'Enm NAT iq.

TROUVEES DANS LES P

P I E R S

DE ROBESPIERRE

Imprimées en exécution du décret du 3 V cîidéniiaîre.

AFFAIRE CHABOT. FACTION P R O L Y.

A PARIS,

DE L’î M P R î E a î E NATIONAL E, B R U M A I R E, L= A N III,

MJ V

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H

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PIÈCES-

TROUVÉES DANS LES PAPIERS

DE ROBESPIERRE ET COMPLICES,

affaire chabot.

N®. I''.

Déclaration faite au comité de fureté générale le 'brumaire^ ranll de République^ par Chabot & Bafire ^ députée à la Convention nationale^

J E fouiîîgné, repréfentant du peuple, déclare, pour le Édut de la Lberré .publique, ce qui fuie:

Dans ie mois d’aoùr dernier, auranc que je puis rnm louvenir , les citoyens Delaunai & Julien ( de Toidoufe) me proposèrent im repas à la campagne, avec des files/ Je fus étonné d avoir d'mé chez le ciroyen baron de Eæüz, ex-conf- riruanr. Î1 me fit beaucoup de carefles, & rlhoic deiiré r/ue |e fuife fouvent le voir : je n y ai pas reparu. Qüeloues jours après, un homme que je nai pas revu depuis /me propofa 200,000 liv. pour faire la motion de mettre le fcellé chez, rouâjes banquiers. La propoftion fut rejetée par/ioi avec findignarion qu elle méritoir ; mais la motion àit^ fade cinq ou fx iours après par' nn.membre que je ne'-com/is pâs, lur la pétition de Dufoiirni. Les négocians, marcdnprJs Sc ^.litres porteurs de lettres de change ihr les banquLrs , vinrent fe plaindre à ia commilÏÏon des finances & aa co-

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rnité de fûreti générale. En leur nom , je fis décréter que les fceilés feroient levés & les banquiers arrêtés chei; eux , avec imgendaîme, peur Imvre leurs opéianons. i.e lende- main^ Hébert me dénonça à la ï rance en-ière comme un fcomme corrompu , & les femmes foi-difànt revolutionnau-es firens chorus avec les agehs de k faétion de x:-atz & com- pai^'nie. Dnfoarni, i'Huiilier & aumes nie dénoncèrent aux Jacobins ; Dufourni dit même qu on avoir achert ce rap- port. Je rmterpelki de /dire ce quejavois reçu po^/e fepoort, e< Qui mkvoit paye. Il lut lorce de dire; Ce neft pas^ck Chabot que je parle ; fi je 1 avois fiv vendu , )e le lai aurois reproché ; ü nkft qu'égaré ; mais u. y en a d au- tres. Imerpeflé de les citer, si ne réponclit nen. tn bien! iîù dis-j.“, j’ai annoncé à la Convemion Sc z la i lauce «idère que ion mk oiFert de rra-gent pour faire k motion de Dufourni, & voilà pourquoi je la ^comoats. Quelque? jours après , Delaunai me dit qüe je m éîois prelîe ae taire mon rapport , en rapport que nous aurions gagne quelque demi million , fi ce rapport avoir été retardé de qoeiques jours ; Que tout nétoit cependant pas perdu que le baron de Batz‘ travailbit un mémoire pour 1 Hmilier , ytoai le faire changer, & qa’.iiors que le rapport feroit avumemi nous aurions des alîigna's. Je compris ou il le lonroïc une faaion de corrupteurs & corrompus. Je crus que limeiet df la Republique exigeoir que je parufie en être, memeen expofantm réputation. Je fis quelques oblervat.cns a De- launai , fur la Faulieté & l odieux de cette condiate. lima répondit qu« nous n’aurions que les intérêts ^ de ,a hauile cC de la brille du dèpfit, & que cette haufie ôc biilie auroient lieu fur les capitaux dépefes ; que ce sommerce , d ailleurs li- cite , ferojt fait par un de fes amis , nomme rienoir , Ion comcatrfete. La Ipéciilaiion manqua par le rejet du projet dont' ils eQéroieisî leur fornme. Deiaunai .me du,. alors que tout slétcit pas perdu; que Ion -fpécakroit mria compagnie des Indes, ie péri' feaipn de Batz, me dir-iî_, tiavail.e deux proiets de décrets ; nous ferons peur a>,bord. a la cormœrnie , de les adions femiîèront-, la compagnie depo- fc-ra 'im cenain nombre de fes actions , & nous ferom ce- crèær an projet qui, relevant ces aèhons, nous huL.era œi praiift ptefit : nous ne paroîirons ea rien ; c elt mon ama

«isiuay

J

Benoît qui Ce cliarge de toure ropération. Mais enfin, lui dis-je , vous avez Tair de voleurs de grand chemin. Non , me répondir-ii, c'eft ie petit baron de Barz *& Benoît qui feront tout; nous ifaurons que le profit de leurs fpéciila- tions fur un décret qui doit donner des millions à la P\é- publique -, nous partagerons avec Julien ( de Tomloufe) , Thu- rior, Saiire âc toi: Cambon & Rame! travaillent avec d’au- tres perlonnes. Tout ce que je te demande, lui dis-je, c’eil: de ne pas oublier les inrérêtî de ta patrie , pn cherciiarit les tiens. Danion Sc Lacroix , 6c Fabre - d'Eglaiidne , m’a- joura-î-'il , (péculenr d’une autre manière. Je ioiipçonnai dès ce inorneni , plus fort que jamais , que. le fyftêiiie étoir de corrompre les plus chauds pardotes, ôc de calomnier , quand on ne pouvoir les corrompre. Dès ce moriient , je lui infrirai ij plus grande conliance. J’étois encore membre du cüinicé de iüreté générale , quoiqu y travaillam peu depuis le ji moi, parce que je ne croycis plus qu’il s’élevât de nouvelle htéti:'n ennemie de la liberté. Quelques aéles de foiolpile 5 de la part de certains membres , autorisèrent la fac- tion des diii amateurs , parrie eileiitielle 6c cempiémenraire de celle de» corrupteurs, à demander le renouvellement de ce comi»-é : il bar fait par rAliemblée. Je prévis que ce renoLiVeilement ne piairoit pas , 6c je ne voulus pas accep-^ rem, Baiire's’en retira comme moi. Danton propcla un mode de renouvellement j cependant David convint qu’on me paffoit à moi-mème d’en être , qu’on n’avoit à me renro- cher d’autre tort que de recevoir de belles folliciteufes. Pauls donna fi démilîioii, pour., î>s pas travailler avec des hom- mes qui n’avoient pas ia confiance j je lui en fis des re- piroches : mais enfin le comité fut renouvelé au gré des ja- cobins révoiurionnaires. Je crois qu’ils m’y auroient vu fans beai^coup de peine; que jVaurois fait un grand bien, 6c que j’aiitois bientôt déjoué ce nous^eau complot. De- launai 6c Benoit me dirent que ce comité alloit pourfuivr® tous les membres de l’ancien *, qu’ii les faifoir fuiveilier ^ que c étoit de David, leur ami, qu’ils tenoient ce deflein. Je crus, dès ce pnoment, que je devois me féparer des conf- pirateiirs, pour ne pas périr viélime de mon dévouement à la choie publique, comme on de les ennemis. L’on mit les fceiiés chez Julien, 6z Deiauo.ui m’annonça que le mèiue

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ion m’attendoit; ainil qüe Bafire. J*en fus inflruit à'huk' heures du hoir , & , cependant , les fcellés furent appofés -, au à onze. Comme ie^ie garde jamais aueum papier ^ & que j'avois dit que cette melure feroir utile pour moi , je paiiai . la niiic à attendre les commüraires. Julien viiiî^, à une lie up après minuit 5 ir/annoncer fan aventure, en ni airurant,^qu il n-y avoii rien contre lui. Il vouloir le cacher chez moi. Je rengageai à rentrer dans fa maifon ^ s'il éroit ^innocent , à ioriir de chez moi, s'il étok coupable. Il rnobferva qu'on poùrroit farrêter. liant mieux , répjiquai-je , la Convention te vengera , fi t'u es innocent. Il fe rendit chez lui , où^ il tj/0uva'"des gardes qui ne le perdirent pas de vue. Il vint s'en plaindre 3 à dix heures, avec Delamiai. Je lui dis quil devoit attaquer juridiquement ceux qui avoienr donné 1 ordre de le garder à vue, & quun homme innocent ne devoit . jamais plier devant les ennemis^, ni^ les épargr^r.^Je com- pris quii rféeoit pas pur, par la réfiRance qui! iît de mes propohnoris cie'pouiler cette altaire. J ai appris, depuis, qu on lui avait trouvé des billets dafiurance q_iii lailloient du louche fur .(a moralité. Ce fut alors eue je dis a Joaiire : Oelauiiai &: Julien courent à Topprobre ou au fupphce ; Je crains que leur probke nCii reçu échec, de je fsvoue.que le

tdpcmge de Deiauiiai avec de Batz &_un certain Benoim rifamïCtej mais no us ne pouvons plus les fuivre : c efëau comité de Creré générale aduel à déjouer ce complor. Cependant Faïfaire de Julien n eut' pas de iiiite. Alors iis reprirent la compagnie des Indes J &: me iolliciièrent d'entrer dims kms vues. Je favois que David vivoit étroitement avec Deku- nai (d'Angers) & avec ia maiireüej^jqiie je copnois peur une intrigante, ainii que la femme d'Reberr. J'avois' vu oeux branches dans la ïadion. Je me perluadai eue David & la' ferniïie d liébenc éioient de la branciie^ dihamatrice , èt: la dernoiferie Defconig , JJelaunai ôc Benoit, oe la branche coi- ruptricc, J’avois été tenté, il y a deux ans, par la demoi- iehe Deicoing, à qui je donnai congé au premier initant mie ie m'en apoercus. Les fcellés croient levés chez tous ksbmquicrs, cLrepré chez Boid, Je Tappris par un cito;yeîi . qui avoir une lettre de change acceptée fur cette mauen. J'en parlai à Robefcierre, oui me dit que Boivi , que je ne ccmnoiirais pas, éîoit un confpiraieur. Comme les por^-

ïeiîfs des lettres acceptées ne Fétoient pas tous , je fus trou* ver rplnillier > poin* m'en plaindre^ L'ordre fut donné .les lever, quand le baron de Batz.eut parlé à FHuiilier* ' J’en conclus que de Ba^z avoir fpéculc fur les fcelles de Boid , <Sr j’en fus convaincu quand j’appris de Delaunai qu’il voyoiî fouvenî la inanreile de Boid , que je ne coiinois pas, & avec laquelle Delaunai croyoit que j’avois mangé une fois. A cette époque , on circonvenoir ma gouvernante & toutes les perfonnes avec qui j’avois quelque relation j on offrit même une rente viagère de r,xoo Üv. à ma goii- vernanre. Te la priai de prendre fon pani. Elle m avoir donné du mal , & je craignis qu’enfin elle ne fe LdiTât iéduire par l’appât de la fortune. Jolie fe déclara grofTe. Mes beaux- h'èrés lui Èreni- offrir un établiliement > parce qu iis penfoient à me donner leur (œur, fans que je m’eti £u(!e jamais douté» 'ne rayant pas vue encore. Je la demandai pour un de mes amis <5c parent, qui en étoit devenu amoureux fou; on me .répondit que, fi je ne Fépoufois, perfonne nelauroiren î rance , fiit-ce nias riche & le premier ci-devant piince QU fang, quand il ieroit patriote. Je confultai mes amis & Badré en particulier ; il me dit que mon mariage i-eroitj:aire bien des calomnies. .Mes beaiix-i-rères avoient ère bielles à la journée du dix; ils étoient jacobins & ne vivoientqua- vec les députés jacobins , avec Bentaboie , ^Simon ( de Straf- bourg), Richard, moi & quelques autres. Il éroir a (fez pu- blic qu’lis avoienr acpofté en France pluiieurs cent mille livres. Je learavois vu des effets de grolfe valeur, riotam- ment un effet de 6,400 liv. færlings fur le tréfor public d’Amérique , qu’ils vouloient négocier pour acheter du bieti des émigrés pour près de deux millions. Je ne crus pas devoir refufer , pourvu que Li fœiir me plût , & qu elle ne frit point dégoûtée de moi. J’en devins amoureux, & elle le fut de moi. Je lui lis, aiiiG qu’à mes beaux-frères, toutes les obfervadons fur ma fortune & celle de mes parens ; ils me répondirent que , fi j’avois plus que ma penfion eccléfiaflique , ils ne m’aifocieroient pas à leur iortune ôc à leur famille , parce que cela prouveroir que je fuis un fripon ôc un con re-révolutiomiaire. Je ne voulus pas recevoir la dot de ma femme ; elle relia entre leurs mains , ^ le mariage fut conclu. Se portai mon contrat

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tux Jacobins ; Delaunai me dit alors : Je fuis enchanté de ce mariage avantageox , paia:e que nous pourrons faire pailér fur la ibie de ta femme ou de tes frères 5 le fruit de nos fpéculaûons financières. Je n en ferai rkn ^ lui répliquai-je* C.ependaiît Dufourni fit des obieryadons malignes fur ce mariage j il âYoit été applaudi pendant quinze jours , la veille de la célébration fut le premier jour des caicmnies. J'en ai ri, & j'ai prié les Jaecbins & la Convenaen de faire -des reclierches fur ma for:; un t. & celle de ma femme, L'invrigue le renoue > on cherche à me circonvenir. Je liii-'e quelque temps ^ peur favoir il je dois expofer maré- puradtm au faliit de ma patrie. Panis me blâma de mon ..nariagè, en me di faut que mes beaux-frères étoient étran- gers. h aii£5~les giiilloîiiier , lui dis-je , s iis (ont coupables j enfermer J s'ils ionc fiiipecfs j inais levez les fccllés pour que j'aie les papiers néceihiires à mon mariage. Quand le contrat eib paifé & les bans publiés , je ne puk pas re- culer ^ fans me faire calommer davantage , «Sc'lajis jeter du iouciie fur des parriorcs aulli purs .& ^ auiïi ardens que- moi. La levée des fcellés , lui dis-je au comité ^ pourra iTitaie m’ouvrir les yeux s s'ils font ioipeèl-s. Loin de-là elle 'me coniirma qu’ils éioienî plus parriores que moi , Sc que l^urs oiivrrges en allemand , Uipérieurs en force à leurs ouvrages Lançais , les avoient fait condamner à être pendus en elEgie à Vienne , & leurs bi^^ns Jmmeublcs conhfqués. Je bravai la calomnie ; mais je réiokis dès-lors dexpo'er ma îête pour fniver mon pays , en paroifiant entrer dans le complot de corruption de iJeiaunai, Comme les conipi- rateiirs'ir/avGient dit que Fanis 8c David étoienr des leurs ^ êc que je vovois David vivre avec la maltreile de Delaunai, comme on mV.voit dit que c'étoiî eu.x qui dirigeoienr le_co- mi:'é 5 je ne vins pas en faire nia déclaration : mon deiiein fut de ne rien recevoir qu'en avertïllant' le cornité révola- tionnaire de ma fedioii de venir faiki: les coiTupteurs & leurs DI;gna;s^ je crus que cette précmition me luffiroit pour ma jiifü il canon. iJ'claunai rait donc ion rapport lue li. com- pagnie des Indes : après Tavoir effrayée par une motion d ordre très -menaçante 5 l abre cl Lglantine lui cracrie fur hamorcr par unsmondement qui fut renvoyé , ave^!^? reiL du picjer, à la rédDiion du comité réuni à Fabrt. pelaiiiiai & Jjencii viciii'ieiiL alors me trouver ôc me difent qu il faut que

parle à Fabre ; qne s’il a fpéculé en fens contraire, il fera défrayé;

& li eft convenu que l’on me remettra 100,000 liv. en^aiiignats pour lui. Iis me chargent de lui préfenter le projet ae decret

figné par h coramiilioii : ils auroienc^ voulu que je iignalie le premier: j’ai toujours figiié dernier ou 1 avanr-dernier.

Je dis à Fabre dy faire toutes les corredions qu ii vou- droit , & ii s’efï conduit comme un homme innmmenc probe dans cette affaire. Je me fuis convaincu, par fa ma- nière , qï'hi ne fpéculoiî ni pour ni conme , & qiiîi vouioit faire judice aux pauvres porteurs d effets de la mais faire regorger les agioteurs qui avoient frulire la^J\a- tion. Je lui ai porté la dernière rédaètion, & il 1 a ügnee le prémier , dès~iors , je n’ai plus eu de cramte *, mais le décret u’eft pas expédié, ôc je n en hgnerai jamais i expe- dirion quanrès avoir épuifé la matière , <5c fini par la con- fika^ion ciKière des e&îs des fripons de routes c^- pagmes. Iis me portent les ioo,ooo liv. pour Fabre. Be- noît me porta d’abord ou 54 mille ûv. , le lendemain "Dhkunai en porta une portion complétant èo,ooo ùv. ôc Eenoit poma le relie , c’ell-à-dire 40,000 liv, , le^iurlen- dunain. Ils auroienc voulu que je remiue fiicceiiivemenc chaque depot ; je n’en voiûm nen frire : ils me demPndent enfuite fi jki remis h tout y je réponds que je n ai pas trouvé Fïîbre, Sc que je 1 ai envoyé à fa porcieiC , bien cache é. Il faut qu’il fait reçu , me dit Delaunai , car j ai obiervé qu’il te careife depuis. Cependant je mis la lomme enûère foui enveloppe, avec une note explicâtive deiir^ , datée & lignée du jour de la dernière remhe je 1 adrehai par une autre enveloppe , au comité , en cas de m^rt , comme un paquet eiientiel à lui remettre. Je crus que cette | précaution couvroit allez ma mémoire : j aurois pu la placer dans le commerce, la palier fur ma femme, fur mes ireies , ôc la frule confervation du dépôt , intacte , prouvoit que Je ne i’avois pas «•mcioyé à corrompre Faure , ni à mon proni. Benohvint, quelques jours après, portant une (bsnme de transfrrt d’ehets de la compagnie des Indes , avec le nom en blanc. Il voebit me remettre ma porrion j je refrifri : , je voulois des témoins, & avertir le comité de k^fedion| pour qu’on frisit le tout. Je leur dis donc qui! friloit en, frire part à Bafire , à force de prières , ôc en promettant';

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^ ^aire accepter une portion, que j'en i-ailois mon afFairei il eut ete rourd a leurs folliCitations , ils Faccep- terent; mais ils me dirent que Julien les défoloit pour avoir {a porqon. Je feignis de me tâcher courre les pré- tennoiis de Julien , &' je içur dis quJl n avoir pas, comme nous,^ expofe la popoiarité , puirqadl Ta voir perdue' j qull Hv, Lu'oîf lui donner que le cinquième d'une portion , ôc partager les quatre ^autres cinquièmes à de bons enfans qui en avoient plus beioin que lui j convenu : niais on vou- loir faire des portions particulières.

, Ils m ont oftert de palier ces actions fur la tête de ma remme , ou de mes frères ^ ou de qiielqu'ami *• j'ai refufé fous prétexte que la fortune des étrangers n étoit point alFurée. Iis : ont voulu me les remettre, pour les palier fous tel nom que je voudrois P j ai refufé, parce que je sraigiiois qu'on ne vint fane la vi£re cnez moi, & que l'on ne me demandât à qui iGiît ces adioîîs, êc à connoître p nom fuppofé. Iis ni' on' alors Le baron va s’en charger comme de la portion de cédera fcn bien de Ciiaronne & de lAiüer*, j ai répondu qu alors ce feroiî montrer vraiment' corde , ôc Gonner lieu aux crJomnies répandues fans fondeniêîir. Ils m'ont engagé a le placer fur la tête de ma iemme dont la farîune elb connue. IVlais , leur ai-je répondu^, j ai rendu à mes beaux-frères les 175,000 livres, de ils mont rendu leur obligation , depuis que j'ai vu qu'ils contiîîuoieiit a faire la dépenle du ménage , parce que je ne veux pas tirer deux moutures d’un même lac. On trouvera iqjîooo liv. en obligations > ôc cinquante à ioixante mille écus en biens-fonds. Ce feroit montrer la corde , d'autant que le bien des étrangers même n'eft pas rrès-sûr. Ni celui des Français, onc-ils répliqué : voilà pourquoi' Delaunai ^iira OH prête-nom, comme le baron de Batz en a un pont Charnue j la coiiire-révoliitioii paroît allurée, la loi du ^maximum , ^ que l’on a fait forcée , va vous lailfer dans routa eipèce ds dénuement. Je me fuis apperçu , leur ai-je réoli- qué , que quelque contre-ré voluticnnair® y a-voit trempé. ~ Voo,s^manqucrez de lubliitaiices , la Convention fern dif- ioure 3 l'on va envoyer ks fbixante- treize à la gudloûne 3 iiprèscela, les appelariS3 après cela , Danton , Lacroix , vxc. Vous aurez votre tour, ü vous ne iortez de k Eipu-^

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büqae; RobefpieiTe fera’ peut-être le dernier dont on prou^ vei-1 la corruption ; mais il eft entoura c un nomme qu a l'a conflancfc, & dont la corrupuoii tera auee », y en a beaucoup qui lont encres dans ues marcnes d. bLd. BUaudde Varenne lui-même ; enhnle üetaut dendgie oc d purete rera difibudre la Convention ; nous , -

teniez, -vous négocier ces actions, & vous les telle bruiaue étrangère que vous voudrez. Non , ‘1°‘‘ Ç réoiiaue, je veux nénr ici avec la liberté. - Mais enhn Rober- piérré eft prévenu contre vous^, & veut vous taire tribunal révolutionnaire. Que me reprocuc t ü . ^

protégé Boid; Je ne b cennois F^as : j'ai f «'ege.iu^auvre néïotiint Qui l.ailoïc faillite, il ooia^nc le pa,Oc.. avez IcHicité Lluiillier pour lai. ivon, mais pmar Cic paver les lettres acceptées qui appanenoient ap

patriotes. Mais enfin Robefpierre, Bulaüd de . arenne,

vid , Fanis , le père DucLelne , Putqurm , les remines ré- volutionnaires v‘ous en veulent. - Qu'importe ! |8 luis rerme & pur iui'qu’ici, & je laiile entre vos nrains les yoo,coo liv.^Que vous voulez nous dlftribuer , julqu a ce que nous bs pir-acions en prélence les uns des autres , ahm que nous ne bous ^cubons pas plutât Tun que Fautre de tnponnerie , & il faut que es partage le talle chez moi , a -pv.!

quée ; après quoi, je ne crains rien. .Te bruic.ai, -ii b ^‘*1;’ ma portion ; j’ini au tribun..! révolutionnaire ; je m y ^ 4- fendrai, -Sr je me déièndrai à la Com. cntion , ayant qu on porte un decret d’acculaticn contre moi. niais n ayez-vous rien à vous «rrocher , comme memme du comité de su, e-.e eénerr.l? ? en l-b?r:é

-Je n ra ôc que

ps.s ligné un cirri^te pour

tn .u-LdC . .iuc ion ^ïamine ceux qui (ont ügnés

d- m-q, ie les aene de les critiaaer; i’ai ete tescre que.- cuefcis. gujours jufte , & jamais indulgent, encore moins foibk. Mais ie :cère Duci-eme aétruit votre popularité , u: Erii'kvt .nuai , i’annee d rnière. bi Heoeri n avoir pas de rceilieurs morifs , ü périra, & je reuerai. Uni . mais on decro-e Uns entendre. Sans doute , ceux que ti peuple a^c cub , mais non ceux qui Ibiv; acci fts per un joiirn.ain.e.

M;

ais vous aurez des 'clenonciaboas contre vous , de la p.art de vos ennemis , de il neft preiquî pas de '“■

Cciivendon contre lequel i! n’y en ai: : 1 arrnst- revc.uacA- ,

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naire, les bureaux de la guerre, la itîajorhé des Jacobm» diüoudrom la Conven'ion. J'ai en'endu , me difoit Benoît , oeligner les tetes qui devcient périr fur T échafaud; la vctrs “7 b>î importe , je ne veux pas partir; j’ai afriorxi.e 1 echaraud pour Carra , je rafFronrerai pour ma patrie avec puis de courage. Mais le peuple n’aura pas de pain , ^ i Angleterre lui en ofFrira ; on ramaile ici loF, â: mi amoitieiix le difîribuera au peuple, qui le jectera encre les bras de ceux qui lui donnerez du pain & de For. ^ Cela B en: pas vrai 5 de , quand cela Feroit arrivé à Paris , les dé- leroient pas, pour cela , en contre-révolution.

Mais ennii, quand on verra qu’en guillorine tous les députés, qui voudra 1 être ? Moi & ceux qui me reliein- blent y avec le delir de Cure le bonheur du peuple : de 1 énergie de le courage de 1 échafaud , on fait tremliier tous Ps œmre-révoluüonnaires. Le lendemain de cette converCtion, Oliehn eit décrété , Fans être eiuendu, Fur un rapport oui auroit pu laiiier Oiillin dans nia pofirion de complicité fac- tice aux yeux 4e ceux qui auroient cru à Fa probité. J’avoue que je ne le décrétai , en ma conFcience , que pour le fait 4e la loi du maximum &c celle des émigrés, dont il s’étoit ambiaeuFement emparé : je Fais rendre le décret du 20. Le loir, les Jacobins déclament contre Thuriot , BaFire 6c moi. L on vient me dire, dans mon lit , qu’il a été arrêté de Fe pOimr en ni aile pour demander , contre nous trois , le deviCt d aceuFanon : je donne les (?,ooo livres qui me Font reconnues 3 dis-je à celui qui m’aniionçoit cette nouvelle j peur qii’iicberc , DuFourni èc autres précipitent ainü leurs manœuvres j Fans doute on ne rendra pas le décret Fur la motion de ces meilieurs. Eh bien : je dévoilerai le complot dont je tiens i non, je ne crois pas Fahaire allez mûre pour leurs delieins ; mais je deiir® qu’ils y mordeiiî , & ils en^ auioiii. les dents aga-cées. Je fus que les Jacobins avoient 'été moins rigoureux, quoiqu’ils reulienr été un peu trop..

^ Je parlai après les pénrionnaires & mes deux collègues , le L. lerraii'ois pas une ligne de ce que j’avois

^ dit , parce que je ne^ tranhgeois pas avec les principes’, mais que j accuiûis i un de mes acculareurs du crime "gu il me ,ieprocaoit , d arrêter la marche révolutionnaire j que, comme lui 3 je navois pas demandé le pouvoir executif conflitu-

niôi-meme .le tus aux Jaccbms pour demander des çoar- millaires pour dévoiler ce complot, ii ayant pas Tu comué^de sûrete generale; je ne pus pas avoir la_pa.ole, & je crois que ce tut un b.nbeur : mais la rage a Hebcit ôc de k facboa , qui retuia aes commilianfs a Tuuiiot, L confirma dans Fidee que javois eue de la conjuration. Ma faur avoir étc préleir.e à cette icèiie , dans la tnbune aes femmes , & apres , elle y entendit, lans être conrme , le co.mplot L nous envover à l’échafaud fous huit jours, tlle me du en foriant ; Te cônnois ta vertu , mais je crois que ton com^^e t’évare Tu es penfif : es-ta coupable ; par.e ; je te poi- Entrde ; ce fcir on va t’arrêter peut-être ; & , quoicjue je te cdîfo monter a l’echataud fans verler une larme , lortqae tu y pëkr” pour le principe de la liberté^, je ne veux pas que m V aiiks comme un co\upirateur ; laiils-rmus au moins pour héritage , la mémoire d’un homme ,;^ufte & vertueux.^^Je tus fiüi ies no‘es du paquet ne me iuriiloien- pas. v.n aira ëëlriprcs'coup : ma. fout-ii bfoler - œmt^i^e- ment de ureuve du complot de corrup'ion .v de a.-h^ma tion» l’oûr fauver mon pays , ne dors-je ^p.as peur, meme avec oorrobreî Qurmi j'irois au trioan..i rcvotationiiaire , & que les juges me crufont coupable^^, au moins 1 «i y verra le tyaéme de cette corruption , c; ta mort de ^aiu. & de moi lervira encore la iioerce. p-s_ uaL.e . mais il

a réfuté d'entrer dans h ccnlpirauon ; ii a tan dne^aux Din- quiers de n’acheter aucun decret., cV de (e . n.ei pk o^ dépouiller par la nation, que ds donner une oooie a des

fripons Cette idée me iraii.. S il y en, cen qua

j’ai voulu l’avoir pour témoin, ahn quil me repaoena. ma krhe.-é avec fureur, ôc qu a ce ligne, le commm.ure ue la feûion cirràt pou. nous kifit. .'ri-je droit, de k aevouerainfi à l’opprobre de l'écb'iaud , parce que j ?u pus , 1 unne? der' niiri, celui de le de ourr à la motet Non ,d haut mu.er le paquet, quand ma femme tara enderxie. nlle pleuron. L’idée me vient al irs d'aller aux commod ecs. J -attacae le pa- quet avec une ficelle. Si l’on vient me faiiir, ion me pet-

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r.uit fe pana à cenfoier ma femme &c à medirer les moyens de fauver ma pairie de ce complot. Je me reiolus à aller trouver Robefpierre, ôc à lui Faire part de ce que je rnedi- rois. Robefpierre répondit à la confiance qufil rn' avoir tou- jours inlpiréej dr me dit de venir faire part de ce pkn aux membres du comité qui auroient ma confiance j que , s'ils n avoient pas le courage de me donner un iaulr-c* nidui. pour ■fuivre la trarne Sc remonter au-delà de Batz, il m'en fe- roit- donner un par le ccmité de làlut public. J'obéis à cet ordre. Robefpierre me dit ; Sauriez-vous fi Froly eft du com- plot ? Non 5 mais je jais que Benoit a voulu me Fonder fur façon de peiiier fyr Froly Sc celle de mes beaux- frères lui* le conrpre du même liommej Sc que Fur mes réponfes évafivesj il m'en a Fait ^'pluiieurs Fois l'éloge, oui! m'a même demandé de le voir^ ce que j ai refufe. Il m'a demandé à voir le ci-devant baron de Batz : j'ai reFuié^ Fous pïé ^xte qu'il éroit pourfoivi comme complice du defiein d'enlever la ci-devant reine , fur quoi je dois dire eue la ci-

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Te ne fais plus écrire , excepté quelques lettres à ma iiîère. Mais le baron de Barz a un mémoire fur la cli- lapidation des finances pendant rAffembiée confliîuaîite : vous y verrez 8 millions dépenfés fur la iimple fignature de Nec- nep 3 pour oppofer le club de 85? a celui des Jacobins. Alors je me réfoius à le voir j mais Je le prévins que je ne lui répondcis pas de le voir arrêter chez moi. Il vjnt en eilet*, mais ,'Tomme Choudieu & autres patriotes dmoient chez moi, fuot qahis defcendirem , de Barz ôc Benoit partirent par refcalier dércbé de mon cabinet.

Benok èc Delaunai ont voulu fauver Vergniaud, Ducor & Ahguier ; ce dernier , comme compatriote & bon enfant. Ils nfont dit qu’ils facriheroient 500,000 livres pourries fauver i je leur ai toujours dit que Vergniaud é-.oic miau- Table hc même les autres. Mon beau-h'cre lamé leur a dit: Si Ciiabor étoit juge, & qu’il fauvât aucun de' ceux qui ont voulu fauver le tyran , je le chaiferois de chéz moi comme un coni pirateur ou comme un homme foible \ il ne ine feroit plus rien. Il n’en eft pas des confpiratmns comme des autres crimes : ceux qui fervent le parti par bêriie , comme ceux qui. le fervent par corruption , ion: égakmeiit criminels devant la patrie , lorfqu’ils acceptent les. premières places. Ils n’ont plus parlé de rien devant mon beau-frère, & m’ont toujours demandé dans mon cabinet; mais, cette phrafe leur a fait regarder ition beau-frèr® comme un fou , ou un buveur de lang humain.

Jhii vu, dans les différentes converfations' que j’ai eues, avec Benoit , que leur fyfîême étcit d@ corrompre 6c de diffamer, foit qu’on réfiile , foit qu’on fe lailfe corrompre: & cela feul auroit foutenu ma vertu , quand famour da la panne auroit pu s’altérer un infent dans mon cœur ; ce | qui n’aiTiVeia jamais. Il m’a dit: Danton a é«ré des nôtres & | nous a abandonnes & nous le conduirons a la guillotine : ; il en eft de même de Fanis , de Robert , de Lacroix deVüps, fl vous nous quittez. Alors, j’ai’ cFaîndre qu’en; les dévoih-iv:, iis ne m’accufaifent d’avoir reçu' autre.chofe ; ! mais j’ai efpéié que , ne me trouvant des fonds' îiu.lle part,;' leur récriminadcn ne fercit pas rortune : d’ailleurs , j’ai tou-f jours tenu à l’idée de fauver mon pays , mênie en m’ex-' pQfant à la calomnie, J’ai appris de Benoît qu’il avoir été;

envoyé , par Lebrun 8c Brilfor , en Angleterre , baie à quinze jours avant le jugement du tyran. J'ai vu qu'il y avoit ap^ pris l’art de la corruption & de la duplicité la plus audl- cieufe. Il me difoit un jour : Je ne lais pas pourquoi en France on refufe de faire fortune, lorfqu on le peur, en Filant rendre un bon décret j en Angleterre , ils s'en van- tent en plein parlement. J'ai cru voir qu'ils travailloienc d'accord avec Pitt : Ôc voilà peut quoi j'ai vo: é pour le décret contre les Anglais, quoique limplement révolunon- naire dans un feui coté , Ôc contraire à la jufdce fous tous les autres. Mais j'ai vu lur-tont que leur but ed la ddîo- lution de la Convention , ôc tous ceux qui rraraill/nt à la. miner, à la corrompre, ou à diffamer fes membres qui ont rendu quelque fervice à la chofe publique , me paroilfent dans ce complot.

Flédigé , tant chez moi qu’au comité de sûreté générale , le 25 brumaire , depuis une heure jufqu'à 7 du nouveau ilyle , l'an 2 de la P^épublique françaiie. '

- Signé J François Chabot.

Déclaration du citoyen T! afire.

Ce brumaire à 9 heures du marin , je fouiîigné , Claude Bahre ,'. député à la Convention îianonale , déclare au comité d.e sûreté générale que, lorfque la faclion de Brûlot éteit encore en force , mais que cependant le comité de falut public ferrouvoit compofé de montagnards , le citoyen Delau- îiai me dit, dans le jardin des Feuillans , que la Montagne n'avoit ni énergie, ni grandes vues, ôc que c'éioit Feffec de la misère dans iaquelie fe trou voit la plus grande par- tie de fes membres 3 que le feu! moyen de lui imprimer un caraéfère digne d’elle , étoit d'élever tous ceux qui la compofent au deifus du befoin qui rétrécit l'efprit , Ôc qu'au bout du compte, il feroit bien injufee de reprocher aux députés de faire leurs propres affaires ,, en fai faut celles de . la E.épublique ; que c'étoit l'avis de Danton que fi je voulois me trouver à dîner chez lui , nous en raifonnerions enfemble i que je pourrois les fervir, en prenant, fur la for- 'îune de mes collègues, des renfeignemeps que je lui four- ^ ^ iiirois â

1

ly

nlïcÀs, Sc il finit par m’indiquer un jour pour le repas propOié,

Je le quittai , très-ctonné de tout ce^ queje jends d’en- tendre 5 fis 5 en balburiant, une prcmeifie de m y trouver, ^ ne m’y trouvai point.

i.ong-temps après , la révolution du 3 1 mai étant con- fommée , Delaunai me parla d’un projet de mettre les com- pagnies financières , les banquiers , & généralement tovis les agioteurs , à la raifon , de forcep la hauile des affignars , ôc de faire mervedileufement les affaires de la République , en fiiifani celles de beaucoup de patriotes de la Convention naiionale. Il me dit cela fort fommairement , &: Julien de Touloufe 5 avec lequel j’eus une converfarion immédiatement après , entra dans de plus grands détails.

Le plan de Delaunai , qu’il me développa ? confiftoit :

î A procurer à beaucoup de patriotes une foitime con- fiJérabie.

i"". J la réalifer j & , fur ce que je demandai ce que Ton efâtendoit par ce mot , Julien me répondit que cela fignifioir, dans le langage de raiTociation , U convertir en pa.- pïers fur 1 "étranger ^ en livres fierlings & en guinées.

Pour fairti^Jpnune ^ il me dit que l’on comptoit faire bailfer tous les e^ets des compagnies nnancièrcs,&, sur-rout , , de la compagnie des Indes , par des moyens de tadlique fort adroits j profiter de cette baiife éphémère pour en acquérir une très-grande quantité *, s en faire meme donner par les banquiers intéreffés à la con{euvadon des compagnies ; pro- voquer enluite une hauile fubite de leurs effets , par des dé- crets avantageux, amailer, de ce ne manière , des fond^ confidérables. Sur ce que je lui demandai avec quels fonds l’on pourroit commencer cette affaire ôc acquérir des biliefs lors de la baiffe ; il me répondit que ces fonds ne manque- roient point, qu© Delaunai fam'oic bkn les trouver, ôc que même il avoit refufé de le prêter à un arrangement propofé par d’Efpagnac , qui reclamoit quatre millions , êc qui, fl on les lui eût fait obtenir, lesauroit abandaniiés , fans intérêts , pendant un certara temps.

Pour réalifr ldi foraine acquife, ainfi que je viens de le dire, l’on fe faifoit fort d’obliger toutes les compagnies , les banquiers , &c. , à faire tous leurs paiemens les plus pro-

Pièces trouvées dans les papiers de B^oh-f pierre. B

iS

ck^iin? > f.n papiers fur rétranger, en livres ilerlings & eis guinees , pour en inonder Irt place , & profiter de leur avi-

liderneiit^poiir opérer ia ccnveriion^des fonds.

Sur ce que je dennnidai à Jslien(jp>mmenî il penfcic que nous pourrions iervir raiiociation de iiieiiter une partiaux béaenccs , il me répondit que, randis queDelaimai prepa- rcroii des mémoires fur les vices d’orpnifaîion des compa- gnigs pour les effayer fur leur exiftence colleéhve^, les décrédirer dans l’opinioii, raire bailler leurs eüers , ji im- portoit encore , pour les aiTiCner plus infailliblement ôe plus promptenicnî à les fins , dis ns ies conférences ou on leur propoieroic des facriiices , . ne faire peur a cnaciin ad «nmârareurs du comité de sûreré générale > don: lui Julien, (ihabot & moi, nous éuons membres, ôr p]Lion le niena- çQïoiZ de clcTioriciativins p>erio.nr;ci^es j que, ci aiiic0.rs , bot <3c lui étoient , en même temps, membres de h commif- lioii. de ragiorage, ils pourroient rendre de grands iervices à raiibciaîïonj que, quant à moi, boîi ne me demandqit autre choie que de Liiltr faire , de que Delaunai nous i:e- roit fidellerncn: a tous nome part du bénéfice.

Depuis, bon le rappelle que J uliiu dénonça , fans preuves, à la Convenûcn Na'aoiiale , la cempugoie des Indes , pour avoir, dllcu-ii, pDré au ci-devan: roi des iammes ccnin dérables , de minées à la contre-révolution , dénonciaticn qui effraya predigieulemenr la compagnie, ëc qui n avoir pas a autre objet: on ja lit renvoyer à un comité , qui ne put V donner aucirne itiire. ,

' Ceit dans ce temps que Julien, auquel je cemandm s U ^ouvek prouver ce" frit , me dit qu'il néroit pas né- ^eilùire de rien prouver dans cerre altaire^^ que le coup ^^oit por"é j cujI iaiiiiOir que ccui- piO'-iuî:-it ^ .iC ^ défavorable à la cempaguie , de qc elle en coînai. eus-inzn^^s Quelque terreur; que. Delaimai de leu ^ coté, prépaunt un mémoire fouircyunt conne eli‘= , qui n croit pas pour a Convention, m?^is feubment pour _ les ccniérenc s parac?n lières avec les banqunrs qui eu feroicnr ior: cnrate^ tx G edi en avoir un autre beaucoup pli s doux pour rAbcnn blée^ oue les affaires de rslDciation allcient bi^n ; e:ue les gens’ de diiauce tout ce qu on vouicit ; Qa©

les courdera 6c. agens jouoieiu à ineryeiUe ; que ncirc foi;-

T.9

tiMie le faifci" 5 êc que Delaunai ne tarderoit pas à nous Faire ifii piemi r p^-rtage.

^ i3elaLnai , que je voyoïs quelqueiois, ôc quej écoutois tou- jc'uus , poiu: lavoir nous ruenok, me diioit à peu près L choie.

J /en peut fe rappeler que la compagnie des Indes, ainii tfavaiilée , vit les biliets tomber de 4500 à 650 livres. Un peut iurue ce que ces billets lont devenus dans le com- merce, de cakuler iklïet des décrets provoqués , par ks alloties , Fur ces variations lubires. L'on peut réliéchirà la pro- dirieiile émilîion qui eut lieu, à cette epoq e, lur la place , des p. piers lui Fétranger , des livres Ikrlings , des guinees , dcc, , méditer l ur tous ces évènemens, pour voir comment ils te rapponent avec les plans indiqués , de comment tout cela reluire de leurs diFcouis écTTkleurs monons à rAfTemblée.

Je r/<:n dirai pas davrnrare lur le pl.m en général : je n’ai eu la-aLlius que des convc-ilaricns peu (uivies avec De- launai d: Julien de^T-kuloule^^

Je rus, un jour, engagé par Julien à aller diner à la cam- pagne : c’e.oit chez un ci - devant baron de Barz, ancien canrituan: , (e treuvoienc Chabot, une dame Beaufort , J aharpe, k nommé Duroy , banquier , le nommé Benoît eue l’cn me dit ême d’Angers , ami de Delaunai ôc grand {pécnl iU''ur en finances. On ne parla peint d’afîaircs pen- d..n, le ivpas. Eenoir , Delaunai, de Eatz, ibnirent avec Dui'ov, après le dmtr , pour proTiener enfembie dans le jardin. Chabot, Julien cc moi, revînmes aulii - rot à Paris. _

J’érois fort embaiTallé au milieu de tant d’intrigues. Je ne voulois point etre complice de Delaunai k de Julien*, je dedreis cependant fuiv.a leu’S opért.ticns pour les juger, ôc li’xei mc'n epinion tur miis.

. Il ne nféteit pas poilible de les dénoncer : je n’avois pas de preuves luirîiantesj je prevoyois qu’il me ierc-ir rrès-diik- cile d'en avoir. Il m’eût cte impoilibie de combattre leurs epiuions lur les hnanccs à la Convcn.ion naûonale, d'abord, p.trce cpéeu général ces opinions paroiircienr allier l’intérêt gtiiérti à kur intérêt parüculier , ô< enluite , parce qu’ils étoimt trcs-initiLiits en pareille matière , év que je convitns , de bonne loi , que j’y fuis fort ignotanr,

B Z

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Je caiîfai avec eux, de loin en loin , & quand r©cciiîon s en préfenroit, avec un air diftrait & préoccupé , pour ne pas les perdre de vue j êc Julien de Touloufe eit celui qui m'en parloir le plus fréquemment , en homme qui veut bien décidément profiter de cela pour faire fa fortune.

Chabot, auquel >en parlai une fois, me parut’.être beau- coup plus avant q^e moi dans toure cette affuire , de me fit entrevoir le projet qifil avoir formé d'ob:erver & de déjouer i mais cela ne paroiliok pas très-pradcable.

Incertain fur le pafti que je deveis prendre, êe après bien des réflexions, je me déterminai à faire prévenir les ban- quiers qui m'avoient été nommés, que, fi fou voailoit fervir de mon nom pour les effrayer mai à propos , il éroit bon qu'ils fe péiiétrairent bien de fidée que je fuis un hon- nête homme , & que, fi on leur falloir des demandes d'argent pour quelque aft'aire que ce pût être , ils dévoient penfer que de femblabks demandes ne fe font que par des fripons , Ôc qu'il n'efl: pas fur de traiter d'affaire avec de pareilles

Cet avis fut donné au citoyen Sabathier , par une femme que je nommerai quand il le faudra, & au citoyen Duroy, par une autre que je ferai connoitre au befoin.

Duroy, fatigue des perfécutions de Benoît, agent de De- launai , qui lui préfentoit des projets de décrets contradic- toires, en lui difant : « Si vous donnez tant, voilà celui « qui paffera -, fi vous refufez ce que je vous demande , 5^ ce fera celui-là ”, fe leva un jour fort en colère, êc dit qu'il favoit à quoi s'en tenir , Ôc que je lui avois fait pafîer l’avis de ne faire aucun arrangement avec les alfociés. Be- noît s'en plaignit à Delaunai, qui n'eut rien de plu's preffé que de le dire à Julien, dont je reçus des plaintes fort amères, & avec qui je crus devoir alors me tenir fur la négative, pour ne pas perdre les moyens de fuivre cette af- faire.

Les confidences devinrentdès-lors moins fréquentes , moins étendues i on ne m'en parloit plus de la même manière : cependant , Julien m'annonçoit quelquefois que les opérations fe continuoient , que cela n'alioit point malj que le mo- ment du partage n’étoit meme pas éloigné ; ôc , enfin , il me dit un jour que je pouvois compter fur une fomme de

2 î

I oOjOGO liv. pour ma portion , réi ulrante d une confîgnation de 500,000 liv. en fonds fournis par les banquiers, pour OD- tenir quelques modifications aux décrets concernant la com- pagnie des Indes.

Je me rappelle qu^à cette époque il etoit queftion du rhum de Robert, à laquelle Delaunai prenoir quelque inté- rêt -, il ifoarrèra dans la cour du comité de fureté générale,

Sc apres m'en avoir parlé quelques infians, il Je plàigmt a moi de ce que Danton les abandoniioit , ainii que ^ I hur riot , qui s'étoient , difoit-il , évidemment arrangés particuliè- rement avec les banquiers , mais que cela ne l empêcheroic pas de conduire l’afiaire à bien , ôc que je pouvois être tranquille.

Quelque temps apres le 2 juin, lorfqiie Ion ccmmeiiçoit à vouloir divifer les patriotes de la Montagne, Hérault, membre du comité de falut-pubiic , me tira un jour à Té- cart dans la falle des pétitionnaires. Il me demanda fi je conneifibis quelque chofe dans l^-s plates de divifion. J en- trai avec lui en grande converfation for cette matière -, je lui dis tout ce que je viens de coniigner dans cette décla- ration , for les agioteurs de la Convention de for les pro- j pofitions qui m'avoient été faites. Il en a paru forpris, me dit que je favois fort éclairé j quon lui avoir propofé de fe charger de prélenter un projet de décret fur les finances; quil voyoit bien que cela tenoit à des tripotages auüi en- mincis que méprifables , de qu il ne le feroit point. Il m en- gagea à entrer avec lui en cpnFérence avec 1 Huillier du dé- partement de Paris ; mais comme je ne connoifibis point f Huillier allez particuliérerâenr , je m’y refulai. ^

Il y a plus de deux mois, étant à dfiner cnez le citoyen Laligant | Morillon, ou fe trouvoient les citoyens Ginguené, Aumont , | fecrétaire du minillre delà jufiiee. Se Martmière de Gran- j ville, fn déplorant nos funeftes divifions, je m ouvris avec , eux , dans les épanchemens de l’amitié , de toutes ces honteufes i combinailpns ; ils peuvent s’en rappeler. ^ ;

Depuis quelque temps, on me parle d’un dîner chez De-- ' iaunaii qui a pour objet le partage des 500,000 liv.; Ju- lien m’a fouvent engagé à y aller : Delaunai m a donné fon adreffe par écrit , pour m’y rendre ; je m y fois toujours refufé Jqus divers prétextes qui ont pu faire ;gnfer, ealea

Il

rapprocbant du propos tenu à Benoît par Puroy , que |e ne partageois pas les principes des aliocies dont:, au iur- plus , je ne connots pas tous les noms.

Du refte , je n ai fait aucun adfe, qui pur fervir falTo- dation j je ne me rappelle pas a.voir (igné un icui mandat: d’arrêt contre un banquier , pour cet objet.

le fus très- furpris un jour de ce que Julien de Tou- loufe en avoir ligné un lui ieul, en mon abience , contre Je nominé Grenu banquier ^ que l’on ne vouloit qu’eiticqei'.

Sifflé:, BaÏire^ députe de la Côte-d'Or^

François Chabot , d fes collègues membres des comités de- falut public & de sûreté générale.

Citoyens

OLLEGUES

Ce que j’avois prévu n’étoit donc pas une chimère i TOUS m’aves enciiainé >. en donnant une nouvelle uttw-rÀ à nies calomniateurs; car ma détention au lecret peut jiiitthcr, aux yeux d’un grand nombre , toutes h s atrocités qu on pourra imaginer con’-re moi. Eii bien ! je reprends tout mon courage, êc peut être me redonnera-t-il la Cnté que j'ai perdue dans ina prifon. C’eft à préfent que je fins une vertu nouvelle ; je foiiilfe peur avoir voulu laUver la li- berté , ^ je me fens le courage de moürîr pour elle. Je lailferai à votre juflice à venger ma mémoire , puifque vous avez cru devoir jeter un nuage fur nia réputation , pour dé- jouer uii complot atrreux qui fe tramoit contre lu repré- (emation nationale.

La leéfure de ta grande coter î du Père Duchine conme le froca-rd Chabot j &c. , jette un grand jour fur les premiers renfeignemens que j’avois eus de fes liailons médiates ou immédiates avec Delaunai & les autres chefs de la conju- il fq centre Banre 6c contre med , feuh

clénonciatéurs du compl

2.5

Mrs au Il F«’" di-'penfsr ds

dire un mat de Julien de Toulouie , niais en nippe.am ou'il a été un kns-culotte , ce que ne c-.ra pq? au... , ni lus conaitoYens les ians-cubttes _ae . &u.oiue , Æa.s li di: vas un mut de DcLiunai , ion anu , cm ! appem.t_ --i- pâ~ùnc: à U diipo'Itio--, .ic> cependant, u aait vous être démontre f,u- c’erc.ir le civtf aes deux parus. ^

J'ai bnu me dïmsnlcr pourcuc! vous nous a>ez rciuie de compléter k v-'îuvf de cette double conîuîatmn ; pout- q-mi vo'ts kearaèrez ks dénonciateurs avec les coupabks; imurqu.ti nous femmes iaerihes à toute a

de la imrrie, q’às nous avous voiiiu voàb taïue , amés les ivcir fait jaler , devant des tomcnis , lur mures l^s bmnehes de la conjut.rion, fd lur tous les compn.cs, -quoi vous nous laifloz encore au iecrec ptmrquoi vous nois avîz dcfeies comme dénonciateurs, lorque la con- juta-ion ne vous étoi: pas afmz connue pour en faire un rat'nort ccnclcan; ; mais lu’-s sur 'que ' om voui-.z l-'‘ban-;v, & le fublime -apport de tiiic-ud - Varefns imu- rou pour m'en c '.nvai.mte. Je me réjo-sis de ce-crogr^s des rrincipes que j'avois laiprumcr au ît.ois de jiun er nifi , & o"ue j’avois pioteil-éb à Li iüi au mois daou: 179^- T’elà^ère aae cette de £ouverneiTicnt iauvera la Kepu-

des naicns Qui c..utu: tucoient 3 le montrer, c. qui auroien: fini par b perdre. Aiorr, b meurs content ^ ma^ , de , iVuven ma rnemoit-e qui en le .cal utn ^ui

denandè par une mèm & une tmur auxqueilts vG-s d-c-î-'-enez toutes les couronnes àe i\ eu du

civiime, fi vous les conn ufiiez. Ne ioudrez^pas ae

fiches rarriihns des calomnies anphiics ccmre les reptfAcn- rans peuple firauçais me falNiit nafier î;our ^lom- ce un coifipirareur , brique i ai youiu repcuuti. calomnies répandais conqe nous , & dejfîuer la pyus a.- f-e ib conbirafion du cabNtt bntannmue centre .a nne^.c. Me:-z-noûs à même de no- d.firdre par i-vaic-v-ia . ê: cri nous donnmi; Li l.berré nccelUire pour iV-ivre k tt'.cc d’j complot- dont nous ne vous ?vons donne OU' ks ccrnmancvmcns des preuves. .h.saijiinsz notre con- d'iim, rien de plus iufte; r.r.n marivM, tur^rout, dont les* coii'Ura'.etus f.tteiiîciciit ma tendance a k coirupuon, ou

a +

24

un moyen plus sûr de me diffamer. Bafîre êc moi fommcs forts de notre confcience j nous iommes encore plus (ans- culottes que M. Héberc qui nous perfécure. Nous coinioif- lons votre jaftice ^ ôc nous efpércns que vous ne nous pu- nirez pas des mauvais edets d'une précipitation que nous avions redoutée , ni de notre dévouement à la fakire caufe que nous avons toujours défendue. Qu on inrerroge tous les agens de la corruption, qaelqu'intéreires quils foient à perdre leurs dénonciateurs , nous fommes surs de les con- fondre , pourvu que vous nous donniez la liberté nécelfaire pour les pourfuivre. Faites-nous garder à vue 5 nous femmes trop intérelfés dans cette affaire pour fuir , comme Julien , la lumière. Nous demandons même qu'elle fe fafle fur tous les points de notre vie politique , & nous défions l’ univers d'y trouver une tache réelle ; nous n'avens jufqu'ici fait le bien que pour l'amour de notre patrie ôc le defir d'une réputa- tion intacte. La mort 5 vous le favez 5 ne nous a jamais ef- frayes. Ne croyez donc pas que nous ayons recours à une fuin^ qui couvriroit nos noms d'un opprobre pour lequel nous ne fommes pas faits.

Signé ^ Françcjs ChaeoTc

No. I I L

Du. fecret du Luxembourg, le 4 frimaire, an II, Robespierre,

J'adreife au comité de falut public le journal du père Frciitne 5 avec quelques obfervadons. Toi qui chéris les panlores, daigne te fouvenir que tu m'as compté dans leur i.fe; qu';: j'ai toujours marché derrière toi dans le chemin d- la^ vertu & de l'aiatiour de l'humanité ^ ne m'abandonne pas à fl fureur mes ennemis qui font les riens , n’en doute pas. N'oüblie pas fur-tout que je fuis malade , au fecret , pour avoir ponéluellement exécuté tes ordres.

^Signé ^ François Chabot*

*5

No. I y.

Da fecret du Luxembourg , le 4 friaiaire, aa IL Chabot i au comité de faiut 'public.

Citoyens mes Collègues , '

Je m’henore fans doure de foiiffrir pour la liberté , oar je crois que mon arreftaûon peur lui être utile ; rn?.is pa- roitre coupable de conrpiradon contre elle ^ lorlque j’ai voulu en dejouer une des flus dangcreuleSa c’eil ce que mon ame n'eil pas capable de iupporrer ians inquiétude. V üus m’avez mis , avec Babre ^ dans l’impoiTibilité de dé- montrer notre innocence , au moins prélumée par notre démarche généreuie : vous nous avez mis dans l’impodibi- lité cruelle de parer aux coups que nos ennemis vont nous porter, <5: vous nous avez multiplié ces ennemis, leurrage contre nous date du refus que nous avons fait de mettre en liberté les fédéraliftes de Touloufe-, les femmes révolu- tionnaires nous ont annoncé quelles nous pouriuivroienr jufiju’à l’échafaud, li nous ne les renvoyions à leur pcâe à Touloule , de nous fommss déjà au lecret par leurs cou- pables manœuvres. Hébert, Varlet, Jacques R.oüx, Leclerc d Ofe , font leurs inftigateurs ou leurs échos. Nous laii- ferez-vous plus long-temps à la merci de c^s ennemis qui font ceux de la patrie ? Je vous en conjure , au nom de riiu- manité ^ de la liberté que nous avons fervies que nous pouvons fervir encore , ne nous laillez pas pourrir dans un cachot qui n’eft: tait que pour les conlpirareurs que nous vous avons dénoncés. Epluchez notre conduite , rien de plus juffe j mais ne nous condamnez pas fur le témoignage des prêtres auxquels j’ai refulé de lailier louiller mon ma- riage, des femmes que j’ai dénoncées comme contre-révo- lutionnaires, de de leurs proreéteurs que j’ai démafqués.

Signé J François Chabot.

V.

Du fecret tia Luxembourg, îe_5 frimaire, Tan IL

Franco' s Chabot à fes collègues membres des com'itcs de Jaiut public & de fùreté générale de la Convention^

' Citoyens mes Collègues,

Dans îa dénonciation que vous ai faite, il y a- des articles aifés à prouver, tel que celui de la corruption, puifque je voas ' ai remis îoo mille livres qui y étoient deftinecs, 8c que )c \odS

offfois de vous en faire faiiif cinq fois autant eri eiFets de pagnie des Indes, qui doivent avoir cto trouves chez Benoïc , à laifon de 700 livres chaque adtion , fi je ne me trompe j car , rcmfanî ma portion, & voulant faire faifr le tout, je navois nul intérêt' à compter le nombre des addons ni la valeur pouj laquelle oïî les âvoit prifes. Je crois feulement me fouvenir qu li y avoit des transferts de treize adions , figues par un financier, dont le nom l'If îT!£ reviendroit, fi on me le uommoit j le rapport feul de Ddaunii

fufîiroit encore pour compléter c®Ue preuve, ainfi que les ne- gocialions dont je fus chargé auprès de Fabre, qui me rendra tans '' doute la jufâce de dire que je n e fuis corduit dans cette aîrairc

■'V avec la loyauté d^un ami de la patrie 6^ des principes, puifque je ai dit d’y faire toutes les correciions convenables, ü fera F pNOLît-étre 3îfé de prouver les liaitous de la femme d Lieoeit cv

la maîtrelTe de Delamiai, Sc noire collcpue ForePeier peut unnoigmrr dans cet arlicle j car c’efe lui qui m’a dit quelles avoient dîne enfemble, & Delaunai m’a dit foisivcni: que ^la jemme d Ilebert ' aîîoît déjeuner fouv’ciit avec la demoifelk Delcoing , ainii que

David. rr t

' Or les intrigues de la Defeoing font allez coanucs ; mais ta

corruption d’Hcbcrt n’efl' pas fi aifée à prouver, quoique Delaunai Zc Benoît irdaient fou vent parlé de fa corraplibdilé en toutes kltres. Mais le plan de diilolulion de la Convention ne iera pas ailp à prouver contrç Jkdoit & de Batzj car ils pourront touiours me ■: dire qu’ils ne nden ont parlé que comme une de leurs crauUes ,

& Dar amitié pour moi,, pour me faine prendre le parti cl em- po/te^r la fortune de ma femme , *ia pertion de leurs fnpmncr^es. f Mais ce ou ils m’ont dit de Danton , de Fabrs , de Lavicre ,

’f' d’Hérault-Sécîielles, de Parfis, de Bil!.uiÀ-\' arenne,_ d un ami de

Kobefpierre , par lequel ils prétendoient lui avoii: ^ait parvenu un

2*^

p”l^n de Hrî-^rce qu^’il corrin'cnçci£ à concevoir , de Cambon & autres, de V^oalarid & du ccniiié de fureté générale; Icut cela, iL pourront le nier, parce que vovs ne n-d2ve7 pas donné le temps de le leur faire répéter devant terr.oiîis : je crois donc , quand vous aurez pris toutes les iniorîTiaiions RéceiTaties , qu il feroit bon que nous coir''eraii'0'is en-cioble, pour ne preienter que les objets dont vous auriez acquis les preuves, fauf a me laiiTcr cncoie en élat ddarredation lufqu'a ce q^ie le complet fut ent'ère- ment dévoi'é. J’ai déjà faic le facrilice de ma liberté & de ma vie p'^ur aifurer la liberié de 'ma catrie : je vous prie cependant de i;e pas ouL’ier eue c'eioit far.s confuiter Eafire que j’avois demandé ü *d* pîa''ia;jeat avec r-'us, afr? de le rendre témoin dans CiUe aiidire, & q'’e leur re/iiiarice irda deiyontre qudls avoient tr-*uvé I af re incorruptible ; que je re lui en ai parié que le f;irîendemain de ma preniicre denonciruion , c'eiî- à-dire , le brumxâTe ^ q’^ainrs ii ni a dit avoir été tenté par Delaunai & Jul’en, e; qv-e je bai à vous en faire U “déclaration. Il

feroie cruel de perpétuer Ion état d'arrcfiation au fecret , parce que j’auiois compte fur fa probité Sc fen dévouement a la caufe du peuple.

O-’ant à Dufou ni . ’l ma^pe fouver>t avec la femme d’nn émigré qi-ii cft a Londres, chez un certain Sambat, peintre, rueTaiîbout, îi'. 3^. Ce fait fera aife à prouver, à: cette femme a clé dénoncée aux Jucooias par Col!ot-d H.erboi5. Il s’y rend aaliî un li he Ber- nois, ariflocralc , d’ap.''és T ivcii n-éme de Sarr.Lat ,’ ancien lecrétaire de J'lirabcau, en PrulTe ôc cnHodin ve, &: par confequent fafpeét cldnirigues , «S: du même genre eue celles de la baronne db-vîdcrs. Je dedare , au furplus , n avoir aucune C'^rrerpondanGe avec ceux qui oeuvent être d'ailleurs dans re ccmolot.

benoît m'a dit deux fois, je ne nie trempe r Pirr a la

CQ-it e-i ivolutïxn par la rrorau & la nio i':i aiion.

Il a vu ijua cela ne réufhfjcit ras: eh bien ! il Va faite par Vz moyeu contraire. Obfcrvez q-u'ii m'en a parlé avant l'anaire des prêtres cond'tiitionr.els ; il m’a Lit le plus pompeux é’oge de Sfînonville ; il auroit voulu que je vilTc fa femme, ce que j’ii toujours refjfJs , <5c lorfque je lui ai dit que mon beau-frere connoilToit Condantinople , il m’a recommande de ne pas lui parler de Semonvil’e.

Voii?. , c’tovcns mes collègues, des objets que j’ai cru devoir vous mettre fous les yeux. Je fouiirc , mais ce n’cft que p*ür ma Patrie le pour la plus vertueufe des mères , le modelé des epoufes & des rctDycr.ncs, pour laquelle je r.’aurois aucune folli- c:-jde , h ma faur éloi: auprès d’cllc , ou ii elle avoit moins de fo ans.

S'-gaé, FnAttçois Chabot.

Au fecret du Luxembourg, le tridi zd frimaire , Tan E.obespierre>

Ton énergie a fauvé cncare une fois la République , c’efl ia feule coniolaiion que j’ai eue dans ma pnton : mais on a été bien long à me faire palfer tes difeours à la Conven- tion & aux Jacobins j il n’y a que huit jours que je les ai reçus. Le journal du fpir de Feuillant , étoir , jufques , ma ieiiie ledbiire, & je f avoue qull a produit fouvent dans mon aine les plus cruels déchiremens. Je vous éci Lois . les premiers jours , colledlivement ôc individuellement, i ans re- - cevoir de votre part aucun mot de conlolation, lonque je iouffrois pour la liberté. J’ai pris alors le parti de faire dire à nvi IcGüi de vous voir. Je lui ai écrit une partie de mes peines ^ j’ai appris que tu en étois j’ai cefTé de lui

écrire : mais pourquoi me fiis-tu un crime de iif accrocher à ce que j’ai de plus cher , loiique je ctoyoïs être aban- donné de tous mes amis ^ lorfque je me voyois ^ccnfondii avec les vils fcélérats que j’avois démafepués j loriquau dire des coiifpirateurs , le rapport de notre affaire étoit entre les mains de mon plus cruel ennemi > lorfque. €e que je voyok dans le journal du foir dévoie plutôt m’alarmer lui* le fort de ia patrie &c fur le mien, que porter quelque confolarion dans mon ame ? Le premier jour de notre arreftation, De- iauj^ai m’envoya des fruits & me lit offrir des liqueurs *> je réfutai, parce que je n’aime pas les préfens des traîtres. Le iurlendemain, il me fait demander que lignifie ma dénoncia- tion & les 100,000 livres aue j’ai remiles. Je lui fais re- pondre que je n’ai rien à lui dire. Cependant , on portoic tous les jours à Delaunai de prétendus billets^ de compte de traiteur, de limonadier, d’apothicaire Sc d autres four- nilFeurs , &c j’ai appris alors que la dcmoifelle Defeoings n’étoit pas arrêtée, Sc hier encore on lui a envoyé des billets lembiables , & j’ai appris qu outre l écriture appa- rente , il y avoir une écriture quineparoilîbit, qu avec quelque préparation > au feu ôc les adminiftrateurs de police m ont;

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dit que de Barz & Benoît d’Angers n’étolenî pas arrêtés , ôc je connois leur aftuce Sc leur {célerateilé , & c’eft toi - jours la demoifélle Dekoings qui lui écrit Sc lorique Vou- land annonça quon avoic voudu le corrompre pour 'é,ooo liv., Delaunai me dit: Si j’érois à la place de cerretiille» ailur.e de pénr fur l’échafaud > je dirois que j’avois au reçois ^onné une pareille fomme à Vouiand , & q a il m’a deiioncée au- jourd’hui , parce que je n’ai pas voulu lui donner lo^ooo li'^u qu’il me demandoir. J’ai die ce fait à Vouland, cc je fuis bien fâché de ne l’avoir pas mis dans ma déclaratioii , mais Vouland ne le niera pas, & Jagot ik Moy(e Bayle croient préfens, je crois, quand je le lui dis. En coniéquence , je demandai qu’avant de rien entreprendre , on iiiterrogeâ; Delaunai, en faifant femblanc de vouloir me pounuivrcq qu’on lui demandât s’il lavoir c-ombien j’avois reçu dans cette affaire afin de faire Gonidater q^u'il éteie à fa connoif- Tance que je n’avois reçu que ico,cco divres, parce que je le favois capable de me calomnier pour une plus fone fomme, quand il me connoîtroit pour Ion dénonciateur. Je ne pouvois pas mieux faire que de m’offrir pour me faire arrêter avec eux j j’étois fur alors de compléter la preuve de mon innocence âc de leur fcélérateflè : vous en avez jugé autrement. Je ne murmure pas de ma longue déten- tion j mais les gens de la mailon du L^xeinbourg cnr re- marqué hier que les commiffaires paroilîoient plus amis de Delaunai que de Baiire Sc de moi. Ils ont vu Delaunai pendant deux heures Sc demie , Sc ont refufé de nous voir. Delaunai, après cette entrevue, avoit l’air plus farisfait qu’à l’ordinaire, Sc il dit que les commiffaires reviendroient. Au- jourd’hui , qu’il n’ avoit pas fini Tes déclarations , Sc qu’il €11 avoit peur deux jours j’ai lu , dans le maintien du con- cierge, que Delaunai nous dénonçoic à fon tour. Je favois prévu i c’eft à la preuve que je fattends. Si je m’étois lié avec lui avant mon mariage , je m’attendrois qu’il diroit : Nous lui avons donné 100,000 écus , il a donné 200,000 liv. à fa femme , Sc a porté le relie au comité. J’aurois beau dire : je ne fuis pas affez bête d’acheter une femme , lorfque j’en ai mille à mon fervice , gratis. Les calomnies des agens de la faélion ont fait affez de progrès pour égarer le peuple égard, Lorfque j’ai vu Danton au moment de fuc-

comber aux Jacobins, s’il ibavoit été fbutenu par ton brns refpeiâe, je dois m’attenclie à tout. Heureuléruent , TaiKiiie de la compagnie des Indes a commencé aptes, mon mariage , & je défie tout runivers de prouver que j’aie autre choie que le bien de nia ieniine, que je ^n’ai pas même touché, par refpect pour les décrets même inipendus, & toutes leurs autres VçécLilarions ont échoué. Mais il efr confant que toutes mes liaifciis avec Dt launai daxmt de la > & que je , les ai traverfés dans toutes les opérations. Tu ièris que la fuite de JiiTien nous' efl rrès-préjudiciable , parce qu’il au- l'oit reélifé les calomniés des autres ^ & (uuiOiit de Delau- nai; mais tu dois fentir aaili quil importe à Fitc & à route fa clique de perdre ceux qui ont déjoué lOii dernier coin- pîot , qu’ils ne manqueront pas de. bâtir tin corps de délit courre noos, & d’acheter même de faux témoins pour nous perdre , au mohis dans ropinion, s'ils' ne le peuvent autreinenr^Xes femmes révolutionnaires , les réberîifes ,_les piîtiües, les ariftocrates , les fédérahiles, les royal i (tes , ionc nos ennemis naturels , & notre dernière dénonciaüori a du redoubler leur rage centre nous. Nous abandonneras-tn à tous ces ennemis? Non, tu aimes trop la patrie de tu lais combien ii importe de défendre ceux qui l’ont iervie avec quelque courage. Mais donne-moi un mot de confolruicn, je î"en prie, l.e iydiême de Delaunai ePî, comme 'des pre- rnieis agens ''de cette fadion , de caloiTinier ceux 'qu’on n’a pu corrompre: juge s’ils feront fidèles à ce principe, iori- que nous avonsi dénoncé la corruption. nous abandonne pas aux prévenrions des commiilaires , s’il vrai que les réponbs d’un confpirateur aient pu itiir en donner contre les^ dénonciateurs. Nous demancicais à ême entenrias & con- frontés , tïteme avec Delamiai, üir tous les griefs qu’il peut nous avoir coîés. I.crlqii’on lui accorde cette^ grâce, on ne riiiuoit nous la refulér. Ce u’efl: pas que la mort ait rien d’eftrayanr pour nous, mais nom ne^voalons pas ^ que nos CuTiilles aient' à rougir de netre mémeire , au moment même ou nous nous lammes dévouas pour iauver la liberm. ^

Signé J, François Chaîsot.

P. S, J’avois demandé à voir les comminaires, pour îeur £4re* obierver qu’une certaine demoifeile RQuficau , riche

âe joojooc liv. , fille d un ancien intendant de la rnaifoiÉ de Penrhièvre, avec laquelle Delaiinai dévoie fe marier, poiirroit donner quelques renfeisnem? ns fur la confpirarion.

Je les avois deiiiandés pour faire expliquer Dclaimai fur la fuite de Boid , taniot d m'a dit, avec Benoit, quJis aveient confeillé de ie remejire enprifon, d après le décret des éi rangers j tan dt, qifils lui avoB-nr conieillé de fuir j tantôt , qtf il étoic perd avec une inlîlion du gouverneinenr, pour aller réaliler 87 iTiiilions de papier que la nation per- doiti tantôt, qudl éîoit pard iur 011 corlaire -.de, &c. J'au’- rois voulu que l'on le fii expliquer clairement iur cet objet.

Quant à med, voici ma réponie à toutes les calomnies qu i;s’ po UToient faire contre moi.

A faBaire des banquiers, j'ai dénoncé que l'on voulok me donner 200^000 li;/. que favois rtiulées. Quelqu'un vint me demander ce que les banquiers deviendroient , & ciFrir de faire des facrifices. Je lui répondis qudl ne falloir en faire qu'à la patrie , ëz que les hommes vertueux ne vendoient pas leurs opinions j qu on îfacbetoir que les fripons, qui- pérircienr rot eu tard. Tu as été témoin de mon averfioa pour les Anglais, à la difeuifion iur les étrangers. Ainfi, je combartois le iyfréme de la faction : donc je n'ai pas été payé avant moji mariage , ni pendant mon mariage. L'aîfiire de la compagnie des Indes efi: venue ^poUérieuremenr ; j'ai porté ce qu'on m'avoi-: remis pottr cet objet, dc’cifert de Tire iaifir ce qu'on m’oBroit de plus', j'ai réfuté quatre mil- hons du miniilre d'F.irrgne : donc je fuis incerrompu. On ne m'arcuieia pas d'avoir calomnié les patriotes : donc U ne luis eu aucvnm n^anière de la laAion.

Quant à mon rnaria-;e, qui eid le grand champ de baraihe dej-oes cahanni^murs , je rdai reçu que -ce qui m’éroit né- ceiiaire pour l:s rrais de la noce, car je n’a vois pas le ion; dnmmdca le à f'ütefder & à Camiboulas , qui' n'eft cfrtaA limveîu pas mon ami. fi mes beaux-frères rn'y font quelque av-antage, en cas de mort de ma femime tans enfms , & que ces a'tanmges efirJtiuenr, j'y renonce*) mais je decLvre que fe n'ciurcis pas e é allez ihu pour placer fur une étrangers de l'argent, fi jè:n avois eu. Je fuis pur, je te le jure pac Li iibvr.e.

François Chabot.

No. VIT.

Du Dcret du Lu?;cnibourg, le I4 rnmah'e , an II.

R C E £ S P I E r>. E 3

Voilà dix leures <&r demie d’inrerregatoire de Delaunai , car ru feus bien que je compte les minutes , & Delaimai n'a pas fiai i 1 1 Je ne doute pas que les irutaidioriS cuii a reçues du dehors , comme je te liai niarqué. hier 3 ne lui aient reccmiTîàndé de trajiier 1 arîaire en longueur 3 de ciiarg*,! fes denonciareiirs , afin d'obliger les comités à recommencer rinllruction 3 ôc de venger ihit de 1 audace révoiiinonnaire de ceux qui ont déjoué juiquici tous ses complots. On pauie d une autre iniurredion , du renouydlement des corniœs qui peuvent conduire le vaifieau de l’Etat au port: je n in- culpe pas ks membres qui ont fait ceae dennère ruoûon , au moins imprudente; pe iais combien les aeptiLOS lOüt obfedés par des projeteurs habiles dans l’art de tromper ; mais je vois , clans la longueur de norre^rapport , un moyen de réaiiier le plan des conlpirateurs. xiébert gagne tous les iours aux Jacobins , lors même qu h a la laclieté ae poui- iiiivre deux malheureux > vicfimes , li l’on veut , de quei;^cs erreurs, mais non d’aucune lâcheté ni cl aucune tramlon. Il fiiuc être bien vil pour s’appeiantir (m un ennemi qui ne peut pas le défendre , parce que le fiaiut de la patrie a

commandé de lui lier les mains. ,

On m’a intercepté les communicatiens avec tout ce que) ai de plus cher après la patrie, une mère vertueule de qua- tre-vingts ans palfés, une fœur inappréciable, & une jeune f^mmede feize ans ; je n en murmure pas : que la patrie ioit Ouvée, & je fuis content. Ton énergie aux jaconms me f©ub.p:e' de roirces mes peines ; êc quand je vois^ exemre de la foaéré ceux que j’avois toujours fotipçonnes , s’étalenthés avec nos ennemis & les ennemis de toute mvinite, leul baume dans l’opprefrion de l’homme jude, j adore la providence qui veiile fur le^ defeinées ae_ la République. C«pe»danr, je ne te cache pas aies uiquietuaes tui les

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apportés au rapport de Botre affaire . q«i me .patoit . ckir. aujourd’hui , d’après taui ce que je lis. Je te conjuie dw pas laiffer fommeiller ceux qui font charges. Je tembiaffe

Signé y François Chabot.

.1. V***.-^**-

biea fraternellement.

No. V I I I.

Au fecret du Luxembourg , le fextidi i5 frimaire , l’aU IL Robespierre,

. Ce{l d'apres ton confeil que je crus devait tairè quelques faits dam ma dccLaration , qui , cependant , ferviroimt aujour- d’hiâ à mettre les deux comités en garde contre les manceuvics

de lu f action. . . r-r- i

En voici un, en particulier, qui eft bien eJemiei,

De Barz fut dénoncé pour avoir oiiert un ^million a ceux qui enlêveroient Marie- Antoinette. H trouva xes moyens de faire arrêter fes dénonciateurs , & de refter libre lùt- niêœe , en difant que c’étoient eux-memes qui etoient venus lui propofet cet enlèvement, moyennant un miliion ,‘^qii U avoir refufé. Ce ne/î pas tout : la police laiice , cependant, à la fin, un mandat d’arrêt contre lui; il trouve le moyen de s’v fouftraire , & de vivre cependant dans Laris avee Benoît , Deliunai , Lhuillier , procüteur-géneral Jyndic , & autres. Pendant cet incognito , il député , yitiplquier 8c vers moi , une certaine femme Janfon , qui , pluliems fois , avoir tenté de me féduire pour d’antres objets ; ils engagent Alquier à dire oue de Batz lui avoir dénoncé ce complot! la femme Janfon vouloir que je diffe qu Alquier me lavoir dit; je lui répondis : Je n’ai pas fait de mentonge_, meme en religion; j’ai été dévot quand j ai cru, & jamais hypo- crite quand mes yeux fe font ouverts ;Je ne cmumencerai pas à trente- fix ans par un menfonge h atroce. Cependant, on engage Alquier à m’en parler. Je lui fis fenfir quil m compromettoit; que, fi de Batz.iui avoir dénoncé ce fait, ce que je ne ccoyois pas , il étoit complice de l avoir laifle ignorer au comité , & que , dans le cas contraire , C etoit Pièces trouvées d 'ans les papiers de Robejpicrre.

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una infamie de fa part. Je crains qu’ils fi’ aient fait émigrè^^^ Alquier comme ils vouloient me faire émigrer moi^mêmei Mais 5 fl Âiquier eft cité > il ne niera pas ce fait , non plus que la femme JanfoUa en fuite (ans doute avec eux > mai- heureufement pour moi.

Je t’ai dit que , lorique Voiiknd dénonça 65000 liv, avec leiquelles on vouloir le corrompre , Delaunai me dit : « A la » place de cette femme. , alluré de périiS je dirois au tri~

bunal ou à la Convention : }' avais déjà ohtinu de Voil- 55 land un femblable fervice ^ pour 6,000 Itv. j aujourd'hui il

3^ m^en d.ma. doit lOjOoo ; & ^ parce que je n ai pu ou

voulu lui donner que 6^000 liv, ^ il me dénonce & rn en-

>> voie à C échafaud J'ai dit ce fait à Voujand, avant de

faire ma déclaration; je crois que Jagor etoit préfent : mais , toujours fidèle à ces levons j je n ai pas voulu h mettre ' dans ma déclaration écrits. J'ai bien d’autres faits que je crains autant de dire que de taire : fi je les rais , je m’bte un vigoureux moyen de déftnfe contre les calomnies &c les faux témoignages que ma qualité dénonciateur appelle contre moi de leur part ; il je les dis , je fers une partie de la confpiration , qui eft de diffamer ceux qu’ils n’ont pu corrompre. Je vais cependant en dépofer un dans ton fein : Delaunai m* avoir dit t{\iJmar étoit de fon bord , & mon ennemi juré ; je favois qu’Amar étoit au-deffus de la cor- ruption, que fon caraétère dur devoir le rendre peu maniable à la faétion ; cependant, lorique je pariai de ma déclaration à Jagot , Vouland & Moyfe Bayle , ils parurent defirer qu’Amar ne fût pas du fecrer. Je voulus qu’il en fût, parce que je crois à fon incorriipdon , quoique je cmffe à fon égarerneiit fur mon compte ^ fur l’état des chofes , & je favoue que fa qualité de mon ennemi perfonnel influa fur mes deilrs dans cette circonftance. Je f en dirai autant de toi- même; car la fadion ne ceffoit de me dire que tu" m’avois voué une haine mortelle , pour t’avoir demandé qu’on fit payer , chez Boid , lêsAettres acceptées. Je con-' noiffois ton inçorrupîibilité , même par les aveux de k fac- tion. C’eft donc à toi qup m’ouvris ; tu avois feu! ma confiance. Eh bien ! Delaunai a dit au concierge que, fi je i’avois dénoncé, il fauroit m’en faire repentir; que le rap- purteur étoit fon ami &: mon ennemi ; qu’il albit me dé-

noncei'^ à fon tour> paur ayair reçu de I argent des ban- qükrs en ip-éciiladon oppoiiee à la iienne ^ po.ur avoir reeii de -ia riakion ' plus de 1 00,000 liv.^ o. c^ue mon 'inariage Jui donnoit delà marge. Je rai écrit, qiui etoit pins joyeux qaà i ordinaire; que j'avois découvert (es rekîions .avec k femme Dcicoings, qui lui marquer, , meme de ia prilon, k marche cytiii devoic tenir; iiier encore n dit au concierge « « Je tiens Chabot : ‘Amaq m'a '^mrmee quhl etoii g'nève- ;uipé dans le procés' de la Dubarry, .éc puis je capi’^iî'i^ ma dé'-laraaon »n Je te a 4âi l&s iacre pour un homme ; i,: ni diredrement , ni indi- fes agens ^ & je fuis étonné qu on

Aon voii"

’> ment inc’

fai habillé de pied déclare 5 par ce qu il libre 5 que je n ai jamais cqîiufa redement, la D,ubarry ni r ^ .

les air fait mourir (ans me les conhronier , loriq loir tirer de leurs déclarations calomnieuies des moyens ju- ridiques de nhaifailiner. Je te déclare que je n ai jamais eu des liaifons avec les banquiers ; que , fi j’ai mangé avec quelqu’un d’entre eux dans les niai Tons Camille jJef- moulins m’a introduit malgré moi le plus fouverit, je n’ai jamais parlé finances avec eux; que, iî^ j en ai parié chez Simon , j’ignorois qu’il i ut banquier , iorique jeu ah parié ; que , lorfqiie quelqu’un m’a parle de ma rortune, j ai tou- jours répondu que i’érois content de la nuenne , ex qu 011 n ackeroir que les fripons ; que , fi jkvois voulu me vendre, il y a ioiiguemp.^ que je lerois riche , &cc. ôcc. Que l on me conh'onre avec tous ceux qui difent m’avoir remis ou tait remettre quelque iomme acare que les trois depots remis par Benoît à Delà mai , ioriaant la iomme rotale de 100,000 liv. , je me tais tort de les coiiiondre. Il n en eif pas moins vrai que les couiités ni ont oic plaiieurs moyens .de prouver mon nmocence. Si Julien de Toiilouie étoit pris, je ierois lur du inompks mn* les contradictions né- ceifairesde fes dires avec ceux de. Idciaunai cC le ; deux'princi- paux agens de la couihirafiom Si Ton m’avoit donné v.mgt quatre heures, comme le .les deniandis, i'auroïs iriit jale la fatdion devant des témoins , de j aurois établi que je n a vois reçu que 100,000 iiv. pour Fàbte, ÔC retufé 50,00: écus pour moi. ravois d ailleurs demandé qu’on iiuerrogeâ Deiaunai lur mon compte., avrmtde me p(nver .ion doiiou dateur, quoique, je firilé qu’en failok courir le bruit

i . ...

iomniei^ que j avois donné 100,000 ilv. à ma femme , tant ) étois iur de ma puteté & de la force de la vérité fur les .cc^ars mtme les plus pervers. Je fais que Ion dirige une imtru^aon contre moi , pour diminuer fincérêt de la grande aftaire, en calomniant celui qui fa le premier dénoncée.

. il ne i-auî pas acculer le concierge de mfaf oir dit la moindre choie a cer egard ^ mais il faut quil foit interrogé fur ce que IJelaunai lui a dit ; je le tiens d’une perfonne fiire à I qui n a oekndu de m’eii donner le moindre avis, Ouant aux remuons de Delamiai avec la femme Defcoings, voici t CGinme je lai lu: on vinr me porter un prétendu compte de rourmiieur pour Deiaunài, me .prenant pour lui. J’érois , auprès de mon feuj je lus ce compte, & je vis, outre

iêcritiire, un autre caradlère lifible, en approchant du feu

Je Eh bien! je Jus aifez ftupide pour ne-pas finir de

Je lire, & pour 1 envoyer à fa deftinatioii ; & j'ai fu qu’il lui arrivoit iouyent d,e pareils billets de prétendus comptes..

J Imbeipierre , l.‘elaunai s’eil: vanté de me conduire à fecha- îaud avec lui ■, m y lailTèras •- tu monter pour avoir voulu dé- jouer le pins infernal des complots, & pour avoir m d/a- prcs tes obfeivarions , une foule de faits qui pouvoienr af- lurer le ^triomphe de mon innocence, & parce que les co- Jiiités monî réfuté les moyens de compléter la preuve de ce^e innocence ? Pvloiirir ne m eft rien : je fais que j’ai con- mbaé, par ma dénoîickaon , à faiiver la liberté; ôc la mort bien giorieufe , quand oii y va par cette route i ftiaiî la mort des confpirateurs !! pour le plus courageux en- nemi des confpiradons i ! ! Cette penfée me defsèche & je luis étonné de vivre , depuis que les propos & la ^aieté jius qu extraordinaire de Delaunai me l'ont fait concevoir,.

' Eorfque je d épol ois contre leï Brilfotins, Vergniaud me dît que mon tour n étoit pas loin, & la faétion aue j’ai dé- noncée étoit liée avec ce confpirateur & vouloir le fauver "'.

eft-ce donc pas allez de me faire coucher dans le lit de tiik-ry , doiit l’ombre lUagite routes les nuits ! ! ! Si ma mort vous eft utile pour alTürer la liberté à mes enfans & à , mes neveu:.;, parlez, & donnez-moi les moyens de l’em- tiraliei- ; mais , de grâce, ce chargez pas un bourreau de inen porter le coup! fur-tout rêfpedez' la yieillelfe de la ;;pi'4s Yen Meule .

des mêles qui ma infpiré,!© courage d@

37

mourir pour ma patrie, mais non fur hs échafauds dreffés par la^hberré!! On me reproche mon mariage!! on me reprocnoit de n être pas marié , êc Ion avoir raifon , avec le tempérament que la Providence m'a donné ! 1! Me defti- noit-on donc de toutes parts i'infamie ? Il y avoit un moyen, me dit-on , c étoit de me marier avec une Francaife ! !! Mais pourquoi ne pas me le dire les premiers jours' de la publi- cation des^ bans ? Pourquoi attendre la veille du mariage ? Mais ce neft pas 1 étrangère, c'eft fa fortune que Ton me reproche!! fortune!! dans le fait, elle nen a pas; elle elt vraiment lans-culotre ; car fi la nation s'empare du bien' de les freres, ou prendrai-je cette forrune ? Si je la lui avois donnée, cornme on me calomnie, l'aurois-je remife à Tes frères ? JSe 1 aurois-je pas fait établir fur un bien-fonds ou lur le trcfor^ national? Difons le mot: la fadion eft plus W que la vertu quelle veut afTafiîner juridiquement. O

Providence ! veux-tu me punir des écarts de, ma jeunelfe? je l^iie relpedueiifement ta main; mais je te recommande puiflamment les derniers jours d’une mère que tu formas puiflamment a la vertu ; cenfole-la eivlui donnant la con- vi^uon de mon innocence, que tu connois , dans le procès ^ue les ennemis de ma patrie me fufcitent,

Signe\ François Chabot,

I X.

Au fccret du Luxembourg^ le û-imaîrc , îan JL

R

OBESPIERRS

Tl

^ Lis pifquau bout, je ten prie, lur-torst le pojljcripf-um - )e viens te demander un fervice digne de ton cœur .; -é'^t de me donner des nouvelles de ma femme Sc de rna fœur enes venoient tous les jours chp !e concierge, demander com- piexic je m.- ppirois ; elles n y viennent plus depuis huit j<yuis Je iie lais que pemer liir leur comnte. Quoi I feroir-ii poinbie que poer avoir voulu déjouer un conmloc ruHtiiy cv par u>i excès de ccnnance en roi , tou: ce qm nVapr^

r-

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par ie caJ.er «x ion ■nevi-c. la ftaion àe la Répubjicp

t^rre u'tvi eomité é

39

diüre avec moi, on me renvoya au lendemain-, Sc an lieu de venir les chercher, le commilfaire vint nous annoncer la fuipenhon du decret. Ai-je ioiiiciîé cette fafpenrion ? J en appelle aux comités. Dans le ternps que 1 on - dilcutoit cette oukcion, mes beafux-frères me àïænt : Je crains de-

c\-et à cet égard ne foit plus nuifible qu utile à la répu- blique françaife-, car ceit un décret prohibitif de la de 1er- rion des fatellites des ennemis de la 1 rance, il y a déjà un décret contre les gens fiiipeéls : que le_ comité de lalut pu- blic écrive fecrècement à tous les comités révolutionnaires de mettre dans cette claffe tous les étrangers dans le lens du projet de décret. ElVçe le langage des contreuevo- iutionnahes ? Ils travail] oient à 'des ouvrages contre les er- reurs de Chaumetre & d’Hébert. N’a-t-on pas vu, depuis, que ces hommes publics alloient plus loin que le peuple ne le voulolt? Que l’on interroge tous les amis qui font venus pvour être témoins de mon bonheur avec la meilleure petite femme qui exifte. Mais enhn ils font tous en prifon-, leur fortune en porre-fcuiile eft entre les rnains de nation *,;,s^ils font fufpecls , qu’on les retienne j s ils font contre-révelu- tionnaires , qu on les punillè-, h la fortune de ma femme offiifque , vous la tenez, & je nen demande rien-, Ij vous croyez que je doive la quitter , le divorce eft dans la loi , &'j’uferai de ce droit, en mourant à les pieds, pour ex- pier tous les -chagrins que je lui donne: mais , de grâce, ne inê traitez pas de contre-révolutionnaire ni de Iripon^ car je ne fuis ni l’un ni l’autre, <5c mes parens m-^uroient re- nié , Il j’avois quelque reproche à me faire à cet égard. Queue peux-tu comioître lepr vertu l tu jugerois peut-être de la mienne *, au lieu de faire le procès aux fripons que j’ai dénoncés , 011 me le fait à moi. Delaunài fe vante qu Amar lui a dit que c’étoit contre moi que la procedure le diri- 'gèoit, ôc qu’il lui a ciré des témoins, morts ou yivans , qui me chargeoient. Que l’on interroge le concierge là-def- uis , quoique je jure qu’il ne m en a pas oul^ert la bouche. Je fais bien que Delaunai éil un coquin , un impoheur , un fripon , qui accufe un des juges , mon rapponeur , d’une infamie dont il efl incapable j mras avu nioms tient-il j cette marche de ceux à qui j’ai voulu taire le procès, que l’on tourne contre moi: les billets de compte navoient pas

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d'autre but. Tous les banquiers ^ tous les fripons, tous les cGiitre-iévoiufionnaires, qui favent que je les ai dénoncés, ont beau jeu de jeter fur moi leur crime & celui des autres. Il cite des témoins morts ou en fuite , ou des complices ^ je cirois, moi, des témoins vivans ôc préfens, que j ofFrois de faire prendre. Eh bieniron profite de la fuite des cgiii" plices , pour tout jeter fur moi. Ils ont plus beau jeu que moi, fans doute; Jagor en convenoit hier avec moi. Je ne puis avoir que des pré fomp tiens en ma faveur , que mon mariage atténue, pour mon malheur. Ils ont de faux té- moins dont ma dénonciation doit avoir exaipéré tous les fentimens. Ah ! fi manière avoit été receroir k récomperjfe due à fes ^ vertus , h un père de quatre-vingt- cinq ans pou- parr^ger, Ce bonheur, je ne craindrois pas même fécha-

voit

£iud , qeieq-Bon dévouement pour liberté , dirigé par fim- prudence, peut m'avoir . préparé ; je^ferois ^fôr qif iE ex-

pieroit toutes, les fautes de ma jeuneife, & d'aller rejoindre des paregs que j'adore, après avoir montré à ma /patrie le - -piège que- tes ennemis, lui... teridoient parTexagérailôn^ ns

C ayant pu. f crdxè far Ip modérmtifms ^ mais laTofce des êvé- nemens- .m'apéduir; , au .peint .de defirer de p'avoir. ni père .ni mère , du d'en avoir de' -moins dignes ' mon amour. L'état de ma fœur ixfaffeSe, fans doute ; je l’avois appelée en témoi|nàgç du boqheur de mon hymen ; elle en à jom huit jours, pour me, voir féparé d’elle pour toiijoLirs ; mais ,,Êile çoiuioir ma vertu, jeqomiois la fienpe : je meurs con- tent de mon fort., parce que je fais quelle a le courage '& les’ vertus. , d'une a'épiifilicaiqe .de la preitiière force. Toutes que? Je; te .demande, c'efl .Âe m'en '.doqner àfs , nouvelles , amii que de ma femme, de Jeur peiqiextre, dea aller prendre oliez toi. Dis-leur .que le couragç 'nediie- manque pas plus que la confcience de - la pu rem .de , mon cœur & de mes actions,; mais que j appelle inutilement Ip mort à mon idçours ; que je .les aimerai 'jufqu'aii tombeau, .

Signée Fra.nçois Chaeot-

Au reftes jdî croire que le procès fe dirigerok contre moi ,-, i^'.r d'après le billet adrefie à Delmnai avec de rencre qui ne par oit qu'au feu, Sc qui ni efi: tombé entre }es gitûus ; . par les rigueurs indécentès c^ue ioii ^ é^etgée§

.brs de mcn arreftatioti y tandis que le même homme , Gzanne, a laifTé échapper Julien, 6c peut-être pi-*evenu Benoît 6c de Batz*, 5^. parce que, lorfque je demandois s il Y avoit des ordres pour en arrêter d autres , on me dit brul- quement que non. Delauiiai étoit cependant arrivé ici avant moij eh bien I le concierge me ma quil y en eut dauue^ que moi : j’ai éîé deux jours à rignorer. Les admimhra- têurs de police qui (ont venus ici, ont toujours honore Ue- launai d’une prédilecbion qu il ne mérite pas en ma coa- fcience -, ils m’ont dit que Ton me failoit le procès pour mon mariage, & que j’avois mauvais jeu. Benoit & de J5atz étant en fuite. Hébert na parlé que de Bafire , de Jmien un peu, & de moi beaucoup, pour préparer ce triomphe de Delauiiai 6c' notre honte ; je me trompe , la mienne j car les indrudioiis de Delaunai portoieiit de ménager Bahrej êc ioriquii eft forti, un ami d’Hébert lui a fait propoler de féoarer fa caufe de la mienne^, parce que c etoit (ur moi que tout fondoit. L auroit'-on fait iordr pour ourtur cet ar freux complot? Je ne veux pas le ^ croire ^ mais au moins i’a-t-on tenté lors de fa fortie ? qu on 1 interroge ia-deilus. Comment le favez-vous ? Mes parens ni mes amis ne me l ont . dit ni écrit-, mais je l’ai entendu, car je fuis aux écoutes de €e qui fe dit au-deifas , au-deifous 6c à coté de moi.

No. X.

Au feevet du Luxembourg , le z9 frimaire , an îî.

Robi^spierre,

Enfin il efi: donc vrai que la Providence veille fur le fort de la vertu ! La fuite des complices de Delaunai me don- noit bien du chagrin; mais il s’eft trouvé une picce dont j’ignorois l’exiftence, qui démontre feule & mon innoeence 6c le crime dont j’avois aceufé Delaunai de Tes- complices *, 6c rabfurdité de les récriminarions contre moi efi fi évidente , que les commifTaires dédaignent fouvent a écrire mes^-ré- ponfes a me trouvant aifez jufiifié çar 1 inculpation me rne. Je .commence à refpher , Uiais je m’étonne quejes comités

nantis de cette pièce , 'q.ni eft la, presive matérielle de fqn crime & de Ion auda.ce , aient tant tardé à faire le rap- port , au moins de la première partie de la conjuration , Sc de nou' interroger.. J avois un (ecret fmp le cœur , qui , pept-êrre 5 dévoilé aux premiers jours de mon arrefraîicn , ^u- îoit déjoué une partie des intrigues par lefquelles on a voulu fan ver Delaunai & me perdre. Mais la ProvidenvC veilioiî pour moi ^ au 'moment même je m/en croyais abandonné. La pLce .dont je /ai parle 3 -eiî un décret ex- '.pédié de 1 écriture .de. Lenou ,, mioîn^né par Delà u nui ; qui .prétendoic na^'Oit pas de reia/ons a¥cc hai , & drus lequel il a eu, la remédié’ : dei, faire trois fîgnrrures de la main , fur-tout la mienne oui eft ia plus mâi faite de toutes. Je ne, me plaina piusvdf3.iig3ir.iirs exercées contre moi; mon innocence n en iera/piie mieux reçonnue 5 mais je t’avoue que^j ai trouve bien dure >ra' rigueur envers mon Sis comme îe iefjière.s ^wtr- f-crep fi: .k av^c dgtfe in-errogawire pfic fuis contcni. Cependant 3 jo crois que rinterêr public pcgi- înapderoit que notre ra|>po^a; premdâî > de quelques jours, la rentrée., du parlement .britannique. Loureiols , tour ce .-que je vois dans, les Journaux, me coniirmé que vous.jJ:u- vezja- choie paLliqua s, & . 'e n/enl rapporte (ur voîrq^ia- geiiè.' Je te pJe. icnre-'-dire à, ma femme 5c à ma fa?iit que je me porte bien , & de me faire donner de leurs nouvelles.

Signé ji François Cpîaeot.

mcret du Luxembourg , ie 30 frimaire , Tan lî.

C-R 0.;B £ s P\l ;E tR' R^.E, : '

Certes, je ne m- attend pis pas que notre dénoncé fuç fi abfurde dans les récriminations ; il qiVaccufe- d’avoir r^çu cinq ou lix cent mille liv. pour fauver les Brilfotins, il . faut, convenir que j’aurois bien mal gagne mon argent p il cite des témoins morts you abfens ; c’ePc très-commode. Je fais, bien qu iis m'ont dit qufj, y avoit joo,©qïoUv, dépolecs

A

pou. ceue

olfert ma “TStoarcellerde mes beaux-frtos

tous 1®' la Chronique & collaborateur ie

®'^""t?En( Viiis & de Dekunarqui en ea un rejeton

TOUS les biilioiiiis, <x ut; i-/ . . ^

échappé à la vengeance nanonak ^

inculpation acquiert de la ^

ifin de ks corrompre. Malheiu-eulement , ^'"TÏ fé^ feul juré dans cmc affaire fu ^4u'i '& Vaatté.

ipésrexécuàandesBriÿouru.^^.^ i

ifSlFSSSIi

les preuves de ’foii crime. J ai des lemoins que ) 3

ÏL^mes beaux-frères ont dit 4 pplaunai &

Chabot étoit Juré dans cette 7 1 -q" il ne

[îSirphirriem ê„'me“’ïpofam d?"® .

S ,r&ï ir «r

S”;ircKok;po„,>.i«

détruit toute limprefaion que j au.ois _f v „nrocbé à

faveur des aceufes ; mais enfin g lonfqv® ï)ucos d'avoir prêté fa maifôn FO«

de s’être lié à une ^aion den^ il -.avoit reconn.^ q ^

,ji„ a.rf= .

l'^rats V q-uand fe lui ai i^pio-ne u c ,

f^^Vinn & d'e m:atvoi}: teme tU ia^eai i

compofoient, -pour les faire déférer par. le^ corps ei^ J

de F^aris ie ne noiivois pastiwattendre quon me ‘«n cheroit d’e vouloir le fauver &: d’êire pay« pour cela. Qua je lui ai reproché de s’être lié:, au moins P»'" ^an^e , a - des foi-dihmt. hommes Us

1er -t-'ec eux la contre-révolution , je m -ue ^ f ^

qu’on me reprocheroit un jour à moi d avojr «té paye- pou

1

K,

iil'

poûdoa j’^ges dans Taine defquels ma dé-

P loa de\o.r porter k ■convidion. Je dirai, avec Horac®

fi ''‘g^ ^ proxima veris. Je ne fais fi je cité

ra e P- vu'moK!

fnfrc Ar^ \ ' ' Ton deparæment, & de rous les

oe parler , fi jdvois tenté de les- gagner à Deeos, mauroient dit fmis doute , r/. m fripon ^

fuw“ > e/ceWre’

ffle liroieTreSSé’ T’' T' P^yé ’.

plus ^ miuroient fait dénoncer il y a

& a t l *• « momem.

Julien îv:r7Ltl"rf“> ]?' -e??

r V“ E’j”:

Duia?e“

nerXrmTf ^ Cliaumerte: :ne dévoient dî-

Ts le il le=^-e€ution des Briffotins , & la date

- Æuits d nivrcation de ma femme à celles d'Hébert &

il rel el vil autre; quelle nommera, que

O aecLî.jon , d, qii riebert voulut que ce ne fur que .le- îen-

(,.,fe„de„».„j|,, S, J, J biiErdWi-

K., .ton, ou s ils les .ontrantidatés , j’ai deux témoins irré-

ait ,pes soila_convamçus d agir de concert avec Delau- >

dencnté !a fadion , comme je l'ai '

ynonce, y,.! u(rc ipcu/panor: graye. J’ai demandé & peut-être

tes fonll

,& VYéc-i-ip'''°^' ''wr JOUIS que cette iêvéè étoit ordonnée Cp^T.-é î f 1°"^’ chez lui, qui n’étoit pas ex-

'■uuC iHLi decret. Malheureuftment Jagot m’a exhibé Ili Tm f P^^'ce , par laquelle il confie que Boid étoit c’'”‘"p à ri il- , ou au moins quinze jours,

lllbr: X b” ’es sens ful>eas. Blais je

e-'i- il r Non, c eft diriécretfur. lesiétraiî-

pv,u,« ce a ma lésion pour dehiajideï une^ prifon, pour mes

4S

frères. Je Fai averti d^- décret des banquiers. Non encore ^ j'étois à Verfailles le jour quil a été rendu, Sc fen ai des témoins fans reproche. Je fai averti du décret contre les Anglais. Mais j'étôis au tribunal révolutionnaire, & Boi4_ étoit parti ü y avoit au moins quinze j ^mrs , d’après la note de. la police 5 il y a donc une providence qui aveugle le crima lorfqLi’il pourfuit la venu. C’eft avec Julien que je corn- mettois tous ces crimes. Malheureufement Julien na été chez moi qu’à deux époques marquantes , lorfqu’on mit les fcellts chez lui, & lorfqu’il fut pourfuivi aux Jacobins pour fon rapport contre-révolutionnaire du fédérahfme , Sc launai Sc Benoit font venus journellement chez moi,iorf* que je n’ai été chez aucun des trois, excepté chez Delaunai, il y a deux ans, une feule fois; car dès-lors je le regardai comme un complice de la faétion brilfoie. Mon mariag© efl: un crime. J’ai répondu; mais, d’après ie roman de De-^ lauîiî.i 3 j’ai fait une affaire oii j’ai reçu 200,000 iiv. ; j’ea ai reçu ;oo,ooo Üv. pour avertir Boid d'un décret que les journaux lui apprirent avant que j’en fuile iiiftruit ; y à •éoo pour fiLiver Vergniaud , Fonfrède , Ducos Sc Viguieiy, que j’ai menés à la guiliorine. J’ai ollîert de faire faifir yoo,ooo liv. de la compagnie des Indes : il n’en conviens pas; mais , relie que je dois être riche d’environ 1,500,000 1,, Sc ni moi , ni ma famille , lii mes beaux-frères , ni tous, les amis que je puis avoir, n’ont pas les deux tiers de cette fortune , c’eft un malheur pour Delaunai. Je t’avoue que je croyois que tout confpiroit pour me faire paffer pour calomniateur de Delaunai lorique la pièce apocryphe/ écrite de la main de Beno'it, Sc lignée pour quatre par Delaunai , a ranimé mes efpérances; je ne crains plus rien. Cepen- dant, s’il étoit vrai, ce que je ne crois pas, malgré les alfertions répétées de Delaunai , que le rapporteur fut mon ennemi juré, j’efpère que tes principes de juftice t’engage- ront à me défendre. Mes beaux-frères font étrangers; mais je ne le luis pas : ils peuvent être fufpeéls ; mais je ne ie fuis pas, Sc je vous ai écrit que je féparois ma caufe de la leur. Je n’ai jamais manqué à ce qu’exigeoir le falut de ma patrie; toujours inébranlable dans les principes, je les ai conftamment défendus. Si mon mariage offufque , que l’on me le dife; aucun faccifice ne me coure pour la liberté :

46

fl Ton veut me laîifer ma femmié toute nue, je la prends ; & je gagnerai fa vie la mienne. Voilà ma profeilion de foi. Tefpère que ma cauie en allez bonne pour que tu y prennes quelque intérêt, avec les principes de juftice que j[e te connois.

, , Signé François Chabot.

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Du feçret du Luxembourg, le premier riivofe, 1 an II , à 4 heure, 13 rn.

.François Chabot à fes ojnls T) antôn ^ DÎenïn ^ Lecointre & autres vieux Cordeliers ^ qui ont fait toutes des campagnes de la révolution j mais fur-tout au prot e^eur i innocence Robefpitrre aîné, ^ ;

. Je viens , mes amis , dépoter dans votre fein les chagrins qui me. dévorent: non pour moi , car Je fais ' fouffrir &: mourir i & le procès que I on me fait eft trop honoiAb-iS pour ne pas m’en glorifier j mais pour les chagrins que cette longue afhiire peut donner à une. mère de quatre-vingts ans, dont la vertu efl: encore plus honorée? que la vieiliehe j à un père de quatre-vingt-cinq ans , qui auroit befom de defeendre dans le tombeau fans inquiétude, ri’en ayant ja- mais eu de fa vie-, par-dellus tout, pour fintérêt de la chofe publique. J’ai dénoncé un grand complot de diifolu- îion de la Convention nationale par la corruption & la diffamation des membres. Vous verrez, dans mon interro- gatoire & ma dénonciation, les détails dune coiiverfadoii que j’ai eue avec Benoit , l’un des dénoncés -, & les difeours d’Hébert , ainfi que fon journal & les mouvemens contre le culte catholique exagération des principes , dcc., &c. , ont déjà prouvé que ma dénonciation étoit vraie. J avois dit qu’il y avoit dés agens dans la commune cC dariA les-bu- reaux de la guerre , qui iecondoient ce ç roj et infâme & je vois , depuis mon ; arreflation , que Benoit éroit bien inflruir. Eh bien! il impouteV la fadion de Pitt cV à tous les ennemis de la révckîioni de jeter la piqs, grande défaveur fur

/

47^-

^3 compte du dénbitciateur : auili efîrelîe 'parYenüe àfaire dki- grF: le -procès- courre niO'i» Voici des faits, qui peut-être vous, ieront dreilèr les cbe-^et^^ Si je n ai pas pla-rôt dénoncé cette cenrpinirion , cjeÈ., coxnrcie je Fai dit .dans ma denonciaiioa ^ p'arce qiie Deiaunay -étok parvenu à me feire regarder par les membres des comités de. sûreté générale & de ialur public,, cemme rravaiiiair; à m’envoyer à la guiiiouiiej* pour m’être marié avec la plus veri|ieuie des femmes, que .fe s frères ava.n- rageoienr; Benoît m’aboit tenu le rnème langage, & De- launai me faiibic regarder une grande partie des menibres comme liés avec lui d’une manière- étroite. Je pouvois le croire, quand il venoit me dire : J’ai vu Panisjquim’a dit telle cliofe conme toi. J’ai vu David à déjeuner chez moi , qui 'm’a dit telle autre chofe , &c. Il m’avoir dit qu’Hébert écoit une puilfance à fa dirpohiion ^ & j’avois appris que la femme d’Hebert étoit érroitemeiic liee avec la maîrrelïe, de E’eiaunai., Il eût donc été imprudent au moins de dé- noncer ce complot à ceux que Delaunai difoit les amis Ôc mes ennemis. Vous favez le parti que j’ai pris pour le ^ dévoiler , & celui que je voulois prendre. Mais le mal que je fouhre , pour avoir dénoncé ce complot avec quel- que précaution & quelque commencement de preuve, lufiit fans doii- e pour juftifier le parti que je voulois prendre. .Les récriminations de Delaunai font abfurdes & contradic- toires avec les faits de notoriété publique j éd il eft dé- montré qu’il a été corrompu pour l’ailaire de la compan gnie des Indes, pour laquelle je l’ai dénoncé, puifqu’il a faliifié un décret en faveur de cette compagnie, en falii- fiant même des fignatures. Sa liai] on avec B j.’OU c fi, prou- vée par ce décret meme- j écrit de la main, di Beno-t. v^oicr maintenant les Dits dont le rapprochement doit m’alarmer pour le luccès d’un rapport dont dépeuid la perte de Pitt & de Georges , de la liberté des trois royaumes , . & peut- être la nôtre.

J’avois demandé à être a.uroriiC à faire failir les confpi- rateurs chez moi , après ks avvd: Dit jaler , en préience de témoin':, lui* le plan de dilIolatioU de la Cuavention nationale. Ün cru: que je demandens une approbation de ma conduite iufqiies-la. Ce n’etoit pas- 'mon intention v mais ennn , deux jours le palsèren: . (ans.-que . je puüe avoir au-

. ..

êutio réponre du comité. Cependant dcniândoit

ment fa portion des joo^ooo livres- dont Benoît étoit dépo- fitaire: & plus que cela Hébert exécutoit le plan avec^ une audace incôiicevable aux Jacobins. Je fus au comité de sûreté générale à onze 'heures, leur faire part de mes in- quiétudes le brumaire au foir. leur dis q^ > s ils n'agitfbient pas , je dénoncerois le complot à la Coriven- tion nationale elle - même , le lendemain. Jagot , à qui je m'étois âdrelfé, me répondit : Nous' f aurions lc rép<»udre. Son ton me fit comprendre que le procès alloit te diriger contre moi’, & j’avoue que j eus alors des ioupçons vio- lens fur plufieurs membres du comité. Je lui dis : Je ne vous demande que vingt~quatre heures pour faire faiiir les confpirateurs & les preuves» Nous allons nous en occuper , ^ me: dit-il ^ toute la nuit , s’il- le faut. Je vais me couener tranquillement 5 & à fept ou huit heures , on vient m ar- rêter dans mon lit. Je demandai s il devoit y avoir d au- tres députés a,rrêtés. Non, me répond Ozanne qui a laiüe échapper Julien , & qui peut-être a fait évader Benoit ' & de Batz, vous êtes le-ieul. Alors je proteftai contre ^^^te arreîl-ation illégale-, & je fis part fuccmaement . à ma fa- mille des motifs de cette a.rreftation , en leur ditanc : 1: re- nez courage,, Hébert & fes complices feront démalques. A ces mots , un commiüaire la feâ:ion de la P^épubli- que prit feu pour Hébert , & molefia unHe mes anus quil a fait arrêter depuis , pour avoir dit du mai dx Ro- bert. Il n eft pas de rigueur indécente quon n aît commile: à mon éuard dans eet ade & dans rappofition des iceiles. Tous lesliiroirs de ma femme, de ma fœur, de met ami, furent fouillés, on mit même fous les fcellés des brocnuies trouvées dans Fanti-charabre , & qui appartiennent être aux domeftiques. J’arrive dans ma prifon j je demande s’il en e(l arrivé d’autres. Non, me répond-on-, & cepen- dant Delaunai étoit logé dans la plus belle chainbre. Je de- mande du papier & de 1 encre, pour écrire a la Conven- tion: cela eif défendu. J’écris fur un chifioii de papier , avec du charbon- T’ignore fi ma lettre eft pai^enue a la Conveivrjon : je n’y demandois que la permiiuon de-mi écrire. Je demande des livres pour me diftraii-e -, on men réfufé ; Ozanne avoit déjà refufé d’écrire ma proteftation -,

Charbonnier

Charbonnier feul , ruh des commiffaires qui n ait fait qüê fon devoir, lui dit qu il ne pouvoir pas fe difpenicr de les écrire. Enhii , après avoir èié fouillé jolquà la cein- ture, me vcilà entre 4,muraiiieSi On m apporte à manger fur les quatre heures, Sc Ton me refuf@ un couteau pour couper mon pain *, il tallut fe iervir des ongles Sc ues dents pour déchirer un dmer, d'ailleurs tres-hcnnète. Enfin , k troifième jour, je reçois la permiiïîon d’écrire au comité de falut pahlic ferai La rage m’ avoir faifi *, je pillois êc cra- cliois le faiig , fans recevoir aucune nouvelle de ma famille * ni aucune confoladon de mes amis : je n ai vu ni médecin, ni chirurgiina , ni apothicaire^ Mon exifleiice , qui m etoit d’ailleurs infupporrahie y me fembioit neecdïaire pour dé- jouer cette coulpiration , dont je n avcis fait connoitre qus des fils, tels que je les avois faifis, mais fans parler de ' ceux que j’avois foupçonrié exiitcr. J ai écrit pend^ant cinq jours au comité , fans lavoir s il a reçu mes lettres ôc aviSi Enfin, au bout de quelques jours, pendant qu’on faifoic ma chambre , entre un garçon , porteur, d’uii billet de compte. Je le lis ôc relis auprès du leu; comme je ne de- voish-ien à perfonne , je crus a quelque piège; je veux le jeter au feu, ôc j’en vois refiordr des caraClères qui por- taient à-peu-près ; Ménage^ 3.^ accufc^ C. & Ls A,; It F. êjt f. ; B/J. D. b, font partis; Hé. tient bon & vous défendra:, &c. Je dis au garçon : Qui vous a remis ce billet? G’efi: là-bas, un homme qui âtrend la réponfe. Mais je ne dois rien à perfonne ; vous vous êtes trompé* Eil-ce que vous n’étes pas- le citoyen Delaunai, dépuré? Non: & je lui remds le billet, qui fut porté dans la chambre voiim 5 ou j’appris qu’étoit Delaunai* J’écris au comité de la'f t public ôc à Robefpierre , d’envoyer quelqu’un pour r ^ voir une déclaration précieule. Ni reponles , ni corannj--, Lires. Enfin, j’engage le concierge a charg-:r ma fœur de la remife de mes lettres ; ôc c’eft de que data ma cor- refpondance avec elle. Enfin, on fait fornr Banre pour la levée de fes fceilés. I es commilfaires le laillenr chez lui tant qu’il veut, Ôc on lai fait ])roporer, de la part d’Hebert , de réparer fa caufe de la mienne. Mes beau-frères ôc amis aveient été, arrêtés quelques jours auparavant. Lorfquë Fikes trouvées dans les papiers de Rohefpicrrz. D

j avois demandé leur arreftation ^ dès le; brumaire , &■ à la première lettre que j'écrivis le 19 au ccmi é de falut public, je ne dis pas que cette arredatiün fût faire pour alarmer Bâfre , Sc l’engager à la démarche à laquelle il étoit invité de la part d’Hébert. Celui-ci, en rendant conipte de notre aireflaâcn, ne dit pas un mot de Delaunài , & parle peu de Julien de Touloiiie, qu’il iemble plaindre d'une foi- blelle ; il déclame toute une iemaine contre Baiire & contre moi. Depuis cette époque , il a eu la même audace aux jacobins. Le rapporteur fe trouve être mon plus cruel en- nemi , s’il faut en croire les confpirateurs j ce que je fuis loin de croire: mais, rendant compte de notre* arreftation, il nous porte pour dénonciateurs de Julien & Delaunai. C’étoit les avertir de préparer leurs réponfes Sc leurs ré- criminations -, c’étoit appeler contre nous toutes les ven- geances des ariftocrates , des royalifles , des fédéraliftes , Sc lur-tout des banquiers ôc de tous les agens de Pitt, que notre dénonciation avoit fait arrêter. Ce n’eft pas tout, Amar, annonce que j’ai remis ico,caoliv. : c’étoit dire aux confpirateurs : vous pouvez l’accufer d’en avoir reçu davan- tage. J’applaudis aux vues des comités Sc du rapporteur j mtiis ce fait, lié à bien d’autres pouvoir Sc devoir m’a- larmer. Enfin , on^ m’interdit toute communication au-de- hors, lorfque Delaunai correfpondoit avec la Décoings , fa maîtrefle Sc fa complice, & avec tous les porteurs de compte. On vient interroger Delaunai. L’on a le foin de lui dire que la procédure^ s’inflruit contre moi , ou de le lui faire entendre. Il le dit au concierge , en lui ajoutant que le rapporteur eft fon ami ôc mon ennemi ; qu’il lui avoit dit que j’étois accufé dans la procédure de la Dubarrv Sc coihplices , que je n’ai connu ni d’Adam ni d’Eve. Mais n’étoit-ce pas le prévenir des preuves donc il devoir appuyer fes récriminations contre moi , pour leur donner un air de vraifembiance , Sc faire au moins flotter l’opinion fur mon compte j Sc l’on lui cite des témoins morts avec lefquelsje pouveis ce devois être confronté. Ce n’efl pas du concierge que je l’ai entendu j mais un tiers , à qui il en a fait part, l’a redit, Sc je l’ai entendu. Enfin, on^interroge Baiire, non pas fur ce qui le regarde, mais fur ma fortune, mon ma-

riagê, mes agiotages, & fur cet article, on lui dit, & je J’ai entendu de nies deux oreilles : Cha-bot ira au tribunal révo- lutionnaire dilcuter cette attaire avec Delaunai. Grand dieu î il ifeÆ rien que je ne fille pour le faire abioudre, ahn de n’étre pas le compagnon du crime, car je veux mourir en homme vertueux. On vient m interroger. Je ne puis pas diiiimuler mes craintes fur ces faits rapproches j on ne daigne pas me ralïurer. Je déclare le rait du Diilet à Delaunai. On appelle mon guichetier, qui avoir été témoin: je 1 inter- pelle; il nie d’abord, puis il eil: forcé d’avouer quec’eroit comme un fonge qu’il fe rappeloit de quelque ch.ole. Dnfin, la vérité cepen-iaiit , eft appercue par les commiilaires. On auroit voulu m’interroger lur la conlpiration , a.vant de rue faire répondre fur les récriminations. Je leur odifeive qu’il eft de l’intérêt de leur rapport même de me lailier répondr.a à tout ce que mes ennemis peuvent avoir dit contre moi , afin qu’on ne dife pas que c’eft le crime qui accnie la vertu^, mais le contraire. Deiaunsii avcit bâti quatre ou cinq chefs d’accufation graves contre moi ; [e crois y avoir répondu Viccorieufement. Le dernier éroit fi extravagant à mes yeux , que je croyois que c’étoit par plaifanterre que les cortimil- faires m’a voient interrogé là-deliLs , laioir, li fai cherché à corrompre les jurés eh faveur des bnllorins. Hier , ils' re- viennent ; je hur demande s’ils m’ont fait férieufement certe queUion. Trés-ferieufernent, me difent-ils. Je les fais- parier, je vois dans leurs répenfes qu’ils penfent férieulement à me faire mon procès. J’avoue que je leur ai manqué peut- être ; mais certes ce que j’^û fquffert peut exculer mon hu- meur , fur-tout lorlque , vantant la conduite que j’pois tenue dans certe taJaire , & la rapprochant de ce qu’ils avoient fait pour m’orer les moyens de confondre le crime & de démontrer mon innocence , Jagot me dit : Oui , ti/ es denon.- dateur-^ mais tu es aujfi coTphcc , puifque tu nous as remis 1 00,000 /iv. , ^ il faut favùir Ji tu nous as dénoncé le com- plot alfei tôt. Yeiit-on donc me livrer à toutes les fureurs des heber:irtes.&: des pittHes , que j’ai demafqués , oc des brilforins, dont j’ai conduit les chefs à la guiriotine, Sc des royalilles que j’ai fortement concouru à faire rentrer dans la'poullière. Mes amis, je fais (^ue la providence veille fui'^ la vertu; mais j’efpère que vous ne me refuierez pas de Ifc

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défendre;, lorfqucn femble coarpirer contre elle j au mo- ment même où, eoname Curdus, elle s’eft dévouée pour iauver la patrie. i

Signé ^ François Chaîsot.

N>. XIII.

Du fecrct du Luxcmbenrg , le quintidi 5 nivôfc , Tan II , à 6 heures 68 fécondés ou 43 minutes du foir.

Robespierre,

Enfin , après bien des larmes de déferpoir , ton fublime difcours aux Jacobins vient de m'en faire verler de confo- lation. Je me profterne , la face contre terre , pour adorer la providence qui t'a établi le protecteur des patriotes j je n'ai plus que la fatisfaClion d’avoir (ouifert pour la liberté , éz j’applaudis , de grand cœur , aux mefures que T 011 a prifes contre moi. Vous fauvez la patrie', que le dieu de la liberté foit votre récompenfe : je ne puis plus t’écrire , car les larmes efiaceroient ce que je voudrois t’exprimer de reconnoiifiince.

Signé y François Chabot.

No. X I V.

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Au fecrct du Luxembourg, le odidi 8 nivofe , à 4 heures, nouveau ftyîe.

Robespierre,

C’eft à roi que je m’adrelfe dans toutes mes peines *, en voici une à laquelle je ne réfifte pas. On abuie de ma po- fition pour perfécuter tout ce qui m’inîéirilej la polies vient de mander indignement la républicaine la mieux pro noncée ^ ma pauvre fœur ; & cependant depuis plus de dix Jours elle ne fortoit pas par refpect pcur les préjugés, même de mes ennemis, & pour k bonté de ma caufe. La fec-

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non de la République a fait arrêter un de mes amis , par cela ieiil qifil étoit lo|é chez moi , ôc qu’il pcnioit qu’Hé- bert fervoit^ fans le vouloir peut-être, les projets de l’in- fâme Pitt & des banquiers. Un jeune homme de chez moi aiioit confoler ma femme êc ma fœur de l’abfence de ce qu’ils avoient de plus cher; il les accompagnoir dans les viiîtes que leur pioiirion ôc la mienne rendoieiit néceliaires ; il eff arrêté en iortant de chez moi la décade dernière. Ma fœur , d’après le conieil que je lui ks donner , va faire en- regïffrer les paiiè-ports à la feclion , quoique les commiU' laires lui eulTenr dit , lors de mon arreftaricn , que c’étoit inutile. On la garde cinq ou fix heures , évec un froid aux^ pieds qui lui donne des coliques atrreules ; on l’in- terroge comme une criminèlle , fur les" affaires de fa fa- mille de de la mienne , fur (es relations avec moi, & on finir par lui refuier une carte de sûreté, &c on la renvoie après avoir dreifé procès-verbal de fon inrerrogaroire ; enfin , on la mande auioura hui à la police. Grand dieu , luis- je donc pour faire le malheur de toute ma famille i Les hébertiftes font doux plus audacieux que leurs pré fécelleurs les brifforins ; car ceux-ci ne purent pas faire arrêter ma famille , dans le moment de leur triomphe chez moi. Hâte notre rapport , je t’en conjure ; car rien n’égale mon dé- felpoir.

Signé ^ Fp.ançois Chabot.

P, S. îl eff poiîîble que l’on n’ait pas aifez de preuves contre les dénoncés. Eh bien 1 que l’on palTe à l’ordre du jour fur la dénonciation , en averti^ant les bons ckovens des pièges que leur ont tendus les agens des puiffances étran- gères pour les corrompre ou pour les diviler : que l’on décrète d’aceufahon les hiynrds , mais qu’on nous rende à notre liberté ; car je crois qu’elle peut fervir la liberté pu- bhqu * , dans un moment ou l’on médite un mouvement contre la Convention. Ce rapport preife pour renverler la puii'lance de pitt ; il peur opérer la révolution à Lendres ; mais le temps preife. Il feroit peut-être dangereux de tenir davantage les perfonnes pour lefquelles on agite les fec- tions & les fociétés populaires , & je crois qu’une rlus longue détention au fecret, de Bafire de de moi, feroir une injul-

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tice, Tapplaudis’ aux mefures qui ont été prifes à notre égard j niais je ne m'accoutume pas à Fidée de martyrifer /- ce que j'ai de plus cher au monde, après ia plus verrueur© . des mères & des épouies.

Signé ^ François Chabot.

No. XV.

Du fecret du Luxembourg, le quartidi ,

' jour du plomb, nivofe , l'an H.

François Chabot à f on collègue Rohcf-plcrre aîné. ^ _ Robespierre,

Si tu avoiî été témoin de mon' interrogatoire , tu aurois vu Vinnoence de Fabre uir les - queflions. ' -

Notre Riraire prend enfin une tournure -3 &: le rapport ne peur -pas' tarder à fe Fire : je ne puis cependant pas te cacher une nioirv elle- crainm' qui x^ient'de iivobiéder. Tu ' m'avois recommandé de 11e pas -xoraprymettre , tant qRy N pourroish des parrlores j ni me parus prendre quelqu intérêt R' Fabre qui ‘bavoir trompe. 'Je nai pas dit tout ce que je lavois (iir ion compte j d'abord par refpeél: ipoiir tes con-

ieiis 5 & en.Gdte parce qii’ôh m'a fait due , dès le commen-, ^xement de frimaire', que'’ Fabre dFglanrine travailloit -a

' notre rapport 'avec Arnati (bn intime ainh Je te dirai plus:

le 24 brumaire au foir:, je voulus dénoncer àu coinitéHeâ deux faétiôns oppofées que tu as découvertes & dévoilées,

.'Je dis un TTiOt- de mes foupçons fur Fabre- : Amar- me -.dit d'un tUn fec que je m'étois rronipévfur ion -compte. I>es membres préfens au coliiité pourront attefter ce rait.

. 'L'orfqii'Amar eil veîiii"m'iiiteiToger avec^Jagot, j ai youiu'

. liafarder qoelques réiiexions fur la coterie de ^ Samba , du Fabre alloit avec des- ariftocrates foüFs,. combiner les mb- - dons' à faire 5 Amar' n'a rien voulu '-écrire, ^ nia dit que jAtois dans ï'érreur au fiijet de Samba & compapiiemAu '4§ftej'Je'n ai jamais eu- que des foupçons. Fur leur compte^

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& j’igncîrerois rexiftence du faux décret figné par Delaunai & d’Eglantiiie , ü je navois reproché à Amar que fa marelle dans certe affaire tendoit à fauver Delaunai , êc à me perdre feiil dans cette affaire. Je te prie de ne pas perdre de vue ces faits , lorfqiie tu donneras ton avis, fur les conclufions du rapporteur, fur lefquelies^ je ne me fie pas J malgré rabfurdité des récriminations qu un falfificateur de décrets peut avoir faites contre fon dénonciateur reconnu. J’ai toute ma confiance en ta juftice , & elle a augmenté à la leéiure de tes difcoiirs aux Jacobins. ^

Signé François Chabot.

N<^. X y 1.

Au fccret du Luxembourg , le nonidi , jour de la Cliclidoine »

V xg pluviofe , an x , à 4 heures,

Frcncois Chabot à Maximilien Robefpierre,

C’efi: en toi feui que je mets route ma confiance , îorD que mes anciens amis paroilfent m’avoir oublié. Voilà quatre-vingt-treize jours que je n’ai vu ni ma jeune époufe > ni ma verrueufe fœur. Quoiqu’on ait calomnié celle-ci , dans le mois de frimaire, auprès d’ Amar qui , malgré le témoignage de toutes les perfonnes attachées au Luxem- bourg , croit peut-être encore qu’elle efi: entrée dans mon cachot , en corrompant fans doute huit à neuf guiche- tiers : il n’y en a pas moins de la cour d’entrée à mon appartement. Je te prie de me procurer une permiffion de les voir une fois par décade. Voilà deux mois que j’ai fubi mon interrogatoire. La jufiiee &c l’humanité réclament , depuis cette époque, la levée de mon fecrer*, c’ell pour ne pas fâcher mon collègue Bafire que j’ai fubi cet inter- rogatoire. Je vouiois protefter contr® Amar , comme évi- demment fLifpeâ; dans cette affaire : Bafire me fit fup plier de ne pas ainfi prolonger fa détention par des ineidens qui aigriroient mems les comités contre moi. Je n’ai rien gagné ni Bafire non plus , à cette déférence à fes avis.

On a refüfé d’écrire tout ce qui déplâifoit à Kmzx ^ ait fujet de Fahr'-. & compagnie Taihout. Cn ir/a fiiir des queftions car/tieiües , que Ton a refufé d’écrire , en meitanc me s ré- poules comme des ob(ervations que je faidois d’abondance. Telle eil la queftion fur le retard de ma denonclaDon', la queftion (ur ce qui m’éroit arrivé aux 2.7, zS, 29^ 30, 31 mai & jours fuivans^ 6c quelques autres. On m’a fait des qu-edions fur Hanriot , lur 'Vincent, fur Ronun , & , parce que je ne répondois pas félon les defrs dbAmar, on n’a voulu écrire ni les demandes , ni les réponfes. Ou m’a demandé ce que j’aurois Rit , d j’avois é:é préfent lorfque Delaunai ,lut le décret fur la compagnie des Indes ^ ayant ma lignarure en fon pouvoir. J’ai répondu vigoiireufement quft j’nurois dénoncé le complot à la Convenrion , & que j’uurois dit d’aller chez moi ; qu’ils y trouveroîent h preuve de la corruption , toute cachetée. Amar m’obferva que je rne ferois expofé. Je lui répondis que je rfai jamais cal- culé les dangers pour lauver ma panne. On refufe d' édrire ces quedions 6c ces réponies , malgré mes réclamations ; On refufa d’écrire mes déclaranons fur un bien que j’achetai en fortant des capucins , avec l’argent de ma mère 6c de ma Tœur envers iefquellcs je fuis encore débiteur. On n’a rien écrit de ce que Bâfre a dit à ma décharge , au fujet de mon mariage : le rapport d’Amar fur î’arrt dation de Fabre , ed un tillli de pf-rhdies pour me perdre. J’écris à la Ccnventioii pour rectuder les faits al rérés méchamment par Amar 3 on fait renvoyer ma lettre , f .ns l’entendre , au comité,, c’ed-à-dire , au rappor^-eur. Je déclare, avant mon inreiTogaroire , que j’ai découvert , dès les premiers Jours de ma détention , les manœuvres que fon annonçoit à' Delaunai devoir employer pour me perdre : cn a é^é forcé d’en écrire quelque chofe j mais , lorique Jpgot Vouloir donner fuite à cetm déclaration 6c découvrir la vé- rité , Amar n’a pas jugé findruclion ulieneure néccliaire. Lorfque je reprochai à Amar fa complicité avec Delaunai, pour effrayer h compagnie des Indes , car c'cjl mar qui a été chargé de l exécution de cette pre riere partie du cujinplot ^ peut-^ être fans le f avoir ; Jagot vouloir donner fa dcuiillionj Amar ne fut pas de cet avis , 6c je fus obligé de leur de- înander exeufe pour des vivacués qui ne. tournoie ac que

for.re moi. Que faire : j’attends tout de ta juftice,, fur-tout k'pernuillon de voir ma femme '& ma lœur. Je te falue bien patriotiquement , ainfi que ton frère.

Signé i François Chabot.

Ko. XVII.

Du fecret du Luxembourg , le 2? ventôfe, l’au » de la RépaMique une & indiviiible.

François

Chabot à Maximilien Rohefpierrc,

Grâces foient rendues à la providen-e qui veille fur ]es deftinées de la liberté ; la fadion la plus redouLao.. y., d’être terralfée, & tu viens d’ètre rendu aux amis ue

jrpuis être indiferet , mais je puis réfifter au befom oue j’ai d’épancher mon cœur dans le ^

qui j’ai nus toutes mes efpîrf.iKes après k jmtice etâmei-e._

Il ne feUoit rien moins que la nouvelle de ton retaoui- fement pour me raffurer fur une phraie du rap^pon de bt- Juft: L‘S r.o’Tvlkes d: Chebot veuknc le javvei lUis .^i. condamné! Et dans quel moment! lorlque^les compira- teurs reconnus demantient ma tête aux cor-ei.eis i m.-qv.e je luis la. première vidbme dehgnée par leur Q-fÆ > leurs mouvemens convuLifs , les pouliant au ds T poii > ns vérihoient l’eiïence de ma dénonciation , loriqii..:» en ve riiioient même les détails; lorlqiis , apics qu-ue ...o.., ^ ' s provocation de toutes les haines_ contre mci , je n ai pu erre calomnié que par des êtres abluraes ; rjti ,, ue quoi cufenr-ils î d’aimir voulu fiu'-er les Driéonns & d rmou' ere pavé cet efiét ! I,es jurés, la Convcn-ion , te peuple .lan- çais, peuvent-ils croire à cette calomnie - Et li peiaunai , üdèle ami des brilfotins , coopérareur de la Chr.omqae, c.eut les Üailons avec les plus grands conlpiratenrs mnt n?uion- trée.s pari? faïence même d Hébert <5c de la faction, iar^ on compte; fi .Delaiinai, agent de la corruption des raemmres de la repTéfentation nationale, eü; démenué m avoir caiom-

nit im\ ce fait,- quelle foi peut-on fdre fiir fes antres ac- 'cuianons ccntre moi^ iiir-tout lorfque leur- muitipli cité même prouve foii embarras de me trouver des , torts î Mais de quoi maccufe-t-il encore? d'avoir reçu de l’argent d’un homme que je n’ai jamais connu, qu on a prouvé ême parti un mmis avant les relaüons dont . Delamiai m’accufe avec loi! Et pourquoi me fair-il payer par ce banquier? Eour avoir ioiliciré une levée de Icelles oui n’étok unie qua les créanciers ! De quoi mdiccuie-t-il encore? D’avoir fait un commerce j’ai gagné 100,000 liv.q & toute ma ranVule enocre na pas 30,000 liv, 'de' fonds de terre ou en capital, & cependant ma mère travaille & économife de- puis foixante-quatre ans , ôc fa fcrur ou fon mari ont tou- jours lecondé fes efforts pour entretenir fa frmille !

; On a beaucoup parié de mon mariage,.,., Eli bien , dans une lettre que iai écrite aux deux comités, j’ai mathéma- ' nquement démontré que , loin d’avoir acheté ma femme , comme on me calomnioit, j’ai toujours ignoré ii ia dot qu’on im promettoit avoit^ quelque folidiré, de que j’ai refufé tout arrangement pour i’airurer, rorfqoe , le .notaire & La con- noililince que j’avois des lois; me faifoient ebierver les nul- lités de cetre promelfe; fy aurois regardé de plus près, j^aiirois établi plus folidement an moins, fur la tête de ma femme ,ies femmes que je-kii aurois données, fi réellement j avois eu autre cliofe que mes meubles.

On me fait im crime d’avoir époiifé une étrangère ! mais pourquoi ne pas nie ie dire avant la veille de la célébra- tion dun mariage quia traîné plus de cinq femaines, avec toute ia publicité. Mes beau-frères font des efpions ! Et©is-je forcier pour ^le deviner , lorfque je les voyois occupés à coînpofer des ouvrages vraiment utiles à la révolution fran- çaire , êc ne iféquenter que les meilleurs patriotes ? Leurs crimes me ioiit-ils d’ailleurs perfonnels ? A-t-on quelque foupçon que^ j’aie confpiré avec oux Ne me fuis-je pas condamné à ia nullité la plus parfaite , du moment de mon mariage? Ai-je fait autre' chofe que Luivre la confpiration de Batz , pour la ûejpuer? J a^i peut-êire été téméraire de I eBpreprenir e fans conii-ient ; mais les craintes de perdre les fruits de mm furveillaiice à ce fujet, en m’ouvxant même 4 mes amis; çes craintes, dis-je , font -“elles uii crime |

/

N'ai-je pas offert de me faire faifr avec fe confpuM ,

& de leur faire répéter Iss prétendues craintes qu iL m a-

voient manifeftéésde la contre-révolution , de les au eUfir

avec 500,000 livres de plus, fur lefqueHss on moSroit

^°RcbeSrre, tu l'as dit : ce q.à efi inju/Ie ^

E^^-ii jufte de me punir d un ade qui , ]e ciois , vou ^ iemem fervi pour^fauver la République 5 Je te e repeie

fl ma mort eft utile à mon pays, f j

d’ l’embraifer-, car la vie m'eft a charge dep-Hs que ) ai

cona-adé dans ma prifon ‘Ya Srd

tenr pas d’efpérer d'être u^ue à ma patrie , & je la f“; regi-t, lorfque je vois que vous avez pris les moyens les plus efficaces pour la fauver. Mais eft-il necciraiie , pour fauver la République, de faire mourir comme conCpuarvUi celui qui a conftamment pouiiuivi ée dsjoue rouies les co

pr Tu l’as dit; Ce qui cft injufte cjl impoutupe

Ves compüccs veulent me Jhuverlll Mais quels lont don^c mes complices, & fur-tout quels tonî^les homu.es r - lient quelque intérêt à moi? lues le^ eu qm a,- -

mes ei>érances; & c’eft moins pour^lmteret t’avoir n-ifpiré, que par les principes aejuftice qui .om to„

Fkakçois Chabot. _ '

No. X y I I I.

Rapport écrit de la main de Maximïïien RohefpUrrt.

Citoyens' î.eprÉsentans bu, peuple ,

Vous attendez de nous révélation d’une grande conf- piration ; nous allons vous la donner ; nous allons , lur- tour , en fixer le véritable caradère ; nous allons remonter | à fes véri-rbles chefs . & faifir la main mvmole qui en a | ■ourdi les fils dans d’alfreufes tenCores. Quei autre gmae ^ peut nous diriger , dans de telles recbi^ches , que les , grands princioas de la liberté publique? Quel autre moti ;; peut nous y forcer , finon la néceli.iie de fauver la patrie? ^

ëo

Les repréfenrans du peuple font ils des inqui/îreurs minu- tieux , chargés de fouiller dans la vie privée des hommes , ^ de porter la terreur dans toutes les âmes foibles ? Sont- ils aes hommes avides de iang , comme la plus lâche hy- pocnfie a ofé nous en accufer ? Non, s'ils demandent, au nom des lois, le fang des tyrans, c'efl: pour épargner celui du peuple ; s'ils foudroient les palais , c'efl; pour pro- téger les chaumières j s iis^lrappent les méchans , s'ils pu- nillent les coupables puhians , c'eft pour fauver les bons & ioulager les malheureux*, ils font févères par fenlibilité, & inexorables par humanité.

Sommes-nous appelés à reipedter le crime , parce qu'il eft entouré d’un grand titre ôc de devoirs plus grands en- core ? Non. '

Somniv^s nous appelés aullî à perfécurer , gratuitement , les reprei.entans du Peuple français j à verler le mépris fur ceux qui défendirent courage ufemeni: la caufe de la liberté ; à exagérer leurs crimes *, à nous réjouir de leurs foibleifes ou de leurs^ humiliirions -, à préparer le triomphe des tyrans par une eipèce de iuïcide national ? Non." £n pourfui - vant les^ traîtres , nous faurons venger rhoimeur du patrio- tkme, iauver la majeité du Peuple. En dépit des efpé- rances de Londres & de Vienne , cette grande affaire ne j.eia point le procès de la reprefentation nationale , mais ceiui des ^ tyrans qui ont confpiré fa ruine. Loin de nous attacUer a une foible raiTufîcaîion du complot , nous en emoralierons , nous en déracinerons le tronc tout entier..

Nous ne voulons point immoler les viciimes à la place des oppreiieurs, Sc irapper le peuple lui-même du glaive qui doit exterminer les ennemis. Nous fommes moins ja- loux de brifer 1 inllrument , que la main coupab’e qui le dirigea, Ôc de trouver des con [pirateurs , que d'étouffer la ccnfpiranon. A travers les pafîions ce les intérêts indivi- duels de tous les partis , à travers les préventions , les er- reurs & les intrigues , nous irons au but la juflice ; à cette juffice nationale, la feule que nous devions exercer j à cette juiLice qui n efl autre choie que le falut du peuple ôc la mort des tvrans.

^Quelle ed: la première époque de cette confpiration ? L origine même de la révolution. Quels en font les premiers:^

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moteurs? Toutes les cours liguées contre noi^.. Le but? La ruine de la France. Les victimes ? Le peuple Sc vous. Les moyens ? Tous les crimes. ^

Les moyens ont varié iuivant les diftérentes cireonltances : refprit & la main qui la dirigeoieiit lurent toujours ks

^^Nous ne vous retracerons pas ici les innombrables forfaits Tune cour impie , & (ur-tout les manœuvres ourdies par tous les ennemis de notre lioert© , depuis les premiers jours de la révolution 5 pour corromipre , avilir ôc détruire la re- préfentation nationale dt.ns fa nailfance.

Je n ai pas befoin de vous dire que c eft principalement contre vous quelles furent dirigées. Vous avez décrété la République j nulle treve n etoit poijible entre vous Sc la

tyrannie. ^ ^ -v i r

La Convention nationale naquit au milieu aes conlpira-

tions , & c eft dans fon berceau qu étoient placés les fer- pens qui dévoient f étouffer : lemblable à ce dieu qui devoit purger la terre des monftres qui 1 infeftoisnr.

Vous rappellerai- je les moyens odieux ôc multipliés quelle employoit pour perdre toute la portion de la repréfentation nationale , qui ne vouloit être ni fa dupe ni fa complice r On fe plaignoit de votre inaéèion , & on vous paralyfoit; en diloit que vous r/étiez pas libres, ôc on vous tyramiîfoit*, on invoquoit votre dignité , ôc on vous outrageoit avec infclence, on réclamoic votre lûreté, ôc on ne chereboit quà vous anéantir*, tantôt on appeloit contre vous, fous le nom de gardes , les phalanges exterminatrices j tantôt on vous déciaroit que vous n étiez pas dignes de fauver la pa- trie^ tantôt on vouloit vous traîner à Verfailles *, tantôt on vous propofoit Bourgts *, tantôt on vouloit convoquer une autre affemblée nationale dans un autre beu j tantôt on vou- loit réunir les aliemblées primaires pour vous renouveller ; enfin , on tenta'-plufieurs fois ffexrerminer la montagne. Deux de vos collègues ont péri martyrs de la caufe que nous défendons ; nous étions tous voués au même couteau > ne pouvant vous égorger par leurs fatellites , les fcéiérats avcîen: agité la République entière , comme pour vous en- feveiir lous fes ruines.

Enbn, le temps écoit arrivé les tyrans, fatigués de la

ét

îéfiflance , <5r îe peuple , «îs la tyrannie > provoqüoient , 5 Tenvi , une xriie qui devoit perdre ou fàuver la patrie^ Les jours qui viennenï: de luire lent gros des dellinées de Tuni- vers ; les deux génies qui s'en dilputoient Tempire font en préience : la fervitude ou la liberté du genre humain font le prix du combat. La Liétion criminelle croit toucher au moment de fe baigner dans le fang des hdéles reprefentans du peuple j tous ies agens & tous les heaires des rois étran- gers eilient èc s'agitent pour les ieconder ou pour anéantir du même coup la rerréientarion nationale tome entière ^ mais le peuple eft prélent y il entoure la Convention de foii bras puiilanr , il protège même les lâches ennemis. La Con- venâon , d'une main, remet les traîtres entre ies mains de îa loi; de l’autre , elle montre à i'univers le paére focial des Lrançais; ôc ^ pure 6c libre enfin ^ elle s'a^^ance majeftueu- femenî dans fon immtnle carrière.

Mais ies ennemis de la patrie lui permertront-ils de la parcourir en paix? Non! les fondateurs de la République ne peuvent trouver le repos que dans le tombeau : les traî- tres meurent , mais la trahilon furvic à leurs charimejis. Les tyrans coalifés vivent encore 5 & tant qu'ils vivront ils conC pireront contre i'exiltence du peuple français ; iis verferont fur nous tous les maux dont la corruption des cœurs efl: la fource inépuifable. Iis ont à leur iolde des années fiibii- diaires d'efpions & de traîtres qui fe fuccèdent fans ceife *, ils ont à leur fclde toutes les paillons & tous ies vices , & ils poiirfuivenr , avec une aClivité nouvelle, le projet lavant de détruire la Convention nationale. Et quelle autre ref- fource peut leur refier? Sont- e leurs armées ? Elles fuient devant les défenfeurs de la Fmpublique, dès qu'ils ceifent un moment d’être guidés par la perfidie. Eil-ce la perfidie de vos généraux? Vous en avez cherché, vous eit avez trouvé de fidèles : vous punifiez les traîtres , vous les arrachez de votre propre fein, pour les livrer au glaive des lois; il ne leur refte eue de vous détruire vous-mêmes , pour anéantir le peint central auquel fe rallient toutes les portions de Cette imroenfe République, & partager entre eux ies lam- beaux épars de ce vaite empire. Si vous étiez des traîtres & des lâches , tous les ennemis de la liberté , mus les hom- iues corrompus fe fercient ligués avec vous conire le peuple;

^5

Tous VOUS ères montrés fidèles , ils fe font réunis pour vous déclarer4a guerreo

Ce qui prouve que ce n étoit point la fadion criminelle que certaines gens vouloient détruire, mais les repréfentans républicains, ceit que les premiers jours qui fuivirent ie Triomphe de la montagne, vous fûtes infultés dans cette enceinte par un prêtre méprifable, qui vint vous dénoncer à vous-mêmes; comme auteurs de la difetre publique. Ce fut à cette époque que l’on provoqua les rafiemblemeiis qui s’étoient formés dans toutes les grandes crifes de la ré- volution j c'efi: alors que, fous le nom de Marat, des écri-^' vains mercenaires clierchoient fans ceife à exciter le peuple ôc blafphêmoient contre vous; c’efi: alors que vous fûtes' fans celle aifaillis par des pétitions qui tendoiem à vous rendre refpon fables de la difette fadice caufée par les eonf- pirateurs. Ces manœuvres perfides ne furent déconcertées que par la vertu de ce même peuple qui vous avoir fait triompher ie 31 mai.

Dans le même temps, des écrivains mercenaires, ofant ufurper le nom de Marat, pour le profaner, cherclioient à exciter le peuple aux mêmes défordres que la fadioii gi- rondine lui avoir imputés lâchement : elle cherclioit à avilir la Convention nationale. On difiinguoit parmi ces libelliftes le prêtre facrilége , auteur de la pétition dont je vous -ai déjà parlé, émigré, qui avoir conduit les patriotes de Lyon fous le couteau de leurs afTalîins, ôc ouvert k contre-révolution qui a 'livré cette ville au pouvoir des re- belles. Ces miférables , ôc d’autres agens des piiiilances étran- gères, agitoient les clubs populaires & les aifemblées fec- tionnaires , dont les intrigans sétoïent emparés à la faveur de la permanence qui en bannihoit le peuple ëc les patriotes. Plus ie peuple vous prodiguoir de preuves de fa^ confiance, plus on s’eiforçoit de la détruire ; tandis que, de toutes les parties de la République, on vous ccnjurok de ne point abandonner le gouvernail de l’état au milieu de la tempête, de prétendus patriotes vous fomrnoient ici de leur céder vos places; des intrigens faifoienc a.dopter cette motion par un club célèbre, l’alEclioient lur les murs de Paris, Sc la pu- bli oient.

Les. biches ! iis fe mêlent avec les déCnfeurs de la pa-

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tne -, ils, imitent notre langage; ils flattent notre amour pour la liberté; ils ont Tair quelquefois de le furpaiièr; ils le parent de tous les Agnes extérieurs de la révolution , ils en iiiiâginent même de nouveaux; ils ne Aégent pas dans les fociérés populaires, ils les préAdent, ils les dirigent. L’ne fois munis de ces brevets de patriotiime, qui les aifocient à notre caufe, ils s’eAorceht de la rendre ridicule à force d’exagération Sc d’extravagances; ils la chargent de toute leur int-aniie ; ils entraînent le zèle ardent de irréfléchi dans leurs perüdes lyflêmes. Les Français applaudilfent quelque-^ fois à des motions arrêtées dans les cabinets de Londres ou de Vienne ; quelque temps après on découvre tous les maux qu elles ont entraînés , ôc le fang de cent mille français coule pour expier l’erreur d’un moment. Malheur à quiconque efeioir parler alors le langage de la railon ! ils le prolcri- vent comme un lâche modéré ou comme un ennemi de la liberté. A quels dangers la Pvépublique ne fera-t-elle pas ex- pofée, A le légiflateur n’efl: pas allez éclairé pour les dé- niafquer. ' , .

IJ manque quelque chofe. ,

À la tête de ce complot étoit le baron de Batz.

Nous allons vous dire ce que nous perdons fur les chefs de rette déncnciaùon; nous les jugerons, non pas précifé- mént par ce qu’en ont dit ou connu les dénonciateurs , m.ais par tout ce que nous connoiffons nous-mêmes, & par l’en- lemble des preuves qui nous font parvenues d’autres parts.

D’abord, rexifcence du complot de diifamer ôc de dif- foudre la Convention ; il efl: impoinble d’en douter : nous rayons déjà prouvé pat des faits indépendans de la dénon- '^ciation; il efl: attefté par la conduire & par les écrits de tous les ennemis de la France ; il eft aufli certain que l'exil- tence des rebelles & des rois conjurés contre la Répu- blique. J

Les hommes dénoncés par BaAre &e Chabot, en font-ils coupables î: Nous allons les diieuter.

i^e premier qui fe préfenre eil Delainud. Le caraélere de la conduire de ce citoyen démentenr-ils ou connrment-ns le double témoignage porté contre lui ? Delaunai eil du nombre^

de

b,e Je ‘|2!f.ÔLTrme“fa« jl'lS’Æ*”

g£,ï £-5. t Ço;™.» 'SeeT.

royem imties d.iiis e hypocrite de la fadion giron-

oue Deiaunai ercit^uja ^

aine, le conhdem & ^ . rf £ ^ juftice nationale i

l-exempl. de ‘Eu continuant de conf- ie qui ne ^ f " E' G

pu-er contre »f " f Ion ancien mener; Dé- fait autre “‘arcet exécrable libelle, nommé

FFf I

‘.s ."Æf ? 's st/l "i 'S”i ^iis

impoftureslibetncides, ^Vrs la mefure de leur

Uu; & Quand les patriotes indignés

courage ^ <is ieui ^ u,,*-o ralonmies , Condorcet re-

îetoifiriSe fui ffinat, éc'belaunai renvoyoit les pki - gnans à Condorcet; Dnonc & Fonfrèdè , un émif-

f.£trfâ» f ij-Ærrf.K

la profaner & pour ennemis qui le foudoient.

f ‘“rSur^s i^ügues\ourdes._& g

es dil cours , ics ^ •_ ^

êcéknt également. Ce député n etcu ponw e rompit le fiknce que icrtquil tut quel-

3on

ades pÇbiks le nue Icrfqu’il fut quel-

f““ f ït£.ASX . •‘“T

„„„ comr. leî mntt.vre. «

SoWii irépou»,,»» |“^■çxk'’I“oEfcTftip^„r :

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'■lÆf pSf« ■;» «7 £s "tis: ^

par 1 cpMüon pubUue , p- j ^

■„„PP„M.«:, -'f'>’;>Æ,ï™:'po-a, cacher .«ec ;

avoit paru fe fixer lui i E mafque du patriotifme } :

rwuvàs dans [es pafkrs di Robejpicrrc, E

;a

.1 , ^

.:a»î:3'q",SK;r£—

y 5 ^ loii Cligne ciiei Is înii&iiiniîpe C h^l '^irÆnr

T'ïîft S" ç“'''^"se excua les réd^mano;^ de tous Il ^ «doutant la cenfure de

r—

|,i;;f;rïp^S:'SiÆ.ÿtriHS

luipttfe. tnun, Johen qui setoit obftiné à fait- ri >;!; apres le renouvellement. du comité de sûrete g<=n-ralo ^ 'rii’

rSlfé^de fara“ ^

' ïûret° en nr^.'Vv'' ' itotiveau comité de

T I''Sf-r'“- a Ja Convention nationale

la rtlülutton^ vigoureufe & fage que orirent les m"r,rbr»s

cndètr"*'* t ''r® - eénéraie . en commencanrieur

Si-, ““,st;.ï,ÿ,£ - Si

Cetre horde impure étoit payée pour biafphêmer contre la CoRvemton nanon.de du peuple français. Les tyrans dm n! gers resardotem comme une vidoire ..le faire tomber Tlt laut ce a mcî4.«gne , un -js repreièn-ans du peunL cé- kbies par leur z. t- pour la caufe poniilaire. S’ils potîvoi<mt en egiirer un leulpjls euroienr conclu, que to^^s étoicnt capables de la mé>Hoiblel]é, & quu ne reftoit plus au peuple que de briler le gouvernement réDublitain , cop'me !s avetent renverlé le tnW , & d.t fe rênoler enlitite <on:

Prul\^ de l’A^Hnche . de la '

Lluheurs reprélenrans du peuple étoient devenus leurs complices , ce s étoient ligués avec eux pour étendre, fur tous lettrs collègues , 1 ignominie dont ils étoient couveri s.

Ce a etotent que clos kches, donc la probité & le civifni

-pur.

ceuxqüunpenenamda>4‘r- dangereux encore, renàorenr un penefeant au j- laun > V = j deux des plus

Plas‘accefîibles à ces f nous. Il habiles icelerars que r^'* temps de la révolution ,

exiftê à Paris, depuis le des tyrans, par la

deux montres dignes e i /vi-ue. Us avoient perdu , protonde hypocriiie qui les - , oient à h cour

I Pans, les titres de é à cebi qu'il a adopté,

de Vienne, 1 un deux a, y, , romaine-, il èion enroure le nom du fandatem e a ~ des ouvrages cio-

de titres patriotiques , il ^ ^ de la re-

q Liens pour la ^ Ae% brevets ds periecu-

voiuiion françaiCe-, il avon l’empereur lo- tion ^ il avoir été banni de ^ ,tiez laf , ny en-

feph II. Aucun des Ptttriotes qa .1 at^ ^ ^

troit ians la luprendtS , ^ .“U r œuvres de Flutar-

droi. de l'humanito, ou & le chaume

que oa de jean-^a-^q^y- , _ i .,pj parfai eruen: à iides révoludonnaire d-* phillfopuique de la che-

d'un k grand c ai adcr», .^umt fa tête philüfopüique ,

velure , le bonnet p^,,.gré de fon psrria-ifme-

garan.Tilloiein a toute la ^ ^ toute fa feccion ; i

S'ï ="

ce vertueux smi de ^ u fociété , enruke Ta

.1 Luiius rechercha pai^ ^ ttcmvmt pas d’expreillGi

ir.iné de rnmçois Cm. V l’idmira-ion, la tenateli.

alTez forte^pom peindre de c. rep é

eue Id infpiroientle . car ami , cemariy

Ifirant du peuple. Cet ..ib * modelé de toutes les verti

de l.r liberté , avoit une ^ patrioti'me , talen

de ion iexe , rnodeÆs , - _ - , hi^ti d’cHrir à Cbab

Le généreux cofm^polire ga^da Ucîi a o.

cett® femiTie iniereiiante.

I

J' 4;;' ' . ,

purs n'échapperoientpas aux .‘fpréfeBtsBs les plus

!*r r;;.rpSiîj‘f^,

' ; lociéiés popuîaires le narrlirif * tle loutes les

•i, nie, eni;.f.a”"VpoXrbk;j;’""' ît"' 1'

,:: Il que cet événement fnr nr^r ' r ^ ^ pas befoiii de dir^t

:['l défavorables à Chabot .^^Thar^rde^^'r

tances que la malveillance 1 de toutes les arconl-

,, ^ On Laifonné diterWnt lût rdo^ir"^

" données par Frev àla fpmm« ^ r^i l ^ t livres

■■(.tend» c.ÏÏoVfat“jLS“a'i“l"'“ ”■ Pf

l^ilsTï-te

■Vtherché’à cacher & K

:'■ : qui n'auroit pu que Sher”

il|/endre?pem'frfairraThitS^ rr" f

' •■

m

^es appare.^ces'léginmer*

j’. iSx vues de l’ariÆücratie P'"^ favorables

■;ï‘ :oib d^Ù iTMblic’^^danf* r"i «aturellement pré-

événement, il faut né-

€eiraii*enienr eue la maligniié & lariftocratie prennent cha- cune fa paru Malheur à rhomme qui a long<iemps défendu la eaufe du peuple 1 shl commet, ou une faute, ou ^une erreur y ou une nidifcrétion , il eft perdue car le patriotume, févère & foupçcnneux, & la vengeance des^ ennemis du peunle , fe réuniilenr contre lui : il faut qu il porte a la fois" la peine, &'de la foibleire acluelle, & de fes fervices

^ Au relie, ce nétoit ni la perfonne de Chabot, ni celle de Bâfre, que pourfuivoient les agens ^des cours étrangères; nous allons nous-mêmes les iaiilèr à 1 écart, pour luivre .a fyilème étranger dans fon enlemble & dans les conté-

quences. ^ ^

Il exiitoit en effet, parmi les reprelenrans du peuple fran- çais, des hommxes pervers, initiés dans tous les myftcres de la confpirarion étrangère *, des hommes qui n éroient peint foibles, mais pervers-, qui n'ércient point corrompus, mais corrupteurs j qui néteient, ni dupes, m complices-, maxS chefs des confpiraiions tramées contre la liberté du peuple Or, ces gens-là, je ne les ai jamais vus dénoncés mais prônés, mais défendus par les écrivains plus que patriotes, qui ont fans cetfe dénoncé la Convention nationale u: tous les vrais patriotes, depuis le triomphe des principes & de

la montaane. . ,

Cependant, les repréfentans étoient coaliles avec les ban- quiers des puiifances étraiigè-es , avec le-urs principaux agens j ils liégeoient avec la montagne , comme d O^iéans^, pour oblcurcir fa gloire , cc pour cacher leur b^tleiie oC leurs crimes j ils confpiroieRt avec les tyrans de 1 Angleterre , de rAutriche & de la Prutre ^ les uns , par leur patriotume hvpocrite-, les autres , par leur or, confpiroient contre ^ hon- neur de la repréfeiitaLion nationale , &c contre^ le iaiut ne la Bépnblique. Plulieurs patriotes furent tentés par eux , Eafire (Sc Chabot furent attirés dans leur fociété. Le cariC- rtre de ceux qui la compoloient, étoit plus qu équivocme. ^ La follicirude des patriotes cherenoit à deviner queue évOit- cette puillance invifible , qui condii-aoit de porter des coups; funeftes à la liberté , quand tous fes ennemis étoient aans le filence &: dans la terreur. On connoifloit leur out , mais- non leurs moyens-, on devinoit le crime, on chei.chou I3

70

■Til

jiom des coupables : Bafire êc Cliabot les ont àénon^ çés. Sont-ils coupables eux-mêmes? A quel poim le font-ils? Les dénonciateurs , & ceux qifils ont dénoncés , doivenruls être confondus dans la même cia (fe? Cfell un des objets que nous foumetmns à votre judice ‘impartiale. Pour nous ^ c'efl la confpiration que nous at\)ns voulu atteindre , fans refpeéf .des perfomies •> c'eft au falot public que nous avons marché. Nous avons été^ jufqu’ici 3 plus févères envers les accufateurs , qu envers les acculés ; car les dénonciateurs ont été arrêtés les premiers ; preiq ne tous les dénoncés ont fui^5 pu font en liberté : ils parlent > ils écrivent tout ce qu ils jugent à propos , fur cette affaite , non feulement con te les dénonciateurs, mais contre la Convention natio- nale. Vous pouvez, en cela, nous accofer de partialité, ou d’une exceffive rigueur envers nos collègues. Si nous méri- tons çê reproche, nous ne voulons pas y échapper ^ mais nos intentions font pures , & nous allons conûnuer de vous développer Içs faits qui peuvent éclairer votre fageffe & voire ; juftice,

^ Le, Chabot vint trouver un des membres

1 \du comité de falut public, ôc lui dit : Je viens te réveiller,

; mais c’td: pour fauver la pairie je riens le fil de la conf- piranon la plus dangereufe qui ait été tramée contre la li- ' i Dtrté. Eli bien, il faut la dévoiler. ^Mais, pour cela, ri-i il faut que je continue de fréquenter les coFxjurésj car j’ai ïq ' été admis dans leur fociété. Ils m’ont conduit, par dégrés , des propoiirions ; ils m’ont tenté par l’appât de partager le I.) fruir de |eur brigandage j le jour efl; pris ou ils doivent fe \ * réunir’, je dois m’y trouver aulîi. Ils croient que je ne de^

J I vine pas le relie de leur projet 5, mais ils vont à la contre- ^ révolution ouverte. Si l’on veut, je ferai prendre, en jfla- ^f^^grant délir> les coiîfpirateurs. On ne peut pas rendre un h; ' pins grand fervice à la patrie; tu ne dois pas balancer;,

^ mais quelles feront tes preuves? Chabot tenoit un paquet Vi 4?!n$ fa main. Voilà, dit-il, un paquet que l’on m’a remis,

; pour que je tâchaiîe de déterminer un membre de la mon- ^ tagne à fe déiifler des oppofitions qu’il avoir apportées au projet financier de la clique; je n’ai pas voulu reji^rer cette : qommu'Iîon , pour ne pas dans rînipcfiibilité de

i|4ç^üvrir ôc de dévpiler le fonds de la çonfpirauon ; inai^

W-

7^

.on Wenrion eft d’.ller , cia - P.s gcÆr ce pa^t ,u comité de iûreté genecak , tnlé les moyens de les

,-ale, accueUW. , f-^4r;:\,eTpar"qit’ Ik^pulfe prenemem. " J^iPeu des conjurés , que je le

induire, de ma piCi-v^xe Tp veux bien mounr

feus moi-même. Je demande une fure^x .y,

pour ma patrre , mars )? [f qu elfes ex-

7'1* cboHir^^Ma fœur me drfoit, dernièrement; Si ta

ü a„_v.eupi. i. fa.i J ^

,„,ae,. - T. ... P“ . cSds pou.

qui iji lu aénonclauon au cornue ue luie,..

53“ il fil '= i»'- ®”“" ‘‘ °“

5,3 al . Siràl»....» .»ii“">'i fi'

fi l, .5, .™i.>“> '* Co...»ti». a..,, a., .«f,.;., ....-

5Si3ra3fa. fo.. .p?üi'»“ fil'”

No. XIX.

Expofé précis de la cond-âte poMque de Claude Bafire , de- p.L du déparnme.c de la Côcc-cTOr, à la Convenuop nationale, depuis 17S9 ; par fis concitoyens , memores ae la

fo.iété populaire de Dijon. Un c®ar naturellement pur

franc & lovai-, un patrio-

E 4

•tivf rtohf? dangers ; un efptit cui-

^ iiiCüiTüptibles.

Rartr nous avons reconnues drus

Baiue, & qui lui ont mérité les fuÆages de les ccnc i- tpyens pour la reptélentation naiionale. - *

1 émoins d'une partie de fa carrière politique , nous de- ÎïiLrm?^'' conduite depuis 1785, julqu'à ralîembiée

Le II inii’et 1789, il fonna lui-même ; à Dijon , le tocfin de la liberté, harangua le peuple , provoqua la prife d aunes & fut (ommer le commandant d'en dcisner Tes concitoyens. II s adjoignit m uaeLj-s parrioies , forma un état- najor qui s empara de, clefs de la ville, configna chea eux les nobles & les prêtres ( ce qu’on n'a fait nulle part ) , & fonna 1 etab ilîement de la garde nationale ( 1 ). ^

i| tut un des ruiidateurs de la (oçiere patriotique de Dijon; h lui iirL,des_ collaborateurs du journal que fit la foci & dénonça torrement à l’opinion publique la munkipâlKé pompciee de^ nobles ôe d ari:l:ocrates, , . '

I.es ennemis de la rév’oluiionfufcità'ent différentes émeutes pour le perdre; mais fon courage & fou énergie le Lu vè- rent. Ils ne purent parvenir à le faire exclure du c-orr.s des ai-ad.eürs 5 maigre toutes leurs manoauvres

En 17^0 , il tonna contre la loi rnar-fode, & voulut s’op- poler a la publication,- 1 dénonça les fccicsés anti civiques.

Ji eciivit en faveur du mariage des prêtres, & coirre le decret iur le marc d argent. ' '

Il_ s’éleva avec énergie contre les mouchetés, .modérés , fciiil ans & endermeurs de toute ei pèce; aufo , n’eut -il ipas ' de plu.s glands enneram. Ils . te liguèrent & .caba]èrent avec aenarnement contre lui, lors des élçûions.

Après avoir_ certifié les faits dent nous avons été té- moins, nous devons retracer ceux venus à notre cornoif- ' i^nce»

^iS$;»i£SSS;ÎSTir

Jement tenant les chambres ^ffemblées h ^ y ivjvj..cc , le par-

Acta, On îgKcroît «îors ce ' ^ Paris, -

75 ,

A l’airemblée légiflaûve , ii fut un des plus fermes anta- gomftes de la cour , qui , -n ayant ^ parti , après avoir épuifé tous les moyens de leduèhon , fit décerner un mandat d’amener contre lui par le jup e paix Larivière, pour avoir dénonce les complots qui le moicnt au ciiâieau des 1 uiieiies,

Ii lue en oppoluion conilame^ avec ks membres du cote droit qui , par leurs écrits 3 tacnerenL ue le didamer

les départemeus. t - r Sx A

Il demanda le fèquedre des biens des émigrés , ôc la

niorion fut décrétée. ^ .

Il porta le dernier coup à la royauté, le 29 mai 179^ y ■par fpn rapport fur rinrivilme de la garde au tyran , dont ia farpreffioii fut décrétée à Irndant même, & dt envoyer

Coiïé-ilrillac à Orléans. ,

À la Convention nationale , il fe prononça fortement contre les didions ro!landine , & |zro^;d/- . JI lut un

des ardens moniagnards , 1 un des pms zeies detenieuis

de Marat,

Il vota la mort du tyran,

A fon palCge à Dijon, lors de fa commiinon pour Com- mune-Affranchie , au mois d^^ avril 1793 s. } mi dénonça à la fociété populaire de Dijon , les compiOis federaiiites >

^ ppu? révéla les imrigues de BviHot pour i enirameiMans fon nani. Il nous fit un tableau lomm ure de notre ntua- ticn politique, nous dévoila les plans ces émigrés & imii émiarés coiître-révoiutionnaires du clecians , le ieciéraiiime ê-z i'arilfocrarie bourgeoiîe. Il nous développa les inuigues, les forces & les moyens de ces diftéreiires faclions , Sz nous dénonça le fydême de diftamation de la ville de Pans, conçu par la faéhonfedéraliPce. Da fociéîé ht imprimer ce tableau, bien inréreiiant à cette époque , de 1 envoya a toutes les

focîétés ailiuées. __ ^

4. ct'îie époque, les a dmi ni Orateurs ieaéia^iites de Uom- mune-Affrnnclue i’accufoicnr dia iUii.e & de coalinon avec le patriote Challkr , & ce fe ia c.iafe des calomnies di- rigées contre lui, par Briffot, dcons ion jouiiial. ^

Enfin, cefi: fur fa motion que la. (.onvemion a déclare que le goi^vernement écoit révoluticiinaiie jiilqu a la paix. 1 De tous ces faits çonfi;a.ns & avérés, il léiuiie éTidem-

74

> ment que Bafîre , dans fon département , a donné l’impuî-^ /ion révolutionnaire , & s’efi: conflarament montré le délèn- ; ^ leiir de la caufe du peuple ; èz qu’à railémblée Ié~ giilarive & à la Convention nationale , il a propofé de grandes melures qui ont contribué à fauver la patrie’; qu’il a réfiPté aux divers genres de fédadion employés par îa ^ cour & le parti fédéraliile , pour l’attirer à eux;- qu’eniin il eil: un des défenfeors les plus zélés de la li- 1' , berté , ëc fut toujours un des rockers de la montagne.

!' , Cependant^ un décret d’accufation vient d’être porté contre Eafire ; fa conduire conrrafle évidemment avec les inciil- : parions qui lui font faites , Ôc c’eCl pour cette raifon que

, ' la fociété populaire croit devoir lui donner la préfente at- teftarion.

ii La fociété finit par déclarer quelle n’attefte que des ; K. faits à fa ccnnoiifance ; mais qu’elle efi: bien éloignée de . s’^intérelïèr pour Bafire , s’il e'\ co’dipable.

ip Que les traîtres périlfent i que l’innocence triomphe I ' , vive la R.épublique !

j L’original , qui efl entre les mains du jury > efi: revêtu de , cent foixante-feke fignatures.

I Signé y J. C. Petetîn êc Compéros , membres

,1 du comité de correfpondance.

PIÈCES

TROUVÉES DAUS LES PAPIERS de ROBESPIERRE et COMPLICES.

FA-CTION PROLl, HEBERT, &:c.

No. TE

Qiicjdons liits au comité de suret z generale uz la

nitioncL.

le à la f.n de y sncemiairc.

1.

]oMMïNT fe fait-il C’ie Prôli , étranger, &

.aitrelfe du prince d-îKaunitz, par coâlequent , trcs - toit ;ns le cas ci’êcre foupsonné la bitard & le penlionnrure ;■ erince autrichien , le loit donné à Paris comme ?* iote à trente-fis karats , & qud nait pujalquia v Jki ,

lalg’ré Ton adreTe , que pour un intrigant 3

I I.

Comment fe ruie compère Ô-

fair-ii que Duboinon le Bruxellois , ^auw : autre ùijet de Temperear , jadis fruhlé

■ule compcre ce autre ivij^q i ;

Lvec Maiouer Ôc compagnie , ie lOit donn- comme un

.n grand

, 7<î ^

patriote, & naît été vu par les clair- voyans que comme un necellaire d’intrigue ?

III.

_ Comment fe fait-il que Pereyra, efpagnol & juif de na- tion tout enfemble , protégé & obligé de Beaumarchais , le loit donné comme un excellent patrioîe français , & ne foit, aux yeux de ceux qui favent pefer les chofes, qu’un pauvre ciiable qui lert 1 intrigue , quoiqu’allez bête pour qu’on ne 1* loupçonne pas d’être dans la confidence du fond l

I V.

I

Comment fe peut-il que ee foient precifément ces trois nommes que les brilfotins aient choilis, dans le temps, pour suer raiionner le fou de Dumourier ?

V.

Comment fe fair-il que, forts de leur hiHoriette fur Du- moLirier , ces trois hommes fe foient hâtés de jeter le grapin fur les Jacobins y ëc y aient planté leur cabale ?

V L

Comment fe fair-il que 1 adjüdant , le courtier, le mercure de cette cabale, foit un certain Desfiëux , intrigant, s'il en rut , aux yeux de tous ceux qui le connoillent dans tous les partis , fans en excepter un feul individu ?

VIL

Comment fe fait-il que Prôli foit logé chez Desfîeux , ëc fon^inféparabîé de la mailon à la table, de la table à la maiion , êc tant que dure le jour , & tant que dure la nuit i

Y l IL

Comment fe fait-il que ces hompies, dénommés & leur

cabale fâchent tous les fecrets du gouvernement > (Quinze jours avant la Convention nationale -, qu iis connoilTent ks promotions futures > & qu a point nommé > ils aient des n©U” velles fraiclies Sc oftenfibles fur toutes les affaires & des nouvelles fecrètes qu on devine à leur allure:, & d après kC quelles ils fe conduifent l

I X

Comment fe fait-il que Prôli , qui nefi rien , qui ne doit le mêler de rien , foit fourré dans toutes les affaires >

X.

Comment fe fait-il que Dubuiffoii aille en Gommiffoît pour le gouvernement, Sc que nous foyons précifémeiit menacés de malheurs par tous les pays il fe trouve comme , par exemple, la Suiffe, doù il vient > "

X L

Carament te fait -il que Desfieux veille les Jacobins comme le lait fur le feu, & qu'il s'y foie remoaré des femmes foi-difant revolunonnaiœs , qui , depuis que l’abcès muât , chercaent a le faire crever au détriment de la tran- quillité publique ôc de la patrie }

XIL

Comment fe fait- il que Desfieux ne néglige pas aux Ja- cobins la plus petite occafion d enchérir fur toutes les pro- poutions qui peuvent tendre à brouiller les chofes , cV fur- tout de louer avec adrelfe les nouveaux venus, oui foat rage pour les armer contre les patriotes fages, clair- vovans. anciens & exccUens î

X I I L

Comment fe fait-il que cette cabale dirige les joumau*

7^

«nt l’air d’ètre patriotes, & qui , des yrux exerces, ne «ont nen moins que cela, comme, par exemple ,

Bacavc? ^ j

c„™e„, r. f»f ».« “XE”id£“‘u

U Cojmopoiu^,^^ ^ i,ompnî de cüte Jédaratipn guen-e a le plongeon pour jouer un a«tr.

"m è c’e mal & cé^i fon regifrre daWmés .

auteur du Thcfnometii s’

X V.

r ,^pnr fe fai-ü que Desfieux fc Prèli , étant de grands :; foien des inCéparaWes des banquiers etran-

parrloces , loieiu . Walûuiers . dt Bruxelles,

Bruxelles, agent

l^tietemî tels que de Genève,, grand imeoa-

&c.

de l'empereur ; tels «h que Grejfhs

è: Mens ^ autres

igens de reraperenr

X V L

dt'

eu

^ Comment fe ,^'‘-'’|,-^“®e‘'a’e^ufo'Vdans l’étranger, la

Srdf gfeSl wf oue^Ï tSuifen

k Mofelie, en voulant la

lieu Préed-ément ta )ou« ^ eu^palTé les

port, precme H ^ banquière , ave-

ftoîsntres, & epouic , -r-hiven du pèrs *, que route

- Paris, ch^

cette. hcrnDe nri&- mftnarable de Grcs.s , d: Semons,

aficcié de Grejj'^ , oc n c, ,

de I rôli & de Desfieux ?

EtÆituB ttî'iïï'y

deâirué*

J

79

Î1 ell à ©bferver encore que Julien , de Tculoiife , a concoora à, obtenir le paffe-pott , êc que i’avis en tut donné dans le temps au comité de falur public, dans la periWns du citoyen Couthon , féant au comité.

X V I 1.

Comment fe fait-il que ces confpii’areurs banquiers aient toujours eu un parti dans la Convendon , Ôc qu’ils foient encore fi forts, lorfque les Jacobins Sc le départernent de- mandent que bon frappe les banquiers par la loi du 17 , fur lés étr.mgers , & que les amis de ces banquiers Desüeux.» P rôli Ôc compagnie s'agitent pour cela ?

X V I r 1.

Comment fe fiit-il que Proli , Desfieux, ôcc. aient fi bien entouré & enimnllé ce pauvre Chab-^t le dépuré , qui fe croit un Sully en finances , jiirqu’à k rendre le Cibampion de iecr cauie qu’il défend le plus aveuglément du monde >

X I X.

Comment fe fjit-il qiikprès que Desfieux &c Pl-ôli ont naiiirG Cbapot cliez tous c#*s baisquiers , & fur-tour cbez Simon & (es femmes , ils ont ourdi k mariage de CWbor par un coup de maiire , égal atg befoin ou au danger ds Id fituftoon ou fe trouve la Cabaie preli , ce qui annonetî quelque manœuvre d’éclat ?

X X.

Comment fe fait-il que la femme que l’on donne à Cha^ bot, avec 200,000 liv. avouées par Cuabot , fojr mademoi- lœiir d'un certain Jnnius Frey , lequel

^ f l 'f 2 mil 5 mais Dien le baron *5'c7zo;2yéÂ^j Isqiiel et Autiichien, ec a des parens maintenant commandant dans i arm se pruiîienne ?

go

XXL

Comment fe fait-il que Prôli <5; DesSeus , avec leur petiÉ Goinfre, f agioteur & leur furet doucereux , aient excite aux Jacobins une fortie contre les nobles, quelque p,ace que ces nobles occupalfem , à 1 eSrat de las eiiaiiei de la Rôpu bliaue , fi ce n'eft pour mettre la peur au ventre de HeraïuC de SeckeUcs , qu’ils avoient d’avance accapare d amr.ie -, a ce n eft pour ébranler la conlcience à Hérault , en le ra- inenaatàïes intérêts Sc fsr fon avenir , le tout pour mener Héraait , & , par , lui le comité de lalat pubbc , ëc lavoir tout ce qui fe paffe à ce comité 1

X X 1 L

Commenta fait-ilque PlôI»

homme tufped, & que ce ton Hérault qm lait lait lortir 5

X X I î L-

Cemipent fe fait-il que , malgré cette inearcération , Proli fecron&z sûr, 6c besfieux aüffi , pour fe fourer encore

paf-toüt ?

^ X X I V,

Comment Ù fait -il que ce ioit à eette époque de la dé^anœ clePibii, qu Hérault tienne un bureau ce qua.re- SgTeipions, que,cb foit à cet-e époqu^ que la cabale, tous enieinble , Dubiàjjoji , rereira , ^

Laf£c hcc. &c. iciem arrivés a Pans à point nomme, ïÂ^ieh Suifjlj l’autre du Ekin ^ 1 autre de Lyon, Imue

&C. occ. ?

i.t Dunkaq.

X X V..

f^^rrmrrPTi^ Ce fâir-îl qtCon encapuchonné, à cette même

foSï K r4i<™eni. Cta’foi <l'»f > t'” 'j

somme uîi^ relique , rriiidis ce n e-^ peut-jrrs qu iiftè; ?œür poitiche ou une fœtir iacriiiée du Junius t-rey baroîl autrichien s/5 , .

Communiquées au comiîé de sûreté générale & de faliit public réunis, dans les perfpnnes de Robefpierre de- Sî.- .îuft,_ Lebas , Paiiis^ Vadier , Amar , David , Moïie Bayle^ Guïtroy.

Remifes le îroihèmenour de -fiimairG à Amar. -

Signé J A'maRï

éDéclafaûon de Vahre d'Èglantlne ^ remlfi au comité de fùr ai gén-évcde.^ di&uS pcTfopJie du citoyen jlîTiCir ^ izemlnc du comité y le bruîna.re ^ deuxieme ann-.c- republicame,

Je , -rouiligné > repréfenrant du peuple , déclare au comité •de lursté générale , pour rendre hommage àji. vérité, & pour aider la recherche >, que-, fur le lait de 1 arrercatioii des députés Chabot , Eahre Delaunai a Angers , & Julien de Touloufe ,1e député de FAiibe, Courtois, rn a dirque Chabot lui-javoit parlé d une clénonciatioii par lui faite au comité de fureté générale, tendante à révéler une confpiration dont., les agens dévoient être accaparés,, de les patriotes rendus fufpeds par un fyiléme de corrupticii prariu par. les em . neinis de la cholh publique, que dans la dénonciation Chabot avoir fondé Tes preuves fur larernife de 100,000 iiv;. hu comité j que Chabot lui avoir dit qu il étoit chargé * par les machinations clè ce (ydême, de me corronipre avec cette fomine de 100,000 Iiv»; que depuis' long-temps il fiii- voit cette trame, dans laquelle il s étoit nus pour li dé-^ voiler; que, fur la remarque que lit Courtois à Chabof , •que fou perfonnage , dans le cours de cette découverte, étoit fort dangereux, iur-tout avec le dépôt ^de ioo,coo^ livres .entre les mains. Chabot répondit qu eliedivemeiiî il érert cmbarrairé de cetre fonime , mais quhi avoir d abord penfé à la placer à roiiverture d’une folie d’ailance , iulpendue à un cordon qu’il n’aiiroit eu qu’à couper en cas de lur-' prile ; qu’à cette déclaration de Chabot , Courtois , foit Ficces trouvées dans les papiers de Rche^fpierre, F -

$1 ^

étôrmê^ lui fit obferver que cetté précàutidiî , loin Je lé' mettre à couvert, ne Fauroit rendu que plus fufped ; que, fur la demande que fit Courtois à Ckabot, fi je favois quel^ que ehofe, moi déclarant , de Fouverture qu'il Im faiioit,, ■Chabot lui répondit que je nen favois pas la moindre ehofe,- Sc qui! n aiiroit pas ofé > ni voulu me faire aucmie .©fpèce de propofiden, ni tenté de me corrompre, parce quil voyok bien que j'éîois trop , patriote , & que j'aurois pu éclater . de manière à empêcher (a découverte.

Sur quoi , moi fouffigné , ayant eu de plus communicà- tîon, au- comité de fureté générale, d'une pièce portant un projet de décret, figiié de la commifiîon des cinq, dont fétois adjoint membreq convaincu que les chofes qui m'ont été dites par Courtois tiennent à' quelque manœuvre in- fâme, honteufe êc criminelle, déclare..:

1°. Que je n'ai mis le pied- qu'une fois à la commifiîon des cinq, .adjointe au ‘comité des finances, attendu que , fermement réfolu de refter attaché à mon opinion, qui étoit de faire prohiber tout papier de change fur l'étranger, trouvai tout le monde contre moi.

Z®. Que , lors du dernier rapport de Delaunai d’Angers, fur la compagnie des Indes, je fus fingulièremenc frappé de^ la différence de principes & de conféquences , qui fe trouvoit entre le rapport qui avoit l’air d'écrafer la compagnie des Indes, Sc le projet de décret qui fervoit la cupidité des ad- miniftrareurs de .cette compagnie j que j'attaquai alors ce, ^.rojet par un feu! amendement, dans . laquelle lutte je fus_ îoutenu par îlobefpieire , & Fameiidemeiit palfa. Il confif-- jcoit en ce que la liquidation de la compagnie feroit faite par le gouvernement, & que lesfcellés appofés ne fer oient levés que iorfque le mode de liquidation feroit décrété êc prganilé. Cambon fit un fécond amendement ; en confé- queiice des débats, le projet de ]3eiamiai, amendé Sc fous- «mendé, fut renvoyé à une rédadion nouvelle, pour être de nouveau fournis à la Convention,

5®, Que, quelque temps après, je fus joint, à la féance de la Convention, par Chabot, qui m’emmena à la falle de la Liberté ^ il me remit la nouvelle rédadion du dé-- cret, qu'il me dit avoir été faire par la commifiîon. Vois , lyouta-t-il, fi tu fouferis à ce que le projet foit ainfi pré-

^5

fehté 1 k Convention. Je ius ce projet, 8c je ne tardai pas, à in’appei-cevoir que , mÊme en adniettcnt: mon amelldemen^ dv: celui deCambon, il étoit conçu de manière à prélenter

des échappa tGîres aux acliiiiniilrciteurs cie ia coiupagiiic des» Indes, &, tour en iifanr, je niaiiifeflois à Chabot, par des- mois intercalés, mon iTiécontentement fur ces lunphibold** gies. Alors Chabot fe retrancha iiir un ofSee d a.mi, dont ü s’acquittoit pour Delaxinai , qui 1 pn avoit cnargeo Ii cTiunt ajouta- t-il, de te venir parier : tu as difciiu l objet avec tant amertume ^ pdil ejt co trime fâche j II Ltaim j enfin ^ dm eu a prié. Quant à mA ^ continiie-îhl , ye nf prends aucun Jn^- tiret J cornge projet ^Ji tu ne le trouves pas bien, EfFeC“ ri veinent, je pris mon crayon,' j imprimai mon opinion au projet, par de iiombreules corredl'ioriS j je letrancnai mem$ un ardcle tout entier, que je rédigeai de nouveau en marge» ôc je le lignai au crayom ^

Je dois dire que Chabor, non feulement ne forma au- cune oppoiltion à mes corredtjons , mais qu il iembioit inemo m’inviter à bien voir fi je n en tjouverois pas de nouvelles à faire, me laiifant agir, à cet égard, avec un détaehemenS' bien prononcé.

4®* Que le lendemain du rapport de la dilcuiîlon de De* kmiai, craignant que dans rintervalle ptre ce moment Sc celui on préfenteroit la nouvelle rédadioii du projet, oii ne ûirprit quelque décret pour faire lever les fcellés de la Compagnie des Indes, je fis décréter, fur ma motion, que les fcellés ne feroient pas levés , que le mode de liquidation ne fût décrété &: organifé. -

5"^. Que le lendemain ou le furlendemain jour Chabot ni avoit parlé (autant qu’il peut men fouvenir)» Chabot, pour la première êc unique fois, vint chez moi j j’érois au liti je le reçus jambes nues, il me dit: tiens, voilà, mot à mot, le projet tel que tu l’as corrigé. Je te l’apporte à la prière de Delaiinai ; figne-le , & je le (ignai# Je dois obferver que Chabot exprima fur cet oliice encore pins de détachement que la veille,. &/fon^ iildilférence fi^^ ce point , qui alors , approchoit de Faii* même de 1 ennui 5 fon efpèce d’humeur contre la biZcun'erie de Delaunai, qtîC craignant de conférer avec moi , s aviioit , diloit-il , de le faire courir : tout cela ne me parut pointalor^ de Fembar-

F JT

^ comme il- me femble aujourcriiiii que ç’aiiroit 'bien ptf en ê'-re.

J'obierve encore que la copie an net du projet de décret étoic Si fat reprife par Chabot, (ans p.ucuns eipèce de î-arure ^

. ( °, Qu après avoir éré quelque temps Cns veir Pelaunai a la- Convendoii 5 le iiafard ime'lîr palier, il y a peu de jours 5 à côté de lui , en cherchsnt place à la monragae j. mes yeux vcnaoî à rcHconrrri les hen-s , &: vovant qu il- n avoir pas l’air ii fâché que Chabo^ ma Tavoii d>r , je lui dis : eh bien] quand- préjcntc-.-tu le projet de décredp-

B me répondit par quelques mors que je n emcndis pas- - afiez poür qu ils me rendillent un iens déterminé. Cepen- ■dkîir je me iouviens qu’il commença par dire une chcle , ■'Sc qu’en fe reure-iiaiit, il voulut m’en dire une autre. Comrae fe moiirois , comrnè je nVitrachcis- pas à fa réponfe une -gratKle. importance, Sc que ma demande éroit , à vrai dire, .--■rpie .manière de parler à- un ccÜègiie que Fon cil Gchè diivoir inuiipcdé contre fc-i, je pailai ians réflexion : cepen- dant (ou air do (hrpn{e nt m’échappa pas , & je Farrribuai -alors à mon abord, ce qui me fit Mter mon paüagej

7^. Que le projet de décret lüfdit que j’ai ligné eir verra de mon amendemciitV ainh-que les au mes . membres de la coiTiiTiiilion 5 éîoit, comme je l’ai dit, fans rarures , & que je Fai vu au comité de sûreté générale chargé de ratures frites de plaiieiirs çncres, âc quèl s’y trouve meme des- ar'klcs enuers büîes Sc bétonnés,, auxquels d’autres ioiit (ubllittiés en marge, de d'une encre difl'é'reiite du corps da. projeî^j .

Qu’ayant parlé liier à ' Canibon de cette aitaire , il m’a die que k projet étoi? égalemoiit bien au net &- fans ra- ture., quand il, -Fa (igiié , que fa iîgnariire a été appofée ]\ar lui la fécondé , âc après la mienne , que c’eit Deiaunai ' d’.A.rr?:ers, qui a été faire auprès de loi le même rôle que Chabot avoir fait auprès de moim& que 'DBaunai ici avoir dit que c’étoit moi qui avois , rédigé le projet , ce qui elt faux.

Note unpor:anîe.

drcver Clirédcii ( i ), jacobin , bcmme trcî-acdf ^ ae-l^

aie 5 place du b hêârre icalien , efb

meurant cc tenanc un cale, place du T.nêâ:re icalien, efb un.hcirme qui, malgré le parriotilme qa'ii monrre , efl an

moins de la clique des exagérateurs j &, choie poiitive^ il eit tout à_la hicbion, ce, en particulier, le rour-à-tcus

de Cclior-d’xlcrbois. bans rien prononcer iur ^et homme, voiri les fki's il a tenu & tiem , au-deilus de fen cale , une cip cce de cii:b oh s'aiiemblcienr les brcii , 'Desneux , &c.

Le cimycn de rCàrme , de radminidia'ion de police , ( choie e cnnanre que ce loir à elle qu'on ai: remis Tarn reltaricn de Frcn); ce de 1 Orme ayant manqué Préli qui a. deux loge mens , a fait arrêter (en dcmeilique , qui a dit avoir quiné r rcli de pins dix-huit mois. On Ta fouillé j il êtoit porteur d'une lettre de Frcli , en date du jour même. Comme le commiflairs iiioi: la Luie , le dcnieitique la lui a arrachée de i a dccidree j en a ramalle &z réuni les mor-

deugnei; aufli , du comité révoludonncire de la ieétion de Quscre-ving-doüze , pour opérer ce::e lavée de icelles.

Dans le tracas de ce.re adaire , le cimpen Chréurn , déjà fauhié cnez le citoyen de rOrme , sV eit gliile après Laven- riire du domeifique , éc , iur le propos de cer objet , -s'eL échappé juLcu'a dire à h femme du c'royen de l'Orme : Eh bien ^ rn. i -e Juis €u il cf: Fixa , & en ne Is jF^ra pas ^ & votre man , vo^ls ^las fias que aau.reu

Fait polinr recueilli de ]-Gfil,de rorellie êc en préicnce. -

( î ) U y a fJcL-x Chrwî;:- , non l'arecîj chul lioiic il n’efc pas esciticr. bi cli an pi:nccc cp.rcu'ii. ' * ^

No. III.

'^nention i patriotes ^ atterdion & toujours attcnûùn.

Je ne (crois pas un iiom.me libre , fi je ne Jifois pas à Robefpierre tout ce que j’ai vu & entendu petid^nr ma détention , le cœur d’un patriote étant le véritable tribunal de k vertu : c’eil que je dois , loin cie toute foibieiîe , ne rien laifléi- à delirer fur ce que j’ai pu non-reulement entendre mais comprendre ; & fi je pouvois lu.i tranÜTietrrQ julqu aux geiles qui ont accompag|ié les dires des acciifés ^ je nikçquittçrois , au péril niême de ma vie , en fiippolanc que le hafard poorrok faire que. quelques lionimes daiige'»- reux pourroieiit peut-être ( & ce que je ne crois pas ) , porter une oreille indilcrète far un rapport qui tient à îna. vertu qu’on peut (uppoier être le fruit de mon imagk nation ou de mes vengeances ,• ou de la jiiftice éternelle, puifqu il n’y a que Dieu & moi qui puillions en conftater certitude.

Ecoute, Robefpierre , je ne veux pas te tromper i’al vu la mort de trop près pour en avoir pep.r, Décide de ma vie fans crainte , elle ed à toi elle eif à tous Jes pa- triotes, mais , laiivej ma patrie ; fi ma patrie ed- iauyée, jlaurai allez vécu, vSi...., Dieu Drme-nmoi la paupière, Cou- rage , Robefpierre , regarde jiiiqu’au fond de Ipnie ceux qui t’entoureront v ferre les paruotes contre ton (eni j entoure- ^oi de leur vertu & de leur couragse , cc meurs , s il le faut 5 en défendant cette précieide liberté qui^ par-tout a été avilie , par-tour détruite •> foiige que le vaiiDau de la liberté eû: en pleine mer , prends garde que les laébons ne Centourenc ôc ne briienr ; méfie-toi des pirates qui veib |ent pour en recueillir les débris.

Rapport de que /ai vu & entendu depuis, ma détenûom

Te n ai commencé à communiquer avec les détenus , que quand il a fdlu que je me préfenîe au tribunal , , en 4çjçmiant^ je ks ai vus i npiaiS| delà totalité des açcuf^'?^.

^7

ie n’y ai reconnu que Momoro , comme présent de ma feaion; Ronfin , pour l’avoir vu une fois Paiement aux Cordeliers, le foir de fa remife en liberté; Fmce.it, pour l’avoir vu non - feulemeat aux Cordeliers , mais encore à la fociété populaire de ma fediion, & à ma ledtion (car il fe fouroi t par-tout) ; Hébert , pour Fayon vu une fo s à la commune je demandai a parler a Chaumetie Im quelque cliofe qui concernoit le comité revoluti^onnaire de ma l'eaion , & pour l’avoir vu deux fois aux Cordeliers , & Ducroquet , eommiiraire aux accaparemens , lequel etoit de ma feaion. Pour ce qui eft des autres accufés , je n* les ai jamais connus, & les ai vus pour la première fois au tribunal. . i tr- .

Je n’ai pu retirer aucun renfeignement de Vincent , parce

qu’il s’eft conftamment méfié de moi. Depuis ma preiTuere entrevue pour le tribunal , jufqu’au moment^ ou j ai été iippelé pour être acquitté, il parloir fouvent a 1 oreille de Momoro & de Ronfin, & fermoir fon papier lorlque je

voulois y regarder. ^

Pour ce qui eft de Momoro , il m a témoigné de 1 amij tié 5 beaucoup de reconnoitrance , m a pl^nt , & a cemr^ de mon innocence , mais ne m’a communiqué aucune cholç qui tînt à une confpiration , a aftedé même de n^ taire conferver l’opinion qu’il croyoit que j’^ois de ^i. C.o^e je lui ai demandé ce que c’étoit que Pereyra Dubuifton > il m’a répondu que cétoit la faétion Proli > que çetoit un refte de la faétion de Dumoiariez *, que le parti qui im en vouloit , avoir implanté cette faction dans leur attire po^r les rendre criminels , ^ préparer une detâr

vGrable fur leur compte , c eft-à-dire , fur lui Momoi:©^ Vincent, Ronfin ôc Hébert ^ que c’étoient des fripons^ des voleurs j que , quant à Laumur , c etoit un aruto^ crate qu’on avoir aulïi implanté pour leur, donner un atr de conjuration j que l’ariftocratie leur avoir mis cet homr^ en avant, & que Wefterman 5 fon accufateur > aufli

coquin que lui , Laumur > que , fi on faifoit bien ,, oa

l’atrêteroit aulîî. , •» * j

Ronfin a conftamment paru gai , (ans que j aie pu de- viner ft c’étoit fa confcience ou 1 effet de fon ^nprefle- n^ent, jufquVu montent il 9- dit cçtte phrafe a Momorp

ir 4

Qu efî'*ce que tu écris , tour cela efl: inutile ; ceci ell ub- 5^ 'procès polrdque , vous avez parlé aux Cordeliers , tandis qu'il raiîoit agir ^ cette franchife indiicrëte vous a perdus 5 on vous arrête en ckemiii , & le coup de temps è « vous deviez (avoir que tôt ou tard les iîiriTiiiîiens des.

révolutions font briiés j il vous refioit une reiïburje , « vous l’avez ^^nianquée , ! cependant ^ ioysz tranquilies * s'adreüanî à Fiébt-rr^ Vincent & ,MQmoro , le temps nous.: vengera 5 le peuple vidimera les juges , & fera juftice de notre niorr. J’ai un enfant que j’ai adopté , je lui rd in- calqué ks'pnncipes d’une liberté illiniitéel quand il .fera grand 3 il ii’cublièra pas la mort injuite de ion père adüpiii j il poignardera ceux qui nous auront fait mourir, Sc il ne fuit pour cela qu’un couteau de deux lois Lo Jour qu on lut le journal d Hébert , il lui dit : ,tu as ver- inagé 3 ta réponfe éteit bien , (impie ; il frdloit mettre en parailèie de certains numércs de Marat. Apprêtez-vous à 1 nourii, leur dinü, je jure que vous ne nie verrez pas ,1: tmicder.

•Hçbei't lia rien dit qui portât caradèr? ; il a paru foible , in ’-barraiH' , & la dernière imit 3 clans iaprifon, a eu des accès de déi'eipoi..r. ^ ^ ^

J oiib U: ns de dire que Konfin , pourfuivant fa .harangue .|l IVfpî :n orq , .Heberi* de Vincent, leur dit , en fciiiiuit un gefte aiit'id'niatif : il y a déjà long-temps que je nie fuis appercii tiue vous étiez îïîirésdc (uivis dans le leiiat par un hoiiaiit c* rai.t'anrC mfé &: dangereux (du iiioins voilà ce. o-'fîl vouloir dire par un terme .%'jrè dont je ne.

P r-s .Tie fc ) 5 d vous a farpiis , parce que vous ne V'>ns très méliés ; il faut moiiri.r : &, le , tour-

nnn' vers m I .aboureau , nie dit : dhprès ce c^ie m’a die Momo"'o de î fu es 011. bon garçon J il rfy a rien ici 1-e ^^çy j.ràe' J & pe te répond s' que tu feras remis en li- b^r?é. hnfj.i^e padant à liebert qui lui dir qrfii croycir la libcrî'é perd; m , il lui répondit : tu ne fais ce que t .1 dis 5 la liberté ne peur m.râîiteîiant fe déterminer j le oui. nous eiï-yqie à la mort, ira à fon cour, & cek..

h

No I V.

DeîamaifondWt, dite le. A.gUifes de

le lo floréal, an 2 de la République une & ladivifibl..

Rcnfàgncmtn, donnés par Armand , fur la confpiradm ^ ^ de Bati.

J’ai vu ce matin la femme Grandmaifon ; fai joute

'LSrirr .t

fonce tiop «mite I»“ 'S'üîp™

éeard. Pawr caution de ce tau, qut^ j

“m" t«fSv'.i!°p5 ■!« f»"

nier eue "i ^ ou elle devoir me remettre au-

S^urdCrElie ne me les a pas le gendarme Ccnftant ne lui , I

‘‘“'Æi? K' £S "râxf. K™. 1. ...»

Æ. '™y«« s«.. ”'rr t'fïrx'ko,.»

'C ^ Allnir fin'êter cet homme des ce lou* citoyen

'Talêmme Grandmaifon a tellement identifié fon for» avec irmi^n, quelle ma ptopofé de me fouftraire avec aie de la maifold arrêt -, elle ma ^ ^u.

ouvre toutes les portes ne lui «aanqueroit pas , que la

f^m avVt à elle':6o,ooo liv i f iX

lomiers pour avoir fa liberté, puifqu elle avoir a craindre

p"d ll'.e. I. .. .‘P«nJ5 fr.2“P

fa chofe n’étolt pofflole que d unn « 1 Sfff "-

par une forte fomme , le citoyen DolTonville -, je mi . ^ Fïhes trQuyàs dans les papiers de Rohejpicrrs, t S

JvfAND,

avoir

>ie aoir avoir deux ^ îi doit être ferj )bei 3 peiipie eft e, r.ul il çil O, 5 II devient le jouet

cnneiTiis de

510

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tïu'il détefe;- ie r"--'ipê'> V principes fecrcts;

S»e l-„cc.i;on‘i£,S 2”““”d.\’S 'f “» P'">'

«ne aifance ail'orée cV rn r ^ avec

homme paiiranr dans l'etranger FiereFice le p'Fn

Cette O'i'''’orrnrp l’-ii ^ r/ . . ' iffîpoitaiir.

;s:vî £ i

préparée, il lui fera pmnd'-e Ff nÿle au Occés de l^ioC

ne vo-aloit fottir de nr'ifoi cF poudvhF Je la rrefV anf->t- '' ' ^ joindre au Havre.

ees deux lettres nu-’ m’ P-Fi qnélle falîê partir

mais elle deiFe ^ F F F leur adreVef

Earx que le gendarme ConknFFnt’ eTfoF'F

main fan:^ doufe elle Faiira. ^ ' h^uyoïr. Ve-

dénouement ; le comité c la cirofe puÜinue.^ ^ ^ « épargné nen pour fervir

ç

, i , l etranger,

: oxuoiinée ses foixpoj. i-iîivFni'pç î "" C bien

' la dofrnH & poim léFionwF»"?^!

la

' .a on 'J lifte

ai yrannique ' -Vépriie , le ,'^-;^3 mand ii- ..^emis . Ca - ‘l.é

*:. Le gouvernemexHt adleres : il dcit être Sdi eft

vili dans & la

^or.re liberté

&

de-

avoir-

ger le gouvernement

1

îorfqu il fat tyrannique , de le détruire dès le moment où; il devenoit populaire. Ces deux routes les conduifoient m même but, à la tyrannie & à la ruine de la France^ b ille de la philofopiiie ôc de l’ambition , produit mira- culeux du vice & de la vertu, de la perfidie & de la bomie toi , la révolution françaife ébranle le trône & foudroie Fs deux ordres privilégiés. Les ambitieux lui tendent la main pour la foutenir, & lui donnent pour bafe la moBftrueufe conftimiion de 1751. Les amis éclairés .de rimmanité ré-. clamoient en lecret contre cet ouvrage de la perfidie & de la crédulité , & attendoicnt le moment le tyran , à force de crimes , deffilieroit lui-même les yeux du peude abufé Des le mois daoût 1791, il en a comblé la inefure ; il tombe de fon trône , enfanglanté par le meurtre de cent miib brançais; ma, s une faâion nouvelle s’efforc® de le relever le malfacre des républicains , la ruine de Paris , la diffolu- non de la République , la perte de la Conventien nationale , le triomphe des ennemis de la France éc le joue odieux dun tyran étranger, tout étoit préparé. L<i confpiration le dénoué comme ce Je de la coar de Louis , la foudre populaire tonnefur les tetes coupables , la lumière fort du fein d’un chaos, la hberte naît des crimes de la. tyrannie, la Convention nationale rejette hors de fon fein les traîtres qui ia tra- vailient; la puiffince& les dangers diipeiaple français se dé- veloppent a la fois , Toulon eft vendu aux Anglais , Mar- lenle & Bordeaux leur tendent les bras , Lyon déclare la guerre à la République , le Midi menace de fe détacher d’eJe les corps adminiftratifs fe liguent contre la répréfentation na- tionale, la Normandie lève l’étendard de la rébellion le gouffre de la Vendée , creufé , élargi fans ceffe par la naiiiion, dçvore les plus intrépides dél-enreurs de la liberté - tous nos^ ports de l’Océan & de ia Méditerranée femblent prêts à imiter la trahifon de Toulon, tandis que les armées mnornpiables de tous les despotes de 1 Europe prennent poireiTion de nos Places rortes , & envahfffentde toutes parts notre te--- iitoire ouvert par des généraux perfides- tout femble conf-.

^ République ; mais la Convention nationale debout, pure & liore , enhn dignç du peuple français, tua çonffitunen républicaine fort de foij fein , comme Mi-

»erve du ceïvau da père des dieux Le peuple l’adopte r-rfonne; il préfente d'une mam a fes reprelentans le pad» Liai ad;pté par lui; de l’autre, il préfente aux tyrans conjurés le glaive avec lequel il veut les exterminer. Le fe- üéralifme eiche fes cent têtes dans la fange dont d etoit forti- Marfeille rebelle rentre fous la loi de la République , Bordeaux eft réduit , du moins à lui rendre hommage , comme ntypoctifc à la vertu ; la foudre nationale tonne fur ks tetes des •ebÜleS renfermés dans Lyon; la tadion odieu e qui fein de la patiie , fe tait devant le peuple qu ^ ^

r?i relie les repréienrans du peuple contre lefquels file avoir bkfpbèmé ; Dunkerque cft fauvé , & ks lâches ate .tes du Lan de la Grande-Bretagne fuient devant nos phalanges îoub'icaines , malgré l’appui des generaux perfides qui lui ‘^voient vendu nos places fortes & notre amree ; ks traîtres font chalTés ou punis y les ennemis de la République trem V Unr eux- mêinps de la lenteur de leurs propres fuccès , Ss s’Lre fouL à toutes ks forces de l’Europe conjurée ^Et l'Europe conjurée qui, pendant cinq ans , nous a Lait la SenPTnL-feulement avec les armées & avec fes treiors , mais avec no» généraux avec notre or ^ ’des

elk-mème épouvantée de la lenteur de fes fucces , &

é,é fappé.

c nue vous ks avez vous mêmes opérés , font dus au Mrîaère que vous avez déployé dans les derniers temps , a

l r>“ ^ J' ”“7f

vH & infoknt Dtimourkz, lorfqtul ofoit vous memcer , dans fes adrelfes fédideufes , fous le prétexté de de.endre tf raî re7Que vous renfermiez dans vmre fein la diifo-, Ltion'de la repréfentaticn nanenak. Que vouloient ce

trcutr6S eux-nitiTi6s 5 lorrcjuiis vcus psralyroicnî j loirQuiîè vôus troubioient, ioriquSls vous aviliilbienr par fleurs inîii- c^iicS éterntllcs ? CoiUibiv n clâ fois ns vous déclaicicHUils pas Iclemiieliemenî 5 à cette tribune rneme^ que vous ttiez in- üisnes de fp*.uYer la parne î Coaibien de rois ne pruposvrcîii.- ils" pas de vous remplacer par vos, iuppléans , d'aller tenir à Bourges ou à^Veriaiilcs uns ailemblée nouvelle’ Combien d.e fois n'osèrent-iis pas 3 du haut de certe^mcms aibune , appeler à eux des armées réderaliibss , fous le nom ce gardas deuariementales ? Combien de fois ne vous cieiiTandarent-ns pas de convtiquer les alleiiiblees primaires pour nonimer c*® nouvea.ux reprelenmms , c eil-a-dire , pour fe ciéiaire des dépurés ridéles don: la préience contraricit leurs ^ projets peif des, & refler leuls, avec les tyrans, maitres des de!-* tinees du peuple ixançaisl II me fouvient encore d un mot remarquable échappé à Brihot , en prèle nce ae trente mem- bres t:u mciiis de cette ailemblée , le jour même ^cù la nouvelle de la révc-I'e de Ivumounez , devenue publique , força le ccmité de défends générale à deiibprer fur les moyens de lauver la patrie. L/opinicn de Briliot (e reduilit à ce mot: il dl clair' que la Convention nadcnale .eft trop dJ’i'ilce pour triomplier des ennemis de la France , il faut qiielle frmite le plus nrcmptement poliiblc. Quel autre co- jet pcuvoien': avoir , de leurs calcrrnnes parncicies , de leurs proieis dailailmars conire les déien leurs de la Bépublique , ce kuis inCbes journCiéres au peuple qui pmus ciirourci^, de à la tribune même de la Ccnveniion ? Vous avez oié cc-nebimner L.ouis ^ c'cngnez IFurope, craignez ks 3:011^, cr:i- nez les na iens irn ccs*, fulpenctez vous-memes 1 exé- cution de votre décru-, juiquà ce que vous ayez obtenu le conCnmrnenr des pmliancfs etrangeres.

Cl omns , voua un échantillon du iyllême de perfdie que j’cfcue de vous dé' ''ic"'.'per t voua 1 elpnt de cette fc-cte de pclincucs rue je vous dénonce. _

Elle n elt ooint n?oi'''e , elle ne mourra point avec iinn ut &: Ic> dérntés gio ndms. Le crime iurvit au icéiérar , do la tyrannie ne deCend pas an tombeau avec un rjram Péja il avoir des uiccedeurs qui , métrant à prch'q ies leçons de kur coupable exrérience , cm perfecticnné leur

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srt impcÆeur 5 comme ils avojent çux-mêmes enchéri fur celui d-e leurs devanciers.

Erilïot & Tes complices empîoyoicnt à la fois le poifon du moclérandinie & Fart de F exagération. îls 'tomioiem courre Fanarcide dans la Conventicn ; ils prêchoient la ré- bellion 3 & alinmoient la guerre civile clans route la France, Leurs continiîateiirs ne pouvoient être allez maFadroits pour arborer l’étendard du modéraiitifme hypocrite qui' les avoit perdus. Leur rôle étoiî cFoiitrer les principes républicains des généreux défenfeurs de la liberté , qui avoient terralTé la fadion ; & ils entreprirent de le jouer. Il ne tint pas à eux que les vainqu-eLirs du brilïbtifme èc de Fanglomanie ne paruirent, auprès d’eux ^ des modérés ôc des briUbtins, Les chefs de la conspiration des tyrans s’ ét oient Hatrés qu'a- près ;la chiite de la fadion dominante ^ il leur feroit facile ■de dilloLidre le parti populaire de la Convention ; leurs agens perfides dont nous parlons, mirent tout en œuvre

Î)our réaliler cet iiifolent efpoir. Deux jours après , un de eurs émiilaites , un prêtre impudent , nommé Jacques Roux, vint à la barre de la Convendon , infulter à la Conven- tion tiarioîiale 5 lui reprocher les befoins -du peuple , , en lui demandant impérieiifemeet des lois extravagantes. Deux autres valets de Fariftocraîle ; ils fe îiobiment , dit- on , Leclerc & 'Varier, guidés par les mêmes meneurs, écrivent ‘avec lui p^our exciter le peuple contre la Conven- tion. Le principal but de la fadiori iembloiî être de réa^ îifer toutes les calomnies que la fadioii -girondine prodi- guoit depuis long-temps aux repréienrans du peuple*. aux fondateurs de la République, Ils prêchoient en effet le piD, lage & Fairaffinac , au moment même le peupile avoit rétabli Fordre en pnniifant les éternels ennemis de les droits & de fon bonheur. Iis écrivoieni au ilom de Marat , dont; le nom avoit été la bafe de leurs impoftares liberticides au nom de ce même Marat , qui , peu de jours avant fa mort , avoit dénoncé aux Cc^rdeliers ces vils fuppôts des puilfances ennemies de la France. C'eft en fon nom qu iis aceufoienr de folbieile de trahifoii les plus intrépides défenfeurs de la caiife publique. Aulîi-tôt des orateurs mer- jççnaires , Ôç peut * être . même ^ des patriotes aufli ignorant

9S , ..

eue foaæusux fe téoandirenc dans les clubs populaires , de- Lncèrenï la Montagne , ciierchèrent à poiiUer le peuple aa

défelpoir; & aa mépris du nouveau gouverne-iieH. , liS

v.*ulüiem