cet orgueil que séduit le prestige des gran- deurs. » Cette division naturelle conduit l'auleur à examiner !a vie et les ouvrages de son héros. 11 le montre commençant, à son insu, comme élève, ce grand ouvrage du perfection- nement des études, qu'il doit continuer comme professeur, comme chef d'enseignement , comme écrivain. Rival souvent heureux de ce petit nombre d'illustres modernes, eu qui la langue des Romains revit parée de toutes ses grâces, Rollin débute par des harangues latines où l'esprit religieux vivifie toutes les considérations morales. Il y fait admirer une vigueur et une flexibilité de talent que ne soup- çonneroient pas ceux qui se bornent à lire ses productions françaises. Vous éprouvez, à sa suite, de ces illusions qui annoncent que vous êtes sous l'empire d'une imagination puissante. Les succès les plus brillans dans l'éloquence et dans la poésie latines appellent Rollin à la place de prin- cipal du collège de Reauvais : bientôt il est promu à la pre- mière dignité de l'Université de Paris. Mais, comme tous les personnages célèbres , il essuie des persécutions. Enlevé à l'amour de ses élèves , il ennoblit sa retraite en s'occu— pant de travaux utiles, et à Tàge de 67 ans, il publie son Traité des Etudes , premier ouvrage français sorii de sa plume. « Vous le voyez attentif à exercer nos facultés dans l'ordre où elles se développent. Ainsi, la mémoire se pré- sente d'abord, il lui offie les langues ; la raison vient en- suite, il lui offre les sciences; et non seulement il a bien saisi l'enchainement dans lequel les grandes parties de son ouvrage dévoient se succéder : les nuances les plus déli- cates ne lui échappent pa-, Vovez avec quelle adresse il. ( ?,'^ ) ,pî«ce S(VB -îTiCHcean sur 4e ^o«t , avatrt Je >parî«r^e la litté- rature . et Si>ri worceau sm- ia gloire vmtabk , avant 'e sans art , il en devient cloquent. Passant à Texamen de sa vie privée , le panégyriste de Rollin retrouve son âme dans son connnercc épistolaire ; il rapp^-lle lacorrejpontlancequi s établit entre lui et le grand Frédéric, di'puis I7>'l7 jusqu'en 1740.8! l\ollin est touché de davantage d'entretenir un prince, c'est parce qu'il croit y découvrir une v^ie plus abrégée pour servir les hommes. Ht tout se met ici dans un beau rapport ; vous remarquez de part et d autre le lanj^nge d'une amitié qui devient tou- jotirs plus tendre ; vous aniKv, k \oir le grand Uoi s'adres»- (i«r à sc;n cher, à son vénérable Hollln. Celui-ci étoit arrivé à près de 80 ans; il sentoil approcher sa mort ; dans »â dernière lettre à Frédéiic, il lui parle d'une amitié qu il voudroit éternelliî, il fait Uii etfoit sur lui-juême pour ne ( 3^7 ) _ rien dire do plus que ces paroles; Tœil fixé snr une auUe existenop, 11 est clfrayc de ct'Uc différence de religion qui semble devoir Iv séparer pour toujours de son auf;uste»Tni , et par cclto dernière effusiotj de son amour, que sa roscrv« rend encore plus u^uclianto , tl voudroil anéantir celte barrière , en opérant une révululion dans l'àiue royale à laquelle s'atlresse la sienne. Si rouvra<;cde iM. Maillet- Lacoste n'a pas été inn;édip;n« de la couronne acaJémiijuo, si peiil-éire on a trouvé son style un peu foible el trop tienne de chaleur el de mouve- ment, Telévalion de ses seiitimens, la pureté de ses prin- cipes font lin moins honneur à son àme , et il doit se féli- citer d'avoir élevé ce monument à un écrivain «nssi utile que religieux, el d'avoir loué ixollin de la manière la plus conforme à ses vertus. Plus heureux, M. Rébian, censeur des éludes de Tins- titution royale des Snurds-Muels, a vu son elogo do 1 abbé de l'tpée , obtenir le prix proposé par la société royale académique des scienres , sous la présidence de S. A. R. M*' le duc d'An^onléme. L'auteur suit avec iniérêt dans >ia carrière cet illustre bienfaiteur de l'humanité. ^îichel de L'Epée naquit à Ver- sailles. Son père, arc.'iiecte du Roi, s'étoit attaché à lui inspirer, dès Tà^e le plus tendre, la modération des désirs, la crainte fie Dieu, rameur du prochain. Avant de se consacrer à l'éducation des infortunés, dont il devint en quelque sorte le second créateur, il eut à supporter bien tics contradictions et des chagrins dans l'état ecclésiastique qu'il avoil embrassé. Mais nous ne parlerons, dans cet ex- trait, que des efforts et dés siiccès qui ont fait la e;!oire de cet honinie vertueux, et fondé à Paris un des éîablissemcns que lui envient le pins les grandes capitales de ri:Iurope. Dans une conversaiion que M. de L'Kpée avoit eue, à 1 àiS,e de seize ans, avec son répélileur, excelient melspiiy- sicien, celui-ci lui avoit prouvé qu'il n'y avoit pas plus de liaison naturelle entre des idées mélaphysiqnes et les sons arliculés qui frappent nos oreilles, qu erilre ces mêmes idées et les caractères tracés par écrit qui frappent nos yeux. De là celte conclusion, qu'il seroit possible d'ins- truire «Its sourds- muets par des caractères écrits et toujours accompagnés de signes sensibles, comme on insiruit le» autres liummes pai" des paroles et par des gestes qui eu ( •^^-'^ ) indiquent la sif^nificalioii. « Je np pensols pas en ce mo- j) meni , dit l'abbo de L'Epôe, que la Providence inettoit j) dès lors le fon» mun à tous les hommes. » Ce langagt^ lest le ian;i;aj;;e des signes. Ces sif:;ncs, donnés par l'élève, sont fidèlement recueillis par le maître, qui, à son tour, en fait un heu- reux usaj^e, quand , de ce point de do|)arf conunun à tous deux , il va marcher en avant , cl développer de nouvelles idées. Celles-ci provoquent de nouveaux signes auxquels, comme aux premiers, il ne faut que substituer les mots correspondans dans le langage du pays. Telle est la base de La vraie méthode d'instruire les sourds- muets. Cette idée est si claire, si simple, si naturelle, qu'elle semble devoir commander la conviction. Mais à peine fut-elle mise au jour, que l'auteur rencontra des détracteurs de toute espèce. Pour toute réponse, il appelle le public k ses leçons, ef y développe ses principes avec une modestie et une tendeur égaies à son génie, fiientot les préventions s'évauoulsssent ; les plus éclatans succès, les témoignages d'estime et d'admiration des personnes les plus distinguées vengent l'abbé de L'Kpée do toutes 'es a'taques dirigées contre lui^ et voici l'hommage que lui ifénd un de ses rivaux, M. Dcscbamps, même en com- battant ses procédés : , " Pour peu qu'on y fasse attention, l'on verra avec » étonnement combien ii lui a fallu de temps, de peine » et (Je travaux, pour se faire un système aussi beau, aussi » méthodique que le sien ; de qiiclle constante -applica- " tion il a fait usage pour trouver t'eà signes comme » racines, comme dérivés, comme modilies. Il éloil réservé » à un génie aussi vaste que le sien, d inventer une langue ' i> de signes qui peut suppléer à l'usage do la parole, être »> prompte dans son exécution, claire dans ses principes, » sans trop de difficultés dans ses opérations. Voilà ce >> q»ie M. de L'K])ée a exécuté avec l'applaudissement » général et le plus mérité. » il ne restoit plus à 1 inventeur qu'à poursuivre comme il avnil si heuri-usemenl conmien<éj il ii'avoit plus qu'un pas à faire, el il ne le fit point. Jl n'eut pas as>e/, de «on-' I I ^ance en sa m('lhocle,'et en méconnoi lui-même l'élcndué ot la fc'condilé. « Mais souvcnoiis-nous , dit son illustre s'iccesseur, » M. l'abbé Sicard, souvenons nous qu'en glanant à sa »> suite, ce sera ion jours à lui-même qu'il taudra rappor- >» ter, comme à leur source , tous les succès qu'on pouira » obtenir. » Ce successeur s'est montré di<î;no, par ses t;ilens et par ses vertus, de recevoir cet hcrila^^je d? j2;loire et de Inen- faisancc qui, sous sa main habile , a si bien rruclilié. « Mon " ami, lui disoit son maîîre, J'ai troin'é te otrre^ c'est à » iHJiis défaire /es lunettes. » Le désinlcressemenl de l'abbé de L'Epëe ëgaloit son amour pour 1 humanité. L'impératrice de Russie lui avoit fait offrir de riches présens par son ambassadeur. « ^'on- » sieur, lui répondit M. de L'Epée, je ne reçois Jamais >• d'or; mais dites à Sa Majesté que, si mes travaux lui ont >• paru dignes de quelque estime, je tiedui demande pour >3 taaie faveur, que de m'envoyer un sourd-muet de nais- » sance, que j'instruirai. » Il portoil ce désii\téressement jusqu'î» labnégation de lui-même. Dans l'iiiver rigoureux de 17^"^, déjà atteint dfs infirmités de l'àse, il restoit sans feu, ef refusoit d a— rScter du bois, pour ne pas outre-passer la somme modique à laqwjlte il avoit fixé sa dépense annuelle. Toutes les re- rnonlrances de se> amis à cet égard avoient été infruc- tueuses. Ses élèves en furent avertis ; les mains jointes, et tous en pleurs, ils vinrent se jeter à ses pieds, le conjurant de se conserver pour eux. 11 céda, non sans peine, à leurs larmes. Long-temps encore après, il se reprochoit sa con- descendance : « Me.^ jîauvrcs enians, disoil-il quelquefois, « je vous ai cependant fait tort de cent écus. y^ Ce ne fut qu'après dix ans de travaux et de succès que M. l'abbé de L Kpée sollii. iia du g 'Uvernement une dota- tion pour assurer, aj-rès lui , l'existence de son établisse- ment. iMalgré la volonlé de Louis XVI, bien prononcée en sa faveur, il n'obtint que des promesses sans effet. Mais ce prince, que la voix de l'infortune n'implora januùs en vain , alloua , sur sa cassette , à M. labbé de L'Epee, une somme annuelle pour l'entretien d'un certain nombre de sourds-mueis". Cependant il vécut assez pour avoir l'assu- Tome V. — 59»: Livraison, 32 ( 33o ) ■"tance que son art subsislcroit après lui, et se perfection- neroit dans sa patrie comme dans loute l'Europe. Terminons par une dernière citation de cet intéressant éloge. « M. l'abbé de L'Epée fut un des hommes ïvs » plus heureux , comme il fut un des plus vertueux, J.a » gloire, qu'il n'avoit point ambitionnée, vint couronnf>: » ses travaux. Elle n'a cotifié ni au marbre pi à l'airain ic ■.*> soin de perpétuer sa mémoire j mais ses vertus lui ont ♦> élevé dans tous les cœurs un monument impérissable. ■ » Aussi long-temps qu'il naîtra des sourds-muets, son » nom sera répété avec amour et vénération, et le récit >» de sa vie arrachera encore quelques larmes d'attenoris- »> sèment à nos derniers neveux. « T. A M. L'ÉDITEUR DV CONSERVATEUR. Monsieur, Les rapports communs et întithês qlife la littérature et !a société ont entre elles sont cOnnus et évidens; c'est sous ce point de vue que j'ose vous faire part de quelques obser- vations sur la vie du Tasse, par M. lîuchort, qui précède \z traduction de la Jérusalem délivrée, par M. Baour-Loi - mian. J'avoue que j'ai été étrangement surpris de r*"!'- contrer, dès leS premières lignes, dans un ouvrap;e dédii* à un monarque , que M. Baour qualifie avec raison d'appui des lettres, que la protection et les encouragemens accordi s par les princes, aux lettres, leur ont souvent été funestPi, et que les lettres, ainsi que le commerce, demandent ia liberté, et non rcncouragetncnt (L. IV et V de la Vie du Tasse. ) Ma surprise a redoublé lorsque j'ai lu plus loin, page tij, à l'occasion des scrupules religieux au Tasse, « Dr. ï) quelle importance n'est -il donc pas de doimer umm » éducation forte, et de préparer plutôt l'esprit à choisir » un joug avec connoissance de cause, que d'imposer i'; j> joug mêrne des vérités sur lesquelles le temps doit asse •. j> nous éclairer i' » Je n'approfondirai pas le sens de ces paroles, je ne m'arrêterai que sur leur inconvenance a la léle d'un ouvrage dont le 1*01 TRÈs-CHBÉTIEN a daignr accepter h dédicace. ( 33i ) Je lis encore, dans la note au bas de la pa^e Ivj, où le biographe rapporte un passage du Tasse, sur l'obéissance passive au pouvoir arbitraire, w Telle étoit sans doute la » doctrine des vertueux d'Orle et Hennuyer, sur la légi-' »> timité. I» Mais, qu'ont do commun la légitimité et 1& conscience? Les martyrs, toujours soumis aux ordres des empereurs, cessoienl de leur obéir lorsqu'ils leur com- mandoient de renier leur DiEU et leur Foi; la lëgilimité des races souver.iines, établie pour la sûreté et la âxité des Ktats, ne doit pas plus être mise en question que la légi- timité de la foi ; le poutoir s'arrête oii la conscience com- mande ; ce sont des vérités connues de tous les temps; en vain les sophistes ténteroient de les obscurcir et de les confondre. Le suite de la Fie du Tasse, par M. Buchon, pourroit être le sujet de bien d'autres remarques j celles que je viens de vous communiquer me paroissent suffisantes pouf doniier une idée de l'esprit dans lequel elle est écrite; je ferai observer, toutefois, que M. Buchon, après avoir fait tous ses efforts pour travestir le Tasse en philosophe mo- derne, a été pourtant forcé de reconnoitre que ce grana homme mourut en chrétien, dans le monastère de Saint— Oriufre , à Rome. On ne sauroit trouver matière à de semblables observa- tions dans les notes qui accbîîipàgnènl la traduction de M. Baour-Lormian , et qui sont l'ouvrage de M. Trognon, professeur d'histoire au collège de Louis-le-Grandj mais, pour l'intérêt des letlres , je ne puis m'empêcher de relever, puisque j'en trouve ici l'occasion, deux singulières mé- prises dans lesquelles il est tombé. La première se trouve dans la première note sur le sixième ehant, tome premier, page 42, où M. Trognon fait com- battre Bajard contre le sarrasin Soto-Maiore. M. Trognon, en sa qualité, de professeur dhistoire , ne devoit pas ignorer que SotO-Mayor, et non Soto-UJaiere, étoit un chevalier espagnol, et non tin Sarrasin. Bayard le com- battit en Italie, et, à cette époque, il n'étoit plus question de Sarrasins en Espagne. Il auroit même suffi à M. Tro- gnon d'avoir lu ou vu jouer les Amours de l}ayàid, pai- Monvel, drame où figurent l'un et l'autre chevalier; l'au--*' teur se ^arde bien dfe présener sur la scène ce dernier eatnoie Sarrasin; !• noin de Soio^Alurnr ett encore conot e? conspfvé en Espagne, et n'a jamais élé répulé d'origine sanasiae. I^a seconde méprise se rencontre à la note huitième, sur le quinzième chant, tome troisième, pages 8G cl bj. M. Troj^non rapporte un beau soiniet de Qiieverdo, sur les ruines de Rome, dans lequel se trouve ce passager Solo el Tibre (|iied6 cuy a conlente Si ciudad la regà , y a sepnllura Lallora con luueslo son dolienle , qu'il traduit ainsi : « Le Tibre seul est reste, le Tibre dont !> les eaux la gouvernoicnl avec oigueil, quand elle éloit » ville, el qui aujouid'hui n'est plus que tombeau, la » pleure avec les tristes sons de son onde gémissante, n M. Trognon , trompé sans doute par le mol italien rev;!;ere, qui n'a point d'analogue de composition en espa- gnol, dans ce sens, a pris le verbe regar^ arroser^ dont lé mot regà est un des temps, pour regor. Il a, par consé- quent, fait un des contresens des plus graves; l'absurdité de la pensée auroit dû suffire seule pour le faire recourir au dictionnaire. Voici la traduction fidèle de ce morceau : n Le Tibre, dont les eaux Tarrosoient lorsqu'elle étoit ville^ » la pleure maintenant , devenue tombeau, au triste soii » de 3on onde gémissante, n J'ai l'honneur d'être, etc. *** Paris, le ii novembre i8ig. Si les empires s'établissent sur les princijîcs de la saine morale, si leur Ibrce se ratlaclie n celle de toutes les doctrines qui commandent à l'homîiie l'observalion de sqs devoiis, que ne doit-on paâ redouter pour napays où les idées contraires sont publiées , soutenues et propagées avec un fann- tisme d'autant plus dangereux, que vingt ans de févolutiou n'ont pu ni le calmer ni l'astouvir? SI dans un tel pays il falloit à la tête du ministère des hommes forts, des hommes habiles j si tous it's efl'orts de ce ministèie dévoient tendre à com- primer les passions au lieu de les mettre en jeu , ( 333 ) à ramener à des idées fixes au lieu de laisser flot- ter les esprits dans une vague inquiélude, à déter- miner positivement ce qui est Lien, pour éloigner décidénienlde ce quiestmaljsi telle est la véritable politique, la seule qui puisse donner la sécurité au présent et l'espérance à l'aviUir, rjue ne ]>eut- on pas redouter lors(jue l'on voit l'imperturbable constance de nos hommes d'Etat à suivre un« route contraire? Rapprocliez l'audsce fies prin- cipes révolulionnaires, de ^inconcfe^ab!e système iiuiiislériel,et vouspourrica trembler encore pou:- la France, si celle France n'avoitpas en elle une garantie bien autrement £nrte , qui ne peut être dangereuse, la perversité des uns et l'incurie des autres. Cette garantie se trouve daas la tendance «générale au repos, dans une lassitude bien pro- noncée poui- les crimes, les guerres et les agita- tions; dans le dégoût qu'inspirent des hommes qui n'ont su être que bourreaux ou esclaves, dan^; ce lond de population royaliste et de principe,> moraux et religieux que la révolution elle-même n'a pu détruire , et dans la certitude que la Iran- ..-.:ii:i' .1 '..1 i: 'A 1' • 1 . !.. •. y a force, espérance et sécurité. Mais si tel est l'é- tat réel de la France , d'où vient alors l'audace des révolulionnaires, l'impudence de ces hommes qui ne dissimulent ni leurs projets, ni leurs espérances. coupables-i? La réponse est facile : la foiblesse du ministère fait leur force; son système leur garantit l'impunité ; le jour où le pouvoir voudra les com- primer il n'auia qu'à le vouloir; et les destitutions royalisles , fussent -elles bien plus nombreuses qu'elles ne le sont déjà, Icsélémens démocratique» fussent-ils mis plus en action qu'ils ne le sont , la. volonté du pouvoir auroit encore son plein et entier effet. Les révolutionoalr«s l'ignorent si peu. ( m ) «me tout ce qu'ils redoutent c'est l'oxistônce d'un j-ninislcro voynlistoj iiKfavOîUqTicdr ce)Our-}à leur importance ])oHtiqnc est Cinic ; qu'il n'y a plus en ouK possilu'lité de mouvement ni clianccdcsuccès: nous le savons r.iissi ; et nous le disons avec con- fiance à nos amis comme à nos eunomis, rincurie de nos hommes d'Etat peut aller beaucoup plus loin qu'elle ne va • un ministère royaliste arrivera encore à temps pour sauver la monarchie. Ce que le.; ] oyalislcs veulent est voulu par tout homme 'éclairé et sans passions. INotre profession de foi est connue, nous l'axons faite ouvertemeiit ; elle est précise , quoi qu'en dise /e Moniteur, et malgré lui elle est crue , parce qu'il n'existe pas de motifs qui puissent faire douter de nous : nous ne nous .«ommes ni vendus ni parjurés 5 notre bannière est blanche, elle ne fut jamais tachée ni de sang ni de boue, elle restera la même: cl le bonheur de notre pays, la vraie j::^loire de notre patrie, le repos de tous, basé sur le mode de gouvernement octroyé par le Koi, tels sont nos vœux, tel aéra le but au- quel nous tendrons de toute notre âme, de toute nos forces, et pour lequel nous ne refuserons pas S lus les épreuves que nous ne craindrons les angers. Les révolutionnaires ne doutent jiîus aujour- d'hui de ce que gagne chaque jour en France l'opi- nion royaliste ; ce qui seroil possible à cette opinion si elle avoit le pouvoir, leur est démontré j aussi ont-ils été grandement scandalisés de ce qtienous avons dit sur ce que voudroient et ce que feroient }es rovalisl.es si l'administration étoit entre leurs mains; il v a eu là-dessus, comme de raison, re- doublementd'injures, etrépélitioji d'accusations , toutaussi fondées queloyales, et tout autant répé- tées qu'elles ont été franchcmeut rej)Oussées. Lef. révolutionnaires ont wnc admirable ténacité : quelque fausse que soit une assertion , quelque ( 335 ) (If'îmciUi ({u'o;! lui nit donne, ils la rrprtpnt ton- joiir?, scjnbl.'iblcs à ce niais de comédie à ([iii an lait sa leron d'avance, et à qui on dit que pour avoir de l'esprit il faut exprimer une idée positive, «In'en jamais démordre. Aussi, quand ou lui parle «l'Alhalie, il lépoud: c'est (ié(cstab/i'.' — Conuucut «iélestaLle, monsieur ! c'est une pièce de Racine ! — N'importe , dctcstahle ! et je ne sois vas de là. -7- Avez- vous vu le mélodrame? — Ah ! c'est dil- férent ! pour cela cest divin . — Q^o\\\vclç\\\. , mon- Mcur, divin? — Oui, monsieur, divin! el je ne ^ors pas de là. — A la bonhomie près, nos révo- lutionnaires sont comme ce personuaee j ils ont en honne foi tout ce que celni-ci possède en esprit : <.ii conséquence, les alléf^atioîis contre les royalistes vont leu)- train. jNotrc iranchi';e les importune; il ix-'ur seroit plus commode d'avoir moins de loyauté ù combattre. Parier aux passions qu'ils font naître , égarer l'opinion , est depuis long^-ternps leur seule puissance : que deviendroient-iîs si les gens de bonne foi qu'ils ont pu entraîner par de vains jiiots et de spécieuses déclamations, effrayés au- jourd'hui de l'avenir que les révolutionnaires nous ont préparé, alloientse donner la peine de vouloir juger entre nous et ceux qui nous poursuivent ? v^uc dcviendroient-ils, si on mcttoit des deux côtés tic la balance, les actes, les principes des uns , la conduite et les doctrines des autres? Que devien- droient-ils, si onprenoitpour juge ce même J/o7h- !,eur, aujourd'hui leur soutien ? L'épreuve est sans jéplique, et nous ne la redoutons pas. Conséquens à ce que nous avons touj(furs été, le passé répon- &.'est passée. A quel point d'é^avement faTit-il que \e système suivi ait entrain*? Quels dan^jereux: CJéincns ne faut-il pas qu'il ait été agiter pour qu'un cvcnoment de cette nature ait pu arriver dans une telle ville? Que n'a-t-ii pas fallu faire pour changer ailisi les sentimens de cette cité, qui , dans les temps les plus affreux de la révolu- tion , éloit note'e et reconnue pour avoir une opi- nion si opposée? Un journal révolutionnaire de p3, en pailant de JaniboH- vSaint - Andn; et de Brt^aiid en mission sur les côtes de Brest, s'exprime ainsi : « Il étoit très-instant que ces deux repré-r H sentans du peuple prissent des mesures de ri- » gueur : d'ahord dans la dissolution de la société » populaire de Brest qui étoit toute gangrenée )i d'aristocratie, et du fover de laquelle il paroît, » parle rapport que Jambon-Saint- André a fait )>. sur les mouvemens qui ont eu lieu sur notre )) escadre commandée par le vice-amiral Morard )i de Galles , mouvemens qui pavoissoient tendre » à une trahison semblable à celle qui a eu lieu M dans le port de Toulon, que les traîtres enne- » mis de la république, couverts du masque de la n popularité, cherchoient à propager les erreurs M du fédéralisme, afin de faire écrouler la mon- n tagne, et ensuite par un règlement provisoire » pour maintenir l'ordre et la discipline dans la )i marine, etc. » Si l'aristocratie qui, selon le dictionnaire du temps que nous rappelons, signi- fie royalisme, étoit sous la république un senti- ment tellement dominant dans la ville de Bre*t , qu'on le redoutât jusque dans les clubâ , qu'il est coupable le S3'stèm<; qui, sous la monarchie, a ainsi dénaturé l'opinion qu'il auroit dû tendre à créer, si elle n'avoit pas existé! Et certes, on ne pourra pas nous dire qu'ils sont des royalistes ceux qui ont abreuvé d'outrages un prélat véné- lable et les apôtres de la religion 4c vingt-huit (Ho'j millions 5e Français. Lçs royalistes onf pour cîe-» vîse Die^t et le Hoi, et ce ne sont pas là les cris que IfH autorités ont entendus. Espérons qn'un aussi- griind scandale ne sera pas impuni , et que , s'il est permis à certaines feuilles de dire des invectives AUX missionnaires, il sera permis du moins aux catWliques de suivi'e les exercices de leur reli- gian, et de pouvoir en entendre les ministres. Il seroit bizarre c^ne quand toutes les religions jouissent du libre exercice de leur cvrite , celle que la Cbarte appelle religion de l'ËÉat fut seule privée de ce droit. Les instructions adressées parle cabinet de Ber- lin à ses agens diplomatiques près les différentes cours, ont rallumé la bile de certaines gens. Dans ce qui doit contribuer à l'établir le repos de l'Eu- vope , ils ne voient que des lieux com?muns de chancellerie, des doléances hvpocrite.s et un ins- tinct de de«;potisme. Toutefois ils exhortent à ne pas s'alarmer des fanfaronnades de quelques com- mis, et des vœux injustes d'une faction Oir s'arrêter, que de le voir poursuivre. Le dévoilement seul, dit/e Moniteur, ne Suffit pas pour le métier des armes. JKous ûd- mellons volotitiers qu'il ne suffit pas dans toutes Ivs occasions 5 n>ais /é yVowÙPH/'Cortviendi a peut- être avec nous qu'il eût suffi au 20 mars, ce qui jn-ouve toujours qu'il peut être bon de le compter ^Vour quelque chose , taudis que /e Moniteur nouJj assure que lei changùmens uti'/es seront faits safix fii^écijHiatiënj sans acception dts inciiuidtfs,€tsan.i rci^ards jetés sur l'espèce des services aiitvrieuri: C est précisémieut cette indiflérenee sur rt\ èce 'an services, qui nous j)aroU aussi dangereuse qu'in-' jtiste. S'il est égal d'avoir été lidèle , ou de ne pas l'avoir été ; si %ous professez ouvertement ce pnn* oipe , quelle garantie vous ollriront les hommes <|«:e vous placerez ? Lé dévouement ne fait pas tbul sahs doute ; mais un talent reconnu n«; lait pas tout non plus; et pour être juste et pour i-assurer les amis de la monarchie, il faudroit que ic ministre ne choisît que parmi les hommes à Iti foits loyàux et habiles. Uu bon esprit est aussi ( 34;i ) nécessaire î^ une armée t|ue toute autre qualité; nous aimons à veconuoître celui qui existe dans l'armée Iranraise , et c'est précisément pour cela que nous signalerons, autant qu'il sera eu nous_, toutes les mesures ([ui teiidroient à l'altéier. On annonce comme devant paroUre sous peu de jouis, un ouvrage qui aura pour titre, les Mis- sionnaires lie 1793. Cet ouvrage, fruit de beau- coup de soins et de recherches, présenteia des actes qui auront peu de rapport avec les actes des missionnaires de nos jours ; mais on y verra que le temps n'a pu rien faire sur certains principes, et on s'éclairera peut-être ainsi sur lei'fi dangers. Ceux qui ne connoissent de la révolution que le nom ^ apprendront ce qu'elle a été , ce qu'elle seroit encore si elle pouvoit se reproduire, et cet ouvrage peut devenir aussi utile qu'il sera curieux. Le ministère est-il brouillé? est-il raccommodé? voilà les questions que l'on se fait partout. La confiance ministérielle n'étant pas notre partage , nous ne pouvons au juste dire ce qui en est^ mais on croit généralement que nos hoinnies d'Etat se •brouillent et se raccommodent. Pour être ministre vn n'est pas à l'abri des foiblesses humaines; de petits intérêts décident souvent de grandes choses, et nous aurions t/op à dire si nous voulions nous arrêter à tous les bruits de désunion qui se répè- 4ent et se démentent. Dans le nombre cependant il en est un qui paroît avoir assez de consistance pour que nous en fassions part à nos lecteurs : ou tiit (et cette opinion est assez répandue) (jue la partie du ministèi*e qui est opposée au ministre prépondérant , ne cherche qu'à gagner du temps pour arriver a l'ouverture des Chambres sans changement dans l'état actuel. Toute concession se fera facilement pour arriver à ce but, parce que la partie qui cédera compte sur ses moyens de tri- bune, et sur l'alliance d'un certain parti , pour ( 544 ) nrinitriscr pehclant la session , le ministre auquel ils HP peuvent résister hors de la session. Ce calcul qui se brisero il contre une volonté forte , peut a voir lin résultat vis-à-vis de l'hésitation et de l'incerti- tude. Le temps nous ;ij>prendra ce que nous devons croire. Ce qu'i' y a de sûr, c'est que les journaux du parti laissent entrevoir des craintes qui teroient croire à la réalité d'une mésintelligence. Malejré le renfort du nouveau député du Cher que les libé- raux réclament, ils ne se trouvent pas encore eu majorité à la Chambre ; ils en fontle pénible aveu, ils rcdoutcjit des modifications à la loi des élec- tions , il i craignent surtout que l'on n'accorde les six douzièmes que le ministère demandera sans doule, ]>nriO qu'une foisles six douzièmes obtenus on ne sait pas trop ce qui pourroit arriver 5 une dissolution seroit possible pour se délivrer du côté gauche. INous ignorons ce qui peut inspirer toutes ces sollicitudes aux hommes du parti j notre marche n'est pas plus calculée sur leurs espé- rances ou sur leurs craintes , que sur les foiblesses ou les dissensions du ministère, JNous suivons la ligne que la conscience et l'honneur nous ont tra- cée , nous la suivons sans prétentions comme sans aigreur. Aussi avons-nous ce grand avantage , c'est que tandis que les uns s'agitent, se tourmentent, que les autres se brouillent et se raccommodent, <|ue chaque jour leur apporte un sentiment nou- veau, une inquiétude nouvelle, unis d'intentions comme nous le sommes de cœur, nous mai'chonf tous vers le même but 5 nous y parviendrons j il y a chez nous bon droit , constance et courage ; avec cela on peut espérer. Castelbajac. ••VVV%VVVVWVVVVVl^VVVV\ArtA*\VVVVVVVV\VVVVVVVVVVVVVVVVV\VVVVVVV>«AiVVWVVVVVV\XVV\-l%» LE CONSERVATEUR. De la Lutte des Opinions monarcldcjues et reli- gieuses, auec les Intérêts rc^o/utionnaires . Deux «grandes révolutions oui bouleversé depuis uîi demi-siècle le monde moral et le monde ooii- tiqne. C'est la première qui a lait la seconde ; car l'homme est réi^i par sou esprit, et ses opiuions sout tout le secret de sa sociabilité. Ces deux révolutions ont cnolouli une monar- chie de quatorze siècles , et avec elle des mœurs et des affections analogues à son espiit ; mais elles n ont point soustrait le peu])le quelles dépuuii- loient ainsi de l'héritage de ses pères, au besoin d'être gouverné sur la terre , et de reconuoître au ciel les lois d'un Dieu veugfeur et rémunérateur. Tout l'effort des novateurs n'a pu iaire que la France se jrtjuvernàt sans sa religion et sa royauté. Vainenient ont-ils voulu leur substituer le déisme et l'usurpation; la France ne-s'eslpoint laissé rayii' le christianisme, et la force desclipses lui a rendu la légitimité. La France courbée, maïs non vaincue par une double révolution , s'est relevée catholique et mo- narchique ; mais la lutte dans lacjuelie il lui a fallu disputer son Dieu et son Roi n'est point encore a son terme. Une vaste conspiration s'étoit ourdie dans le dernier siècle, qui tendolt à renouveler à la fois le genre humain sous les rapports poli- tiffues et religieux. Cette conspiration ne peut être mise en douti'. Les pièces en sont sous nos veux. , Diderot avoit maudit les Rois , avant que la hache du bourreau lîtlomber la télé d'un Roi de France. Tome V. — Go« LivnAr;(iN'. a3 Ù C 346 ) (v Dans vingt ans d'ici Dieu aura beau jeu, )) écvî- voit Voltaire eu i']^(^, cl ce chef des philosophes niudenies annonroit ninsi, à quej([ues années près, l'époque où le sang du lévile ruissela dans le sanc- tuaire , aux pieds du Christ crucidé de nouveau par rimpie. On a cherché bien loin les causes de cette révo- lution politique (|ui a failli emporter la société: rien de moins mystérieux que son origine ; elle est tout entière dans la révolution morale qui l'avoit F récédée. On avoit changé le cœur de l'homme , lu)mm.e a voulu changer f>C5 lois. Les théories du désordre, mises en pratique par les passions de la multitude, voilà toute cette révolution. Le drame avoit été arrangé par les philosophes, par les grands et les heureux de la terre ; la populace a rempli les rôles et s'est baignée dans le sang de ses corrup- teurs. Juste et terrible leçon donnée par Dieu à tous ces tuteurs des hommes, qui se fourvoient avec eux dans des routes trompeuses! Deux causes tiennent donc encore aujourd hui l'Europe atten- tive : celle de la roj^auté , qui , précipitée dans l'abîme, en a été retirée miraculeuseinent aux Teux des peuples 5 et celle de la révolution , qui , toui'à tour victorieuse et vaincue, s'est réfugiée de iiouxeau sous l'égide des opinions qui l'ont déjà fait triompher, et seule n'a point ratilié la paix que la politique des Rois a donnée au monde. Aujourd hui s'oifrent à nous, d'une part, les anciens gouvcrnem<;ns, pliant presque tous sous des nécessites nouvelles, et se rattachant eu même temps à l'invariabilité des principes; de l'autre, l'esprit de révolution s'élaiiçiint vers un avenir sans bornes avec ses constitutions écrites, et son sys- tème de perfectibilité, la plus monstrueuse clii- mèi*e de la vanité humaine. Laquelle de ces deux caiwcs, dont l'une veut marier le p-issé à l'avenir, et l'autie déshériter à *. I r 347 ) jamais l'ia venir dû passé, doit enfin l'emporter ? L'esprit de révolution ne doit-il s'élciiidvc cjne siii* les débris de toulps les sociétés renruivclées , ou ces sociétés sonl-cllfs encore assez rivales pour \ë voir mourir le pveiuiei', et survivre à ses iureurs? ]Nons avoils l'eeonnu plus haut l'influence irré- sistible des Opinions sur la destinée des empires. ]\ous avons moillré comment les troubles surve- nus dans rtvspril humain réagissoi<'nt ensuite sur l'organisation sociale. Inlerroi(eons donc les opi- nions qui dominent aujourdhui en Frahce; c est à elles à nous dévoiler les secrets de son avenir* Rien de plus rassurant que ces opinions pour qui sait les distin:^'ucr; elles annoncent le déclin de la révolution. Perverties par la philosophie du i8* siècle , ce sont ces opinions qui ont préparé la révolution politique que nous avons subie; éclai- rées par ses tristes elFets, ce sont ces opinions qui la couticnnent aujourd'hui, et nous protègent contre elle. Une révolution décroît du jour où elle s'est ac- complie ; tout ce qu'elle gagne en puissance de fait, elle le perd de suite en crédit sur les esprits 5 car il suffit quel'e^reur porte ses fruits pour qu^elle ^oit abhorrée des hommes. D'éloquentes voix: avoient combattu vainement les maximes perni- cieuses de la moderne pliilosophie. Dieu a sa ma- nière d'en finir avec l'erreur, c'est de lui aban- donner le monde. Alors, ceux qui n'ont pu la juger dans les abstractions où elle se déroboit à leurs yeux, la jugent d^iis ses résultats. C'est ainsi que nos églises profanées , leurs prêtres égorgés, l'Etre-Supréme reconnu de notre temps jiar Ro- berspierre, ont fait raison poul" toujours des sar- casmes de \ oltaire, etqUe la France a appris sou.9 l'échafaud de son Roi ce que c étoiénl que les doc- trines de l'anarchie prêcliées à la multitude. Pour qu'uiH.' révolution semblable à la nôtre ( 34» ) éclalàt , ce iiéloitpas assez que dvs monstres la Aouhîssent , il lalioit (jnlls eussent pour auxiliaires la corruption de leur siècle et raveuglemenl même tle leurs victimes. Ces monstres n'ont été fiiiian- tesques clans le mal, qu'à l'aide de ces opinions dépravées qui ont encour.'igé leur audace 5 non que ces opinions leur aient demandé le sang et les larmes qu'ils ont i.iit couler- niins elles seules ont préparé nue nation assez misérable pour la sup- porter 5 elles seules ont enchaîné cette nation pour qu'ils pussent la frapper impunément. Les opinions de la France se sont retirées à ja- mais de ces hommes et de ces principes qui ont fait tousses maux ; mais .si, comme nous Pavons observé , ce sont les opinions qui commencent les révolutions, les re'volutions créent à leur tour des intérêts qui leur sont propres, et qui les prolègeut ensuite contre la réaction des opinions. Plus une révolution a été atroce , plus elle perd d'inlluence morale, mais plus elle a créé nécessairement do ces intérêts dont la nature est de la perpétuer. C'est ce qui nouç est arrivé en France. Nul doute, en effet, que l'adversité n'y ait le- Irerapé les âmes. Une société boideversée de fonrl en comble doit sortir de ses ruines plus grave et plus sérieuse. L'engouement de la révolution n'est plus aujourd'hui que celui des esprits médiocres. La démagogie a beau passionner son langnge. Fini- piété réunir les molli s langueurs de 1 indiliérence à toutes les témérités du septicisine, Dieu nous a guéris avec nos larmes j nous avons été trop agités pour ne pas sentir tout le j)rix de l'ordre, que peuvent seules assurer de sages institutions; tio]> mnlheureux pour ne ]>as revenir à cette l'ellgiou divine qui console, (t dont les. j)réceptt'S l'ormeut à eux seuls, pour les peuples, toute une consti- tution. En un mol, nous ne marchons plus à I.» lévolulion, c'f- ) elle (jui vient à nous : et Ici C'>i ( 'ii9 ) l'asccridniit tics intérêts qu'elle a crt'és, qu'elle peut l;»ire encore des victimes alors qu'elle ne peut plus luire de dupes. Tout le moude sait aujourd'hui que celle révo- lution , d'ailleurs si affreuse dans .<>es ofTels, n'a e'té si piloyablc dans ses principes que parce (ju'clle coinmcnea sous les anspices d'une philosopliie ii];noranlo qui mit ses abstractions à la place des jaiis, et qui prétendit opérer sur une ancienne société comme sur une terre vierge, où elle auroit eu des hommes nouveaux à rassembler pour es- sayer ses nonv( lies lois. Dans l'intérêt même de la liberté, tout devoit être refait en France avec les élémens de l'ancienne civilisation; et voilà qu idolâtre de la patrie des Franchliu. et des Payne , on s'efforça dimposer à la plus vieille monarchie de l'Europe toutes les institutions de la jeune Amérique. Découragés par tant d'efforts impuissans ponr arriver à la liberté, quelques esprits sages se hâ- tèrent peut-être trop d'en conclure qu'il n'étoit donné à chaque empire de fournir sa carrière que dans l'esprit de sa constitution primitive ^ que la France qui avoit i'ourni (juatorze siècles dans l'es- prit de la royauté, comme Rome huit dans celui de la républiqm;, se pçrdroit en cherchant .une liberté qui lui étoit étrangère, comme Piome en subissant une unité de pouvoir pour laquelle elle n'étoit pas laite. Grâces à une religion toute spi- rituelle qui a reculé les bornes de la longévité des. peuples, une nation chrétienne ne saurolt être épuisée par quatorze siècles de vie 5 et la vraie liberté, telle que nous l'entendons aujourd'hui, telle qu'elle résulte des institutions sagement combinées avec l'esprit du temps, peut être le plus beau j)riviiége de la maturité des peuples, tandis que la fausse liberté, affreuse idole des. cœurs haineux et des esprits bornés, n'est jamais C 35o ) que le fléau Je leur YÎeillesse, la marque la plus certaine de leur caducité. Chose étrange! ceux qui, dès 1789, ont fait prévaloir le règne de toutes les erreuis, ceux qui de[)uis se sont élevés à leur école, n'ont point iàif, depuis trente ans, un seul pas dans la con- noissance de la vraie liberté. Leur oigueil n'a vu d'abord daçis la liberté qu'un mo.yeu de nivelle- ment. Leur orgueil ne voit aujourd'])ni eu elle que le piédestal de leur graudear exclusive, et Teifroi de tous ceux qu'ils ont humiliés en son 3iom. Plusi(;urs d'entre eux se sont montrés fana- tiques admiratenrs de la constitution anglaise; et, ou ils n'en ont jamais pénétré les secrets, ou ils ont pensé (|iv- celte belle constitution, qui n'est «Il Angleterre que la consécration de tous les droits dis divers pouvoirs de la société, pouvoit s improviser en France avec de vaiuCvS théories, an mépris de tous ses anlécédens; et, dans le ijombie de ces esprits passionnés qui n'ont jamais compris la liberté, une iemme célèbre, qui, dans &OU dernier ouvrage, s'est mise à genoux devant la constitution de l'Angleterre, et en a relevé les nierveilles avec plus d'exaltation que de vraie pliilosophie, est tombée dans une singulière in- conséquence, lors([ne , demandant au Ciel pour sa patrie cette admirable constitution, elle lui en interdit en même temps tous jes élémens- la dis- tinction moride des cl^îses, l'iulluence de la pro- priété, et la fusion du passé dans le présent; lorstpie, élevant aux veux Je la nation l'autel de toutes [es libertés publiques, elle n'appelle à y «acriiier que des i-êveurs, que des hommes d'anar- chie et de servitude, et en repousse à jamais comme profane cette aristocratie toute franeaise qui ne peut ^éj>arer de la cause du trône celle de ^oute'S bs franchises nationales. Où chercher la cause d'un tel aveuglement, si ce n'est dans les ( 35. ) inléréts moraux de la révolution , dont cette femme avoitsa part?C« sont ces inlcrèls qui seuls rendent certaines intelligeures si rebelles à la raison, si tardives à saisir la vérité, La France est donc partage'e actuellement entre des opinions qui tendent à clore la révolution, et des intérêts qui tendent à la continuer : non que ces saines opinions qui piévaîent généralement ne soient combatlucs par des opinions contraires; que l'impiélé, comme nous ne l'avons que trop observé, n'ait eu ses traditions, et l'oeuvre des sophistes du dix -huitième siècle ses continuateurs; non que d'un autre côté \es intérêts nés de la révo- lution soient tous sans exception en état de guerre avec la royauté ; mais on ne peut se dissimuler pourtant que ces intérêts ombrageux et détîans de leur nature , plutôt que de se rallier à des prin- cipes qui confirnleroient leur nouvelle existence, et les prolégeroient contre le mouvement des rangs inférieurs, qui les menacent à leur tour, s'entêtent au contraire de doctrines qui ne sont plus en rapport avec leur situation, voyant tou- jours, malgré toutes les garanties politiques, leur condamnation dans le retour de Toixlre. Dans un tel état de choses, la tâche d'un gou- vernement étoit facile : se mettre sans hésiter à la tête de ces saines opinions dont nous avons re- connu la supériorité, et avec leurs secours resser- rer et confiner à jamais dans la jouissance de ce qui leur est acquis par la constitution ces intérêts toujours hostiles, toujours inquiets. Que si le miuistère, [>Dussé d'un esprit de vertige, laisse au contraire se former contre lui la ligue des inté- rets et des opinions favorables à la révolution, c'est un ministère qui court à sa ruine; il a plus d'ennemis sur les bras qu'il n'en sauroit com- battre. Mais cjue prédire à ce ministère, si , ne se bornant pas à une neutralité périlleuse vis-à-vis ( 352 ) Sos intérêts et des opinions qui lui sont opposés, il les lortiiie de toul<^ son aulorilé , abaisse ses éten- dards devant les leurs, et, déserteur insensé de sa propre cause, s'abandonne à la discrétion de ceux dont il pouvoit laire la destinée ? M;iis le ministère qui a osé se jouer ainsi de l'avenir de la France, n'a donc ])oint vu tout ce qu'imposoil à la France le principe de la soli- erté qui manque aux Français aujourd'hui. Il y a liberté pour l'homme privé, il ny en a aucune pour l'homme public; et le premier et le plus noble de tous les droits lui est interdit, le droit de faire son devoir. Or, si la liberté publique n'est fondée que sur l'honneur attaché aux fonctions publiques, et sur l'indépen- dance de l'autorité qui ne peut protéger les ci- toyens si elle nest protégée elle-même, il faut ( 356 ) avouer que la liberté publique est un vain nom en France où ranlorilc est oppriuiée; et par con- séquent avilie. Je sais que, dans tous les temps, l'homine de bien a eu des obstacles à vaincre pour remplir avec une noble indépendance les devoirs de sa place , et que ces obstacles sont venus sonvent du pou- voir, que plus d'une fois il a fallu servir malgré lui 5 il est malheureusement trop vrai que les plus grands services qu'on rend aux hommes sont tou- jours ceux qu'on leur rend malj^ré eux-mêmes ; et à cet égard les Rois sont encore plus hommes que les autres. Mais si la probité, l'honneur, le zèle pour le service de l'Etat et du prince ne furent pas toujours le chemin de la faveur et des digni- tés, ce n'avoit au moins jamais été un anathème et un sceau de réprobation. Sous nos Rois, on avoit été parfaitement libre en France d'aimer son Roi, de le dire et même de le prouver; et si Henri IV avoit paru négliger quelquefois des amis dont il ctoit sûr, pour gagner ses ennemis (ce qui lui avoit réussi, pour le dire en passant , car le succès seul juslitie une semblable politique), jamais, sous Henri IV, un Français n'avoit été dépouillé de ses emplois pour avoir été fidèle à sQs sermons, et n'être jîas passé du côté de la Ligue. Les ministres du bon Henri n'avoieut pas encore imaginé un vaste et méthodique système de persécution contre les compagnons d'armes de leur Roi , et traité d'ennemis dit gouvernement tous ceux qui a voient aidé leur prince à se placer sur le troue de ses j)ères.. . La presse n'étoit pas libre autrefois, au moins contre la reli^riou et la luonarciiie. Mais la fidélité, l'honneur, la cons- cience, la religion du serment, tout ce qui fait la dignité de l'hom.ne et compose les devoirs du ci- toyen, toiitcebi étoitlibr(;pelé bien. Mais alors il nefaisoit pas nuit en Europe: le pouvoir avoit des yeux , quoiqu'on ne parlcàt pas encore de Yœil de la police 5 le bon sens étoit le nuiitre des affaires ^ et la royauté n'avoit pas vu de suicides.... Aujourd'hui, si vous n'avez pas reçu cet esprit (le servitude dont parlent les livres saints (1)5 si vous n'êtes pas prêt à tout sacrifier non au prince qui vous nomme, mais au ministre qui contresigne votre nomination j si vous ne lui vendez votre conscience et voire honneur, et que vous veuillez gardt^r votre âme à vous, vous n'êtes pas propre à servir l'Etat; votre procès est tout à fait dans un seul mot, vous êtes vitra (2); et chez la nation la plus éclairée de l'univers, et qui se dit la plus ennemie des préjugés, cette simple quali- fication va devenir un préjugé terrible contre vous. Vous serez accusé , ne riez pas, séiieùsement accusé de.n'avoirpas voulu marcher avec le siècle , our n'avoir pu marcher avec \\x\. ministère qui ui-même ne peut ni marcher ni s'arrêter, et traité r, ( t ) Non cnim accepislis spiriium seivitutis. (2) Dernicremenl un simple genchrme a ël(.' déplacé et tran€- féré du !L' comme deux goiitlei d'eau au f.mieuxyawa/* de M. de S. Mais si celle alliance n'ctoif pas assez étroite encore, elle seroit cimentée aujourd'IiuL par i't'lortion d'un régicide. \}n ministre qui succéda à iVl. Laine, se vatttoit, l'hivcrdernier, de faire aller les élections autrement que son prédécesseur. Il a tenu parole, et les élections ont été nutreinini . en efft^l; car nous n'avions pas vu encore de régicide chi nous M. Laine. ( 36o ) ]a France et l'Europe s'agitent aujourd'hui pour apprendre l'A B C à des marmots, comme si. c'étoit liier que cet art fût découvert. C'est, il est ▼rai, une merveilleuse invention que de les faire écrire sur le saLle ; et c'est apparcmnient sur le sable aussi qu'on trace ,\ l'eïifance les principes de la leligion et de la vertu !..„ Pendant la dernière session, un liommc aussi" habile en finances que bon citoyen , eut l'inso- lence de prouver à la France , dans un écrit qu'on ne réfuta point, qu'elle avoit des droits à une di- minution considérable des impôts qui l'accablent depuis si long-tem])s. Celte preuve devoit déplaire à un ministre des finances : elle lui déplut en effet, et l'indiscret révélateur de notre position finan- cière fut destitué le lendemain pour avoir con--" suite l'intérêt de la France plutôt que le bon plaisir du ministre. C'étoit juste : le bien public ordon- noit sans doute à M. B. de parler 5 mais certaines convenances lui prescri voient peut-être de se taire 5 et ici ne falloit-il pas encore sacrifier hé- roïquement le bien public aux convenances minis- térielles , et laisser nos finances à l'entière conve- nance de M. l'abbé L... ? Mais qiie seroient ces exemples de l'oppression (It'S fonctionnaires publics en France, en conipa- raison du traitement fait à deux guerriers pleins d'honneur, ])0ur avoirrepoussé < li.i-cun nnenttaque à main armée contre le gouvernement, dispersé des rebelles et sauvé l'Etat? La voix publifjue eut beau les proclamer les défenseurs du tiôiie, un ministère auquel le li-ojie sans doute importe fort peu', les a poursui>is' aVec uli acharnement inouï tous les deux. C'est peu qu'ils aient été j)resfpie aussitôt arrachés aux-piovinces oii leur zèle a\oit comprimé la révolte et maintenu l'autorité royale, c'est peu qu'ils aient été prives dv. leurs trailemens ' et de leui's emplois, l'un a été traité d'assassin, ( %. ) dans CCS lâches correspondances, triste monumeitt de l'ônbli du carmlèn- tVaiirais, Tiulre plongé f)eiiJ;int plusieurs mois dans u;s CHchols \ oilà a lil»crté po'iticpio dont nous jouis.sons en France, liberté qui consistejoit vainement, comme nous l'avons dit, à être admissible à tous les emplois, si nons n'en pouvons remplir aucun avec lionueur, et avec cette noble indcpcnd ince (juc Jcs Fraiirais savoient mêler aiitrclois à leur obéissance pour leur Roi ! Kt quel hoiunie de bon s<"ns voudroit s'attacher désormais au service de l'Etat, s'il do- voit être à la fois responsable de ce q^i'il auroit omis pour sa défense, et poursuivi pour l'avoir défendu ? Et celte tyrannie minislériolle . et celte odieuse inijuisilion ne s'exercenl-elles pas sur b^ ibnc- lions mêmes qui doivent être les plus iibi'es de leur nature, et dont on ne doit compte qu'à Dieu et à soi-même? On a vu un gouvernement, et ce n'est [>era/ nous voyons des ti tuer impitoyablement chaque jourdeshoûimes TowB V. — Go» Livraison. 24 ( 36a ) éprouvés par leur fidélité : v.i pourquoi ? parce qu'ils vont , injust^nieul peut-être , souprounés cî'atlaclieinent à la monarchie. Mais si un gouvernement ne jji'olé^eoîtnil'lvon* neu)- ni l'iiidépcndance de ses magistrats , s'il ne prolégooit ni la vertu, ni l'd morale, ni la justice, ni la vérité, ni la r^'ligion , à quoi scrviroit ce gouvernement? ♦ Il est donc temps de proclamer une véi'ité , quelque douloui-cuse (jueJie soil: c'est que sous le gouverncîuint ministériel il n'y a pas eu en France liherlé publique, puisque les fonctionnaires pu- blics ont été constammejit exceptés de celte liberté qui doit protéger tous les citoyens dans leur hon- neur , et leur gaïaulir la faculté de remplir leurs devoirs. Qu'il n'y a pas eu liberté polilicpie , puisque cette liberté devient illusoire4ors<|ue; ia.loi nous admettant à tous les emj)l()is, on nous met dans l'impossbilité de les renq)lir avec indépendance dans l'intérêt de l'Etat. Qu'il ny a pas eu liberté religieuse, puisque toutes les religions cliréliennes ont été constam- ment livrées au mépris et à l'insulte. Q'.i'enlin il n'y a pas eu liberté individuelle , puisqu-; nombre de gens de bieu ont été arrêtés et détenus, saus pouvoir connoître les crimes dont ils étoient accusés (i). Tacite a dit d'un peuj>le en proie aux révolu- tions, qu'on remarquoit chez lui plulAt l'absence du pouvoir que la liberté ; niajis sine domino , aucun in liherlalc (2) 5 comme ce mot est vrai ! • (i) Qu'on se souvienne «le la pétition (le la dame Robirt fpii relenfit (-anslou'e la France, cl (ju'on «onsulle l'avocit l\oberl sur cette quilion : l.a liberté individuelle a-l-elle toujours regn« ea Fr-jrii (■ s^iiis le luiniilcre? lixjjcito crede liobcrlo. ■ (j) Anual. liL. a. ( 363 ) Ou a eu pcuv en France de l'autorllé royale, fe^: l'on a fini par rencontrer le despotisme ministé- riel. C'est ainsi que pour se soustraire a l'autorité d'un père, les enfans se mettent quelquefois dan» la dépendance des valets Henri de Bonald, Sur ii/i Pamph/et de M. Benjamin Constant. M. Benjamin Constant vient de répandre urt pamphlet, dans lequel on reconnoît toute 1 ima- gination qui distiui^ue cet écrivain. Se plaçant dans Tin monde idéal , il nous fait ])art de tous les dan- gers qu'il trouve dans son rêve; et, dominé par le sujet qui l'entraîne., il va si loin qu'il finit par s'étonner de sa hardiesse à attaquer un ministre dont il aime à reconnoître la bienveillance passée, et qui, peut-être j pourroit s^irriter de sa Iran- cliisr. rsQus ne partageons pas l'inquiétude de M. Benjamin Constant, et pour peu qu'il y eût réfléchi lui-i .éme, il eût trouv-é un gage de se'cu- rité dans la faveur que M. de Cazes accorde aux i)rincipes qu'on appelle libéraux, aux hommes qui es professent, et aux concessions qu'il ne cesse d(^ leur lalie eu raison des injures qu'ils lui pro- diguent; il semble qu'à cet égard il y ait, chez M. de Cazes, un trésor d'indulgence inépuisable. M. Ben- jamin Constant ne peut pas l'ignorer, et ses craintes , à cet égard , doivent être mises au même rang que toutes les autres craintes du roman poli- tique dont il a rempli les boutiques du Palais- Boyal. Que des e'crivaîns subalternes se livrent à toutes les idées qui leur passent par la tête ; qu'ils s'atta-=^ M' ( 364 )^ 3uent à des chimères, qu^iJs s'agitent pour trouver es clangers qui n'existent pas, qu'ils s'en pren- nent à ce que leur foiblesse ne peut al teindre, il i;i'y a pas là de grands inconvéuiensj leurs moyens de persuasion sont aussi nuls dans la Jbrme que dans le fond 5 mais que, dans un parti, le seul Lomme qui ait quelques idées politiques, se crée à plaisir une vaine fantasmagorie, qu'il l'entoure de tout le prisme de son talent pour faire passer dans l'âme de ceux qui le liront , des craintes aux- quelles il a trop d'esprit lui-même pour se laisser aller un seul instant, cela peut avoir des résultats qui nécessitent quelques observations. M. Benjamin Constant commence par signaler tous les bruits qui, selon lui, se répandent j bruits auxquels, toutefois, il ne croit pas; s'il n'y croit pas, on pourroit lui demander pourquoi il en occupe lui-même le public? Ne craint-il pas de leur donner, parla force de son raisonnement, une importance bien dangereuse? Ou bien, sa modestie l'aveugleroit-elle tellement qu'il se persuaderoit pouvoir traiter un sujet politique sans plus d'im- portance que le Courrier ou le Journal de Paris? K Le commerce, le crédit, les transactions, se » ressentent, dit-il, des bruits qui circulent. Le » ministère se déclare contre les pères, les époux » qui veulent que la paix de leurs ménages ne » soit pas troublée ; que la foIBLE raison de leurs » épouses et de leurs iilles n<; soit pas égarée par » des prêtres séditieux. Les Chambres se voient » ajournées auinoment où leur ajournement jette » dans les esprits de la terreur, et dans les finances )) de la confusion. » Après ce paragraphe vient une apostrophe, (( contre ces hommes de 1 81 5, contre leurs feuilles » qui, féroces , suivant leurs coutumes, envers les )) iTançftis, scrvilcs envers l'étranger, scuiblcnt ( 365 ) ») préluder, par des déclamations forcenées, anX » sanglantes saturnales dont cette faction a déjà » une lois é])Ouvanlé la France. » C'est surtout en lisant ces sinj^ulières phrases, qu'on voit tout l'etnpire de l'imagination 5 elle fait À la fois perdre la mémoire , et donne le génie de l'invention. Chacun iait que, quels que soimt les l)ruits qui puissent circuler, le commerce, le cré- dit et les transactions n'ont subi aucunealtération. Tout est dans l'ordre accoutumé ; un peu d'agio- tage à la bou^^se n'a inspiré de craintes à personne ; nos fonds publics sont assez fortement garantis pour inspirer la confiance; la foihie raison des épouses et des filles n'a été compromise par aucune déclaration di; ministère, et l'ajournement des Chambres n'a inspiré de terreur à personne, n'a jeté de confusion nulle part; tout est ici de pure invention. Quant aux prêires séditieux, on ne' connoît en France que des prêtres qui prêchent le respect dû aux lois, et qui , par leui's exemples, font chérir leurs préceptes. Si leur morale évangé- lique n'est point d'accord avec les sophismes qui ont amené en France toutes les horreurs que l'on voit justifier aujourd'hui, que les hommes qui les accusent s'en prennent à Pieu même 5 car ces hommes tant poursuivis, tant outragés, neprêchent que la morale de Dieu. Qu'ils accusent la Provi- dence , s'ils le -veulent, mais qu'ils se gardent d'ap- feler séditieux des ministres de paix' qui prêchent oubli en retour de l'injure, le pardon en retour de l'offense 5 qu'ils songent que ce3 grands mot?, reçus aujourd'hui pour ce qu'ils valent, furent aussi' employés, en 179Î, quand on voulut anéantir la religion. Comment cette hideuse origine a-t-eller échappé à INl. Benjamin Constant? Qu'oji calcule les suites d'un funeste système. Croit-on être plus fort que la révolution? Ce qu'elle n'a pu faire, ( 366 ) pense-t-on le pouvoir? Ne sait-ôn pas qu'il y «i eu Fiance viugt-liuit millions de catholiques qui veu^ lent le culte et la foi de leurs pères?Qui le veulent, parce que c'est le premier de leurs devoirs, cidui qui passe avant tons les autres, et le plus impérieux de tous. Ignore-t-07i que les catholiques ont le droit de demander justice des outrages laits à leurs ministres, que le gouvernement la leur doit , qu'ils ne cesseront de la réclamer, et que la religion n'est pas un objet sur lequel on transige comme sur la perte de sa fortune ou de ses espérances? JNous avons dit que l'imagination faisoit aussi perdre la mémoire; M. Benjamin Constant s'en convaincra en se rappelant t[ue leS' hommes de i8i5 n'ont jamais élé demander un souverain à l'étranger; et que la Chambre des cent-jours s'est chargée seule de ce honteux message, parsuite de cet acte additionnel qui bannissoit à jamais de France la iàVAiWe française des Bourbons. Que M. Benjamin Constant se reporte à cette époque, il se rappellera sans doute et l'acte addilionncl , et ce qui se fit au monient de la déchéance du Coi'se dont il avoit reconnu le pouvoir. Quant aux saturnales de la faction de i8ia, eu bonne loi ]M; Benjamin doit avoir tant ri lui-même, eu trouvant cette expression sous sa plume, ([u'il no nous reste (pi'à en rire avec lui. Mais toutes ces phrases contre les hommes de i8x J ne sont que le prélude de l'eflVoi qu'inspir^ à M. Benjamin Constant la possibilité de la for-» malion d'un nouveau ministère et d'un change- ment à la loi cetrcs , a délaissé dans l adversité votre aui^uste frère , et dont l'antre arma Clément contre Henri ///", Ravaillac contre Henri If^, et Z)amien contre i>otre aïeul Louis XV. Traduit en style vulgaire^ ceci veut rnier des Cundé , riiistoire de France lui seroit mieux connue, et nous n'auiions pas à gé- mir de l'ignorance d'un tel j)uLliciste. Quant aux injures (pie I\[. Benjamin Constant adresse aux Îu'étres .cn cunvaincri-'. i. auteur est tout-à-iait dans un moude idéal j rien ne lui coûte j)0ur agrandir sou sujet, et les mots de vieillesse ^ d'enfance , de pn- ft'ts , (Ya^itatcuis , de confiscation , de proprié- laircs , du jémntes , àii cachots, de soupirs y de dt'porloliu/i, do haibaric, de supplice, de. gaieté féroce, etc. , y sout larente abondance prend sa soiuee dans une pauvvtté ( 37^ ) réelle , et nesl en définitive qu'un symptôme de misère , celte singularité mériteroit quelque attention. On remarque dnl)ord que beaucoup de peintres d'hisloirese sont faits peintres r/fi^e/7r^. Or, ce n'est jamais volontairement qu'on aspire à descendre. Les artistes, comme les ministres, tiennent aussi prodigieusement aux habitudes de la grandeur, et le peintre admis dès ses plus jeunes ans à la cour des Dieux, à la toilette des Déesses, ne déroge jusqu'à visiter d'obscurs mortels ou d'huriibles beautés bourgeoises, que lorsqu'il y est contraint fiarla triste nécessité, qui lui crie que la gloire est e luxe de la vie, mais qu'avant de se donner le supei-flu, il faut avoir le nécessaire ; c'est-à-dire , qu il faut ne pas mourir de faim : première con- dition de l'immortalité. A qu'il faut- il s'en prendre de cette dure loi imposée aux artistes? Si l'on considère le nombre prodigieux de petits tableaux commandés ou ache- tés par lesagens du gouvernement, le prix excessif qu'ils y mettent comparativement à celui dont ils paient les grands ouvrages , à peine couverts des Irais qu'ils ont coûté , la décadence de la peinture, comme tant d'autres, ne doit être imputée qu'à ces distributer.rs de grâces, mesquins dans leurs protections comme ils le sont dans leurs vues, et qui, conservant dans leur rôle d'hommes publics les préjugés étroits de leur ancienne position, .s'oflraicnl de tout ce ([ui est grand, et reculent devant tout ce qui est diirnble. Etrange fatalité attachée à ces hommes, «jiii font tout mal, même le h'icn î Ils ruinent l'art en enrichissant quelques artistes , «'t par un prodige ([ui leur éloit réservé . ils «lécourageut eiH;ore eu encourageant. Aous le demai)dons : est-ce protéger les arts 4[ue de ne proléger ([u'uu seul genre do mérite i* 1-t dans < fi «-.riK même, un couverneniMil U"* 4 ) FMna pnr eux-mêmes? Si Ion en croit des^pev^ sannes qui connoisscnl. Irc.s-liicn les parons et îillié.s de cet lionime d'Eliit , le peintre les auroit tous introdu.its dans ses tableaux. Ici le fi'ère de ièon hxceiiencc, préfet de Sfrasîjonrg. se Uiontrc sous les traits d'un jardinier; là, la bcllc-mère de Son Excellence cftclic sa olie figure sous le voile trompeur dune al)besse de couvent 5 plus loin, l'éj[.ouse de Son Excellence s'en va , gentille pèle- rine, ppier sans doute cjuelqne madone de Li- bonrne do conserver son époux à la France, ou la France à son éj)OUx. Dans un autre tableau , cette dame est. devenue religieuse , imnge d lisse:^ mauvais augure, pour le dire eu passant, et qui auroit pn afï'cclei' Son Excellence , ])0uv peu qu'cHe lût superstitieuse. Mais le tableau le plus touchant, c'est celui où le père de Son Excellence est ï*ft|>résenté, comme le vieillard de La Fon- taine, tenant Mn faisceau de dards, et disant k ses fils : ^/rtis voyez l'cfTef de 1d roprorde; Soyez joints, mes ein'ans, que l'amour vous accortic. On dit que Son Excellence destine C(; dernias conti- nué cett(î galeiie de famille dans sa charmante composition du Jl/cnnier, soJi lu/s cf. /'y/nef Mais apparemment que Son Excellence n'y a re- connu personne d(> ses pioches, car elle n'en at pas fait euiplètc; c'est ])Ourtant, à ce mérite près, le meilleur ouvrage de l'auteur. Dans aucun autre, sans même eu exceptoi- son Jùaiiroi.s /"■, on ne trouve au même degré les (pialilés éralisme, Exti'avagance et • étise marchent réunies, jamais plus délicieuse niaiserie n'a tiahi plus ingénument sa double origine. M. Granet peut, en partage avec M. Hcrseiit, se flatter d'avoir eu taus les honneurs du baioçi. Tome V — 60* Livraison. aS C 378 ) Ses Capucins n'ont cessé d'allirer la foule, et la foule n'a cessé de pousser un cri unanime d'élon- neraent et d'admiration. Cependant, chacun cé- dant à la magie de son talent, personne ne paroît avoir cherché à en pénélrerle mystère. Plus curieux ou plus indiscrets, nous avons cru découvrir que l'effet prodigieux que produit M. Granet, tient à une qualité originale, et que lui seul possède au- joui'd'hui : c'est l'art de rendre toujours d'un seul trait, par une seule touche et avec une hardiesse et un bonheur sans pareil, le caractère, le ton, l'expression juste de chaque objet, de sorte qu'il donne à la manière de peindre la plus large, l'apparence du fini le plus minutieux. Si cette rare qualité, qui seule placeroit M. Granet hors de pair, n'est pas uniquement le résultat d'une dispo- sition naturelle, on seroit tenté de croire qu'il la doit en partie à une étude approfondie du Titien, tant il y a de rapports entre la couleur de ce grand maître et la sienne! Un talent moins fort , sans doute , mais aussi d'une excellente école , se fait remarquer dans les tableauxdeM. Jacomin. Celui de Cari achc enfant ^ brille surtout par la clarté de la composition , la grâce et la justesse des attitudes , une lumière har- monieuse et une couleur franche et vraie. Ses télés sontpleinesde finesse. M. Jacomin doit être homme d'esprit, ou bien il est faux quel homme se peigne dans ses ouvrages. Deux peintres, MM. Bellay et Rey, auquel sû- Tementl'esprit de faire debonsouvragesne manque las pon plus , n'ont point celui de les faire valoir. Is se sont contentés df, produire chacun un petit chef-d'œuvre, sans imaginer de se recommander autrement à 1 atleiition publique. A peine a-1-f>u vvi , et aucun journal , ce nous semble , n a loué lo Marché aux Cnevaux de M. Bellay, l'ouvrage î« plus parfait, en ce genre , qui soit au Salon. Le« l ( 379 ) plus habiles Flamands seroient fiers de l'avoir fait; jamais aucun d'ouK n'a rien produit de plus vrai, de plus délicat, dt; mieux étudié , et cependant, en les égalant , M. Bellay ne les a point imités. On n'a guère l'ait plus de mention de V^rc de triomphe romain , de M. Rey. Cependant, il seroit difficile di.' trouver un paysage plus pittoresque, plus abon- dant en lumière, et enrichi d'iine architecture mieux exécutée. Le paysan est très-original de pose, et le cheval seroit irréprochable s'il étoit plus soutenu de ton dams quelques parties. Mais c'est principalement par une physionomie parti- culière que cette production se distingue. On n'en peut dire autant de celles de M. Roéhn. Pourquoi, avec un talent si facile, appliquet-il si souvent cette facilité à imiter, soit Wouvermans, soit les Van Velve , soit Carie Dujardin , ou tout autre peintre flamand? Il lui sied pourtant si bien d'être lui-même I nous n'en voulons pour preuve que son tableau d intérieur sous le IN° 97^ , pro- daction véritablement charmante sous le rapport de l'effet, du ton, delà touche spirituelle des figures, et dont aucun maître français ni étranger ne pourra revendiquer la propriété. Recommandons aussi aux amateurs nn Intérieur cT Eglise , où M. Duval Lecamus a peint un bap- tême. Les groupes , distribués avec art et exécutés avec esprit, jettent beaucoup de mouvement dans cette composition, dont l'effet général est fort pi- quant. Si les figures de M. Bouhot étoient touchées avec autant de finesse, il n'y auroit que des éloges à donner aux. P^ues de différens Edifices , où l'on remarque une grande intelligence du clair -oh sciir, une lumière brillante , et un pinceau d'une extrême suavité. M. Bouton fait tous les ans de nouveaux pro- grès. Sa touclie a encore acquis plus de vigueur, a5. ( 38o ) et sa couleur ]î1u,s dVclat. Mais il nous sCm]>lo im- .possible que désormais il j>ousse plus loin Timita- tion des accidons de la vieille arcîiilecturc. Ce qui le distingue dans cegeni^e, c'est qu'autant dautrcs peintres rcclicrclienl les efTt ts de luniiève singu- liers, les ruines théâtralement arrangces , autant M. Bouton s'attache à tout ce qui est simple et vi-ai. Il n'arrête ni ne pousse le Temps j il le laisse -passer sur les uionumens de notre vanité , et puis il vient ^ à sa si ite, rjconno'iU*e ses ravages, et constater notre neaut. ]N ôus arrivons à cette célèbre école de I-yon , hrillante pépinière de peintres de genre. Et d'a- bord nous rendrons hommage à M. Revoil , sou fondateur, quoi qu'en dise /a^/merj^e, qui attribue cet honneur à M, Richard, parce qu'il est écrit que /a Minerve éloufteroit/si une fois par hasard elle disoit la vérité. î\[. flevoil soutient dignement un titre que ses illustres disciples rendent difficile à porter. On voit, à sa couleur vigoureuse et pleine d'harmonie , au travail si (in de son pinceau , qu'il a du former ses élèves autant par ses exemples (jue par ses leçons. Ils pourront aussi apprendre, dans son tableau de Jeanne d'ylrc , l'art si difficile de créer des oppositions naturelles. L'héroïne, dou- blement insultée, placée captive entre les moque- ries de l'un de ses ennemis et les injures de l'autre, et sans défense contre eux, ofirira toujours un modèle delaplustouchantect delaplusspirituelle composition: L<'<' ) n'en est que plus asjrcaLle. Les accessoires sont dic["f s ilrs fifijurcs, et ]cs Heures (H|n^nes (lu paysage. S'il tjilloit décider entre MM. Genod et Bonne- fond (tous deuv encore de I-yon)> on éprouveroit un i^rand embarras. La manière de ci-lu.'-là est plus douce, plus élégante; il attache plus d'intérêt à ses sujets; mais celui-ci compense ces avantages par l'éclat delà couleur, le fini précieux des moin- dres détails. I.c petit Malade de M. Genod plaît, louche, attache. Les (hn.T Jfenc/ittns de M. Bon- nelond étonnent , éblouissent. Dans le jiremier tableau, le sujet embellit les accessoires; dans le .««econd , les accessoires sont en quelque sorte le su'et même. Aucun des attributs de la mendicité n'a éclia]>pé a M. Bonnefond ; il a étalé sur son aveugle tout le luxe de la misère : peut-être même csl-ii ailé jusfju'à la prodigalité. Mais, tandis que nous mettons en parallèle ^IM. Cjénod et Bonneibnd , voici M. Trimolef qui , ])Our nous accorder, réunit dans son Atelier, de inicani(pic , tontes les qualités que nous admi- rons dans les ouvj'ages de ses deux compatriotes, et y en joint d'autres qui n'apjiarticnnent qu'à lui. ?*ous 3ie chercherons point a décrire ce ])rcvdigB de vérité ; tout ce que neus pourrioHS en dire n'en donn«roit qu'une foible idée à qui ne l'a pas vu j et qi:i l'a vu, frouveroiî; que nous n'en dison.s jama'S assez, ('ummcnt louer dignement un ouvj-ase d i- niilatron où l'on croit voir la natuie même a tra- vers un verre qur rapetisse les objets? M. Vernft" est d'une fécondité prodigieufe. De quelque côté que l'on se tourne au- Salon, en ne •voit que M. ^'ernet : c'est le martjx'.is de Gar-aba* de rus oftVoil-!l pas de plus nobles périls à ])artager avec lui? Ceux qui avoient iait a ses pieds le serment de vejser leur .-ii^n^ pour sa cause, oat-ils dû , sans crime , laisser l'usurpateuj- [)énétrer cl avancer sur le .«-ol de ja France? u'.étoient-ils pas aussi dégages envers lui, qne liés env<;rs le Koi qui avoit rern leur parole d honneur? Les étrangers envahissoient-ils nos Ironlièrcs au moment de cette défection, ciijiw- ( 38G ) nelle? ]S'est-ce pas votre parjure qui leur a fait reprendre les armes ? Mais qui donnoit ses conseils à l'usurpa t<>ur? qui rédigcoit ses actes addition nels? qui pro.scrivoit à jamais, et la famille de Bourbon et le Souverain qu'on loueaujonrd'ljui , sans doute avec la même franchise qu'au 19 mars ? Et vous parlez de votre fidélité pour le Roi, de votre amour pour la Charte ! On nous dit encore : « Les preuves des champions de la cause mo- narchique sont faites. Que deviendroit, s'il étoit attaquée, notre territoire confié à leur garde? » EU Lien! qu'est-il devenu dans les cent-jours? Ne vous ét?ez-vous pas chargés de le défendre? Avez- vous empêché l'entrée des troupes étrangères dans la capitale? Vos oracles de tribune n'ont-ils pas signé la capitulation qui livroit Paris pour la seconde fois? Les défenseurs de la monarchie, ce5 braves guerriers (jui combattirent pour elle pendant quatorze siècles, n'ont jamais laissé l'é- tranger pénétrer dans Paris. Certes, si nous pou- vions redouter encore des calamités qu'on semble provoquer de nouveau, ce seroit en voyant l'auto- rité dans les mêmes mains qui en firent un si cou» pable et si funeste usage. Défenseurs hypocrites de cette Charte que vous avez déjà foulée aux pieds, qui de vous ou de nous peut être justement soup- çonné delà vouloir détruire? Crovï^^.-vousnousras- surer en nous disant (| ne le Roi et laCharte auront la même destinée? ]N'est-ce pas nous avertir d'avance «ie vos projets? Et si nous jugeons de l'avenir par le passé, ne nous avez-vous pas appris à craindre également pour le monarque et pour la Constitu- tion que nous tenons de sa sagesse? Avez-vous jamais abandonné la doctrine du gouvernement de fait? ]Ne confessez vous pas ([ue vous êtes tout prêts à vous ranger sous les dn peaux de l'usur- pateur, s'il étoit possible qn un usurpateur parvînt (387) encore à se saisir du trône? Laissez là vos éter- nelles déclamations sur les épurations de 1810. Avez-vous trouvé mauvais que Buonnparte , à son arrivée de l'île d'Elbe, destituât tous les royalistes? ?feluidemandiez-vous pas, n'avcz-vous'pas obtenu leurs places? Ceux t[ui les perdirent , au i-ctour du Koi, ne s'éloient-ils pas montrés parjures? ]S'a- voient-i.'s pas employé tovis leuis efforts pour em- pêcher le rétablissement de Tautorité légitime? Vous paviez d'épurations! eli ! depuis l'oi^donnance fin 5 soj)tembre, a-t-on fait autre chose que de destituer tout ce qui étoit fidèle, tout ce qui aimoit et servoit de bonne foi la monarchie? Si quelques uns de ceux que vous appelez avec déri- sion des hommes monarchiqn.es, ont par hasard échappé à l'injustice ministérielle, ne jetez-vous pas les hauts cris, comme si elle ne vous avoit pas lait assez de sacrifices? Quand les royalistes expriment franchement leurs principes, tantôt on les accuse d'imprudence et d'indiscrétion, tantôt on calomnie leurs senli- mens, et on leur suppose des arriére-pensées. Pro- posent-ils un moyen de concilier la justice et tous les intérêts , on s'écrie qu'ils portent atteinte à la Charte, tandis que l'hommage qu'ils lui rendent est en même temps un gage de sécurité générale. Si les royalistes avoient au fond du cœur les idées qu'on leur prête, ils garderoient le silence 5 puis- qu ils parlent, c'est qu'ils pensent ce qu'ils disent, et ne veulent rien au-delà. A ceux dont l'imagination est sans cesse ou feint d'être poursuivie parle fantôme de la féodalité, nous opposerons des témoignages qui peut- être ne leur paroîtront pas suspects. JNl. Ouvrard a publit en i8i4, i8i6 et 1818, des Mémoires sur les finances. Une srction du premier est consacrée au développement de ces indemnités contre lesquelles on déclame avec tant de violence 5 l'auteur en ( .388 ) «îômonfre les avantages non moins que la légitï- ini{('- il établit qu'elles sont non seulement clans l'intérêt des possesseurs, mais encore nécessaires an succès du plan général de finances que le gou- vernement adoptera , quel qu'il soit. Son opinion; n'étoit point changée en 1818, puisqu'il revient sur cette proposition. On assure qu'à peu, près» à la même époque, M. Lafitte énonça un avis semblable, au trésor royal, dans une commission de finance dont il étoit membre en sa qualité de député. Supposera-t-on à ces Messieurs le projet de rétablir aussi les anciens privilèges? C'est une chose admirable que de voir par quelles leçons nos politiques régentent les cabinets de l'Europe^ elles sont toujours puisées dansle dogme de la souveraineté du peuple : ce dogme fait toute la religion de nos docteurs. Qu'ils ne croient pas avorr le mérite de l'invention. Enfantées pour la première fois dans le seizième siècle, ces tlange- reuses cliimères étoient restées ensevelies dans les bibliothèques. Quelques factieux du dix-septième les reproduisirent i>our justifier le plus grand des «ttcntats. Voyons si le plus beau génie peut-être dont s'honore la France , en savoit autant que nos habiles du jour. Rossuet a traité cette question avec cette supériorité qui domine dans tons ses écrits.. 11 répond au ministre Jurieu par son cinquième Avertissement aux jn'otestans : « A regarder les hommes comme ils sont mitu- » reUement, et avant tout gouvernement établi 7 )) on ne trouve que l'anarchie , c'esL-à-dare , dans 5) tous les hommes, une liberté farouche et sau- i> vage, où chacun peut toiit prétendre, et en '» même temps tout contester •. où tous sont en » garde, et, par consé(]uei>l, en guerre çonti- '> nuelle contre tous, et où la raison ne peut rien, -> parce rjuc chacun appelle raison la passion qui > le transporte, et oii le droit même de la nature (389) v> donicuve saus force, parce ci uc la raison n'en a ï) point ; où , par consétj[ucnt, il n'y a ni j>rO'priété-, » ni domaine, ni bien, aucun droit, si ce n'est » celui du plus tort- encore ne sait-on jamais qui 1) est le plus fort, puisque chacun à son tour peut ♦) le devenir, selon que les passions feront conjurer » ensemble plus ou moins de gens. » S'imaginer, dans le peuple considéré en cet » état, une souveraineté qui est déjà une espèce » de jTouvernement, c'est mettre un gouverne- » ment avant tout gouvernement, et se conlre- » dire soi-même. Loin que le peuple en cet état » soit souverain, il n'y a pas même de peuple en )» cet état. Il peut bien V avoir des familles, et » encore mal gouvernées et mal assurées; il peut » bien y avoir une troupe, un amas de monde, » une multitude confuse; mais il ne peut y avoif » de peuple, parce qu'un peuple suppose déjà » quelque chose qui réunisse , quelque conduite » réglée, et quelque droit établi; ce qui n'arrive » qu'à ceux qui ont déjà commencé à sortir de » cet état malheureux , c'est-à-dire l'anarchie. )) C'est néanmoins du fond de cette anarchie ') que sont sorties toutes les formes de gonverne- » ment, la monarchie, l'aristocratie, l'Etat ponu- » laire et les autres; et c'est ce qu'ont voulu dire >♦ ceux qui ont dit que toutes sortes de magislra- » ttires ou de puissances légitiaaes, venoient ori- >» ginairement de la multitude ou du peuple. » INIais il ne fautpas conclure de là que le peuple, » comme un souveraiu, ait distribué les ])ouvoirs » à chacun ; car, pour cela, il faudroit qu'il v eût » eu ou un soiiverain, ou un peuple réglé* ce )) qu'on ne peut supposer dans un état d'anar- » chie. » C'est dans ce inéme écrit qu'on lit un portrait JesdattenTs des peuples, qui peut avoir sou appli, £ation. « Toutfîatteur quel qu'il soit , ditBossuet 1) est toujours uu animal ttaîtref^et odieux. Mais (390) » s'il falloit comparer les flatteurs des Rois avec )) ceux qui vont Uatter dans le cœur des peuples » ce secret principe d'indocilité , et celte liberté » farouche cfui est la cause des révoltes, JQ ne sais i) lequel s^roit le plus honteux. J^es gens d'un » cari'Clére si bas , sous prétexte de flatter les » peuples, sont en effet les flatteurs des usurpa- » teurs et des tyrans. Le peuple se laisse flatter » et i-eçoit le joug. C'est à quoi aboutit toujours » la souveraine puissance dont on le flatte j et il i> se trouve que ceux qui flattoient le -peuple sont » en effet les suppôts de la t^^rannie. C'est ainsi » que les Etats libres se font des monarques » absolus. C'est ainsi que les Etats monarchiques » se font des maîtres plus impérieux que ceux )) qu'on leur fait quitter sous prétexte de les af- » franchir j les lois, qui dévoient servir de rempart > à la liberté publique , s'abolissent, et le prétexte » d'affermir une domination naissante rend tout » plausible. » îs'en avons-BOUs pas sous les yeux, de ces flat- teurs du peuple? ]N'est-ce pas pour l'égarer, qu'on l'éblouit des fausses lueurs d'une prétendue philo- sophie, qui n'est que l'insubordination et l'im- piété 5 qu'on l'enivre sans cesse des idées d'une liberté par laquelle on le conduit à la licence , de droits dont il n'use qu'à son détriment, et qui lui Jbnl oublier ses devoirs , d'une gloire qu'il a si chè- rement payée, et qu'on voudroit peut-être encore lui faire acheter au prix de sa misère et de son sangi' Ne sont-ils pas des flatteurs du peuple ceux qui l'accoutument à secouer le frein de la religion et de la morale, ceux qui ap]>laudissent à srs voies de fait et à ses outrages contre les ministres de l'Evangile; ceux qui, proférant des blasphèmes qu'un honnête homme rougiroit de répéter, ap- prennent à la multitude à douter de lotit ^ que dis-jc .' à faire abjuration de toute croyance? JNe sont-ils pas des flatteurs du peuple, ceux qui, pré- ( 39. ) sentant comme une conti'o-révolution immîn<.nle toute atteinte portée à la loi des élections, iout «l'une aveugle partialité pour celte loi un pré ugé national, et ajoutent, avec une apparente candeur, qu'il faut rcsj)ecter les préjugés des peuples*' De- puis quand sonl-ils dcncnus si faciles pour les [>vc- jngés, eux qui ne respectent j)as niéui > les ob;ets les plus sacrés de la foi puldique, et d'une véné- ration de dix-huit siècles? Et ce n'est pas assez que des écrivains sans pudeur versent chaque jour sur le peuple le poison de la flatterie, ce poison descend de plus haut. Les ministres exix- naêmes se montrent les flatteurs du peuple, lorsqu'ils appuient par leurs discours et leurs actes le mensonge et la calomnie, lorsqu'ils essaient de faire ci'oire à des dangers ou à des préten- tions imaginaires, lorsque, donnant aux lois un effet rétroactif, ils prouvent qu'eu les proposajit ils avoient une pensée secrète, et qu'en les exécu- tant ils veulent récompenser le parjure et punir la fidélité : flatteurs d'autant plus coupibies qu'ils abusent à la fois et de l'auguste confiance dont ils sont investis, et de l'aveuglement di' ce peuple qui ne sait plus ce qu'il doit croire quand tout est remis en question , qui, pour la pairie comme pour Dieu, finira par tomber dans une fune^ite indifférence , si le déchaînement de toutes les j)assion;asscnt dans fc 3fo7?iteur le jour où le Coiisers'aleufttti* YOi\.Yi\. INJais , après tant (!<' fluctualion.s, quio.soj'oit lien afiinncr? Lea journaux minlslôriels onl l'air tle vouloir démentir la nouvelle. Attendons, nous verrotis bien De V Eloquence polilirjue et de son influence ri fins tes guuwrnemens populaires et représcnia/ijs, par M. P. S. Laurentie^ répétiteur à l'Ecole po1\tcc.hni(pu:. Vol. in-8". Prix : 5 fr. , ot 6 ïr. franco. A Paris, chez Pillct, rue Christine, n° 5; et chez le Normant , rue de Seine, n" 8. Cet ouvrage tend à développer celle maxime de Cicéron : Que la sagesse., sans l éloquence ., est peu utile aux em- pires; mais que l'éloquence ^ sans la sagesse, est presque toujours funeste , avantageuse , jamais. Cette doctrine est appuyée par des faits tirés de l'hisluire ancienne et de l'hisluire moderne, en sorte qu'on est frappé de l'identité p^rlàife des doctrines professées par /e Conservateur, et de eelles de tous les philosophi-s anciens, et des grands ora- teurs dont nous admirons le plus l'éloquence. Cet écrit appartient, par ses opinions, à la classe immense des Fran- çais qui se sont rattachés à nos principes. Nous le crovons principalemi^nt utile aux orateurs monarchiques qui se préparent à reparoitre à la tribune. Ils sont déjà persuadés de Tinfluence des mauvaises doctrines sur la mort des so- ciétés : la lecture de cet écrit les encouragera à les com- baitre encore avec plus d'ardeur, en leur montrant qii'elles ont été combattues par les Demnslhène et les Cicéron , et qu'elles n'ont été le partage que des factieux qui , dans tous les temps, ont voulu bouleverser le monde au nom de la liberté. — On vient de mettre vn vente chez Le NormnnI , la nouvelle ëdilion (lu Conciones J^oe.licœ , ou Discours choisis des Poètes latins anciens, Virgile, Ovidf., etc. (i ), avec des argiimcns latins , des analyses en Irançais. el la nioilleure traduction, envers, d'un certain noinhre de ces disrours. (let ouvrage, de iMM. Noi-l et de la Place , accueilli dans le temps avec faveur par le public, et adopte par l'Université , à l'usage oes collèges et des inslilutions , a depuis été souvent re- demandé. Les auteurs y oui fait des améliorations et change- mens essentiels, qui sans doute leur obtiendront un nouveau succès , et Je suffrage de tous les amis des bonnes études. (i) Un jro» vol. in-ia. Pris : 4 fr-i «< ï f'- T" '* P0»1»- \\\\WV\VVWVXW\\AVV\\V/V*VWVWl\\iVV'VV\VVW\VVV\\:V\\\\V\VVV\Al»A/VV\\V\VVV\\VVV\V LE CONSERVATEUR. Sur r ouvrage intitulé Vie he Louis-Joseph , prince DE RoLRBON-CoNDÉ, par M. Claude- Antoine ClIAMBELLAND (l). Tandis que naguère des journaux révolution- naires senibloicnt oublier que cette branche de la famille de Bourbon , appelée d'une manière si Iranraise la branche de laurier, étoit depuis plu- sieurs siècles inséparable de chacun de nos tro- phées , et les couronnoit tous; tandis que de.s mains impures cl téméraires cssayoient, mais en vain, d'enlever, de flétrir des palmes méritées, jusque sui' la tombe où le respect les avoit déposées; tan- dis que des esprits inaccessibles aux sentimens de justice, de convenance, commandés par la mort elle-même , s'irritoient de la ^eule proposition d'un monument à la mémoire du dernier Condé, des écrivains vraiment patriotes lui en élevoient un digne de lui , en l'acontant sa vie. Parmi ceux-ci on doit compter et distinguer M. Chambelland. Aidé d'un de ses amis (2), il a rassemblé tous les faits qui pouvoieut honorer à la fois le prince et son pays. INl. Chambelland admire la valeur de ses com- patriotes , sans distinction des drapeaux sous les- quels elle s'est signalée. C'est également aux braves qui étonnèrent de leurs prodiges les Alpes et les Pyrénées, les bords du Tagc et ceux du Danube, (i) Trois vol. in-8°. Prix : 20 fr. Le premier volume parois- sant, on paye 10 fr., et cjiinnd les deux autres seront mis en vente on oe paiera aussi que 10 tr. A Paris, chez Dentu , et Le Norniant. (2) M. Gomion. ToMK V. — 6i* Livraison. a6 ( 394 ) les déserts de l'Egypte et les forêts de la Moscbvîe^ c'est également à ceux (piî (iéfendirent si ,uol)lc- intfut, si constainmenlla légiliniitc au tlcliuis et .mi dedans, c'est à l'armée IVauraise en un mot qu'il dédie Sun ouvrage 5 et cette lois, comme toujours, ou ne pourra sans impudeur accuser les rovalistei de vouloir faire ouLlier, de vouloir déj)réciei- les hauts faits de l'ancienne armée. Cette ifloire miii- taire, qui a jjendant trente années endormi nos douleurs, voilé nos infortunes, ou doré noS chaînes, a-t-elle (îonc besoin de voix perfides pour être défendue? ]N 'est-ce pas la flétrir que de la faire servir de prétexte à de nouvelles récrimi- nations, à de nouvelles rébellions? JNe jicut-on louer les exploits modernes sans èti-e obligé de jeter du ridicule sur les anciens? La yieillesse qui obtenoit tant de respect chez les peuples de l'an- tiquité, ne recevroit-elle chez nous que des dé- dains et des injures? Les compagnons du prince de Condé furent jeunes aussi et brillans de va- leur. Piu'sieurs de nos guerriei'S ont déjà vieilli, les plus jeunes vieilliront à leur tour, et vieilliront bien plus tôt, bien plus vite qu'autrefois, main- tenant que des hommes qui se sont crus assez forts pour porter à soixante ans des port(^feuiîles, ont déclaré qu'à cin({uante-cinq les autres ri'éloieiit plus capables de porter une épée , de servir la patrie : absurdité que l'égoïsme et l'orgueil seuls ont pu produire! De trois volunaes dont doit se composer l'ou- vrage de JM. Chanrbelland , c'est le pi-emier qui vient de paroîlre. Peut-être que, réduit à deux, il n'en eût que mieux valu ; mais l'auteur n'a pré- tendu faire (jii'un recueil de faits, de notes, de récils, de documens, de matériaux pour l'his- toire; RI. Chanibelland a rassemblé plusieurs descrip- tions du château de Chantilly au temps du grand ( 39^ ) ConJ. Il en est un, écrit du style le plus simple, que nou.s regrettons de ne pouvoir rapporter ici j c'est celui de deux jeunes gens épris d'une tendre et ardente passion > dont À ( 397) ils ii'avoient point à rougir, mais contrariée par des divisions de famille. Ils s étoient rendus dans la foret de Chantilly avec le funeste dessein de se donner la mort; le prince, par ses conseils , par ses soins , les ramena à la religion, à leurs parens, à eux-mêmes , et au bonheur. Celui qui aimoit à prodiguer tant de consola- tions , tant de secours à l'infortune , étoit près d'a- voir lui-même à supporter les plus rudes coups du sort. L'émigration alloit commencer. ÎSI. Cham- belland finit son premier volume en établissant avec talent et impartialité une opinion pour et une opinion contre cette émigration. C'est cette malheureuse époque qui a servi de texte aux plates épigi'ammes , aux révoltantes diatribes par les- quelles un journal révolutionnaire insultoit lâche- m.ent , il y a quelques joui's, à la mémoire du prince. Les rédacteurs de ce journal parlent sou- vent en faveur des exilés , et Ton n'auroit ni le droit ni la volonté de les blâmer, s'i's le faisoient avec la modération convenable. Ils n'ont pas songé que INL le prince de Condé aussi fut exilé, mais exilé par l'honneur même ; ils n'ont pas songé aux circonstances dans lesquelles il se trouvoit. Comme il arrive toujours lorsqu'un violent orage menace d'éclater, chacun, pour s'y soustraire, prit une route différente. Les uns, croyant que la patrie étoit dans le teiTiloire , s'élancèrent aux frontières pour la défendre; les autres pensant, comme les anciens, qu'elle étoit dans les institutions, sui- virent le pieux Enée , emportant avec lui les dieux et les lois de son pays. Beaucoup abandonnèrent le sol natal pour échapper à une mort certaine , et bientôt survint le temps où, selon les expressions d'un de nos plus éloquens orateurs chrétiens, /a gloire étoit par tout et le bonheur îiullepart;\c temps où les proscriptions enveloppoient également et le républicain honnête , et le royaligle fidèle, et ( ^^ ) les inmiWcs des défenseurs de la république , ci celles des défenseurs de la monarchie j le temps où la hache révolutionnaire frappoit éi^alemént le père de Moreau , qui invoquoitles victoires de sou fils, et le père des jeunes Angrand-d'Alleray (j), qui invoquoit les lois de la nature. Le devoir arma la main de M. le prince de Condéj mais, comme le dit M. Chan)belland , « sur les champs de hatailie comme ailleurs, il î> rendoit une éclatante justice à la valeur des » Français, dont il repoussoit les coups. Il admi- » roit leur courage ; il éloit fier de les voir se cou- •» vrir de lauriers ; mais il auroit voulu qu'ils 5> unissent leui's trophées au panache blanc «...Son. pctit-tlls aussi admiroit nos gaeiriers.... Lu instant, les soldats de Coudé et ceux de Pichegru furent près de s'embrasser ; mais les ar- tisans de discordes s'interposèrent entre eux Un instant, en i8i5, les fidèles de la Vendée et les biaves de l'armée, furent prçs de se réunir Ce ne fut pas le jeuïie Larocliejacjueleiu, le frère des héros, qui voulut refuser cette consolation aux mânes de ses frères, à sa propre douleur; ce ne furent pas non plus, il faut le dire, les chefs de l'armée de la Loire, qui voulurent ravir à leur pays le bonheur de cette reunion , ce furent encore de vils intri^ans, éternels ennemis de l'oi'dre. Vnissons donc les succès anciens et les succès nouveaux j faisons un faisceau de toutes nos palmes ; (i) M. Ani^rand d'AlIcmy , lieutenant civi; à Paris , avoit trois fils à l'armée «Je (>or)tle'- lliiit traduit au tril>un;jl i<'v()liilionn.'iire pour leur avoir envoyé di.-s secours. Kn niant ce fait . il tùt pu sauver sa vie, mais il aima mieux la perdre ijue de la dcvr)ir à un mensonge. « Tu ne ronnoissois donc pas les lois <|ui de- » fendent d'envoyer de l'argent aux eiui;;res? lui dit le presi- » dent du tribunal révolutionnaire. — Oui . i<^ Ira connoissois , >• répondit lièremenl le vénérable itiagistrat ; mms j'en commis » une itiUi'e çiii est au-dessus d'œil sur ces innovations, nous suivrons l'ordre des dates. Otganisaiion des Légions. Je no parlerai pas de l'organisation des légions ^ puisfjue je ne pourrois tjue répéter ce qui a déjà été dit dans laXLlII* Livraison du Conservateur. Suppression des corps des inspecteurs aux remues et des commissaires des guerres, et création du corps des inten- dans milititires. L'oi-donnanCe qui supprime les corps des ins- ( 4oo ) pecleurs aux revues et des commissaires des guei^es pour les remplacer par celui des intendaiis mili- taires, parut en septembre 1817, peu de jours après que le maréchal Gouvion-Saint-C^'r eut re- pris le portefeuille; mais elle éloit datée du 29 juillet, époque à laquelle le duc de Feltre étoit ministre; et l'on sait que c'étoit lui qui avoitpré- paré cette ordonnance. Je n'ose me prononcer sur la question si souvent traitée de la réunion ou de la séparation des corps des inspecteurs aux revues et des commissaires des guerres. Les fonctions qu'ils remplissoient peuvent Têtre facilement par un seul corps, sur- tout si l'on simplifie leur besogne, chose facile et nécessaire depuis qu'on a multiplié sans but les ordonnances, les circulaires et les écritures. Si des corps séparés se partagent ces fonctions, on doit présumer qu'elles seront mieux remplies; si elles sont réunies, il y aura économie et simplifica- tion. MM. les intendaus étoient en grande faveur sous le précédent ministre. Ils occupoient presque tous les emplois dans le.5 Luroaux de la guerre , et plusieurs etoient chai'gés de fonctions qui sem- bleroient devoir être exercées par dits militaires. Loi sur le recrutement et sur l'avancement. La loi sur le recrutement n est autre chose q^e la conscription à laquelle on a ajouté des dis]>osi- tions qui règlent l'avancement, et qui ùtent ainsi à la royauté une de sts plus belles et de ses plus utiles prérogatives. Puisque la loi règle l'avancement, on ne devroit pouvoir destituer les officiers que pur suite d'un jugement. On en fit dans le temps la proposition j mais le maréchal Saint-C.yr la rt poussa vivement. L'on conçoit que, s'il en avoit été ainsi, il n'au- ( 4oi ) roit pas pu se permettre cette foule de destitutions arbitraires qui signaleut son minisloiT. Ceux des ofiiciers destitues qui étoient chefs de corps ont cependant eu la satisfaction d'appnndrc, dans une réponse du Moniteur aux réflexions des jour- naux royalistes, qu'on les a renvoyés pour cause d'incapacité. On conviendra qu'il auroit été plus poli de le leur mauder en leur envovaut leur des- titution, que de les en instruire par la voie du Moniteur. ?se seroit-on pas d ailleurs fondé à douter de la justice de ce jugement, et à croire que ces oflficiers éloient plutôt coupables de roya- lisme que d'incapacité? En effet, ils ont évidem- ment été jugés d'après les notes des inspecteurs généraux nommés par le maréchal Saint-Cyr, et dont une partie avoit manifesté pendant les cent- jours une haine acharnée contre la maison de Bourbon. Les chefs de corps au contraire, choisis par le duc de Feltre, avoient donné des marques de dévouement au Roi , ou avoiînt une opinion royaliste connue. Dans cet élat de choses, seroit-il extraordinaire que des inspecteurs géné- raux eussent été rigoureux outre mesure envers des officiers d'une opinion entièrement opposée à la leur? L'on ne sauroit i^i r d'ailleurs ({ue l'on trou- veroit à blâmer le coloni-l du régiment le mieux tenu de France, si l'on inspectoit son corps avec des intentions hostiles. Cette digression m'a écarté de mon sujet, je me hâte d'y reveiifr. Les dispositions sur l'avancement, inconstitu- tionnelles, parce qu'elles empiètent sur la préro- gative royale , le sont aussi dans ce qu'elles pres- crivent 5 mais en outre une partie de celles qui concernent les officiers sont insensées. Elles prescrivent de prendre parmi les officier 5 sortis de laclasse des sous-officiers .les ti'èsoriers , les capitaines d'habillement et les adjudans-ma- jors, €t de choisir les majors parmi ces trois classes ( 4o2 ) (Vofficiers (i). Ainsi l'on exclut les deux tiers des ofticiers de l'armée de la concurreuce pour le^ trois premiers emplois, et l'on accorde à ceux qui les occupent, les places de majors 5 c'est-à-^dire le privilège du fpiart des places d'ofliciers supérieurs dans rinl'anterie , et du tiers dans la cavalerie, et cela sans préjudice de leurs droits auï emplois de cheis de bataillon. Ces dispositions sont une infraction à l'article 3 de la Charte, puisque ceux que l'on exclut de la concurrence sont pour le moins aussi capables que ceux que l'on favorise 5 à nioins que les études premières et Finslnuction reçue dans les écoles ne soient cousidérées comme nuisibles. L'expérience vient d'ailieursà l'appui du raisonnement, puisque presque toutes les places d'adjudaus-majors étoient occupées sous Buonaparte par des officiei's sortis des écoles. Quant aux emplois de majors, les tré- soriers et capitaines d'habillement ne pouvant y prétendre, que s'ils ont commandé deux ans une compagnie, ce dont on n'a presque pas d'exemple -j, il en résulte qu'ils seront presque tous dévolus aux adjudans-majors , les seuls ofTiciei's des corps qui, par la nature de leurs fonctions, ne s'occupent; jamais d'administration. Ainsi , en résumé, tous les oftlciers sortis des écoles Ç (pii forment les deux tiers des ofliciei's. de l'armée), sont exclus de la concurrence pour les places de trésoriers, de capitaines d'iiabille- (i) Indépendamment dn privi!(în;e accorde à ces trois classes,. «J'offiriers, l'cniptoi d'adjiidanl-niajor en particulier est très— avantageux à ohteuic, parce ([ue si c'est un lieutenant que l'on fait adjudant-major, on lui donne en même temps le gi-ade de capitaine, s'il a rjualre ans '\i: ^rade de liculenant. S'il ne les a pas encore, il l'ohtienl aussilôl (ju'il les a atteints. Cet emploi ofTre aussi l'avanUge de vous mettic en relation continuelle avec vos. chef», et de von» instruire à lond des détails du service. Aussi sont-ce les adjudans-majors p.n jui les capilaiitcs f^ui ob^tfaiLcnt le plus d'avanccmehl; ( 4o:î ) ment et d'adiudans-majors , quoique ce soit évi- demment parmi eux, à cause de leur uoinbi'C (;t de leurs études, que l'on trouveroit le plus de sujets ; et toutes les places de majors, pour ainsi dire, seront dévoluesaiix adjudans-majors , quoi- qu'ils soient les moins capables den exercer les fonctions (i) : Jamais /'extrai'agaiice alla-t-elle plus loin/ Dans cet état de choses un minisire , qui en aura la fantaisie , pourra empêcher qu'aux cun officier sorti des écoles ne s'élève jamais au- delà du p;rade de capitaine ; il lui sulFira de don- ner les bataillons qui viendront à vaquer à des majors. Enfin, au lieu de donner les deux tiers des emplois à l'ancienneté jusqu'au grade inclus de lieutent>nt- colonel , on auroit dû s'arrêter au grade inclus de capitaine , et laisser régler par le choix l'avancement des grades plus élevés. L'on manœuvre par bataillons, les évolutions de ligne (i) Une absurdité donne souvent naissance à plusieurs autres. Dans le reglen:ent sur Iq, service intérieur, pour être consé- quent , on fait remplnrcr les majors, quand ils s'absentent , par un capitaine pris pnrnii les ofliciers susccptililes d'être appelés à Kemploi de major; mais on en excepte ceux qui renipiiroient alors des foiirtions administratives. Autant valoit dire qu'en cas d'absence du major, i'adjud.uit-niajor le remplacera, car les trésoriers et capitaines d h.ibillenicnt sont chargés de fonctions administratives. Ainsi le* officiers ijiii s'occupent spécialement de .>urveiller i'ailnimistratlon seront remplacés par les seuls ca- pitaines q'i ne s en cccnpeni jamais, pui.'>que le règlement pré- cité s'exprime ainsi, p. zi : »Li's adjudans majors sont chargés des. » detnils de lu police gê/iérale ei du service commun à toutes les » cninj)iigiiies ; mais t'U doiuenl rester étrangers à leur police inté- » rieure et à leur admini<.lration . » Ce qu'il y a de remar(]uable , c'est que ci-tte disjiosilion n'est pas seulement absurde, mais elle est iuexéiuîab'e: car l'adjudant-major, à moins que d'être te plus ancien capitaine du régiment, ce qui ne se voit que très- rarement, ne peut remplir des fonctions (|ui meltroient sous sa surveillance des oîficiers plus anciens de grade <)ue lui, et qui le mcttrfMent en position de leur donner des ordres. Dans le cas -même où il serait le plus ancien capitaine du régiment, it est trop otcupé pour pouvoir ajouter d'autres (onction:, à relies ^^v.\ il est chargé. ( 4o4 ) ne sont tjue l'école de bataillon , appliquée aux niouvemcns d'un certain nombre de Lalaillous, A la guerre les chefs de Latailloïi sont souvent livrés à eiix-mémes, elle bon ouïe mauvais choix des officiers de ce grade est de la plus haute im- portance. C'est donc avec raison que jusqu'à ce jour l'avancement avoit en lieu au choix pour les grades supérieurs à celui du capitaine. Foimotlon d'un corps royal d' état-major et d'une école d' application pour Iç seri>ice de l' état-major-général de l'année. Le corps de l'état-major, pendant les guerres de la révolution , ne fut d'abord composé que de colonels et de capitaines; par la suite on y ajouta des lieutenans-colonels et des chefs de bataillon. liCs principales fonctions des colonels étoient d'être chefs d^état-raajor des divisions; on leur adjoignoit des capitaines. Les commandans de corps d'armée choisissoient parmi les généraux de l'armée leur chef d'état-major-général. Par la nouvelle organisatioii, l'état-major com- prendra des officiers de tous les grades. L'armée n'alimentera plus ce coi'ps ; il le sera par une école d'application. On ajoute aux emplois qu'ils avoient exercés jusqu'alors, ceux d'aidesde-camp, qui leur seront exclusivement dévolus. Pour juger cette nouvelle eréaticn, il suffira d'examiner compara- tivement \^s officiers qui étoient attachés à la per- sonne d'un générîil commandant un corps d'armée^ et ceux qui lui seront attachés dorénavant. Les généraux choisissoient leurs aides-de-camp parmi les olficiei-« de l'armée. Ceux qui comman- doient des corps d'armée tiroient ordinairement les leurs des ditïérentes arraes. Ainsi , l'un d'eux étoit un officier d'infanterie, distingué dans son arînc , éprouvé par la guerre, et auquel il pouvoit confier un commandement dans une occasiou dif- ( 4o5 ) ficîle. Ceux qui sortoient de la cavalerie, de l'ar- tillerie et du génie, ne lui ctoient pas moins utiles, en ce qui concernoitleur arme. Tous , ayant servi dans les corps, étoient officiers de troupe, genre de mérite que la théorie et robservation ne sau- roient donner. Son cliet" d'état - major étoit un ollicier-général , dans la force de l'âge, maniant également bien et la plume et l'épée, pouvant, quand il étoit nécessaire, marcher le jour et tra- vailler la nuit (j). Ainsi entouré, le général com- mandant un corps d'armée pouvoit avoir, sur quelque partie du service que ce fvit , les rensci- gnemcnsiesplus précis etlessecoursles plus utiles. Dorénavant , les généraux devront choisir leurs aides-de-camp parmi les officiers d^états-majors ; mais ces officiers ne s'étant adonnés spécialement à aucune arme , on ne pourra trouver parmi eux, surtout en ce qui concerne les détails du service et le commandement des troupes , les lumières dont il est indispensable qu'un commandant de corps d'armée soit entouré. Quant au chef d'état- major-général , il faudra le choisir parmi les géné- raux du corps d'e'tat-major, qui sont peu nombreux, et qui tous auront vieilli loin des troupes, et n'au- ront peut-être plus la vigueur nécessaire pour sup- porter les fatigues de leur emploi. Je conclueroi des observations que je viens de développer sur les officiers qui sofit attachés aux généraux com- mandant les corps d'armée , observations qui s'ap- pliquent aux aides-de-camp des généraux des dif- férentes armes 5 je conclurai, dis-je, que l'ancienne organisation étoit préférable à celle qu'on lui sub- stitue. Ainsi , il ne faudroit pas de généraux d'é- tat-major, puisqu'on ne peut les employer que (1) C'est une chose remarquable que presque tous les géné- raux qui ont acquis de la célébrilé pendaut les guerres de la révoluliou, ^voient servi daos l'état-inajor. ( 4o6 ) comme chefs cVélats-ma;ors-généraux, ni de lien- tenaus d'état-major, puiscju'ils ne peuvent être raisonnablement utilisés que comme aides-de- camp. 11 nie reste à parler de l'école d'état-raajor. On ne peut apporter aucunes bonnes raisons pour appuyer sa création. S'il suffit, ainsi qu'on l'avoit cru jusqu'à ce jour, qu'un officier d'état-niajor (en supposant qu'il ait tait des études premières et qu'il ait servi au moins «runtre ans dans les troupes) soit robuste , actif", inteiliî^^cnt, et qu il ait le travail facile, qualités que Ton tient de la nature, il y avoit beaucoup plus d'avantage à les choisir dans l'armée. S'il leur faut de la science, tirex-les des élève* de l'école d'application de Metz, qui alimente déjà les corps de l'artillerie et du g<'nie. Ils sont plus instruits que ceux qui sortiront de l'école d'état-major; ils conuoisseut les manœuvres d'in- fanterie, qu'ils apprennent pa: théorie, et qu'ils exécutent comme soldats; ils ont étudié les services de l'arlillerie et du génie. Après avoirpassé deux ans à l'école d'étatm? jor, les élèves en sortiront avec la dénomination d'aides- majçrs; ijs serviront deux ans dans un régiment de cavalerie avec le grade de sous-iieuterians , six mois d'abord à la suite d'une compagnie, dix-iiuit mois ensuite comme adjoints jjes adjudans-ma- jors ; de la ils passeront dans un régiment d'in- fanterie avec le grade de lieutenans ; ils y servi- ront trois mois a la suite d'une compagnie , et vingt et un mois en alternant ou en concourant pour le service avec lad jiidanl-maior. Les lieutenans et sous-lieutcnaus des corps ne verront point sans jalousie des jeunes gens soi'tant de l'école, étrangers au service de trouj)e, venir les commander. Il en résultera qu'ils se feront dif- ficilement obéir, et que la discipline eu souffrira. ( 4o7 ) Un règlement a paru cxprùs pour déterminer non pns seulement quel sera leur service , mais pour iaire eouiioîlrc au colonel et aux officiers supéi ieurs des corps, (juc l'on cliarge do leur édu- cation niililaire, ce (juils devront leur enseigner. Si ce rcgleiuont éUtit suivi ponctuellement, les aides-majors n'auroient pas un moment de repos, et scroient pnrtoui , comme la mouche du coclie , ce qui est le nrovcn de n'être nulle part. ■Malgré toutes ces précautions, nous doutons que les colo- nels apportent beaucoup de soins à l'éducation d'officiers qui n'appailicnneut ni à leur arme, ni à leurs corps • et que ces ofîîciers mettent beau- coup de zèle à remplir des fonctions dont ils ne seront chargés que temporairement, et qu'ils regarderont comme de véritables corvées. Je terminerai par blâmer la prérogative du com- mandement à grade égal. Est-ce le savoir qu'on veut récompenser? Mais les ofûciers d artillerie et du génie, plus instruits que ne le seront les offi- ciels d'état-major, ne jouissent pas de cette préro- gative. PenserDit-ou querinlérél du service exige que l'on enfreigne en leur faveur la hiérarchie du commandement, cette base de la discipline? Je ne le crois pas. Cette injuste prérogative ne sera donc qu'un brandun de discorde jeté entre les officiers d'élat-major et ceux de l'armée. Etablissement d'un dépôt général des remontes. On conçoit difficilement que dans un vaste royaume , qui nourrit sur plusieurs points de son territoire des races Je chevaux propres au service de la cavalerie, on ait, sur un point qui se trouve au mili( u de l'une de ces races, établi un dépôt général des remontes , renonçant ainsi volontai-^ l'ementaux i-essources qu'offroient les autres races. C'est cependant ce qui a été faitj le résultat a été tel qu'on devoit s'y attendre. Cet établissement ( 4o8 ) n'a produit jusqu'à présent d'autre résultat que de flouncr difficilement des chevaux moins beaux, c'est-à-dîre plus chers que ceux (pie l'on ohtenoit facilement pour le même prix par l'ancienne mé- thode. Il a Inllu en outre payer la dépense de l'étahlisseinenl ; il faut sul)venir à son entretien, et Ton a loin des corps des détachemens qui atten- dent tpiehjiielbis une année entière les chevaux (ju'on doit leur donner. Telles sont les principales innovations intro- duites par le ministère de la guerre le moins ca])ahle peut-être que nous ayons jamais eu. Jetons actuellement un coup d'œil sur la con- duite qu'a tenue le ministère à l'égard des mili- taires de l'armée depuis le retour du Roi en i 8i 5. Sur la conduite tenue à regard des militaires de l'armée, depuis le retour du Roi en 1 8 1 5. Après la cnlastrophe du 20 mars, où la fidélité, chose ordinairement toute simple parmi les mili- taires, étoit devenue une vertu extraordinaire , il ei'it été dans l'intérêt de la monarchie légitime : j**. de recompenser le plus possible cette hdélité, en plaçant chacun suivant ses droits et ses moyens ;. '.1°. de sévir, au moins par la destitution , contre tous les grands coupables qui avoientagi avec pré- méditation ou connoissance de cause en faveur de l'usurpation 5 3". de pardonner franchement et d'oublier même les torts que pouvoient avoir la masse des officiers de l'armée qui avoient été séduits on entraînés par l'exemple de quelques clnfs, et qui oflroient pour excuse le désir de défendre leur patrie contre l'étranger, ou l'impé- rieuse nécessité de conserver leur emploi pour exister. Au lieu de cela, qu'a-t-on fait? i<». Ceux qui avoient suivi le Roi hors de France ont été amnistiés, ce qui suppose une faute; on a cherché à livrer leur conduite au ridicule, et la plupart C 4o9 ) sont pi-nes saus motif des emplois qu ils avoient occupés d'abord. 2'. Presque tous les grands cou- pables sont rentrés en grâce sans qu ils aient donné aucunes garanties , et maintenant leur criminelle déieetionestconsitlérée comme un titre à la faveur. 3". On a fait une classification humiliante de ceut dont les torts dévoient être oubliés dès l'origine j puis on a cherclié à leur faire croire (ju'ils étoient indispensables, etentin , ainsi que pour les grands coupables, leurs torts sont devenus des droits. On ;ibreuve de dégoûts tous ceux: qui sont restés sincèrement attachés au trône, de manière à les éloigner. On tlatte les grands -coupables , et on leur confie des emplois éjiineus comme si on eh avoit peur; ce qui tend à les rendre dangereux. Enfin on ne reconnoît les droits de tous les autres, qu'après les avoir humiliés, et leur avoir donné à entendre qu'on ne pouvoit se passer d'eux , de manière à leur ôler tout sentiment de reconnois- sance envers le gouvernement qui les emploie. En un mot, lorsqu'un gouvernement s'établit, il doit s'entourer de ses amis, s'attacher les indiffé- rens par la justice et la confiance, et tendre la main a ses ennemis s'ils revi(;nnent à lui de bonne foi. Le ministère, au contraire, entoure le gou- vernement de ses ennemis , et leur témoigne de la ci'ainte; éloigne ses amis, et tourne leur attache- ment en dérision. Quelle confiance peut-il inspi- rer à la masse de la nation! quelle garantie ofï'rr- t-il à ceux ({ui aui'oient envie de s'attacher à lui de bonne foi ! Il fai'.t avouer qu'après l'expérience de toutes les révolutions qui ont agité le Monde, voilà une politique toute nouvelle; elle étoit sans doute réservée pour le siècle des lumières. A l'appui des réflexions précédentes, on peut citer des faits particuliers. On a doujié une gratification d'entrée en cam- pagne aux ofiitiers qui ont été à Waterloo , rien à TcME V. — 61' I.ivn Aiso:». 3- C 4io ) ceux qui ont suivi le Roi à Gand, ou qui ont servi dans la Vendée et .«(ous les ordres de S, A. R. le duc d'AngouIême ; on ne reconnoît donc de cam- pagne légale, cii i8i5, que celle de Waterloo. Atitretois Buonaparte étoit dans rusa<:»e de don- ner, le jcur de sa ictc, une grnlilication équiva- lente à un mois de solde aux officiers de sa j^arde j il ne la donna point en i8i3. Dans la position pénible où s'est trouvée la France depuis le second retour du Roi , loin d'avoir pu accorder le même avantage au?: officit rs de la garde royale , on leur a fait, au contraire, ainsi qu'aux autres officiers de l'armée, une retenue annuelle assez forte sur leurs appointemens, tandis que, dans le même temps, on a pavé la gratification de campagne aux officiers présens à Waterloo, la gratification de la Saint-jSapoléon de lîJiS aux officiers qui faisoient alors partie de la garde impériale; enlin le salaire des employés de Buonaparte pendant les cent- jours , et tout ce qui étoit dil aux fournisseurs qui lui avoient livré à crédit. Que penser de celte retenue et de cet emploi de fonds ! Les décorations données par Buonaparte re- çoivent un traitement; celles données par le Roi, du moins aux officiers, n'en reçoivent point. Une gar«le royale ne peut exister sans être un corps délite. Pour qu'elle pût jouir avec justice des avanlages qu'on lui accorde, on devi-oit y placer, pour les }écompenser , les vieux soldats de l'armée; ils eu sont, au contraire , exclus, et ne peuvent se présentci-, pour y servir, qu'après avoir obtenu leur congé. La garde ne s'aJimenle que par enrôlement volontaire. Ijs emplois d'ofll iers de ce corps d'élite de- vroient être aussi une récompense pour les offi- ciers de l'armée ; il seroit donc convenable (ju'en y entiant, ils y trouvassent un avantage réel ; (elni (pli résulte de raugmeutation de la solde ( 4'i ) est nul , puisque l'augmenlation des dépenses est dans une propurtioîi pliislorte encore, l/avantage du commandi-menl à grade égal est un privilège qui ne peut s'accorder a\ecles règlemeus mili- taires. Le choix des officiers parmi ceux qui avoient au moins quatre ans de grade , et le bre- vet du grade supérieur qiiî leur ctoit donné en entrant dans la garde, paroissoit ce qu'il y avoit de plus convenable, c'étoil une récompense réelle pour les officiers de l'armée, un moyen d exciter leur émulation , sans augmentation de dépenses ; les officiers entrant dans la garde, acquéroicnt alors un droit inhérent à leurs grades. Au lieu de cela on assimile les grades de la garde à ceux delà ligne, de manière à n'en faire qu'une mutation au lieu d'une récompense ; et cet avantage qu'on retire à la garde , on le donne en même temps aux compagnies de discipline. A une époque où il v a encombrement de grades supérieurs, et où il couviendroit d'aug- menter, autant que possible, le nombre des em- plois , on supprime la prérogative du grade su- périeur dans la garde, pour renvoyer dans la ligue ceux qui en sont revêtus ; ce qui tend à ôter tout espoir d'avancement aux officiers de l'armée , et cela encore après avoir admis à la création de la garde un grand nombre d'officiers qui y ont reçu des brevets 5 en un mot ou auroit dû laisser sub- sister le plus d'emplois possible , et donner très- t)eu d'avancement ; au lieu de cela on a donné )eaucoup de grades, et on di]ninue maintenant le nombre des emplois. ***. CONSEILS GÉNÉRAUX DE DÉPARTEMENT. Session de 1819. Dans la XX* Livraison (page 3a i) du Conservateur, nous avons fait connoitre les omissions ■ que nous pouvons avec ( 4''i ) justice appeler volontaires) , qui cxistoii-nt dans le compte, rendu par analyse, des procès-verbaux des conseils géné- raux de déparleniens pour l'année 18 iS. Celte anaivse étoit sortie des bureaux du minisière de l'intérieur et des presses royales. Il a été facile à Thomme le moins clairvoyant de jiif!;er du sin|2;u!ier désordre et des omissions non moins singulières que présentoit le tableau iniiiislériel, par le petit nombre d'extraits que nous avons fournis, et qui étoient l'exacte vérité. Sans attendre le rapport qui doit être fait cetlo année, si toulefois notre rtiinistre unique peut encore s'occuper d'un tel ouvrage au milieu de la tourmeule qui ra{>ite , et qui doit se communiquer à son armée bureaucrate, nous croyons devoir instruire nos lecteurs, moins encore ceux que nous avons en France, et dont la plupart savent cr« choses aussi bien que i\ous, que nos lecteurs étrangers qu'on a si lonf^-temps trompés, et qui se croient mainte- nant intéressés à connoîlre au jusie lo point où nous en soHfîmesj nous croyons, dis-je, devoir les instruire que dans cette France où l'on persécute depuis plus de trois ans tout ce qui est royaliste, il existe, malf^ré cette persécution, une immense majorité d'hommes qui veulent le bien de l£ur patrie, raffermissement du trône légitime et le retour de tous les principes moraux et religieux, seuls gages de ia durée des empues. INe pouvant donner à cet article toute l'étendue que son importance exigeroit , nous nous contenterons de citer quelques exemples qu'on peut 1 cgardi-r à juste titre comme pris dans la très-grande majorité des départemensj nous affirmons donc, et le rapport futur de Son Exe. ,si toute- fois on vent bien le faire véridirpie et pas trop lin unique^ viendra à l'appui de noire assertion, que les conseils gé- néraux en grande majorité, ont volé en corps fidèles et dignes de défendre les inléréts d'un peuple qui veut, en déj)it du rainislèrft.ttcft/f/ et d'une poignée dc_ révolution-; naires, rester royaliste et chrétien. VEÎS'DÉE. I,c conseil général a exprimé f(jrmcllemfnt son vœu j)oîjr réroclion de 1 évr'< hé di' l.uçon : aux 7S,û()0 (r. c|u'il " alloua lan dernier pour 1rs ( lablissemcns épiscopaux, il en ajoute celle année d.ooo fr. , afin de pourvoir aux dé- ( 1'^) penses que nécessitera l'évacuation de rancien st^minane. EURE. Le conseil j3;énéral de ce déparlemcnt a mis plus d'iina- nimiléque jamais dans ses délibérations; il ne s y psI trouvé qu'un seul membre qui ait réclamé en faveiir des I.an- r«AYrf. On a voté une somme aiinm'lle de 10,000 fr. pour l'inslruclion de sujets qui se dfsiineroicnt à enirer dans la Congréf>ation des Frères de la Doctrine chrétienne, et qu'on a le projet de mettre par la suite à la tète des écoles primaires dans le département. On auroit doublé cette vsommede 10,000 ^r.^ si l'année n'eût pas été aussi avancée, et si 1 on eût pu espérer concourir, avec le conseil général de la Seine-infericure, à relever l'ancien et magnifique établissement des Frères de Saint-Yon , que renferme Va Nille de Rouen. Les autres chapitres ont élé traités dans le même esprit. CHARENTE-INFÉRIEURE. Le conseil général de ce déparlement a volé des fonds considérables pour la restauration de la cathédrale de Saintes. SOMME. La session du conseil général du déparlement de la Somme a été remarquable par quelques votes d'un intérêt majeur. Ce conseil a employé ses centimes facultatifs en secours aux hôpitaux , aux communes, pour la reconstruction dos, enlises et autres œuvres de cette espèce. 11 a renouvelé le vœu de voir cesser le veuvage de son église [i). 11 a rejeté la méthode d'enseignement mutuel « comme n dangereuse par ses conséquences, pour la religion , la " monarchie et l'ordre social.» Il a fait nn premier fonds pourunélablissement à créer, «iont le but est de former des instituteurs prim^tires pour les campagnes, à condition, toutefois, que cette école normale sera sous la direction des Frères de la Doctrine ( hrétjenne. (1) M?"" (le Bonihcltes , évèmie d'Aïuieiia , a pris possessvoa ( 4'4 ) , Une caisse des incondies a étë formée pour venir au secours des viclimes de ce fléau ; le conseil général a in- diqué des mesures léf^islatives et de haute administiation , propres à en alténuer les rava^jes. Il a appelé raltention du gouvernement sur la misère toujours croiss.into i!es villes manufacturières, et surtout de celles dont Tinduslrie repose sur une matière première exotique. Enfin ce conseil a sif!;nalé et a prouvé par expérience les défauts du cadastre parcellaire, et a fait ressortir les avan- tages du cadastre par masse de culture. En tout il a montré un véritable attachement aux doctrines religieuses et mo- narchiques, une grande connoissance des affaires pu- bliques et une fermeté inébranlable , unie à une juste modération. Le conseil municipal de la ville d'Amiens a suivi l'exemple du conseil général du département, et l'ensei- gnement mutuel a été re]eté pour la troisième fois ^ en dépit des mesures combinées du ministère, du préfet et des libéraux, tous réunis. ALLIER. Le conseil général du déparlement de l'Allier, après avoir pris les moyens les plus efficaces pour acquérir un palais épiscopal, sollicite vivement Tenvoi de Tévêque nommé; il en lait sentir la nécessité, basée sur ce qu'il est impor- tant de pourvoir à l'éducation religieuse des enfans des campagnes et à la desseite d'un grand nombie de paroisses restei's depuis long-temps sans pasteurs. Le conseil vote quatre bourses pour l'éducation d'autant de jeunes gens qui se destineroient à l'état ecclésiastique, et émet aussi i inlention, pour l'année prochaine, d'établir na grand séminaire. L'éducation des filles du peuple dans les villes a fixé 1 attention du consoilj ilvote une somme de deux millcfrancs pour être distribués aux cliefs-lieux de chaque arrondisse- ment, à titre d'encouragement, à condition que les écoles seront dirigoi;'; par les sœurs de saint Vincent-de-raul ; il renouvelle ausNi le vœu d'^ voir rétablir les corpomtions" religieuses pour rt-ihuaiion dos deux sexes. «• fiCS corporations i-'ligicuses , dit le conseil, sont • seiilts jM'iipres à «tablir un svstèinc uniforme, inacces- ( 4'5 ) M sible à la corruption du momie. La gf^n^ration qui s'ë- » l^ve doit fix<>r tous les regards ^ de soti éducation dépend » le Mul de la Fra:ire. » Les Frères de laD')etrine ( hrcti('nner)nl é>ô aussi l'objet d« la solliiiludo du ronsfil gou'* rai ; li s rliHigcs qui pèsent Sur le département ne lui « «it pas primis celle année d'af— ferler des tonds à un éi^iblissemeni de ce g( nre ; innis il espère quVn nS^o, i! pourra réaliser un vœu duiit il sent depuis long-lemps toute rimportance. Le consed dé>ire aussi que les con-eils municipaux soient toujours consultes lorsque le o;ouvernement voudra établir des écoles à la Lanraslre. Celle mesure paroit d'au- tan' p'us s;ioe , qu'un «eriain nombre de communes ont témoigne leur prélérence pour les écoles dirigées par les Frères de la Doctrine chrétienne. Pénétré de ses devoirs, le conseil f;énéral du départe- ment de l'Allier a porte ses vues sur tout re î|ui peut amé- liorer le sort des administrés, et les plus petits détails ne lui ont point tchappé. COTE-DOR. Le conseil général de ce déparlement a perdu l'un de ses membres l< s plus dévoues, par la destitution arbitraire de M. le comte de N irieu. Quelques journaux ont parlé de cette destitution, et chacun a pu en apprécier les iiotifs. Etrangère à nf>lre sujet . nou.s n'en re\eIerons pas les dé- tails, qui sont le complément du système adopte el suivi avec acharnement contre les rojalisles uepuis la fatale ordonnance du 5 septembre. Le bon esprit du conseil général du département de la Cf" ie-d"()r s'est main'fuji , el, malgré l'espèce de terreur qu'on a cherche à lui iinp inier, ce corps a lulle avec hon- neur contre les peifides insinuations des administrations locales. Voici un extrait et des cunsideians el des déli- bérations : « Quant à la demande faite par M. le préfet, dune » sonime de six mille francs pour les écoles d(^ l ensei- *» gricineut mutuel, consideraut que c'est aux communes » et aux villes seules où ces écoles s'é'ablissent , à pour- I) voir à leurs frais, puisqu'elles ne s'y établissent que sur I» leur demande el dans leur intérêt, comme toutes autres » écoles quelconques; que sur ce priucipe, il n'a jamais ( 4i6 ) « été fait de fonds par le déjiartement pour FinstructioTr )! primaire de qut'ique nature qu'elle ait éié ; que d'ail/eur» » celle allocHtioiî seroit en opposition manifeste avec le » vœu du conseil qu'il a einis l'année dernière , de 1 éla- » blisbcmcnt des î'rères dos Eco'es chréliennes dans les « villes, vœu exprimé étjalemenlpar les conseils des quatre » arrondissenieiis, et molivé sur l'heureux effet que l'école » des Frères de Saint-Yon, depuis son établissement à '' Dijon , a déjà produit sur les enfans du peuple , soit sous y> le rapport de l'instruction, soit sous celui, beaucoup >> plus important encore , des mœurs et de la religion : » Le conseil arrête quil ne peut faire d'allocation » pour cet objet. >» La rédaction de ce considérant a excité de vives récla- mations de la part de M. le préfet j mais elle a passé à 1« majorité : oh s'ist ensuite occupé des articles (|ui présen- loient des intérêts généraux. L.e conseil émet le vœu, I ".qu'il soit pris une mesure légisblive tendante à répri- mer les oulraf:;es faits à la religion, soit par des actes publics, .«-oit dans des écrits publies, et répandus, et (|ue ceux qui s'en rondroient coupables fussent poursuivis par-devant les tribunaux , à la diligence des procureurs du Koi ; i°. que les cures et desscrvans soient rétribués par le trésor royal , de telle sorte que les communes n'aient plus besoin de leur faire un supplément de traitement , ce qui , en rendant les curés et desservaris plus indépendans, les fêroit respec- ter davantage dans leurs fonctions j 3". (|ue les ordonnances relatives à l'observation des fêtes et dinianches (i) fussent leinises en vigueur. 'Ce troisième article n'étoit pas probablement dans les vues de M. le préfet, puisqu'il l'a contesté; néanmoins le conseil l'a maintenu dans ses procès-verbaux. On a de plus demandé que la majorité fût comme autre- fois fixée r» vingt-cinq ans. La centralisation de l'adminis- tration , et les ravages de l'usure, ont comme à l'ordi- naire fixé l'attention du conseil général, qui a fait tout ce qui a dépendu de lui y owr finir a oer honneur; car il est permis de supposer que si le même système est toujours ( i) Cette demnrule cl tout à fait jusln , car, soiis Ii-s yeiu ni^me des niinisfres du l\oi, ne voii-on pos couslaninicnt |cs nurs de, iètés et dirpancliçs proKmt's ' . (/f7 ^ snivi, la faux révolutionnaire étendra ses ravages sur lescon- spilsgéni'raux comme surlercsledcradminislration , qui est devenue, ainsi que l'a dit avec justice Tun de nosmeilieurs journaux , la fiuntc de la France. VIENNE. Nous terminerons cet article par un aperçu des proccs- verbaux du conseil fnénéral du dt^partemcnl de la N loiiae. Dans uiieprochaine Livraison nous en donnerons quelques autres, et c'est à regret que nous nous voyons forcés , par le défaut d'espace, de ne présenter à nos lecteurs qiie des extraits qui perdent toujours à l'analyse , surtout lorsqu'il s'agit de traiter des matières aussi graves, et qui intéressent autant Tordre social, la monarchie et la religion. Sur les dépenses variables, chapitre IX, M. le préfet a proposé d'aliouer dix-huit cents francs pour l'enseigne- ment mutuel. « Le conseil général déclare ne voter aucun fonds pour » cet objet, attendu le peu de succès de tous les clablisse- n mens de ce genre qui ont été tentés dans le département. » J-e conseil vote 1,000 fr. de supplément de traitement, à chacun de V1^L les vicaires généraux , et affecte :i,ooo fr. à titre de secours au séminaire de Poitiers, pour le paie- ment d'une maison de campagne qu'il vient d'acquérir, C« vote est appuyé do sages réflexions, et sur la néces- sité d'aider , autant que possible, un établissement qui doit fournir aux campa^ties et aux villes du département, des «rclésiasiiques dont le déficit se fait chaque jour sentir plus vivement. «Le conseil général, parfaitement instruit de tout le )) bien que répandent à Puitiors, dans la cl;4sse indigente, » les Frères des Kroles chrétiennes, voit avec satisfaction » combien les enfuis confiés à leurs soins, depuis huit ') mois, sont méconnoissables, soit par leiar tenue dan<; »> les églises et même dans les rues, soit par le respect » qu'ils leur inspirent pour les auteurs de leurs jours. >' Celle autorité esi trop souvent méconnue dans co )) .siècle, où le \enin séducteurderin'dépcndance^ s'insinue » jusque dans les cœurs de l'âge le plus tendre. Elle me- » naceroit la société entière d'un bouleversement général, » si les exemples fréquens d insubordination qui ont eu M lieu celte année, se renoaveloienl encore. Gràcçs im-^ C 4i8 ) » mortelles soient donc rendues à ces hommes simples f » qui, par principe de relii^ion, font It iir bofihfur de M donner aux onfaiis des pauvres, l'eduration convenable » à la condition dans laquelle ils sont no.s j di- les instruire j) dans li'S principes d'une vcrluensc murait;; do leur ins- » pîrer le goùi du travail, le rospeci et 1 alla, henioni à la }) personne du Hoi, et de leur persunler que, dans » quelque position ijuc l'homme soil [)l.»cé, il est toujours » dans la dépendance; qu'i. peut être heureux dansloules « les conditions de laviejtjue ce ne sont pas les grands biens » (jui font son bonhour sur la terre , mais une conduite » exeiripto de tout repro..he , une ronscieure pure, et qui n n'est troublée par aucun remords, etc. etc."» Le conseil , ayant aussi pris en considération le \œu exprimé par les arrondissetnms de Poiliers et de Loudun , vole en taveur des bières de la Doctrine chrétienne, une somme de 5, 800 fr. ; il vote en outre diverses réparations à des églises, et y aflecte une somjno de (),ooo tr. La seconde partie, sous le titre de ParUc morale ^ n est pas traitée avec moins d'étendue, ni avec moins de zèle, pour tout ce qui peut intéresser le bien public et celui du rlaiit .i la prospi rite ohifion. Les lois achicllemcjit existantrs (jvi ne sont pas contraires à la Char/r, restent en vieueiirjiistjii'a ce qu'il ) suit lé^^a- letnent dérorx. Voilà ce (jue prescrit l'article 6"^ de l'acte constitutionnel. O'i fnit chaque jour un intolérable abus de ces expressions; mais si la France est réduite à la honte de voir citer continuellement les lois de la révolte, et les décrets à" l'usurpation dans les jugcmens de nos tribunaux monarcli'ques, et dans les ordonnances que les ministres nous ;:riposent au nom du Roi, il faudroit au moins ne pas c'.ibfier celles de ces lois qui, par hasard et en petit nombre, peuvent s'accorder avec la justice et la raison, uiaiiitenir l'ordre et la paix, et assurer les droits de la religion et de la ro}'aulé. Nous croyons de notre devoir d'en rappeler quelques unes qui ne seront pas sans utilité dans ce moment. Une assemblée séditieuse et illégale se réunit depuis pbisieurs mois; les ministres , après l'avoir signalée lîans la (Jianibre dos Députés, ont eu 1 imprudence de ne pas la dissoudre; les tribunaux s'occupent enfui de c.Mte me- sure, ils s. appuient sur Farticle 291 du Code pénal. Les amis de la liberté de la presse contestent à celle loi sa clarté , poussent des hurlemens contre l'iulerprétaîion q»i'on lui doiuiu, el la bravent au point de se rassembler le jour même où elle est invoquéi/. Issajfons de leur faire conno-itre des décrets ^1 des lois du bon temps de la Conve^nfion el tlu Directoire, de ces iiuiof liés q;i lU aiinenl à nummci populaires, dont ils ont f*if partie, qu'ils acioroient autrefois, ef qu'ils voudroieht rpssvisciter aujonrtî liul , les voici: Loi fjui fit' fend fontes affdintiona , Of^régations, fédérations ^ ainsi que toutes correspondances en nom collectif de sociétés. iR octobre 17(^4 (25 Ijrumniro an IM ). Art. !"*■. Toutes affiliations, a^réf];aJions, f(>(lpralinns , ainsi que toutes correspondflnccs en nom collectif entro sociétés, sous quelque dénomination quelles existent, sont défendues comme subversives du gouvernement, et con- traires à l'unité de la république. Ceux qui sij^neront, comme présidens ou secrétaires , des adresses ou pétitions faites en nom collectif, seront firrêtés et détenus comme suspects. Chaque société dressera, immédiatement après la publi- cation dupréseiit décret, le tableau de chacun des membres qui la composent, et la date de son admission dans la société- Copie de ce tableau sera, dans les deux décades qui suivront la piil)lication du présent décret , adressée à l'agent national du district; cette copie sera et demeurera affichée dans le lieu des séances de la municipalité. Tout contrevenant à une disposition quelconque du présent décret , sera arrêté et détenu comme suspect. Il existe deux arictés duDirectoire absolument conformes à cette loi, et qui en prescrivent l'exécution. Le premier est du 27 février 179^^ (8 vendémiaire anlV). Il ordonne sans aucune formalité la clôture de pUisieurb sociétés à Paris. Le second est pins étendu et plus molivé , le voici : Arrêté du Directoire sur les Cercles constitutionnels. Du 14 rtjgrs lyi^S ( a4 veiilose an ^ I ) Le Birccioiro exér litif, considérant que la plupart des .>ociélés , dites cercles conslitulionnels , seniblenl former des irorporations dans l'Etat, que les citovcns qui les com- posent el agissent colleclivcment, violent évidemment la t onslitulion, qui ne reconnoit d'autres corps, d'autres réunions sous ifcs dénominalions colleclives, ) Qu'il est des cercles contitiitionnels qui ont porté l'abus jusqu'à c jrtx'spoil Jre avec des puissances étrangères ; Arrêle ce qui suit : Art. l'^ Toute adresse oi! pétition pr'isiîntéoauDirerloire rxéoutit , aux niiuislres et aux add.inislralions, sous une ilrnoMiiiialion colle clive quelconque, sera, par cela seul , mise au rt-but et non répondue, qiel que snil son objet. Alt. 11. Toute société, dite cercle constitutionnel , oa réunie sous toute autre dénomination, qui fera collecti- vement un acte quelconque, sera fermée. Celle interdiction d'une puissance rebelle à rautorité légale, n'est pas, comme on le voit, une nouveauté. 11 nous seroit facile du citer, contre les prétentions des indépendans, une foule de lois existantes; et comme ces lois sont," en quelque sorte, ou leur oavrage, ou des lois de leur famille, il seroit curieux de voir comment ils s y prend' oient pour les repousser ou les^ récuser. A qvielles indécentes vociférations les infati;;ables libé- raux ne se livrent- ils pas chaque jour contre de braves soldais qu Henri IV HOinmoit ses compères ^ contre des guerriers dont l'assassinat a payé la fidélité, qui sont na- tionalisés par le san;^ qu'ils ont prodigué pour le i\oi, ot dont la pairie fait , sans aucuns frais , la sûreté de nos fron- tières? (jC nom de troupes étrangères, cependant ne révoS toil pas tous nos hornnips à principes, quand, le 8 sep- tembre 171)») .^'-i'^ fructidor an Vti), le Corps-Léjçislali-f pro( lamoit une loi qui'autorisuit la création de difiVrenlès /étions étrangères <^o\ii la dénomination d' Italiques ^ de Polonaises , cl de Francs du ISord. Ces libéraux , si fron- deurs, éloient-ils iuoiu:> Français alors qu'aujourdhui? je. 1 ignore, mais ils éloienl plus contenus : ils n'osoient ré- clamer, et obéi^soiont en silence. On parle de deslilution! J"lt que disoil-on quand une loi flu 20 scpleriibre 1 79^, une loi du 10 juin 1794 (2.'i prai- rial an 11 , rt dix autres , à toutes les époques, obligeoient les Français à se munir d un certificat de civisme, pour exercer, non seulement la moindre place gratuite, non .■•euleineiil une cliarçe acquise avec finance, mais encore', pour lourjicr un Iraitemcnt ou une pension quelconque? Le inoindre fonctionnaire éloit soumis impérieusement a rc'ite lorniahlé. Le gouNernemonl d alors ëtoil tyrannique', sans doii'e : m.iis en voulant des b'>infiii*s animé* dé son ( 4^2 ) esprit et de ses principes, il se monlroit du moins consé- quent , el aujourd hui , sous «n Monarqtip , c'est aux répu- blicains , ^nx libéraux , aux jacobins et aiix doctrinaires que sont données toutes les préférencf s. On peut se prf^sen— îer avecles anciens certificats de civisme de c^3. Un certificat de royalisme est plutôt un titre d'exclusion que d appui. Ces lois d'une époque déplorable que nous venon* d'arracher à l'oubli, ne sont pas les seules qu'il seroit à propos d'invoquer dans ce moment. Nous rcippellerons, par exemple, au maire de Mamers ce décret du ij mars 1790, qui ordonne de liorer aux tribu- naux tout citoyen qui se permettra la moindre indécence dans ies lieux consacrés à la religion Nous citerons aux ennemis du clerp;é le décret du 26 juin a 793 , qui déclare que le traitement des ecclèsiu*tiqucs fait ■partie de la dette publique. Aux Verres de notre époque, le décret portant que tous les fonctionnaires publics rendront compte de leur fortune acquise depuis la résolution. Aux spéculateurs de la Bourse, le décret du 17 août 1 7q3 , qui ordonne lajonnation d'une commission chargée de réprimer l'a/^iofagc. Enfin nous apprendrons à tous les députés du oentr-e qu'il existe une loi du ?5 septembre 1792, qui déclare incompatibles les fonctions de représentant de la nation avec toute autre fonction publique, et un autre décret du J7 octobre de la même année, qui ne leur permet d'accep- ter de places du gouvernement que six ans après rétablis- sement de la constitution. Il est vraisemblable que toutts ces lois pleines de sagesse ont été surprises à la majorité saine de \n Convention, et qu'elles sont évidemment l'ouvrage d'une minorité fac~ tieuse. Elles n'en existent p;is moins , on leà trouvera toutes à la date indiquée dans un recueil en vingt volumes, où toutes les horreurs de la révolution sont annotées avec soin. Cequ il j a de remarquable, c'est que l'on doit aux presses àei'imprimerie ivyule ceiic collection si judicieuse et si pleine de convenances. Deux recueils historiques pourstiivent leur utile et cou- Mgouse carrière , la Bibliotlièqur Royaliste et le Parachute Monarchique , ou Mémoires de l'Acadérnie des Ignorons. C 4^^ ) L* 17* livraison du premier de ces recueils, qui a paru le lonownibrc, conliont, entre autres moroca'ix impor— tans, un article très (tendu sur l'affaire Lef^uevel et Leg;ill; c'est un compte rendu par MM. le marquis de la Ijocssière et le comte du Rotderu , impliqués dans cette odieuse et ridicule conjuration , de la même manière que M. le géné- ral Canuel fut compromis à dessein dans cette autre cons- piration , plus odieuse el plus ridicule encore, de la terrasse des Tuileries. Ce compte rendu faitsuite aux ar; ides insérés dans la Bibliothèque rovaliste, vol. 3, pa!>. 48. Rien de plus imposant et de plus noble que ces paroles de M. le comte du Bolderu. Leguevel lui reprochoit d avoir été son com- plice et de l'avoir rendu sa victime j M, du Bolderu se levant : « C'est ai'ec regret ^ dit-il, yue je cheiihe l'i, » sans la trouver , une image du Christ; c'est en présence >» de Dieu même que je omis adjurerois de dire la writr; » Qous n'oseriez pas soutenr le mensonge sorti de oote 8 bouche. » Leguevel, confondu , demeura sans réponse. On remarque aussi, dans celte livraison, des recherches inté.ressantes sur la con litution du royaume de France, depuis la fondation de la monarchie j l'auteur, M. Sarran, y fait preuve tout à 'a fois et d'instruction et de bons senti- mens. Un autre article de M. *** sur la merveilleuse fortune du mot ultra., est rédigé d'une manière piquante, et contient des citations curieusps du journal anglais le Neiv Times, C'est én;alemenl dans, le courant du mois de novembre qu'a été publiée la Ho' livraison du Parachute Monarchique^ sous le titre àe petits eot traits des tahletles de M. le Réfléchi. L'écrivain , qui prend ce nom, analyse 36 numéros d'un journal intitulé le Contre-poison.^ el qui parut en 1791. il s'applique à démontrer lanalnaie qui existe entre les prin~ cipes de ce journal et les doctrines que soutient main- tenant le Courrier. On trouve dans cet article des anecdotes et des rapprochcmens sinj^uliers. ISous répétons qu'on s'aborme à la Bibliothèque Roya- liste, « hcz tverat, imprimeur-libraire, rue du Cadran , no 16, à raison de 10 fr. 5o c. par volume de .^ livraisons^ «t au Parachute Monarchique , au secrétariat de l'Acadé- mie des lp;norans, rue Saint-Honoré, n" 2^0, à raison de l'j fr. 00 c. pour deux vol., ou de iJS fr. pour quatr« volumes. ( 4^4 ) A M. I/ÉDITEUU DU CONSERVATEUR; Monsieur, Dans une tragédie qui vient d'obtenir au pre- mier Tliéàtre-Fr.inrais un snccès brillant €t mé- rité, le fils de Louis IX, Philippe, adresse ce vers à Cbâlijlon, scène IF, acte P' : Un chevalier français ose accuser son Roi ! L'auteur de celte tragédie, M. Ancelot, a pu voir dans celte situation une intention dramatique^ mais il importe à la iamille Gaxiclier de Cliâtillou de prouver que cette situation, de même que l'expression des srntimensqui l'amènent, sonten- licremeut contraires à la vérité historique. Voici ce qu'on lit, tome IV, page 490? de l'Histoire de France par Velly, Louis IX, année J249: « Châtillon cependant veilloit à sa gloire et à sa )) sûreté (Louis IX). Seul il défendit long-temps i) l'enti-ée d'une jue étroite q-ii conduisoit à la )> maison où ses domestiques lui reri-loicnt les » devoirs qu'ils croyoiejyt les derniers. On le )) voyoil tantôt fondre sur les infidèles comme ui^ M éclair, abattant et tuant tous ceux dont il avoit » prévenu la iuite par sa vitesse , tantôt laire re- » traite pour arracher de son écn , de sa cuirasse , )) et même de son corps, les flèches et les dard» )) dont il étoit tout hérissé. II relournoit ensuite* )) avec plus de furie (pi'auparavant j et , se dressant ;> de temps en temps sur ses étriers , crioit de loutt^ M sa force à Châtillon , chevaliers , à ChatiHoti ! » etoii sont donc m&s p}'ii(lhoinn)e\ i^ mais en vain : » personne ne paroissoil. Accablé enfin par la ■)■) foule, épuisé de fatigues, tout couvert de traits 1) et percé de coups, il tomba mort en défendant » «an Roi et sa religion. Un Sarrasin lui coupa la, ( 4*5 ) » tête. Ainsi priit Gaucher de Cliâtiron, jdune » siMf^neur de vingt-liuit ans, mais déjà l'admiiM- » tit)n de runiv«'rs par toutes les grandes finalités » qui l'ont le héro*. » Vous vovez , M. l'Editeur, queChâtillon n'accu* fioit ni ne trahissoit son Roi. Un de vos Abonnés^ Paris, le 24 novembre 1819.' Nous avons vu M. de Ga/'^'s pr_^:nier ministre f/e^aïf, position asstz piquante, qui donnoit à son pouvoir un petit air d'usurpation, assez dans les mœurs du temps. Il falloit séduire ou_trO!iiper ses collègues, quelquefois leur tondre la mo in, quelque- fois leur tendre des pièges 5 on laisoit souvent l'un et l'autre en même temps. On menoit des intrii^ues au lieu de diriger des affaires j on essayoit de grandes vengeances pour vaincre de petites résis- tances; on s'applaudissoit d'avoir fait fléchir ceux qu'on n'avoit que révoltés; on couroit d'un parti à un autre, en avantl'air de leur donner de l'appui, mais , au fond, dans l'çspoir de trouver un soutien. Les flatteurs s'extasioient, crioient au miracle, proposoientde dresser des autels au grand homme, et commenrôient par lléchirle genou, en tendant la main. Tout cela enivre un moment ; mais , ren- tré dans le silence du cabinet, on s'aperçoit qu'on n'est rien, qu'on ne conduit rien, qu'on n'a ni force personnelle, ni pouvoir, ni considération; et , tourmenté du besoin de la légitimité , on veut passer, du premier ministère de fait , au ,>remier minittère de droit. Rien n'est pins facil : il ne faut qu'imc ordonnance; M. de Cazes contr<.-signe l'ordonnance: et cependant il ne sera ni plus, ni moins qu'il n'étoit. Seulement, ^i le pub ic s avise de prendi'e au sérieux l'idée de sa puissance, il sera TOMI V. — 61* LlYAAISOK. aâ ( 4^6 ) seul exposé aux préventions , aux ressentimens qui jusqu'aloi's se partageoient plus ou moins égale- ment entre lui et ses collègues. II n'y a pas de pouvoir en France, parce que les conditions d'aucun ordre politique ne s'y trouvent complètes 5 il n'y a pas de libellé en France , parce qu'aucune institution ne se met en rapport avec les lois fondamentales de l'Etat. Toujours placés entre le despotisme ministériel et l'anarchie , nous avons à la fois la Charte royale qui nous veut libres, et l'administration buonapartiste qui nous voudroit esclaves. Tout ministre tend donc à Val- traper, par la centralisation des intérêts adminis* tratifs , les concessions que le Roi a eu la bonté de nous faire sous les rapports polili<|ues. Ce combat dure depuis cinq ans, et tant qu'il durera, il n'y aura ni pouvoir, ni liberté, ni système auquel puissent se rallier les esprits. Aussi avons-nous \u IVl. fie Gazes appeler à son secoui's, avec la même indiffo- lence, et les lois d'exception et les lois révolution- naires} implorer le secours des royalistes contie les jacobins, et les doctrines des jacobins contre les rovalistes ; diminuer la Chambre des Députés, dans l'espoir de la conduire, et augmenter la Chambre des Pairs pour l'annuler, sans se douter du danger qu'il y avoit de rendre à tous les partis leur première vigueur, an moment où l'autorité légitime, rétablie, nepouvoit s'alfcrmir que parle calme des passions. Il cherehoil le pouvoir, et ne le trouvant pas, il forma le proj<'l ■l ) qu'eutrc des opinions fixes il n'y a pas de milieu, mais un Yide absolu que les doctrinaii» s nç rempliront jamais. Les minislériels «îout (inis; les élections l'ont prouvé d'une mi' ièif i-coutes- table j et le premier ministre de cirnt , plus em- barrassé que ie premier ministre défait , sans parti K\\n soit le sien , va ouvrir la sessi.-n avant d avoir pu se dire à lui-même quelle Oj)inion il appellera à &Q\\ secours, sans avoir aucune certitude qu'une des deux opinions qu'il a blessées également ré- poudra à ^on xippel. Les libéraux paroissent pré- léi"er de le braver à continuer de le tromper 5 et les royalistes en ont été trompés si souvent «|u'ils seront long-temps à s'y laisser reprendre. Si on appelle cela augmenter en pouvoir, o^i se fait illu- sion. Le pouvoir, dans un gouvernement représen- tatif, ne se fait point par ordonnance , mais par le talent, par l'art de s'unir, ou de réunir à soi les opinions dominantes. ]Nous sommes obligés d'éta- blir ces tristes vérités , afin de préparer les esprits aux événemens qui nous menacent encore, Ab! que le despotisme est une chose commodel Le desjjote prend le premier esclave qu'il trouve sous sa main, et lui dit : « Sois visir, » Il est visir. Il est vrai que l'opp-isilion se montre par des ré- Aoltes, des incendies, et que le despote, qui ne tient pas plu s à son ministre qu'à ses sujets, livre sans elForls la tête du visir aux factieux qui la demandent. On en retait un autre; et cela continue jusqu'à ce que le hasard amèue un homme. Il n'en est pas dje même dans les gouveraemens représentatifs 5 ce n'est pas du hasard qu'on attend un grand talent uni à un gr.md caractère 5 il f^^^ pi-oduit de lui- même ([uand les conditions de ce gouvr-ruement sont complètes- quand elles ne sont pas cotnplétes, ce genre de gouvernement ne pioduit pas de mi- nistres d'une haute capacité 5 il empêche seulement qu'un homme incapable puisse se soutenir long- ( 4^3 ) temps; car les esprits sont fiers aussitôt qu ils ont des lômoins; et partout où règne la publicité, il est im])0ssible à un homme de mérite de se mettre à la suite d'un sot; il lui est même impossible de ne pas se prononcer contre; il seroit jugé j)ar sou silence aussi sévèrement que par son asseutiment. Toujours à côté du gouvernement que nous avons adopté, n'osant y entrer fraucliement, nous ne pouvons cependant revenir au pouvoir absolu, qui n'est pas la niAnie chose que le despotisme; car il ne faut pas oublier qu'en France le pouvoir, bien qu'absolu dans les choses de gouvernement , é\ it limité dans toutes les parties de l'administrr- tion . Les Parlemens alloient d'eux-mêmes ; le clergé avoit sa fortune particulière et son indépendance j l'éducation, richement dotée, ne se douloit pas qu'un jour elle deviendroit un ministère ; les pays d'Etal avoient leurs libertés, qui étoient grandes; les communes avoient aussi les leurs; des usages plus forts que les lois, car ils étoient consacrés par le temps et par les mœurs de la nation , proté- geoient contre les caprices des ministres ce qui restoit de nos anciennes instituions et de notre ancienne fierté. La révolution a tout fait dispa- roître; et, si le pouvoir étoit absolu aujourd'hui, il le seroit plus qu'à Constanlinople, puisque les Turcs ont une religion, des usages, et que nous n'en avons plus, du moins qui soient respectés. Tout ce qui nous manfjue doit être, ou suppléé parle pouvoir, ou naître des dispositions de l'opi- nion publique; c'est ainsi qu'elle est devenue une puissance. Autrefois, sur une mesure d'adminis- tration publique, on disoil: a C'est ou ce n'est » pas l'opinion des Parlemens, du clergé, de la )) noblesse , du commerce; » maintenant qu'il n'y a plus que des individus, on dit sur tout : « C'est )x ou ce n'est pas l'opinion de la France; » et, ({uoique c^la ne soit jamais facile à Goustater, cfu* ( 4^9 ) la France est î)irn j:fran(!e, en criant fort, on fait à volonté une de ces opinions pnL' iques devant les- quelles le pouvoir recule d'autant plus aisément, qu il ne trouve rien sur quoi s'appuyer, et qu'il lui est impossible de distinguer l'opinion de la France qui cric, de l'opinion de la t rance qui se tait, surtout depuis qu'on a dit en vers : Le silence du peuple est la leçon des Roi$«l Si on lait la leçon aux Rois en se taisant, il faut convenir qu'on ne se gène pas beaucoup , dans les- gouvernemens représentatifs, pour la leur faire en parlant. Comment s'y reconnoître? INIais , enlin , il ne s'agit pas d'examiner si la France sera sauvée par un visir, puisqu'il Kepeufc mêiue y avoir de premier minisli'e, comme sous le pouvoir absolu , depuis que le Roi , dans sa sa- gesse , a reconnu l'action nécessaire des trois pou- voirs delà société, et qu'il a voulu queses ministres ne fussent pas seulement responsables devant lui, mais qu'ils jjussent être accusés par la Chambre des Députés, jugés et condamnés parla Chambre des Pairs. IVI. de Cazes n'est donc pas premier ministiHî ; il n'est qiie président du conseil des ministres,- et ce qui iudiqueroit qu'il a gagné en faveur, ne prouveroit pas du tout qu'il est grandf en pouvoir. Les lois et les choses restent ce qu'elles étoient. Si M. de Cazes a fait sauter M. de Riche- lieu , qui étoit président du conseil, et M. Dessole, qui étoit aussi président du conseil, il n'y a pas de molif pour croire qu'un président du conseil soit , par ce titre seul , plus qu'un ministre , et que cela le mette à l'abri des chutes. Le bmxit qu'on fait de l'élévation de M. de Cazes ne lui est pas favorable. M. de Talleyrand étoit arrivé d'emblée à la présidence, M. de Richelieu de même, M. Dessole encore, et personne n'en avoit montré d'étonnement. Au mouvement d'opinion qui se ( 43ô ) failàrélévalîon deM.daCazes à la présidence du conseil, ne dircit-on pas qu'il a lallu du temps pour y accouturatr la France? Cela ne seroit pas poli. Pour nous, nous n'avons éprouvé aucune surj)rise /parce (jue cela laisse la France au même point où elle étoit. Si on change de système, c'est alois que nous sercns étc nnés, puisque ce sera la première fois que la présidence du conseil aura rendu la lumière à des yeux qui ne vovoient pas. M. de Cazes restera-l-il dans son aveuglement, ou en sorlira-til? Telle est la question qu'on s'est faite pendant quarante-huit heures 5 et quoique la curiosité sur ce point soit déjà moins active, nous allons essayer d'y répondre, en anticipant un peu sur l'avenir, selon notre usage 5 mais l'avenir ne nous a poiut encore démentis. 11 est vrai qu'il vient si vite maintenant, qu'il faudroit avoir bien du malheur, quand ou n'est point mini'ître, pour ne pas le pressentir. On persccutoit les royalistes, on obéissoit aux jacobins, oupevdoit la monarchie , tel étoit le sys- tème. On persécut(;ra les royalistes, on se fera un langage monarchique, on flattera les jacobins , en disant qu'on les brave 5 tel sera le système. Pour adoucir les royalistes, on essaiera de leur faire comprendre qu'on estbien revenu des préventions qu'on avoit contre eux ; qu'il est impossible de nier que les événcmens n'aient justifié leurs pré- dictions ; que la nomination d'un régicide a révélé le secret du parti libéral , et qu'on sent le besoin de revenir sur ses pas ; mais que si on a pu com- promettre la monarchie sans mesure, destituer sans mesure les véritables serviteurs du Roi , il faut beaucoup de mesure pour rentrer dans l'or- dre ; que la /m^/'on a de teriiblcs préjugés qu'on ne peut trop ménager 5 que le mal se fait toujours vite et le bien lentement; qu'on connoît le désin- téressement des royalistes; qu'ils ne veulent rien ( 43i ) pour eux; qu'on sait que le salut de la France leur sufRt j et, après ces «louccreuK préliminaires , on leur proposera de soutenir d'abord les projets du ministère, en attendant que le ministère soit assez fort pour penser à la monarchie. A l'exception des précautions oratoires, ce sera comme autrefois. Mais les rovalislcsse tiendront fermes ; ils rappel-- lerontle passé tant que rien de positif ne le leur fera oublier; et com,me on a fait le mal avec ar- deur, ils sont en droit d'exiger, et ils exigeront qu'on fasse le bien avec coui'age, ne fût-ce que p.onr guérir la nation de ses préjugés. D'un autre côté, on dira confidentiellement lUX libéraux qu'on est moins loin de leurs prin- cipes qu'ils ne se l'imaginent , qu'on l'a prouvé «iullîsaminent par l'indiftcreuce qu'on a montrée publiquement pour la religion , par le rappel des îçgicides , la haine qu'on a vouée aux royalistes , l'impossibilité de se rapprocher d'eux depuis qu'ils se sont mis des idées de liberté dans la tête ; mais que les imprudences du parti libéral alarment 1 Europe, et que la pétulance de ses prétentions eifraie le ministère ; ([u'il ne faut pas se diviser au ijioment où les homm,es monarchiques ne peuvent manquer de triompher, si on cesse de marcher ser- rés contre eux ; qu'on reste disposé à faire des concessions, mais qu'on ne peut honorablement avoir l'air de se les laisser arracher; et, pour preuve des bonnes dispositions où l'on est, on lappdlera les bannis, on refera pairs les vieux sé- nateurs de Buonaparleque le Roi avoit faits pairs, et que Ruonaparte avoit déjà refaits pairs. A ces deux ordonnances, les libéraux répondront, le juéme jour , par la plus forte baisse des fonds pu- ]>lics qui ait eu lieu depuis un an, jusqu'à ce qu'ils soient eu état de répondre autrement, et de mon- trer »jue quiconque a pu t^'iblier ce qu ils out voulu en 1792 et 1793, ce qu'ils ont voulu, en signant (432) l'pcîc a('rli!ionnel, ne peut plus leur faire une pro- pos'tidii qui leur convienne, même provisoire- ment. ÎSiUîs députes à so suite , entre deux partis dont l'un est reuijïli d'une juste déllance , et l'autre des plus vifs l'essentimens, quelles lois politiques pO'irra pr/'sentor le minîst('r<^? 11 se bornera à des projfl? d.' loi <|ui ne ((nicheront ancun intérêt actil ; et i'opjî'ion marchera d'autant plus vive- meni hors des Clian>bros, ,|ue rien n'y répondra à «on impa'ience.-'O'i donc sera l'augmentation du pouvoir de ]\j . de Cazes ? dans un gonverne- mput vepréscntatir, il n'v a de pouvoir pour un ministre qu'putant qii'il se place a la télé d'une opinion -acli\e ; et tout ininistvc qui n'aura pas rompu sans retour avec les royaliste s , ou avec les libéraux, ne prendre l'initiative de bien haut. Mais enfin , la précaution n'est pas inutile 5 car si le ministère ne propose rien , ils diront que le ministère a eu peur de la iiation; et on les croira. Grands politiques du jour, qui n'osez mettre le nom de Dieu dans vos codes, ni donner à la reli- gion des garanties légales contre les insultes pu- bliques, tournez et -retournez les combinaisons de vos élections, multipliez vos commis et vos lois, vous n'aurez pas de société ; la religion seule en est la base. Les lois humaines n'ont de vie que celles qu'elles tirent des lois divines. Diminuez ou augmentez la Chambre des Pairs , vous n aurez r 436 ) cl'aristocratie que le jour où elle reposera sut Is plus grande propriété ; composez et recomposez la Cliambre des Députés , la démocratie ne sera organisée que le jour où il y aura des libertés com- munales et provinciales. Jusque-là , vou» vous épui- serez en conceptions secondaires, sans qu'il vou» soit permis de voir leiermooù vous vous arrêterez. « Mon pèje, disoit Jésus-Christ en mourant, par- » donnez4eur, car ils ne savent ce qu'ils font, » Ils savoient bien cependant qu'ils le tuoientj mais ils ne savoient pas le reste. Il est possible (pi'ils n'i- gnoi'tînt pas qu'ils tuent la monarchie, mais, à coup sûr, ils ne savent pas le reste. L'Europe er> a le pressentiment. Que l'on compare ce qui se passe en France, et en Angleicrre où le gouvernement est bien véri^ tajdement représentatif, bien franchement cons- titutionnel. Un sieur Roman , protestant du département de Vaucluse, est condamné mnnicipalement à six francs d'amende, jiour avoir refuse de tapisser le fîevant de sa maison le jour de In Fétc-Difu ^ tou- jours appelant et toujours condamné, les choses^ en sont venues à ce point qu'il a fallu traiter l'af- iyire à la Cour de cassation, sous la présidence de ^'l. jle garde-des-sceaux. L'avocat ne ÎNJ. Roman s'est permis de dire, en pleine audience, que la loi, en France, vloil athée , ei cya elle, devait Telrë . La loi qui ne parle point de Dieu, et qui refuse de parler de la religion, est négative, et par consé- quent athée logiquement, car l'athéisme le plus prononcé n'est qu'une négation de la spiritualité de la société ; mais afTiiMuer qu'elle doit être .telle, c'est trop fort^ et M. le garde-des-sceaux s'est contente de rappeler l'avocat à l'ordre. Quelle dif- férence dans le discours du juge qui présidoit à Londres la Coiir qui a jugéTimpieCarlisle !Ce juge s'estreconnu publiquement chrétien avant de par-' ( 4^7 ) îer comme magistrat , et rien n'est plus con.séqueîit. Il n'a point parlé du respect dû aux tribunaux j qui en doute en Angleterre? mais des lois qui punissent le blasphème j et il a ajouté : u Les lois àc. ce pays laissent à tout homme la liberté » d'opinion. Elles n'imposent à aucuii homme des ar- » ticles de fuij et tant qu'un homme renferme ses opi-» " nions dans son cœur, les lois ne peuvent lui en deman- M der aucun compte. Mais votre offense est d'une autre » nature. tUe ne consiste pas en ce que vous n'avez pas » cru vous-même, mais on ce que vous avez tenté d'in- » troduire l'incrédulilë dans l'esprit des autres, et de I in- » troduire dans une assez grande étendue pour détruire ■ le fondement de leurs espérances pour l'avenir. Si, » malheureusement pour vous, la foi d'autres hommes a » été ébranlée au point de les porter à des crimes qu'ils » n'auroient point commis s'ils n'eussent pas lu vos doc- » trines; si, dis-je, vous avez perverti ces principes de »> droiture dont la conscience des hommes a été imbue par » la Divinité, vous êtes hautement responsable envers ce M tribunal, qui, selon notre croyance, connoit le cœur et » l'esprit des hommes. Là , vous serez jugé par la Divinité » que vous avez offensée; mais sur terre, c'est i\ la loi de 3» ce pajs à protéger le public en général contre le mal j» qui doit résulter de la propagation de l'infidélUé. Vous n avez allégué que ce lieu n'étoit pas convenable pour la » discussion des vérités du christianisme j sur ce point je » suivrai votre exemple, et m'abstiendrai d'u)ie telle dis- » cussion. J'ai examiné les doctrines promulguées par la » sainte Bible et par mon Piédempteur, et j'espère et » compte, du fond de mon cœur, que cet e^iamen sera » utile, p07/r moi du moins, dans cette vie et dans l'autre. M J'aurai soin qu'aii moins il ne nuise point à autrui ; mais n je dois dire que l'examen a eu pour résultat d'affermir j) ma foi dans le Rédempteur, et ma croyance d?»ns cette t* sainte et charitable religion que ce pays professe. « La noblesse de cette prul'essiou dp foi dans un magistrat, a.produitlc plusgrand effet sur tous les auditeurs j ce qui n'élonne point en Angleterre, où le cowrage le plus estimé est le courage civil , ( 438 ) qui consiste à proclamer hautement les vérités dont on est convaincu, et à dél'endi'e , au péril de sa vie et de sa fortune, l'ordre social contre ses ennem-s intérieurs, bien plus dani^crcux ijue les enneinis du dehors. Ce courage n'existe en France que parmi les hommes raonaichi<|ues et religieux 5 il f si le garant de leur trio phe. L'homme n'est fort que de ce qu il croit ; et , en bonne conscience^ qui pourroit dire ce que croient les gens qui , de- puis trente ans, font des sermcns à tous les gou- vernemens, et renversent tous ]es gouvernemcns auxquels ils font serment , sans se douter qu'on ne voudroit pas prendre pour laquais, celui qui ne pourroit doiiner de meilleures garanties de sa fidélité, que celles qui font la fortune de la plupart de nos hommes politiques ? , FlÉVÉE. Traité des Contrais et des OhUgatiuns en général ^ sul- i?ant le Code cii'ii ^ par Alexandre Duranton, docteur ep. droit , avocat à la Cour royale do Paris. Quatre vol. in-tJ^. Prix : 24 fr-1 et .^o fr. par la poste. A Paris, chea Nève, libraire de la Cour de Cassalion, au Palais de Justice, n° y, et chez Rondonneau et Decle, au dépôt dos Lois , place du Palais de Juslico. Parmi les ouvrages (jiii paroissent chaque jour, et sur toutes les matières, nous avon>; distingué cl nous croyons diîvoir recommander aux amis des bons livres et des études sérieuses, le Irailé de !NL Duranton, sur les Contrats et les Obliiiaîionsen général. L'auleur,avecunemélhode parfaite^ un slyle clair, une logique pressante, a développé les prin-^ cipes généraux do la iiiaiièro, et en a fait Tapplicalion Ik tous les genres de contrats. Son livre présente la ronfé- reiice la plus approfondie, que nous connoissions jusqu'à ce jour, du droit romain, de lanrienne législation de la France, de la jurisprudence des parlemens, de nos lois nouvelles, et des décisions des cours du royaume. INl. Du- ranton s'est présenté au concours, qui a dernièrement eu Viiu pour la chaire de droit romain ; nous félicitons sin:è- ( 4^9 ) iMîmcnt la Faculté, si les juges ont fait porter leur choix sur un jurisconsulte plus éclairé, plus laborieux et meil- leur dialecticien. A. P. B. Les Négorialious âiplomaûques et politiques de M. le président Jeanniii, nmbassadour et ministre de France, sous François 1'='^, Henri IV, et Louis XIII inclusive- ment, précéilées du portrait de ce grand homm'^, et suivies de si's CŒi ivres mêlées ; 3 vol. in-H^. Prix : 2.1 fr. et a6 fr. So c, par la poste. A Paris, chez Polit, lib. de LL. A A. l\Pv. Monsieur et ]M«' le duc de Berry, galeries de bois , n" 307. Traité des Donations entre vifs , par C. G. Guilhon , procureur du Roi près le tribunal de Lecfoure , départe- ment du Gers (1). En lisant cet ouvrage, l'on est frappé de l'esprit analy- tique de fauteur, de la précision do son style, de la clarié de ses idées et de la profondeur de s*s dissertations. Occupé de rechercher les questions utiles et ardues, il examine surtout celles dont la solution peut encore présenter d.c?s doutes, développe les raisons pour et contre , et donne ensuite sa décision avec retenue et modestie. Un chapitre qui nous semble un modèle de précisioa dans une matière très-ddficile, c'est celui de la quutilè dis~ ponihle : on v trouve constamment l'exemple à coté du précepte. M. Guilhon d montre qu'elle a été faussement calculée jusqu'à présent relativement aux cnfuns notin-els , et la nouvelle méthode qu'il produit pour la fixer est rigou- reusement fondi^e sur la loi. La fixation de la valeur d'une rente viagère on d'un don en usufruit est un problème qui fait pâlir les juris; onsu'tes (l'/J? ce qu'on dit 1\1. Thouiller") ; mais >L Guilhon, après l'avoir rési)lu de la manière la plus générale, a joint, à la (1) Trois vol. iii-tJ" , hrorhes. Prix : i5 fr. et 20 fr. paT la poste. A Paris, chez Toiirnaclion-Molin et H. S(''^uin , lib. , rue de Savoie, n" 6; et cliez Le Norma-it . rue de Seine, u'' 8. ( 44û ) fin de son troisième volume, des tables, au moy^n des- quelles on peut connoitre la valeur de toute rente i>iâf;ère et de tout don en usufruit, eu éa;ard à l'âge de l'usufrintien Cet ouvrage, rempli d'idées neuves fi solides , fixera cer- tainement l'attention des juriscohsultes et des magistrats. M. DussAULT, dont les principaux articles de critique réunis sous le titre à^ Annales littéraires (i), sont devenus un monument de littérature , et un véritable livre de biblio- thèque , s'occupe, en ce moment, d'un Recueil d'Orai- sons funèbres ^ en quatre vol. in-S", dont les deux premiers renfermeront les Oraisons de Bussuet et celles de Fléchier^ et les deux autres, un choix des meilleurs ouvrages de ce genre , qui ont paru depuis ceux ào ces deux grands ora- teurs ; des réflexions préliminaires sur ï Oraison funèbre ^ des notions historiques sur chacun des personnages célé- brés dans les différens discours, et sur chacun des ora- teurs, orneront ce Recueil, qui sera imprimé chez Didot l'ainé , et enrichi de plus de trente-six gravures , d'après les dessins des maîtres les plus renommés : l'ouvrage sera pu- blié par Livraisons, d'un volume chacune. On sousrrit, sans rien donner d'avance, chez le libraire éditeur, Louis Janet^ rue Saint-Jacques , n° 5g. On vient de mettre en vente, une hrochure intitulée : De F autorité des Chambres sur leurs membres; par M. le duc "de Lrvis. In-S" Priv : 76 c. A !\iris chez Le Normant, rue de Seine, n^iS ; et N. Pichard, :ib . quai Conti , n" 5 (t) Quatre vol. in-8°. Prix : 34 fr. A Paris, chez Maradan, libraire , rue des Marais, faubourg Saint - Germiiin , n» 16, et Le Normant. •*V«.V\WW«VX\X\>W»\\>V\>\V\\\>VV^\\\.\IV*V\»VV'>IV\VV\^VV\\\>VV\%V>VV\'»V\A\V LE CONSERVATEUR. Sur les Mèlatiges TJltèinires , Poh'lif/ues et Philo- sophiques, par M. de Bonald (i). AuTREFOlS,lorsqucdnusdos traités dogmatiques, les vérités importantes de Tordre moral et politique étoieut attaquées, on vovoit Lieiilôt paroître des réponses qui étoient elles-mêmes des livres où les plus hautes questions éloient développées dans une juste étendue. « C'étoicnt, dit M. de Bonald, » des batailles rangées entre des troupes régulières, «livrées entre d'habiles généraux, où le succès «étoit glorieux, et où la défaite même n'éloitpas M sans honneur. Mais depuis que des levées irré- »gulières d'écrivains mal armés se sont jetées sur )jla religion, la morale, la littérature, ces at- )) taqucs, faites sur tous les points, et avec toutes »les armes , même les moins permises , faites dans t) Ags fenillotons et des pamphlets , où il n'y a de » profond que la malignité, et de sérieux que le «mal qu'ils peuvent faire ^ ces attaques ^ ou plutôt » ces incui'sions ont nécessité un autre système de » défense. 11 a fallu repousser avec des articles de » journaux et des brochures cette guerre de par- >j tisans , et donner à la raison et aux bonnes dcc- )i trines ces formes abrégées et rapides que le génie )) du mal avoit revêtues pour les combattre. » Voilà le motif qui avoit fait publier^ par 31. de Bouald, Ks dissertations que nous annonçons. (i) Deux vol. in-8''. Prix : i4 fr. , et i8 fr. par la poste. A Paris, riiez Adrien le Clère, impr.-lib., quai des Augustin», m" 35; et Le Norinant, rue de Seine, n" 8. ToMB V. — (»a« Livp^iîo:?. 29 ( 44^ ) Toi est encore aTijouvd'hul ie molif de leurpii- Llicaliou en corps d'ouvrage, car hi petite i^mrrc contre tout ce qui est bon et juste est devenue vlus active que jamais. Il y a long-temps qu'on désiroit a oir rénnis ces articles si remarquables (jui ctonuôi-ent, lorsqu'ils parurent, par l(jut ce (ju'ils reniermoitnil d es- prit, dégoût, de connoissîinces et de raison. On savoitbien queîM. de Bonald étoit un esprit supérieur dans un iivre,' mais autre chose est le talent de faire uii ouvA-age , ou de placer, dans un article qui ne doit pas dépasser les limites d'un journal, tout ce cp:i est r.écessairc pour rèpaiulre la lumière sur les plus hautes ([ucstions : c.t un^ue leonein. M. de Bonald s'est monlrtî peut-étrç nnssl étonnoîit dans quelques uns des articles qu'il a puldiés que dans ses admimbles ouvrages. jNous n'avons rien dans notre langue qu'où puisse mettre au-dessus d'une dissertation sur la Turquie d'Fu- ropc qu'il lit paroître dans le Mercure , et qu'il publia à la suite de la Législation primitive. Ja- mais on ne vit de plus haut les c^énemens de l'histoire. Ce morceau semble ddîaché du Dis- cours de Bossuelsur l'ilisloire universelle, au livre des Empires. M. de B'onald déleudoit alors tous les prin- cipes de rordr(.', de ia religion et de la morale qui avoient élé si long-tenqis méconnus. Lui à Tvl. de Chatearbriand , il exerça la plus gv«iide iiifluence sur l'opinion ; et toutes les véi'iles sont tellemeut liées que Buonaparte craignit des liommesqui prenoient autorité au nom de l'ordj-e, senlanl bien qu'ils dévoient éti-e amis de la légi- tiuiilé. «Vous a\e7, toit, disoit-il à un de ses mi- » nistres, de ne pas arrêter les écrits de ces deuv » hommes 5 ce sont ;;ii fond des ])arlisans des » Bourbons. » Buonaparte ne se Irompoil pas» t^t ils uit SK trompent pas encore ceux qui. aujour- ( 443 ) 4"lnu , poursiiivrnt de leur liaine deux écrivains f[iii honorent la France j)ar leur caractère et par leur î^énie. Mais ils ont de quoi se consoler dans le présent et dans lavenir. ^1. de Bonald a mis en tête de ces deux volumes des Réflexions sur \oltairc, qui n'étoient pas en- core connues, et où cet homme sinpidicr, devenu un signe de contradiction parmi nous, ejt jugé avec une impartialité et nn<; justesse d'esprit plus rares aujouid'hni que jamais. Il est peu n'hommes qui aient réuni un esprit brillant a îjne raison profonde. ÎM. de Bonald a éminemment i'nn et l'autre. I.a sas^acité qui f;an- chit If milieu des idées 5 cette pénétration qui touclie au but dés le pi-emier pas, sont unies, dans ses dissertations, à la iinesse qui voit de près. Per- sonne n'a prouvé mieux que M. de Eonald l'in- fluence des livres sur la société. Personne n'a poî-té des atteintes plus fortes à la philosophie du (iiv-huiliéiue siècle, cette philosophie, (jui^ séricuseinent approfondie, et réduite à sa plus simple expression, est l'art de se passer de l'Etre souveiaincment intelligent, de la divinité,, dans la formation et la conservation de l'univers, dans le gouvernement de la société, dans la direc- tion même de j'hornînc. « La philosophie des )) modernes, dit ?»1. de Eonald, est donc une » philosophie essentiellement athe'e, suivant la )> loi-jc de cette expression : athée de priucipe3 » dans quelques uns qui nient toute e\isl( nce » d'un Lire supiéme, athée de consé juenre dans » les antres qui nient son action dans la société, M et sa présence au uiilieu des hommes. Entre » l'athéisme et le catholicisme , se glisse nne » troisième opinion, timide, incertaine, variable, » qui se croit sage parce qu'elle est foible, im- )) partiale parce qu'elle evt indécise, modérée » parce qu'elle est raitoyeiiiie^ Cette doctiiuc est ag î) le déisme. « On peut remarquer en France trois opinions politiques correspondantes aux trois sys- tèmes religieux. Et les doctrinaires, placés, entre les royalistes et les révolutionnaires, sont les déisles de la politique. La rov^uité du Courier est quelque chose d'aussi \ague que Fa religion de /a Mvier\^e. i Toutes les dissertations renfermées dans les Mélanges peuvent être citées comme le modèle d'une diction précise et simple de cet esprit péné- trant qui v-oit tous les objets, et les met tous à leur place , de cette hauteur de pensée (pii embrasse si bien un système de philosophie, et en sait tirer toutes les conséquences. M. de Bonald , dans un article sur l'unité religieuse, s'élève aux pi usbelles considérations de l'ordre social. La religion, qu'il contemple dans sa sublimité , lui prête. sa lumière. Tout autre éclat, quchjue pur et brillant qu'il semble être , trompe les hommes j ce ne sont que des lueurs au-dessus des abîmes. On sent, dans les écrits de M. de Bonald, l'amour du bien ])ublicj il n" écrit 'que pour la vérité. Ses j^cnsées descendent de son intelli- gence dans son cœur. Elles éclairent et échauf- fent. Un ancien a dit : Pecliis est qnod disertinn Jacit, C'est là toute l'éloquence de IVL de Bonald. Voyez comme il plane au-dessus de la société, pour lui apprendre ([ue, malgré les vicissitudes des choses humaines, le moral en elle ne doit pas plus changer que le moral de l'homme 5 que le christia- nisme est le dernier état de la société, et (pie s'il pouvoit périr, la société aur' qu'elles avoient , pour leur commune défense, » confiées à fautorité publique. )) Ainsi, lorsqu'un vaisseau a fait naufrage sur » une côte abandonnée, et que tout espoir de » retour est perdu , les hommes de l'équipage , » dégagés des devoirs de l'autorité et des liens de j) la subordination, et rendus par le malheur à » l'indépendance et au soin de leur défense per- » sonnelle, .emportent chacun de leur navire » brisé tout ce qui peut servir à prolonger et à î) défendre leur misérable existence. » Genolde. ( 44G ) Mi'nioires sur les trai^aux piihlics de V Angleterre y suivis d'un Mémoire sur l'esprit cVassociatiou , et sur les dijfcrens modes de concession ; par Joseph Duteiis , ingénieur eu chei , directeur des pouls et chaussées. Un ^ol. in-lf, avec caries et planches. De l'Imprimerie Royale, iBjq. ISI. Dufens avoitété chargé par ftï. le directeur général des ponls et chaussées d'étudier le système de petite navigation établi en Angleterre , et d'examiner si son ensemble, ou du moins quel- ques uns des mo^fens dont il se compose , pour- roienl être avantageusement introduits en France. C'est le résultat de ces recherches et de cet examep que l'auteur vient de publier dans une suite tle Mémoires, aussi intéressaus par leur étendue que par [importance 987 47 Celle des canaux de peite na- vigation, de 886 i/i2 1,425, 8i4 4ï Longueur totale 2017 3/4 3,246,801 88 -3i î-es prinripa'es rivières qui ont c'té rendues navigables présentent une longueur de > 5o6 » 8i5,2i4 72 Ce n'est pas .par leur Lcaulé et leur régularité que les routes d'Angleterre sont remarquables, c'est par leur bonté , qui est due à une administra- tion sans cesse surveillante , et dont les soins des- cendent jusqu'aux moindres détails. Ces soins ont pour objet particulier l'établissement de petits aqueducs, en bricjues , eu planches ou en troncs d'arL» es, qui , à des dislances très -rapprochées , procurent l'écoulement aux eaux de pluie. On emploie une grande quantité de matériaux sur les l'outes , et sans doute cette circonstance est le pre- mier élément de leur bon élat. On n'y voit pas de matériaux déposés en tas réguliers j les ouvrages de réparation et ceux d'entretien sont exécutés par les paroisses, se font à mesure du besoin, et souvent les voituriers viennenl déposer leurs ma- tériaux sur la chaussée même , où ils sont employés tout de suite. Des péages sont perrus aux barrières ; la con- cession n'en est accoi-dée que pour vingt-un ans ; mais elle est lacilement renouvelée par le parle- ment. }.es barrières ne sont point placées à ties distances unilormes , mais seulement suivant les convenances locales. D( s réglnmens déh'rmineut une certaine proportion entre le poids dont p.eiit ( 449 ) êlre cliargée une voiture, et la largeur des jantes de ses roues. Des ponts à bascule servent à vérifier le poids des voitures, et à constater l donnent lieu qu'à des concessions de péages temporaires. Enfin ceux qui sont entrepris pour ramélioi*a- tion des propiictés particulières , mais dont la mise en valeur intéresse toute la société , donnent lieu à une simple disposition administrative. ' Tout est en liarmonie dans cette législation, et une double circonstance, dignede remarque, c'est, -d'une j)art, le grand nombre d administrateurs , ux recouuoitre les avan- tages, la Fran e , pour atteindre au même but, n'auroit pas besoin de prendre tous ses exemples chez ses voisins. iKe retrouve-t-elle pas , dans les concessions des canaux du Midi, de Briai-e et d'Orléans, les principes qui dirigent le gouverne- ment anglais? La question de la perpétuité n'étoil pas mise en question sons les règnes d'Henri IV, de Louis XIII et de Louis XIV. Il est vrai que les événemens politiques, ayant pendant long-temps fait perdre de vue ces entre- prises, le gouveinement ne trouve le plus sou- vent, au lieu de compagnies réelles, que des bailleurs de fonds. Mais si ce moyen ne répond (Qu'imparfaitement aux vues qui doivent diriger un l'tat, il est néanmoins favorable à la renais- sance et à l'esprit d'association. Ici M. Dutcns démontre que ^ pour la conce'- ( 453 ) iion des péages des grands ponts, le mode suivi pur le parlement d'Angleterre est le plus utile qu'où puisse adopter. « En fixant et en assurant, dit-il, le bénéiice de l'entreprise, il fait disparoîlre ce désir peu moral d'un gain excessif : dun autre GÔl«'' , par le placement nécessaire de partie du produit du prafjr dans les londs publics, il lie les fortunes particulières à la fortune de l'Etat. » 11 ajoute qxu^ , de même ([u'on a fixé un maximum de bénéfice, on pourroit déterminer un minimum au-dessus duquel le £fou\ernemeut subviendroit à un trop foible intérêt de fonds. \^es concessions relatives à l'établissement et à l'entretien des ports, et à la conduite des eaux dans les villes, lui semblent également applicables en France. Quant aux dessécliemens ^ il pense qu'à l'exemple de l'Angleterre, le gouvernement feroit bien de ne recourir que le plus rarement possible à l'intermédiaire des spéculateurs dont les calculs, reposant plus particulièrement sur l'état d'ignorance ou sur la condition peu aisée d'uue certaine classe de propriétaires, n'ont rien de commun avec cet esprit d'association dont les heureux effets influent tout à la fois, et sur la prospérité nationale, et sur les sentimens qui peuvent honorer les hommes réunis en société. IN DUS avons fait connoître avec quelque étendue l'ouvrage de M. Dutens, parce que c'est un ouvrage utile, parce qu'il mérite de fixer l'attention d'un gouvernemeut éclairé, parce qu il doit concilier à son auteur l'estime de tous ceux qui savent appré- cier les études et les lumières dirigées par l'amour du bien public. T. ( 454) De la sitiiaiion des royalistes , et cTune injlucncé particulicre aans le ministhrc. Quand nos neveux demanderont pourquoi de nos jours la royauté a eu tantde peine à s'afTermir en France, malgré le concours àcfi Rois et des peuples, chose étrange! il faudra leur répondre qu'il en est arrivé ainsi parce qu'un Itonime s'est rencontré qui a iru de son intérêt pailicUier do séparer la royauté des royalistesj et quelle sera leur surprise, quand ils devront chercher cet homme non dans les fastes de la révolution , dans les rangs des premiers auteurs de nos troubles^ mais sous les broderies ministérielles, au sein de tous les honneurs dont un Koi peut combler son sujet! Cet homme, diront-ils, secrètement engagé à rillégilimité, fut-il poussé par elle jusqu'au pied du ti ône pour préparer sa chute? Isouveau Zopvre, est-ce elle qui l'envoya pour servir sa cause sous un faux déguisement? — Ison ; une telle coml)i- naison demande plus de profondeur et aussi plus de perlidie que ne lui en attribuera riiistoire. Cet Lorume qui n'étoit rien le jour où la faveur de son maître le souleva, ne se trouva point ])réparé pour un premier rôle, et de là tout le mal : déplo- rable eflet de l'éducation moderne qui rétrécit les esprits, et ne leur laisse rien voir au-delà des pré- jugés et des routines révolutionnaires! 8ur 1(!S hauteurs où cet homme se trouva tout à coup pla- nant de toutes parts sur la France, il ne sentit point son caïur battre à l'idée de la glorieuse res- tauration dont il pouvoit devenir 1 instrument; peul-élre même ne la comprit-il pas, préoccupé, comme il nous a paru 1 élr •, du désir de conserver sa plate , et de fuirefoi'inne , désir toujours domi- ( 455 ) nant dans les temps de corruption, et qu'encou- raiîe encore un slupide vulgaire, prêt à battre des mains a tous les accroissemeus rapides et surpre- nons dont il paie les frais. Cj\'sI ici le lieu de remarquer combien devoit être de*sastreux dans ses effets ce concours inouï de circonstances qui foi'ça le Roi légitime à rester si long-temps spectateur immobile de nos trouble? . Onns d'autres lenips, la monarchie avoit été ébran- lée ^ mais, dans la tempête, le pilote avoit pu res- ter sur le vaisseau. Qnand à deux époques diverses les bannières de l'Angleterre et de l'Espagne flottèrent tour à tour sur les murs de la capitale, Charles VII éloit en armes sur la Loire j Henri IV triomphoit dans le Périgord avec ses braves compagnons j et, après que ce prince, dont le souvenir est la joie des cœurs français, eut conquis son trône, les coni]>agnons de sa victoire prirent part à son gou- verneint-nt: il se trouva dans son camp un vaillant capitaine qui n'atlendoit pour être un bon mi- nistre que de n'être plus forcé à se battre; et les mêmes mains qui avoient si habilement dirigé les canons du Roi aux champs de Coutras et contre les remparts de tant de villes, ne surent-elles pas rétablir ses finances, et arracher la France aux traitaus et aux factieux? Tout a été différent, comme tout devoit l'être, dans les opinions du seizième et du dix-neuvième ■siècle. ÏSwlre révolution n a point été une querelle départis, mais une maladie sociale, qui, de la France où elle est née, a cherché à se répandre sur tous les peuples de l'Europe, et que tous ont enfin résolu d'anéantir eu réunissant leurs efforts contre la cont.igion, A une révolution cjui, dés le j)rinoipe , a affecté quelque chose d'universel, ou ne pouvoit opposer que la force des choseS;^ et ( 4.>6 ) c'est elle qui a fait rentrer enfin la Maison de Bourbon dans ses droits. Mais cette force des choses qui restitue les trônes à qui de droit, ne prépare pas les mi- nistres qui savent les conserver. Peu de réputa- tions surnagent dans ce mouvement général d'une part; et cette inactivité forcée de 1 autre, et les fautes du gouvernement en i8i4 ne nous ont que trop appris que le drapeau blanc qui flotloit alors sur les clochers de nos villes étoit le si^ne , mais 1 '1' • . o ' non le gage as-^ure d une restauration. Le Koi de France qui, en ressaisissant le sceptre de ses pères, alloit régner sur ce peuple qui ve> noit d'inonder l'Europe de plus d'administrateurs encore que de soldats, n'auroit pas pu demander à l'opinion publique un premier ministre qu'elle lui désignât avec une entière confiance; tant il est vrai que le nombre excessif des moyennes capa- cités tue les grandes, comme ces hei^bes parasites qui étouffent l'espoir des moissons, et nous im- posent de loin par l'aspect d'une stérile abon- dance. Mais à la vérité on a reconnu qu'avec nos idées aduelles et les formes de notre gouverne- ment, c'étoil à la tribune à désigner d,es ministres au souverain; c est tlu sein des Chambres même que doivent sortir des hommes qui sachent les diriger dans l'intérêt de la puissance royale et des libertés publiques; et en i8i4 nous étions peu avancés dans le gouvernement représentatif. On ne peut naîtr»; à la liberté tout à cou]> ; il nous lalloit dépouiller ])eu à peu les préjugés de l'anar- chie et c<'ux du despotisme, et"la tribune si long- temps muette attendoit encore les voix qui depuis s'y sont fait entendre avec tant d'éclat. La tentative funeste de l'usurpateur avoit beau- coup fait pour noire éducation politi(jue en pla- çant (i«'s pliares sur tous les écueils à éviter, et en renversant 1 autorité d'une organisation n^ili taire, { 4^7 ) as ne vivre que de doctrines. Ce dernier triompiie paroissoit plus diflicile, puisqu'il y avoit entre elle elles royalistes^ qu'elle prétendoit suppiMiiter, le souvenir des services comme celui des offenses de la veille; tout cela n'a point arrêté l'homme qui joue avec les dillicultés, et bientôt nous avons vu tomber sur lu révolution toutes les faveurs du gouvernement, et toute sa sévérité sur les roya- listes. On a marché d'abord pas à pas dans ce sys- tème, pour que le monde, accoutumé aux ingra- titudes, souvent involontaires, n'en fut pas révolté; uuiis quand il aassislé auspeclitclc inouï d'un minis- 3o. ( 46o ) tère attirant en masse les ennemis de la royauté j et repoussant en masse ses amis , un grand secret a été révélé aux agitateurs de tous les pays, et ils ont trouvé dans tout cela je ne sais quelles mar(jues de celte caducité qui appelle les renouvellemens politiques. Rien ne prouve mieux la foiblesse du ministre qui a servi de levier au parti révolu lionnairc dans ce renversement de choses, que le prodige même de ce qu'il a exécuté. Assurément, s'il eût pu voir dans le principe toutes les difficultés du chemin qu'il a parcouru et fait parcourir à la France , il lût resté au point du départ. Mais il est moulé suv le vaisseau de l'Etat avec sa fortune à faire et avec toute son inexpérience, et il a cinglé à pleines voiles, sans savoir où étoitle rivage. Ce ministre, je le répète encore, eût suivi d'autres voies, si , en embrassant d'un coup d'ceil un svstèine qu'il n'a connu lui-même que par ses conséquences, il se fût dit : « Ce que je vais entreprendre eût effrayé la per- » sévérance d'un Richelieu et la souplesse d'un » Mazarin : il ne s'agit rien moins que de réfuter » la conscience de toute une nalîon , de changer )) les choses de face, les hommes de costume, de » travestir la trahison eu fidélité, et la fidélité en » trahison; que dis-je ! de réduire la fidélité eu V crime de Jèse-majesté ; enfin, de traiter l'opi- » nion publique plus lestement que ne l'a jamais i> fait un despote dans tout renivrement de sa )) puissance. » Eh bien! tout cela s'est passe sous nos yeux ; et, afin que lien ne nous manquât de ce qui fait souf- frir les pcujiles, il a été dojiné au système minis- tériel de r( ndie la Fiance aussi misérable que la révolution l'avoit rendue malheureuse. Après Us hommes odieux, elle nous réstrvoit les hommes incapables, certaine de régner sous leurs noms. ( 46. ) La Pi'ONidcncc, qui a sans doute ses desseins dans la longue crise dont nous sommes travaillés, a placé de ces honimc^-là aux deux extrémités de cette crise ; ks uns pour la commencer, les autres pour la prolonger. On trouve, au premier coup d'œil, d'étrano;es rapports entre les principes qui ont dicté la double représentation du tiers, et ceux couvrît de terre , poui* ja- mais, un pèle, une sœur, une épouse, sans lui laisser un d(;rnier souhait que l'Eglise ne pouvoit luire entendre alors. C'étoit une erreur pieuse. Buonaparte vint ensuite, qui rappela le culte exilé. Il fallut bien s'accoutumer a entendre lu \oix: de lEgiise. IMais au cimetière la philosophie lui dispuloitson mlnislère, et le prêtre navoitpas cessé, de parler qu'elle s'emparoit de la parole, comme pour cojilester la vie à venir, et assurer le néant au néniit. Dej)uis la rv.'stauration , cet étrange usage s'est maintenu, et l'on ne voit guère djnliLuualioiis , au moins de personnages uu peu remar<{uables, où des orateurs funèbres, délégués ou d office, iic se chargent de l'éloge du défunt, tj'è?-(.'mpressés de prendre la parole dès riiislant que le prêtre s'est ( 463 ) , tu. Observez que ce n'est pas l'inleution que |c l)]ânie ici^ mais la chose me paroît blâmable k plus d'un titre et très-dii^jne cl'nu temps (\m a déplacé toutes les notions, lorsqu'il ne les a pas perdues j car enfin, quel est votre des*seiu qiuiufl W)us suc- cô^lez, orateur profane, à l'orateur sacré? Est-ce un devoir chrétien dont vous pensez vous acquit- ter? Mais le prêtre vient de le remplir pour lui , pour vous et pour tous les assistans, avec mission expresse de 1 Eglise. Alors même que vous pour- riez espérer de parler plus convenablement qu'il n'a fait, encore vous faudroit-il qualité pour par- ler, autorité pour vous faire écouter. ]N 'est-ce pas plutôt l'orgueil vivant qui songe à briller devant un mort? Eh bien ! que louera-t-il? le^ qualités du défunt, sa naissance, son savoir, son esprit, ses vertus, peut-être ses erreurs etses crimes. Il parlera comme si l'ob jet du panégyrique pouvoit l'entendre et se repaître de ses éloges ; ou plutôt il parlera peut- être moins pour satisfaire une douleur qui veut s'épancher, que pour qu'on dise qu'il a bien parlé. Mais il a beau s'étudier, son éloquence est froide comme son héros; car elle nelui a pas été donnée de Dieu, cf'tte puissance de consoler un iils du dernier départ d'une mère qui ne rentrera plus jamafs clans sa maison (i). jNon, il n'appartient qu'à l'homme du sanctuaire de consoler ceux qui restent de ceux s'en vont, de parler d'éclatantes dignités devant celui qui n'a plus qu'une bière, des vertus d'ici- bas, devant celles de là-haut, parce qu'il abat les premières devant les autres, et que s'il s'humilie jusques aux grandeurs selon le monde, c'est tou- jours pour se relever jusques aux grandeurs selon le Ciel ; ainsi, quand Louis-le-Grand eut fei-mc les yeux, nulle autre éloquence que celle de l'Apos- tolat n'eût trouvé ces admirables paroles : Dieu (i) Job , cap. vu, V. lo. ( 464 ) seul eH grand j enfin , parce qu'il n'y a de con- solation pour ceux qui pleurent, que le lau^;age de celui qui a promis la félicité aux larmes, et que son interprète avoué est l'Eglise. Pour moi, je ne conçois pas ce que l'on peut trouvera dire après elle ;etsi l'on est bien touché, je le conçois encore moins. Que dans son cabinet, loin de ce dernier spectacle que donne l'ami ou le parent qu'on regrette; que là, dis-je, on trouve de ces paroles qui , nées d'une douleur véritable, la commun'quent aux autres, je le comprends; mais que dans un cimetière, au milieu de ce funèbre cortège, lorsqu'une seule planche vous empêche d'apercevoir ce parent, cet ami; que là on trouve des paroles, des ornemens , c'est ce qui me confond et me surpasse. Au reste, ces discours hors de lieu, l'autorité séculière pourroit, à mon avis, les interdire, puisque la religion de l'Etat est la religion ca- tholique ; mais qu'est-ce qu'on interdit aujourd'hui dans l'intérêt de l'Etat et de la religion? La morale religieuse, comme tons les moyens termes, est si complaisante ! Je n'entends pas dire (^ue lesprQtes- tans prononcent des discours après celui du mi- nistre ; et quand cela seroit, en voudroit-on faire une autorité pour les catholiques? Les cultes sont libres, dira-ton. Fortbieii; rsais quel est le vôlre? etd'où vient cet usage jusque-là inconnuà l'Eglise? Mais cet usage, pourquoi l'autorité ecclésiastique le toléreroit-elleou ne le ccnsureroit-elle que par sou silence? Ce sei^oLt excéder les bornes posées à ia juridiction, et sa police intérieure ne lui appar-? tient-elle plus? Je dis la police intérieure , parce que je suppose que le cimetière est de l'Eglise, en ce qui concerne les obsèques dt;s calholitpies : et qu'on n'allègue point ici la tolérance des cidtes, à uiûiiu qu'en ne tî-ad^uise tolérance par inlolé- vuncc ; c'est au nom même de la première (puis- ( 465 ) cju'on ne veut ])as au nom Ac la voliffion et de la société), ffiic l'Eglise catholi([ue doit être maîtresse chez elle en ce c[ui ne blesse pas les autres commu- nions ou cultes divers prolégés^ar nos lois civiles, lesquels d(iivent,il est juste, ê^re aussi maîtres chez; eux. 11 est bien temps de s'expliquer là-dessus , et qu'on sache enfin si l'on veut, ou non , la religion dans la religion , et la monarchie dans la monar- chie. Lequel Taut-il croire , lorsqu'on voit, par exemple , l'élection d'ut: régicide réfléchi, d'un régicide de droit , et, dans le même temps, la cé- rémonie expiatoire iiour une reine efforcée, esf-cf* , ,. »,, ^ î . , 1 .^.^ I a dire ijue a un cote on révère la victime, quanti -onncment qu'en me rélugiant à l'armée de« Pyrénéen-Orientales. La barque qui me porloil sur le fleuve ayant passé tout auprès de ce monument, je fus surpris de le voir restauré et agrandi. Son architecture avoit pris un caractère plus noble. Quoique toujours modeste, une multilwJe d'oiivriers de tout genre préparoicnt ou ache- voienl d autres travaux. Les iardins, descendant en terrasse sur les bopJs du Khone, me parurent plus rians et mieux cultivés. Ce coteau charmant , où l'œil du voyageur un mo- ment attristé par le défilé des roches de Dourcre, découvre avec transport les prerniersoliviersde la Provence, me parut plus pittoresque et plus animé. Je demandai à une dame, compagne de ma navigation, et que j'avois déjà reconnue pour être aée sur ce rivage, comment s'étoit opéré cet heureux changement. 11 est l'ouvrage, me dit- elle avec complaisance, d'une simple fille de village, sans fortune et sans aïeux. C'est elle qui, s»ir un plan plus vaste, va rendre cette enceinte , jadis si paioUicitudc et la même protectrice. Tout son système d'éducation reposoit sur la sainte alliance de l'amour et de la crainte de Dieu avec Tamour et la crainte du Roi. Lb règne de la terreur fini, les autels relevés , on vit le résultat des méditations et des travaux de celle humble fon- datrice. Les simples ouvrières se montrèrent tout à coup d habiles institutrices. L'atelier fut changé en une école chrétienne, où elles appelèrent , non les enfans du riche, mais ceux du laboureur et de l'artisan. Leur zèlcredoublant avec le succès, M"^ Rivière se vit bientôt à la tête d une communauté de filles qui , néus en grande partie de parens pauvres et élevés bien loin des besoins et du luxe des villes , ne demandoicnt qu'à propager l'inslructiou reli- gieuse qu'elles avoient reçdede leui- fondatrice. Lorsqu'elle les vit bien animées de son esprit, elle leur donna une rè^le simple quoiqu'austcre 5 elle ne voulut les assujétir à aucun vœu afui ([u'elles eussent toujours le mérite et la douceur d'un engagement toujours volontaire, l'allé les mit sous la protection de la Vierge, et leur donna le nom de Sœurs de la Présentation. Les communes voisines deThueys, voyant tout le bien qu'ellesyfaisoient, voulurent en jouir àle\ir tour et deman- dèrent les écoles des sœurs. Elles s'étendirent bientôt dans tout le déparlement de l'Ardéche. Les départemens voisins tirent les mêmes demandes que les communes, et de proche en proche, les soeurs se répandirent dans les départemens de la Drome, de la Lozère , du Gard, delà Haute- Loire, de l'Hérault, de Vaucluse , enfin dans presque tout le Midi. .I..a maison de Thueys ne pouvant contenir le nombre «Je I rotèssesct d'élève^que ces conquêtes aussi douiesque paisibles ont exigé, M"*^ Rivière a fiit 1 acquisition de ce couvent qui est placé au centre du département qu'ornipe son lroupeau,el qui parsa&ilualion sur le Rhône, lui donne avec lui des communications faciles et rapides. Son choix a été encore déterminé par la beauté du site , la salubrité lie l'air, et par un sentiment d'attachement et de reconnois- .•^ance qu'elle porte au département de l'Aidêcho, dont ce ( 47'). bourg est presque la limile méridionale. C'esî là qu'elle a ëtabli sa maison principale ou berceau de son ordre j c'est là qu'elle doit recevoir au moins »me ("ois par an , dans les grandes solennités de la relioion, toutes ses sœurs ou plu- tôt ses filles qui viendront liii rendre compte de leurs tra- vaux et prendre ses instructions. Voilà, me dit cette dame, avec un sentiment d'orgueij, ce qu'a fait une simple tille de village, tandis que vous autres hommes , vous vous perdez à chercher le meilleur mode d'enseijL^nement et d'éducation, ime fille inspirée par la religion l'a trouvé et l'a mis en pratique. En achevant ces mois , nous abordâmes au port de ma patrie que je félicîtois d'avance de posséder un établissement qui doit avoir tant d'induencesur ses mœurs et sur sa prospérité. Ce que je vis quelques jours après, me confirma tout ce que m'avoit dit cetle dame, et le tableau suivant que je vais en tracer sera comme la suite de sa narration. Etant à Saint-Gervais, joli village du département du Gard, chez le vénérable curé , 1\3. Servier , je me trouvois par un hasard heureux à larrivée d'une de ces sœurs que le maire et le conseil municipal desiroient et avoient de- mandée depuis long-temps. Son entrée dans la commune eût été un petit triomphe pour elle, si elle ne s'y bit opposée, mais il n'en fut pas moins un jour de fête pour toute la population. Toutes les mères de famille avoient été au-devant d'elle avec leurs filles qu'elles s'empressèrent de lui présenter. Elle étoit avec une jeune fille de dix à douze ans qui venoit faire auprès d'elle son premier noviciat. Le père de cetle jeune novice les avoit suivies à pied pendant tout leur voyage pour proléger leur marche et retarder l'instant de la séparation. La rencontre se fil sous un chêne qui bordoit la route , et qui couvrit de son ombrage le pasteur et tout son troupeau. La sœur cloit vêtue tout en noir. Elle me parut àgee de vingt- huit à trente ans. Elle avoit sur la tête une coiffure de taffetas noir telle que la porloit IM"* du Deffant , et qu'on la voit dans tous ses portraits. Elle portoit une croix d'argent sur sa poitrine. La jeune fille étoit vêtue comme la sœur, à l'exception de la croix. A peine arrivée, après avoir^ salué le maire et le curé qui lui firent laccaeil le plus obligeant, elle suivit la population qui d'elle-même s'etgit rangée en procession , et .s avança vers l'église en ( 470 ctianiani d^^s canliqu«s. La cloche du village méloît se» sons à ce concorl religir^ux. Du haut de la chaire évaw^é- liqiie, le riiré félicita ses paroissiens tie la conquête qu'ils faisoii'nt dans ce jour, et les exhoiJa à se rendre toujours dignes de celte (aveiir; il monta ensuite à l'autel pour bénir labseinblée. La jeune novii e ier,;iina la fête en en-* tonnarjJ, d'une voix douce et. ine'odieuse, bien digne «l'arriver à l'Lternel, le Sal^'um fur Regem que tous lesassistans répélèrent avec autant de respect que d'atten- drissement, l^entré au presbyt^ie, M. S^rvier me dit que la congrégation des Soeurs do la Présentation, biefi supérieure à colle de la baronne de Chantai, en ce qu'elle n'est pas renîermée d ) d'autres lettres, il me mandoit que la sœur s'occupoit aussi des jeunes ftmniesj quelle les rëunissoit certains jours; qu'elle leur taisoit connoitre et aimer eurs devoirs; qu'elle avoil enfin oper6 dans sa paroisse les plus heureuse» révolutions. Le vilL.j^e d. SiurW-Gervais a perdu Tannée dernière, ce pasteur des lonips antiques. Jtn mourant, il dit à ses paroissier's en pleurs, rassemblés autnur de soa lit : « Le Ciel a exauce me-, vœux. Vos en ans recevront une éducation chrétienne. i€ meurs » unteni de les laisser dans des mains si pures et si bienfaisantes d Vn ancien habitant de i' lidêche^ ex~sous~ préfet. Paris, Iç % (WcembfQ 1819. Fa ire beaucoup de bruit dans le monde, a lou- jonrs été un grand ino\ on de succès 5 les gouAerne- nieus repi-éseutaliis ont donc un avantage incon- tes table »uvcesgou\ernemens sages où le Lien se fait sans éclat, sans discussion, sans opposition, où tout marche sur d'anciennes habitudes et d'anciennes insliltilinns , où personne ne devient homme d'PJtat en ])iirlanl, et où chacun reste à la place où le sort l'a mis; ce qui est désespérant pour les ambitieux et les intrigans. Les journaux de Paris ^lïi 27 n-ovembre nous out donné le discours du Prince Kégent d'Angleterre à Touverture du par-^ Icment , et, deux jours après, nous avons entendu le discours du Roi de France, à l'ouvei'ture de la session des Chambres. Certes, il y a de quoi tenir \i^s esprits en activité; et on ne peut s emptclie.r de plaindre ces pauvres nations qui n'ont pas d'assemblées publiques, de corps déiibérans, et qui, par conséquent, n'entrent pour rien dans le cliqutitis d'opinions qui lait aujourd'hui le fond de l'art de gouverner et d'admiiiistrer les empires. Le rapprochement des deux discours est curieux ; il le srroit davantage s'il éloit permis de les çom^ Tome V. — 6a« Livraison. 3i (474)^ paver j car on ne peut se dissimuler qu'ils ont éf^ laits pour des circonstances cjui se reSvserablent aj^sez. Le Prince Régcut d'Angleterre a dit fran- cliement qu'il convoquoit \v. parlement pins t6t qu'à l'ordinaire, alin qu'il aidât la royauté à ré- primer promptement et vigoureusement les sédi- tieux et les Lfnsphématcurs , c'est-à-dire ceux qui veulent renverser la constitution et la religion de l'Etat. Le Roi de France a parle d'une inquiétude vague, mais réelle, qui préoccupe les esprits, et fait craindre à la nation de se voir arrachei-, par la violence des factions, le bonheur dont elle jouit depuis l'établissement de la Charte. Cela lu; veut pas dii"e positivement qu'il y '"^it en France des séditieux et des blasphémateurs comme eji Angle- terre ^ mais enfin des factions qui pourj-oient nous arracher violemment nos libertés constitution- nelles, déranger sans cesse les proportions dis pouvoirs de la société, tenter d'enlever à la reli- gion de l'Etat les garanties que les lois lui ont données, ou ([u elles lui donucronts'il plaît à nos ministres, retsembleroient beaucoup aux honiinc.'* signalés par le Prince Régent. Il est vrai qu'en Angleterre ils se montrent sur les places pu- bliques, avec des bonnets rouges et des drapt;aux ti icolores ; que chez nous ils u'ont pas de drapeau K arborés; qu'ils ont quitté le bonnet sanglant potu- des coiffures plus à la mode du temps, comme le loup cachoit ses oreilles sous le chapeau du boii berger Guillot: à celte diirérence près, il est avoué qu'il y a dauger et nécessité de s'opj)oser aux pro- jets des factieux chez l'une et l'autre nation. On ne s'éloigne que siir les moyens à adoplei-. En Anglet< ne , on peut discuter le discours du souverain, parce que ce discouis étant tou- jours présumé avoir été arrêté dans le conseil des ministres, ils eu sont responsables . et cela peut-il être autrement ? Dans un gouvernement ( 475 ) oii la publicité existe , où rien n'est et ne peut être iiiystérieiiv , coninK^nt le souverain iroif-il parler auv Chambres sans avoir Je ses ministres la garan- tie (ju'il ne dira rien ([ni ne soit reconnu vrai par la majorité, c£u'il ne proposera rien qui ne soit déjà dans les vciuix de la majorité? II e.vposeroit le ministèi-e à toute raniniadveisiou des Chambres , s'il avanroit des faits qu'on pût valablement con- tester ; il expos(>roit la royauté à voir avorter da propositions publi([uemcnt laites, si le ministère u'etoil pas d'avance d'accord avec la majorité pour les fair<; accueillir. Là les ministres ne se cachent pas derrière la royauté, pour qu'elle reçoive les coups des opposans 5 ils la couvrent au coniraire comme de braves et loyaux chevaliersr, aiin que les coups n'arrivent qu'à eux , et que la royauté sorte toujours saine et sauve du combat. C'eslparce que des arrangemens préliminaires ont toujours été faits entre la majorité et le ministère, que les discours des souverains en Angleterre sont posi- tifs sur tous les points. C'étoit de même après avoir écarté toutes \c$ difficultés par les conseils et l'as- sentiment des hommes marquaus dans nos parle- niens, que Louis XIV faisoitpublier ses édits avec cette assurance qui montroit sans cesse au peuple le pouvoir royal comme au-dessus de toute con- testation. Dans les régiraesconstitutionnels comme dans les régimes absolus , lart de prévenir les op- positions est le premier et le plus nécessaire 5 aussi n'y a-t~il que ceux qui n'ont vu agir le pouvoir que placés dans les antichambres, qui s'imaginent qu'il est iacile aux hommes ([ui sont à la tête des Etats de dire, comme Dieu : « que la lumière )) se fasse. » Avec cette doctrine, on est presque toujours exposé à tomber dans les ténèljres. Le Prince Régent d'Angleterre a dit ; c. Quelque » langueur se fait encore sentir dans cerlainea » branches de nos manufactui-es. « Plus heureux^ 3i. C 47(i ) le R(»i de France a dit: « Toutes \vs indusJn'rs ont u pris un noble essor. )> Il est injpossiMc, après cela, de con)})rendie comment nue jiétilion qwi circule dans le département de la Seine-Infé- rienre, Un des plus industrieux de la France, affirme que le commerce est mort ; et cela à pi o- pos des cha)}gemons que le minislère veut faire a la loi des élections. Gomme on ne peut supposer que l'industrie s'anime, et que le commerce lan- guisse , car le résuilat de ce contraste seroit épou- Aantable, il esta présumer que les pétitionnaires du département de la Seine-Inférieure ont mêlé le commerce et la Charte , comme certains écono- mistes ont confondu l'induslrie et la souveraineté du j)euple. Il y a trop d'idées dans Ie>s têtes au*- jourd'liui 5 bien habile seroit celui qui parvien- droit à les mettre en ordi'e 1 En Franc<', on ne discute pas le discours que prononce le Roi à l'ouverture des Cliambresj puis- «fu'il n'est pas eonvenu qu'il soit l'ouvrage des ministres, dans les assertions qu'il contient; car, pour la pureté du style , la beauté des pensées, la noblesse et la propriété des expressions, quel mi- nistre ponn'oit avoir l'idée d'être consulté? Mais si les ministres n'y sont pas, au moins pour les mesures provoquées, comme rien ne peut i^aranlir au Roi c[ue les propositions laites sont dans le vo?u de la ma jori té, t'nsu[)posantque nos ministres aient, comme en Angleterre , une niaiorité fixe , il est im- possible (jue le discours du Roi de l' j'ance soit aussi positif que le discours du Prince Régent d'Angle- terre. Il en résulte ce grave inconvénient, que les journaux se mettent ji (■xj>liquei" ce que le souverain a dit, et ne parviennent qu à dénaturer la j)ensée première, tandis qu'en Angleterre [es écrivains politiques prennent de suite pnrti pour ou contre ; »t le public, aussitôt saisi des cjuestions princi- pales, ne so- sition sortoit de la Chambre Haute, indiquoit à la France un pouvoir occupé de ses destinées , modérateur entre tous les ]:;arli« , puis(ju'il n'a pins xien à désirer; elle étoit laite dans des termes gé- néraux; c'étoit son premier avantage. Le second étoit de laisser la pensée royale en dehors de la première discussion , et j)ar conséquent libre d'ar- rêter le mouvement si les esprits eussent été trop loin, et de les ramener à la vérité des choses pur son emincnte sagesse, tn effet, si cette proposi- l 4^' ) tion eût été accueillie pai' la Chambre des Df'pnfés (et elle r.iiiroit été sansiesefForls de M. deCa^rs), la discu>sion se soroit cnpitgéc. Des faits positifs, mis à la connoissance de ia France entière, au- roient appuyé la demande de quelques améliora- tions; alors les propositions dévelopj)écs anroient été renvoyées à la Chambre des Pairs, qui les au- ioit approuvées en tout ou en "partie; et, ainsi niodiiiî^es, elles auroient été respectueusement adressées au Roi, qui, toujours libre de les ac- cueillir ou de les laisser tomber dans l'oubli , n'au- roit du moins piis un parti sur un obiel aussi im- portant, qu'après avoir entenrlu les diverses opi- nions émises par ce que les ministériels appellent quelquelbis aussi les pouvoirs de la société, mais plus souvent le grand conseil national. JNous accepterons cette dénomination appliquée à la Chambre des Pairs et à la Chambre dis i^é- putés , et nous demanderons à iont homme de bonne foi si, lorsqu'il s'aj^it de modiiier la Charte, 1 opinion du ^rand conseil national n'est pas d'un poids mille ibis plus fort que le conseil de mi- nistres, qui sont et resteront hors de hiCliarte tant <[ue la T-espo}isabilité ne scia pas un iait accompli. Jvt quand on pense que pour avoir, à cet égard, l'unanimité dans le conseil des ministi'cs, il a fallu eu renvoyer trois, et les remplacer par des hommes que la France soupçonne , a tort ou à raison , de n'avoir d'opinions que celles qui conviennent à M. de Cazes,' ne frémit-on pas en voyant M. de Cazes seul apparoître, non pour dire d'unema- iiière générale qu'il seroit nécessaire d'examiner si la loi des élections ne trompe pas les vœux de ceux qui l'ont courue, et l'espoir de la France à qui on 1 avoit présentée comme un gi'ge de récon- «iliation, mais pour décider à la lois qu'il faut la changer, et pour dicter les changemens à faire? Ou répoindra que les Chambres sont libres de ve- ( 482 ) jetéi'le projet rjironleurprésentera. Alors poinquOÎ renverser la marclie de la constitution , qui veut que le mini>lère propose aveclaiitorisation l'ovale, qne les Chambres rliscutent, et que, jusqu'au fler- nier moment, l'opinion royale soit libre, et ne se prononce directement que lorsqu'elle est une volonté? Le Roi ne peut que vouloir; c'est ce qui fait que la royauté est le premier des pouvoirs, ne se compare point auv autres, et n'admet au- cune comparaison des autres à lui. Dieu a voulu que la décision suprême {lit au-dessus de la déli- bération; elle ne peut la précéder. Encoi-e si l'opinion actuelle de M. de Gazes sur la loi des élections présenloit une de ces opinions constantes qui sont toute la vie d'un homme, -qui flécèicnt son génie, et font taire les oppositions lorsque les événemens viennent révéler aux peu pies étonnés que ce qu'ils pren oient pour obstination étoit une prevovance au-dessus du vulgaire, on reconnoîlroit cette inspiration céleste qui a signalé quelques grands hommes d'Etat; et , de nos jours , Biirke, et cet incomparable Pitt pesant la révolu- tion française à son aurore , la poursuivant sous toutes les formes , et mourant avec la certitude de l'avoir vaincue, pourvu que des hommes, même ordinaires , se contentassent d'être fidèles au sys- tème qu'il avoit créé. Mais depuis combien de jours M. de Gazes a-t-il une opinion si prononcée contre la loi des élections? jN'est-ce pas lui qui a lait l'ordonnance du 5 septembre, et détruit l'or- donnance de juillet à laq-jcllc il emprunte main- tenant toutes ses dispositions? ]N'est-ce pas lui qui a fait passer, avec tant d'eft'orts, la loi qu'il veut renverser aujourd'hui ? IN'est-ce pas lorsqu'il dirigeoit la police qu'on se portoit aux élections en criant : j4. bas les urètres! à bas les nobles! N'est-ce pas lui qui a lait repousser si violemment la proposition si modérée de M. Barthélémy? ( 483 ) IN'esNce paslni ([ni u lenversé le mrnislère de M. de Richelieu , alin qu'il ne lût lait aucune modifica- tion à la loi? jN'est-cc pas lui qu'on a toujours vu auK élections repousser les royalistes et faii^ alliance avec les jacobins? IN'cst-ce pas lui prouvent, ou qu'il lui e&t indifférent qu'on attaque ce qu'il y a de plus sacjé parmi les hommes, pourvu qu'on l'aide à renverser la Charte au pi-ofit du despotisme qui] rêve, ou qu'il n a pas assez de pouvoir pour se faire ol>éir même de ceux qu'il paie. Dans le ])remier cas , qui voudroit se réunir à ses projets ■' Dans le second , qui pourroit comp- ter sur un nunistfc incapable de diriger deux journaux? Est-ce avec cette indifférence , ou avec cette foiblesse , qu'il enlèvera l'opinion de manière à la rattacher aux nouv-elles combinaisons électorales qu'on annonce ? Est-ce avec des variations conti- nuelles qu'il fixera l'esprit public , ([n'il calmer» des alarmes égales dans Jcs deux partis? Qu'il dise- C 4^^^ ) «ïonc iVaucljement les moyens qu'il emploiera y ^u'il uous donne des raisons que nous puissions saisir; qTi'il ranime des espérances, si cela lui est ])ossible ; nous ne dem;indons pas mieux. Il est si triste de désespérer de ravenîr de son pavs ! Mais lorsqu'il se bornera à faire écrire aujourd'hui dans nu sens des manœuvres qui écri voient la veille dans un sens contraire , et qui se démenti-' vont probablement demain; lorsqu'un article dûs jSfoniteur, impossible à comprendr»; dans chacune de ses phrases , finira par cette conclusion : « Ce » n'est pas changer les luis que de les ramener à » leur principe ; le législateur, qui les modifie, » ne fait que \es exécuter^ » nous lui dirons avec clarté : « Monsieur, agissez, si vous .êtes le plus » fort; nu\is faites taire ceux qui parlent j)0ur » vous, car aussitôt qu'ils vous juslilienl, vous » êtes condamné. » Ce n'est pas changer les lois que de les ramener à leur principe! Quel éioit donc le princi|>e delà loi oidii des changemens u la loi des élections, et de ne ])as seconder le mi- nistère qui eu propose. La proposition de M. Bur- ( ^^1 ) thélemy ne s'étendoitpas jusquà altérer la Charte; et nous avons prouvé dans h; temps que la Charte ne s'opposuiL pas à laugintiitalion du nombre des ^léputés, mesure deveuue indispensable, depuis «urtout qu'on a fuit des pairs à volonté. L article porte que les di'parleniens auront autant de dépu- tés qu ils tn ont eu jusqu à présent; ils en ont eu jusqu'àhuit cinls; ils en ont eu moins ; mais ils eai ont eu davantage : onétoit donc libre de suivre la raison et les convenances dajis !e nombre à fixer; et cens: qui veulent aujourd hui attaquer la consti- tution, sont les seuls qui l'uient interprétée dans un seus rigoureux qu'elle n'a pas. Mais enfin, si quelques changemeuî étoient nécessaires, ce que lions ne nions ni n'accordons, piarcj qu'il n'est pas temps de se prononcer sur ce point extrême- ment délicat , ce seioit au îninistère à rendre compte des motifs par lesquels ii provoque un changement; et jusqu'ici on ne nous a parlé que d'une manière si vague que nous n'avons rien, trouvé à quoi nous puissions rattacher nos pensées et nos sentimcns. jN eus aurions très-bien saisi le discours du Roi; mais les feuilles minisléiielles s'étant mises à l'expliquer, nous sommes retombés dans l'obscurité la plus profonde. jSous attendrons donc le. projet de loi qui sera présenté par le mi- nistère ; c'est avec lui que nous aimons à traiter, tant il est vrai que nous comprenons bien la Charte, El peut-on la comprendre sans laimer, lorsqu'elle a voulu qu'on fut toujours plein de confiance et de respect pour le Roi, et qu'elle a si bien arrangé les choses, qu'on ne se trouve jamais' en opposition qu'au ministère, lorsqu'il propose mal, ce qui arrive assez habituellement Cii France? Mais cela changera; les Franeais ne passent pas pour constans dans leurs habitudes. Bien des gens sont frappés de l'idée que le mi- nistère ne tiendra pas; qu'il sufliia, pour qu'il ( 4o fr., suivant la richesse de la reliure et cie ses acresyoires. Erratum. — 60" Livraison, page 347, '"' ^^'■''^ '^' c** s'-*^ ielt-'s :o il-cli-es encore assez vivaces..., lisez rivalis. ««\VVWV«M<«VW«V«V\«N%« IVn^ArVWVWVVW«MM«W«W»«VI' LE CONSERVATEUR. De la Clémence d'Henri IV. Pour apprécier la clémence du vainqueur d'Ivry, il faut se l'oviiiei" une fdt'e de la situation respec- tive des factions qui avoient si long-temps divisé la France, remonter à leur origine, conuoître les divers ressorts qui les oiit fait agir, bien distin- guer le hut où elles tendoieut, et ne point perdre oliUion subversive des principes constitutifs de la monarchie. Ils ont pensé, avec raison, que ce grand prince, n'ayant jamais été exclu de la couronne par uu système conti'aii'e à la domination d'un seul , mais unique- ment parce qu'il étoit entaché d'une hérésie, à la renonciation de laquelle le peuple et les chefii de Funion ne cessoient de l'inviter, en offrant de lui rendre sur-le-champ l'héritage de ses ancêti'eS; ToMB V.— 63* LiYBAisoy. 3a ( 490 ) n'avoit jamais dû croire la royauté attaquée darii son essence par ses antagonistes. Ils ont pensé encore que ce h^ros , fort de ses victoires et de son rctoui' au cathoUcisme, avoit pu abandonner sans danger toute pensée do rigueur et de violence envers des gens qu'un zèle outré pour la cause du Ciel avoit armés et poussés à de coupables excès et à la rébellion, mais qui n'avoient jamais en- tendu porter atteinte au ])Ouvoir monarchique, ni saper les bases fondamentales de l'ordre de la société. Ces sages publicistes, peu nombreux, n'ont fait qu'indiquer, en quelque vSorle , cette manière de voir, et ne se sont point livrés à de grands dé- veîofipeuiens. Ceux, au contraiie, dont le plan est de tourner à leur profit le souvenir de cette clé- mence admiiable, de la doniler aujourd'hui en exemple, et d'engager la puissance souveraine à ne point mettre de boincs à sa longanimité en faveur des révoltés et des traîtres qui l'ont attaquée naguère audacieusemont, et qui la minent sans relâche, puUuieiit dans les feuilles publiques, et montrent, dans leurs comparaisons, leurs disser- tations 1 1 les conseils qu'ils donnent à Tautorité supréiric, anlant d'ignorajice que de mauvaise foi. C'est donc à réfuter ces paradoxes, à démontrer ces < x-reurs hisloi-iques, débitées, propagées à dessein, que doit s'attacher un vrai Français , ami de la douceur et de l'évaugélique maxime de l'ou- bli des injures, mais, en même temps, ])énéli*é de cî.'tlc vérité éternelle, que L'iNDtji.cKNrE roua LES MKCHANS EST UNE INJUSTICE ET UN SUJET UEFFKOI POU a LES BONS. La notivelle secte qui s'éfoit élevée au milieu de la France, pendant les lègues de François I" «l <]v. ileniill, et qui avoit déjà lait réjjandie tant de sang dans quali-e guerres civiles succes- sives, menaeoit de chang<>r la dynastie légitime , et se. partageoit entre le plan d'établir une répu- blifjue, modelée sur celle des Provinces-Unies, (491) on d arracher la coiuonne à Henn IIT, pour la faire passer sur la tète d'un prince calviniste. Les ÎNlémoires du temps ne laissent point de doute sur les secrets desseins de Coligny, (jui , clialouillé par l'idée de devenir le cliel' do la république fé- dcrative, comme le prince d'Orange, son j)arent, V éloit parvenu en Hollande, ne revoit que bou- leversement dans la constitution civile et religieuse de la France. Sa mort déplorable n'avoit point apporté de changement à ces projets de révolu- tion , et les cheis qui lui avoient succédé mon- troieut, sous Ileni-i III, les mêmes prétentions que sous Charles IX. U'un autre côté, la monnaie frappée à l'effigie du prince de Condé, sous le titre d-e Louis XIII, est une preuve incontestable que, dans le parti protestant, il existoit une masse assez considé- rable de religionnaires toujours attachés, il est Trai , au gouvernement monarchique ; mais dis- posés à donner le trône à ce chef, qui ne vécut pas assez long-temps pour mettre ses desseins à exécution. Mais il n'en restoit pas moins constant que , depuis la bataille de Jarnac, on n'avoit pas perdu l'espoir, chez des huguenots, d'obtenir un monarque de la secte. Dans cette position extraordinaire et périlleuse, Henri TU n'avoit qu'une résolution à prendre, c'étoit de sortir de sa léthargique mollesse, et de profiter du sentiment universel d'indignation, je pourrois dire d'horreur, qn'inspiroit à la presque totalité de la nation, l'audace des no\ateurs, dont le nombre ne s'élevoit pas à un dixième de la po- pulation du royaume, et de sauver l'Etat par uu déploiement de forces que l'ivsprit du jour lui auroil facilement mises en main. On étoit arrivé à une de ces époques fatales qu'amènent ordinaire- ment la foiblesse et l'irrésolution des souverains, quand ils ont le malheur de se trouver à la tête d'un j>euple divisé pax* des opinions. Il falloit, ou 32 ( 492 ) «lie la Fiance catholique fltcliit sous le joug des sectaires , ou que l'Eglise tic saint Louis conseï vât son rang et sa splendeur, nialgi"c les vains eHoils d'enfabs revollés, qui les lui coutesloient, en ne prenant pas même la peine de dissimuler le projet «u'ils avoient tonçu de l'expulser à jamais du domaino de Clovis. De là, celte uniojs que l'on nomma la sainte, parce qu'elle avoit pour but le maintien de la croyance de nos ])ères; de là celle ligue, à ia léle de laquelle des hommes ambitieux, couverts du masque dcî la religion, Ainrent se placer; de là ces désordres qui naissent naturellement des asso- ciations secrètes et non avouées par l'autorité. La mort du duc d'Anjou, frère d'Henri ITI > redoubla les alarmes. Le monarque n'avoit point d'entant, elle Roi de jNavarre, calviniste déc'arc, devenoit l'hcrilier de la couronfie. On crut voir fEtat et Tautel en péril. La /%Me, d'abord couverte d'un voile, se montra lout à coup au grand jour ^ et annonra qu'elle s'éloil lormée poui' maiiitenif la couronne de France dans la brandie catliofiquc de la Maison de Bourbon ^ à défaut d'enf an s pro- créés par le Roi régnant. Bientôt l'étranger qui veilloit à nos portes, pour profiter de nos dissensions, s'immisi-a dans ces affaires de iamille, et, la ioibiesse d'iienri III invitant les ligueurs à se mettre sous une protec- tion plus efficace que la sienne, on >it, au grand étonnement des gens prudens et capables de pré- voir, les chefs des nations voisines apposer leur signature et accorder leur garantie à cet acte fjui n aurolt jamais du avoir lieu, si le monarque avoit «u régner. Jusqu'alors il n'avoit appartenu qu'aux prOtestans de recouiir à rinlerv<-nlion des j>rince.< et des Etats ennemis rie la France ])our soutenir leur cause, et d introduire- dans le cfetir du ï^ovaume des soldats cond>atlans sous tlautres bannières que celle .dos lis. Certes, cç lut un grand crime commis par les ligileurs, que d'amener (49^ «ur les bovJs île la Seine les lances caf'i.'lanes ^ mais los calviiiisles Jour avaient donné cf funeste cxcnipic, en ap.ioîiiut des Relies du tond de l'Al- l<'mapjne, pour en couviir les rives de la Loive et de lu Chai-ente. Cependant, révciiié par le bruil des discordes, et effrayé de sa nullité, Henri se déclara le chei de Vunion , mais trop tard, puistpril a voit laissé aux princes lorrains tout l'honneur de l'avoii- conçue et dirigée. On connoît les résultats de cette fausse déter- mination; l'obligation où il se vit placé de con- sentir à n'être plus qti'un fantôme de Roi, sous la tutelle; d'un véritable maire du palais, ou de s'en défaire par un acte qu'aucune raison polIti«[ue ne sauroit légitimer. Le conseil de Vunion, primitiveraent composé de seize personnes, puis de quarante, à la tête des({uelles se trouvoit le procureur Bussy-le- Clere, avoit peut-être, plus que tout le reste des ligueurs, l'arrière-penséc d'attenter à l'autorité royale, et l'idée de transférer la couronne à un étranger ne lui répugnoit pas autant qu'aux autres catholiques. Mais, d'abord, jamais il ne manifesta hien explicitement cette intention; et comme cette violente résolution étoit toujours subordonnée aux intérêts de l'orthodoxie, comme le grand re- proche que l'on faisoit à Henri III ét©it dans s,i coadi-scendance pour les erreurs de riiériticr présoujplif de la couronne, qui, d'une .seule pa- jole , pouvoit briser cette arme entre les mains de SCS adversaires, il est donc peinnis d'affirmer que les seize eux-mêmes, véritables teiroristes de cette époque désastixîuse , n'avoient pas un plan bien Jîrrêlé, de faire don du Irône de France aux Espagnols ou aux Lorrains , et que, l'eussent- iis foi'mé, ils n'avoient pas- le pouvoir de l'exé- cuter, au milieu de la multitude d'inléivts qui se «roisoient alors eu tous sens, et dont le choc ( 494 ) \ / perpétuel a fait le saint de la monnrcliic et des* principes. Lorscjue le bras d'un frénétiqne, poussé, dil- *on , aillant par les séductions d'une iemmo , que par remprcs^emcnt d'obéir à ce qu'il appcloitles ordres du Très-Haut , eut tranché les jours du nialheurcux Henri III, le Roi de jNavarre pou voit monter sans obstacle sur le ti'ône de ses ancêtres, en rentrant dans l'Eglise romaine. Henri IV b;danra quelque temps, et regrettons qu'il n'ait pas été iVappé , dès ce moment même, des effets de la grâce , pour sortir des ténèbres dont il éloit enveloppé. Que do sang eût été épargné! que de dévastations, que de ruines sur lesquelles la Franre n'auroit pas eu cà gémir, si ce grand liomme so lYit décidé sur-le-champ à faire une ab- juration qui , cinq ans après, lui ouvrit les portes de Paris, dans lequel il ne seroit peut-être jamais rentré, sans ce retour au culte dominant! Mais pendant qu'il combat pour conquérir son royaume , et qu'il reroil, non seulement des pro- testans, à la létc desquels il a si souvent montré sa vaillance, mais fl un grand nombre de catho- liques, les sermens de Ja fidélité, Mayenne n'ose point se faire proclamer roi , j)arce que l'esprit et le cœur de la nation s'y opposent, et parce que l'ordre de succession au trône est trop clairement établi, pour (pi'un usurpatiuir puisse donner le change à la multitude. Un Bourbon, car c'en étoit un qu'il falloit pour maître au peuple français, bien résolu à n'en point reeonnoître d'autre, après l'extinction de la race ation , car nous ne mettrons pas ati nombre des pouvoirs de l'Etat certains meneurs de laSorbonne, dont la masse désap])rouvoit en secret ce <|u'ils la forroient à dire tout haut; mais les corps politiques, je le répète, n'avoient jamais consacré, par des actes publics, l'épouvantable doctrine du régicide. Ainsi Henri avoil la douce satisfaction de ne trouver nulle parties meurtriers de son prédécesseur; il ncn pouvoit conuoître qu'un seul, et il n'existoit plus. Mayenne avoit, sans réticence, fait sa soumis- sion; il n'entretenoit pas à sa solde secrète des émissaires pour attiser le feu delà discorde ; l'ordre en général de la société avoil repris les goûts paci- fiques : l'artisan rentré dans ses ateliers, le com- merçant dans son comptoir, Tliomme de robe au ]>;ilais, le cénobite dans sa ccllnle, le gentilhomme fians son cliâtean , ne se rivalisoient pas, et ne s'é- ( oient pas retirés avec une rage concentrée ae n\'tre point parvenus aux premières dignités de l'Etat, auxquc'ks ils savoient qu'ils ne pouvoient pas raisonnablement aspirer. Le Roi de France n'avoit plus de détracteurs de ses intentions, ni d'adversaires à craindre; et en jetant un coup-d'œil sur l'horizon politique et religieux, s'il y remarquoit au loin quelques nuages, ilss'clcvoient seulement du côté des pro- leslans. Po'.jr parler sans figure, eux seuls étoient capables de donner des alarmes, non point parmi les seigneurs qui servoient sous la l)annièie de Rnsny, mais dans cette portion infectée d'idées 1 ''■publicaJnes , héritières des projets de Coligny, 't dahs laquelle on distin^uoit d'Aubigné et un < ertain Constant, gentilhomme îiial intentionné , 1 îjuemi juré de tous les rois, et en particulier de î t maison de Bourbon. E)i effet, ne vit-on pas ces »'« taires troubler l'Etat sous le fils de Henri , croire à la possibilité d'une république au sein du voyaume, et organiser une résistance qui ne céda qu'au génie et à la fennefé de I^ielielieu ? ( 498 ) Les callioliques , tenant une conduite Lien op- posée, furent constamment dévoués, et lorsqu'un scéléVal fVoppale meilleui' des rois, leur douleurj qui ne fut point factice, manifesta suffisamment leur atlacliement et leur fidélité désormais iné- Lra niables. Henri IV put donc pardonner impunément; mais, en rassnrant tous les partis , toutes les classe» par une clémence sans bornes , il ne se montra pas aussi complaisant pour la conservation du codii de la révolte. Il n'entendit point qu'aticun des actes législatifs,) udiciaires , faits hors de sa présence et contre son autorité, subsistai dans les archives du royaume, et il fit lacérer et brûler, parla main du bourreau , tous ces monumcns du délire et de la félonie. Et comme il n^ignoroit pas que les écrits et les images sont les deux voies les plus faciles dont se servent ordinairement les perturbateurs pour agiter le peuple, il défendit, sous peine de la vie, la distribution et la vente de ces poisons dange- reux. L'histoire nous laisse ignorer si les conseillers d'Henri-le-Grand s'imaginèrent faire un chef- d'œuvre de politique, en livrant pieds etpoingsliés les compagnons de leur maître dans ses disgrâces, au ressentiment et à la discrétion des chefs de la ligue. Elle ne nous dit pas non plus s'ils furent réduits à la triste condition d'aller mendier quel- ques secours, et de faire valoir leurs services prè» de Mayenne et de ses généraux, pour obtenir quelques chétifs emplois, qui leur auroient été aussitôt ravis qu'accordés. Elle ne nous apprend pointsi des histrions et des saltimbanques tentèrent de faire leur cour à Sully, en se moquant de« cheveux blancs de Duj)lessis-IMornay et de son costume antique et véuérnble, et s'ils osèrent ap- peler, par ironie, les vieux guerriers qui faisoient un r«;mpart de leur corps au Béarnais, dans le* plaines d'Arqués d'Ivry , de Fontaine-Française, au nom ridicule de pages et de varlets de J^.van" ( 499 ) çois I" . Noril la plaisanterie aiiroit été trouvée de mauvais goût, et l'ami, le conlidentdu Monarque auroit devancé l'indignation de ce grand Prince contre d aussi basses et aussi odieuses insultes. Quand ou a réfléclii sur la marche politique d'ilenri TV et sur les motils de sa clémence, on se demande naturellement si Mayenne ayant repris les armes, si, relaps et parjure, il avoit une se- et)nde l'ois mis l'Etat à deux doigts de sa perte^ Jcaunin et Béthune auroient conseillé au Souve- rain de couvrir encore ce perfide du manteau de l'impuuilé, et d'en porter l'étendue jusqu'à ajou- ter aus. dignités dont il étoit précédemment re- vêtu? Je n'entreprendrai point de répondre à cette question ; mais j'ai présenté à la mémoire la condamnation de Biron, que le bon Henri aimoit, estinioit, et qu'il dut livrer à la rigueur des lois, pour assurer le repos de ses sujets trop long- temps victimes des brouillons et des ambitieux. A chaque moment on invoque l'indulgence d'Henri IV; il falloit enfin connoître en quoi elle consista. Peut-être qu'à l'avenir on rie nous en parlera plus si légèrement et à tout propos, sur- tout lorsqu'on entreprendra de faire excuser d'af- Ireux déportemens dont la génération actuelle bouffi'e, et dont frémira la postérité. Ch. Quelques Ohser\fations sur la ConvcTition, Au moment où la France a vu agiter la question de la présence d'un régicide à la Chambre des Députés, il est à propos peut-être de rappeler quelle éfoit fa situation de la France en iJQ^. Un coup d'œil rapide sur celte époque suffira ])our répondre à ceux qui veulent atténuer toute l'hor- reur du forfait qui épouvanta l'Europe 5 il fixera *ur ce que fut la majorité saine de la Convention. Le 9 août, M. de Vaublanc avoit inutilement ( 5oo ) fait la motion d'éloigner les fédérés de Paris j l'asseinlilée dite nationale avoit rejeté sa demande, et la journée dn lo ne jnstifia qne trop malheii- reusement les craintes des amis de la royauté. La déchéance du Roi fut prononcée au milieu des massacres, et la convocation d'une Convention nationale fut décrétée. Tout ce qu'il v avoit de jnoyens pour amener dans cette assemblée les en- nemis les plus acharnés du Roi fut employé; nulle ressource ne fut négligée, et les feuilles publiques surlout se distinguèrent pour parvenir à ce but. On lit dans un journal du temps : « Si le malheur X) de la France étoit tel que la Convention natio- » nale ne fût pas entièrement composée de ces )) hommes prétenducment exagérés , de ce* » hommes qu'on avoit rendus odieux en les qua- ^) liliant de factieux et de républicains , c'en scroit M lait de l'empire; les modérés, tous mercenaires )> par nature, se vendroient aux puissances qui » en oflriroicnt le plus. » On voitparce que nous venons de citer que les Itommes qui dé.siroient :dors la des'truclion de la tuonarchie, marchoi.eut fi'anchement à leur but; ils ne vouloient que des moyens qui pouvoient leur servir. Les résultat* ont prouvé la bonté de leur tactique. Si nos mi- nistres comploient l'expérience pour quelque chose, ils verroient que, de même qu'on ne faisoiV de la i"épublique qu'av-e<; des républicains, on ne peut faire de la monarchie qu'avec des hommes aironarchiques; ils verroienti^uedcmauvaismoyens termes lui ôtent de sa propre force en raison du dégoût qu'ils inspirent, et de la foiblesse qu'ils laissent apercevoir. Dans des temps de crise, en politique la ruse ne mène à rien : les républicains Je rf9. le savoient très-bien ; aussi ne proposoient- ils j)as des composilions à la monarchie; ils dou-. \>h)ient leur force par leur audace : nos hommes 4'Kt'it perdent chaque jour de la leur par leur pusillanimité. Ils cherchent à s'arranger avec la révolulion. comme si l'on pouvoit biitir av<'c Ick ( .'ÏOi ) t-Iémens «jui Jélrniscnt. La révohitioti répondra à leurs soins ^ elle Icm" fera leur part, et elle la lent fera au-si iiijséra]>lc de gloire que de ])ositiou. L'iniprévovanle impéri Lie de nos ministres ne peut se eompnrer <|u'à la boMhomie de certains royalistes. Prenez j^arde , disent ils; modérez- vous 5 n'irritez^ ])as I\l. de Gazes, il rcs ient à vbusj mais si vous avez l'air de douter de lui, vous le jetterez dans une roiite contraire; les révolutiou- naires joueiU mieux leur |eu , ils le ménagent. Que conclure de tout cela? c'est que si M. de Cazes ne peut être rovaliste qu'autant que ses actes, lorsqu'on les croit anti-monarchiques, ne seront pas censurés, il ne deviendra jamais rova- liste ; car, dans un gouvernement comme le nôtre , l'examen des actes ministéinels est une condition première; et il est impossible que, lorsque par suite de ces actes on voit la monarchie en péril, on n'en avertisse pas le ministre. D'un autre côté, si en l'avertissant »ous ne laites qu'accroître le danger, quelle position est donc la vôtre? Faut-il laisser perdre la monarchie de crainte d'irriter le minisire? ou bien laut-il laisser faire le ministre aux risques et périls de la monarchie? Pourquoi vouloir que ÎM. de Gazés ne puisse être mu que par de petites considérations, par de misérables petits intérêts d'amour propre? S'il en étoit ainsi, par- ler ou se taire seroit, il est vrai, à peu près égal , tpiant à M. de Ga^es ; mais j>our la monarchie, mieux vaudroit encore parler qne de se taire; car, dans les momens de danger, le silence est presque ton joursunelâcheté, jamais uneressource^ tandis qu'il y a toujours honneur et souvent suc- cès à dire la vérité. Si les révolutionnaires flattent M. de Gazes, ce que je ne sais pas, et que ce mi- nistre se laisse ainsi toucher,, cela ne me prouve encore rien; car il ne m'est nullement démonti'é 3ue le salut de la France dépende exclusivement e M. de Gazes. Tant qu'il sera ministre , il peut sans doute beaucoup pour la saviver; mais à coup ( 5o2 ) si*ir la mônai'chic peut aussi très-bien se saiivpr sans lui. C'est un fait que personne, je pense, ne me contestera, et c'est, à ce qu'il me paroîl, la meilleure réponse à faire à ceux qui craignent tant que la vérité n'irrite M. de Cazes. Lorsque la Convention fut réunie, on aj^ita la question du jugement de Louis XVI, et ce que l on ne sait peut-être pas assez aujourd'hui, c est que ce fut la majorité de cette assemblée qui, au mépris de l'opinion générale , voulut se constituer juge de son Roi. Le rapport que. Maillie lit à ce sujet, au nom du comité de législation, fut com- battu dans la Convention, etle futdanslesfeuiibs même les plus révolutionnaires. On lit à cet égard, dans un journal du temps, des observations qui prouveront à la postérité combien ]a majorité saine de la Convention avoit soif du sang de son floi , puisqu'elle s'arrogea le droit de le juger, au mé- pris de l'opinion même la plus forcenée , au mé- pris de celle qui demandoitaus.si la mort du Juste, mais qui la réclamoit avec des formes qui eussent privé la Convention de pouvoir se dire à elle- même : C'est nous, nous seuls qui avons dicté son supplice ! Le rapporicur Maillie avoit ainsi posé la ques- tion : « Louis X\ I est-il jugeable pour les crimes » qu'on lui impute d'avoir commis sur le trône » constitutionnel? Par qui doit-il être jugé ? Sera- » 1-il tradiiit devant les tribunaux ordinaires , » comme tout citoyen accusé de crimes d*Etat? » Déléguer(;7,-vous le droit de le juger à un tri- » bunal lormé pai" les assemblées électorales des » quatre-vingt-trois départemens? ]N'est-il pas » plus naturel que la Convention le juge cUe- )) même? Est -il nécessaire ou convenable de » soumettre le jugement à la ratification de tous » les membres de la répu})li(]ue , rétmisin assem-» >» blécs de communes ou en assemblées pri- u maires ? » ( Jo3 ) Après avoir discuté ces diftercns meycns , Maillie conclut à ce que la Convcjilion jugeât cllc-méiiie le Roi. Le journal que j'ai cité rapporte les motifs donnés par Mailhc ; et, en revei.ant sur le juge- ment par jury, rejeté par le comité de législation, il s'exprime ainsi : « Cette manière de rejeter un projet est un peu » /este. Le comité auroit dû au moins nous faire » part de ses raisons. Son devoir est-il remp/i )) torsqail semble dire : Nous avons prc'Jcre la )) Convention nationale , parce que nous Favoris » voulu, parce que tel est notre bon plaisir.^ Ce » n 'est pas ainsi quon agit avec des hommes libres; » on leur parle raison , bien sûr d^étre accueilli si » ton en a véritablement le langage. Il n'y a que » ceux qui ne peuvent pas prouver leurs^assertions , » qui veulent en être crus sur pai'ole. » Poursuivant ensuite la discussion , il continue ainsi : « Mais , comme nous l'avons dit ailleurs, le ci- » devant Roi peut être jugé par la couslitulion. » S'il peut être jugé j)ar la constitution, c'est par » elle qu'il doit l'être; car puisque les amis du » Roi invoquent la constitution en sa faveur, » puisque l'humanité comme la justice exigent » que Ton applique à l'accusé la loi la plus f'avo- » rable pour lui, nous devons suivre à son c'gard » la constitution; or, que dit-elle à l'égard des fonc- » tion II aires publies, dont ilétoitle premier, à l'é- )) gard des crimes de haute trahison, tels que les » siens? Que le corps législatif fera les fonctions » de premier jury, en portant le décret d'accusa- » tion , et que de hauts-jurés , c'est-à-dire des jurés M de jugement nommés par les électeurs de tous Ice » dcpartemens , prononceront sur la réalilé des )) faits; voilà la règle d'après laquelle on doit le » juger, et cette règle reunit et la publicité et la » justice. Le rapporteur dit lui-même dans un en- )> droit : Vous avez à prononcer sur les crimes d'un » Roi ; mais l'accusé n'est plus Roi, il a repris son ( 5o4 ) » litre o?'ip;iiH'I ; il est homme ; jugez -le donc comme » /a constitution tous disait qu il falloil juger tout » conspirateur; jugeons • le d'après cette constitution » qiCil a ^nolve ; que V Assemblée nationale soit un » des jurys , la haute cour nationale Vautre. On » proposoit au comité ce double jury. L'a-l-il re- » jeté par un simple caprice, ou bie» parce tju'il » croyoit (£u\ine haute cour ualionale n'étant » qu'un corjKs constitué, ne pouvoit juger le Roi? » mais ce n'éloit-là qu'une erreur indigne de la » sagesse du comité ^ et dont il eut pu facilement » se défendre, » la Convention tient entre ses mains , il » est vrai, tous nos pouvoirs, mais moins pour les » exercer que pour les déléguer en notre nom. Un » Etat est pej du lorsque les mêmes hommes sont » à la fois adminislraletir.?, législateurs et juj;es. » La Convention nationale la senti elle-même, » lorsqu'elle a décidé que les fonctions du pou- » voir exécutif sont incompatibles avec les siennes, » il en est, de même des fonctions judiciaii-es )) INlîiis il ne s'ag^it que d'un seul » homme, dira-ton, et cette affaire n'est d'aucune » conséquence pour l'avenir. 11 ne s'agit que d'un » seul homme , et c'est précisément pour cela » qu'une assemblée législative ne peut pas le ju- » ger. Pourquoi une exception à l'égard d'un seul >> homme, (|ui n'est qu'un individu comme un » autre? Pourquoi, pendant un long espace de » temps, une assemblée cessera-t-olle ses fonctions » do législatrice , pour se réduire à cellt.s de juge? » Lorsqiu! Charles {" fut amené devant la » Chambre des communes^ il dit ([u'il nela recoi;- » npissoit point pour un tribujial couipélenl , el » que quand tous ses .y^ye^j^ se trouveroient réunis^ » ils n'auroicnt pas entor(; le droit de le juger : )) cert<:3 , le tribunal de la C sera pas l'audace jusqu'à récuser le tribunal su- ( 5o5 ) » pvéme du peuple; mais ne pourroîtil pas dire , >• lorsqu'on l'amèuera à la barre : Je rtconnois les » droits i)nprescrij)libKs delà nation; vous êtes » ses reprcsenlans ; en celU' (ju:lité >ous avez pu » juger la rovaulé , mais non le Roi ; vous pouvez » prononcer des décrets, mais non dos sentences ; » et, eussiez vous le droit de vous ériger en tri- » bunal criminel , je vous rtcuscruis cnt ore, parce )) que vous êtes la Convention, parce que je vois » en vous ces mêmes hommes qni onf aboli la » royauté; vous n'avez point l'ail sanctionner ce » décret, il n'est encore que votre volonté parti- » culière, et il importe trop au maintien de ce » décret, àTiutérét de votre Volonté particulière, » que je périsse ; ma mort seule saucLionneroit ce » décret pour jamais ? » Si la Convention s'érige en tribunal , bu » elle condamnera Louis XVI, ou elle l'innocen - » tera. Dans la première bvpolbèse, toute cette ï\ foule d'aristocrates francs ou cachés, tous ces » hommes qu'une ombre fait trembler, tous ces » malveillans ne manqueront pas de crier partout : « Les députés n'auroicnt eu garde d'innocenter le » Roi ; si le Roi n'eût pas été coupable , la royauté » ne l'étoit plus. Pour la rendre horrible, il faî- » loit taire du Roi uu monstre , et ils n'y ont pas » manqué. » Dans la seconde hypothèse , si le Roi )> étoit innocenté, ceseroltbieu pis encore. Tous » les patriotes qui regardent Louis comme déjà. )> condamné par la raison et par l'éternelle vérité, ■» ne pourroient le croire innocent ; ils regar- » deroient la Convention comme veudue, et » quand les législateurs sout méprisés, leurs loi.-? » ne peuvent pas être en honneur. .... » Formez, au- contraire , nue haute cour to uali'uale"; et quelle que soit sa conduite, la » Convention reste à l'abri de tout reproche ; elle )j garde ses véritables fonctions; elle uu-na-e sou » tem()s, sa réputation; les nua^jcç ne se forra.erit Tome V. — 63'^ Livraison. 33 ( 5o6 ) » pas autour d'elle. Quelle que soit l'issue dtt )) procès, elle reste pure et iutacte : nul ne peut » l'accuser. .... » Mais csl-il l'rai que la Convention natio- )) nale , si elle se détermine à juger elle-meuie )) Louis XFI, doive s'assujétir aux formes pres- )) crites pour les procès criminels ? Pensez -vous M donc que ce soit là un si petit mdrite? Quand il » s'agit de la vie des hommes, on ne sauroit trop t) multiplier les formes essentielles. La loi crimi- » nelle a divisé l'instruction des procès en trois » parties, et pour ainsi dire en trois tribunaux. » Le premier déclare s'il y a accusation; comme » celui-ci pourvoit s'être trompé , le second pro- » nonce si les fails qui servent de base à Taccusa- )) tion sont réels et solides ; et enfin, de peur que » ces deux jurys ne se soient créé des fantômes, » n'aient appelé crimes des actions simpleé et in- -> différentes, le juge ouvre le livre de la loi, et )> voit si l'action dont un homme est prévenu, » bien constatée, est rangée dans la classe des il crimes. En passant par ces trois échelons , par » ces trois degrés, la vie de l'accusé est en sûreté j autant que possible. Que dirions-nous si actuel- » lement on alloit porter pour loi qu'un seul jury » prononcera qu'il y a lieu à accusation, que les » laits sont prouvés, que l'accusé est coupable, » et cela tout à la fois et d'un seul mot? nous crie- }) rions à l'iniquité. Voilà cepenflant ce qu'on veut )) établir aujourd'hui ; ou nedistingue poiut deuv M jui'vs , on ne parU' point de juges pour applique!" >> la loi : tout se fera en une fois , et lestement. La )) Convention portera son jugement par appel no- » minai/ Çluoil est-ce parce que Louis est Roi , » que vous voulez être injustes? voulez-vous em- » bellir sa cause poui- nppilovovsur son sort? vous » vous iilnignez du déiaut de forrnah'tcs qu'on eut >i à reprocher àlacommission qui jugea Charles I*';. >i et vous voulez les violer! » T)e quel front les ropréçentans de tout uu ( 5o7 ) » peuJ)lo, qui doivent avoir médité les pnncîp«s , n osent-ils nous proposer dos lois^ des formes » particulières pour uu .«■eul homme, ou plutôt » une abnégation entière de forines?... ....» Après avoir décidé de sa pleiae autorité » et de sa certaine scienre , que la ('onvention >♦ jugerolt le Roi , le comité de législation répond » à la dernière question avec la même logique. » — Le même journal ajoute encore, « Que la Convention exige deux jurés par dé- » partemens j que ces jurés, arrivés à Paris, se di- » viseat en deuc jurys j que Louis soit jugé par » eux, » Il est évident , par tout ce que nous venons de rapporter, que ce lut la majorité de la Conven- tion , cette majorité depuis appelée saine , qui voulut exclusivement juger Louis XVI, malgré Topinion générale, malgré celle même des ré- volutionnaires les plus fougueux , malgré ceux, qui vonloicnt comme elle la mort du monarque, mais qui du moius la vouloient avec des formes , au-dessus desquelles la Convention s'empressa de se placer, de crainte c[ue le sang de la victime ne lui échappât. A cette majorilé, à elle seule appar- tient toute l'horreur du jugement de Louis XVI ; elle Ta pro\oqué , elle l'a prononcé^^ elle a con- sommé le forfait eu rcjelaul l'appel au peuple. INIais ce refus, qui augmente l'atrocité du cviiae, est en même temps une preuve irrécusable en faveur de la France. Si la Convention n'eût pas connu l'horreur ([u'inspiroit au peuple le pré- tendu jugt.'ment du Roi , elle n'eût pas hésité à le lui soumettre j elle avoit trop d'intérêt a le liera son crime pour ne pas en agir ainsij du moment où elle refusa, de le consulter, c'est qu'elle avoit 1^ certitude que'lc peuple lui arrach roitsa victime. 'l outefois , au sein de cette assemblée ( mai^ non dans la nuijorité ), il se trouva dans ces temps déplorables des hommes qui dcjaonlrèrcnt uu 33. ( oo8 ; orand caractère. Désireux de sauver leur Roi, ils purent se tromper sur les moyens ; mais rien n'arrêta leur courage , rien ne contint leur in- dignation ; ils ne se sentirent atteints d'aucune crainte, et au milieu de plusieurs votes remar- quables, on dislingue celui de M. Bresson , dé- puté des Vosges. J'ignore si cet homme courageux existe encore; mais s'il a cessé de vivre, sa famille verra , du moins, que l'histoire conserve le souve- nir de ceux qui, dans les jours de péril et de dé- loyauté , n'eurent pour guides que leur cœur et leur conscience. Voici comment s'exprima M. Bresson : « Je ne suis pas juge, et une autorité » supérieure à la vôtre , ma conscience , me dé- » fend d'en remplir les fonctions... Puisque j« » ne suis pas juge , je n'ai pas dû ouvrir le code » criminel pour y lire ma détermination ; j'ai in- » terrogé le bonheur de mon pays ; il est pour » moi la loi, la justice suprême. Non, citoyens , )) nous ne sommes pas juges, car les juges sont )» prosternés devant une loi e'gale pour tous , et )) nous, nous avons violé l'égalité pour faire une » exception contre un seul. .. INous ne sommes » pas juges, caries juges ont un bandeau glacé » sur le iront , et la haine de Lotiis nous brûle et » nous dévore. Nous ne sommes pas jnges, car les » juges se défendent des opinions sévères; ils les » ensevelissent au fond de leur cœur, et ce n'est » qu'avec une tardive et sainte honte qu'ils les » laissent échapper; et nous, presque réduits à )) nous excuser de la modération , nous ])ublions » avec orgueil la rigueur de nos jngemens, et )) nous nous edoreons de la faire adopter. Nous » ne sommes pas juges enfin, car on voit les juges » s'attendiir sur le scélérat qu'ils viennent de » condamner, et adoucir l'horreur qui l'environne )» par l'expression de la ])itié. INotre aversion » j)Oursuil Louis jus'jutî sous la haclu' d''s bour- »■ veaux , et méîn* j'ai quelquefois eulcuJu pro- ( ^o9 ) » noncev sou arrêt de mort avec l'accent de la » colèi'C , et les signes approbateurs répondoient » à ce cri fuuèbre. » Merveilleux résultat de notre loi d'éli ctlon ; ce n'est pas un nom comme celui-là (jui est sorti de i urne électorale de l'Isère : c'est celui de Gré- Mon tour d'inscription ne m'ayant point permis de monter à la tribune , dans la discussion relative, à l'élude l'Isère, je n ai pu, dans cette circonstance, exprimer ma juste indignation contre la souillure- dont on vouloit flétrir la Chambre dps Députés; je n'ai pu prendre part à celte discussion, qui, si «lie A Uni d'une manière consolante pour les amis delà monarchie, a toutefois olFcrt le douloureux spectacle de la question du régicide présentée comme une simple opinion. Où eu est-on dans une monarchie ,, lorsque de tels crimes ])euvent s'y présenter ainsi? quand un premier ministre, présent à une telle discussion, peut, immobile sur son banc, y rester sans voix et sans force pour la royauté? jN'y a-l-il pas tout à craindre quand on en est venu là? et n'est-ce pas là aujourd hui le. véritable état de la question? Dans le cours de la discussion, quelques personnes ont paru regarder comme dangereux le mode d'exclusion demandé ; elles ont cru y voir la possibilité de proscriptions futures; elles ont rappelé le 3i mai; elles ont dit : Que deviendra l'avenir , si on en agit ainsi? Elles oublioient alors apparemment que la meil- leure manière d'assurer l'avenir, étoit de ne pas le mettre entre les mains des hommes qui ont en- sanglanté le passé; que le motif d'indignité ap- plique au quatrième député de l'Isère, n'étoit pas, heureusement pour l'honneur de la France, un moy.-n dont on pût s'appuyer pour faire de nombreuses exclusions , et qu'il éloil , au con- traire , dans l'intérêt de la monarchie, et par conséquent dans celui du repos de tous; que si Li'aveuir un département quelconque osùit se # charg-er ée l'effrayante responsabilité qu'a pris sur lui le département de l'Isère , la Chambre des Députe's eût par-devers elle un précédent 3ui lui donnât le moyen de repousser l'outrage ont on voudroit à la fois flétrir le monarque, la France et la morale publique. On a parlé d'adresses faites à une époque bien douloureuse j mais chacun sait comment se faisoient ces adresses : on fait faire aujourd'hui des pétitions comme on ftisoif alors des adresses ; et on en vit qui sor- toient mê ne des prisons. Cen'ctoit donc pas là qu'il falloit aller chercher des exemples et des motifs d'inquiétude pour l'avenir. En excluant de la Chambre l'homme qui n'avoit pas même pour lui l'excuse des lâches (celle de la peur), et qui, absent qu'il étoit de la Convention, se hâte d'envovm' sa sanglante adhésion au meurtre de Louis XVl, loin de donner des inquiétudes à l'avenir, on le garantissoit contre les crimes et les folies du passé; celte mesure étoit aussi hono- rable que prudente. La discussion reste pour la sûreté des députés à venir, comme pour l'honneur de la France; elle a toute porté sur le motif d'indignité , sur /e régi- cide^ l'élu de l'Isère n'a point été rejeté pour cause de nullité dans son élection. Les conclusions du rapport qui le concernoient, n'ont point été mises en question. Il a été repoussé après une discussion claire, précise, d'où il résulte évidemment que, toute question mise de côté, c'est du régicide, et du régicide seul dont on n'a pas voulu. Castelbajac. { 5ii ) Opinion du comte de Salabeny, sur Padmifsiofï ou Feorpulsiou dit quatîihyie député notniné par le département de Clsère à la session de 1819(1). IVIessIeurs , La solennité du 29 îiovembre vient d'annoncer le renouvellement de l'année législative, et l'ou- verture de la quatrième session depuis l'ordon- nance du 5 septembre j car en France l'homme de bien effrayé compte aujourd'hui par ordonnances comme le Péruvien par tremblemens de terre, La solennité du 29 novembre vient d'annoncer le renouvellement de l'année législative; et, grâces à la loi des élections, un régicide pouvoit être nommé député. Que dis-je? comme s'il étoit pos- sible d'en douter, à la honte de rjui il appartient, uii régicide est nommé! un régicide est vomi dans la Chambre de i 819! la loi le place sur vos bancs î On n'en sauroit douter, la présence d'un l'égi- cide ne fait naître la question que vous agitez et qui vous agite, que parce que celte présence est importune pour quelques uns, humiliante pour plusieurs; car elle est indifférente, au fond, pour ceux qui ne craignent pas que le sort de la monar- chie légitime soit attaché à un ennemi de plus. Certes, si nous étions aussi Français que nos. ancêtres , si la déplorable révolution aToit laissé mieux que des demi-moyens et des demi-vertus parmi nous, le vain triomphe du crime se chan- geroit en honte par un acte aussi solennel qu'à jamais historique. On auroit déjà proposé, non l'admission , non l'expulsion du régicide de la Chambre de 1819, non son exposition à une place et \i(\e et désignée pour qu'il y subisse chaque jour le supplice de nous entendre professer la re- (i) Cette opinion n*a pas été prononcée; afin de nu poiui retarder la clôture de la discussioo. ( 5i2 ) ^ ^ ligionde la monarchie légitime, lui qui a fait pro- fession publique d'ablioi-rer tous les Ro sj mais alors, s iv.Tnl la p(nséc de notre honorable ami, M. de la Bonrdunnayc, voilez, voilez donc la statue du Roi-Martvr. Mais ici la honte qui est dans les hommes n'e.'t rien avq)iè,s du crime qui est tout entier dans les choies, et déjà sans doute nous avez de- vancé ma pensée. La Chambre de i8i5, cette Chambre qui désormais appartient à la gloire, non moins his- torique, par le nom descendu du trône sur elle, que par les blasphèmes, les calomnies, les in- jures que lui ont adressés, sans l'atteindre, d'obscurs et venais détracteurs, indigues de la louer comme de la juger; la Chambre de i8i5, et ce nom renferme tous les éloges que l'ojjinion des gens de bien accorde aux talens , aux vertus publiques, à la fidélité éprouvée, à la foi gardée du serment, à la pratique enfin de tous les prin- cipes religieux et monarchiques ; la Chambre de i8i5, je le répète, parce que c'est présenter la tête de Méduse à tous les parjures , à tous les révolutionnaires , à tous mauvais citoyens , c'est-à-dire en France , à tous les ennemis de Dieu et du Roi , la Chambre de i8i5, la Cham- bre introuvable enfin , pour ne faire que la placer en l'élevant, avoit, par la loi du la jan- vier i8i!i, justifié la nntion française du soupçon de complicit('; dans le forfait du iti janvier, dans l'assassinat du Juste couronné, du Roi-Martyr, frère et prédécesseur de S. M. Louis XVill. La révolution personnifiée dans la majorité de la Convention , la révolution avoit omis de tenter à nationaliser le régicide par l'appel au peuple. La question que la Convention même n'a voit pas osé sonmcltic à la masse de la nation, le système ministériel, sous le règne des Bour- bons, cinq ans après le retour de notre Roi iwgitime \ le syslètnc niinisléricl vous la soumet ( 5i3 ) parle résultat tle sa loi. Le régicide vient detre avoué eu France par un collège électoral! L'ar- rivée, \;\ présence d'nn régicide vous pla. e dans la nécessité ou fl'avouer le crime et de le na- tionaliser en consentant à la nomination faite par le département de l'Isère, ou dans la né- cessité de la contester par ]ès moyens qn'o7i peut vous prés'-nter. Vous devez distinguer le fait de cette nomination, de ses con'-e(|uences. Le fait appartient tout entier à ceux qui se sont exp:)sés à ses chances : la honte est à eux tout entière; la honte est dans la loi, îa honte est dans l'élection , la honte est consommée: vous n'y pouvez rien : la honte r; ste , l'cxpul- cion du régicide ne !a lavera pas. En vain chcY- cherez-vous dans des iaterpi-élations et des distinc- tions de circonstance, un moyen d'annuler celte nomination : vous ne f;M-ez que vous exposer vous- mêmes aux dangers et aux suites de ces actes arbitraires dont les partis en France ont fait tour à tour pendant trente ans un si déplorable abus. Le fait de la nomination tlu régicide appartient au passé : il n'est plus en votre pouvoir; ses cou- se juences seules sont à vous. Le régicide élîi est soumis au règlement de la Chambre ; vous pouvez changer le triomphe en confusion. J'os;'rai donc vous proposer une mesure. qui, en vous épargnant jusqu'à l'apparence d'un acte arbitraire, expriraerariiorreur que uousavons touspourlecrime, et marquera le criminel du sceau qui lui appartient. Dans la séance rovale , l'Europe et la France, résentes, détrompées, allenlives , ont entendu e monarque déclarer paternellement aux deux Chambres" tout ce qu'il attend d'elles. Pour jeu députés des départeniens, pour de vrais Français, îe devoir et le dévoilement n'ont qu'un langa^ e , et une députation ira porter aux pieds du Roi l'honmage de leur profond respect et de leur re- couuoissance. Députés de 1819^ l'ailicle 68 de l notre réçrlement veut que les tléputations soient nommées par la voie du sort. Par la voie du sort! « Lors de l'avènement de Vespasion à l'empire , » dit Tacite, le sénat romain décida qu'une de- )) putation lui seroit envoyée. » Le gendre de 1 hraséas Helvidiiis Prisons demanda qu'on allât aux voix pojir nommer les membres de la députa- tion , et qu'ils ne fussent pas désignés par le sort. « Le sort , disoit-il , ne distingue ni le crime ni » la vertu : il y va du respect que l'on doit au sou- 5) verain , de ne lui présenter que des hommes w sans tache : ou ne peut pas lui ])lacer sous les î) yeux les i)ourreaux de ceux qu'il a aimés. Je » n'examine pas s'il est ou s'il n'est pas du devoir ^ du sénat de punir ces coupables ; mais il es^ 5> de son devoir de les soustraire aux regards du « prince : ce sera lui faire connoîlre, et Icshomme^ )> qu'il peut croire , et les hommes qu'il doit » craindre. Il devroit suffire à ces misérables de » jouir de l'impunité, qu'il leur suffise d^ jouir 1) du prix de leurs forfaits : mais le droit d'ap- » procher du souverain ne doit appartenir qu'auK w gens de bien (•). » Oéputés de 1819, nous avons un Bourbon sur îc trône : le plus remarquable des bourreaux de sa famille est poussé parmi nous, et la députatipn va être nommée ! Iniilons le gendre de Thraséas 5 je ne veux pas. douter du succès de l'épreuve. Le zèle ardent n est plus aujourd'hui qu'une des vertus monarchiques j et c'est un devoir que de ne rie» souOrir de tout ce qu'on peut empêcher. ]N 'est-ce donc pas assez qu'à la séance royale de la session de 1H19, l'Europe et la France présentes aient craint d'avoir à se défendre d'un mouvement d'horreur, qu'elles aient craint de voir un régicide èievant vers le trône, pour gage de fidélité, une maiu degouUanle encore du sang de sa royale victime, l'auguste frère de son Kai ! TeL est J*^ * (() 'rne de l'approcher. Demandons à haute voix la suspen- sion du règlement. IN os honorables prédécesseurs ètoient loin de prévoir, quand ils ont semblé en- chaîner l'avenir, qu'on pourroit voir un régicide nommé député; le voir, en vertu de leur règle- ment, sourire en recevant chi sort le droit d aller par sa présence outrager le monarque dans son propre palais. L'esprit du règlement absout l'iji- îention de ceux qui nous ont précédés : il faut interpréter l'esprit, ou craindre que la lettre ne nous déshonore à jamais. Demandons à haute voix la suspension du règlement; demandons que la dépulation pour l'adresse soit nommée eu allant aux voix; et si notre proposition est rejetée par quelques uns pour ne pas déroger à iusagc , par plusieurs de crainte et être exclus ( Tacite , ibid. ) , la France saura du moins sur quoi jeter le blâme ou porter son estime ; et le Roi lui-même connoi- tra que nous avons tout l'ait pour ne pas affliger sou cœur. Quand il en sera temps, nous com- battrons pour sauver la monarchie; aujourd'hui combattons pour repousser sa honte; et, députés tranrais, n'abandonnons point au sort le soin de notre honneur. Sans prévoir le sort de cette scandaleuse ques- tion , après avoir exprimé ma pensée et mon vœu, je dois décl'arer mon vote; il est pour l'expulsion du quatrième député du département de l'Isère, par le motif d indignité , pour l'e^cpulsion d'un des assassins de Louis XVI , pour iexpulsiou de l'ennemi des Rois. Salauerry., membre de la Chambre des Députés. ( 5i6 ) V ARIt>ÉS. Ouvrez !e Moniteur^ vous y lirez une loi contre !• iirence de la presse; regardez les étalages des cahinets littéraires, des marchands de nouveautés et de gra- vures, vos yeux seront à chaque instant frappés de lirochures et d'estampes qui provocjuent le mépris et la haine du peuple contre les choses les plus sacrées. A quoi donc sert la loi ? Il auroil mieux valu qu'elle ne fût pas rendue ; car si le ministère auquel l'exécu- tion en a été confiée ne l'applique pas à ceux qu'elle doi't atteindre, ne protège pas ce qu'elle a voulu dé- fendre, il en lésulte les plus dangereuses conséquences : la licence autorisée, l'avilissement des institutions, le mépris pour le pouvoir. On vient de publier une pièce de soi-disant vers, que l'aulcîur a intitulée : lex Trois Ministères , par un indépendant, avec cette épigraphe : « Voici le minist<:re d«s Français ; MM. Dnponl (de IEiii-e),à la justice; d'Argenson , à l'inté- rieur; ramir;il Tiuf;uet, :i l.i mai-ine ; f^afilte , aux (inanres ; le maréchal Saint-Cyr et le géne'- » rai Dessolles ronservpnl leiu-s portefeuilles. » Conslitulioniiel du 12 octobre 181 g ■ Chacun a son goût, et ce ministère n'est pas autre- ment mauvais que tant d'autres : il auroit même un •ivantage s'il éloit formé ; c'est qu'il pourroil servi? pour plusieurs circonstances. Mais revenons aux Trois Ministères : « Au temple de dame Fortune, Arrivèrerst un » )ur, par la roule commune. Trois Fraticais, d'âges inrga'ix : L'un jeuîif, aimable, a l:i mode (idc//e, Frcdonuoit (]ui'1<)nes airs nouveaux J ï /a 11 I re , plus vieux, du ne ficre prinielle Toisoit en m liire ses rivaux. >a ronduchc, son //«, v.\ sa lar^e coiffure , 'I "oui revéloit Uii anti(|u<'. nsarfjuis. T'our le troisième, habil noir, o'il soumis, ï)'un courtisan il avoil l'encolure. « ?^ous y voilà. Lo Fraurriis jeune, aimable, à la mode fidèle, et qui frcdo-.ne des airs nouveaux, nul doute, c est l'indépenflant , Ip libéral j ils sont tous coinm^ ol.i, temctins MM. 'i'»s..., Grég..., etc. tf' ( Ô17 ) L'autre avec sa rondache, son lis, et sa large coiffure, c'est à coup sur un royaliste. La ressemblance est frap- pante ; on ne rencontre qu'eux ainsi vêtus clans les rues, la lance au poinj^, et une peiru(|uo à la Louis XIV. Quant au troisiènie, habit noir, œil soumis, évidem- ment , c'est un ministériel ou un docirinaire. Tous les trois prétendent au ministère, et, par celui autjuel l'auteur accordera le portefeuille, nous verroiîs bien la tournure et les qualités qu'il faut avoir pour être ministre. Vient ensuite la description du temple de laFoi'tune. On y trouve des choses qui pourroient passer pour séditieuses si elles étoienl plus intelligibles j mais il faut toujours savoir gré à l'auteur de sa bunue inlen- tion.. « Ici , dans les remparts qu'a défendus son br;is , Entre le vieux guerrier sur un char de victoire ; Là . dans ces Tiiêmes lieux, témoins de tant de gloir»;. Sur un char d'infamie il s'avance au tre'pas. A la rorlie 7'arpcienne Du Capitoie il n'est qu'un pas , Et c|uoi qu'en disent nos atlas La France est près de Sainte- Hélène. » Ceci est aisé à comprendre. Poursuivons. « On cliange de lyvnns, on s'en trouve à merveille, El demain les lyrum; du jour Traîneront à la mort ltv> tyrans de la veille. Jye peuple , esclave hier, aujourd'hui souverain . etc. etc. » Chacun des candidats présente ses titres à la Fortune. On pense bien que le royaliste, avec sa rondache, réclame les privilèges, la féod*alité, la dîme, et qu'il propose pour le ministère les noms connus des hommes monarchiques, auxquels l'auteur prodigue les injures obligées. Le ministériel-doctrinaire vient ensuite. 11 trouve tout bien ; pas de changement. MM. Guizot, Royer, Louis, Corvetto, Descolle, Saint-Cyr, tout est pour le mieux. « vSalnt-Cyr qui fait baptiser sans e'ciat Son fils aini', (jiiand remuant l' Etat , Pour faire au sien un fastueux baptême , De Caze heureux s'est abaissé lui-même, » Ce dernier trait est peut-être un peu vif; mais si nous en sommes venus à ce point, qu'avoir un ï\oi et In fille tl'un Koi pour parrain et marraitie de son enfant, soit ( 5i8 ) une indignité, il faul remercier l'Indépendant de la leçon qu'il donne à ceux qui se sont abaisses. Le tour «lu jeune candidat, aux airs nouveaux, ar- rive enfin. Voici ce qu'il veut : « Ce qu'on nous a promis; ce qu'il faut qu'on nous tienne. Pour je ne sais quel forfait invent* On a banni sur la rive Lointaine , IVlaint libéral sottement redouté. Sans que de ses tyrans Vauguste cruauté Dans mainte étrangère cité Lui permette au moins un re'fuge. » Drs tyrans augustes! L'Indépendant a peut-être trop cédé à ses inspirations; et si M. le procureur du Roi n'étolt pas tant occupé du Drapeau Blanc ^ il auroit bien pu demander quelques explications à ce sujet ) mais on traite l'auteur en enfant gâté; passons. Il ne veut pas dans le ministère qu'il forme, « .... D'anciens complaisans dont la métamorphose Amène .... des transfuges Jletris Qui, fuyant les abus que leur plume a seruis , Se sont faits libéraux pour élrc quelque chose. » Ici nous craignions cjue l Indépendant ne se fût four- voyé par mégarde et n'eût désigné quelques hommes que la Minerve cl le ConslitutiunneL réclament ; mais nous nous trompions, car, plus loin , après avoir loué le ministère nommé par le Constiliifionnel, comme celui- ci ne s'est pas occupé des directions générales, Tauteur y a songé, et il dit que « Daunou , savant chcri , de'puté uertiicux , Doit gouverner la jeunesse soumise, » et que « Etienne poursuivra du sceau de l'infamie Les traîtres, les relaps jusqu'auprès des tjrrans. » Les anciens complaisans qui fuient aujourd'hui les ahus servis pur leur plante.^ et qui se sont faits libéraux, tout cela avoit bien l'air d'épigiainmcs pour ceux que l'auteur cite aprèsj et pas dû tout. Qui d(»nc alors a-t-il voulu peindre? La Fortune ne décide pas entre les trois candidats j elle les remet au lendemain, t-t nous n'en sommes pas plus avancés '. mais en y pensant bien, c'est sans doute une allégorie que l'auteur a voulu faire. Llle est datée de la veille de l'cîdonnance sur le nouveau ministère, et c'est j>eul-i'Lre le président du conseil des ministres C •>'9 ) Irti'iî â tois!rt cl?"s>^i1(*r par le jpune homme à la tnoûe hui ffedhfiwp tlv-s airs nouveaux, condilion indispen- sable pour ?trP miiùstr-e. Or, .M de l-alour-Maubourg n'est pas jei;iM'; !M Roy psI Irop fiche p. ur chanter ; M. Pasquier doil < hanier f.iux ; M. de Serre, garde* dps-sceaux , ( t de nlns doctrinaire ! ali (i ! il est dispensé d'être a'm;ib!e , et de fredonner. M. Portai rliaiile-l-il? Qu'est-ce (j'ii le sait ? A.ilini.s, allons, décidément, c'est le nouveau pr 'sident du conseil ; Il est jeune, aimable, et il chantoit fort bien autrefois : « P.Tftanl pour la Syrie. » "Voyez maintenant chez les marcliands d'estampes; les missionnaires y sont perserntés par les crayons ré- volutionnaires, comme ds Pont éléàBrestparlafoiblesse des autorités. Ici unechansonLien inipiedeM.Berant^tT^ et déjà. insérée dans la IMinerce^ a fourni les traits dont on cherche à percer les apôires de la religion, et la chanson même sert «l'explication à la caricature; c'est un triple moyen de publicité. Plus loin, ce sont les Frères de la Doctrine Chrétienne qu'on représente armés de fouets, châtiant cruellement leurs élèves, et cela, pour exposer ces vertueux instituteurs à la risée, à la haine du peuple , et l'empêcher d'envoyer ses en- fans dans leurs écoles. Probablement Tauteur de ces dégoûtans tableaux sait bien que toute punition corpo- relle est interdite aux Frères à l'égard de leurs élèves ; mais que lui imporle.'' il espère que le peuple ne le sail pas, et alors la calomnie porte coup. Au surplus on prétond que pour satisfaire les ama- teurs, toutes les caricatures contre les missionnaires et les frères, vont être mises en un seul recueil dont la dédicace a été acceptée par les hommes d'Jitat qui rédigent un journal ininisiériel. Pourterminerdignement cette esquisse desmnchina- lions jacobines, nous ne devons pas oublier un calen- drier inventé pour Tannée 1820. La r*^publiqiie a eu le sien; celui-ci ne cède en rien à Talmanach de Barrère, l.,akanal et au"lres. 11 est intitulé ; « Calendrier Féodal.» Les vignettes dont on l'a orné sont, d'un côté , un roya- liste laid, vieux, ridicule, avec la cocarde blanche, la Heur de lis, mais sans rondache ; en regard, un Frère de la Doctrine Chrétienne, coiffé d'un bonnet d'àne j au milieu , un cteignoir, un bonnet de prêtiii sur lequel ( 520 ) on lit ces mots : « Ij;norantin^^ missions^ discorde; >» et (le plus l'arme tle la pénitence, un chapelet et un pole;nartl qui entourent cette exergue : « Débats, Quo~ » iidienne , Drapeau Bljnc, Conservateur. » Au revers du calondrii r sont d'autres vignettes ainsi disposées. A droite et à gauche les armes de Prusse et d'Angleterre; au milieu, un écusson en guirlandes avec celte inscription: « Anghiis ^ Russes, Prussiens. » D'un côté de cet écusson, un donjon crénelé, avec porte de prison, sur lequel est écrit: ii féodalité ; » de Tautre une enseigne pi^rtant « Places, arf^fnt. » Çà et là des chats, des tigres, des hiboux, une marotte, une plume, des tètes de morts. Au bas des six premiers nioi.s , en gros caractères : y^ Quatre-vingt-treize, Mille -huit -cent - » QUINZE. » Au revers : « Si veut le Rci , si veut la lui. >» Et dans les quatre coins ces notes : massacres de Nismes, d'A\ignon, Vendée, guerre civile, armée de Condé, grandes routes inquiétée^, expéditions jésui- tiques, notes secrètes, intrigues de Carl,bad, bannis robannis, hommage aux Suisses, affiliation secrète, direction de la librairie, filles publiques paten- tées , etc. etc. Rien n'y manque comme on voit, et il fliut rendre hommage au génie révoUiiiounaire d avoir su , dans un espace .lussi borné, accumuler tant de provncaîions et tant d'hoireurs: c'est un chef-d'œuvre dans ce genre, et qui se vend publioo3 emigrés-régi- cides, 1793; Saint- Fargean a.ssassiné, i 793 j ignoran- tiiis privilégiés, i^iS; déffclion de Dumourjez, ijgS. ( 521 > JéFection do Marmonl, iSi4.j défection de Bourmont,' . îHi5; Boiialil et les Simssl's , 1818; malnlipii de la censure, maintien de la police, i8i4; menrlre de llasladt, i7;)f); les ha;inis !.... jamais , iBif); Vienne, peuples à rcucaii, 181 5; Néron met le fou à Rome, 64.; débarqnenu-Di à Quiberon , 1795; Ecole de Droit fermée, I'Skjj Lambesc sabre le peuple, 1789; cnfans des nobles protégés, i»8i4; mort de Labédoyère, i8i5; 9^ pairs nommés, i8i5; congrès de Carlsbad , ï8ip ^ monument do Quiberon, i8i4-, etc. etc. La plume se lasse à citer de pareilles horreurs, et Timaginalion, forcée de s'arrêter sur cet acte d'accusa- tion dressé contre la monarchie, ose à peine se deman- der quelles nouvelles victimes la révolution exige encore ! Nos ministres ne savent-ils donc pas comment or^ excite les pas.sions populaires ;* et la société , desti— îiée à périr par leur ignorance, se consojera-t-elle en les voyant les premières victimes de leur inconcevable ioiblesse pour ceux qui dressent sous leurs yeux des listes de proscription? Paris, le 9 décembre i8ig. Dans la dernière Livraisou du Conserwaiciir, MOUS avons fait remarquer combien éloit positif le discours du Prince Régent d'Angleterre a l'ou- verture d.u parlement, et nous avons donné pour cause de la précision avec laquelle le Souverain s'explique dans ce pavs, la certitude que le mi- nistère peut toujours lui donner des vœux de ia naajoiité, la responsabilité qui, pesant .sur les ministres pour ce que contient le discours de la couronne, ne leur permeltroit pas d'y laisser insérer des faits ou des inductions qu'on pourroit révoquer en doute, et qui alarmcroient la nation sur le maintien de ses libertés. Ce positif, si néces- saire dans toutes les affaires, et surtout dans les affaires politiques, a l'immense avantage de faire cesser de suite les incertitudes ; aussi avons-nous vu, en moins de huit jours, l'adresse des deux Chambres au Pioi passer à une grande majorité. Tome V. — 63« Livraison. 34 f 522 ) et le ministère apporter cintj bills destinés à arrê- ter les projets des factieux qui veulent arracher à la fois du cœur des peuples toute idée religieuse et tout respect pour les pouvoirs de la société. A l'é- poque où le parlement d'Angleterre se réunit dans les circonstances ordinaires , ces grands inté- rêts auront été légalement fixés 5 et les deux Chambres se livreront avec calme à la discussion du budget j elles régleront les choses d'adminis- tration sans être pressées par les circonstances , parce que les choses de gouvernement ne détour- neront plus les esprits. Que l'on compare cette marche prompte et sûre , à ce qui se passe en France où le ministère, sans majorité, n'est jamais prêt sur rien, oiile ministère, sans responsabilité, ose tout, excepté dire le but auquel il tend ; où le ministère, sans habileté, ne disant rien et laissant trop deviner, met la nation entière à la dispo-i- tion des alarmistes, et fait, sur tous les points de la France, protester contre ees projets, quoique le ministère lui-même ne sache pas au juste quels sont ses projets, et moins encore les moyens qu il a de les exécuter. Huit jours après le discours du Roi de France, notre Chambre des Députés n'él(jit f)as même organisée dans son intérieur 5 et comme es espi'its sont plus actifs que les ministres, et les événemens plus forts que leur volonté de gagtK v ^u temps sur tout, laChambre, sans oi'ganisatiou , ^ été conduite à traiter, devant la i^rancc etl'Eu- j-ope, une des plus hautes questions de morale ( t depolitique. Ce n'est pasainsi qu'on saisit et qu'en fixe l'opinion 5 mais tant que nous ne conseutirons pas à regarder le discours de la couronne connue l'ouvrage du ministère, l'ouverture des sessions jettera dans les esprits plus d'inquiétudes peut- être que la session n'en apaisera, parce qu il est dans la nature des hommes d'avoir peur du vague, etqueleplu-sbel hommage ({ueles peuples pu issejit rendreau pouvoir souverain^ est de croire qu'il coi;- boU <($sez les besoins de la société pour ne jamais I ( 523 ) hésiter quand il appelleladélibérationsur de grands intérêts. Pour réprimer la hardiesse des factieux, l'An- gleterre ne renoncera à aucune de ses libertés ac- quises , ne mettra en doute la bonté d'aucune de ses institutions tondamentales ; elle reviendra tout simplement à la raison de ses lois. Ainsi, dans ce pays, on ne reconnoit pas d'action aux individus sur les objets d'un intérêt général ; mais on recon- noît aux associations le droit d'empêcher qu'on ne compromette leurs droits acquis. De tous temps, un membre de la commune a pu provoquer une assemblée des membres de la cownraune j et cela n'avoit aucun inconvénient avant que le dévelop- pement du commerce et de l'industrie eût en- tassé des milliers d'iiorames sur le même point. Mais depuis que certaines villes renferment àes populations plus nombreuses que les plus grandes armées des plus fameux conquérans , et qu'une foule d'individus, poursuivis par la misère, la dé- bauche , le crime , s'y trouvent à la disposition des factieux , il est naturel de régler certains droits accordés aux associations, afin que ceux qui ne font partie ni de la commune , ni des corporations , et n'offrent ainsi aucune garantie , ne puissent com- prometttre ceux qui les forment réellement, et les rendre à la fois victimes et responsables des dé- sordres. On demande souvent pourquoi il y a un esprit public en Angleterre, et pourquoi il n'y en a pas en France j nous venons d'en dire la liai- son. Jamais, en AngietexTe, le gouvernement ne propose de mesures dans l'intérêt du gouverne- ment 5 il demande à ceux qui ont des droits acquis, et par conséquent des libertés à perdre, les nioyens de les leur assurer, selon les diverses cir- constances qui dominent dans l'ordre social 5 et quand on consent aux propositions faites par le ministère, c'est comme si la société sage et consti- tuée s'aççprdoit à elle-même les secours dont elje H* ( ^'4 ) à besoin , Que dcnx partis Vivanv se disputent ên- siiile le pouvoir; que, pav l'allaque el la (]y{\ use, ils laissent preuve de grands ialens , l'orgneil na- tional s'en réjouit; elle profite de cette rivalité, et n'en redoute pas l'issue ^ de quelque coté stances, et la nation Ta imité. La Charte » avoit cessé d'exister, le jour où le Roi avoit i) cessé de léguer de J ait. » Et c'est lorsque le:; libéraux proclament des doctrines subversives de toute stabilité, que les ministériels déclarent (pie celui qui a fait la Charte peut la modifier • de .'■orte que la monnrchie , selon le diie des ministres, reposeroit sur des lois fondamentalCsS «[ue le ministère pourroit changer, le Koi pré- sent, et que, selon les libéraux, personne ne doit plus connoîfre, le Roi absent. On s'étonne de 1 ascendant que prennent les royalistes ; on ( 527 ) en chcvclie les causes; on les accuse de soulever 1 Europe à leur pvolil, ainsi que nous le mon- trerons bientôt ; et on ne veiit ])as voir qu*.* leur force est tout entière dans la vérité des doctrines qu'ils défendent. Accordant aux cir- constances ce qu'elles exigent sans compromettre l'avenir, respectant les intérêts actpiis, connois- sant fort bien ce que veut la politique du mo- nieut , qui n'est qu'une conciliation toujours iacile, mais ne cédant jamais sur des principes que les hommes n'ont point inventés, qui tien- nent à la nature même des choses, ils gagnent dans l'opinion d'un peuple fatigué de sophismes, et qui commence à comprendre que les grandes vérités de l'ordre social sont immobiles , plus vieilles que les voltigeurs du siècle de Louis XÏV, sans être pour cela féodales. Ces mêmes libé- raux qui font des lois fondamentales de l'Etat une pièce nécessaire du bagage des souverains lorsqu'ils se déplacent , qui disent adieu à la (Charte lorsque le Roi monte en voiture, sont les mêmes qui crient si fort , le Boi présent , ({u'on ne peut toucher à la Charte, sans exposer la France à tous le^ malheurs , et le pouvoir à tous les ressentimens. Ils menacent de la guerre civile. « C'est en violant la Charte, disent-ils, •» que le ministère de i8i4 a amené le 20 mars> » Que le miniclèrc actuel ne s'imagine pas qu'on )» puisse la violer en 1819 sans alarmer la nation, )) plus éclairée sur ses intérêts et sur ses besoins » qu'elle ne l'étoit en 1810 j qu'il ne cite plus le 20 » mars pour justifier ses projets, car c'est justement M le 20 mais qui doit l'y faire renoncer. » Cette me- nace, qui a Tair d être faite aux ministres, ne s'a- dresse certainement pas à eux 5 car nous ne nous souvenons pas que les ministres de i8i4 qui? par leur incapacité, ont perdu la France, aient eu i\cs motils persoimeis de s'en repentir ; loin d'avoir été accusés , on les a revus frais et dispos , bien rentes, bien dotés, donnant des conseils C 5o.ft ) i)Our l'avonii" , avec aiilar\t d'assni asice <]iie le prudent INeslor en donnoit aux Grecs, et" ne se doutant pas eucore aujourd'hui qu'entre ce vieillard et eux , il n'y a de commun que la Jong^ueur de leurs discours. Les incapables sont si bicr) récompensés de nos jours, (Hi'iJ n'est ])as étonnant qu'il ne reste que des injures et des proscriptions pour les liommes de mérite et de courage. Les citations que nous venons de faire suffisent pour indiquer fine la grande t[uere]l(î entre les libéraux et le ministère , au sujet t\cs cl)an£:;emens médités sur la loi des élections, jirend de joui- en jour plus d'activité. Sur le premier bruit répandu qu'on vouloit réformer quelrpics articles de la (jliarte, les jacobins se sont mis à attaquer la reli- gion, la royauté , les bases de îoul oiclre social , et ils appellent cela déiendre la constitution, L'im- imidence de notre ministère confond tous les liommcs raisonnabb's ^ on se demande où étoit la 3iécessilé de jeter de nouveaux fermens de discorde dans les esprits, lorsqu'on-n'avoit rien de positif à leur présenter pour renfermer du moins la t{ues- lion dans des limites déterminées. .Si, tomme nous le voyons en Angleterre, un projet de loi eûtsui\i .de p]-ès le discours an trône, on diseuteroit le proiet au lieu de se livrera Ars craintes livjiocrite.s .«îur le retour de l'ancien régime ; si , en attendant Je projet de loi , les journaux qui ont la j^ensée du iiiinislére se fussent bornés à quelques réllexions générales sur les résultais de la loi des élections, au lieu de débiter des maximes que le d<'s|)otisme tu'ul seul avouer; s'ils eussent pressé les lovali.stes ])ar de liautartis qui les désavouent: tout cela ne fait pas une force politique, et il en faut une très-grande pour déposséder les jacobins des concessions qu'on leur a faites, et dont ils ont toujours dicté et ré- digé les conditious. Le ministère est bien con- vaincu aujourd'hui quela mollesse des ministériels et l'habileté des libéraux l'ont conduit dans le bourbier révolutionnaire; il dit aux royalistes : « Je vous en prie,, tirez-moi de là ; mais ne tirez » pas trop fort. » Dans la crainte de tirer trop fol't, les royalisies ne tirentpas du tout. Lesdoctrinaires seuls se chargent non seulement de désembourber ie miuislère, maij de le porter jusqu'aux nues j ( 53o ) M. Guizot et M. Pioyer-CoUard déploieront leurs ailes, soulèveront la Gloire ministérielle, et d'un son/ïlr puissant la porteront jusqu'à la région desh}- pollièst'S. Les jacobins rient entre euv du ministère et de ses soutiens; mais en public ils prennent un air furibond. Les buonapartisles l'ont la cliouettr à tous \es partis, pour essayer de se faire compter par tous j et nous ne serions pas étonnés qu'un ministre, connu pour être tombé de cbeval sur la place de la Révolution, ne crvtt possible de s'ap- j)uver sur ceux pour qui la première de toutes les qualités gouvernemerîlaics est de savoir monter à cheval, et de s'y tenir. ISous ne sommes pas encore à la dernière des fautes qu'on peut faire ; mais cela avance. L'attitude réfléchie des royalistes a frappé le» seuls hommes qui aient, comme eux , des opinions fixes; nous parlons des républicains, gens avii sont trop épris du beau idéal pour comprendre q.ue les nations sont dominées par des antécédens, et qui, par conséquent, sont destinés à être le jouet des la et ieux auxquels il s servent d'auxiliaires. Quelques hommes à tête ardente peuvent rêver la république , et conserver des nxœurs qui con- viennent à cet austère gouvernement; mais ils de- vroient savoir ( l'expérience est si récente) qu'on ne renverse un gouvernement établi qu'avec le se- cours des passions les plus cupides; cette vérité a été sensible dans le passage de la république ro- maine à l'unité de pouvoir; elle n'est vérité poli- tifiuc que parce qu'elle s'applique aux changemens qu'on tente d'opérer violemment dans la forme de tous les gouvcrnemens. Pour les jacobins, ils con- tinuent à parler des royalistes, comme si les roya- listes étoient pour quelque chos»; dans ce qu'on fait, dans ce qu'on ne fait pas, dans ce qu'on pro- jette sans le niédiler, et dans ce qu'on médite sans projet arrêté; ils se rejetU^nt encore une fois sur cette nauvrc fcoiia/i/c (pii n(; peut rien dans tout «eci; ils s'en prennent à loi^t , et ne voilent pas ( ô3i ) mrme nssez leurs allégories pour qu'on ne voie pas claiicment qu'elles s'adressent à un pouvoir que, dans les gouvernemcns représentatifs, on met toujouis au-dessus de toutes les attaques. Parmi les accusations qu'ils portent contre nous, il en est qui contiennent des aveux précieux; car les interprétations qu'on donne aux laits ne dé- truisent pas les faits. Le dernier •Numéro de la Bihlioth'cipic historique porte textuellement : « On ne peut nier que le C'offsen\'-teiir nait ■» acquis en Europe une puissance malfaisante. » Avant sa création, les homnics de iSiô avoieut )) pour adversaires tous les cabinets étrangers qui )) avoient demandé et (jui ont fini par obtenir la )) dissolution de la Cliambre où ces bommes j) avoient obtenu une majorité dont ils faisoient » uu si redoutable usage. Depuis, le Coyiserva- w teur, en excitant les craintes àes, ministres alle- « mands, est parvenu à leur faire faire, dans la » confédération germanique, ce qu'autrefois ils )> avoient contribué à empéclîcr en France, d ISous ne voulons pas savoir si les cabinets étran- gers ont demandé et obtenu la dissolution de la Chambre de i8i5, ou seulement s'ils y ont ap- plaudi ; nous n'admettons pas l'iniluence des gou- vernemens étrangers sur les alTaires intérieures de notre patrie; mais peut-être n'cst-ce-pas sars motifs que, dans une Livraison du Conser\>ateur, nous disions que les souverains qui ont la prélen- lion de régler de loin la politique d'une nation libre, sont souvent exposés à ne servir que les projets des iutrigans; et, lorsqne le temps sera venu, nous nous expliquerons sur les choses et sur les hommes. Il est certain que, tant que la presse a été soumise à la police , la police, par ses injures publiques, ses correspondances privées, et d'autres moyens qui ne sent pas des secrets pour nous, a présenté les rovalis'es lrau«;ais, non tels qii'ils sont, mais tels qu'on voudroit qu'ire fussent pour renverser plus aisément, à l'aide ( 532 ) • ) une haine générale, les dernières barrières qui protègent encore la nionarchic. fie pouvant pas nous (lélenflre, nous passions pour rcgrellcr ia l('oflalité, qui cependant ne s'atlaclie pas aux noms, mais à la ttire que ne possèdent plus les royalistes j nous passions pour ennemis des liber- tés publiques , nous qui seuls peut-être savons que, plus on a d'iiitéréts dans un pays , plus on a be- soin (fu'il y ait des libertés. On aflirmoit-que nous appelions le despotisme de tous nos vccux; et si ce despotisme avoit pu exister, tel général roya- liste qui est accablé d'injustices pour les services qu'il a rendus, tel aulre général royaliste qui a été plongé dans un cachot en attendant qu'on ])i*it savoir cojumenton le ffroil coupable , tel écrivain royaliste qui n'a représenté qu'au tribunal de po- lice correctionnelle, auroient appris aux dépens de leur tête, non seulement qu'il ne faut pas aimer le despotis^ne , mais que c'est une nécessité de le conibatlre, quand il loinbe entre les mains de ministres qu'une réputation péniblement cou- cpiise n'a pas préparés à calculer les résistances, l/iiascibilité et l'impuissance dans les hommes en place sont plus dangereuses mille fois que les calculs d'un ambitieux li?il)iie. Mais eniiu le Con- ^efvafeu'r a paru, et ra\euglement, produit sur les cabinets étrangers par le prestige des miuislres de France, a cessé. Le mensonge ne pouvoit j)as tenir contre la franchise et la simplicité de uq& écrits. ]Nous n'avons pas plus excit-é les craintes des minisires allemands sur ce qui se passe en Alle- magne, que les alarmes des ministres anglais sur ce qui se passe en Angleterre 5 les assassins, ont réveillé les jirinces de l'Empire, les radicaux et les athées le cabinet de Londres; il n'y a que les mi- uistère franrais qui soit destiné à dormir d'un sommeil éternel : c'est ce qui fait croire à tant de personnes qu'il est mOrt. Sans doute nos principes sont favorables au maintien de la ci\ilisation eu- ( 513 ) ropécnne , et c'est un dernier hommage rendu à la Fi-ance; carrons n'inventons pas; 'nous ne fai- sons f[ue rappeler res])ril j^énrraj Je iiolrepalrie, lorsqu'eUe ninrclinit en efl'el à ]a lélc de la civili- sation. jNons siiivons d'un o-il ob,s;i\ atenr les me- sures prises en Europe pour comballre les ennemis- dé l'ordre social, louant peu, ne blâmant pas, persuadés qne nous n'avons pasplusle droit de nous mêler des affaires des étraiigei-s (|ue les élrangers n'ont le droit d'ordonner quand il s'ai^it de nos affaires. ]Nous laissons à nos ministres le priviléc^é de leur demander des certificats de bonne con- duite, et l'honneur de les avoir amenés à solliciter la dissolution de la Chambre de i8i5, si le fait est vrai. Mais enfin , nos ennemis avouent que le Conseri'atcur a conquis aux roValistes l'estime de totit ce qui veut en Euroj)e l'alliance du pouvoir et des libertés publiques. 8i nous avions l'orgueil de le croire, nous dirions à quelques hommes qui mettent, en Allemagne, une grande importance à réfuter presque officiellement les jouruaux; libé- raux de Paris, qu'ils vont contre le but qn ils veu- lent atteindre; qu'ils élèvent chez eux dans l'opi- nion, ce qu'on méprise ici; "que ce^' journaux ii'élant faits en France que pour exalterles passions de la populace en l'entretenant de l'espoir d'un soulèvemeîit général , il est au-de.ssoiis de la di- gnité d'hommes placés dans une certaine sitiialion de lutter contre eux ; que d'ailleurs cela est' de la plus grande inutilité, car on ne connoîtpaâ encore un jacobin qui, pris en mensonge, ne réponde par la publication de deux mensonges; en suivant la firogression , il est clair que cela va bientôt trop oin pour qu'un homme de bonne foi ne soil pas mis hors de cumbat. Mais tandis que nous nous occupons de l'opinion de l'Europe, les cris qu'on pousse à la Chambre des DépTités en l'honneur d'un régicide, jjarviennent jus([u'à-nous, et tious Retournent de tout autre sujet. Nos ministres, qui craignent de terminer une ( 534 ) seule afTaive, parce que plus il y a d'afFaires emr brouillées, plus ils ont la folio espérance de voir la France se jeter, sans conditions, dans les bras du ministère ^ nos ministres qui clierclient et trou- vent toujours une petite considération où des hommes d'Etat prendroicnt une de ces résolutions qui décident de l'avenir, avoient inventé de ne pas recevoir M. Grégoire au lieu de le chasser, etde lui opposer une chicane de procureur pour le sauver de la condamnation prononcée contre lui par la France entière. ]M. Becqucy avoit été chargé d'ar- ranger cela comme rapporteur, et les libéraux y avoien-t consenti d'autant plus volontiers, que l'é- lection d'un régicide étoit, cette année , une faute du parti, blâmée par les chefs eux-mêmes, comme dévoilant intempestivement des desseins qu'ils ne sont pas encore les maîtres de conduu'e. Faire mettre aux voix, sans discussion, un rapijiort qui ne jugeoit rien , c'étoit se réserver l'avenir j et c'é- toit bien plus pour se ménager l'avenir que pour conscrverl'abbéGrégoire, queleslibéraux crioient si fort. Le fait d'indignité est cependant le seul qui ait été discuté ; c'étoit en effet le seul qui pût occuper des députés aussi jaloux de l'honneur français qu'étrangers aux honteux calculs de l'es- prit de parti. INl. 1 aine s'est exprimé de manière à être avoué par tous les royalistes , sans distinc- tion d'époques; IVl. de la Bourdonnaye, qui n'a jamais fait de concessions sur les principes, quoi- qu'il soit le plus tolérant des hommes sur tout ce qu'on peut j-ejeter sur les malheurs des tenqis , n'a paru sévère à personne, quoicju'il ait mis dans son discours toute la rigidité qui le dis- tingue comme orateuj-. Il a dit, et cela sera vrai Î)0ur 1 liistoirc comme pour nous', que l'extrême jonté du ministère pour les régicides exilés par une loi, avoitx'nhardi leurs complices, et(jue le ministre qui , trop pressé de répondre quand il ne pouvoit que se taire , s'étoit fait le défenseur de la majorité «aine delà Couvention, avoit préparé la ( ^Sj ) nomination de ]M . Gréj^oix'. i\I. Porlal, nuiiistre de la marine, écoutoit; JNl. Koy , ministie deJ finances, taisoit do môniej M. Pasquicv, pour le moment ministre des i'<'lalions extérieures , est monté à la tribune. 11 a défendu d'abord la royauté, et ensuite M. de Serre, défenseur de la majorité saine de l'assemblée qui a jugé et condamné Louis XVI à la majorité. M. Pasquier s'est porté garant que M, de Serre, pénétré des devoirs ([ue lui impose le titre de ministre du Roi, s'étoit dévoué à la monareliie, et mourroit au besoin avec elle. Cela a rappelé que M. de Serre «st malade depuis l'ouverture de la session. Au reste, nous sommes un peu las des ministres déter- minés à mourir avec la monarchie , et nous prions le Ciel de nous en envoyer qui soient bien résolus à vivre pour elle. La question de forme et la ques- tion fondamentale confondues, on a mis aux voix l'admission ou la non admission de M. Grégoire; l'assemblée presque entière s'est levée pour ne pas l'admettre, aux crisde ^ive fe Jîoi.Ce cri est positif dans cette ciscouslance ; il dit clairement que c^est l'assassin des Rois que 1 on cliassoit, la France et la royauté qu'on veng.eoit des électeurs du dépar- tement de l'Isère. Aujourd hui il n'y a pas le moindre doute à cet égard;. mais les libéraux disent le contraire, afin de pouvoir interpréter la décision de la Chambre, s'ils sont les plus forts aux élections de l'année procliaine. Le système minis- tériel a réusssi sous ce rapport qu'il laisse tout in- certain pour l'avenir; et la dignité ou l'indignité des régicides triompheront selon les circonstances. L'opinion de la France s'est donc monti'ée cetle fois plus forte , plus sage , plus profondément poli- tique que l'opinion ministérielle ; il y a long-temps que les choses sont ainsi. C'est un des grands griefs de la liberté de la presse. On retrouvera plus d'une fois son ascendant dans cette session. Quelques personnes s'étonnent que M. de Cazcs H^ait pas protîté de l'occasion pour découvrir un ( Ô^d ) peu les nouveaux seulinicus qu'on lui suppose. Cet étonuement ne peut venir que d'un défaut «le réflexion. M. Courvoisier , auquel oni s'ap- niéle à donner, pour celle session, riniporlanoe qui jusqu'ici a voit dislingué particulièrenieut 3M. le comte Bcugnot , penchera vers les lihé- aaux , sans renoncer in pcLto à être ministériel ; M. Pasquier penchera du côté des royalistes , sans renoncer à être de tous les ministères dont J'avenir est gvos; IM. de Gazes tiendra la Lalance. 11 n'y a donc pas de molils pour ([u'il se pro- nonce; son silence est d'une politique si élevée, que nous la dévoilons, moins pour faire preuve de perspicacité , que pour lui attirer l'admira- tion due à une âme assez forte pour se tenir dans la ligne ministérielle, lorsque tout ce qui })orte un cceur français aspire à rentrer dans la igné monarchique. L'invenliou de- faire voler sur une question qui n'est pas posée, alin d'obtenir une majorité, sera d'une grande ressource pour faire passer la nou- velle loi des électi&ns. Ce sont les doctiinaires qui la rédigent; ils n'eu sont encore qu'au lay*' ar- ticle. Il y tïi a pour tout le monde. On la rendra si volumineuse que, dans l'impossibilité de la dis- cute}, on finira parla mettre aux voix en masse. Chaque opinion y trou\anl quelque chose à son gré, elle obtiendra l'uiianimité des suffrages; ou ne la discutera qu'en l'exécutant, et l'exécution seule décidera pour qui elle aura'élé faite. Celte nouvelle méthode d<î faire d(;s lois obtiendra cer- tainement un prix à la prochaine exposition des produits de l'industrie nationale. FlÉVÉL. On vient da mellre en vcnle riiez Le Norniant, nie dcr Seine, n" 8; un ouvrage iniilule i.Es Missionnaires l^% 9^ , par l'auteur de \' Itinéraire de liuonaparle a Sainte-Hélène , etc., etc. Un (oit vdl. in-8'\ Prix : 0 Ir. , il 7 Ir. 75 c. par \a poste. Cet OuvTfif^e se vend aiis.i (\m. PicliarcJ, quai Conli; et chez Hcy et (jravier, quai des /\ii;^\istliis. — On trouve aux mêmes adies.ses : Le Frondeur , come'dîe en un acte el c/i vers, par M. Ro)(ju. Prix ; 1 Ir. 5o c, et i If. 75 C. par la poste. -«MnA\V\%VVMVVVVWVMA«An^WMVVVV\^MMA\M(«V\\>A«/VVVVV«AlVVVVVVV«WVVVX%%v\'VVVVVVV« LE CONSERVATEUR. AVIS. Les Personnes dont la Souscription finit avec le tome cinquième (65*^ Livraison ), et qui sont dans lintention de souscrire pour le sixième volume, sont invitées à vouloir bien faire parvenir leur renouvellement de suite, si elles veulent éviter tout retard dans l'envoi de leurs Livraisons. Les Souscripteurs des dépariemens sont aussi priés , pour prévenir toute erreur^ d'écrire leurs noms et leurs adresses bie?i lisi- blement, et sui'tout de ne pas oublier^ comme cela est arrivé plusieurs fois^ d'indiquer le lien de poste par lequel ils sont servis. On ne peut souscrire que du commencement d'un volume^ Le prix du volume est de \^fr. par' la poste. Les lettres et V argent doivent être adressés , franc de port, à M. Le Normant , fils , rue de Seine , W" 3, F. S. G. QUELQUES RÉFLEXIONS. L'avenir., long temps incertain, soulève une parlie du voile qui couvroituos destinées ; et si les événeinens continuent à niai'cher avec la même rapidité, le moment approche où nous subiron,s Tome V. — 04^ LivnAisoN. 35 ( 538 ) le résultat de trois années de fautes, d'erreurs, cî peut-être de cri:i;es. C'est alors que beaucoup de ^ens, aveugles volonlaircs, AJctimes d'une con- fiauce que tout devoil détruire, se repentiront de leur funeste crédulité 5 repentir tardif qui, lofn de remédier au mal, ne fera que l'accroître, parce que la douleur des regrets inutiles s'unira au mal- heur de la position pour la rendre désespérante. Cependant il es l encore des ressources j (llessont immenses 5 et si l'on veut les employer, tous les dangers qui nous menacent peuvent être conjures. Voyageurs infortunés, nous errons inconsidéré- ment sur le bord d'un abîme, tandis que nous avons près de nous de riantes camp.ngnes où nous trouverions bonheur et sécurité : situation vrai- ment inconcevable ! dé[)loral)le aveuglement qui nous lance à travers les périls, lorsqu'il est si facile de s'en éloignei- à jamais ! « Uye inquiétude \ague, mais réelle, préoc- » cupe tous les esprits. » C'est dans le discours émané du trône que se trouve ce passage remar- quable qui peint avec tant de vérité notre état so- cial. Cherchons-en les causes, et tâchons de trou- ver quelques lumières qui puissent nous guider dans la route que nous allons parcourir. Depuis que les résultats de l'ordonnance du 5 septembre ont donné lieu de penser que la fidélité pouvoit cire réputée criminelle et la trahison pas- ser pour vertu , toutes les ()])inions ont été faussées. Lorsque les choses suivent la marche tracée par la nature, parla raison, parla politique , lorsque les amis sont ceux qui servent, et que les ennemis sont ceux qui nuisent, il est facile de se faire un pl.m de conduite, ])ar('e que, tout étant positif et vrai , l'on peut se livre}' à son inclination bien ou mal- faisante, avec la certitude d'obtenir soit la récom- pense de ses bonn<;s actions, soit le cliatinient de bn per\ersité. Dan* ce cas, point d'incerli lude. ( ^'39 ) amis , ennemis sont connus et classés ; c est rKi gou- vernement à se ser\ir des moyens qui peuvent taire triompher les uns et contenirles autres. Maislors- ■que les amis sont rebutés, et que les ennemis re- cueillent tous les avantages de la contiance, cette conduite étrange afilige Ivs premiers sans gagner les seconds. L'homme, de quelque dehors qu'il se pare, possède en lui-même un juge sévère qui lui dit incessamment s'il est digne des éloges qu'il obtient, de la confiance qu'on lui témoigne, des bienfaits dont on l'accable : ce juge est la con- science. Elle tourmente celui qui reçoit une faveur non méritée, et l'angoisse qu'il éprouve le porte à scruter les motifs du bienfaiteur. Cet examen est toujours injuste , parce que toujours il est ins- piré par une prévention défavorable. A des veux îascinés de cette sorte , la bonté paroît foiblesse, Tindulgence artifice, la générosité frayeur; tout se dénature, et celui qu'on a cru gagner par des concessions déplacées, loin de s'abandonner à de nouveaux sentimens, se confirme dans ceux qu'il eut précédemment ; il s'y croit d'autant plus auto- risé , que tout lui permet de se faire une haute idée de son importance. Dans le même temps, la classe nombreuse des observateurs qui forme j fresque toute la nation, s'étonne du spectacle extraordi- naire dont elle est témoin : elle y ti'ouve quelque chose de si faux, de tellement surnaturel, qu'elle tombe dans l'état de stupeur qui résulte toujours de l'apparition d'un prodige. Ce qu'elle entend la confond, ce qu'elle lit l'épouvante, ce qu'elle voit lui semble impossible, et dans cette perplexité, n'apercevant rien de durable dans ce qui l'entoure, effrayée par l'idée dechangemens qui lui paroissent inévitables, de déplacemens dont les suites j)esau- roient se calculer, elle se laisse entraîner à son in- quiétude, l'ous les maux qui peuvent accabler un peuple résultentd»' cetétat U'nnviét*^. Le commerce 35, ( 54o ) languit, rindustrie soullVe, le crédit s'altère; toui attvnd pour renaître que la couliance s'ét.iblisse sous l'appui de bonnes instilulions et d'hommes avoués par l'opinion publique. C'est ici le lieu de se demander quelle est celte opinion publique, comment elle se forme, com- ment elle se manifeste; les uns la trouvent dans nue aveugle docilité aux inspirations minislériel les, les autres dans une humble soumission à tout gou- vernement, quel qu'il soil; d'autres enfin, et par Lonheur c'est le petit nombre , dans la manifesta- tion furibonde des doctrines anarchiques procla- mées par des voix libérales. Tous se trompent ou veuleut ti'omper. C'est l'opinion des partis qu'ils invoquenten la déguisanlsous un nom respectable. L'opinion publique e.ctbicu certainement l'opi- nion nationale; pour la reconnoître , il s'agit de chercher ce qu'on doit considérer comme nation. Se compose-t-elle des propriétaires ou de ceux qui ne possèdent rien ? de ceux qui s'illustrent par tl'éclatajis services ou de ceux qui croupissent dans uue abjecte nullité? de ceux qui, joignant au sou- ._ venir des vertus anciennes le méiile de l'exercice M actuel des vertus publiques , justifient la splendeur fl d'un nom révéré, ou de ceux qui, poussés par ' l'envie, font des tentatives criminelles j)0ur dé- senchanter le passé et ])()ur déshériter ^a^enir? de ceux qui, fidèles au culte de leurs pères, s'humi- lient devant les autels, ou de ceux qui Ivs ren- versent ? de ceux qui respectent les meours, ou de ceux: qui les outragent 1* de ceux qu'où voit tou- jours guidés par le sentiment inébranlable de loyauté qui ])orloit nos \ieuv Français à défendre Philippe Auguste à Bovines, à rétablir le scepti'c de Chajles Y, à replacer la couronne sur le iront de Charles-le-\ ictorieux , a se sacrifier pour ré- parei- les torts de la fortune en\ ers Frau oitpns. des trophées et des drapeaux avec b'squels elle pilt voiler ses pages , il ne resleroit que du sang , des rui- nes et de la boue. L'habitude qu ils ont de fondre foule l'histoire delà révolution dansceiiedeses con- quêtes, leur fait tout voir en beau ; elle les attache à ce qui ne leur iuspireroit que de 1 horreur s ils le regardoient sans prisme, et leur ignorance leur (i) Un volume in-S". Prix : 6 fr. , et 7 fi-. 7S c. par lii posle- A I*aris,rhiz 1-e Norniant , rue de Seine ; Hey et Gravier, iju;ii. des Auguslins; et Pichard, quai de Coiili. ( 546 ) cache des dangers , dont l'étude seule du passé peut leur faire mesurer l'étendue, chose nécessaire, s'ils ne veulent pas contribuer, sans s'en douter, à perdre eux-mêmes encore une ("ois la monarchie. L'ouvrage dont nous parlons est, à cet égard, d'un puissantsecours ; l'auteur a renfermé dans un cadre étroit les actions des hommes pour lesquels des leuilles jacobines appellent chaque jour l'intérêt , et qu'elles présentent comme des victimes quand ils ne sont que des bourreaux. L'histoire des pro- consuls conventionnels est tirée du Moniteur , et peu de temps suffira à celui qui voudra lire, pour juger le passé , et calculer ce que pourroit être l'a- venir, si ces hommes revenoient encoi-e au pou- voir. Ils calculeront l'importance qu'ils doivent attacher au mot honneur placé dans certaines bouches, quand ils songeront que Carrier, hoinnie- principe en noyades, disoit à la Convention , dans sa défense: c Je puis faire le sacriiice de ma vie; » mais je ne ferai jamais celui de mon honneur. » Ils verront qu'il ne peut pas y avoir erreur dans les hommes qui se font les défenseurs des principes et des bourreaux qui perdirent la France. Au point où nous en sommes venus, il n'y a plus de milieu j soutenir, préconiser, mettre en avant les hommes de c)3, c'est soutenir, vouloir et deman- der les principes de cette époque. Présenter comme de malheureuses victimes d'une réaction , les hommes à qui les supplices les plus cruels pa- roissoient encore trop doux, qui trouvoient toute espèce de mort une mort trop lente , et qui appe- loient au secours de leur rage tous les supplices et tous les genres de mort 5 présenter, dis-je , ces monstres comme des victimes, est l'impudence la plus révoltante, l'oulrage le plus inconcevable que l'on puisse faire au bon sens et à l'iinmanité : et l'emarquez que les hommes (jui ])ensent ainsi , se » l'armée, composée d hommes de la nation, est 3) nécessairement nationale; cinq ans de paix, ses )» relations habituelles avec le resie des citoyens , n ont retrempé son esprit: et l'exemple de la i> garnison fie Brest apprend suth^ammeut ce qu'on )* est en droit d'attendre dvs autres garnis/ins. Si i> le.'^ chefs, auxquels on croit l'armée servilement » attachée, ti'aliissent la nation, ces chefs seront » oubliés , elles exemples delà révolution doivent 0 » apprendre f[u'ils sevoient biewlôt remplacés. » En Angleterre, un écrivain qui se seroit ainsi permis d'outrager la Cliam^re des Cofnmuiies, C ^49 ) eût sans aucun doute été luaudé à la barre, et pour- suivi avec juste raison. Dans une monarchie, on ne peut recounoUre ïjue le Koi comme seul chef auquel l'armée doive et puisse étie, non pas serviletueut (car dansée SLiis ce mot n'est pus Iranrais), mais txclusive- Dient attachée; c'est le Koi qui est le seul chef de lElatj c'est lui seul qui conlère les empio's, lui seul à qui on piète serment de fidélité (car il n'est pas encore question du serment à ia nation et à la loi, comme ilan.s le Lon temps rappelé par le Cen~ 5eu/'); c'est le Koi seul au nom duquel l'armée peut agir. Or, dans une monarchie, je le répète, où un tel état de choses existe, un écrivain qui auroit osé citer i'exemple de la révolution pour laisser entendre que l'armée pouvoit oublier ses chefs, en choisir d autres, et qui faisant ainsi de l'armer un corps agissant et diclajit des lois, outrageroit à la fois Fainiée et les chels qui la commandent pour le Roij uii tel écrivain, dis-je, eût été pour- suivi d'office par le procureur du Koi. Sous un ministèi-e ferme, Técï-ivain qui se fait à lui tout seul l'organe de la nation, et qui suppose un mouvement national , c'est-à-dire la sainte insurrection, car je ne sais pas quelle autre chose on peut entendre par lux mouvement national où l'intervention de l'armée seroit nécessaire; un tel écrivain, dis-je, auioit été poursuivi d'après les ordres du ministère. (Jhez nous il en est tout autrement. De telles maximes se professent hau- tement, tranquillement, et celui qui les répand (I même la petite satisfaction de pouvoir se croire un personnage, puisque toutes les lois se taisent devant lui, et ijue le pouvoir recule devant celui qui ose 1 all.a(jiier. Puisqu'il en est ainsi, que ?»1I\J. les rédacteurs du Censeur nous disent donc ce qu ils enlendenf par le vQ.oi nation. iSelon nous, ce qui constitue ( 55o ) la nation, i:'cst la réunion du Roi nux doux pou- voirs ctal)lis par la Charte. C'est ainsi seulement qu'on peut la comprendre, ce n'est que par là qu'on peut la connoîlre , ce n'est que là (|u'elle est représentée. Uoij? do là tout devient illégal , subversif de l'ordre établi , et tout écrivain qui eu appelle à une autre autorité, qui place la nation ailleurs que là où elle <;,st réellement, se met par cela même en opposition à la nation : et que de- ■viendrions-nous , grand Dieu 1 si tous les çjens à mérite égal à celui dea rédacteurs du Censeur, al- loicnt se mettre dans la tête qu'ils sont la nation , et que lorsque tout ne va ])as au gré de leur fan- taisie , la nation se trouve lésée dans ses droits ? C'est ainsi qu'avec ce mot emplo3'^é à toutes les époques par tous les fauteurs de nos troubles , on a vu le peuple victime de toutes les erreurs, foulé par toutes les ambitions, tour à tour livré à l'a- narcliie, au despotisme, et sans cesse opprimé au iioni de SCS jjropres intérêts , chercher en vain, pour les libertés publiques, nne garantie qu il n'a trouvée que dans Tordi'e établi par le Ûoi , garantie qui toutefois s'évanouit du moment où les dépositaires de l'auloi'ité royale restent impas- sibles devant les attaques faites au gouvernetnent et devant des doctrines d'autant plus dangereuses qu'elles acquièrent d'audace en raison de la foi- blesst; qu'où met à les réprimer. Ces vérités, i\u} sont à la portée de tout le monde, ne semblent ignorées (pie du ministère et de ses agens. Les erreurs se pi'opagent : des insen- sés menacent Tordre établi, et les dépositaires du pouvoir attendent en silence j si vous les pressez , ils vous lépondenl, les lois sont insuffisantes j et que n'en j)ropo.s(.'z - vous de bonnes? que n'em- ])loyez-vous votre influence à combattre ce qui tAt pernicieux , à forlilier ce qui est honorable et i>i<.'n ? pounjuoi votre niibérabJc systémo de bas- (551 ) cille en movalc comn>e en politique? pourquoi, lorsqxie tel journal, sous vos ordres, vient niicl- leuseuiont parler en hi<'u de la religion , tel autre journal également votre ouvrage , outrage -t- il à plaisir tout ce qu'il y a de religieux et de res- i)cclable ? hc Journal de Paris parle dans un sens, la Courrier d;ins un autre , et toutefois ces deux journaux ont une source commune : où tendez- vous en agissant ainsi? que voulez-vous? On ne trompe plus personne aujourd'hui en France; il n'y a personne ni à ramener ni à convaincre. La révolution marche franchement à son but : elle se divise en prétentions différentes ; mais elle est réunie pour renverser ce qui existe , tandis que ics amis de la monarchie , et il y en a plus qu'on ne le croit , défendent pied à pied le Koi , les li- bertés publiques et les véritables intérêts de leur pays. Quel déplorable résultat le ministère n'a-t-il pas recueilli de son système 1 qu'on parcoure la France , et l'on en jugera. Il a poursuivi les roya- listes , caressé la révolution, et appelé à lui les buonapartistes, les hommes des cent- jours : a-t-il fait des amis au Koi? non ; s'est-il fait des amis ? encore moins. Les royalistes combattent partout son système, parce qu'ils y voient la perte de la monarchie , et partout le ministère a contre lui les hommes qu'il a protégés, réchauffés dans son s simple ministre. Si l'on exa- mine ses actes, depuis qii'il a le litre qu'il désiroit, on voit le rappel desbannis , le retour à la Chambre des Pairs, des pairs qui avoient siégé dans les cent- jours, et l'on est Iraj^pé de sonsiicnce tlanslaques- liou du régicide, lor.scj u'il s'agissoildc l\i . Grégoire. D'apjcs cela, en attendant de nou\ elles p^'euves, on peut déjà préjuger de quel côté inclinera M. de .Cazcs. Du reste , d'ici à peu de jours , il faut que la question s'éclaircisse pour les liomuies les moins clairvoNons. ].a France monarclji<]ue réclanie des changemensàlaloi deséb'clion'i , il est un ])aiti qui n'en veut pas 5 ce sera au miiiist e à décider la ques- tion. Il est hors de doute pour tout homme ami du icpos de son ])avs, que la loi qui a amené un régi- cide à la Ciiainbrc des Députés, peut, sans exagé- lîition, ne pas être j-egnrdée comme une loi essen- tiellement conservatrice^ qu'une loi qui a de tels lésullat^j est aussi peu honorablepf)ur le pays, qu'elle est dangereuse pour la monarchie; qu'elle n'est itoinl nationale , carie régicide n'est nullement nalional en France ; qu'elle jxiclroil le royaume et le monarque, caj- les régicides qu'elle appelle, l'ont déjà perdu nue fois. C(S véj-ilés sont à la portée d<; tout le monde, ]Noufi \erjon!, ce que let'-a'leininislère présidé [)ar M. dt^ Gazes. S'il prc- sén1o des Jiiodrtications .«âges , constittilionnelles , par l'^fj^ueliei tous les intiérjÇ'ls^oifnl représentés, ( 553 ) les llî)crlé.s publiffiies garanties , et la monaiclne. i)i'éscrvéc des altciutos tics iactieux , il aura pour ui tout ce qu'il y a de o;ens sans passion, vou- lant la repos et la stabilité ; dans le cas contraire, il travaillera pour la révolution, et avant peu, ht révolution se chargera de la r compense. Castelbajac. LITTÉRATURE. {l't Arlicle.) L'excellent ouvrage de critique de M. Dus=» sault (i) nous fournit l'année dernière l'occasiott as toujours eu le courage; de dédai- gner la fausse élégance du français moderne pour employer le niol plus naturel du vieux français, -j^ious lisons au vei-set 7 du XL Vil" chapitre d'Isaïe ; « ILcoulc, elle volirplueusc {làahy]one). «ÎSousde- ïnanderons au traducteur qui a un sej-itiment si juste du style propre à chaque genre, si celle épi- Ihète de voliiptacuse est biblique, appliquée; à nue cité?- L'Ecriture ne l'emploie qu'en parlant des femmes «t de leurs sé tant que ces mœurs sont héroïques et inno- centes ; mais lorsque les vices et la politique sur- viennent, les Filles du ciel abandonnent le récit de nos erreurs au langage des hommes. Les ou- vrages historiques se multiplient de nos jours, et force nous est de les produire ,. car l'histoire se plaît dans les révolutions : il lui faut des malheurs pour juger sainementles choses ; quand les empires sont debout , sa vue ne peut atteindre leur hauteur ; elle n'apprécie l'étendue du monument que lors- qu'elle en peut mesurer les ruines. \J Histoire du Btarn mérite de fixer l'attention deslecteursjellereniérme dans unexcellent volume tout ce que Froissard , Clément , de Marca, Au- ger-Gaillard, Chapp.uis , de \ic et dom Vaisselle nous ont appris sur les devanciers et sur la patrie d'Henri IV. Ce petit modèle de goût et de clarté li a pas la majesté liistorique, mais il a toutle charme des Mémoires : c'est un ouvrage pos- thume de M. de Baure. L'histonen dont les tra- vaux sont destinés à ne paroitre qu'après sa mort, doit inspirer de la confiance. Quel inteiél auroitil. à se porter en faux témoin au tribunal de la pos- térité ? Voué en secret à l'histoire coivme à un sacerdoce redoutable, il n'attend dr .«on vivant aucune récompense. Retranché, pour ainsi dire. ( 007 ) ♦Icrriève sa tombe , il s'y défenrl contre les pas- sions des hommes, et déjà semble habiter ce« ré- gions incorruptibles oà tout est vérité en présence lie réternelle vérité. L'ouvrage solide et important , connu sous le nom à'Histeire de Venise , fait grand honneur an beau-lrcre de M. de Baure. En voyant les monu- niens et les mœurs de l'Italie, on est tenté de croire que des peuples dont le passé est si sérieux, et le présent si riant, ont été formés par la philo- sophie d'Horace. D'une part silence et ruines; de 1 auti'c chants et fêtes. Gela ne rappelle-t-il pas ces passages du poète de Tibur. « Hâtons-nous de jouir — Le temps fuit Il faudra- quitter cette terre... » Carpe client... Fugaces labuntur niini.... T.inquinda tellus... et toutes ces maximes qui cherchent à donner au plaisii' la gravité de la vertu ? \J Histoire de Venise n'^est peut-être pas sans linéiques défauts , mais ces défauts tiennent plus- .tu mauvais esprit du siècle qu'au bon esprit de- l'auteur. On s'imagine aujourd'hui que l'impar- tialité historique consiste dans l'absence de toute doctrine, que l'hislorien doit rester impassible entre le vice et la vertu, le juste et l'injuste, la l'aison et l'eiTeur, le droit et le fait : c'est remonter à- l'enfance de l'art, et réduii'e l'histoire à une table chroirologi'quc. L'esprit moderne croit encore que certains faits jeligieux sont au-dessous de la dignité de l'his- toire; et pourtantriiistoire, sans religion, ne peut avoir aucune dignité. Il ne s'agit pas de savoir si réellement Attila fut éloigné de Rome par l'intei*- vention divine, mai« si les chroniques du temps c«nt attesté le miracle. Le bras du Tout-Puissant, arrêtant le ravageur du monde au pied de ce Capi- tol e que ne défendent phis les ManUus et les Camille; le fléau de Dieu, reculant devant le prêtre de Dieu , n'est point un tableau qui déroge ( 558 ) à la dis^nité âc rhisloire. Ce sont là les mœurs; il les faut peindre : et, «si vous ne les peignez pas, vous êtes infidèles. Toute l'antiquité a publié qu'une puissance surnaturelle dispersa les Gaulois aux portes du temple de Delphes. Thucydide, Xénophon, Tite-Live, Tacite, n'ont jamais man- qué de raconter les prodiges que les Dieux font pour la vertu, ou dont ils éjjouvantent le crime: l'histoire a cru, comme la conscience de INéron;, qu'un bruit de trempette sortoit du tombeau d'Agrippine. JNous hasardons ces réflexions plutôt comme des doutes que comme des critiques. ISous cherchons à nouséclairer : nousncsaurions mieuxnousadres- ser, pour obtenir les lumières qui nous manquent, qu'à l'auteui' dont l'ouvrage nous occupe dans ce moment. Quelques autres observations nous res- teioient à faire : nous les supprimons, dans la crainte d'être souprouné par M. le comte Daru de n'avoir point oublié l'examen du Génie du Christianisme, ?^ous ne nous en souvenons néan- moins quepour remercier l'aristarque delà justesse de ses critiques, et de l'indulgence de ses dloges. Plus heureux ou plus malli(uireux que IM.Daiu, M. Kovou a consacré ses éludes à sa patrie. Quapd il raconte l'honneur, la fidélité, ie dévouement ouvons, avec un fruit égal , porter nos ycîix ( I ) Jfistoire de France , dfpuii J'harantond jusqu'à ta 25* année du ri-j^nc de Leurs XVltl. Six vol. iii-S** Prix ". 36 fi. A Paris, c!»«2 Le Normant , et N, Pichuid. ( 5% ) dans le pas-^é c{ dans l'avenir. Il reste encore assez nent guère des histoires générales du même temps, jNous avouons que nous sentons peu la différence qui existe entre les Chroniques de Safnt-Denis, celles de Flandrre et de jNormandie, entre les Chro- nicjues de Froissardet de Monstrellet, et les Mé- moires de Ville-Hardonin et de JoinNi^lle. Il nous semble donc qu'au lieu de faire deu\ classes à^is Histoires et des INIémoires, on devroit les réunir j- c'est même le plan que l'on a suivi jusqu'ici polir les trois Races, daus le grand Hecutii de doui Beu- ( 56o ) quct. En fïï'ft, l'Histoire de Gréjjjoire île Tonr* n'est pas autre chose que des IMéinoircs^ puisqu'on y trouve mêlées les propres avenluri s de l'auteur et une foule d'anecdotes étrangères à l'Histoire gé- nérale. Les Gesles de DagoLert, la Vie de Charle- niagne, par Eginhi^rd , celle de Louis4e-Dél)on- naire, par l'Anonyme, «//f l'Astronome , la Vie de Rohert, par Helgaud, de Conrad II, par Vippon, de Pliilijipe-Anguste , par Eiggord , sont autant de Mémoires p.irticnliei s. A commencer à l'époque des INïémoires fraiirais, c'est-à-dire à l'époque où Ville-Hardoin éci i\oit, on auroit pu donner tour à tour un volume de.s clironiqueurs latins, des IViémoires Irançais en pi'ose , des Vies ou Chroniques en carmes ou wVf^. C'eût été encore rentrer dans le pian de doin Bouquet. Son recueil contient des extraits des grandes et petites Chro- niques de Sainl-1)( nis , des iiagmens des Chro- niques de ]Normondie,d* s \ei's, en laliu du moyen âge et en vieil allemand tout aussi l)arbares que nos poéines françal;. litstoriqucs. Ces poèmes sont, il est vrai , di(ïîciies,à dévorer^ mais on y trouve hien des choses,, et ils servent à éclairer des points obscurs de noire histoire. Par exemple, sans un poénie sur le combat des Trente , conservé à la Bibliothèque du Roi, nous ignorerions si les cham- pions de ce fameux combat étoienl laits à cheval ,, ou si les che>aliers bretons ne durent la ^ictoil■e qu'à l'avantage qu'obtint IMontauban, en com- battant seul moulé sur un coursier. Cela n'étoit guères probable : quand il s'agit d'honjieur, ou peut s'en fier aux Bretons. INiais enfin le {ait éloit vesié sans preiive. Un vers du pocaie lève toutes, les ditlicultés : Et d'un côte et d'autre fous à ctieval seront (i), La Bretagne vient d'ériger un monument ii la (i) Noms possédons une copie de ce J»o{''me. M. de Penhouet doil l'avoir puMie dans un ouTraj^e sur les ualicjuite's de la Bcf:- ( 5Cn ) inémoire de ses trente héros. On penffoujoiirs fîive «les Bretons modernes ccnnbattîmt pour leur Koî, ee qu'on disoit de leurs ancêtres : On n'a pas fait plus vaillanuiifi^ depuis le combat des Trente^ iM. Petitot auroit été plus capable qu'uu autre d'enrichir un grand travail de savantes préiaccs à la manière des Baluze et des Bignon sur les lois des Francs et sitr les capilulaires , des Pitliou, des Duchesne, des doni Boi^iquct, des Valois, des IVIaLillon sur nos historiens ; des de Laurière , des Secousse, des Vilevaut, des Brequisfny et des Pastoret, sur les ortlonuances de nos Rois. hvs nouveaux volumes publiés par M. Petitot, achèvent l'Hisloire de Duguesclin , et contiennent les charmans iNlénioires de Boucicaut. Christne de PJsan qui avoit préc(*dé ces derniers Mcuîoiros, est à la fois sèche et diffuse. L'éditeur a préféré les anciens Mémoires de Dus^uescUn , écrits par Le Febre, à tous les autres. Il a peut-être eu raison ♦ n ce sens, qu'ils sont les plus conipbls, mais ils sont pour aiiisi dire modernes, et ils n'ont pas la naïveté de Y Histoire de Messire Bertrand Ijus,ues- clin , escrite en prose à la requeste de Jean d-Es- tourville , et mise en lumière par Claude Mesnard. C est là qu'on voit, dit Mesnard, «//e a/«eybr?e, nouri'ie dans le fer, et pétrie sous des palmes. ■ Cette Histoire de Duguesclin nous fait souvenir qu'en bon Breton nous avons plusieurs fois été tenté d'écrire la vie du bon Connétable. Notre dessein de travailler sur l'Histoire^ générale de France nous a fait abaiidan.ner cette idée. Ensuite I Histoire vivante est venue naus arrach^•r à l'His- toire morte. Comment s'occuofii* du passé quand on n'a pas de présent ? Ceux qui avant plus de talent, de loisir et de bonheur que nous, entreprendront d'écrire l'His- toire de France (histoire qui reste encore à faire), trouveront uu riche sujet dans le règne des pre- laiers Yaiois. C '^tîs ) Après la bataille de Poitiers, à lépoque où Dugxiescliu paroît dans l'histoire, la France ofFie le taldeau Je plus extraordinaire : une guerre «étrangère qui ne prétend à rien moins qu'à mettre un roi d'Angletejre sur le trône de Clovis, deux o^uerres d'aventuriers et de brigands connus sous le nom des grandes Compagnies et des Tards- venus , quatre guerres civiles, tantôt unies, tantôt séparées, celle des comtesses de Blois et de iNJont- iort eu Bretagne, celle du roi de iSavarre en Psor- mandie, celle des paysans en Picardie, celle des bourgeois dans Paris. Partout des crimes efîroya- bles, des meurtres, des incendies, le ravage des terics, la destruction des villes, et au milieu de ces fléaux, la chevalerie dans toute sa splendeur, la galanterie dans toute sa délicatesse, la fidélité, Thonneur dans toute leur beauté , des condjats digues des récits d'Homère , et rendus par des guerriers plus généreux que ceux d'Ilion, des fêtes parmi des dévastations , des j^alais s'élevant sur des ruines et le goût des lettres renaissant aux cris de la barbarie. Les personnages de celte époque sont aussi re- marquables que les événcmcns auxquels ils pfé- «dejit. C'est le roi Jean, loyal et brave, qui di- so'.t que si la vérité éloit perdue elle devroit se retrouver dans le cœur des Rois, mais prince im- prudent et fougueux; c'est Edçuard, monarque liabile et libéral , mais peu scrupuleux sur le point de l'ambition et de la justice, |)ère d'un (Us aussi héroïque que le fds de Jean étoitsage; c'est Chailes- le-Mauvais qui mérita sou nom, esprit inquiet, âme noire, donnant par ses crimes de l'impor- tance à ses artifices; c'est Marcel qui mêloit les troubles duTribunat aux autres discordes civiles, *ii faisoit de Paris une espèce de démocratie an- cienne au sein de l'anarchie féodale. Parmi les chefs des paysans on voit pavoitre le Grand-Ferré , , espèce de géant qui terrasse de sa propre maiix ( ^63 -) trente enneTnrs; parmi les clicfs des compajïiîîe';, Arnaud de Cervolles, surnommé I Arclii-P.être j le petit Meschiu , Croquart,. Améi ii^ol-lêlt-noire, cantonnés dans les gorges de vallées et dans les ctiâteaux , rappellent par leur félonie et leurs prouesses les mécréans et les enchanteurs des romanciers. Les chevaliers anglais et gascons ont à leiîr tête le prince r>oiry Chandos, le Captai de Buch ; les clievaliers Iranrais coniptûient Petit Jehan deSaintré, célèbre dans les aventures de guerre et d'amours j le fameux Ciis5on, Geof- froy de Charnr, ce vaillant porte- oriflamme j EustachedcRibaumont. illustre parson courat^eet par la couronne de j>orles qu'il rerut d'Edouard III devant Calais j La Favctte et i-a Piôcheloucauld , noms qnc les armes ont cédés aux leth'es ; Tévéque d;' Châlons , qui mourut le casque en télé comme Adémar, sur les murs de Jéi'usalcm ^ Gaucher de BrieunC; conjiétable de France et duc d'Athènes, double titre ([ui hii impo.«oit l'obligation dune double gloire; enfin les Bourbons qui apprenoient à devenir Bois en étant sujets, et qui vcrsoient leur sang pour les Français, avant que les Fran- çais mourussent pour eux. Après le désastre de Poitiers , qui n'auroit cru la France perdue? quelle éloit son unique espé- rance? Un prince à peine âgé de dix-huit «ns , que son projet de fuite avec le roi de JNavarre , et .sa conduite à Poitiers, n'avoient fait colimer ni des Français ui des ennemis. Cet enfant, qui pro- mettoit si peu, éloit le sauveur que les conseils cle Dieu rései'voicnt à un grand peuple. La Pro- vidence avoit fait naître Charles Y avec les qualités piopres à remplir sa mission : plus héroïque , il eiit perdu la France en voulant combattre; plusfoible , ii succomboit à la multitude des périls dont il étoit entouré. Pliant comme un roseau sous la. Itmpéle, et se relevant toujours; opposant sa mo-= < ^«"m ) dération à la fougue française, sa lenteur à Pim- pétuosité des ennemis; fin sans duplicité, ha- hiiJe à se servir des hommes sans se laisser domi- n-er, il yauva la France par son sang froid, sor» vare jugement, son grand esprit de conduite , et il obtint le surnom de Snge que lui a conservé la postérité. Mais Charles n'étoit que la tète : il falloit nrt bras qui pût frapper, et Dieu avoit en même temps formé ce hras. Tandis que le dauphin in- connu se vetiroit obscurément de Poitiers, un pauvre gentilhomme s'élevoit, aussi inconna. que lui, dans les landes de la Bretagne. Ce gentil- homme étoit, comme il nous l'a appris lui-même, h' plus laid homme de France. Il avoit dans son enfance des airs si grossiers et si mal agrcahles , que son père ne lui permettoit pas de manger à table avec lui. II n'aimoit qu'à se battre avec les p'^lits pavsans. Il n'avoit jamais pu apprendre à lire. « Bien ne savait de lettres, ne oncfjues n avoit it'trojivé maitre de qui il se laissât doctriner; mais ^' les voulait tau jars férir et frapper. » Sa mère le traitoit de bouvier. Les premiers Anglais s in-i8, puMit's par livraisons tic «leiix vc> - îtinies, à dater ua;>if , la morale de plus sublime, la mé- ditation de plus consolant. JNomnier M. de La Mcnaais , c'est dire assez quel goût sûr, quel dis- cernement écbiirc, quelle conscience religieuse et littéraire présideront au choix des ouvrages qui- composeront In BibHoiheque d&s Dames ehré~ ticfincSj et ajouter, surtout dans /(? Conservateur^ un éloge à ce nom illustre, nous sembleroit u» pléaua^iue.- -Nous nous bornerons donc ausinaple exposé dn |4;juv:ul auquel les éditeurs se sout livrés. ( JGB ) Frappés (le l'excessive médiocrité de la plupart des traductions françaises des ouvra^u's de piété j leur premier soin a été d'en substituer do plus correctes, de plus, élégantes , et Ion ne peut douter du succès de leurs efforts , en \oyaut la niajeure partie de ce travail confiée à INI. Géuoude qui s'est déjà acquis une si belle réputation par ses nombreuses traductions t\v:s livres sacrés. Quant aux préfaces et avertissemens, encore Ïdus médiocres dans les anciennes éditions que e texte même , M. l'abbé de La Mennais et !M. l'abbé Letourneur, prédicateur du Roi, se sont partagé le soin d'en composer de nouveaux. Et en même temps , ne voulant rit n lisquer en des matières si graves sans être appuyés de raulorite , ces habiles théologiens, donnant l'exemple ti'op long-temps négligé delà soumission qu'ils prêchent, ne publieront lien (ïabsolumcnf nou^'eau qu'après avoir, au préalable , obtenu l'autorisation des Supérieurs. Cependant , une si graiide supériorité sur tout ce qui a été fait jusqu'à présent dans ce genre , n'auroit peut-être pas suffi dans un siècle où le luxe qui envahit tout, s'est glissé jusque dans les œuvTCs d'humilité. Il falloit donc faire eu sorte qu'un livre excellent fût aussi un beau livre, et que la forme, pour ainsi dire, ajoutât encore au mérite du fond. M. Didot aîné a été chargé de ce soin, et le Spécimen , qu'il a joint au prosjjectus, prouve déjà que, selon sa coi^lume, il a su faire plus encore que les plus exigeans ne pouvoi' nt espérer. ISous oserons d'avance en dire autant des gravures : le talent si souvent éprouvé de M. Bouil- lon, équivaut à l'expérience j et l'on peut, sans craindre d'être démenti par l'événenKnt, tout promettre au nom de l'auteur du Musée des an^ tiques. Au reste , le public ne lardera pas à ratifier not (5%) éloges. C'est le premier janvier prochain que les éditeurs lui donneront les deux premiers volumes de cette précieuse collection , c'est-à-dire la première livraison qui sera suivie de neuf autres pareilles, publiées de deuv en deux mois , cl ornées cliacune de six gravures. Après V Imi- talion et le Coinhat Spirituel qui commence- ront le recueil , paroîtront successivement l'Eii- cologe , la Journée du Chrétien , la Semaine Sainte , VOJjicc de la Vierge , le Petit- Carême de ÎNIassillon , les Oraisons J^unfhres de Bossuet , r Introduction à la \'ie dévote, le Nouveau- Testa- ment, etc. etc. Parmi les ouvrages dits ascétiques , il en est de presque inconnus , ou qui n'ont ja- mais été traduits, qui seront, pour la première fois , offerts aux personnes adonnées à de plus liantes pratiques de dévotion. Psous ne pouvons mieux caractériser ces sortes d'ouvrages, qu'en transcrivant ici ce que M. l'abbé deLaîvlennais en dit lui-même dans le prospectus. « Parmi les ca- j> raclères frappans des livres ascétiques, il en es.t » un surtout qui les distingue des autres produc- » tions de l'homme, et semble, jusqu'à un cer- j) tain point, les rapprocher des Ecritures divines , » la persuasion entière et profonde qu'ont les au- » leurs de ces livres des vérités qu'ils annoncent ;) et l'onction la plus attendrissante ; qu'on nous » permette de développer un peu îîotre pensée. > » A Dieu ne plaise que nous prétendions éta- » blir aucun parallèle entre les écrivains sacrés et » les écrivains spii'ituels , ou attribuer à ceux-ci )) une inspiration qwe l'Eglise ne i-econnoît qu« » dans ceux-là. Mais, sans blesser en rien la foi , » ne pourroit-on pas suppose*- que des hommes )) d'une si éminenlc sainteté, des hommes dont )» la conversation étoit toute dans le Ciel (i), (i) Nostra axtem conversutio in eœlis est. Ep. ad. Phdipi, c. 3 , V. ao. ToMB V. — 64' Livraison. 37 ( 570 ) » des hommes que h; Seigneur cachoit dans le » secret de sa face (i), et cotnbloit de ses grâces » les plus précieuses 5 ne pônrroit-oii pas suppo- » ser, disoiis-iJOus , que ces hommes, ou plutôt » ces anjT^s sur la terre, éclairés intérieurement » de réternelle splendeur, rafraîchis et vivifiée » par cette rosée de lumière dont parle le pro- » phète, eu ont laissé tomber quelques gouttes )> dans leurs écrits ; et que c'est moins encore leur » parole ([u'i's nous font entendre que la parole de » Dieu ni'.'me? Leurs pensées, leur langage, tout » chez eux décèle une origine céleste. IVon, ce » n'est pas ainsi que l'iiomme parle : il n'a point, » avec tant de grandeur, tant de simplicité, ni » tant de cahne avec tant d'amour. Ce mélange » divin de naïveté et de sublimité, d'ardeur et » de quiétude, est encore un caractère distinc- » tîf des autcui's ascétiques. Eux seuls savent » 'toucher, émouvoir profondément l'âme, sans » lui rien faire perdre de sa paix. L'éloquence » de l'homme, toute passionnée, parce qu'elle » s'adresse aux passions, écliaufFe , exalte , remue, » bouleverse; sa force est dans sa violence^ c'est » un torrent qui , dans sa course, froisse, brise » et entraîne les ccenrs. Mais écoutez un pauvre » moine parlant du Sauveur Jésus : son Iront est » calme et serein , ses paroles sont simples et » douces} et toutefois , à peine a-t-il dit deux » mots, que Yous vous sentez tout ému, et que » vos larmes coident délicieusement. Avec des » moyens en aj)p;irence s! foibles, comment pi'O- )) duit-on de si merveilleux effets? Il iaudroit, i) pour expliquer ce miracle spirituel, dévoiler )j tout le lond de l'âme pieuse et fervente ; il fau- » droit en'iM r dans le secret de la grâce, monfrei* » par queîjcs voies cacliécs, par cjuels mystérieux fj) Absci^ndc€ eos in absconditojucici lUie. Ps. 3o, v. ai. ( 571 ) )) canaux elle se communique , et passe tVun cceuv » daus un autre j toutes choses pi esque încfrables, )) et qu'il n'est donné qu'à peu d'hommes de cou- » noUre et de révéler. » Après celte citîition , nous ïi'ajonterons rien : quand le maître a parlé, l'écolier admire, et se tait. Le Corn le O' M AirccNY . Paris, le 17 décembre i8ig. Ce qui se passe dans les Cliambres en Angle- terre, leur activité, leur prudence, l'union de tous les partis pour éloigner un danger présent, sans compromettre les libertés, ollre un .«peclacle digne de fixer l'attenliou des lionimus (^iii ont toujours pensé que, dans un gouverjunic-nt rej^ré- sentalit", l'art de diriger les esprits esl le premier et le plus nécessaire. Partout où la publicité sou- met à l'examen tous les actes de i administra- tion, ce n'est qu'en s'emparant de l'ojjinion qu'on s'éiève au-dessus des dilFitnUés. IN os ministres sont d'un avis contrau'e ;' semblables à ces piqueurs dontlaiâche cruauté occupe tout Paris, ils pensent qu'en blessant sourdement toutes les opinions, ils inspireront une terreur d'au tant pi us grande, qu'on ne saura jamais où ils veulent porterleurs coups. Ils ontréussi au-delà deleurs voeux. Il n'est pasdep,irli aujourdliui, de fraction de parti qui ne riUC'Ute leur légèreté j on les croit capables de tout , même de s'en aller. Toutes les choses sont raaltrielle- ment ce qu'elles éioieut il v a jjuit jours 5 aucun i)rojet de loi n'a elé présente 5 et cependant les haines etks sonp«;onsse sont accrus au point (jue, si on jugeoit de notre situation politique par la violence desécrilset la viv;ro]>res à donner de l'activité anx passions. Loin quele minislèrc soit en mesure d'apporter un projet de loi sur lequel s'épuiseroient du moins les oppo.s.iiwns , on peut croire que le projet qu'on a\oil poussé la semaine dernière jusqu'au i 2 j' ar- ticle, a fié entièrement abandonné ; on en médite un second, qu'on abandonnej-a encorepourun troi- sièni» ,auq4iel il faudra de même renoncer. Je doute qu'il sf)it possible de créer, d'un seul jet, un système éiecl()rai chez un peuple qui n'a point de libertés locales, qui n'a aucune de ces institutions où les hommes se forment, par la discussion libre d'in- térêls de communes et de provinces, à la discus- sion des intérêts généiaux, et où des services ren- »!r »•( sn.'laf d élever l'esprit de la monarchie au- di jsus de J'es]>rit de la révolution ; 3«. ce qui arri- ver{)it f'i , la Charte une fois compromise, les él; étions de l'année prochaine étoient à j)eu près ce ({tielles ont été dej)U!s deux ans. Ces questions «ont graves ; iiricertiliule qui accompague leur soiMîion feroit frémir, même avec des ministres h;d)iie>;, dévoués j que sera-ce donc avec un minis- tère sans lovaulé et sans capacité, avec un rainis» tère q'ii, depiiis quatre ans, se laisse jouer par la révnJM.lion, < t qui ne se rend pas justice s'il croit tju'il soit encf)re en son pouvoir de tromper quel- qu'un, ou méine d'in-^pirer de la confiance quand -ii parh'roit enfin avec sincérité? Les royalistes ne sont pas sans prévovance; le malheur leur en a donne. (Convaincus qn'un parti, qui auroit fait le sacrifice de (jiiel([ues articles de la Chai-te à un minislèr ' aujbilieiix, n'auroil ;iucuu moven de lui ré^islei'le iour où il enexigeroit le sacrifice entier, •les royalistes se sont mis hors de toute activité', •non qu'ils ne tiennent sincèrement à la slabiiifé «îeslois foiulaTuenlales de IKfat j mais entre subir •les chances de nonvennx dJchireniens. oub'S pro- -voquer et •en accej)ter la responsabilité, il n'y a "jioint à balancer pour de vérilables Français. En iucttant à parties conséquences de tout événement décidé autrement qiie ])ar une discussion, ii res- tera au-< royalistes la force (jui accomp-agne la fidé- lité aux sermeus , et lav.'inLagc inappréciable d op- ( ^^79 ) f>o»er ]a liberté légale aux excès des jacobins, à eiirs divisions, dont la France ne pourra supporter long-temps les dégoxils et les frais. Quoif[ue rien ne soit changé depuis huit jours, par le fait du mini'^lère, puiscjue le ministère n'a rien proposé aux Chambres, il est donc vrai que la discussion hors des Chambres a marché si raj>i- dement, que ia question principale est décidée. Quelle ressource reste-t-il au ministère? Ce n'en est pas une que de dire piteusement qu'on a mal intei'prété ses pensées, qu'il n'a pris aucun enga- gement public qu'on puisse lui reprocher, et de se contenter d'apporter un projet insignifiant qui ne changera rien au résultat piévudcs élections pro- chaines. Le ministère ne veut pas tomber; moi, je crois qu'il ne peut plus tomber : mais enUn sou arrêt est inévitable si , jusqu'à la convocation des collèges électoraux pour le renouvellement de la 4" série, il laisse toutes les choses dans l'état où il les a mises. Se retirer ou faire un coup d'Etat, voilà ce que le public discute maintenant pour le mi- nistère. Pendant qu'il nous ]iiéparc un projet de loi plus ou moins constitutionnel, qu'il s'occune de nos affaires, on s'occu.oe des siennes. Il v a réciprotilé. On prononce d'autant plus volontiers le mot Coup d Etat , que personne ne se rend compte au juste de ce que le mot signifie. A en juger par ce que j'ai vu depuis que j'exi.ste, uncoup d'Etat est le d«'rnier ac?e de désespoir de l'incapacité. ^ ioler les lois à l'égard des hommes, à l'égar*! des inslilulions, à l'égard des pouvoirs de la société, ]iour un grand intérêt bien ou mal apereu , c'est à j>en près ce qu'on appelle un coup d'Etat. La tlisso- iulion des anciens pari emens et la création du parle- ment Maupeou éloient un coup d Etat dans l'in- térêt bien ou mal entendu d'.i pouvoir absolu; la cjudamnation de Louis /i VI éloit un coup d'Etat ( 58o ) dans rintérêt de la république, qui rendit int- possiLle i'élalilissement de la république; l'assas- sinat du duc d'Engluen éloit un coup d'Etat dans l'intérêt de l'usurpation; il n'en reste que l'hor- reur; le Dirctloire marchoit à coups d'Etat, et tomboit de même, parce qu'il y a toujoui-s plus de foiblesse que de force à violer les lois. Dans la situation présente des choses et des esprits, un coup d'Etat n'est possible, c'cst-à-dirc ne peut produire un effet de quelque durée qu'appuvé par un des partis qui ont autorité en France. Blâmé par tout le monde, les ministériels exceptés, il retoraberoit de suite sur ses auteurs; quiiize jours sufïiroient pour que les difficultés qu'un coup d'Etat n'auroit pas levées, et les innombrables tliflicultés qu'il auroit lait naître, missent la divi- sion entre les faiseurs; et le preuiicr a]>pel à l'opi- nion seroit plus décisif qu'un appel à la force. Que seroit-ce si les menaces que font les révolution- naives depuis quelques jours éloienl appuyées sui' des projets et des ressources que )ioiis ne pouvons connoître ? Il seroit si bête de tomber devant les jacobins, et d'avoir le tort moral de son côté, qu'on ne peut croire (jue l'imprudence aille jus- qu'à courir cette chance déshonoranle. Tels sont les objets qui occupent aujourd'hui toutes les conversations, et qu'il est de notre devoir de consigner comme une preuve que les inquié- tudes vagues qui régnoient dans les esprits, ont acquis une prodigieusi; activité depuis qu'onleur ;t donné des projets inconnus pour alimens. Avec un peu de connoi.ssance du cauir humain et plus de , tioutiance ministérielle dans la Ibrce des gouver- nemens représentatifs, ou auroit évité ces pénibles résultats ; car il ne laiil pas croire .'iil!!- le Cours de La Harpe; les OF-Uvres deGessîier; la Jéru^.ileio délivrée j Télér.iaque; irs Fa!»]cs de La Fontaine ^ d'Esope; ksOFnviMs de Racine, a\ec leS'Ci>tn- mentaires de (jreoffiov; îes Couvres de Jouis Kacine; les Leçons de Littérature, par MM. j^^oël et Delaplace ; le Dictionnaire.de la î ab^f , par M. ÎSoél ; les Rc\o!u'ion<; Roinainesj Odis d'An-a-» créon, par M. di:- J^aiiit - S iclor: les liérpïnes clu'étienncs cl les Ecoliers vertiiefix , par M . l'althé CaiTon ; Pintarque, traduction d'Amyol , in-8"; Essais de Montiiigne, ijï-8"; Tacite.,. tradnil pur Dureau-Delamalle ; [iistoirs^ de FénéjOn ; liistoive de Bossuet, l'Hisloire Antienne, Romaine, des Empereurs, du Bns-Fmpire, j)rî- M. Rovou ; Bibiiotlièque portative des Voyages, in-i8; les' Epliéméi idos ; l'Histoire de France d'Aî^quelil ; 1 Histoire universelle, du même ; tous les onvr^'^îres de M. de Ciiateauliriand; les Vovages do Chardia en Perse; l'Histoire di' FiTince,par M. RovVVVVVVVVV\V«N*\VVV\»"VVVVVVV\VVVVVVVVVVV*V\VVVV>rt> LE CONSERVATEUR JVIS. Les personnes dont la Soicscription Jînit •avec le tome cinquième (65*^ Livraison ), et qui sont dans [intention de souscrire pour le 'sijcicfne volume j sont invitées à vouloir bien faire parvenir leur j^enouvellement de suite y si elles veulent éviter tout retard dans V envoi tJe leuT^s Livraisons. Les Souscripteurs des départemens sont aussi priés .^ pour prévenir toute ein^eur^ d'écrire leurs noms et leurs adresses bien lisi- blement f et surtout de ne pas oublier^ comme cela est arrivé plusieurs fois ^ d'indiquer le lieu de poste par lequel ils sont servis. On ne peut souscrire que du commencement d un volume- Le prix du volume est de \[\ fr. par la poste. Les lettres et l argent doivent être adressés , franc de port, à M. Le Normant y fils .^ rue de Seine^n'^QyF.S.G, Sur un Arrêt rendu ptir la Cour de cassation. Le Conservateur a déjà parlé d'un arrêt que vient de rendre la Cour de cassation, sur l'appel réitéré d un protestant condamné à six francs d'a- mende , pour avoir refusé de tendre je devant de Tous V. — Câc Livraison. 33 ( S?8è ) sainaison sur lé'pafesâgè'dé'lk'f^t'Dàes^rpti dû Saint Sacrement. Le's è«''cÔ^n'it exiger. Je. oli*;(j[«t\cit03]eiKdfw.témuion«g^3fex- lé;iicurs derespicl pour la religion de^r'Eiat.''Jiâ^i- CA;t de la piîrlieappeifuîîe a sontewit'f^Mtitîis*:!*^^ ,yjLç>ler la Jibeiii des cultes «> iq,ue, dans l'espii!! de nos loi^i^ccil^ liliprtéiJ^OÎt s'éter/âift^ àioiitVilesreligians (jn'il |>lAirUitÀicfh4>1JtliB individu de se iornicr, fanji cpie t'EtWtfciiJïriCTï^ 4^î.ado|Uâl frucnne. î,t comtnt^' 01*1 avoft itt^ohuti^éi^^ ^'çbccasion d'iiin ISiénioire publié pn'c<^dcm'Wii<>iit'pa|' Je même avotat> e légM létioilitMiûï çonséqiieiice ai!éees?aiîx*^'deji'iol«rp'îX'î«tî^li ttftt'H .doniuo|jt,à4?,Çbav'<^ j 'i lui,a|'al]u, you^ iUi>i«vé4- de ^sa ,çau?e ^ fivp^ej- h^utenie^it çeUeiC§;jfijét[»,i!ej(i)Q,€i,t>t '^éme'^çX' prçvi^loir, comme du pfiiîvclpftjfiatïî^ai- j^m en^^l djî, ^d é.y .^^wt ^ a-i^jf^jî^^j/jf lqf^jeTLjf;iYtpffi, ej4^|Wft9>e«#(^ p^Pi^/,f^Ç-, '.).r{,yt;' ,1 •.l>8iijohc;')i;,uo] yiiu j3ri6djfi ',içop^4F,*\*^,lifU'»*?*'^^ p^\>&4)H>J;jOdiiprt-Ha¥){oijfj4t .^ if %>]^j* (çi fï apfî^ ftjCjtifi /q^ç » fiij^ e^^ je4^,|ju^i;i^i «p«ime jûii çrijn^e ,de jè^e-spi^ii^ért >C'pfi< ifpn'ij, y:,î4V,9il/uiie ^^s^^yiif )L(L;.,^ , à - Mjjj'f-rtVl ¥pf'^^':5 w^S>^fi" ^<^«^'> -*^«) «,"ft *PpiW iW^ie^tt coB.servAr, mais •o'■^^st uppareminent nien peu de clios^'^ puistju'on y allaolic si peu diî prix. i ^^^7 ) .Toutçs]l,ç^stiçiiqt^^4c;l^ Qip^, iif^^ig^^, |,'^l(^qii^-,i?^(? , ;éjHTs:que de i ai^ h/stiHvdcfcnsour de t,Qui,5 XVI > et ]a vivo opposi- tion de plusiquvs ijonsçiUcivs,: et quand ils ont de- ini^odé, pour sauver au moins riionacur de Ja ma^isU'atuve , qup Ip luéuipire où so trouvent Iqs jparoKs q,u'^u .vieut d« Ui'P lût censuré, on lour a lépqudu, avçc raison , «j^e \cs d^ux;^irrèls,sevoient contradictoires, et la docti'Iue de l'atUéidniC ié^al a laiomplié, ,. ,. , r,. |. ; ' ' / , . '1 Il n'est pa«-$a«ii» importance de fa'ire^€fbâ'eW^l*l' que les fueiiibv^s du Consistoire et les perfeoiHîes'I^s plus distinguées • -. -.ï"'7 ' '-' AinM'dèncV<]f)afm'iiit)iis; il estrecouiiu (^ùé^lalbi est^tfe^^él^ q*fe phr cousé'quent l'Etat où fè'éàvn^ l^otitiqtieîést'àlihée, qttfi le gouveinéij'éiH ijVVeîle q'U€f|«lt')î»* fci'dyaricV personnelle deéiddii-'iWisIlout -il Sè>o()ïTi'^>6«é, est athée; que les tHbiinaiiji: sont athées ; que tous les agens de l'autorité , Cô'risidérés 'Éointtie bénîmes ptjbiîcs, sont athées;' c'est-à-dire, dous»cré ^)af la loi. Il estétrânt^e qu'6ii Àît atVéWdu , pour abolii- celte loi^, le i^égne du 'Koi trésdiVèt'îen . On ôuroit parité «erafelè*, à toiute fort^ , en tidli^ ' ' ' ' "^ ' ' -'Sa [ pli}.s j)r*.'f:saiit tVcîfaç^?r ou codé inoniiiclufjùV.' Enliu, la sagesse d\inccour .fonvei-ainc en a jVigé .crue. ces.t(nie]a iiiorole sans rolijvdX^*,*^kCt^}V4^°^^?,^~ e ux Chainb»e de.s J>ej)ntes. ÎS a-t-on p^s, deiiiHuç|e nue es .verjtus, S( o.J *fl?4(î'fc i^fV,w,Ç^« ^|>(?l„^e,^94 >^,ce. .)f"WjJiJjê, yM?/ [spc nellc eût fait plus de bvuît. Il <'st vrai ttifé'Fes ti\^ constances étoierifn'cii favôrâïl'ci.'Oii'^tôtt bcCppé riiommc : noirs' n'aUnLiïojVs'ixos niaux qu'aux hommes : no 115 'ne coraplohs , Foriviious ssta\'efy qùè sur Ifesli'omines'i bûmrkn^i'hucr l'e.V Httiiimfe.Hokt iiyipuissans^a sauver,, ou a peiai'<^Trs^)("itpIcs , «t quecVst 'lierre ùr c|in piiid, çtï^ vérîtë (jùi sauVe et qbî cor^sèrve. ainsi qac'iidilferT'â'npi'eîitl lé sû- pr?mélcî;i?îaïé'ur de lai {acîêUi'V^i^iihdsp^emiè'r.e- .çuiîcy du spm lU s ( .hànvhres, . t^^ fremme ^lu a ^pr eçlTç I le VAbi'vrtre des Rois bt' l'h'liclliiO'n d'e '^ia "n'oyauîo ; jci on âSii traïï'(ûirlctrièrii^dt^ i"rtii.^î'-'îti*^s décî'ârci' râbôlilîon de? îa Divipiiè'; 'ç1;,'sî-fé'l''^e Ugaltmcr.t le lUctl'yiié' dWiOlëft , [ *|Q^uoi (jti'^^i! eh' j^ôitV'iiOUS ptuu*on« aujourd'hui n6us'{îa:^t- -, > B9!MPV??o'^^'?f^^jW'W ?V pifi^P^t ^î€g^aé% «Qîip^m^ le -^}"fiA%#'*'^'rj]> oj-tf.».] -^'tu'intMl'S vi !i(i ■'-ï ni." •iLl.ir.r..tfil'.i> «l'i ^.fi(^'^î?>é,,EW,I^,.î:*A]VÎE«P^Aï$'/.a u^al eaub ^ujv <5^|^ j.ES Ï^A'RTiSf '''""\^^ *'t^ . ; « . V^^^4>? îi^Tj ^JH*^ Iftf , ^î9rfIA ].'i.«p9'ft>ftrt'^m- peçhc-pa^ lcSitr,9Ji^)^JLçlipi^ ^jfxqp^^ilies BialjS.ette^,^pj]^|l):içs|brt3S03,vt jp-Ç^c pj,us t^vp^j^^s A^?^^ p,?W^ W/ft?>i")C!¥/î,ip/:e/^i¥^i ff^Wff^W^Fî^ipyfWt fre, re,ta|).liTj que iciraqu'ilr parpît au, l/i^xpi/^dfia ;,*»£- mêmes 9,les^YHVHW\9^^Mr^4ositive, pai' l'institution de la dic^ .tatM'*»', qui donnj'^- •-..< ^ ...■ .i-i., -i-. ..*»^JNo8 iricrtiTs',' • 'frô? afi'^* iib'^' pa^sio^iV' èirilbut , -'dui poussent les sociétés à la république, c'est-à- û^iiTeà letir destruction , ne permettent pas de dic- «'i!ttiï*rè,fè^' ihttîrti. légale et constituée ; et c'est °''J>itif^îÀ'r'^Mp|à<;eV qiie nos législateuT^ modernes ^wit inti'oduit des Rois dans leui's gouvcrnemétis 'k^résentatif^. Ce seroit le sujet d'une belle dis- ^'isëttalîon politique, que la comparaison des însti- "^fufïWié' t^èVriaines avec les nôtres^ et Ton trouve- '^'i9*ît-,4"i^'<^i*'>îs, plus de "monarchie dans la répu- ■'%Wf|uè"i-bniaine , constituée par des hommes qui '-^'éiè *aV6fent peut-être pas lire , que dans des gati- -^^ea-hefrietis (Jai se croient ou se disent jnonavclu- ^-■qii'éS ,'' o*rgauis'és 'par dîçs idéologues,," de béaUx ^''êi^riïsëià^s doctrinaires. '' '''*'' • -M Mii'is ^'jioliyréVeiîiràïa'mà^iitne de J.J^Rôussea« '^'^>ar ïaquelUe nous ayons coinnieri ce, et dont cette ' 'dîgréi^ioii nous a écartés, notre mODiarcïiîp est- ' -'die '«sût:' aBirttee pôiit avoir 'be«oià qù'ùa hùBwne ";f!.vf?^^' ê^ '^ <'i??y?ti hïo n dès :^;rflSa«'*ë«'?; • îVqpjs faut-il affeu<;lie'f]u'érie soit iià'-petPp+«|'i^^'; "wl<î ,, ou enfiu , apKi.s ton&e les (AtoifCfçî^âc'.Uliiti que nous avoivs, négligôfs bu, épuisbe.9^> psift^OrVi es^icrer Gi}.core<:[\\:f(>î¥t^^ttt-*- cé4«fi»Urtiiîfon jtl«s affau'GS'j'jôtfa'viecfitoMèS kU^eiV ' j-a^ifG^f dils Qjit ptiidisjiosCT, no pn.ço^'Çrtlj!^.^«eîde:nets-feiU'an(pilHté'b| de^wytti'é)' séQjjv.>t«.j?.:^'3 çSàdJs a-ri^ aviob io( si awp ^ir,in jaHti ;Xl ^sli (ce» teji» jrfwjço» traaioptpflc itè èfê^^fiit^îK ' ti^«fel9tokijmu»éké5raaeniiàB|Bilt?de]Ù4VfefqtSW et ponfc eeux^ljiui^ donsnnciijMi kp'^éiéWé^frtiAlb' nnè^Ho^e dtbifaitûrwfoSaiilie (paidïJrtJi^U^ ^eâ^ufîPé^h^ raifisni ^ rpaircvjertli'/'ioiit rlriaiv-^a-;*! fi^pH^i 'd'WW-'} dé»ô*4"® qmftÈa i p rd'nai' saainidsdi^nd^ p{\i ma^ j «^« ë ' ^ d'im[désfi'Tdrte'>ijitttfiiiei, ilôtrèejiifcfc i'iéV,(4Téi^>'iftfffi^" ar^néfi v»deu± {k\\én^mii9){imùhRà.til'{'^M}k(P^* ^ dôsoj-dre Bteie parDtaaiii|w4l mua 'mci^^Vé^f^^^VAê '' au.ifQa:»ddiU'prc'a^ice.>nj>' t-) .niKUrfrd r.l f).b iiolJr.''. Je v4aK rparleiî (te te iàqjiifiïâtWfl ^A'mi'iti'^Wë'l à la- Chamb!ie des Député.'^, lrt'WftW<3élî4, inouV, dernier scantlatp a.pu4.<0«***'^t?^ >fcâ dalfis , iirapx>tic'm'ént ct».'îrvjcuhell^nïfihl* [M"olf'*V|>^ èfif^ pit«6j«ij<;e du premier t?i'ibulial deJ'E*aî*i" iîi^ ^^P^ • ' jnitfivma^isti'atidTi TOybiîineys f?ii ts qui «i^Wrl'rtl)!*' J^y l^^^ji^ft tW^ '^• 5 effltf j» , tlh ^ > iTr'wffJ ti t i an ', ; tm > p< ttlh t M tf 1 1<^ v 6f rt tt^i «• ^ IfM^^'CaB^iîlw, o'dduif^^rson pi«Mni\»fj^iMi(*(Jj«*f¥l'iS|.'l/it ' ])lus»<|ioip4e 'l'sprossikju j pniw(t»a'iltf 'ï^'-Volui'ib'il'i^'Vî' ^lé^kinl sa o*as«»/ ... . /: Que la loi, eu îFj'ancëj «oit: all^«^ t'*es('/ fi»^ ci|9,i? , pequie. do lions esprits ,' et Jcs cœurs droits^;- ayoieat aperçu ; et s'il tiit resté quelque doute à cet égai'd^Jjc pouvoir législatif auroit pi'is soin de le Ipyev., pai? l'ànexplicable, le monstrueux refus la,i|; >^ .I4 «eisaioin dernière , et certes , après mûre déljJ)!8Vp»i,i;on, d'insérer l« molreligion dans une loi |cl^S[lW^'c '^ punir les attentats contre l'ordre pu V^ Llic ^ mais que la loi doive être athée, c'est ce l> avQfli^ ifrantUi Ifi demi ère iianite qiiiaéparela 'civili-cî^ sation de la barbarie, et que nous n'^v^MS etue p pû,i^yoaiS,pl(W« ^voir ideJégifllatioii raîsonuabl«. L'Kowae d'Etat qui pom'iç'a ionder la pr-dfon-i deur de ivinilé daos la peT'-' ■ $onii€;'ile la justice , qwi à« repvésentc sus la terre , faite à la société dans la personne dp ses premÎGvs inajgiSliafs, et qui poursuit ainsi la societè.et Uieu menle , jusque dans leur sancinaire? , ' l>Jais SI la loi est athée , ceux i[;i! 1 ont ian:A^l?^fe 'ffans un écrit " - M lé^çp,;E;i^(>y^e ^çp nî,9^n^,.çQ/pi}^ \ni dôcfriiff,. . ^- ■ ' Kien de gr^d„^^y|,^,^^,o^ çi^^p^l^fl^|^;«ft^,lftit V^5 ) . ,.-.'■ ^sntm»7a?■.o? aJ» 'tnrto^ ',;->.,,! nTcV aJ^ujaa -î-' t' :"*-'^ aan$ lé monde «inns passions, c est-a-aii;e sans tle \îves afrcction5 de I amo fondées iur une convic- tion de la vérité qui éclaire le jugement, ou sur des illusions qui le préoccupent ,^ ressort puissant é[vtî coriimunîque aux voloniés^et âuXfaclions toute son énergie. , . j "Ainsi les révôTutîyns qui tronfctéîitii>s^tals , et es cvimes prives qui désolent les lamilles, les ins- r)feiisluns 11 muai lies. Amsi lé jnaftyrè, fc^s croisades, es tondaUons ci ordres religieux, les missions ré- iTgiélises , ont été dcs'cîi osés inspirr^^s par la passion (tùliîeU-, naseion diiç, dans le langage de la morale , ïiôtis appelons dii z'ele- comme les zélateurs de Té- y^'salem, Tes'fariati'qucs d'Allemagne, les ni velours d'i\ijgtelérrey lés jàcobitis de Fr^ahce, ont été des iiommes inspires par 'dés afTectioîis désordonnées aù'xquéHes là nioraïe a' donrié exclusivement le iioni de passions 5 et fà passion du mal a montré âtitant de îoVcé'pôiïr detriîïrè ^ue celle du tfen 'iiout' ^^tabllr efééi^s'éi^i^cr. Eh effet, le bîen est igee p ^l'efrôidiépar les dc'gôûis'^ par^é f|u'c]Ie prend sou 'îl^M'lf'it d*hj^p\ii hors dés hltérifts humains, et sur une conviction de là Vei^ïfè i^ti'itùc'uneilîu&îon ne ^■défat '^iiti^èiïièiit (iôlilVéffiïi^ê j' jiassîôn" d'autant " JJÙV'x^iVe 'du elfe est loùjèUfs ^fil'us concentrée , ^'à^^eïlë'së'r'é^îirid nîoihs fl^^^^kVéï'i'eîir^ Ict les âmes ^fe^ïiiS Êrfilàtitè? de'ééféù sà'ci'f , né sHiit souvent * WUfe -pm mihés ^eàiàiné 'émfeiàèà'k se protïu ire . ' •• 'J^'WPié^ète", m^ Wm^àmni&kiisle inonde 'ttesé fjiit sAïii ■^iù;à\'o^è','ihtïiMVîe^^'d'è grand ne s'opère en mécanique sans de grandes" fm'ceè. Dan<; \et t«mps ordinaires, et lorsqu'un gouye^rr» nenient affermi par le temps , et raicuîc eixcoro sur des lois naturelles, suit tranquillement sa niarchc à travers le teuïps et les ^.vénemens , la passiji;>[p,,du. bien', du bien publie, s'ealjeud y. est ^ai>5 ex;e.rc^|cç.i les s^ens de bien ontleu^- fortune faite , etiiÇip^E^ vent désirer que de la conserver., Dans les âiae? ardentes, cette passion géiiéreuse se ropliv alors sur elle-même; et, faute ,d'alig9ei>fiiaji^,jî(ÇljiQi;s,3„cJ4f se satisfait par des vertus pl"(ifYéeçj^,jR{ q^q^quç£ai§«^ pour des motifs surnaturels, pa.v.l>e,§,'iç^ifijqe y,oi9»ft taire de toutes les douceurs de la Tji,^.,JI|ii^i.'i l,a p^^^- sion du mal est toujours aussi, acli,vc, ^«^ si,, ,<^Q^R- tenue parles lois et la fermeté de r,adinji:|i^)^i,*a,^ipj^ ellene peut pas troublerrordrçpubljcuf^lljeg^Ji^^lj^ les familles et l'ordre domestique j et, i'<3^(a,p;j.jjj'f;^ marquer que, si4ansla,iiévolution,quîi a.o^yiC^lti^jt^ large carrière aux désordres publi/a$e<;,pp}ijLiqn^ç, il y .a eu mçins.dt^^i'imesprivés,, (J'jpi'^^i^^p^fï^^liS- ïation il y en, a ,da,vflnUge. Les, paîstsio]^s,,qu,i^ a^- tiTiise»! sub.si?tejït ilon*. toujaur^ 4îS?i§ f|q,^}> 4^* lasoc^été^pa^ê&.q:u'eHe^ftOPVto^jo^ç4,>tiy^%ç,te^d^'yJS ie cœuir de J'hpjitmo : la vspcié;tq |î'ffxist<î,)qi|f;^,PP)^r «1 prévenii,; «8 mnp9ck^V'(m e^i jpu}:|i^-,^e$vÇjPMtiiï et leur cénlinupU(É{flproi,e9tt,t][^êm,ç.jpf}^,l,çjiii:,Bi ,<îA :nii ie,u>ïf,4qinaiii,dq, xj^qf ,p^(^f^- sahce. Ainsi iteptes.J^, ipfttJViii.uWiffSÇiiC^i^'^i^j/j^n -politique :cawuxi^ Ç'J ,i:el,igiovi ,,r)Wm^'f;l^f,,p|ffs;pf- ; cifiques, soni deSiia4i,i|^tiQupj ^iriftft .|]3^(i.i^ke^^,au moins m*7À^/?«ef ,.ol!lj. jpslicQif^ll^^ppL^iî}^,!^. gp- mière de toutes, tient la balance d'ûoe main pour C?97) peser le crime, et le' gliwve, de l'autre, pour lè pWn>. '^" u^:i-iolJp ^^'j'r.fiii'iiiTO ^qm<^t '^î' ^^^M^vîs lotsfftt'il^Va ré*y«lyiHWTf A^itfif WtîfiEtat mo- i44lr'ëh*q»t*,*W'qntrèbalandées pai- aucuile ■f61"d6^ é'qtiIpbtk^t'Èi^;4t seulement jjftr les lo is qu'elles ^^è iWbiéht iJWûné*'* ^'elles-mêmes pour rég^uiari- ''éWi^'fié''<îé.'^Ji'di»è ^t fàcilitw'la d^strurction, coal- '.-ibWriH^l'bif'ftVlà^ruine de la société, ^èi lovceroi^nt 'tcf g'oi.iN^iTiènleT^t ft en étv«^ lie té;moifl et leicompiice. alijJîe^iial^^iH'èiëljietif pl^us 'prèbipt,'si le g^ouier- nem^t filfusiî p »ssoit (h| c6|é llfe l'-eftneiniivTetrer '*jS6Uèfeh^ d^^ ' allies^ dcWt'li'&ërivIlé troubteroit ison ^yéiiittn^il et fa'ti'!*ii«i'^ït sa -fifo liesse; sWmoit de ee« ^ in'f^H^s \SfiSsidhs t^ontre Icwjuellos il doit être armç^ "^ cbMtiôît à ces daDgerenx aUXtlibiWsia égarée /Ht'^'W<^tcy qft^rls'f^iTiraipnt sui'pî'is. '{ > -^f .';>!! MI '^^^-hki'ni^s'^ éVr^Vtiti^é'ëii ^eiAmeSyCrttts au point ''ôiVfî6rt^'ùf6u%'tVo*ilv(>ny j ^4ai«t'le discours du itoi ' îii i -iiiéiUi* a sfkjnsLl é k dèkh'j^ér », iieflttit il pajs oui r^- ' "Héllit cartsë *^»' la pëtti-^qu fe *>(ii^ le bom i^-nement *^}ii iiéç«rtii?s'%tftf lui ^rî&to it 1^' 7/ei%s 4rt* viDyaiieto , secours, qvii lui é]toit iudispeiisdbleiii£nt*n<écc#- saire, et le f^f^^ (\u u put opp.osex*: avjçc succès a clos passions fougueuses enhardies par leurs ;ui- CÇiXte^.jg afrft'>j;.^|>.. ^ulrriGilC) fil sh ?;»1(^d x^ab En jpfQ, I;ayçclio.n pPttT la mpnapphvpi ^j^r tîme, si long-temps compriniée, ^'voit IfuUV^lftT) sipn, et, amené 4,1a ,Ç^ia;^)^^-e des D.cpMés .^ j^Çft r^yal^stes dont, Iç zèle et la probité flV.Oiii:^^!!^^^!,^ 9.9>"^,S^V%,';4' te<^P?|io« fiafjetiise des cspéjj^j^^ #.^t et s^j^çruelomeut dcMuenij^s.,,,^! , rif.iP»??* aV^»^??^yf;RfP%'^'^^ ignorance 4^,4eiM|»«„efto^j^ îipmi?ie«, qui pût s'élonner et s'a]arin< i- (^J^£s^ pression quelquefois vive, et impéiucus» d,u,^^^^|(j pour la royauté • les passions paricul leur Jf^li'f g^gf » et depuis que cçl|ç;^-j,i se l^^si i4U,^4||ji,^ïjj| parlent assez, liaut,ï.e gf^}iYeru^^ç^t/^i(^igfffi^fHf^ 4<^- ÎM;/? , afPP'?It>i:t de rexi?ë^,éva^ioiJ, ^a'^Silf^i^S^ et .qui.nç jSe m^nife^toft que d^au^|,4Ç(Sf 4'i.^&9f;\ç&-, ne reyfeul^t dans les autirçs upe exagérai ion 9p(^/^r seéi ç^mmè' si Ji^s jpi^^?v?flf rPÂo.VM«))lqs q^i^.\fl|fjÀ)t jrait.]a^,reyolu^ipn.,;;]Jpv^^ ^tre r|&dpjles ,^u,fjijefli^q^ |.ltpient étcîMe?^ ^y \^m\ ^lidew Jal^i^fi. j^^f contenue précisément peu; .rfir4p.t*^' ^^^ ^fiÇ^tWW^^j' Pf\]R^;#^ffl ^^'.^^^hl-^fr Cm^ pas,eYid<^iiJ, qu'e^ çc^m- JàcLer la bride, ^x^il^ ^f^^x^^ ^ j .■ . ,^,^.,,^., ,^^ j ,Le^9iivtirnement cpTniT^itdqflj^.U/piit^^WATO ^c craiiidre k\s passiojtis jdes, r.p^y.^l^st^;^^, fit,,4fii|?,i„îr ses ^P3^f ^,km;,#;mf*'*^*^^Mi^)>•• aVa v,-)!, -fu.i ')r,p ; L (^qudibre ei^j;e j.esdçy.t, parais vAiW(i|is' indécises , c(\ii' taiii^l se i-^i^pVbtTiùîeritldc'Pi^n'deis deux extrêmes, lâiitôt^^ l'àtiti'c, et ptièndoient toujours leur direction rfé jWtiS baut , ne pôtiVdibîit l'ïéiï donner de ce (i[u'îl faHoPt pont résîçlBr aiik' passions des deux parffs Oipjp^séé/G^tf^^^iïièie y'^quilibre liice des forces ine«èydfe l'a* ttidfi^yefàui,j>! accès d'un côté ou dé l'âùtrè'aW'M^nW.'fetféferiuincnl ou en fixent r^éinkidff,'^VSéfobV6?l"s'appliquer à dos fortes itféi-iî^s^'èï^-^V^fitef^â^dès opinions décidées, à eR^'^eèitiiÂyii^ énergiques ; et si Ton en obtenoît c^éî^èV. fé^siiltats , ils cloiont silong-teViips dlis- TWaSty ,"'ài'fclî^'^eut aclittés , souvent si é'quî- VbiJlié§,'^bWW^''TfioTiN-tjient prendre aucun ascen- lê^feMi^éi%{^î^^Vle t rdi'cuïc icrui ^oUi ô^urVèÎ! France •a^^^uM^fes rte/^a^i^^'^^^;:f ^'^'^^i ^^^'^' '-'"- -'^à mÔ(ïèi'a'tî6H-èh%féVs t^i ^^riai/Àes'' iVmotf^- ^tiéW^s îa bo-ririe biV ïi ih%âi|i¥^%iiie'; so'nè des vertus 5 niais la mpicïëMWbn ^ntré aes opinions ^ti{i]^èy5c^'tiH.^st'^q1le Hb"ïMildïil>;ï¥nce' un état ^iAre^ftattit^eT)bur des etrOsinteUigens qui veulent '^^i'ëfr ^a c'Hiii*ëY^t^im,fë«té 'tf ést.^^ un '\M\k ikmeii'mmiiié Um^m^ '-^^"^''.-'^ ^{^T> .-a-nn^ ( 6cJo ) dq la finesse plutôt que de la force , et qnHl s'ac- touiuiode ù la mollesse des raceurs, à la foibless* des caractères», au sceplicisitie des opinions, àilu (Bulitililé des esprits. ; • Le juiuislève lui-même ne ccmptoii «[««.(bï- Lleiuent ôur ce toible parti, et nous eu av«ns uiio preuve lout-à - lait curieuse daus la circulaire adressée , le aS septembre dernier, à nos «cfèns près les cours étrangères , pour éclnircr tellcfi-ci surdc résultat des dernières éiccliotis, lesqU'flHès -, à uu peti^ numl)re près, le ministère assiue Avoir été faites dans ïe sofis de ses esterait ces . Le miuistie faille tableau des troi« partis qui divisent les Ciiambres et la nalioiî. Il ne craint, pas de déroger à la gravité et à la dignité du Style di- plomatique ,. eu employant, pour désigner les deux premiers, CCS deux jnots de l'ar^x^t révolu- tion naive.j ultia- royaliste s , idtra-ithîraux' , et a^oue qucles premiers soûl nuinéviquenient plus nbmbi;euji ug- temps exercé ,. et de celle dîrae d\i' tt de sang pjirtlevèt; pai* .',e8idécr«l« oi- te^pinuteiuf ^?iuij Ivv^ personnes et tltjs biciiai 11 Ait vient au troisième parti ^ et pense :« iQiui Je, » pprlj (lèsbpmlues arjM# de l'ordre ai du ivjxjs ^n » quoique; Iç plus ioi;l iitiiméritjiuumciitj ii'aucfvit fl^paa ctpt:/Jkd^^)t,pi)rttMi,t l'uwmtagC) ipaixje qu^it* » UJI^l j^iai}jf,i^i^'^v^ig tiiuidité H. modération ; » ijue se« aJ.JI,i^f/b^ «v^^il tranquilles 4ri -luoilwifosj " au ili-épngne.ù^^ptiicu qui TaUire Unr\tlni; et des passions , tandis que la raison et la ,^a- x> g-esse ne se passionnent jamais ; (ju'il est eniiu,. » sous ce point de vue, un i'oible auxiliaire eu' » des temps d agitation , mais cjii'à la longue ses^ » dispositions prévalent sur les mouvemens i?nvi-'. » ronnans , et ramènent dans leurVewre sbl^èrie^ » d'atlrootion tous les autres éléniens/ » On n a jamais rien écrit de plus faux en morâîç' et de plus pit(»V''J>le eh politique. Jamais on n a pii^s complètement avoué la forbleSse dé son pa'rii.. La ^'aisoii et li sagesse se passionnent cùnimê l*pi'W }eur et le vice, et plus vivcriient encore;' et' IV /J\i d» bien dévoïc les âmes fortes comme célui^ du inai ciiHaniniG les pervers. C'est précisénfenÇ j.i«r(:e que la raison se passionne comme Terreur/ q^'Uf V a des pissions dans les deux partie extïeiiiès.' et qu'il n'y a au milieu, selon le ministère lu^t-:' ménie , cjue tintidué ^ inertie, amoiir exclusif dfe .svs intérêt* ei de ses habitudes, impuissance aè , rv)iioeïtt>r'de3 jdims, de fonneirdes liàisbiisy p'àrcë qi tuallenfieut. Telle est ccpeud'ant la gi»i'antiè'dd'sk; lo»c«et de ses succès qu un mmislie, qui nbti/î ' repuocKoit de ch<^rcher dei appuis an deîiprs ,^ puésfnte aux étrangers;' c'esti en leur appréiianf qtile sonparti n'eet qu'iin^t/>/e;aî/.ri7mi/'équ'il sVi:- ' eu se de ne pas en cherthei aiHéurs de pins ptiibà'flt;^' cl, pour leur annoncer la fin prochaine iet llieu- rêuse issue de l'agitation qui trouble laFrauce «t menace l'Europe, après s'être pr^^seuté' hti^rhénio coinin<^ placé entre d{eux paVlis anleTis, |» )i\ Et quand le raÎTiistére Yaii si' grafiiitcmejut ies iionneurs de ses adhércnsl' if faut Iuen se saxdçr de croire quil n v iiit pas j)a,rmi eux le's ,vçji;tps, les talens, le î^on (esprit','' îcs'lJou'uesiuleiitÎQUs qui doivent dislinguerttc ijoiirej, loYau?f|ijl(înji^^es. Ils nî; îe cèdjerît kh"' c<^'Vi^1iu^a^'àVcup [paitij^ ,çt ja' foiblé-s^e, 'l^înacllVîléyiy;i?^it(ïrt^e que Iç^^^^^^^ pas lui-i-inemo, et quijles met au^|9^l^,' id'hui auxpriscs, tautôt'âL^è'c les royalistes dt^ijt iis 'partagent au fond les' sl-riti m en s, tantôt avec ïcf' libéraux auxquels peut-'êfre ils ueviont se réunir étoit urgêfil fet décisoire • y èftL-ir eu dix.lcjis pluf d'irrécfularilé dans rélecliori, il iaTloît lajsseî' r<3u et ne voir que le régîoidé: et ccrtaUîtjnieiit |és membres du centre Hb Hàxiîoiént pa? ^plu* mV*' ceux au cote dioit sieg^er près de lui. Pcvur coiv- iteblcr tout le monde, on est allé cnèrclitr un vioe -de terme désavoue par un autre députe de 1 Jsore, «it tm'assurément Oh n'atiibit allégué' coutièaïUw cu3ie auti-e TiomiTialrôn: et, maigre les reclTima^ lions les plus toiles, tiihigre i évidence du (lanee^* 'd'ouvrir la tJorte à de nouVelles éi bbiiteuses dis- eussions du niPmecrnro , s il se nreseiiloit uautres , . . , , / ^'l- - ♦ !.. .^.llliJJift i '.» régicides plus régulièrement nommes", le centre a adopté ' «u iiiodfc ' dVkcTi^^ipb ' feq i/î vôqûè ,. au nïoins quant aux termes, et qui ne sali&fait ni It \éi. ni la coijscience^^^^,^'^oni»jÇur UAtiotal, ni hi'maiesté (lu trône, jj,-', , .,„ . V.^ilh i> ,?9eiûi3 "^ rWais, tandis que les ministres jouent ainsi ce jeu de bascule entre les deux partis, et qu ils s'ag^itent saTis faire un pas en avant, l'ordre public en fait bea'ucoùp en arrière ; les scandales politiques et religieux se midtîplient, l'opinion s arrête éton- Tïé<î,'Ét.ïittend des «guides, tes bous se découragent, leiVritcbàns s'enhardissent : tout ce qui eût été ;usc def îc?itelles cjuc l^oriç.Ajomi'lf •lur, Jla Frap9,e cjti^^i^f J^iui'ppe eu m me une U») t;Mj^ lante, et dont radminislration puL).ig,ue^^j;pedl,'^ tous les jours cent mille exen^|dajres?,.jç'^t,rjW ^ pables, (}t l'administration ne peut-ene plus trou- ver de jur^s pour les puuijL'? Çst ce pour em]))o,^,y;^ quelques ventes du grai^d4ivf^^<)i^:]^9,ui>'fi^ojiji,>ji;j^ sçs ,îflains,,upp, caution 4ç,sage^^^i qi^9^^e^^t)Vj,Yf^-j n^WiEJOt.a i^quanis Iei^s,44!l,v"*"S,it<^;i?} fet^'fl fMn tionnemens ? Que^eslieminis^c <:i^relîen^9Wj,f e^t^ y- i^ent honuêle L,o'p5»ni,ç, qui iiesentq;Si^^Cj(^?^^^ç^yg i»ippa^J^Çi d^ poids d'uwe pareill.ç r9f'^ppu^^a|^,l\^t*î^ ( Go] ) îa publication de pareifltcs lioi'reurs, jnlei" ainsi (Te nies mains liant do' rnij'tTèt'é'4*Jnn«m«l^lJtif>.s kWv l'incendie , propager tant (fc feropliisme.si eJ: d'<*vu reurs pour rgarcr les esprits, tant de lïcéMv^ ri<» haines et d'impostures pour coiYompre l«s^ '«'m^Vs ^ à (ce'pt'lîrj;. |e rcfiiserdis ub i*oyaumë;'* ■' P^i» ifp ''Et'q[ti''ô'n ne dise phs que les joiTrnÀiV-^ oj^jStt.«n^9 jd^iiis'sènt de la même liberté. Ce n'est pas t dont ortpade ont attiqué les pé^"- s'fiyW'éi' ààfts'les" actes pribîics de leur adminfstià'i tioii'.'^îàirçlM ' ^e' défetrdent , ort plulôt que lériï coHduite publî'e faut faire aucun mal , s"fl e^t possiMe, et ftlrë'le pUts de bien qu'il se peut; t^t-Y^ourTé-î- dttWeifout a des termes précis , la monnrclrie ' là fermentation , côtUTtï^rf ^ertaîVi'és <îojnbiuaisons chimiques, une dctonÀtibW(^liî "re- teutjroit dan^ toute rEurojJC, C'est (^e dftri^er £ue les ministres doivent avoir sans cesse devant les veux. La monarchie seioit abîmée danfl celle explgs^oi^ , et peut-être toutes les mon^rclm'S : et qui oaerait-direqu'après tant de leroùs niébn^ë^ d'.t. 0.^^:..^ o[> .'^^.îH .-^-nnl-^ oh )o o^r -M'.| ollà¥X niYIiJ^ES DORéwbQtJE? ET D'Ar»Ufllt, DANS l'îcpisJ^T, traduit de l'anglais /par ÎSI*-** ^2)! '; ^'' Les ji^bjÇKaii^ qi»i,TQu4i»©i*ent l'en veT?sert#4 tes Ïe5 l^^gitimités, se sont d<<éelarés les protecteurs ^A cqlQuV; espa^jviPls stHiievcs coutre ieqar Roi, SipUî^pnt j^ls ^wté^iiéfiités- par les f«*yal^st€'sf;'^n ji'p^tp^sn^auq^ué.defaine obsevv«*' combien il él'oit i^iiipon venant de, trouver dans un pays g^oa^'eraé par Ï9 jçbcf rie. ÎViais , ti<' vûiîà-t-il pas qu'au momeut de la pius fli^fmd'egloîj e .dti Léro.s auiLvicaïlï, ]orsrotégé par nos libéraux ,<;tbft iVislitensf nien t élalé sur les iiouievavd* , lov.«<|tie «on nom î'nfluott «ùf; n(K? modes- ne \ôilà-t-ïl pA>*, dii!i-yfe/<{u"uii rÂ)lenfel anglais vient ao«si dçsAbxJi^pdd §i'cU»d lïOBnid*; ; «t délintil'ï* saJ'i-jpiiôSiWlWée'^ tl>^€TO;fdonc eiicDî'e \nie fois d^^montré que toiite*i-évoliUion Tua d'â-utre appui (pie le mensojigCy et rpje ce ffiv'ejle a de plut «péoieik'iiit^ pè*rt jpâ»J«»p|)di'teiT l'^çl at d e 1 a; V éri-té . ' - ■ ' -- ■■ :>1^i y. t» i u ] , c> ,1 ; , ,T ,- ■. . j Ji-^En publiant ï ïliâfr^irë ^ tfb'-£ E:i^J<^diti>oh ]ana^ vi^èr-es iVOvè^c^ite et d'j^^lMri^ / damf V LAmônq^ia tnétid4ori'à!^e^f\hcor\onç\ Gustave liippjslev » rendu «•n feervie^'^^«;sftut*el' à la ci-vib'salioiil Ih ^st 'dési- rable î<:|niB^et^tVt*ag^ intéressant, plein djé'ffrtis ^ tPAdttîtàV^e* i^l^jiàïi'ée , puisse «voir beaucoup /de 1 («JtWtiiSç^^ii/^oif Servir- 4 désalin^orv <* t €*ir bo-i^Tni?» ffui, s'entliousiasniartt « froid .^soiîrie'ivt: d»m.«' 4dur «Qi^i>^aét'âttkiitté^c>s 'ti'iit.^tivrei^liK;»^'/ Set eei Ironàurs av^h^^tui'eriçt ep^e l^^'^'jjifWRtn'ét' imialtif V^mc, elj qwli , Mje s64ï'6«^«flt]>ieri que dans k* 'lTP*^^ïblttVfl*^"cbtii»t -à^k'^rT*igtïrv;l^r$pw* Jo- faire J|»*»tf k 'i^ui '"î^ *déVëbc«ïi I p<0iW 'une' èsp^^iH] ukSlp est -d'rt*MiiWl JvIÀs'fail? J«v(flHt^&' ikst>iutTeyVjMR^^ A^iv.alU 1 w- î'eniàiV|»i e;d« WiJ^I U<; t< u v > v*l/- /e \^/i>t\)e^ 'fiifyis - Uy-'hiUsH' pè'rcùr^'', jirûf,Y/uê eï l'haqîm f)û^e'psvr/)iiific r?iif.si>if4bJf?-V'<'i^-i'(é^ aili^vnil 'l^n; ld>«*'.MMWMglt»' ce- ( Cdatï4.4a vêvaUc, If ^ri'Ompé par l'agent des iudépeudans à Londres, divisé d'iutérêls avec les olTicJers anglais qui par- courent la même carrière que lui, le colonel iiippislev ne trouve, en arrivant eu Amérique, que les traces du malheur, du désordre et de la désolation.' Dans les villes, ce. sont des maisons ■dévastées, à moitié démolies, et qu'on dédaigne .(de. iréparer; dans l'armée, c'est un tel désordre, ; *j[ue les troupes tie la république ne sont ni payées , JBjyêtues, ni nourries. L'état .social est dans la nméme dégradation, k J'eus occasion de remarquer, j)»i.. dit M. Hippisley, que, depuis la révolution, les j«ohiarùîig(?s n'/étçki,çnt plus sanctifiés par la reli- aôigibn, et que les couples qui se convenoient se ù» iioient sans aucune solennisation de mariage. U'^iJ eu* aussi occasion de m'apercevoir de l'égaliilé » parfaite qui existoit dans tous les^-angs, depuis TB\vla iemme duVgénéçal jusqu'à celle du charpen- \»Titiei\/.depuis la matti'esse jusqu'à la femme ma- iàuiriée. )»;.A|iiJ6ii toutes, lïeâ révolutions $€s\tes- sMiai})}fcut5 leurs moyens sout les mêmes, i leurs rés.ultats sont, uniformes ; tbssolulioii des mceurs, ibonfosiondtes rangs; destructioa des liens sociaux, «lespati^ne d'un petit npjahre , sçïyitttde,4ft8ilJipMi^ et li'uinc po.ur tous hs RuU'^a.,- lu^rÀ-s^odiify'i .'itiv .].%Le ooiuml Hipjiisley fait de cG5 dilFérens chefs di«S' poitraits qui pai-oissent frappaas de vérité. ri Eu première ligne , on remarque Bolivar, qui » n a rien dans sa tournure, sa figure ovi ses ma- .» nier es qui doive attirer l'attention. Lesautorités !». qui l'ont placé d'abord à leur tête, comme j» suprême directeur des provinces de f^euezuela et ~f Noin^lie-.Qreiiade , et capitaine géuéra,! de .îftv yf, armées 'y lui dounéren.t le pouvoir nécessaire >^ poUf faire exécuter ses ordre*. De ce coustanit ,.»«\ercice du pouvoir,! il a appris non «euîem,ciit *■, ^commander, mais encore à ac faii'e obéir, et «1 » traiter ceux qui roniplàçé dans cette coudiu'ôi^^ »' éléi^'c conim(^'$n.^'ese!aves et ses viclf|njèsa sous. >» le masque de la jiberlé et de rïùdépenaaiivC. ». niooiiffaea vu noire j-cvolutiou sera persuade mi il 11 est pas ihaiffpensable de Iraversci- la mei* oouiv trouver des p( ndajlS a 6e. polirait. Ua ifs tous les pays, \e\ usurpateurs ct.^es doir.aj^o^uesfoptda >r ^^& dhàcè^ WM W , iïUns'lfàis jours iipWr, ïom/^ fî^j? fcë*VéaéW.rî^rîVrti'eVî'à'f commaniile kX*\i!^^ »• nyb '^^siè^ ttfe';'dà(f^-agc;;'Af' c'/é^)èiîé> d^éfcrcf 'isani^iuiiaire , et tfp çg^ijr^ fe^ç,, « à toute içléi; de compassion. C est eufin ^e » jijrahd bôtu-ïier de l'armée ; et la terreur de. » tous ceux (jui .saveul , d'après 1rs derniers évé- » nemeu.s, jQu'une visite ^aii gQuycrnfM)ride la. » Marguéi-îte , pour \\n crime vrai ou su^iposé, » est Tin passeport pour l'autre ippnde^,.. i , ; *" ï)iî»5r cl'ft le cr)|inmodore des çanonnière-s .d^ »■' tn'yf'puhlftjue. Dans livresse ^ ^1 a une appa-, » i'C)\tè î(\inlimnnin , aTtorr' <ï(^ ,'^ancr , et «iiii clt-vororoit }) àvrcplflisir 1 Konin^e laiii), anrpit jinmoie a M:)1I1 ■/ .■• i" '1':/.' 'i^'V!! Jl^tt' >' .'l-,"'"" ■_ ■ ; 1 » mange, «e la ei tV'ous rio pousserons pas plus loiii ces qixt^|^îç|tV!'Ç^ elle.s -.suffisent r>onr r^-diiiie , h sa jiiisle rvalfni' , i opmi6n qu on doit nvou* s"V CC? hcros. ^qç 4 iiîr depentfance. C e.Tt flans l quvr^^crç m^;pîe,xni,jl î^»^ V^oir je développe nient oc ieur caraclej;ei, cfcl.^^q^ rasc"fii(îèt(B (lu matueur qui prse sur c«f tvJs^ei contrées, rui&se 4e récit du tolonel liippislcy, aelroniper les crédules Luropeens qui , çur Ja loi oe gazettes mensoniieres let, d a ge.us, pertia^ , allant aan^s im aiUie JiemiSjjUçre aççondQr la re- vbue,' parôîss^ent 'oiiLuer que linsralitude et la proscription sont lc,s ,seu,l^^^ X-éçopij^enî&ieç, <;^ue le^ graridscr^ininéT.'f réservent à leurs coniplîc,C5 !>> M.,***, traducteur de cette ,liis(oiie,Ts'est fait cPTînôilxc avantageusement dans ^^^ |^tt^'.eis. 3 ,.px p^fô'j^aJiV'^aJjd,^ oûv'^agf'?; (f,f^«,^|i^i^, gEa,nie elHHdViPi Sa nai'ratloip est inturessapte jSqniÇtyJle. est' Êfafi*, f46't^ et rapide' Ces qualUés [çt Ja «*»-< ^àiocpitid nu i.i'if • nuTj 011 'uioq , '^nxWp,«nUx Le Jojurnaf dy Paris noy^ '^,^^^oPM"!Vt/ pp^iCJOijR- i^CT]èlittèttt'Vl'à*'mOis de u^vemm-e^ qi^'y^ v/^wr} ndùs éoûyprner sansM. le duc de Piichelieu^ » c6tisénfira'-f-il, au mois de novembre, à courir î» àveb lioiis les i-isques du nouveau ministère?.» ï.i' France entière étoil dans la même perplexité qù'e'là vîllé de Paris j et l'on conçoit combien,. uî^iis rêtat de soufFrance où se trouve la nation, il étoit difïicile d'offrir às'a guérîson des médecin^/; doiit les soins n'ont" fait, cbaque année, qu'em.-^ piter sa maladie. iNtais c'est ici que le ministre- i enchanteur saura déployer toute la magie d\ij pi'èstîge , et que le charme de ses myslilicatioii^ va ' ensorceler tous les partis. ''^" _ , ,, lanoTis quje les libéraux, par une'^ seene pieil-n^ v^^lféusè de 'comédie , jettent feu et flamme contre un pi'élendu chanj^^emerit de svstème, et font sem- blant de redouter les coups monarchiques qu'on n'e leur prépare pas^, quelques royalistes , véri- tables gobe-mouches de loyauté, restent ébahis j devant les clameurs de leurs adversaires; et, s%,- persùâdant, au bruit des colères libérales , qu'il seroït, à la rigueur, possible que des ministres du Roi fussent tentés de se faire royalistes, ils au- roîeht envie de suspendre le jeu de ieur arlîîlerie meurtrière contre le minislère retourne.'^ il'i iqiit fdus; lis le détendent des coups qu^ lui portent eufs <*nnemis, ses alliés, et offrent de l'aider a ii°pwer le mal qu'il s'est fait à lui-niéme par sosi iyslenitî de. )on^èrles^, g[ !i)iqpHçr|qt, 4e, çîp^Orga- tiis'AtioïJ. P^tf;apy^,i^î^iie,4:w»l la çiK-onslançe graviç oia nou^ sain;T>efi j.pyuiîaiç p'às '/fVppêr fàltenlion de tous les espi^ijs, ji^çlp^r^li, tu nous, montrant le but. 4^ 1» W^i^^ji^, L efoiadge liô['ue enfin tant de. vps9,l,«Vpç:?vp*i6*:i;7 pitées j tant dé disgrâces successives çjîvi o^lii^fi^Jirté Jes _phis l'ermçs, ap^jujs , àv , trpnç,, ,e.t ^p^i^^l vft^. Jte* homnVes If s .plus c^p^Ll.^s, 4^ I,ç,sp,ç/^^yçif' ^ -fti^^ Jlt^Mjp révère' fes mali^fs secrets de qes l>b((;yq?t /çxn ploycç a'îï^trîr "Tes noms les plus hovovabk'^i.. de c<>s correspondances priv(?es ^ çhui gees 4^ poi-î^er dans lY'tiànffcrj r aij.ai?sv?n^'i4t i\c ;no|re çonw^iValio» pbViiiquc,'' en V| uprlaat .la: di^arnat,iqn>i4fiilnjE}* t^uçl ',ivutré'^( ef^ effeî ,, ^ue ,cêjui jt^j, v|0)^4Q^^|.lJ»>«i«3■ ioV\^^lf-àe■4suÎJl'^ ^.j-'ij'V^"^ -"■'^ tal,ei>;^^, «WtT*lS'>5Uii id^ Voilées '\es' i;é|)t;la(iOi^y, a pu jli)rfp<çf Je jjrx^jui.J» iM;aJs'c(^'les^ 4i'ii!fttsî .Vu-j ij'est-n "aiicutis services éilatans, aucuns ( 6i5 ) lalpnssup»''rieurs qui ^ient dchappé aux traits eiu*- t)oi*OTinés dt's liliefFislos. Les lioiniues nui , par leur i'lé'vafi(»fi et ictir inipoitaix:^ , pouvGHHit porter C^iivb rat;»; aïix Viicîi du principal ministre , se t?rouVoiynt jl'p'àf'i^^liiêrii^ ,,'iés pli^s exposés aux dôthatnerùvhsdèTdiSi'ièi t{ f6n a pii remarquer wive ce ^^chigreriient , ^^'vcuu périodijue, avoît coutume, clja|Uc' année, de precoder la convo- cation des (;îiamb/-es, c'est-à-dire l'époque de la formation ^'itn' nrjuistet^i !" ' '' ' /", '^ , ; , .^^ Los honlmi-'i , sur qui %. cmoiiiaies est eiercéè , sont courtiiè' tife T Europe entière : les uns par Iput" haliilcte- d^ans iè tnanîement des aHalres pôl^- tifjues et pal- d'éclatans ser\içes rendus à la légf- ti'ûiité' ks autres par des tnlens cminens p'^ sillon du ministère actuel^ (cl.qii*!! est formé, est' iVtdinà \xn Jttoùr vers l'oï^cli'e, fju'un nouveau ^uc- cè^ de, la faction qui nous a conduits au bord cte l*'sibîhn*è': et le f^arti révoVulioniiaîre en triomphe,- non âéuierrt^eiit a cause deS honjmtis i\ù!iX a éloignés dès c6«seiU du Rpî, mais à cause de ceux qu'il v h fait rester, mà|lgré les considérations si gravés, qui dévoient leS en fSiie sortir, qui dévoient au mollis t'H faire sortît celui qui les dirige. Oui, il faut bien lé dire, dansl'état actuel de laî^ance , »t an p'oiilt oii léà' cvénemcus ont amené 1« s paili.^ M. de Gazes eàtl'homrae de France le moins propre I diriger léinirnstère dansl'inlérêt du trône comme dans l'intérêt des partis. Vn coup d'ceil rapide, [été sur les principaux traits de la vie politique d« Çét aveu-gle favori de* l'aveug'le fortune, mettra, Inespéré, cette vérité dans tout sOn jour. Quand l'opinion i-Oyalîste put conduire M. de Cazes i un ministère, il exploita Topinion roya- liste. Il se fit itftra dails la véritable signification de «e mot^ puisijti'il n*y a guère d« commandaût; C 6'7 ) i,nu;e- ^ ^ntlespiHMnJei-sp ellco^i^^^er]a lélonie ^^riutrîgiit, ctla révolte, V'ri^etu- prodiguant les recoin pçus<;s^ jj.4ï.'*li liées Ma ficlélité <;t à la vertu, çétlésortlve ex • . J^'-jcraç es.1, le. signal atsuré U'une d,issplul.lon rWÔ- ,,,e!*eiî maisla première cauisfe cicçeue mine un niinistere n e-t-elle pas dai^SrM. de Liazes , .qui i avait lorïTie r JL uniporalitjê de ses principes nqlitK£ues ayoit donné lijie im'pulsmn funeste à la jjpi^'fi^C^ ,-,te ûérii'e vévolutîonnHire ^les ministres de !,-s^jl,jC)|QVîf.ï^^,léc6n4è r^sprit révoluti'oanaire Uc 7io.> proVîncek, fetla loi des élections en h rap|Sorte^es lomehte et n)i3 eii iumiere,; <.ju îi aiailiasseoiu cl dominer aai^s leis, conseils dn, Roî ' febeit a lim- "Ijuwiou qu ïl avoit donnée , il st'n,i)rehda ses ; T>r0nj;es mstrumens a*« ettets iju il en cK;y .lA,^i:.-f, ,^. r. •,'^,-» T- -^ '- '.'■■ . - * :,- ^ Ta. Iranqnulite du ik)yaum,e. j','x!fi'stifaace du 6, où il s'est aef^* (l'èsclufe M.'Giré- '^'[gpire de la Cfi;înibre, a offeit uivexeni|p1e rcmar- _ miablede la fausse position tlu uiîïîislère actiiel , ' !A. du peu d'assurance qw'îlfVûpjds^oi^i'Xiic^riléi ei oaids sa propre influence. ' ' " ' V V^- ^ , G'ifstla nonalnaliou-du /;cg;iciV/e quia^Ôit:a,prëiïC Ta'nécessllé d'un cliani^eraent de ministère ^' CT l'e;!- * «ludion de Grégjii-e, comme r«5gicide, iiïyjortoit . .nçn seulement au niinîslè're nouveau^ inafs à la IKl-, *«uic la duestiJbh /le la iei^Jifimitc, v*,- ..^ i.iw.nw- cuii; et au tnunsfere, ctuit dans le mamtiçn du i")^ /;. i- ri f; T p ' , • ,','.•;'/ -b ». ■■■'• ■ >- j" 'ni '' i . jprincipe londaracrital « qu un ;>ssassai du Koi de '^ » JP^'ance^ ne peut jamals'jÊtrè admis a concourir âîiXÏa'^ti'^als. }) im ?.*j 'j'ance^ ne peut jamais'jttrè ad v^'cile'iloi à , <îonuêr des lois V av^cie-ivoi a, donner aes lois aux J^.i'ancali He bien, le mipisière, dirige par M. aç f azes •aei;une laprolessioud unemaxime si essenîi elle; et -.T'V .(.r; ;r[f'*''i., ,,:' ,1';. •-;'j !:;.,■,••• • -, ■,,,■ • - jii imporlànle ; il n a point o5e demander 1 cx])u!- , .iiîTM t/1/- 7i.'J'»^'' 'iy'''l Ci ( 63Ô ) iaureif rowlra^^r aii^Roir^j est riieliftj^priciftl^HÇffi^^ pbssît)lc au milieu idu)C»niLbat[» ^fùit^^sk^i !siii mot, en faveur flei5|Ou.inaHrevxfetnS|(«pfef0fiCia^*4>tt ki décisive 1 çn sorte que leati^yé^iQlwtijQ^ijftjft'Ç^j, ^'^^t suTvs par ce silence effrayant? tlAvnMîii%l<|'6ijq^Vpyi se dire plus que jamfiis::M^utijGAWS^ftT(Jl^i^y§;! Ge début extraordinairo du i>Qj^YeafulBAiQ|^]^j «lx)ttVcrture de la ChairiJii-e,^)9^¥4;^ii#i/?l HtlUi^gM déei«iveî sur la session qui vtetvt dii .(|«ïi^)Q^§fl6fii(fdll semble déjà avoir pàraipé les Riroft9}([jUpltai4,^>lç<5 hommes éclairés de rassemMéjQ8ie-{:^êtfti^S§j(|aif!| pburrîiffermiv la moiiareliiâi à?,im s ii'xjp àJaiégèï Pans l'état nctuel deila» fibaliiljtelfefojpé^irti&'i et lorsque la faction,d8sM««raaK6^paf>tPc:\|!t ^^5$^ lojrts si nombrjEux , par les derai^e|§ «}l«pti^jJ5iJfll monarckic n'auroit pu soutenir la lutte qui va s'ouvrir entre elle et larévolution , qu'autant que le ministère auroit, par un plan fixe et concerté, dans riii^ëyêt dç nos, insliLulions, rallié autoui- du trône, tous Tes membres de cette assemblée, qui 9éiiit:iniéB<&6séx>à! !kï)dé(^lsdrbi.L^.ïÇfiit)^r(? #^^P5^té tlroity égal^me»tftdW\.\î^ faits 5 quaud iîs ont vik IcpriniçipeihTnin^'^'Arf^^'f tinuer ses intrigues dans lelgtinxp. op,piOi4éHr^,Kl1}( craint de iiouvel.li's,trah{fitoà<^,ietlai parlie,^U?^î:/ç du.€Otïtiéia passé ài)^^nfcniiil*ft df^i^ff tÂiC^i^i/vA>A'ViW? de MM. Courvoisier, Bcugno,U,,G'))U>' fui iRissï.'le ministèaroxi)»n5 gftB^ftWÇI'j ^ Chambrn de? ])év»iit'o').il fni^fl^ç^(4n>v;,f]^i^3 uoiiiiui^tèrèii Ycai; n(iK'AaJ«/ie54tlïïic^&ï^" feQVt ( d»i ) îfe4'iie»nt?nt lrt,coiifiaiice;que celuirci s( pendue ^yât tlVutfesminlslix^s ucAi«nociit iûuuirt:e qtio jM. d^ CàiBi^s n'est parfiettu à diviser qiie.par unkfi'uiL cx:- ti'àô rdihai l'e' d^ fnin ^gèiù^ f t f iii no- réyaren lie ùiâl ^U'JtfettrOi&Vé4e'«ieïI*t'delai«^èeHco»é.depuisquin25e j0UiV^^4l'iô'VTih4<'«)j>lus^iâaflêé8*ïM, idfeJGaics a.t-ilia ibrce de faire des l;î/i^^ti*^DOàr^«jïJ«tAil capable de gouverner k JP^*1i4èéià¥éyité^!«Tfdonfciaiices : La présomptueiisi légèreté qu'il a mise àf lions conduire an Lord d^ l'àl^îtf(«ÇetftfleltU faire ci'olrf, inaisla Fr^nnce qui ï?Ôîtti^WM;i"ile*5Caze,s , sail cl- que deviendra la ino* âkrêUhjJ^U^â Bf)us tu «erous au-: coups d'Etat. .i Kv iirp aJJul j_ ^ ^,,j ..^,..„A-.û^i....^.£u 3up JafiJwB^wp tnoijjjloyà-xcl j» alla aiJno l'i'vfuor. àl^dl4^'tit^il«»D*viabie!jéé^é.disoit du liautde fet»l*fl5utfèVfdàrts3A^I^aliori , <-t sembictbtos A ce.s TroyeiLS qui sV^uri^eut au lablocfuideB^ ils âlloieoat iei.v/'iJJoO AfAf. ol> JLâ''mfeii*blie d<*s e^hàèmxmi x\\ que trivp jiustiflé fa ^iféVô^feirtce et les prs?sfeen(imens des royalistes. L*6tdounance <ï*u ^5 «epfcKrihre avoît porté le prt'- jni€ir'éoajV'i''là tBiatiardue, en éloignant d'elle ^è^è'ÛflKfnhTe <3'éi^i5 qui fen étoitTfe 'pîkiff Ubiitr ^m)i}i. Dès lors tous les- ibncHonnaires conscîeh»* éiciiv et fidrlcs subiront suocessi\ eraent I'iti justice An ministère. Le zèPe à remplir ses devoir» et-à Serv'ii- la ïé'i^itiiïntê fut puni conime til^ crâmel^ J)ôur cbloi^er la pliisf inique des veaclions, le» mï>» nisti'es eux-mêmes inventtreht ou ftdoptè»èn|k contre les serviteurs les plus dévoués des dtin©mi!>- tiations calotnnreuses. La loi des élection^ "vmt altérer lés vrais pi*?tîelpes du^ ^o*uvernempnt m^- T^âvcliic^iïe, et inlrotliiii^'dattsTnn des traispou- Vôirs législatifs des hommes connus pnr leurs par- f'ures , par leur haine contre les Bonrlvoiis , eii pi^ le plusi ûfTteux de tous les alteiitàts. ¥ïyooinvae fi Ta roi de reciiTtement n'eijt pla* ét^ tîne assexrriide atteinte à lîl prérogative i^ovale^on^ ttjoat&ôdies dispositions mitîistét'i*;Uv* dont le bidt' étoiL de "priver de leurs grades les oifliciersi qnî avoieLit ; SWivi hî'iiol, eirqtti ti Vv (fient' jamAis corbbitiu.que .sqlis'I'èteiidîifï^dd'é'S'l'iffjL'Ilgc auquel ]leiè(mft«n.s -'/f'^^cti\HeJ^tfttU^*î^ei t^slfonimes qui ptôirhtmt la 't>dto\ç^'dë^ië^};^\ë^> élVfâns deiâ moden'nc ^Hilo- '5t)iSH?él I^'WèèylTtéht de calomnies et de: jyertécu- lioiîi'.^'6W «6'ti>^yki,'>«tt'amiepte fia; 'multitude', et iv^sez rpi'on ne les poursuit que parce qu'ils donnent ( G»3 ) des IcçoMS de vevlu, oi ^vlid-élit^, paA'oe q.^*» ia culte çathoJiquc'j /jwae. i:'>ti8:tYW.*t!k!p^¥ûU>dGV av», rcj^-^ ■nei-seiueiU de la J^giitimtty, l^ifxn ntaïu-êt^J'^VMÎw^ft d*& novateur^,. Ivr, M«*R«c^'«IV^ïtjiile i\]\$!i\ cou.pijiU]^ qu;'iadt'C«nt, o» çUa^j^tvlik t(iv;i}ilùvilùm 4*^si B''Vâ* ^n-iélésj ou appelle lAt»^^.*, <,v.''« 5'«sJL . ap|>vopru;« j, d it,-TOU ,. QO>ç,n?fl ■tftoï^tgWMi jijie .n»'(i§j>. içmieniie , \q^ ^r^j^tpi^ f^u^ -Y»^%aiiàJmj^»gfm d9i*& 6oe 'y J^^j^Uj'^n .^tj -y^pivçiJÇ" J ir-amnisUe; . accordée aux . mil JAaUieç j [q^i, -jt^ f^*i^Pt ^«pivi leiî^oi àiiGiïMd, et qui i>,'avoient.;piNs ^WWU a^aœer souf les. dra peaux' de l'u.surpartioi>, ?. j^p , fV.Qs^ j'Âkû Hvrûsous le litye , de /a, JioffajM4, Hlp^^iM f'R'^^ îaiiwDç iÎDtxJndiaire,, QÙ ianleiiv é^al^Ut pour I>n#€.i U 4b la' uoyaulé la souveraineté du peupie, liiisur^ ^IJcexjtioîi regardée cou^iue iepips sa^»!» îles dfÇyoiîs , tjle.4ï"oiL de changer à Mojio^té |'i4e ';:iW3mi:;ieif laus ^onrlipfîs iiiuiiieipa|^â>. 4r'i^|}^Ç les jbofficieiJs:dela garde nationale, de ,<^ett^: ^^^s^»a.-! cl tfonalii, qui doitêive, ajoutc-t'-ii, pouv l^i^ftt^on '>ifj»ii -moyen d'-insurnecUon, Jc^'{j|<|j véguUCTPrA.'**'^'' ii!itjluaxiiifne4 où #îMii> iil; W'ftpos^ 4*i ifg^^»*^^*-'^'"*-' -l liuri^Gtiparpaasun AXii&U ^4i4i.t»P«TftA A \^. (^}^^^^' oIS^ODuduL,. jnoiïs • *:iq>lji#,ji!OHv,(;rai^à^ ^\y^ çp/^ÎUPf ^ . . I < • i Çt aoti JM) Mui^im »4jO »él^r .{$i^^ ,4/^'^^^i(;4'^tij9l?.ir ' ■ •'■ 'i '--•■ 'i''»']^ *:-■-■■■/:. r-j -.3'i;.r: r:''J.-t' \^?'-. - I) ( 62^--) ; hyp&€vmtt d'ndresser an Roi' ccîs' élra^gèy^ - paroie4JVr i«,.En distinguant la- gardé' Wàtittri'^te'I' )) ^^'S citoftns , vSa INÎairslé a sans dn«te' YtfUîii'' •» dire : les uns déienclvont la ccnstitutloii' t>ai^^'; > Icui'S discours, par leurs écrits 5 1 fis a-nttes jià't^' 5) lewj-s armes. Geîft; phrase a tracé eofl^e devoir" ■'' 5> ^V>M yôiUiç.'jftn •ifjoq'>lln5TG-iî 'iîl'>'np -ïagiun'jb ^fci. i^fi,! si laÇh«Me'aon»|3*etdéqdiife«séAi«>feiH^I4l*^rftO' ce xi'^st, que paifra*'^ifiroTv*lifeife»pq«îr*i(jîéii%'>'<6^' ell^une ancïede ssltUij q^ui rierwe«ilettÇ>par»Ji^'ofVP" abandonne le vaisseau de l'Etat aib*pfttds^d*âll^"'^ mei^ ^r»^eu^,oqu4 1 n'arrt jairtaisi^êswé'itr^'*! 1^ des, «Sections, lût unel cOnstitirlfoti ^ftij^r^sa^WW?!"' couçilifiaf à iat fois. Hia sainteté dlr^e^îffttJ^,'»*?!^^*" plu&,4?fl^ièr!e confiance; daiis ^a'sag«5s»idtl^lft^ifVèjça'onarcln(îilf';jp?ioJ '; oaii^J^^ixs rTo< 4f>%fc UM -d^iscussion '.taiè»-viv|B|; itft-'^ïffâô*^^ n'a4^f;^t^9^uMiqw<î),8lh)Girart4»^ âéWiDÉf^éfeJ'à' • présQ;^té>^$i} #dï«^»^ta» IRoi xjBsrmifi^'cê'Êft^l'é^éJ ^ '^ six irçjpI^i^s q'î^i,n'oii*pt^<îrM?dfe|'m**étliî>éëi»jpilP#"- 1 on^-4,e^,p& y exp»e«aîotD 3 e ': hiiae>i»tffim^è t eiWêî^ " la couà'on«,e, il; en'ert .^♦iAtpoilpb]** îi%ttl<^a((fi^+ " ;' fait WMd4, C*f3iionj,,diviséa^fiipl«5i»ii![^**]^ài^fi8<| ■'<' cll€^(iji^#'^^f pMiteitWttëirlénjaiqjHîdf^ sè^'ttif^es'J' ' ^ rautçsi^tik:/|i*et-pi|p(«earimei>sQFrg»s}©iBil{|J0 Wtfs ']fé«àr'''^ sou|,wgis 4p^ili cô^y wfé'Jégélioifcu <îtcrtJte) lt|H(ïl4o«ip¥*l' " ^ con^tevfjkffîftote^ (lo-i^KiréTABlatieA /*'jiilfe«>^l^*'j' t aux j^^^^Atie$:^ai» kisplus ^abeMém^'^îf'-^jx^'' w éi>'«r.l^f«otfe»r au premiei- deftré , it fa«cïra arôtï'' » .^Ç4gfé.jipouv l'être au second , il fandia avoiVP :) p^\îjté les a^'jnos contre la patrie. » Elle ne sd'^ bQ4l(^t\,ipias à ces outra^eantevS et ridiotiifes ftiipù- ' ■ tatioAS ; dans J'cxcrs de sa dénrence, elle iinpliihîè'^ - qu0 la, Ji^ona rçh »e w existe plus, et que la république' "^ os|^iQp]p^tiiiUM€i5 file inccrpore dans la Ghaiie fti " iuijiftjuse Dfjflaïattoa des Droits de l'Homme , '^ '^ la s«f)stij.fte6î«i» 'préambule de la Ciïartê / duvra''|^é *^ du,|Voi^uivn4»<îi Faction crimittelle, qî^^ ^f^^ ^^'^ pas déguiser qu'elle travaille pour une usurpaliort uoniv;elieadf>utiie«cùmpl6ts8ï)Bt trahis parles pl^us ali}ç.f e^.ç^ïiicaliiipesi £t le ministère lie trouve pà», ^'' sai^4P|Vtfej]^ue«liejmal aoijt ^*«é«'g*JiH^^ft^'èâ"^ arr4|stl>l'îvriupHani! ^v ' î ■■■■ ir.r,--'ft'' î»t*éelleirteiït)®iiii*em€nt'Ia4ibWtê^'^'^ le bonheuc (du peuple? Ils ©i*ti«oife>^&ti53à&%e?;f^fï^ quçl bien Ift.pe yf^le^naitil retiré? C)iif41slrtaéKoi4'^'^ son existence ? Lorsqu'ilsrm^ottt^ltfs 'e'u^Ift^îft^'^T à n^i^sci^r lOtt 4;f>*oseuij5e j; U'e$ti-^<îe pa^ ^rf'lé pei^|^.^;ipa\Ba€me qu'ils ont fait ^es^etidre îa fàiix révplu,|i êtr^ le^ seuls nobles, les seuls riches, les setils'-- - puisaans.De grands propriétaires donnent-ils du"' ^^ travail aux cultivateurs, des manufacturiers in-*'-' - dustricjux emploient -ils beaucoup de bras, des''^*- capitaJîflites font* lie prospérer le commei'ce par '• "- leurs eti^OBniimaAioiis^;'kpiiK ce t^i «nr^pie au- peuple; TPi'à ce çfui as»Hire le bi^n-,^e, d,es j^- milWs ; voilà des avantoges cciHaîns, c|ûe le pcnplé trguvc sons le gouveiaeinent légitime. Il ne doit k;s attendre, ui du sophisme de la' «onveiaineté nationale, m de i iH5iirreçûoii^,.<|çui;çxî^jej fgjtîfl fes malhem >"^, Wî cle q^tte- <''ga.Utej ç|i,iij\ép"(j'i^^^^_ çptîi n^es,t qu'un nivel letneiù al>slrai,t, absurde et.impossibit'. Si l'on doit cl'oire auK bru^t^. 'r4;^.>jrj,.- , , ,. ILiertiçs., S| 1 on eut j^inais yaisoinae Jci^ati^d/'je/es çfîetç d'un pareil système, c'ejs,t ^^u nioi^irei|:^t où l;i plus iun(',5.l^ inconséquence menacé i^a nquveau , >e3 de5Mriéy.?;)d^jl^,iwpnarclii y oi^,^p4ili; a^sp.jtyir vnq' ambition individuelle , iQiï^ l<^$/iixtç'j'èt^ c|o i'Ètat sont çpmi>rQnftis: ou raijbrttfiîrc et le?, ç^- -les cote ité prt^^ritq^Çjtj^f, Parjure appelé , aceiieilh et ,iT|ê- comppûsé^, pà^^Qutrévèle d(?s U'aliisop.s |^\^(l|i^té>es , touffertes, ei'pçut-être partagées. Si Ja faction ré- vo]ut(Oil^»if(^ liv dissimule ni fcs y(MU,\^|j j|i .ses <56p^ra^içei&, s,^^ ^narçHt' du moin» fsij):, f^qn^pît^'C son h\a, e^lou pe^-t; cpmbatti'i?,5es,e|r(^f;tp,. ^l^if^ est le bu,|. (l'une ooindutrei tprtiifîii,^e.>j ^9'î\£^^jî)^ et capricieuse? Quanti tlnirontj ces oscijfîifrîons jour^ naiièrcs dans les mouvemëns de la mc^qtipe ml^nis- tévie/le i* Qua^ic} «W^hpiumP? 4.1;^l^t::J,'^^Ù''Ç>»l-'^« uu ]icu de trançhise àfi})ii}(iii^^.jiYO,^^^f^i^,J[^.i}^Y'- pjroduisaujL deij.piîMJfiù. qii'jij |Of>teji|^-^»^me^^ jhî- ])oiissés f .n'au;i'ojppt-jls .>;j::jutu q^u irrilfr le3j:j>jn- (^ny nions Hyèt^êMéé:, et les acmei* les uôes contre jeu aWves'l pour rect/eîtli'i^s^u^sl^îs iSmis 4ti' c'o'mLa.tT Àiifbtéiit-ils plétciidii: \i.'if'r la d'I\isiou .pàrmiïrs royalistes? Celte combinaison seroit digue (le leur machiavélisme : ils a'eh recneilleroiU tjuela honte, ou la France monarchique , là France des Bour- hàiià , èét perdite ï>abà relx)tir. Oui , nous osoris l'e«- peifi:r:ëhboïe>'là ChaUibi'é des Pairs, la ChamLre dà^ l^épiités sauront éviter des pièges mal adroits dtftïèrj^l Mà'îi'ti^tt«?.'lb'i ^'tié^éi^Me ; 'indispen5àî;)ïe', de ùnï àè'i';di-t-elle VdiLvra^è?' yuoi;! cic*s ihêmès libruniés tjiii' ont fart rendre' l'àrdonnance du 5 sçptejnbre , t^ni , uàgUêi'-d , tî'aitoient coïnuie si fn- -■■j^L-ju^nL. '^u„.-.„„j.: .^V] .. îvl. BartliélenxV, "nesentent âlfi-^tilei' lés ojàges , compromettre le m'0nap<5^ue et es 'IV'>ans 'âti-eté ! ^é!H Àiat' Wi'flJ né 'peô^éîit /{is'.prl)tfo-Éii4' ' 'n^ifa<;? i9 zi'Bv^*^ ^9*i On mettra dëCnilivernenf en vente, merrredi 29 décembre j^, ("liez le Norm''nt , riiè de Seine, n* 8, la preniicre p.nrlrer aeS^ Jlfètjtpii'es sur l' expédition de (Jtiiheron , ttnnoncée danslsJBfe' Livraison du Conservateur. Broihiire in-8", de *5o pages ^^upt beau papier ; prix : ^ ir. , it\ ^ fr. par la poste; ' Des motifs exposes dans un nuis (jui lerinine celt« première partie, obligent lauleur de dillercr, de qucl)I^ "^)^'J<^ M. le comte O'Mahony. . •• . JAUi'Ji .'-lJ.'iUl'H^»'-^i; Correspondance ë{ecloralé.M..-..':.R A'*.t«.'2A"?.'?!l "^^U" Lettre i M. l'Editeur du CoàemtàlK'l^àm] i*^. ' "^ Lettre sur Paris, par M.levicomfc Jc^^astëlbijan.; qS Le Seize Octobre, par Ai/ le* oomtenumberidc Sesraaisons. , .,. . ^, ,^ . . .^-a» ?,f -Iw •', ' -r'i'-ri'^ If-^^r Sur la ^^éccs^lé, 4^ rjédjuc%t|jE|ft, re}i§ieus^j,..jyr ^fs ;^ S. £lm. M^' le cardinal de La Luzerne5^,iosi.t.> IPQ Des Stuarts et de la Révolutifti^.de; i.Gii8.jj pop *..].;> M. Genoude ~ . r; ; .^ ii6 Sur le ré&ultai des Coufôxencès^^ CJàclsl^dl, p?^i -?,' ' M. le marquis- d'Herbouyille^ vv>.V»'f ,^Vi . .'. ix^^-ist^ tefl^' iùt- 'Paris ^ P(^p."î!(tj fç^ xippm^"dè,'j^,èast^''7J^i 2 bajac i. . •- - . .j. . *;.*-... ..v«. . .... ....... i . . vS jS^ S^ur lès Circoristantës'pi^^^ç^g^;g^r^|^^)^v^plgil^^^;;(; '* Sur Tin ftovTagCJnritoUî : Prét:is hhiariifue sur fa Résolution de Saint-Domingue ^ p ai- M. "***... . ijS Sur l'Expoj>uion (les Tableaux ^.3* arû(4ey,_ par " M. le comte O'Mahotiy .-,•' •,•;• • i?5i Lettre sur Paris, par M. le Ijiiran Trouvé.-,;,^ r'.*.' : 'ii^ Considérations politiques, par M^ le viGonUe nald . . . . . .,^, ., ,- ,201 Qu'est-ce ♦'•: -M"^ De rEd-(M;atiofl des Filles, parM.rab^tf ,'c|elj<% ,- iMennais . ,> ,^-249 Les JUinisir-es sont- ils le ■gouvcrqeïOfînitîfn'P^'jiit M. le Hwrquis d'Herbouville, .;., , .f j . J^, '. f, .y^^j^flp Sur rExposition des Tableaux (4^ article)., pap-iJ M, le comte O'Mahony , .,,,.5^-,^ ^f ^,, i.^a^û Lettre sur la Mission de Brest ^,-,.,;^^*a«,vVa 276 Politique, par M. le vicomte de Chateaubrign^â.-r ,;ï7£| De l'iiducati^H publique (2« arliçle)^, {^r^j^i^jft vicomte de Bonald. . ., ••,♦.• • Trunrr -^97 Sur/a Crmur uapuxiwge àv- M. l'abbé F, de ,]^a ;j^Ï!çppfi^,f iiftttulé : Réflexions sur l'éfat de J]£i^i^, ^ -FrauGe ^ ^r. ^ par M. Qenoudc^»^,. ^jje»T4.,(i$i8 3Ié!angcs, par M. le bai'on Tniuvé.^^rfr^^T ^•...^■i; 3a4 ilit^ttrc à M. l'Editeur du (>/i*«/v<^/e»ic la Lwtte des opinions iBonarclilques -c4 n>ji- > V gieusGs ««roc Jks intérêts révolutionnaifcs^ iP^'l M. le.yi^>nite de îi,uleau ...... ^ .. .-^ ... . . - . ^(^34^ X a-t-il Liberté €H FraïKe? par M. .ilaai^ i^ J5y>iial»l. . V». ^'..iv.v .^r. .. •»!>•.> .»v'l<'î—f,'-»-n.'!?'>r?;?'^.3o4 3urHin IPa^nphlel itle.M- Bef»jao»i|i;-8tai*Mr 'P*"" , . M. k vicontt'C de ■Castelbajv,t-. .■.•. . . ....•? v' • • "^^33 Stir- l'Exposition -lies Tableaux (ot-'^^l iâièià'Mt ' article ) , par M. le cbttiJe ttyin\Ànf /?.V!; .' c'- 87 k Lettre sar Vai'is , |>ar M. h'l>aron Troafë'i'.'.nV/'iîSS ^r un ouvrage intitulé : Piè 'Jtiy T.'oias-^Josrpfi .^ ; >nrfftfrinci(^ales înnovalions introduites prndant -' " le ministère de M. le maréchal Gotivioii-Saitit-»- ' ' "Cyr, et sur la conduite tenue à Tégard des mi*-' litaires tie Partnée, -depuis te retour du IVôl en ' - i8i5, par M. ♦*♦ w..;-:^^;^.^. .';•;.;;> ^'^9 Sur les Conseil géoéraéx dé dépi'ttmiWtfi^wrcm^*'-^ V de iStQ. . . . . . : .....;..,...;.....; l^/JVvv^^ ^ik De Pemploi et de TouMi t>ps Ihis de la rè^ôï6Uï)n:/-4i9 Lettre à M. VEiVHeitr àù ■Consè^K>atmr/.'J :\' .' .'. }.- 4a4 Létlrè swr Parfis , p«r -M.' î'ié%'é^V .^-V^U^?.'!^.^ L .;^'4iS5 Sur les Mélanges fitf^raif'es ; jJoîffrr/hés'eé^'frfHiùsa-^ '^"^•phiques de M. de Bonald, par M. GcTjoudév. .'''v^4i SuriMi miHi^e itrtitàlé': %I^îniot!lrej^)sitHes^ irhM\kù^ | publics dt J'?hig/ete,v&, p/i'/-4fJair 'M^W^i^-^ff**'- Trouvé . .-. ^J.^:'?/:^:"}^-}: ^4& De la Sittiation des royalistes; et d'urië'îhfîiyeîrcè''' particulière dans leTninrstèrc^i~par îlfL le Vitoititè^' - de Suleaul .^^ .'^-^ J.y': . .-f ■^UvU^ . . . i':^^^:^ 454 De Tusage révolutîonriaîrc cpri sflftcfti^r les'^C'â- liers à prononcer des discours airx'i ri h'titti'alîoilS^^ • par M'. ïe rnarqttis de CbriolTt xl'ïtlçpfnôiti^-. V; ■^Sz Extrait d'im Toy.i;Te fait dans-lè^idi/en'rS t'C! .'"i|C8 Eetire sur Paris, par M. Fi !■>.'•.-. ,\ V-. . '.-T^rV'. î '. . '-. 'Bit ( 632 ) Variétés 5i6' Lettre sur Paris, p^r M. Fiévée 52 i Quelques Réflexions, par M. le marquis d'Her- bouville 537 .Variétés politiques, par M. le vicomte de Castel- bajac 545 Littérature (I" article), par M. le vicomte de Chateaubriand 553 Sur la Bibliothèque des Dames chrétiennes , par M. le comte O'Mabony 566 Lettre sur Paris, par M. Fiévée 570 Sur un Arrêt rendu par la Cour de cassation , par M. l'abbé F. de La Mennais 585 Sur les Partis , par M le vicomte de Bonald . . . 690 Sur un ouvrage intitulé : Histoire de l'Expédition aux rivières d'Orénuque et d'Apuré^ etc., par M. le marquis d'Iierbouville 607 Les Prédictions du Journal de Paris, par M, A. D. Gl i Lettre sur Paris, par M. le baron Trouvé iizi FIN DE LA TABLE. IMPRIMERIE DE LE NORMANT, RUE DE SElN£. ><^ ■v..,"/