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REVUE

DES

LANGUES ROMANES

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Tome I.VIIE

V l' s E 1'. I E T U ME VIII

SOCIÉTÉ DES LANGUES ROMANES

MONTPFJ.LIF.R

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REMARQUES

AU SUJET ET A PROPOS DE l' ÉDITION d'U.NK VERSION

DU BEL'VES cVAlGREMOXT

Tout à la fia de mon cdilion des (JunUc Fils Aijinoii, après avoir présenté en un ensemble les principaux carac- tères cpii autorisent à ranger en familles de rédactions les divers manuscrits du poème, je disais : « Il reste à formuler pour chacune des familles dét-erminées la filia- tion exacte des versions qu'elles embrassent ».

Un premier pas me semble fait dans cette voie par la publication du Beuvcs (TAigremonl. i)remière branche du poème, d'après les mss. de Metz. Montpellier. l'Arsenal, Peterhouse. Douce d'Oxford. En une thèse de 74 pages (Greifswald. 1913). M. Karl Kaiser donne les 987 pre- miers vers d'après ces cinq manuscrits, et nous apprend (p. 10) que la seconde partie du Bernes d'Aigremont, ces mss. se séparent en une version M Mz et une version A P D, sera prochainenuMit publiée par MM. Tlieel et Geipel.

La division du travail a des inconvénients ([ue signa- lent et déplorent les économistes. Ici. M. Kaiser, mar- chant le premier, s'est honnêtement cru tenu de donner non seulement sa part du texte, mais aussi de composer une sorte d'introduction générale Aisant le Beuves d Ai- rjremont en son entier. Je suppose que MM. Theel et Geipel l'ont aidé, mais travail à trois est rarement parfait.

Après avoir rappelé qu'avant 1909. il n'existait de texte imprimé d"S Fils Afimon que le Renaus de Montauhan, de Michelant. M. K. traite de l'édition que j'ai donnée ici et dans la collection des publications spéciales de la Société des Langues Romanes : « Castets, lui aussi, donne seulement une édition du ms. La \ allière. et en introduction et en appendice, des remarques sur les autres mantiscrits. E\ideniinfMil. il ne songe pas à rédiger un

fi rîLMAROl ES Al SI JET

ouvrage d'un caradère absolument criliciue : Anschei- ncnd iiil'l er ducJi (ju(f Kein ahschPicssend Krltisch-:is Werk schaj'fen ». Il cite même, à l'appui de ccUc opinion, ce que j'ai dit dans mon introduction, à propos d'une remar- ([ue de Zwick \isan-l l'édition de .Miclielant. S'il eût con- tinué à lire, il aurait constaté que je promettais surtout de faire aulrement qu.e le premier éditeur, c'esit-à-dire de ne pas loucher au texte sans en avertir et sans en donner la raison.

Mais M. K. \eut bien reconnailre que mon édition est bonne et (jue les notes et les explications <iue je donne au sujet (les manuscrits, sont très supériefiiires à co que l'on avait juscjue-là : et je n'aurais qu'à me rejouir, s'il ne se hâtait d'ajouter que notes et explications n'éclai- rent (pi'en partie les ra])porls compliqués des manuscrits entre eux.

« Donner r^t retenir ne \anl ■». dit le |)i'overbe. L'on aurait eu à la liiinjMir le dioil i\v par'ler ainsi, car je ne })ouvais, dans l'état je trouxais la ciueslion, m'enga- ger dans \\\i détail minutieux au sujet de manuscrits représentant des \(Msions très dilïérenles les unes des autres, mais il eût fallu dire d'abord que, dans la descrip- tion des manuscrits, dans de longues notes au texte, enfin dans l'afqjendice. j'ai jeté les bases d'une classifi- cation des manuscrits en familles d'après les rédactions qu'ils nous ont conservées et que. tout à la fin, j'ai pré- senté un résumé de ce classement (1). On de\ail le dire, parce qu'en fait c'est sur ce classement que l'on s'est appuyé pour éditer la première partie d'un Beuvcs cTAi- (jrcmojit d'après les manuscrits A P D, M Mz, et c'est également grâce à lui que MM. Theel et Geipel ont reconnu que, pour la seconde ]iartie. ces manuscrits offraient deux versions absolument distinctes, l'une con- ser\"ée dans A P D. laiilrc dans M M/,.

(1) Dans un article à part sur les dernières publications reJa- tives aux Fils Aymon j'avais déjà traeé un classement général en partant de L. V. R' rue des L. romanes, année 1908. pp. 490-504.

m; " BF.IVF.S D AIGItF.MONT » 7

.radiuols \()l(iiilicrs (iiriiii jcimo l'oiiKinisaiil pont so croire tenu à uno disci-rlion qui n'est {ias obligatoire ])onr les vétérans de la maison ; mais quel péril y avait-il à reproduire des lignes commiO celles-ci : « M Metz ont un Beuves d'Aigremont particulier... A- P ont un Beuvcs d'Aigremoid autre que celui de L, mais dont la première }>arli-e concorde avec celle de M Metz » ? C'est cette l)remière partie comnnme aux (pialn' mamiscrits (pio vous imprimez. En y ajoutant, à ])artir du v. 740 (sur les 987 du te\t<') \" nis. Douce (D). \ous ne faites que mettre à ])roIit les indicaiions quK^ j'ai données sur ce manuscrit, auquel manquent de nombreux feuillets au commence- ment et dont jai inqu-imé la {)remière i)age en consta- tant ([u'il suit la \ersion A.

Dans ce dédale en apparence inextricable des manus- crits des Fils .l////io/i, j'ai tracé des avenues il est aisé de se relrouvei' ; mais j'aurais préféré n'être ]?as contraint à le ra[)peler. Remarquez d'ailleurs que, soit à la description des manuscrits, soit dans l'appendice, soit même dans les notes au texte, j'ai multiplié les résumés et les citations, celles-ci dur.- longueur plus qu'ordinaire, parce que je tenais à faire triompher la vérité, peu soup- çonnée jusqu'alors, qu'à côté de la version représentée par un seul manuscrit, 1:; m.anuscrit La \^allière que j'édi- tais, il était d'a-ures rédactions très différentes de celle-là et très différentes entre elles Je n'avais pas dédaigné de consulter la vieille ju-oie française qui représente un ms. perdu de la ''imil'.e P A J\I Metz pour la première partie du Beuves d'AigremorJ, et les mss. M Metz pour la seconde. A ce /îopos, j'inij^rimais, ou à peu près, toute la seconde partie du Beuv- s d'Aigremonl d'après M. D'ail- leurs, par Les cjitit ons de A cl de P à la description des manuscrits, ainsi que par les résumés et des comparai- sons partielles, je donnais les éléments les plus néces- saires à l'étude de re remaniement si curieux du grand poème. J'avais donc pp[»ri3 avec une réelle et sincère satisfaction, (;ue j'aïu-ais le plaisir de lire le commen-

8 REMARQUES AU SUJET

cément inifuiiné, et j'ai et.' d'autant jilus étonné que ma préparation antérieure du sujet fût mise en oubli.

L'exemple à lui seul de Matthes montre Ton en était avant mes travaux. En 1875, parlant du ms. Douce dont on lui avait communi(iu'é des extraits, il déclarait : « le manuscrit ne réclame i)as d'autre examen. Il con- tient la plus ancienne version de Renaus, la version tra- ditionnelle » (1). Or, ce n'est pas à la \ersion tradition- nelle de Reiinus, c'est-à-dire à celle du ms. La Vallièrc, im'primée' î>ar Miclielaiit et conaïue -de Maithes, "Cju'iil faut comp^irer lo ms. Douce, mais, au moins pour le conTmen- cemen|_et la (in à la \(M-si()n A P. Xolez que Matiheis avait feuilleté le ms. A (Ai-senal). puis([u'il en mentionne un passage, p. xxvii du Itciiotil V(tii .Montalbaen. Entre feuil- leter un manuscrit cl le lii'e, il y a loin.

M. Kaiser, dans la Lilcraluf, ou bibliographie, men- tionne la thèse de R. Zwick sur la Langue du Renaul de MonlaiiI)nn. Mais ce tra^■ail d'un esprit sagace contient des inexactitudes, et. comme ni la description des mss. n'y est suffisante, ni le sujet lui-même ne pouvait être utilement traité en raison de l'infidélité du texte tel (|ue Michelant l'a édité, je crois bien faire de corriger ici (pielques-unes de ces inexactitudes. La thèse de Zwick est de 1884. S'il eût connu le ms. t.a Vallière lui-même, il aurait eu un terrain plus solide, malgré le manque d'homogénéité du manuscrit (2).

A la page 13, Zwick énumère les contradictions maté- rieilleis, sachficfe WidersprucJie, qu'il a relevées dans le texte du poème :

La femme de Renaud est d'abord dite Aélis (Miche- lant, p. 117, V. 10; Castets, 4-120) ; dans toute la suite elle est appelée Clarisse.

(1) L'on a le texte de cette lettre à la ipremièie page de mon Appendice, p. 906.

(2) J'en donne la deecription minutieuse à mon Appendice, B., p. 920-925. On ne cxjm'pi'end point que Michelant néglige de faire la moindre allusion à l'aspect si particulier du manuscrit qu'il éditait.

DU " BEUVES d'aIGREMONT » 9

Ijes Fils Aymoii, dans l(Mn- fuitn. sont dabord logés ]tar l'ermite Gautier (Michclant. p. 1:53. \. 30 ; Castets, V. 5059). Plus loin il reparaît, mais sous le nom de Ber- nardt (Michelant. p. 362. v. 33 : Castets, v. 13797).

La première }tartie raconte comment les quatre frè- res, après la malheureuse partie d'échecs, s'enfuirent de la cour dans les Ardennes. Lorsque, plus loin, Renaud conte sa rupture a\ec l'Empereur, il ne mentionne point d'une syllabe la partie d'échecs et fait venir les cheva- liers directement de la Cour en Gascogne.

J'a^•oue \oir une simple différence entre les noms attri- bués à la duchesse plutôt qu'une contradiction. Il s'agit de la même personne, et l'on sait que jongleurs et copistes se gênaient peu avec les noms propres. 11 en est bien d'autres exemples dan.s les Fils .l/y/no/i (1).

Quant au Gautier et au lîernard, ce sont deux person- nes distinctes. Les Fils Aymon, revenant de la course Renaud a conquis la couronne du roi, s'arrêtent à Poi- tiers chez leur hôte Gautier. Il semble que ce soit le même personnage qui les a hébergés lorsqu'ils se rendaient avec Mangis dans le Midi, après qu'ils avaient été si affectueu- sement reçus par leur mère à Dordonne (Michelant, p. 98; Castets, V. 3697). De toute manière, Gautier n'est pas un ermite. Dans le Morgante, Pulci le transpose à Paris, mais ne se trompe point sur sa qualité : K soleau questi senipre per antico Dismontare alla casa di Gualtieri (xi, ott. 30).

Bien plus loin dans le récit, lorsque les Fils Aymon "sortent du passage souterrain par ils se sont évadés de Montauban, ils se ti-oiucnt dans un bois, et les frères de Renaud lui conseillent d'aller demander l'hospitailité à soji ami l'ermite Bernard. Celui-ci les accueille de son mieux (Michelant, i).p. 362-364 ; Caslets, 13793-13853). 3\û donné, dans rai'i)endice, la forme (pie cet épisode a prise

(1) Her\-i de Lion (v. 1449) et Hervix de Losenne (v. 3560) sont le même pcn&onnage, maie le trouvère ne songe qu à la rime.

10 REMARQUES AL SUJET

dans B (1). J)niis A il diiïère de L par des détails de forme. Il y a done à noter, non point une contradiction dans le texte, mais une erreur de Zwick ; et cependant il disposait du texte de Michelant. Comment a-t-il pu transposer à Poitiers un ermitage de la forêt légendaire do la Se;rj)einte, pi-ès Montauban ? L'ennui est que ces choses, une fois imprimées, peuAent faire autorité.

.l'on Aiens à lu troisième' contradiction. D'après Zwick, lorsque llenaud raconte à ses clie\aiieiis comment il a rompu aACc l'Emipereur, iJ ne dit pas un mot de la funeste partie doclieivs et ne l'ait pas allusion à l'épisode des Ardeu'ues. Il y a là. poui- '/wick, une double contradic- tion. Il renvoie à Micli^hnil. p. ■J77 (Castets, v. 8G1U-8U73. Of. 8708-872 i).

\(jt(ins successi\onienl les passages il peut être ques- tion do lia partie d'échecs.

Sous Monteasor, dans les Ardcnncs, lltMinud a une dis- cussion a\"ec Fou<[ues de Morillon. Il y i-ai)pelle qu'il a joué a\cc Bcrtolais a\aiit de le tuer d'un cou[» d'échi- quier (Micheilant, p. 07 ; Castets, v. 2620-'2()30) .

Quand la duichesse, sans les reconnaître, reçoit ses enfants reienus des Ardennes, dlile leur raconte comment SCS (ils ont se réfugier dans les Ardennes à la suite de la mort de Bcrtolais. Mention est faite explicitement de la partie d'échecs (Mielielanl, p. OO : Castets, v. 2390- 2il0).

hans la délilu'ration dvs barons du roi ^'s, l'on cxa-

(1) P. 964 966. Le nom de reirmite y est omis, par une de ces négligences dont B est coiitinni^i-, trèti occupé qu'il est d'amplifier. Il est d:infi Epiiud et l'édition Movrire linurht, si altérées que soient ces reproductions. Dans le liinaldo en vea-s, l'ermite est de la geste de CJermont, ce qui dérive de ce qu'ont dit de lui les frères de E,enaud : « Bernarz l'ermite qui ja fu vostre dru ». Au chant II du Morqantc, l'abbé qui donne l'hospitalité à RoIaTid, lui déclare que son nom' est Chiaramonte, qu'il est iseu'de l'illuB- tre geste et neveu ou cousin du paladin Renaud. Tout cela dérive du passage des FUt^ Aijnwti.

DU " BET VES DAIGREMONT ^' H

mine s'il faut, ou non. li\ioi' les Fils Aynion à C'iliark- miag'no, ie\ vicomite d'Avignon résuni>e lo Beuves dWigre- monl (!) et imentio'nne que Renaud a lue Bertolais d'vni coup d'échiquier : « par lel devision Conques \n\k ne pot esire trovés ons ci roion ». Ceci peut ètiv\ à la rigueur, considère comme une allusion à l'ôinsodo des Ardennes.

Il n'est pas dit 'de façon explicite que Bertolais et Renaud eussent joué ensemble, et il est insisté sur ce 'Cfue l'on avait omis, après la mort de Beuves, d'obteuir l'adhé- sion des Fils Aymon à la paix. L'on donne pour raison de l'ajcte de Benaud ia raneune qu"il ga^rdait à Cliarle- magne.

Les mss. B C \' A P M ont une foirme comauune de cette dél'ihératiou le \ioomile d'Avignon fait aussi res- sortir (pie l'on a\ait omis de récoiicilier les Fils Aymon avec l'empereur, tandis que l'on n'avait pas oublié Vivien d'AigTemont. frère de Maugis. Ceci est sans doule ])Our expliquer conuueid ce personnagx' n"a aucun rcMe dans les Fils Aymon. Il est fait mention de la mort de Berto- lais, mais sans aucun détail. Plus sûrement encore que dans le passage corresi)ondant à La \ersioii La Valilière, il n'est pas fait alkision à l'épisode des Ardemies 2). Mais il faut reconnaître ({u'il est surtout, question de l'antago- nisme des Fils Aymon et de (Jhanlemagne, et que rien n'obligeait à s'étendre sur ce qui «'esil pas essentiel.

J'en viens emlin au passage visé par Zuick. Les faits y sont présentée ])iulot d'après la Acrsion A P, dont l'on a le 'texte dans mon introduction, t). liG-liT, mais sans que Renaud parle expressément d'une partie d'échecs. Je m'étais deraanifh' si <■<> ii<> serait ])o\u\ ]>ai- ]•<> fait de copistes (]>. 1^3) : mi^iMix cùl \alu dire ([u<^ si la partie n'y est pas, l'on y r<'tiouve l'échiquier et l'emploi (jue Renaud en a fait :

(1) }ilich<>lant. p. 166; Castets, v. 5888-5923.

(2) L'on a a' texte dans mon édition, à l'Appendice, p. 954-958.

12 REMARQUES AU SUJET

Je pris un eskokier c"on ol i\'ov paialuré ;

Boi-toLai en feri .1. cop desnieism-é,

.1. neveu Chariemagne que molt avoil amé.

8626-8628.)

La différenec- cniiT! la version L et la version A P est que, d'ans la s-cconde, quand Renaud se piaint à Char- lemagne de la brutalité de Bertolais, l'eimipereur l'insuilte mais ne !c fraipi^o point, llenaud, dans ce premier dis- cours, pense uni<iU€meiiit à expli'Cjuer comnieirl il a ét(5 amené à se rc\ olter contre son suzerain et à se mettre au service du l'oi de Gascogne. l\ négilige donc sa quereille avec Borloliais, i-appello qu'il a denuMudé à Charles ncpa- ration pour la mort de Beuves et, qu'insulté |)ar l'emipe reur, il a iué son neveu d'un coup d'échiquier, lliein ne l'obligeait à dire qu'en jouant avec Bertolais iil avait été frappé 'par ceilui-ci. Mais le coup d'échiquier est le témoin de cette ipi-emière partie du drame.

Dans le second et brcl discoui's, non mentionné })ar Zvvick, que Renaud adresse, un peu plus bas, à ses liom- mee (v. 8708 8724), il rappeille encore la mort de Beuves et le coup d'écliiquier.

Zvvick a donc tort d'affirme'r catégoriquement que, dans le discours de Pienaud, il n'y a pas une syllabe de la par'tie d'écbecs ; il y a le couip (r('chiquie'r ei la mort do Bertolais.

Ainsi s'évanouissent les conlradictionis qu'il avait cru constater.

Mais il ne s'en est pas tenu là. Le texte du ms. La Vallière oiïre ceci de particulier que du v. 1 au v. 659i (Michelant, p. 1-174). les vers sont rimes (1) ; que du V. 6595 au \ . 12587 {Michelant, p. 175-330) ils sont asso- nanciés ; (lue le reste du texte est rimé. L'on est donc

(1) Dans cette première partie, plusieurs des lautres manus- crits ont une laiisee as&onancée que j'ai reproduite en note an v. 5003. Est-ce un reste d'une .première rédaction qui aurait été écrite en aesona-nces ?

Dl' '<■ BETVEP d'aK.HEMONT )> 13

porté à sui)[)f)'S4^r '(|uc la p^irlie on assonanices est iplus ancienne, au moins pour la forme, que le reste du poème, et il est d ailleurs d'autres raisons encore pour radmeltre. Mais quond Zwick affirme ({). 1 i. 1. 'SA, (^l<\.) que l'anti- (luitf' de la pai-tie assonaneée est prouvée parce qu"il n'y reste à peu pi-ès aucune trace de la première et qu'il ren voie aux trois contradictions qu'id croit avoir relevées, il se trompe.

.l"ai insisté sur le discours du comte d'Avignon, dont Zwick ne tient pas compte, parce cpfon l'a précisément dans la i)arti-e rimée e't que les faits y sont présentés à pou près exactement comme dans le discours de Renaud lequel est dans la paiiie assonanoce : il y a le coup d'échiquier, mais non ki querelle de llenaud et de Berto- lais. Le nom d'Ardennes n y est {las j^rononcé. Dès lors, il ne peut pkis être parlé des contradictions que l'on pen- sait avoir relevées ejitre la {»ai'lio rimée et la partie assonancée. Dans celle-ci, Fouques de Morillon rejiroclie à Uenaud la mort de Bertolais, neveu de Charlemagne (Michelant. p. 182 ; Castets, v. 6888), et souvent il y esl question de la mort de Beuves. t'est en s'appuyant sur d'autres remanques plus impoilantes que l'on est porté à juger (]ue le poème est formé d'éléments d'abord dis- tincts, dont l'on a fini i)ar former un tout les soudures n'ont jamais complètement disparu.

Le Beuves dWigremonl bien que destiné à se trans- former en une introduction générale aux Fils Aiimnn, fut d'abord une conqjosition inidépenidanlc. Il garde presque absolument ce caractère dans le texte le plus ancien, celui du ms. La \"allière [L], il s'arrête vraiment au vers 1701. Au vers suivant commence la Chanson des Qua- tre Fils Ayrnon :

Dus Aimes de Dordone .1. genlis diexaliers

Sans doute, dans cette forme anti<iue du Beuves dWi- gremonl, il est fait une petite place au duc Aimes, mais on y était forcé par la nécessitt' de créei- un lien entre une

14 UEVIAROUES AU SUJET

œuvre d"un cnraclèiv ;ircliaïqu.c. (\on[ \e succès o\ail êtp© grand, et le récit des avenitures des Fils Aymou. On ne pouvait choisir plus noble et grave vestibule. Dès lors, il ne devait plus êtro reproduit à ipairL Maisi, bien que déjà modifiié >dans le texle La Yailière, il était desitiné à rêtne encore et bien davantage. On devait, ])ai' un progrès naturel, aller plus loin. ache\e'r la fusion des deux poè- mes en un, seul, l/on y ('tait encouragé par rimpoiHaaice et (le succès du Maugis d'Aifiicmunl et jieut être du \'ivicii de Monbranc, com'poisitions d'un genre romanesque <^lont la première a plus de 9000 vers, Tami des Fils Aymon est définitixemenl i)résenlé comme .le fils de Beuves d'Ai gremont, Ton apprcMid d'où il tient sa seienee d'en- chanteur et comment, grâce a lui, Renaud possédait Biayard le chei\al-rée, et Froberge, l'épée irivale de Du- ra ndal.

Dès lors, on n'hésita ])as à i)i'eiidre des libertés plus grandes avec le Beuves â'Aiijrcmunl et les Fih Aijmon eux-mêmes. 11 semble cepeiiidant que, d'aibo'rd, l'on, n'osa point refaire le Beuves tV Auiremonl en entier. Les manus- crits B C donnad, en ertet, le texte ancien jusqu'au vers 1262. Puis, dans l'intenlion de relier élroilemenl les deux poèmes, le récit est com(plètement refait jusqu'au \crs 1087. L'on alla plus loin et l'on rédigea à nouveau le Bcuves d'AlgrCmonl d'un bout à l'autre, tout en gardant, du mieux que l'on pou\ait. les donuK'es les plus intéres- santes du texte primitif. Au point de Mie esthétique, aucun de ces remaniements n'égale la beauté sombre du vieux Beuves d'Aigremont, mais ils plaisaient .parce qu'ils unissaient en une seule composition le court poème et la longue histoire .des Fils Aymon : ils réussirent au point que, seul, le ms. La Yailière représerite aujourd'hui le premier âge de ce qui de\ait peu à peu consliiuei- le cycle des Fils Aymon. [cl (pie le ALoyen-Age l'a lu et admiré, se pénétrant de i)lus en plus de l'élément roma- nesque. Ainsi transformé, il eut l'honneur de servir de

Df '< BKivE? d'aigiu:mo.\"t )> 15

point d<^ (lé|);ut aux priemioi's ossiiis de Ui poési<^ dio\a- leresque italioniM^.

On ne peut donc qu'oipproLiver les jeunes romnni&ants qui ont eu la pensée d'imprimer un des Beuies-d'Aicjre- monl de la se-conde éipoque, tel qu'il a été' consené dans une fiimille de manuscrils.

Une introduiction (p. 0-15) nvMïti(>nne d'abcud. comme il a été dit plus haut, rédiliou de Hciudus de Mn/itauban de Michelant et celle '(pie j"ai doiiuée sous le litre de la Chanioii des (Jiudre Fils Aumoii dans Lt lieiue des Lan- fjiu's Itomdiies e\ dans la cojiectiou des érlitions spéciides de notre Société. Puis \ieiil rénuméralion n\<^c renvois à mon édition des mss. que j'ai connus et plus ou moins utilisés. L'on a eu tort ^fl^e ne pas me.ntio.n.ner le ms. 7<>i de la Bibliotliè-cfue natioale (1). En tète de la longue ana- lyse que j'en ai faite (p. 180-242) j'ai dit sans doute qu<» Ifi Beuves d'Aigrf^nionl y est supprimé, mais j'ajoute qu'il en e«t tenu compte dans la suite, et j'en 'donne aussitôt la preuve. L'on aurait compreTudivî que pour moi. par- tant de la \ersion ancioime. le Beuves d'Aujreuionl s'ar- rête avant L'adoubeiment des Fils A}mon et la querelle de llenaud et de Hertolais. M. Kaiser, jjrenant la l'orme plus reccnio pour Iwiise, mène le Beuves d'Aigremont jus- ({u'à l'endroit Charlemagne appreml que llenaud et ses frères sont réfugiés dans les Ardermes. Or, daus le ms. 764, c'est seailemeiil au f. 0, recto, que l'on est à ce point de la narration. Je ne professe pas d'admiration pour cet interminable roman, mais il date du XI\'^ siècle, puisque des tapisseries dont les sujets lui sont empruntés sont portées à des iinenlaircs de 1389 à 1120 (\ . mon

(1) L'on aurait mentionner, sinon mes Uec]>err]ii>.< il est si souvent question du ms. de Montpellieir dont J'on se sert, mais le Mfiiujis (/'AiffTi'morit, d'a.près le ms. P et les mss. M C. A la Piige 315 l'on a des remarques importantes sur le ms. P que l'on utilise aussi pour ce Beuvrs d' Aigremont. On oublie trop que dan.s tous les mss. des Fil.^ Ai/mon, il va des traces de l'influence du Mauyi-^ d'Au/TPmont.

16 REMARQUES M SUJET

édilioii, p. 243. 244). Il n'y a rien de téméraire à sup- poser que ces inventions ont contribué à la forme que l'histoire des Fils Aymon a prise en Italie (1).

M. K. <nvait d'abord pensé à prendre pour biise de son travail le ms. A, (Arsenal), mais il a été rebuté par la miauvais ortographe et la dirdcuJlé' qu"il a trouvée à Urc les piremiers feuLlIetis (2). Il a donc préféré le ms Mz (Metz), qui est établi a\'e<- soin et plus correct, mais je ne crois pas que Ton y ait une iorme plus ancienne,' bien au contraire.

Aux pagies lU-15, l'on a un résumé de la partie du Beuves dWigremonl, éditée par M. Kaiser, il e&l com- paré aux autres versions. A propos de la petite intro- duction générale qui i>récède le Beuves d\Aigremoni, M. K. dit bien qu'elde nexislie dans aucun autre manus- crit que ceux dont il se sort, sauf le ms. de Venise, mais il ne dit. .rien, de ce que ce dernier manuscrit présente ici de particulier. Dans la petite introduction de la version suivie par M. K., le meurtre de [.obier est omis, bien qu'il soit la cause de la mort de Beu\'es d'Aigremont. \' ne l'omet pas ou tout au moins l'ajcnite :

Seignotrs, oes chan<;:on de grand nobilité : Elle est de voir estoir, sans point de fausseté ; Ains n'oïstes meiilor en trestot \ostre ; Si coni Karles de France, li fort ro}- coroné, Gueroia li dus Bues dWigrcmont la cité. Karles le fist ocire, le fort ^roy coroné, [Puis que] du.s Bues oci.st Lohi.('i' l'aduré, Ren.au[s] ocist après Berlolais le membre.

Le rappel de la mort de 1. obier a tout l'air d'une cor- rection, mais elle était justifiée, puisque du meurtre du fds du roi découlent tous les mallieurs qui suivent. Il est

(1) Ganelon y déploie une a-Ltivité qui fait penser au rôle qu'il tient dans les romane italiens ; mais il y a d'autres indices encore.

(2) La photographie donnée à mon édition est priée de ce mamuà- crit. L'écriture est bonne.

DT' « BELVKS d'aIGREMONT »> 17

«Honnanl que M. K. qui publie précisément l'épisode de la mort de Lohier, n'ait pas trouvé intéressante la correc- tion fournie par le nis. de Venise (1).

Un peu plus bas, dans le texte proprement dit, la version publiée par M. K, donne pour raison de la eolère de Gharlemagne contre Beuves son refus de servir le roi dans sa guerre contre les Saxons. V imagine, au con- traire, que Beuves n'a pas voulu suivre l'empereur dans sa guerre en Espagne. Cette variante dérive du texte lui- même de M. Kaiser. Simon dit à Beu\es que ses frères ne veulent pas seirvir le roi :

\o aler en Eapaigne par desus Esclavons {x. 278). et. i)his loin, la duchesse rappelle encore que Do on a refusé de suivre le roi en Hlspagne (v. 322).

La version La \alilière, sui\ie en cela par B C, donnait pour raison de la colère du roi que Beuves remplit mal Son devoir envers lui par amour pour son frère Doon, le vassal rebelle. On crut, plus lard, bien faire en imagi- nant que Beuves s'était séparé de L'iiarles dans une de ses guerres les plus difficiles, celle de Saxe. Avec V on en vient à la guerre d'Espagne, à laquelle la Chanson de Holaïul et le Pseudo-Turpin avaient conféré une gloire inconutara.btcr. Mais dans lie •courant des Fils Aymon, je \H' crois lias qu'il! soitlenii compte des changements intro- duits au commencement du Beuves cVAigremont. Puisque l'on mentionnait \' pour la petite introduction, il eût été bon d avertir de ses traits particuliers en cet endroit.

Mais M. Kaiser, en partant de la version qu'il édile, s'exposait à négliger certains des traits caractéristiques de !a version La \'al'lière. Je suis ici dans la nécessité d'C ci 1er ses paroles :

« Le commencement propre de i'éipopée a sa scène à

'!) V. Deux manuscrits de l'Hutoire des Fils Aymon, dans la Revue des Langues Romanes, année 1887, p. 54 suiv. Il y est ques- tion des mss P et V. A propos du ms. P, je conte comment je J ai découvert 6ou6 un titre inexact d'un fac-similé à l'usage de l'Ecole défi Chartes.

18 REMARQUES AU SUJET

Paris, à la cour de Charles. Tous les barons s'y sont rendus, suir Tordre de rempereur, à la Pentecôte. Seul, Beiuves d'Aigiremont a osé se tenir à l'écart. Charles expi-ime son mécontontement de la dés obéissance de Beu- \'eis. Il accuse Bouves ci ses Irères d'avoir causé, par kiur absence, la mort de Baudoin et de maint autre vailliant chevalier dans des guerres antérieures. » 'Ceci est exact des manuscrits V P M Mz, mais ne l'est, pas des mss. L, B, C, il est longuement question do Doon. de Nan- teuil et de la guerre qu'il avait soutenue contre Charles. C'est par affection, je le disais plus haut, pour Doon que Beuves se dispense de servir le roi. Ainsi, tout à reutrée du poème, les noms de Beuvies et d'Aymes paraissent encadrés de ceux de personnages faisant déjà partie de l'épopée. Suibslituer à des souvenirs féodaux d'un, carac- \bve si pairticul'ier et vivanit, un rappel des guerres de SaxC' fut une idée fâcheuse. On entrait ainsi dans oetle voie de la convention banale en Italie l'on devait ailer si loin.

Si, dans le cours des Fils Aymon, Ton rencontre la mention d'une guerre de Saxe, de Baudoin, de la reine Sébile:, de la défaite de Guileckin (v. 5131 suiv.). c'est comme de choses toutes récenies ; nn ro^^iiQit de celle

guerre, et le vieux Doon de Nanteuii allègue, pour ne point sui\re le roi en Gascogne, contre les Fiils Aymon, que l'on arrive à peine de Saxe et que depuis cinq ans il n'a pas vu sa femme. Il y a donc contradiction entre ce passagTCHci et la mention d'une guerre de Saxe au commencement du Beuves d' Aigremonl ; mais les rema- nieurs ne s'inquiétaient pas pour si peu.

Les deux messagers que Charles envoie à Beuves 'dans L B C, Einguerrand et Lohier, répètent textuellement, à La manière homérique, les reprocTies que Charlemagne fait à son vassal, et par conséquent parlent de Doon de Nan- teuii. M. Kaiser avertit qu'il n'a pas à s'occuper du .pre- mier messa^ger, qui ne figure pas^ dans la version qu il édite ; mais soit dans les conseils xle mo<dération que La

DU '( RF.rvK? d'aigremont ») 10

duchesse donne à son mari, soit dans le discours de Lohier, soit dans la répon-se de Beuves, il est question de Doon de Nanteuil et de la guerre qu'il soutint contre Gharlemagnie. C'est un trait important de la version L B C. Les résumés de M. K. n'en gardent rien.

En énumérant îles parents sur le concours desquels Beuves déclare compter, M, K. ajoute à Doon, Aymes et Girard, un Garnier, fils de Girard (p. 13). Garnier est un fîlis de Doon, neveu, par conséquent, de Girard. Le roman de Gui de \anteuil commence :

avez de Ave, la bêle d'Avignon,

De Garnier de Nantuel,, le nobile baron ;

Près fu de parenté Girart de Rouissillon,

El fu cousin germain Regnaut le fîx Aymon

Dans le ms. A, un de ceux dont \L K. se sert pour établir son texte du Beuves d'Aigremont. je rencontre, au P 7, verso. A, dans le discours d'Otes : Et Garnier de Xantuel et son père Doon » ; f. 9, recto, A, dans la plainte de Maugis : « Et Doon de Xantuel et Garnier, le siens fis ».

Il est possible (pie Terreur de M. Kaiser ait pour expli- cation qu<\ par inadverlnncô. il ait mal interprété un passage du texte qu'il publie. Aux vv. 675-678, Beuves dit qu'il appellera à son aide son frère Girard, Doon de Xantuel « Et Garnier le son fil que il a engenré. » Mais que dit le ms. A au passage correspondant ?

Ains menderai mon frère, Girart le redouté, Que il me vienne aidier o son riche barné, Et Doon de Xantued qui moult est bel armez, Xe Garnier li siens fils n'i sera obliez.

M. K. en extrait les variantes ainsi que de P. Les voici pour le vers en question : « Xe G. A P ; ni sera oblliez A. » Cette façon de présenter les variantes n'est

'20 REMAROUËS \V SIJET

pas sans inicoménieiit, car l'on, peut en iniluiro que pour la reistei le vers est identique a ce'lui cle Mz que je cite lextuelleiment, et qui est :

Et Garnier le son fil que il a engenré.

Si M. K. avait pris note du vers entier de A, il eût hésité à attrii)iier Garnier pour fils à Girard.

Pour la parenté des Fils Aymon. en lanl que membres de la gesto de Doon de Alayence Ton a, je crois, l'es- sentiel dans mes Rccherclics, p. 78-85 (H. des L. Rom. 1886, tome xxx, p. 01-07).

Pour on fiji'ir avec ce que M. Kaiser nous dit du com- mencement du Bcuvc's d'Ai<jrciiion\, je rappelle qu'à l'ap- pendice de mon édition (p. 011), j'a\erli,s que le poème, dans le manuscrit -Laud, à la dinerence de toutes les autres versions, commence par une très courte introduc- tion, où Charles se plaint ide Beuves et Doon lui répond.

Je do'nne ensuite les 110 premiers^ vers de cette version.

L'on y voit que l'emipereur reproche seuleiment à son vassail de ne pas \enir à la cour quand il y est con- voqué.

Par. II. fois ai le duc ja à ma cort mandé, Il n"i daigne \ienir, ne m'a con.tremaudé.

Il est donc résolu à marcher contre le due, à prendre sa ville et à le faire pendre comme un larron.

Doon re]u-oche à rempercur d'avoir enl'né à Beuves le pays de Basque et la x\avarre, et maintient, en termes rappelant ce cjue dit Aymes dans d'autres versions, que les frères de Beuves sont puissants et le soutiendront.

Donc il n'est question, dans ce manuscril, ni d'une guerre ide Saxe, ni d'une guerre d'Espagne, et il fallait l'indiquer d'un mot. Le lecteur ne (le\inera jamais que L B C \' Ld ne savent, .rien d'une guerre de Saxe: (^harles fit de grandes pertes ijarce <[ue de nombreux vassaux lui avaient refusé leur concours.

DU « nEUVF.S DAK.HKMOM " 21

« D'après les mss. A l' M M/ <'l \". n<>ii\<-s \ii dniiH sa chambre et s'arme. » 11 l'aikiit ajouter lo ms I) (r)oii(O) qui commence précisément à cet endroit, et dont M. K. donne les ^•ariantes au bas de son texte'. L'on avait déj;"i, dans mon édition, cette première page de D que j'avais déchiffrée d'après une photographie (p. 907-908). Mais dans lia version L B C, quand la commune est venue. « comme esfoudrc courant ». à l'aide de son soigneur, le duc reparaît :

A icele envaïe es vos Bue\'on errant. Et issi de la chamibre sans nul delaiement, Et a A^estu l'auberc, lacié l'elme luisant. Et ol çainle l'espée à son senestre flanc. Et escria ses homes : N'aies mie atarjanl.

V. (578-08::).

Les gens de B<'uvcs avaient du quitter la salle pour aller re\-êtir leurs armes défen-sives {v. 0:35-642). Beu\es en avait sûrement fait autant, car dès lo premier choc Lohier lui eût fendu la tète si un de ses che\'aliers ne s'était jeté au<le\"ant de l'épée et n'avait sauvé son sei- gneur au prix 'de sa \\e. Il convenait donc de mentionner aussi L B C, d'autant plus que c'est la version la plus ancienne. I'] y aurait lieu de comparer ici la forme du récit dans L B C a\ec celle du ms. de Metz qui, pour ce court épisode, diffère tellement de P A M que ^L K. a donner au bas ce texte pour les vv. 687-730. Mais il eût l)ien fait de donner jusqu'au v. 772, commence une laisse en ment.

Quand Maugis paraîl en scène, on nous dit seulement qu'il avait 16 ans et qu'il jouait habilement de la hai"p<} et du Aiolon : l'on \-ise les mss. A P M Mz. Mz ne donne pas l'âge' de Maugis à cet endroit. A y donne 16, P donne 20. Mz donne 13 ailleurs, au \. 708, qui n'a pas de con- trepartie dans les autres manuscrits. Il fallait dire que Maugis a 16 ans d'après A et ne pas faire supposer un accord des manuscrits. Mais poin-<]uoi mentionner uni-

2^ REMARQUES AU SUJET

quement, et de préfère iico. ses taleiils tle musicien ? Ce nest pas sous cet aspect que le fils de BeuAes, l'élève d'Omnde, est desitiiié à figurer dans la suite. Esl-il pos- sible que les \ieux conteurs n'aient trou\'é ici à admirer da.ns Maugis que des talents de jongleur auxquels nulle part ailleurs il n'est fait adlusion ? Le texte donne tout autre chose. Beuves est dans sa salle, attendant rentrée du fils de ^'empereur : il est i-icliemenl \ètu, s'einiretient ave ses vassaux :

Onques dex ne fist home, par le mien essïeni, Oui plus eiist en lui proëce et hardement.

550 Sa moillier sist lés lui qui moll ot le cors gent, Et Amaugis ses fiex <jui li joe devant. Il harpe et si \ïele, molt savoit d'estrumens, De l'art de n^mgremant sot il le maist rement. Par de devaint le duc faisoit enehantement

555 Oui sont bel et cortois et plaisant à la gent. le' est cil Amaugis ce saiciés vraiement, Oui embla Kardem^^aine i)ar devant Montauben Et porta à Raignaut qui est oit ses parens ; I[l] li .rendi prison, que le virent .VII. cent.

Cest le texte de Mz donné par M. K. L'on voit aux variantes de P A que Maugis doit sa connaissance des enchantements à l'art de Tolède. <Jo\a dérive du Mawjis dWigremont (632-639 ; cf. lOOi, 2537-2545). Jamais on n'aurait pensé à présenter uniquement le courageux cousin de Renaud comme un joueur de harpe et de vielle. Cette donnée est prise des moyens qu'Espiet, le gentil neveu d'Oriande, emploie pour calmer Bavard (M. d'Aigr. 2310 suiv.) et celle des Jeux d'enchantement de l'endroit 011 Espiet amuse l'amiral de Palerme et sa coui- {ibid., 2154 sui\ .), et surtout de l'épisode assez agréable d'Espiet et de Charlemagn© {ibid.. 5609-5718).

On aurait pu mettre quelque chose comme : Maugis qui égaie ses parents 'par des jeux d'enchanteur.

Au numéro 25, quand Beu\es a ordonné aux sunivants

DU '( BEUA ES D AIGIIEMONT » 23

des fidèles de Lohier de rapi»ortcr à Charlcriiairne le corps de son fils, M. Kaiser résume ainsi la suite : « Ils emporl-ent leur seigneur sur une bière. Le duc les accom- pagne jusque devant la ville. »

C'est abrégé d'après le texte de Metz que M. K a im- primé, mais c'est, en outre, présente comme une forme commune à toutes les versions. Il n'en est rien : nulli> part peut-être n'éclate plus é\idemment la dilTérencc ontic L B C et la rédaction adoucie de P A D M Mz.

Dans Metz, aussitôt 'Lohier moil, les vingt survivants de ses chevaliers rendent leur épée à Beuves qui les épar- gne pour qu'ils rapportent son fils à Charlemagne. Il leur en donne l'ordre tout en justifiant son acte par les me- naces (jue lui a iaites Lohier. l'I a eu raison de se dé- fendre et ne regrette rien. Qu'on le dise au roi. Il ne fera rien pour lui et ira ratlat{uer avec cent mille hommes.

Henri, qui parle pour les survivants, répond seulement qu'il s'acquittera exactement de ce mandat. Il ne témoigne aucune indignation, bien que son seigneur, en sa qualité de messager, eût être respecté par le duc, vassal de son père,

Beuves s'occupe de faire fabriquer une bière et prépa- rer deux chevaux :

Une bière fist faire, charpenter et doler Et fist .II. fors chevaus gcnlilment acopler.

L'on place le corps dans la bière que l'on couvre d'un drap venu d'outre-mer. Beuves accompagne le cortège jusque hors de la cité.

Le remanieur n^a pas compris que l'homme qu'il nous dépeint ainsi, aurait été incapable de tuer Lohier.

Dans L B C, Beuves, après la mort du fils de Charles, ordonne de tout tuer :

Mar en esehapcront li fielit ne li grant !

Le trou\ère ici le laisse k son œu\Te de carnage et avertit des conséquences désastreuses (pi'aura dans la

9/.

REMARQUES AU SUJET

suite le meurtre de Lohier. Puis, sans transition. Ton voit Beuves appeler Sa^ari, celui des chevaliers du fils de Charles qui avait rei)oussé dans le fourreau l'épée que son seigneur dégainait déjà à la fin de son premier dis- cours (édilion, v. 542). Beuves n'en dit pas long, encore tout fumant de colère €t de sang : « Vassal, garde-toi de tarder. Videz tôt ma ville sans aucun délai. Vous por- terez à Charleniagne, Lohier, son Aaillant fils. Je n'ai pas d'autre tribut à lui en\oyer. S'il \out me faire la guerre, je lui ferai du mal. »

Savari, qui avait lame lièi-e. répond ])lus hardim^ent que le Henri de l'autre version : « Sire, ne vous troublez pas il vous donnera du souci, .\vant la fin du mois de février, soixante-dix mille liommes, armés do fer et d'acier, vien- dront à \(itie poi'tc. \'ous n'éviterez pas d'être en péril. Songez à \ous garder, vous en aurez besoin. Vous serez sûrement occis, c'est certain. Xul homme au monde ne pourrait \ous sauMM- : seul h^ pourrait le Seigneur Dieu, le vrai Justicier. » 11 quitte le duc sa.ns plus tarder, et peu s'en fallut, à ce que j'ai conter, que Beuves ne le fît i>eiidre comme un larr-on. Les gentils chevaliers em- portent [le cor{)s dans leurs bras] : quand ils sont hors de la \ille, ils l-e chargent sur un sommier. » {Edition, 715-736).

Pour l'enh'nement du cori)s à bras et non dans une bière, j'ai préféré ici la leçon de B C à celle de L, en raison de tout le contexte l'on \()it «i bien les gens de Lohier très i)ressés de sortir d'Aigremont ; mais, au y. 736 L lui-même dit. aussi : « Deisus motent le cors-, ne voire nt atargier. »

Les deux narrations diflèreint pour le fond autant que pour la forme. 11 fallait en avertir et ne pas donner à croire que la version moll'\ aiïadie de \lz fut ici sem- blable à celle do L B C. que jjartout l'on retrou\erait le Beuves qui fait fabiiipier une bière ])our le corps de 1/oliier, le couAre (rim (\ni[) précieux, se joint au cortège funèbi-e. Tout cela est inxention de seconde époque.

DU « BEUVES d'aKIIIEMOM » ?5

touche au fabliau. De inènic \o nom do Savari. le cou- rageux vassal, devait être mentionné.

C'est à ces parties significatives des textes qu'il faut toujours regarder, si Ton prétend reconnaître et mar- quer les caractères distinctifs des versions de nos trou- vères. Le Beuves qui ordonne à Savari de « vider tôt sa ville », n'aurait point pensé à rendre honneur si minutieu- sement aux restes de son ennemi. Il fallait à Savari un courage incomparable pour oser lui parler aussi franclw- ment, et le trou\ère a raison de remarquer qu'il s'en fal lut de peu (pTil no lo fît pendre.

Dans son introduction, M. Kaiser avertit que pour faci- liter la comparaison des versions du Beuves d'Aigremont dont une soulo. la version L. est imprimée, il a rédigé pour le Bcures d Aigre-mont tout entier un tab^au synop- tique où le contenu de chaque version est présenté d'un bout à l'autre en courtes formules. « J'ai placé les diffé- rentes versions à côté l'une de l'autre, de sorte que l'on voit bien les ressemblances et les différences (p. 8). »

Ce tableau remplit de la page 16 à la page 27. Aux pages 16-17. il est à quatre colonnes, répondant aux ver- sions A P M A[z, V. Ld. B C L. Mais, aux pages 18-19, l'on a une colonne de plus pour M Mz qui se sépare de A P (D), et' aux pages suivantes. Ion a six colonnes, parce que B C s'est séparé de L.

Il me semble certain qu'en préparant ce tableau. M. K. a d'abord résumé à ])art chacune des versions étudiées. ( "était déjà un travail utile, mais il a tenté davantage. Dans ses diverses rédactions, le poème contient toujours des parties semblables ou ne différant que peu. mais dont l'ordre varie sui\ant les versions. Il a donc éti' séduit l)ar le dcsir de faire ressortir les ressemblances et les différences de ces parties, en les mettant face à face. De là, des transpositions fréquentes, parfois fort étendues, et la destruction de l'ordre du récit, ce qui est un incon- vénient réol. Il la soiifi et a tâché d'y remédier par d'in- génieuiyi>s (lis[M»silions typ<»graphi(pios et par de courtes

'26 REMARQUES AU SUJET

iiidicatioiis, réparant de son miieux le désordre créé. Les versions qui ont le moins souffert de cette opération de dissection, sont A P D, V, Ld, c'est-à-dire les moins an- ciennes, celles les remanieurs se sont donné le plus libre champ. J'aurais procédé plus simplement et pris pour base ou point de départ la version L qui est la plus ancienne, et j'aurais respiecté pour chaque version l'ordre du récit : puis, j'aurais repris à part la liste des res- semblances et des différences. C'aurait été un peu plus long, mais l'on s'y reconnaîtrait a\cc i)lus de facilité et de sécurité.

Un exemple. Pour la version M \Iz, il est annoncé, page 18, que le roi part en guerre contre Beuves d'Aigre- mont, (pii a tué son fds Lohier ; mais, cette guerre n'ap- paraît (|u"à la page 22, après que Beuves est mort et enleiTé. C'est sans doute pour marquer une concor- dance avec d'autres versions. Tout se brouille ainsi, et Tordre ides faits Oisf int>prverti dans T. même où, page 23, après Ja mort de Beuves, il reparaît pour informer ses frères de la guerre dont il est menacé par le roi. Tous les encadremients n"v font rien, on se perd, et cependant, ces récits et leurs principales différences ne sont pas chose nouvelle ipour moi. Mais je regrette que M. K. ait tellement escompté la docilité du lecteur. Son travail n'est vraiment utile que ])OiUr \', dont l'accès est difficile et qu'il résume clairement et sans transposition.

J'ai de la peine à recomposer la fin de la version MMz, Passe pour la traiiisiposition de la mort éo Beuves qui est déplacée pour complairei aux versions plus récentes, mais que se pa?ise-t-i! entre le momeuit la duchesso encourage son fils Maugis à venger son père avec l'aide de son oncle Girard et de son cousiu Renaud, et celui éclate la quereliie entre Bertolais et Renaud ? J'avais eu le' soin 'd'iimpri-mei'. id'après M, imc analyse, avec très longs exlraits de toute cette fin du Bcuvc'f< (VAifjremonl ('•diliou, p. 972-980), supiposant d'ailleurs que l'on se reporlerail, pour !a partie d'échecs, à la citation doenée

DU « REUVKS I).\I(.H1:M0NT '• "27

à la description du ni^. do Monlpollier (ip. lOO). Jo <Tois qu'on eût bien fait d'y retrarden-. On eût ;mssi noié qu'après le retour des traîtrfs à Paris, Gir^inl et l)oon, frères de Beuves, font la i^uerre à Chatilemagno. Celte guerre a lieu, mais elle est à peine indiquée. Charles se décide à faire des concessions aux ducs et la paix- est conclue. Girard éleva un couvent en l'honneur de saint Pierre et Cliades créa ceux de la Charité cl de V'ergeloi. Mais ils négligèrent de s'assurer rassentimcnt des Fils Aymon et do Maugis. Charles agit en cela folle ment et plus tard le paya cher.

Ici est placée la formule habituelle (jui avertit de la fin d un poème :

Explicit la Mort dus Buef d'Aigremont

Dans cette \ersioii, comme dans L. les Fils Aumon pro- prement dits commencent à la Aenue, à Paris, dAymes et de ses fils avant la partie d'échecs et la mort de Bertolais (1).

La courte guerre se retrouve au même endroit dans les versions L et B C ; mais dans L elle est présentée de manière assez semblable à celle qu'elle a dans M Mz. Girard et Doon défient Charles et le poursuivent jusques sous Paris :

L'esperon ne donast por plaiii .1. \al d'argent

Leurs gens les réconcilient. Girard, en souvenir de cette paix, élève des églises et Charlemagne foinde la cité de Bonevent (Michelant. p. 'lo : Castets. v. 1689-1701). L'on attribuait à Girard .la fondation do l'abbave de

(1) Avec cette différence que l'adoubement, des Fils Aymon dans M Mz, comme dans A P D a lieu bien plus tôt, avant que Charles sache la mort de Lohier, tandis que dans L l'adoubement est placé aprôs la courte guerre, tout juste avant la partie d'échecs. B C donne une forme intermédiaire, place l'adoubement après la paix conchie du viv.int de Beuves.

28

REMAROUES AU SUJET

Vézelay où, d"après unie légemlie 1res répaiidU'e, Ton pos- sédait les restes de sainte .Madeleine (2). L'auteur de M Mz a voulu pnéiciser, attribue à Girard la construction de Saint-Piei-rei et à Charges celle xle la Chairité et de Véze*lay. La parenté originelle des deux versions en cet c-ndroi't paraît é\ideinte, mais comnienit penser à rapj) ro- cher les (\e\i\ passages s'i'l ne reistc aucune trace de la forme donnée dans M ?

i\L Kaiser a iimiité le cliamp de ses i-cicherches h un tel excès que rien, chez lui, n'avertit rtue Ton a, dans la partie assonancée de L, c"est-à dire dans le texte 'e plus ancien du poème un résumé du Beuves d'Aigremont, résumé cjui, ou bien dériAe des versions d"après lesquelles il édile le Beuves, ou bien a sei'\i de base à elles et à d'autres, ce qui est plus probable, vu rarchaïsme de la voisitieation.

Dans la délibéralion des Jiarons du roi Ys, le vicomte (r.\\ignon raconte longuement les causes de la rupture de Renaud et de l'empereur. Comme j"ai élié dans la né- cessité de corriger et comrtléter le texte de L en cet endroit, je citerai ici mon édition pour le lecteur, qui ne disposerait que de celle de Michelanl :

« Je l'ai l)ien dire, et de fi le savom,

Que Charles tint sa cort à la cist de Loon. r)8'J0 11 i manda Girart, le duc de Rosiillon.

Et Doon de Xantueil et duc Bue d'Aigrcmon ;

[i\"i degnierent venir, poi dotèrent Challon.

Li rois en fu dolems. plains! soi à ses barons.

T.oihier i envoira, n'avoit encor grenon.] TyHQT) .\ .CGC. chevaliers [qu'il ot à] compaignoin ;

.Se meslerent au ^duc el palais d'Aiuremon.

(2) Jacques de Voragine reproduit encore cette légende ta la fin du XIII' siècle, une vingtaine d'années après la découverte (?) des reliques en Provence. L'église aibbatiale de la Madeleine (1906) à Vézelay cet le plus grand monument roman de la France actuelle.

m; « BKrvF.s d auihiimom » 29

Tant i inouUi la noise] (4 la grande lançon, [.la ii trancha la l^^sle li dus lîues. d'Aigivmont. Charles on lu dolens et mou'lt en fu embrons.

5900 Puis en i'u gra,ns la g'uerre et puis racordoison. Che lu à une fest^^ saint Jehan le baron Que Charlics tint grant cort à Paris sa maison Etj menda en conduit le iduc Buef d'Aigremon. El conduit < harlemagno fut lues à bandon,

5905 Puis en dura la guerre longement, ce sa\om. Girars le guerroia, li dus de liosillon. Et dans I). do \anluoil par lioro contonçon, Kar il estoient frère, que de li le set on. Il desconfirent Charle, lui et ^es compaignons;

5910 S'e-n estora Saint Pero de C'iuigni le baron Et puis, la Charité et Verzeilai selonc, Saint Beneoit sur Loire si moine sont. Tel honor i fist [Dex por Girart et Doon] Que acordé se furent en .1. jor à Charlon

5915 El t reste ut lor parages, fors tant que lor nevou Qui estoient adonques bachele-r et guilon. Onques -ne volrenl querre à lui acordisson. Uenaus le haoit moll tle \ielle gorgUieeon ; Por cou tua il puis li<M'lolai le baron,

5920 A Paris, en la saile, devant le roi Charlon, D'un eschekier d'argent, par tell devision Conques puis ne ]iot eslre trovés ens cl roion.

J'ai reproduit. en ai)pendice (p. 954-958) la délibération ielle qu'on l'a dans 13 C \' A P M et Hatlon d'Oxford. Le discours du comte d'A\"ignon y est abrégé. La compa- raison de ces textes mènerait loin. Il suffit ici do remar quer que des neveux des ducs, c'est-à-dire les Fils Aymon, n'avaient pas été compris dans.la paix. Ainsi s'explique le droit qu'ils s'arrogeront de i-éclamer .réparation pour la mort de Beuves. Ce motif rc^ssorl également dans le discours que Renaud aidre&se à ses barons et il se

30 r»EMAROUES AU SUJET

justifie d'abord d"a\oiir rompu avec remporour. puis de rester fidèle au roi Y.s, bien que cekii-ci l'ait trahi (1).

Zwick avait remarqué, comme je l'ai noté déjà, que dans co diseours^ de Renauid il n'est pas question de la luito dans les Ardennes ; c'est vrai (et dans le dis^cours du comtei d'Awgnon non plus, à moins .qu'on n'on voie une. trace au v. 5922), mais quand il affirme qu'il n'y reste pas une syllabe de la partie d'éichecs, il se trompe: il en reste 'ressentiel, la conckusion, l'échiquier et l'em- ploi que Renaud en fait (2). i>'a il leurs, Zwick ne fait point d'allusion au discours du comte d'Avignon.

Dans la partie rim(>e, à l'épisode des Ardennes, Re- naud, tâchant de ramener Fouques de Morillon à la pensé© do conseilleir à Charlemaigne de faire' la paix, présente une justifi.calion de sa conduite. Cliaries l'avait, frap'p(î si fort que île sang a\'ait coulé' jusqu'à ses pieds. Dans sa colère il saisit l'échiquier avec lequcL il avait joué avec Bertolais et tue le neveu de l'empereur. Aucune; allusion n'est faite à la mort de Beuves, mais celle de Lohier est mentionnée (Michelanl, p. 07 ; Castets, v. 2515-2535).

La vei-sion de l'Arsenal diffère en plusieurs points. Les mauvaises rimes sont des altérations du texte de L.

Forques de Morilllon a Régnant apelé. Vassaut, imont estes fox, mont vos ai esgardé, Oui encontre Charlon aves chaslel fermé. l\ ne vous laira mie en pais vostro hérité. 5 Fo,rqueiS, ce dit Regnaus, t,rop en aves parlé. Mont me haiez forment, le^ sçai de vérité, Car j'ocis Bertholai de l'eschaquier quarré. Certes n'an puis néant, mont m'en a puis pesé ;

(1) Michelant, p. 227-228: Castets. v. 8610-8673. Un peu plua bas. Renaud prononce un second discoure, mais beaucoup moins long, sont encore mentionnés et le meurtre de Beuves et la mort de Bertolais tué d'un coup d'échiquier. Michelant, p. 229-230, Castets, V. 8708-8724.

(2) Zwick. ui-ber der Sproche des Renaut von Monfauhan, p. 14.

DU « RWVES D'\l(;iil.\I()Nr » 31

Mez lil 'CMist Kichait lo^ cuo.r don ventre osié ; 10 El moi feri il si, isaiche/, do vciilé,

Que le samc do mon chiof vis à mes piez couler.

De miiiltolenl que j'o, cuidai \if forcener.

Je saisi []']esicha'fiuier dont nous aviens jouel,

Beirtholai en feri, tout To escervelé ; 15 Soir moi fu deffendant. ; or m'en sa\es mal gré.

Car en parles à Charle, le fort roi coronné .

Ce seroit mont granl joie, c'estieims aeoixlé.

S'en iroiei à ma mère qui tant m"a 'désire.

Par Dieu, ce dit Forcoii, ains l'arois comparé, 20 Por amor Bertholai ares le chief copé.

(Fol. 10, verso A.)

Il n'est 'plus question de Loliier, mais d'un péril que Richaird aurait coui'u. A subsilitue Richard à Guicliard en d'autres endroits de cet épisode. 'Of. vv. 2191, 2219, 227'i. C'est simple confusion de noms, mais L suffil pour témoi- gner d'une forme perdue Guicliard avait uu rôle. Il sembtle qu'éditer lei Bi'uves dWigremont à part, et ne pas avertir dos endr-oits (^les Fils Aymou il y est référé, soit um travail incomplet.

Reprenons au tableau synojiticpie la part faite à la ver- sion M AIz (p. 22, 24).

Au soir de la bataille sous Troyes, devrait-on dire, comme on le fait pour les aulires versions, les faits sont préisemtés ainsi :

Girard (souliigné) conseille la soumission.

Les frères somt d'aecord,

Girard négocie avec Chai'les.

Charles, sur Le conseil de Naymon, consent à par- donner.

Dans les résumés correspondants, les députés qui vont demander la paix à Chartes sont indiqués. Pour A P 1). ceftt Fouques. Or, M, Kaiser doinnant le texte du Beuves d après le ms. Mz qui. pour la première partie, concorde avec A P D, a établir ce résumé de la seconde pairtie

32 REMAUOli:S M SUJET

ck" M M 7. a\.cc un soin parliculiOT. Mais voici ce que j'ai imprimé moi-mômo dans mon appcniciicc, p. 978 :

Les ducs décident d'envoyer des messagers demander la paix. Ce sont Pons, Richier, Amadex .Ils vont ru tref du roi :

PronLorain a i.arh- danl Amadex 1^' prous.

Cliailos {•onsulle OLjicf. Sak'nion. IIuo du Maine, Galei'an de Buillon.

Par dessus lou^s lois autre/, apella il Xaimon.

Ils rengagent à pardonner :

Dex pKardonnn sa mort à Longis le baron.

Charles api>elle Amadex et impose la condition que BcuACis \ienidira !lc seinir à Paris a\'ec sept eenjs vas- saux. Les trois messagers reviennent. Sur le conseil de Girard, les ducs se soiimettieinl. Dans la prose, le rôile d'Amadeus est iittriibué à Etienne (aiUemand Stelïen).

Au résumé correspondlant do L deux messagers sont iodiqués, mais i)lis ne sont pas nommés : ce sont Fouqucs et Aniadeus (édition : v. i:U).''.: Miclielant, p. 37). Le pre- mier a été mentioainié iconmie neveu de Girard (v. 1331) et le seeond, au \er& suivant, coimme dans M : « Et Ii preus Aimaideus cpii tant par lu vaillant ».

Dans B C l'on env^oie égallement Foutques, ne\eu de Girard, mais le nom 'frAmaideus est remijilacé par celui de Pacon.

Oui ne \-errait. que le rapport de M et de B C à L est manqué par Amadeus pour l'un. }K»r Fouques pour l'au- tre, et qu'en supprima,nt et' les noms des messagers et la pari qu'ils prennent aux négoeiations. on fait disipa- raître les marques des rapports des versions ?

Il est à craiiiidre que M. Kaiser n'en ait pas c<i le sen timeriit. A La version- \\ au même eudroit, il résujne :

Fouques et Doon couiseildenl la soumission.

I)L' « BELVES d'aIGREMOXT » 33

Les frères sont daccord. Il négocie avec Charles. Oui, il ?

A la colonne A P D il y a : Fouques négocie avec Charles. A la colonne M Mz il y a : Girard négocie avec Charles, et je viens de- dire que cette expression trompe. Pourquoi à \' n"a-t-on mis que ce il anonyme ?

Pievenotns à la suite d'après Je ms. M. C'était le jour de la Penteeôte. Charles tenait sa cour à Paris. Il s'était accordé avec de duc de Roussillon. Jamais oni ne vit si riche cour. L'on y comptait 15 rois, 30 ducs, 60 comtes. Charles portait sa couronne. Surviennent Renaud, Alai"d, Guichard, Richard et leur pêne Aymes. Aussitôt que le roi a vu celui-ci, il lui dit de compter sur sii loyaJe amitié : il traitera généreusement ses fds. De Renaud il fera soii sénéchal. Alard et Guichard porteront le dra- gon, et Richard porteira le faucon du roi.

Sire, répond le duc, nous vous ohéirons. Mais vous nous avez fait tort, quand, malgré votre sauf-conduit, Reuves d'Aigremo.nt a été tué. Sachez, Empereur, que cela me pèse : si nous ne vous redoutions, nous en tirerions ven- geance. Mais puisique mes frères Girard et Doon vous i'onl pardonné, je vous le pardonne aussi.

Aymes, dit le roi, c'est parler sage-ment. Le duc fut coupahle envers moi, je ne puis le cacher, quand il tua mon fils que j'aimais tant.

Lànlessus les Fils Aymon s'emportent et Renaud parle en leur nom :

Sire, chen dist Renaut. qui fu li graindrez hom, Chevalier nous feïstez, néer ne le povon ; hurement \ous haon. ja ne vous cheleron. Pour la moi't au duc Ikief. le sire d'Aigremon, 5 Ouer à nous ne feïstez pez ne acordoison. Kallemaines l'oï, si drecha le menton. Adonques rougi Kalle aussi comme carbon. « Renaut, fui toi de chi, fix à putain, garchon. A mouR petit s'en faut, ne te met en prison. »

34 REMARQUES AU SUJET

10 « Sire, chen dist Henaut, ne &eroil pas reson.

Puis que* ne ramendez, à itani nous taison. » A itant le lessierent li .IIII. bacheler.

Uenaiil le fix Aymon lessa atant ester.

Aûlart et Guichart. lie vont neconfoirter. 15 Et puis après mengié, aliènent behourder.

Et li auiquiant s'asieie-nf et prennent à jouer.

Renaut et Berlelai si ont pris .1. tablier

Et uns eschez divoire, si pristremit à jouer.

lié hex ! gmnt martire les convint dessevrer. 20 lionaut et Berteikii isunt nu jouer iissis,

El tant i ot joué quo il i ot estris.

l^ertelai le clama (ix à jnitain, cbetis.

Et a hau'cliié la paume, si le l'eiri ou vis.

Tel bul'e li donna '(jne le sanc est saillis. 25 Et quant He-naul \c x'oit, si en lu moult marris.

Tl saiisi resche<}uier (jui fu à or massis,

S'en feri Bertelai très par mi lieu du vis

Que trestout !e l'endi entiresiques ou pis.

Mort l'avoit étendu, or est levé le cris.

On m'excusera de l'eproduLr© ce texte, si altéré, ■cjue j"ai déjà donné dians mon (Vlition (p. 159-160), mais vrai- ment j"v suis contraint.

Hésumons. Aymes, maigre les prévenances die Char- lemagn<^, lui dit qu'il n'oublie pas le meurtre de Beuves et qu'il ne pardonne que malgré lui. Olia.rlemagne rap- })elle à son tour la morrt de son fils Lobier.

lleuaud intervient au nom des quatre frères, déclare leur rancune ; entre eux et Cbarles il n'y a pas eu d"accord.

Lempeiix.Hir le traite de « fix à p... » et le menace de la prison.

Benaud se résigne à se taire.

Partie d'écheos.

Bertolais et Reaiaud jouent ensemble. Ouerelle. Bor- tolais traite aussi Renaud de « fix à p... » et lui donne une telle buffe que le sang jaillit.

DU »< BEUVES D'AIC;ni:MONI )• 35

Renaud saisit l'échiquier et. tue Be^Plolais.

Donc deux parties 'bioii distincteis : dans Tune, Aymes, Chaule m a g ne et Renauid échangent re>proches, menaces et l'empereur va jusqu'à l'insulte grossière, à propos de la mort de Beuves et de celle de Lohier ; dans la seconde, Rerto,lais e1. Renauid seuls, aucime plainte à rharlemagne, un acte de viollence que Renaud châtie aus- sitôt.

Ua.ns M. Kaiiseir il n'est question ni de l'oubli impru- dent d'Aymes et de ses fils, lors de la conclusion de la paix (1), ni du bon accueil fait à Aymes et à ses fils par l'empereur, ni de la discussion entre Aymes, Charlema- gne et Renaud. L'on a, par contre :

Partie d'échec s.

OuereiUe entre Renaud et Bertolais.

Renaud demamde jinstice ù l'haiiles.

Celui-ci l'insulte.

Renaud demande conT|)tc do la mo^rt de Reuves.

Charlemagne le frappe de la main.

Renaud lue Bertolais.

Or. nous avons vu que Renaud demande compte à Charlemagne de la mort de Beuves bien axant tout con- tact avec Bertolais, '([u'il ne se plaint pas à l'empereur tle l'outrage que lui a fait son ne\eu. que bien au contraire il en tire vengeance sur 'le clianii). \ulle part Tharles ne le frappe.

La conceptiou était ce[)eui(laiiil iintéressante. Aymes et ses enfants sont revenus à la cour par prudence, mais il-s ont toujours sur le coeur le meurtre de Beuves, d'au- tant plus <[u'on les a oubliés dans la paix. Cette idée

qu'entre les Fils Aymon et l'Empereur aucune réconci- liation n'est intervenue, est le point de diépart de ce qui

sui\ra. car Renaud, qui s'est devant l'empei'eur. ne

(1) J'ai fini par i-enoncer à découvrir, dans les tableaux de M. Kaiser, aucune mention de la tourte guerre et de la paix d'après la veiision M Mz. C'est cependant celle dont U a édité le com m e nce m en t .

36 rtEMAROUES AU SUJET

peut pas lûissor impunie 'l'outrageante provocaùon de Bertoilais.

Dans ma note sur le manuscrit viii (Metz) que d'abord je n'ai connu que d'après rarticle de Mone, je disais : « Un trait parliculier à M-^Metz : avant la querelle de Bertolais et de Renaud, Oharlemagne a déjà fort mal- traité Reinauid qui lui avait l'eiproché la mort de Beuves. J"ai mentionné ce® passages plus haut dans la description du manuscrit de 'Montpeliier ». {Edition, p. 267.) On était donc bien averti.

D'où vient celte erreur, qui fait disparaître une des l)arties les plus caraictôristiques d'une version ? D'une confusion de fiches très probablement. Je m'aperçois, en effet, que le résumé de la partie d'échecs est calqué sur celui de la vereioji L. La seule différence est que dans L Charlemagne frappe Ucnaud de son gant, tandis que, d'après M. Kaiser, il le frapperait de sa main, dans ]\LMz. Cette différence vient sans doute de ce que le seul coup que j'eçoive Uenaud dans M-Mz est une huffc, mais c'est Bertolais, non Charles, qui l'applique.

C'est dans la version L que l'on a l'origine de la formo que le récit a prise dans M^Mz, Quand Renaud, battu par P>ertolai.s, insulté par l'emperour, lui demande compte de La mort de Beu\es, ii allègue que si ses oncles et son père se sont accordés à ce sujet avec Charles, pour lui il ne s'} l'ésignera point. 11 y avait im motif qui per- mettait de remanier le comme nicemient des Fils Aymon à l 'endroit éclate entre eux et Charles la longue et im- placable guerre (v. Fils Aymoii, v. 1932-193.'J). On retrou- \ait d'ailleurs ce motif dans le discours du comte d'Avi- gnon cité plus haut (v. 5915).

Pour en finir sur ce point, j'ajouterai (|ue, dans l'édi- li<in de la prose française, publiée par la Librairie Mau- rice Bauche, avec illustrations de Robida, l'on a une tra- duction assez fidèle de la fin du Beuves d'Aigremont d'après M Mz. Cette prose a tous 'les défauts du monde, mais elle représente un manuscrit qui, pour le Beuves,

DU " BEI VI.S D AIGIŒMONT •' 37

était conforme à M Mz et, pour le reste, à A P D. Il n'est pas inutile d'y regarder.

Dans le ms. Laud, d'après le résumé de M. Kaiser, c'est aussi avant toute querelle avec Bertolais que Re- naud demande compte à Chnii-les de la mort de son oncle.

Le nom de la mère des Fils Aymon, Aye, est mon- tioné pour la version V (p. 2i). Dans M Mz elle est dite Marguerie. Dans A elle est dite Ermians et Ermenjart. Ces différences sont à noter pour toutes les versions. Pour quoi seulement Aye et à propos d'un seul manuscrit ?

Comment M. Kaiser résume-t-il, d'après A P D. ce même épisode de la partie d'échecs et de la mort de Bertolais ".'

Partie d'échecs.

Querelle de Renaud et de Bertolais.

Renaud demande justice à Charles.

Celui-ci l'insulte.

Renaud demande compte de la mort de Beuves.

Renaud tue Bertolais.

Cette disposition es.t en soi suspecte, parce que Charles n'y répond pas à la seconde réclamation de Renaud.

Voici d'ailleurs ce que je lis dans A P.

Après la paix conclue avec Charlemagne, Aymes vient à la cour avec ses fils : Maugis s'y trouve aussi. Le roi accueille le duc avec joie, embrasse lui et ses fils. On dîne, puis les uns \-ont behourder, les autres jouent aux échecs et aux tables (1). Renaud et Bertolais, neveu de Charlemagne, joueait aux échecs. Bertolais se fâche et fr"appe Renaud au visage. Texte d'après P :

75 Come Rcnaus le vit, si comence à enfler. Po-r l'amor Char'lemagne ne l'osa adeser. Il s'en \a à Karlon l'empereor clamer. Sire, drois emperere, je ne vos os irer. Vos m'adobastes primes, je ne le puis celer.

(1) P omet de mentionner que l'on joue à cce deux jeux L'Ar- senal fourait le complément. î^ 12. recto B.

38 REMARQUES AU SUJEt

80 iMon oncle m'oceïtes dont j'ai le cuer iré, Et voslre niés meïsmes m-a [il] hui bufelé. Guidiez que ne m'em doil, emperere, peser ? l^a. mort Buel crAigremont vos \odrai demander, Que vos m'en fêtes droit, par le coirs .S. Omer, 85 Ou se ce non, danz rois, iil m-cii devra peser. Come Karles Toï, si comence à runfler, ]jes eulis à roeillier, les soticilz à lever, La soe lede cliiere list moult à redoter : Mau\ee garçon i)uanl en a HtMiaut clamé : 90 A pou que ne \ous \ois de ma paume douer. Corne Itenaus Toi, preiit soi à retorner, El regarde ses frei-es que il devoit ame\r. Bien connut lor corrages, color p'rist à muer. Ito moult granl Iiardement se pris! à dementer. U5. Il ;prent .1. escliaquier que mouilt pooit peser ; M voit ses aiueimis eaulor lui aiineir ; Horlolai en l'eri canquei il poi esmer Amonl parmi île chief, que il nie pot durer ; Le ceii-ved li osipanl, les eulz li fet voler ; 100 De si haut com il lu, La l'ot juz craventer. L'ame s'en est alée dou vailJant baclieler (1). Des variantes de A, je note les plus importantes. Après le V. 80, A ajoute : Mais pais en a viens l'ele que 'le [savent] li per(s). 11 remplace 81-81 ainsi : Vostre niés liertholas m'a si i'eru ou nez Ouà po-Hi oil dou chief ne me sont jus volez. 11 a la pais brisi© qu'avient feto loer. Si vueil, biax sire [roi], me fêtes amender. Ou se ce non, [danz rois], mont idevra moi peser. \'. 89 : malvais garron enflez.

(1) Edition, p. 145-147. Conuparez lee vers 92-96 avec le dis- cours de Renaud (édition, 8621-8627) :

Li rois m'en apela. mal vais garçon enflé.

Je regardai mes frères que molt avoie amé,

Je conui bien lor cuers et lor nxiste fierté.

Et mi anemi fui'ent devant moi assemblé.

les alasse querre, quant furent trové?

Je pris un eschekier c'on ot d'or painturé, etc.

DU « BELVi:^ I) MGHLMONT » 39

Dans la description du ms. P j'ai insisté sur la ros- semblamce de cette forme du récit avoc oe quo l'on trouve dans le discours Renaud raconte à ses chevaliers comment il a rompu avec l'empereur (édition, v. SCJlO suiv.). II y dit cilairement qu'exaspéré par la manière insultante dont Charlemagne a accueilli sa demande de réparation de la mort de Beuveis, il a tué Eertolais, neveu de l'empereur, d'un coup d'échiquier. Pourquoi n'est-il pas question de la partie d'échecs proprement dite ? Elle a tout l'air d'une imitation de la querelle de Baudoin et de Chariot dans Ogier : elle n"a\ ail pas dans les Fils Aymon une importance comparable à celle du grand événement antérieur du meurtre de Beuves, commis avec l'agrément du roi. par violation du sauf-conduit donné au duc. Le coup d'échiquier pou\ait paraître la rappeler suffisam- ment. On pourrait examiner s'il n'y eut pas de confusion entre Lohier ou Looïs tué par Beuves, et Bertolais tué par Renaud ou un de ses frères, mais la place manque- rait ici.

Il est regreltable que M. Kaiser, s'éloignant des textes, ait imaginé deux réclamalions distinctes de Renaud. La première, visant Bertolais serait accueillie par une insulte de Charles. La seconde viserait la mort de Beuves.

L'on a vu, au contraire, que Renaud se plaint une seule fois, qu'il parle d'abord de la mort de lîeuves. puis sans interruption de l'outrage qu'il a subi du fait de Ber- tolais. I^ paix étant brisée par l'acte du neveu du roi, il menace de réclameir vengeance de la mort de Beuves. Charles répond par des insultes. Renaud voit l'indigna tion de ses frères, la joie de ses ennemis : il prend un échiquier et tue Bei-tolais.

Tout ceila est d'autant plus intéressant qu'on le trouve déjà dans la version La \ allière, au discours de Renaud. J'ajoute qu'encore ici le sou\eniir de la trahison dont Charles ne s'est point lavé, domine tout. C'était inévi- table une fois le Beuves cV Aigremont devenu partie imlé- trrante des Fils Aumon. Le sommaire de M. Kaiser ne

40 REMARQUES AU SUJET

laisso riein entroNoir ni de cette conception, ni du lien de la version L et de la version P. Or, pour eette partie, le texte de P était imprimé déjà.

Si M. K. n'a rien trouvé qu'cc Aymon et ses fils à Paris » pour remiidir J'inlervalle entre la conclusion de la paix et la partie d'échecs, c'est }>eul-êlre qu'il a lu un peu vite le texte de P et d"A. L'on y voit qu'Ayines et ses fils se rencontrent avec Maugis et les frères d'Aymes, en un mot avec leur parenté' dont la préseaice ot raltitude pèseront sur la diôcision de Ilenaud et -qui com.baltront pour lui dans la mêlée qui suivra la mort de BertoJais. Pour ma pari, je n'aurais pas hésité à en indiquer quelque chose ; la place no manquait pas : une demi-colonne est restée en blanc.

Il est agréable à l'œil de voir à trois colonnes consécu- tives : Karl etJiàlt Kinide, mais pour A P D cela veut dire: Charles apprend la mort de Beuves et la irévolte de Girard <(ui assiège Troyes ; pour M AIz, entendez : Charles apprend que Beu\es assiège Troyes. Po'ur V le sens est le même que pour A P D.

Un des inco,n\énients év' ces courtes formules est que l'une peut glisser à la pdace de l'autre sans qu'on s'en aperçoive. C'est le danger des fiches de toute nature, parce qu'elles teindent à parler aux yeux pilus qu'à l'esprit. E'U voici un assez probant exemple.

\'ersion A P D. n" 121, à la dernière ligne de Ja colonne, on lit : BiWs und Brùder sind cinversltindcii. J'entends que Beuves et ses frères Girard et Doon sont d'accord ])0Ur aocepier le conseil que Foirques ou Fou- ques leur donne de se so'umettre à Gharlemagne. Je me rappelle encoire que, dans une autre version, B C, Fou- qus tient aussi un sage discours :

Girart, ce dist Foucon, por l'amor Dieu entent.

Entre vos et Doon et. Aymon le ferrant

Et cil autre baron, n'estes mie sacha.nt.

Que combatez à Charle remjiereor {niissant. ,

DU « BEUVES D AIGH'iMOM » 41

Bueves oci&t Lohier à s'csnéo trencliant. Se Cliaries en a duel, ne m'en vois merveilJant. Et il les engage à s'accorder avec l'empereur. Les ducs y consentent et vont demander grâce à leur seigneur.

Ils oslerenl lor dras de muete et de randon ; Treslot nu en lor braies

Ils imiplorent sa merci. C'est le grand coupable, Beuves d'Aigrement, qui parle : il prie le roi de lui pardonner La mort de Lohier. Donc, à cet endroit, Beuves est vivant. Mais dans la colonne de A P D dont il s'agit, il a été enseveli au haut de la page. Il ne peut donc figurer au bas, à moins d'erreur, car dans cette colonne la suite est continue et sans transposition de partie. Je regarde à mon édilion (p. 14.!)) j'ai précisément imprimé la fin du Beuves d'après les mss. A P, et je constate, en effet, que les ducs qui viennent solliciter le pardon de l'empe- reur sont Girard et Doon. Beuves est mort depuis long- teimps, et la guciTe qui prend fin, a eu pour cause le désir légitime de ses ■frères de se venger de la trahison dont il a été victime.

iJoù vient l'erreur ? Au bas de la seconde colonne et sur la même ligne l'on a : Die Brùuder siiid einver- slanden. Cela devait figurer à la première colonne, doit y être replacé, et l'indication donnée à la première doit être reportée à la seconde. En effet, cette coloime est attribuée à la version M Mz, le récit développé de la guerre, dont les principaux faits se déroulent autour de Troyes, est placé après la mort de Lohier, que Charles veut faire expier à Beuves.

Dans les deux premières colonnes de la page 22, la pari faite à Doon de \anteuil est insuffisante et trom>pe. A la première colonne (A P D) il est mentionné comme amenant un renfort à Girard de Housillon, quand celui-ci, assiégeant Troyes est attaqué par Charlemagne. Or, Doon est déjà mentionné dans A (f. 10. recto-verso) aussitôt qu'on Lqipr'Mid l'approche de Charlemagne et quand

42 REMARQUES AU SUJET

Girard j)arl avec une avant-garde à Ja. renicontre des royaux. Il laisse Doon devant la \ille assiégée en lui confiant le commamdement de Yost. Les deux ava,nt- gardes se choquent. Girard est blessé par Richard de Nor- mandie, mais remonte en selle gràcei à l'aide de son neveu Forqu.es. Girard, désespéré des perteis que font les siens, fait ^•eni.r Doon à son secours. Mais Charleima- gne arri\c avec le gros -de son armée. Galeian de Bouillon sur[ir.(Mid le camp des ducs et y met le feu. Dix mille l)oui'geois do Troyes font une sortie.

El s'en vinrent es loges, fu la fumée.

Le jor ont gaaignet mainte chape forée' ;

Do l'or et (le !'arg<>nl ont laul com lor agrée.

Girard reconnaît ipie son armée est desvonfite et dit à Fnnrpies .((u'il faut hatire en retraite. Girard et Doon se consultent pendant la nuit et ae'ce'ptent la proposition de Forques de se soiLmHti-e à rempereur :

Sire, ce dit Doon, il i)ar-ole avenant.

Car le faisons aiucois, por Dieu onipotent.

Aidonc a fait Girars au duc oltroiement.

Girart Rocillon a le plait créante Que il queri-a Ta pais et '(ju"!! soit aeordés.

For<jues monte un mulet, prend un «rameau d'olivier, se rend à la tente de l'eimpereur et négocie avec lui. Je donne ici le résumé de AL Kaiser : Girard assiège Troyes. Charles l'a pip rend. Il convoque' son armée. Il approche avec 100.000 hommes. Girard raipprcnd. Combat.

Combats singuliers, lleufort amené par Doon. Autres combats.

DU « BU Vl.S U AKJlŒMOM » 43

L'armée de Girarrl bal on i-ctmit'e.

Le combat est interrompu durant la nuit.

Forquos conseille la soumission.

[Les frères] (1) y consentent.

M falLait donner à Doon la i>arl qui lui revient. La place matérielle ne manquait point, puisqu'à la troisième codonne, eelfle de V, on il'a trouvée, de soile que des indi- cations données pour \' manquent à la colonne .\ P D, ien qiw communes aux deux \ersions. En procèdent ainsi on rend impossible de reconnaître les points il y a concordance, et tout aussi bien dift'érencets intéressantes. Ainsi, dans V la sortie de« bourgeois est placée avant l'arrivée des troupes du roi, mais elle est du moins indi- quée. Dans A elle c^l motivée par la surprise du camp des ducs liabilement exéeutée par Galeran. Il fallait i.i mentionner, puisqu'on le fait pour \', mais comme eeoi ' Galeran surprend le camp de< ducs. Les bourgeois font une sortie et 'pillent le camp.

Ce sont ces deux actions qui décident du résullal iinal de la journée. Si V a \raiment transposé la sortie et supprimé le rôle de Galeran, il a fait du tort à la nar- ration.

Le meurtre de Beuves, d'après la version B C (p. '2\, 5^ colonne) est exprimé ainsi : Griffon tue Buef ». Pour la version L (6® colonne) Ion a de^ux personnages : Fou- quct transperce Beuves; Griffon le décapite ».

En réalité, Fouques de Morillon a aussi une part au crime dans B C. C'est lui qui a réglé la part de chacun. Il promet à Griffon de tuer le cheval de Beuves, et il tient parole : dès lors Griffon n"a plus qu";i percer le duc désarçonné. C'est uno \ariante de L. <iii d'abord le unC est désarçonné par Griffon. Beuves reprenait son che\al, mais un traître le lui tue. Sunient Fouques de Morillon qui perce le duc d'un coup de lance. Griffon tranche la tête à Beuves.

(1) C'est à cet endroit que le nom de Beuves a été placé par erreur, toiiinit' je l"ai expliqué pIuB haut.

44 REMARQUES AU SUJET

Tuer le cheval de 'radversaipe était ractc le ilus déloyal. L ravait aMiribué à un traître a'noinyme. B G !'al- trihuent à F'ouques de Morillon.

Il importait de laisser à Fouques tout son leJiof. C t <t précisément celui des membres de la geste des traîtres dont le nom reparaîtra le plus souvent dans les Fii.-; Aymon. Renaud et lui se querellent sous Montessor (2515-2539). Quand Renaud et ses frères corr-baîtert a-i guet-apens de \'aucouieurs, c'est Fouquos de Morillon qui les défie (6880-0899). 11 blesse gravement Renaud (6965-G97Û), qui ,1e tue d"un coup de Broberge (0985-6994). Ripens, qui se charge de pendre Richard, se déclare un neveu de Fouques de Morillon (10323). Les fils de Fou- quos de Morillon, Comslnns et Rohai'S, provoquent les fils de Renaud, Aymonnet et Y\onnet, au duel, ils succomlient (10712-17787).

Il faJlait donc mettre, pour la \crsion B C : Fouques de Morillon tue le cheval de Beuves. Gritïon perce Beuves de sa lance.

Pour A P 1). M. K dit seulement de la mort de Beuves : « Buc\es est blesse mortellement ». Par (jui ?

Je relis A, L 8, Aerso A et B. Griffon attaque Beuves. D'un coup de lance il lui fausse lécu. Beuves riposte par un coup d'épée qui glisse sur le casque de Griffon et blesse son cheval de\.ant .rarçon. Griffon saute en « piez » et se cou\'re de son éeu. Survient toute sa pairenté : Hardr, Forques de Morillon, Moran, Sanson et Béranger. Bernes combat comme un lion « crestez ». Escoz [Forques] de Modllon le ])erce d'un coup de lannce et le renverse à terre. Garin [Griffon] de Ilaulefeuille remonte à cheval quand il voit le duc b'essé ;i mor!. Beuves se retire à l'écart :

Contre- Oriant ;se couche, si a Dieu reclamé,

Il souhaite rjue son fils Maugis croisse en courage et le venee de Chai-lemagne.

DU « BEUVES D AIGREMO.NT » 45

Puis a pris .1. poil derbe les lui cnmi le pré. De sa main le saingna, de par Dieu Ta usé Ou nom de Jhesu Crist qui le mont a formé. L'ame s'en est alee, le corps est deviez.

Les po-ints à noter étaient les noms des adversaires. Griffon et Fouques ou Forquos, pres<iue toujours les mêmes ; le souvenir de Maugis et la communion d'un brin d'herbe. La place ne manquait pas : il \- a des espaces en blanc dans la colouTie. Se borner à dire- que Beuves a été blessé à mort ne suffit pas, d'autant plus qu'aux autres colonnes le récit de la mort de Beuves est beaucoup moins ©courte. A la version I. l'on a : Fouques transperce Beuves. Griffon le décapite.

La querelle dei Bertolais et de Benaud, dans les ver- sions B C, L, est facile à étudier, puisrpie l'on a L dans l'édition de Michelant et dans la mienne, et que j'ai imprimé, dans ma description des manusciils (ii. ir)0-loSj, la partie de B C est cette querelJc.

Résumé de M. Kaiser pour B C.

Partie d'échecs.

Querelle de llenaud et de Bertolnis.

Renaus demande justice à Charles.

Charles le traite de poltron (feiijling).

Renaus lui demanide compte de la mort de Beu\es.

Charles le frappe de la main droite.

Renaus 'tue Beirtolais.

Voici un résumé d'après le texte lui-même :

Berthelot traite Renaud de « fix à p... ». Renaud répond qu'il lui donnerait de la main dans le visage s'il n'était le neveu de Charlemagne.

Berthelot lie traite encore de « fix à p... » et le frappe au visage du poing <lroit.

Colère des frères de Renaud ^pii leur promet de se venger.

11 va à Charles et se plaint de l'acte de Berthelot.

Charles le traite à son tour de « fix à p... » et menace de le faire emprisonner.

46 REMAROUF.S AU SUJET

Renaud demand'C compte de la mort de Beuves.

Charlemagne le frappe au visage de son poing droit.

llcnaud revient auprès de ses frères et tue Berthelot.

Il y aurait plusieuirs choses à noter : Renaud est trois fois do sui'le insulté d.THs les mêmes termes. ses frères s"indignent (liaii'lemagne le meuaee de la prison.

Mais, nulle part. Renaud n'est traité de lâche, de pol- tron. L'auteur de R (" préfère un ternie d'une vulgarité grossière et cependant moins énergique : Je reproche de lâcheté est le pilus outrageant que l'on puisse faire à un seigneur féodal. M. Kaiser l'a-t-il pris ?

Passons à la version L, que M. K résume ainsi :

Partie d'échecs,

Ouerelle entre Renaus et Bertolais.

Renaud demande jusli<e à Tliarles.

Celui-ci l'insulte.

Renaud deman^de compte de la mort de Renves.

Charles le frappe de son gant.

Renaus tue Bertolais.

Regardons au texte.

Bertolais appelle Renaud fel cuvert renoié » et 'ui donne un telle buffc que le sang coule.

Renaud demande justice à Cliarles.

Celui-ci l'appelle « malvais garçon, coart ».

Renaud, traité de renégat et souffleté par le neveu, traité de lâche par l'oncle, demande compte de la mort de Beuves et déclare que si son père et ses oncles ont pu se réconcilier avec rempereur, il n'est pas lié par cet accord.

CTiarles le frappe de son gant.

J\enaud s'en va. rencontre Rc^rtolais et le tue.

C'est donc à L que M. K. a emprunté, pour l'attri- buer à B C, le reproche fie lâcheté fait par Charles au vaillant Renaud.

-Mais il se trouxe ici une donnée qu'il eût élt; hon de noter. Renaud ne se juge pas lié par l'acicord que son père et ses oncles ont consenti avec l'empereur au sujet

DU <( BETVES d'aIGREMONT » 47

de k mort de Bernes. e&t l'origine de celle rancune persistante qui a pris, dans M Mz, le développement complet que nous avons signalé plus haut.

Cette transposition du reproche de coua^rdise est de nature à tromper gravement, car elle altère le caraelAi-o deis deux versions. Dans T^ les insultes de Reirtolais et de Charlemagne visent l'honneur même de Renaud et doivent le toucher au \if : elles sont dans la tonalité féodale de tout le poème. B C ici, comme presque par- tout, fait tort à la dignité du sujet.

Quant Beirtolais a été tué, ClharJemagne ordonne de saisir Renaud. Les Fils Aymon, soutenus par leur ])a- renté, se défendent vigoureusement, mais finissent par céder au nombre et prennent la fuite. Dans les maiius- orits B C V l^d. Ton a ici une première inteinention de l'enchanteur Maugis em faveur des Fils Aymon. Les trois frères de Reiiaud sont faits prisonniers et Charles les enverrait à la potence, mais Maugis emdoirt. les gardes de la prison et délivre ses cousins.

Les versions A P D, M Mz, L et la prose ignorent cette invention. Le texte afférent de B C est dans mon édition p. 154-158.

Résumé de B C par XL Kaiser.

Mêlée générale.

Les Fils Aymon el Mauf/is prennent la fuite.

Ils sont poursuivis.

Seul Renaul s'échappe.

I-es quatre autres sont em]»risonnés.

Maugis pense à une évasion. Grâce à un enchantement de Maugis, ils s'enfuient.

Comme aux versions V et Ld. M. Kaiser a imprimé d'abord le nom de Maugis en italique, sans doute })our appeler l'aittention sur eette pre/miène intervention du fils de Beuves. Mais ici cette indication n'est pas jus tifiée. Voici, en effet, ce (|ue donnent les manuscrits B C (1).

(1) .1 ai iniiprinié autreiois ce curieux épisode de^ Fils Aymon daiie la chartre d'après île ms. C (Nationale, 766) dams les notes

^^ REMARQUES AT' SUJET

Mêlée générale.

Les F'ils Aymon prennent lu fuite.

Ils sont poursuivis.

Seul Renaud s'échappe.

Ses trois frères soin/t faits prisonniers.

Charles veut les faire pendre.

Aymos proteste : on ne peut les pendre comme des larrons. Oue (Jharles les tienne en prison en les nour- rissant mal : ils mourront bientôt. Ogier et Naymes par- lent dans le même sens. Les voilà donc dans hi charlre profonde.

Se MauLtis lor cousin pooit estre conté !

lienauid, quand l'armée eut cessé de le poursuivre, était re\enu ver\s iLa Fraince, à la. recherche (le ses frères. Il se cachait près d'Orléans, on ilui avait dit que Charles avait sa cour.

Oiez une aventure : ichou est vérités,

Que i.Maugis Je trouva qui bien est doctrines ;

l)"inii!omanche et des ars ert sages clers lelrès.

Il vient à Uenaud et lui tlemamde qui il est. « Je suis un homme déshérité, à Dordonne ».

iVIaugis insiste et demande son nom. Renaud se fait enfin connaîtro. Maugis le baise cent fois et lui promet de délivrer ses frères. Il fera payer à Charles la mort de son ])ère tué par trahison.

La nuit venue, Maugis \a à lia cour ; Renaud reste à l'attendre. Maugis se -rend à la charlre ; etle était gardée par deux cents hommes armés. Les yailes lui deman- dent qui il est. Il se fait passer pour un pauvre homme ■fini cherche un logis. Il jette son charme, les enchante,

de Maur/i.-i (P Aigre mont, p. 363-366. C'est exactementt le même récit que dans B, avec les négligences ha.bituelleis du copiste de G, maie aussi avec des leçons intéressantes.

D[J u BliUVES d'au. 15 i:\IOM » 49

et ils s'éndormont. Maugis ontrc dans la prison ot tire &es cousins du cacliot. Il se t'ait roconnxiître d'eux.

Puis \inr4Mil à l{enaul soz l'oilix ici- rnnic.

On voit, lies dilïére.nce'S. Maugis n'esit pas indiqué comme ayant pris part à la mêlée générale, ni comme s'étant enfui avec les Fils A} mon. 11 n'a été ni fait pri- sonnier, ni inicarcérô n\ec les frères de Renaud. Il n'a pas eu méditer, dans !a chartre, sur les moyens den sortir.

Il apparaît ici, comme dans la version La \'allière (\-. 36'i3), quand après avoir volé un trésor à Orléans, il vient à limproviste trouver ses cousins à Dordonn© et, dès lors, satitachc à leur destinée. L'imitation est flagrante, ot le trouvère en avertit quand il s'écrie : « Oïe7. Uiue aventure î » Le m.s. C dit : « Oïez ime mer- veille ! », et e'e<st probablement la meilleure des deux leçons. Déjà, a^ant que Maugis se: 'montre, il disait que les Fils Aymon ne ^lemeureraient point dans la ju-ison si leur cousin Maugis s^'ivait qu'ils y sont.

De toute manière, \o rc'sumc de M. Kaiser diffère abso- lument de ce (pie l'on a au l»^xle de la versiotn B C.

D'où vient ce désiaccord ? Sans doute de ce que, dans lefi versions V et Ld les faits sont présentés comme dan>; lo résiuné figurant à la eolonne B C, avec cette seule différence que dans ces deux versions Aymes et Girard intercèdent en faxeur des quattx> prisonniei's et ([u'il est f^'ut inention de renlerrement de Bertolais.

Dans B C l'on a vu la proposition assez singulière qu'A\Tnes fait au roi. IL ne songe qu'à épargner à ses fils un supplice déshonorant. Ogier et Xaymes l'apju-ou- vent. ("est un sou\enir de la légende d'Ogier. et il est naturel <([ue le trouvère ait pensé à lui. Il est ét-range que mentionnant ailleurs les prières flAymes et de Girard, l'on n'ait point dit un mot de l'intein^ention d'.Vymes dans B C Mais l'identité des trois colonnes, pour le reste, prouve assez (jue. pour l'emprisonnement, l'on a

50 REMARQUES Al SUJET

été floiniiu' par le souvenir de V Ld, à moins qu'il n'y ait eu simple mélange et conifusion de fiches.

Dans ma desicription du nMnu&crit de Venise, j'avais résumé en gros les fails depuis le moment Charles arme chevaliers les Fils Aymon juscju'à la trahison d'Her- vieu de Lausanne à Montessor. Je disposais de ressour- ces incomplètes, et cependant tel point me pa^raît devoir être rappelé.

Oua'ud Uenaud a cité battu par Bertokiis et qu'il s'est plaint à l'enipei-eur.

Charl'CiiiauiH^ l'oï. ne disl ne o ne non.

l)'après M. i\aiser. ( 'liarleniagne l'ijisulte.

Plus bas je dis -que llenau.d, iivcc ses cousins \'i\ien et Maugis et ses IVères, prend la fuite. Je ne vois pas le nom de \'ivien au résumé de M. K. Mais il est bien diriicile (juc je me sois trompe, c'est à l'endroit Maugis sort de la juisou avec ses cousins. Le trouvère i\ imaginé uji embellissement d'apr'èis le passage des Fils Aiimon, J "enchanteur eiudort les pairs et l'empereur lui-même (\. I l(il'.?-f KMO) et d'après oelui où, la nuit, Maugis vient au camp, enchante les gardes de Charles et l'emporlc' H-mlormi à Montauuban (v. 12538-125 72), je le résume ainsi : .Maugis entend les gardes dire que leur sort sera décidé le lendemain matin. Puis Charles descend lui-même dans la charlre, Maugis le défie et déicla.ivi qu'ils seront secourus. Il endort Charles eit tous ses seigneurs à l'aide d'un « charme », sort avec les autres prisonniers, dépouille les barons ([u'il trausporte (lajis la chartre et pknce Charles, toujours endormi, à la ])0rle de la prison pour la garder. Cela fait, ils s'en vont, et près des « fourches » ils trouvent Kenaud qui était \enu à leur aide.

\-y a-t-il pas lia une invention trautant i)kis. intéres- sante ([u'elle semlole particulièret an mannscrit de Venise? Ponr les Fils Aymon, il suit en gros B C,' y compris

DU « BF.rVES d'aIGRF.MOXT )) 51

lenlèvement ck* (liai-lot. lils do l'omperour, que Maiigis endoi-l et porte à rrenKJgiii'.

On ne comprencl pas que \e résumé do \' omt-tte un Irait si caraiMéristiciuo. l/ou <iurail lo dfoil do so deman- der s'il n':\ pas été égalemcnl- ouljlié au résumé du ms. I^ud qui, dune m^inière gtniéniK'. dilïéro pou df" celui fie Venise,

Ce doute n'est sans doute point fondé, mais il serait excusable, car l'on constate parfois telle omission que rien n'explique.

L'idée de plaicor Renaud près de la poteDoe, atten- dant ie moment de secourir ses frères, est prise de l'épi- sode célèbre Richard court un si grand danger d'êti^e pendu par Ripeus.

Dans la version A 1' I), lorstjuc le messager de Char- iemagne, Oliios, lui rapporte que l'aocord a été coniclu avec Beu\es, la nou\elle Oist fort lujal reçue, parce que l'on a garanti au duc q^i'Il pouvait venir on toute sûreté.

Et qiuint ("liarlos Toi, si a .1. pou pensé ; l)ainodiou vu jura, le roi lio majesté, Se il le pu<*t tenir, il sera encruoz.

.Sur\iennent alors les traîtres (jui trou\ent un homme df'jià ton! prêt à écouler leurs propositions,

Oo/ quel avontute il a iiloïc li-ové. Grifonnés de So>i-ance et ses compains llardr-é Et Guenelon ses fix en sont au roi aies, I.o roi ont appelé à .1, conseil privé. [Fouques] de Morilllon avoit avent parlé. Sire-, dit il au roi, moult par est grant \iîté Due li dus a vos fil oici. et decopé. \ous vous le gaiterons se il vous \ienl à gré A tout .1111.'' hommes fervestus et armés, Oue :si li (his i passe, tous se^ra decopés. Quant Charles les entent, les en a merciez. Signors. dit il so lore lo poés.

5'2 rtEMAHOUES Al" SrJF.T

Je vous doarai tous] et chastiaux et citez, El il li ont sor sains et promis et juré. De l'ost se sont partiz à tout .V.° d'armés. De Pairiis so.ni issu/.. Or Jes conifomfle ! lui .1. bois s'emhuchere'nt, que mal lui il planté !

•le cile d'après le ms. A. L'o^n ii \u que rcmpereur était tout prêt à l)iein accueillir le conseil des traîtres. Oue donne M. Kaiser ?

Otlieis revient [.auprès du roi] (1)

Des traîtres préparenl une emibui&cade,

Oi', pour les autres \'ersion;s, sauf I.jiiiil, il y a le né'cossaire. Par exemple, pour \ , Ion a :

Ganelun \ient à Cliai'les.

Il propose de sur-pi'enidre Beuves.

Charles hésite à commeltre un tel acte.

lùifln il s'y décide joye\isemeni.

Les traîtres pré[)ai'enl rcmlniscaîde.

On voit tout ce (pii iuani[ue au rèsunu- de A P D. 11 n'est rie-u (ht de iraccueil que lo roi l'ail à la noiuellc de la paix, rien des propositimis que lui fait Fouques de Morillon au nom et en. présence de Griffon, Ganolon, Hardré. Toute la famille des traîtres est ! Uien non plus de hi réponse de ('liarles ; et quand les traîtres par- lent pour' leur \ilaine besogne, on les désigne' comme de» iniconnius : Des traîtres !

Dans le l'ésumé é& M Mz, qui est plus comiplet, je retrouve encore la formuile : des traît.iics. Or, je lis, dans M :

Guenehin apela sou neveu Aloi'is.

Fou (| ne s de Morillon i refu autwsi.

Hardrez et Berenguier que Fk'x puisL maleïr.

Chil ont mis à reson Kalle, le lix IVpin.

(1) Il y a en allemand: Othes l.ehrt hvtin. C'est le même sens.

DU " BErvF:s I)\I(;hi.mo.\t » 53

5 Sire, clie a dit (Iik^Hicz. oiikMid<^7, clin à mi. Oi- vous vknt li (lus Bues à voslre couH servir, Et sunt en sa compengno .0. chevaliers de pris. Moult grant lionle eiSl chen, par Dieu qui ne menti, .Quant vous iunez chcli Kpii Lohier \ous mordri.

10 Se vous le vouliez, par le corps .S. Rémi, Nous l'ocliirrion, sire, corne voslre enemi. Baron, dit Chiarliemaiignes, par bonne foi l'olri : Quoi que \ous en fâchiez, ne soit pas «us moi mis. Sire, dien a dil Guenez, le matin mouveron

15 0 Ail."' rlievalliiers as elmez d'Avignon.

Guenez, chen dist le roi, chen seroit trahison. Ouer nous avon muLt bien donné trievez Buc\'on. Sire, chen a dit Guenez, oez autre reson- : Ja n'i metez vos mains, emperere frans hoiin.

20 Guenez, che,n: dist le roi, o.r feitez vostre bon. .Vdonc en sunt parli rGrifc-s] et Gueneilon, Et rF'ouques] et Her^•i.s, Alo'ris et Siamson.

Des traîtres, ces chevalie.rs dont les noms dans l'épo- pée s}Tnbolisent toute forme de perfidie ! Mais i:l n'y avait qu'à faire comme /pour la Aorsion V, on lit que Ganelon vient proposer à Charles de surprendre Beuves.

Examinons de- plus près le nésiumé de M Mz.

Des traîtres viennent à Charles.

Ils conseillent de surprendre Beuves.

Charles hésite à api>rou\er un tel acte.

Enfin il s'y décide.

Rencontre.

Combat.

Les traîtres sont en lAus grand nombre.

Beuves est tué par Ganolon.

La mort de Beuves aurait être présentée autrement.

Il y a d'abftrd duel entre Gritlon et Beuves. Le déloyal Grillon lue le ehe\al d<' Beuves, mais celui-^ci, d'un o-up d'épée, abat Grillon et son cheval.

Lors escrie li du/, : \'i uarrez. desloiaus .'

34 REMARQUES AU SUJET

Socond duel entre Griffon et Beiivos, tous deux à pied. Mais Ganelon sur\i(Mit et |)erce le duc d'un coup de lance.

Blesé à inort, le bon chevalier tombe. Griffon se jette sur lui, soulève son haubert de mailles et lui plonge son épée dans le cori)S.

L'ame s"en est partie du ^•aiIlanl chevalier. Puis lui a dit Griifon : Or as tu ton louier Pour le lix 'Charlemaignc l'empereur au vis fier, Oue lu feïs ochire à duel et à pechié.

("esl bi<"n Griff(.ii qui aclièxe lieuves que Ganellon n'a fait (|ue blessai- .11 fallait donc mettre une fomiule amalogue à ce ([uc l'on a (Muployé ù la \ersion L, et dire :

Ganelon transperce lieuves el (/iriffiMi le \nn.

J'avais cilc un liong passag<' <lc M. l'on a la mort de Beuves, d,nns mes Reclicrchcs, p. 'il'.?-,*!! (Cf. pour le transport du corps à Aigremont, \k 135), et je l'avais résumé aux Correcti>in>i el ('()mi)Jcments de mon édition, p. 988. à jiropos di' Terreur (pic rincorreetion des textes m'avait fait commettre au sujet de la mort de Beuves dans B C, à ma note an v. 1472.

Je regarde encoi-e à la colonne de L (p. 20). On n'y dfmne pas le nom des messagers ([ui \onl demander la paix à Charles. Ce sont Fouques et Amadeus. Or, Fou- (pies est nommé pour les versions A P D, \', B C, et dans L c'est lui qui parle au roi et lui tient un long discours. Le personnage, neveu de Girard, est inq)ortant, et son nom ne devait pas être supprimé.

Dans ce mèm(; résumé de L, quand les traîtres ont ttié Beuves, on dit simplement qu'ils s'en retournent. C'est supprimer le trait le plus archaïque de celte version.

Pendant le combat, Fouques de Morillon a percé Beu- ves d'un coup de lance. Aussitôt il crie à ses hommes de combattre courageusement, car le duc est occis et il faudra faire un présent de sa tête à Charlemagne :

Et cil ont respondu : A Deu beneïçon.

nr " nicT \F.> n\u. rtr.MOM 'i 55

Grifes d'AuleteuilIe décapite le due et plus l;ii-(l il ix>Miet la tête à Charlemagjie.

Sire, ce disl Grifous, or oies mon semblanl. Ves ci la teste au duc qui o\ra malemenl, Ki ocist \ostre fil si desmesuréemenf. Comme Charles l'oï, sel fisl molt liéement. Amis, ce dîst li rois, ci a molt bel présent.

(1683-1G87.)

C'est atroce, j'en conviens, mais l'esl-ce [)lus (jue le meurtre d'Enguerrand et de Loliier, que devait protéger leur qualité de messagers ? Mais Charles et les traîtres ont péché gra\ement coiilre la loyauté : Beuves venait avec le saut-conduit de Fempercur. Celui-ci se déshonore en prêtant l'oreille aux suggestions des Ganelon et Griffon d'AulefeuilIe. Dès lors, les Fils Aymon sont autorisés à pro<-lanier que le <lroit est de leur côté (1).

Tout l'édifice féodal sendjlait s'écrouler dès que le vas- sal ne pi»u\iiil plus c<fnq>fer sur l;i parole de son suze- rain.

On aurait pu nn-ttre : Les traîtres reviennent et Griffon remet au roi la tète de Beuves .

Je regrette d'avoir encore à relever une inexactitude aux de.rnières lignes qui achèvent le tableau synoptique. Quand les Fils Aymon. échappés des mains de Charles, se sont réfugiés dans 1" Aidenne. ils bâtissent le château de Monlessor, siu- la Meuse, ils \ivent gaîment, se croyant en sùieté. Mais Charlemagne finit par apprendre l'endroit les jeunes chevaliers ont fi-ouvé un asile. Il convoipie ses armées à Paris et informe ses barojis de son dessein d'aller attaquer l-es Fils Aymon. On se rend aussitôt à Montloon, la giande armée est définilivenient rassem- blée (Edil.. w. 1970-1989).

(1) Leur prottstation s'exprime Bouvent en la formule excellente et bien française: « Force n"es.t pas droit »,

56 REMARQUES AU SUJET

Or. après la mention de la consli-uction de Monlessor, voici comment. M. Kaiser présente les faits.

Pour Les versions A P D, M ■NI/., \\ iTjd :

« Quand Charles l'apprend, il march^e contre eux. »

Pour la version B C :

« Quand Charles rap])rend. il inaichc contre eux a\ec une armée. »

Pour la version L :

« Après &ei>l ans, Charles rai)pren.d et rassemble uno armée à Montloon. »

Ces courtes affirmations ne sont exactes (pi'en partie. La forme elle-même est impropre. Il fallait ou son armée ou l'armée de ses barons, de ses vassaux. Mais, dans ces abrégés, on songe au fait pi'incipal. D'après ce que Ton a sous les yeux. \r ms. L serait hcuI à mentionner cjuc l'armée est réunir à Montloon. Je ne dirai rien de V et de Ld. ni de \\. pour- cet endroit du récit, mais je vois dans mon (-dilion à la description des mansucrits, p. KîO, pour A 1*, et [>. 158, v. 202, pour 13 C, des textes portant que rarmée est réunie à Montloon. Je s<ais que pour B C le texte de l> ipic je cite ne suffirait i)as, à la rigueur, et que mieux eût \alu citer davantage et confirmer par C (1), mais Montloon y est mentionné, l^^n indiquant ce détail pour L seulement, on crée entre ce ms. et d'autres une différence ({ui, en ce point, ne répond pas à la réalité. Or, il s'agit de i)arlies imprimées et à la disposition de tout lecteur des Fils Annioti.

M. K. a placé a])rès le tableau synoi)ti(iue un relevé des laisses avec leurs rimes pour tous les manuscrits du Bcu- ves cVAigrcmonl. On sait l'utilité générale de ces tableaux et le parti que, dans certains cas, on en peut tirer. A en juger par un coup >d"(pil rapide, ce travail a été fait avec toute l'exactitude possible. Je m'attendais à trouver quel-

(1) .J'aurais mieux fait de continuer la citation jusqu'au v. Tôt droit à iMonlaon les a fait aùner. L'on rejoint L à la laisse suivante : A Monlaon f u Ka.lez renipererez au vil fier etc. (B. f . 13, verso B. Cf. C. f. 67. verso B.)

DU " BEUVES DMGREMONT » 57

ques lignes indiquant des endroits ofi la comparaison des rimes serait alléguée comme confirmant ou suggérant quelque idée sur les rapports intimes des manuscrits. Mais depuis la page 15 et dernière de l'introduction, l'au- teur s'est tenu pour dispensé d'écrire rien qui ressemble à l'-expression dune ]>(>nsée personnelle. Je ne vois [)as trqp pourquoi Ion fait })our B C une numérotation des laisses en chiffres romains, a fartir du point cette version se sépare de L, tandis que l'on ne \e fait }>as pour M Mz, quand ils s€ séparent de A P D.

Il a été fait usage de cotte numérotation des la seicondc partie de B C au ta]»Ieau sviioptique : m-ais je crois que ces procédés de transposition ont plutôt nui à la clarté et entraîné des erreurs matérielles.

De la [)age 32 ii la page finale 7i. l'on a la première partie du Bernes dWigremont, d'aijjrès la version com- mune aux mss. A P D M Mz. Le soin avec 'lequel M. Kai- ser m"a\<iil dénoncé comme n'ayant pas eu la pensée d'établir une édition critique des Fils Aijmon m"avait fait espérer que le court texte qu'il donnait serait pour lui une occasion de mettre en œuvre cet esprit critique dont s'honore justement rérudition modeme. Je m'imaginais naïvement que les earaictères des divers manuscrits seraient mis en relief et comparés, que les meilleures leçons seraieint introduites dans -le texte ou tout au moins détachées précieusemcTDt des aulies. Dans l'espace étroit iil se limitait, et avec les ressources dont il disposait, tout lui devenait si aisé ! Cet esT>oir a été déçu. M. Kai- ser édile à peu près sans correction d'aucune sorte sa copie du manuscrit de Metz et place en note toutes les variantes de A P D M. Il laisse au lecteur la tâche d'y découvrir la meilleure 'leçon. Xulle part il ne témoigne de prédérence, et vé-ritaJdemenl j'ai cherché sans aucuri résultat une ligne <iui m'éclairàt sur ces rapports com- pliqués qui relient les mss. et que je n'avais, })araît-il, fait connaître qu'incomplètement. 11 n'y a rien qu'un défilé lie \ari;iriU"> ;iii li.is des [lages, une sorte de ciiiénia

oS REMARQUES Al SUJET

marchent île front A P 0 M. Mieux oùt valu reproduire franchement les cinq textes, iïe> volume n'en aurait guère était grossi, car le système d'ab'ré\^iations employé n'éco- nomise que peu do place. L'on aurait ainsi conservé les diversitési dàalectales et d'aufies dont M. K. ne tient pas toujours compte (1).

L"on a j)aj-f<HS la hardiesse d'imprimer en une suite dans les v^ariantes un passage tous les manuserils soni 'd'accord conlrie Metz pour ajouter ou remiplaccr. Mot/,, comme P H H. est un de ceux 'ipii peuvent trom- ])er par la correction et riioniogénéité très apparentes do r<Miisend)le, ,sons laquelle se disisimulent des alléralions du texte, tauidis que. les défauls île A M (_' sautent aaix yeux. Je m'eu isui.s [fop aperçu, 'quanul jai imprime Mufiif/is «rAit/rcinonl d'apiès le ms. P. ."^ans M et C, en liirii des <Miidroils. j<' ne m'en serais pas tiré.

A tel emdroit un hon lexte est déipecé en forme de variantes et il faut liuit un travail potir le leconstitueir. r)u vers TôO au ^<^rs 708. Al. K. donne au lexte, d'après son manuscrit iMz :

Li dus Hués dAigremont a s'ensengne escrïee : <( Ferés, franc chevalier-, por le cors de deu père. Ja n'en eschapra .1.. n'ait la leste copée. » 11 tint traite respee (lui \aut Une contrée. Eus cl cap le le fie,rt sans plus de demorec.

Voici ce qu'on lit aux \arianles :

.59-08 crsetzcn : 1. Ur oiez que list Bues (Oi. 'Cj. Bueves f. A) a la chiere memilirc^e (bêlement a celée 1)) P A D ; Le duc JL s'en lorna coiement a cheJee M. 2. En une (sa) <'hambre entra (en e. M) s'a la (sa D M) brogne endosse P A D M. •"). Et le hiaume lacio et (e'a) la large

(1) DinîA^tische- Varianten konnten selbstverstctndllicJ) nichi f)C.riicknirhf.i(ft wrden. P. 10. ISIaifi il est d'autres particulairités c]ni dispaiaieeent aussi.

DU " BEUVF.S d'aIGHEMOM " 50

cobrec (I) cloi-e) P A F). \. VA a çainle l'espce <iui va'lt une coTitnpe P D. Puis ;i saiiil \o bon brant a langue d'or ouvrée A. 5. En la melke vint (entra D) tresfot de ranidonee (n'i -a fet arestee M), sanz nule demoree D) P M D ; En la s-ale revmst par mouJt grant aïree- A.

C'est établi avec un «loin méticuleux, je le reconnais bien volntier?, mais il valait mieux faire comme on l'a fait ailleurs, par exemple pour le long passage de Metz (687-70) r<Hi donne en luie suite la \ersion de P A M (12 Acrs) aAec s<:'s variantes iiropres. Ici A présentait :

OicHs •fiue BucAes fist à la oliie-re memibrée. An une chambre entra, s'a la broigne endossée Et le liyame lacié. s'a la large cobrée : Puis a saint le Ijou branc à langue dor ouxrée. ô En la sale re\inst par mont grant aïrée.

(Arse'nal, f. i. verso B.)

I^es soûles différences entiie mon texte et celui <jui, pour A, se diégage des variantes, sont purement ortho- graphiques : An, broigne, hyame, bi"anc, mont, mais elles n'en sont pas moins caractéristiques du manuscrit de l'Arsenal. On voit quelle peine s'imposerait celui qui vou- drait retrouver un texte dans les variantes qui ne se rapportent point à la version imprimée.

.J'en suis à regretter do n'avoir pas imi)rini('' ma v ieille copie de A. au moins pour le Bemea dWujvemonl. On la lirait telle quelle est, non dépecée et défigurée, comme (m l'a vue en forme de variantes. El cependant, je le redis, ce relèvement est fait avec un soin e.vlrème. Mais si un vers napiuti-t^: <|u"iuie altéralion orlhograpliiquo ou' peu inipurtanle, il n'est pas noté.

Ainsi, quand Cliarlemagne arme chevaliers lleiiaud et ses frères^. i"l dit à son s^.Miéclial. dans le ms. A :

Aportés moi les armes qui fun-nt Codooz Oue j'ocis eU' bataille à m<ui brau'c acéré.

60 REMARQUES AU SUJET

Ml donne la loi-me coixlrée, qui est probablement la meilleure, celle d'où \ieinit ce roi de Cèdre ou de Chypre que mentioninent ici les éditions populaires de notre vieille prose ; mais on eût bien fait de citer les vers de A en note aux vers 909-910. On aurait ainsi la certitude qu'il est parlé de ce roi fabuleux dans d'autres mss. que Mz.

Si j'ai })ris le soin de revenir au texte' de A, cité plus haut, c'est '(juil rappelle le passage corresponidant du ms. La \ allière et de B C (\-. 078 scj.) dont j'ai parlé déjà :

A icele 'cn\aïe] es aos 13iKnon errant,

et que \1. K. omet à son résumé général du Bcnves d'Ai- tircinoid (p. lo).

1^1 fidélité au manu&crit choisi est reicoinimiaiidalde, mais loi-scjne l'on a en main le moyen dé' corriger sûrement, ne faut-il jamais en avoir le courage ? Lohier dit, aux vers 783-784 :

Sire dex, dist Loihiers, voirs père omnipoteiiil, Oui en la sainte virge preïs avaneemenl.

N'es(t-ce pas ininteLligiible ? J'aurans auda/cieusement emprunté « aombrement » que donne P A. C'est con- forme à la phraséologie pieuse du Moyeu-Age, et cela se comprend. Ouaut à « anoncement », indiqué comme ■\ariante de M. c'est sans doute l'origine de ee singu- lier (( avancement », nuiis je \ois mal conmient ranrion- ciation s"arrangei-ail a\ec « prc-ïs ».

L"on eût bien fait d'introduire au texte, après 600, le \ers de A couifirmé par P :

Ou Bauduins fu mort qui tant estoit prodons.

Cette reprise flm commencement du poème est toute naturelle dans la bouche de Lohier, quand il reproche précisément à Beuves d'avoir refusé son service jiour la

Dr '( nKLVi:?^ uaigukmoxt » fil

guerre de Saxo, périt Baudoin (1). De mémo, ;i Ui page 57, Ion aurait j)U faire passer au texte la version P A M, au liou d'y laisser ki déolamation froide f[ue donne AIz.

Il n'est point de règ"le absolue, et jeslime qu'il est bon. quand rien ne s'y oppose, do «e rai)rochor du vrai texte, tout en fournissant en noie 'les moyens d'apprécier la valeur de la correction. C'est diffîeiîe, délicat, affaire de mesure et de sens, et ce n'est point obligatoire, mais c'est enfin faire œuvire de critique. Par contre : chi non fa, non falla, mais alors ne parlons point d'édition cri- tique.

(Que quelques fautes miajtiérielleis se- soient mêlées à l'imprimé, c'est piéehé véniel, et nul n'en est exempt.

J'en ai rapidement noté ■(luelqueis-unes :

P. 40, var. à v. 202 : au lieu de Buvx)n, lisez : Buevon.

P. 40, var. à v. 206 : au lieu de grenu, lisez : crenu.

P. 41, var. à v. 210, A. lisez : mont.

A l'aiddition de A, au \ . 224, lisez : et fer\estu.

P. 42, var. 4 v. 24 'i. On n'a pas compris que, .sui\ant sa mauvaise habitude. A fait un vers de deux (1). I.e premier hémistiehe doit donc être rapporté au v. 24."> et le secoud au v. 244, où, au lieu de « v ai Dis saut une a stèle » l'on a « ne perde une cinelle », ou cenello. que l'on .n'aurait pas imprimer civelle. LI ne manque pas ici de vers entier dans A ; deux y sont à demi représentés.

P, 45, var. à v. 310, lisez : Ja nus.

V. 403, au lieu de : De .1. pars i avra, corrigez : iJe .II. pars ce que donnent le sens et la leçon de A que

(1) La ducheese, dans ses conseils à son mari, rappelle la mort de Baudoin, v. 324. et Liohier la mentionne en son premier dîs- couTS, V. 575, quand il parle de la guerre de Saxe. Il ne fait que reproduire ce que Charlemagne a dit à ses barons, v. 57. Ces répétitions matérielles sont un des caractères die notre vieille épopée,

(1) Dans mon édition, j'en ai noté les exemplea pour la fin du poème, V. vv. 16036, 16037, 16156, 16161, 16169, 16178, 16230, 16283, 16482. 16577. 17351. etc.

62 lîEMAROUES AL" SUJET

Ton a oiniiS'P. P ;i : l»';mili<^«i pars, ce qui revient au même.

V. 400, à la rime, lisez : argiie. F. rrimpression.

P. 51, var. à \. 73, lisez : Cau'us.

P. 52, var. ;'i x. i87, lisez : les esgaïKleait.

1*. ~y.j, \'ar. ;'i \'. 510. Au lieu de : KMiiesl à rcunuie, lisez : l'ormine. P. douue : flermile.

\ ar. à V. .5'Jv.'. Au lieu de : corusté, lisez : oousté.

Dans rarklitidn au \ . r>:>0 tju lexle. Lisez aux \ariantes : Por l'amor de Karlon : P (A de son pero).

V. 782, Jiu lieu de : rrarent, lisez : r ni veut.

V. 078 : ('liarle(s)maiiie.

Conclusion. M. Kaiser a bien !ii el re[ir(>duil la partie du Bi'urcs (l'.\i(ji cnvint ■(\\i'ï\ a\ait eutropris d'édi- ler d"iij>rè.s lo UKUiuscrit Mz. ; il a rolevi' [)ali<Mumenl les \arianles donuôes p^ir les autres mss. de la même l'amiMe. -Mais il a eu l'ambition do monli-er que sa connaissanee du sujet el son éducation phiiloilogicpie lui peirnwliaieinl de tenter (lavanl.age ; il a composé mie soi-te d'iulroduelion gi'uéralc ou <le préliminaires : cela forme la pivmière partie de sa puMicalion. A i<' pr(i[t(>s. j.;ii ikiUm' (piil ionunenc*' par utiliser-, sans le reicoimaitre, ceux de mes tra\<in\ (»ù les ■manuscrits sont décriis et classés en t'amillcis. .l'ai réclamé eonli-e ccll<' exj)i'oprialion ineor- lM^cte diins rintércl de la vérité ci du droit, .Onelques lignes auraienl suffi pour sVicquitler envers mon édition des Fils .Ijy/no//. L'on a priM'éré jtrendrx} sans antre expli- cation, oubliant le mot si juste tlHorace :

distal, sumiasne pudenter An rapias (Eip. I, 17, 'i-i).

Mais, pour ce qui suit. M. Kaiser a négligé, de parli pris, l'étude de mon édition et de nombreux articles que j'ai publiés sur les F(7s Ai/mon, dans la Revue des Lan- gues romanes. Il y eût trouvé des ressources qui lui au- raient permis d"é\iler les nomlneuses erreurs et couifu- siens que j',ai eu remiuyeuse tache de relever. Je n'y reviens pas et me borne à adresser une recommandation

DU « BErVF.S n'AKiRl.MONT " f)3

à c<eu\ 'f[iii vondi-iii^^iit l'Iindi^M- la qucsiiou des rf'daotions (lu Dcuves dWitivcnvuil : qu'ils so ii-ardent des résuiiiés el UiblcaiLX de M. Kais^er.

11

Je voudrais w^ \k\^ laiss^er sans remarques fl'nn carac- tère général une discussion laborieuse et longue, l'on était obligé de s^e conformer à l'ordre sui\'i par Fauteur.

Il me paraît bon d'aller, quand rien ne s'y oppose, du simple an coTnjwsé. L'étude des sciences naturelles p<'ut être pro,posiée en modèle : on y part des organismes ru'dimentaires et Ton suit le progrès qui les 1 Transforme. Oi', la philologie est, elle aussi, une science de la vie. L'on possède plusieurs rédactions du Beuics d'A^igre- mont. La rédaction La Vallière est plus courte, moins chargée, et plus archaïque. Elle renferme en outre, dans la suite du poème, des germes de changements ou développements que l'on relè^'e dans les autres rédactions. et même mi résumé du Beuves d'Aigremonl. Enfin elle est antérieure ])our lensemltle et, saut quelques points douteux, au Maiigis d.VtgrcmonI, dont toutes les autres formes du poème ont subi l'influence, ('"est donc par elle qu'il faut commencer l'étude générale du sujet.

]-jlle est d'ailleurs imiprim/'e.

1/on doit passer ensuite à ia version B C. Elle offre une première modification 4\i plan. Elle suit L tout d'abord et s'en sépare seulement à un moment de la bataille sous Troyes, mais donne l'exemple de reporter en arrière, immédiatement après la conclusion de la paix, ia venue des Fils Aymon à Paris, Charles les adoube chevaliers. Par cela seul la fusion du Beuics d'Aigremont et des Fils Aymon est réalisée. Après la mort de Beuves, ses fils Maugis et X'ivien sont présentés aux eôtés de leur mère, tandis qu<\ dans la \ersion La Vallière, Maugis n'apparaît que l)ien plus loin (Michelant, p. 97 ; Caistets, \. :\Ci\:\) et .qu'il est à peine fait mentiion

Ô''» REMARQUES AU SUJET

(riiii \ivian (laiii- un vers suspoïc^ irinleippoilalioii (Cas- tets, V. 8170).

Une> fois Ja soudure des deux poèmes faite et Maugis introduit en scène, les trouvèi-ets emasent i>u s'oii tenir là, mais l'on avait lu jo Maugis d Aiuremonl, et lauteuir de R C ,a procédé à une réfoetion généra Je Téil émeut ronianeaffue a pris une graiiiide pari, ofi lOn a R^speioté seulement la partie centrade .du poème : Michieilant. \). 175 ;, Castots, V. 6395. Micilieilanl. p. .130, Ca.stets, v. 12587.

Un remaniement, mieux compris pour l'ensemble, a lieu dans la version A P D. I^e Beuves d'Aioremont y eei précédé d'une introduction, mal rédigée, mais qui em- brasse en fait les Fils Annwii. Pour affirmer son indépen- dance, le trouvère ne suit pas d'abord le ms. La Vallière, comme B C avaient fait : il «'hésite point à renouveler le fond et la forme du Beuves d'Aigremoiit. Le premier mes- sager envoyé à Beuves est supprimé. L'adoubement des Fils Ayiuon recule encore c^n arrière, est placé après la mort d<' Loliier. Si Charles réunit une armée pour ven- ger son fils, un arrangement a lieu <Miti'e lui et Beuves et ses frèes. Ainsi, la grande guerre i\xù. d^ins L B C. sui\ait la mort de (.obier, a lieu après ki mort de. lieuves.

Une fois la paix conclue, Aymes, seis fils et Maugis viennent à la cou,r ils sont bien accueillis, mais la mort de Bertolais a les conséciuences que Ton .sait et les Fils Aymon s'enfuient dans les Ardemnes.

Il est à noter que API) ne mentionnent rien do l'em- l)risonnement des frères de Benaud et de leur délivrance par Maugis : cette version fait un choix parmi les inven- tions de B C. On n'a qu'à feuilleter la prose française (|ui suit A P D id'une manière à peu près régulière à partir de l'entrée dans les Arde^nnes. Si, pour la seconde moitié du Beuves dAi(jremoni, elle s'en écarte, c'est que elle suit la forme que le récit, a prise dans M Mz, aiirès radoubement des Fils Aymon, eux et leur père reviennent à Dordonne' aussitôt, que l'on a appris à la cour que Lohier a été tué par Beuves.

DU " BEUVFS D'.MGnE.MONT )' fio

Charlemagne rassemble &on armée pour cliâlior le meurtrier de son fils. Mais celui-ci a obtenu l'appui de ses frères Girard et Doon : ils assiègent Troyes. Après un long et rude combat, les ducs envoient Pons. Amadex, Richier demander la paix. Elle est accordée ; les ducs viendront à Paris servir J'eanpereur.

Mais Beuves est tué ipar les -traîtres, et Maugis se promet de venger son père avec l'aide de ses oncles Girard et Doon et de ses cousins, fils d'Aymes. Ainsi il est introduit dans laetion. La guerre est très brièvement résumée comime dans L et B.

A partir de la querelle de Renaud et Bertolais, M Mz se rattachent à la version La \'allière ; mais Mz est incomplet à partir du point Maugis se fait ermite, et \l imagine un pèlerinage en Palestine tout particulier : d'ailleurs le ms. est très incomplet à la fin et le dernier feuillet en est encore aux combats de\anit Jérusalem. Il est à noter qu'au commencement tlu pèlerinage le texte de M comprend quatre parties : I. Le départ de Renaud et sa rencontre a\ec Maugis à Gonslantinople (texte de L) ;

II. Lue transition de 33 vers amenant les pèlerins à Acre ;

III. on rejoint le texte de B qui, dès lors, est suivi pour- '^'^\ \<^vi> représentant 275 \ers de B ; I\'. M prend alors une marche particulière.

Il semble donc que, sauf pour le Bciiies (V Aigremoul, l'on se donnait une plus grande liberté, et pour la lin du poème. Les remanieui-s puisaient à leur gré dadis l'aneienne version L et dans la rédaction B L'. La version A P L), sauf toujours pour le Beuves, d'Algremont, est un compromis entre L et B. Ainsi, le champ des compa- raisons est assez limité, car on re\ient toujours à l'ume de ces deux versions, a\ec les différeiiices de détail ctue l on l>eut supposer. Si A P D imagine un épisode romanes- que après l'ensevelissement de Renaud, c'est uniquement pour mettre au poème comme une signature d'auteur. Mais cette \ersion eût mieux fait de ne pas placer à Creoigne, qui n'a. semble-t-il. jamais existé, la sépuMure de Renaud qui ne pouvait être qu'à Tremogne. 6

6G REMAROl ES Al SUJET

On a pai-l'ois emplo}é le terme do traditionnelle en parlant de telle ou telle version. ElMe ne me semble aulorisée' que pour La xcM-sion La X^allière, qui se retrouve pour le fond sous toutes les aut,res, anais la diffusion de B C et de A P 1) l'iii pkis grainde probablement que eelle de L tlont il ne reste qu'un seul manuscrit. A l'étranger on lisait tant (M une version, tantôt l'autre, et bien des parlicuJa.rilés que l'on y a notiées dans les iniiitalions des Fils Aymon ont leur origine- dans telle ou telle des rédac- tions françaises.

Il faut enifin noter que A 1* l) o[ M M/, qui chacime, à sa faeoii, diffèrent tie la \ersion l.a X'allièix) poiu* le Beuves (V Aigremonl l)eaucoiij> plus <\\\o B C, s'en éloi- gnent mo'iiiis '(fue c^fMte version-ci pour le reste du poèmie. Il ne faudi'ait donc i)as leur supposer partout une indé- pendance en\ers L plus grande qu'elle n'est. Ainsi, j'ai été aidéj^ pour la fin si difficile du poème, par les mss. A et P, qui, en cette j)artie, concordent avec L jus'qu'au V. 17737 B y revient a])rès s'en être séparé au v. 12587. .le I^eg.^elte de n'a\oir pu connaître D pour une partie plus éleiwlU'C (!<' la lin. on daineui-s il concorde avec A P.

I^a \ersiou A P I) sh^ retrou\e en fait soiis la pi-oise française doul je fais xodonitiers mention et à laquelle j'ai i'onsacré un cliapilre de mon appemdiiee (p. 969-981). .le me suis cru autorisé à dire «qu'elle a été faite sur un manuscrit i>erdu du i)o6me, N", semblable à A P D, si ce n'est ciu'il sui\ail M .Mz pour la seecnde partie du Beuves d Aiiircmont et i-evenait au texte de L pour la captivité <le Chailemagne à Montauban. Mais je ne rappelais point une jii-eu\e décisi\e de la réalité de ce manuscrit. Dans notre i)rose, 'fjuand Charlemagne sort do Montauban, Re- naud lui prête ou lui donne, on ne sait trop, son cheval Bavard. c[ue le roi d'ailleurs lui n'uvoie dès <pril est revenu à son camp. Dans les textes en vers des Fih Aiirnnn, il est question, à cet eiiidroit. d un cheval liard et j'avertissais en note, au v. 1291(5, .(pio (Hait sans doute, par confusion de mots, l'origine de la pensée, si

LU H BEiVES d"ai(;ri:m()\t » 67

peu naturelle, de coiufier le fidèle et merveilleux destrier de Renaud à Charlemagne. Mais je n'aurais pas me borner à mentionner, s^ans pluts. que cette altération du récit se retrou\e d^ins le Rinaldo italien en octaves. Citons le résumé que M. Uajna donne du vieux poème italien : « Charlemagne irrité accuse ses barons de l'avoir trahi et défie Renaud. Celui-ci, en courtois gentilhomme qu'il est, ramet Charles en Jiibeirtié, lui rend sa couronne im- périale et les douze épées, et voudrait aussi lui donner Bavard, mais rempereur, une fois i'e\'enu au camp, ren- \oie le cheval et commande l'attaque de la forteresse » (lilnaldo (la Monialbano, p. 61).

Il est éviideint que l'auteur italien sappuyait S'Ur un de ■nos textKîs en vers. Il l'a modifié et onrichi en bien des en- droits, mais on reiconnaît la marque ilailiemie. Ce text« était-il identiqu'e en tous points à celui dont -dérivei notre prose ? Non, et pour la captivité de Charlemagne à Mon- tauban, au lieu de suivre le même texte que notre prose, il préfère la versioai B A P à la \ersion La Valilière qu'en cet endroit notre prose reprend. Ainsi, tandis qu'elle nous montre Charlemagne s'éveillant de lui-même du sommeil Maugis l'a plongé par um enchantement, le llinaldo fait inler\<niir Renaud qui, à l'aide d'herbes dont Maugis lui a enseignié la vertu, réxeille l'empereur (1).

Dans nos miSS. A P B C \' c'est Rolaiiid qui rend ce se-rvice à son oncle, ou plutôt qui tire de son aumônière et remet à Naymes l'herbe dont il suffit de toucher Cliarles l)Our qu'il s'éveille ("2) ; mais l'on peut admettre que l'auteur italien ait mie'ux aimé confier à Reiiaud le soin de tirer son seigneur de r^Migourdissement Maugis l'a mis.

Il est très probable que le ms. dont l'auteur italien s'est send, procédait [touir cet épisode des textes A P B C \', mais pour le reste il revenait à la \'ersion A P, tout comme notre prose. En celJe-ei l'on a vraiment un équi-

(1) P. Rajna, liinahlo ,hi Muntallxino, p. 60.

(2) Voir ce passage d'après B en note au v. 12771.

68 kemai{oiîj:s ai srjin

valent, si cndaidi quil soil, du Renaud de Montaubaii donl s'est inspirée l'épopée italienne.

Le p^remier qui «nit clairement OAerti de la diversité dos rédactions dn Beuvefi d'Aigremonl, est M. Pio Rajna. Dans son (Mndo sur le liimddo dn Monkdhftno (Bologna, 1870). il compare le Buovo italien aux deux versions fran- çaises qui! connaissait, le lU'naus de Midielant et le ma- nuscrit de \eni.s.e, et il comstate que le texte italien suit tanl(M l'urR'. la^nlùt rautiv des \ci'S'ioniS françaises. Il en xicMit à conclure que le texte italien doit dériver d'une ver- sion fi-ançaise dilïérant à b fois du texte édité par Miclie- lanl et dai ms. de Xenise. l.'on sait aujourd'hui que les xersiouis du Beuies d'Aigremoitl conservées sont nom- breuses et que plusieurs ont prohahlenuil péri.

Mais le lecU'Uf (k M. lîajna est surtout frappé de l'in- ilueuce que riUiistro ciilicjue attribue au Beuvefi d'Aigre- mont sur la constitution et Je dé\<do})penient de l'épopée (•li('\ alcrescpw^ italieiuie. « Je nol(M'ai surtout, dit-il, rpie ce roman d(nit ètiK? comi)t('' parmi les premiers qui sont venus en Italie. ]»anni rru\ cpii. dans des temps très anciens, ont èliv^ cliez nous les plus famiilicrs aux chanteurs el aux aUiditeurs. En fait, qui ne conuaîf Jes inccssiintes iiiimiliés entre la race de Cle.rmont et celle de Mayeince ? Sur cilles repose la fable d'un grand nom- bi-e de nos compositions italiennes, du Morgante cnirc tant d'auti-es ; il on est peu qui les ignorent complète- ment. Or, cet aïntagonisme n'apparaît point dans les romans fraïuçais, el il serait dilfîci'le de trouveir un autre acte d'hostilité entre les deux familles, si ce n'est ce meurtre de l^euves accompli par des traîtres appartenant à cette race (]). Je suis donc persuadé (lu'il faut recon- naître ici le germe d'où a crû graduellement une grande |danle qui, malheureusement, a onvahi beaucoup plus de

(1) C'est du inoiiie vrai des textes plue anciens que les Fîli< Àywon. Mais l'idée de réunir les traîtres en une famille a \ni être sug- •:érée par le procès de Ganelon tîgure sa parenté de trente barons, dont Pinabelqui sera son champion. Holand d'Oxford, f. 68. sqq. Pour Pinahel, voir /<//s Aymon, 169â, 16843, 177%.

DU « REUVES UAIGKKMONT » 69

place ({u'ij ne c(>ii\enail. qui a i'a\i la Iiunièry vl la nour- riture aux autres parties du cycle » (p. 21).

Ces observations si intéressantes m'ont engagé à recher- cher comment apparaît et se constitue, clans notre Beu~ ves d'Aigremont, eeitte geste des traîtircs dont les méfaits sont si fréquents dans les roma.ns italiens.

Dans la version La \"a.llière, elle est présentée ainsi :

En France ot .1. linage cui Dame Dex mal dont ; Ce fut Grif d'Aulefuei.Ile et son fil Guenelon, Beranger et H ardre et Her\i de Lion, Antiaumes li félon, Fouques de Morillon.

(Micholant, p. 39 ; Castels, 1417-1450.)

Avec des variantes, suixaiit les vei'sioiis, le |)ersonnel des traîtres est ainsi coiistitué.

Leur cri de guérie est Ilautefeuille ! du uoni du fief imaginaire attribué à Grifes. C'est lui qui, dans cette ACi-sion, mène l'attaque contre Benveis et lui tranche la tête ; c'est lui, enfin, qui remet à Charlemagne l'odieux trophée. Dans ce texte, le plus ancien de tous, Ganelon a un rôle secondaii-e. Le trouvère, pour introduire celui que sa trahison en Espagne a\ait rendu célèbre, le sup- pose fils do Gi-ifes ; mais c'est bien celui-ci qui mérite no'tre atlenlion.

J'attends ici rindulgence du Icclenr. .l'ai dit. je ciois. quellque part, que n.os trouxèires se faisaient lire et expli- quer les chroniques latines. Si, dans le texte La Val- lière, il est dit seulement, au début de la Chanson : Toute est de voiirei est o ire, sens point de fa use té, les manuscrits \, P, M, Mz ajoutent :

A Saint Denis en France que Dex a tant amé, La trove'on cl roi le o l'autre autorité.

C'est se vanter de conter une histoire authentique, de la tenir de clercs « lettrez » qui saAaient lire le latin mais ne le comprenaient i>arfois que très imparfaitement. De

70 REMARQUES AT SUJET

Iraclm-, lions oi'i rimagination avait déjà sa part, Tauidi- leur garda il dos souveni/rs épars, noms propres de per- sonnages ou i\o lieux, fails niatéiriels, et il ti-anisformail ensuite le lout au gré de sa fantaisie .11 est donc très possible (1) que le Beuves d'Aigremotit ait eu pour base

moins uno légende transmise oralement que les paissages de Grégoiix; de Tours que j'ai rapportés et étudiés dans mon iniroduclion aux Fils Aijitinn. Ce que je vais dire n'est '(|u"uiu> a|iiilicaliou à Grifes de Ilautefeuille d'un de ces textes de Gr-égoire.

Tout d'abord, j"a\ais aoceplé <|ue Grifes ou Grifion représenilait Gripon, le jdus jeune fils de Charles Martel qui, après la mort de son pèi^e, axait recherché l'appui de Ilunakl d'Aquitaine et s'élait )endu ainsi odieux aux Aus- trasieus (inlroduction. p. i(), n. 1). Celle hypothèse me |)araît aujourd'hui inutile et doit être éearlée. Il est, en effet, dans Grégoire de Tours, un Grippo qu'une inlell- ligonce imparfaite fhi Haliii a pu faii-e considérer comme un traître responsabie de la mort de Bobo (Beuves).

L'on eist à Cairthage, se trouvent Bobo, Grippo et l'iVanithius, qui oait été chargés d'une mission auprè>s de renii)eicur Maurice. In de leurs serviteure franks ayant lue un habitant du pays, le senior, ou préfet de la ville, xient axée tout le peuple au logement des Franks, les engage à xcnir sans annes .comféirer axée lui. On leui- pro- met la sùrelé. Mais à peine Bobo et Kvanthius sont-ils sortis qu'ils sont mis à mort. Grippo s'arme, et, à la tèle

. de ses hommes, \"a à la rencontre des Carthaginois. Il proteste contre le me^urtre de sesi compagnons, tuiés en violation du droit des geins, quand ills ^■enaient pour assurer la paix avec l'empereiur. Le préifet calme les

(1) Je laiboaiie ainei ,par dosir de siiiiplification et de clair : dès (ju'il y eut des clironiqiiss écrites, on ne pouvait procéder comme au temps des aèdes homériques, mais le travail' de cons- titution de légendes ne s'en faisait pas moins. Pour les chaneons de route, le Beuves d' Aigmnont mentionne seulement « Sonets et cbançonetes » (v. 417), mais cela n'exclut pas les chants de guem-e.

DU '< BEI VF> DAIC.rxEMOM » 71

esprils 'Ot conduit Grippo à Maudice qui inoulro uiio grandie indignailion et prom'Ct que les coupables seront punis sui\'ant ce qu'en décidera le roi Chiklebert.

Je l-aisse ici de côté le personnage de Bobo ou Beuves en qui je crois a\oir suffisamment prouvé qu'il faut voir le Beuves d'.Vigremont de l'épopée. Mais il y a, dans le l'écil de Grégoire, un autre personnage dont une incom- plète intelligence du latin pouvait faire suspecter la lovauté. C'est Gii})po, le seul des dépuilés franks que les Carthaginois aient épargné, l'iiommo qui consent à aller négocier avec J'empereiir au sujet de la mort de &es coil- lègues. Il } avait eu trahison, le sauf-conduit avait ijté violé ; on pou\^ait sou[)çouner Gi'ippo d'être de conni- venee a\ec les Carthaginois. Pour des esprits ignorants et simplistes, il n'y a\ait [)lus qu'un pas à faire pour imaginer que Grippo axait p.réj)aré le crime par une entente secrète avec l'empepeur Maurice 'lui-même.

Les peuples guerriers n'admettent point d'être \aincu;S sans que queilque trahison s'y soit mêlée. Oiiamd Renaud apprend que Grifes de Hautefeuille tendi un piège à ,ses fils, il donne une j)remière formule d'une manière de \oir dont les exemples ne sont pas rares dans l'histoire :

Haï, Franoe ! dist il, des or tôles miilJor, Ains ne fusfes encore nul jor sans traïtor !

(V. 17131) (1).

Il est vrai que l'empereur est Maurice et non Char- lemagne, mais pour ceux qui composaient les Chansons de Geste ou les entendaient ehanter, il n'y avait eu. au Moyen-Age, qu'un empereur, Charles.

Lo domaine de Beuves n'a pas 'de précision géogra- phique. On xoit seulement qu'une fois que ses frères lai ont amené leurs renforts à Aigî'emont. il leur faut pas-

(1) Je ne puis renvoyer à l'édition de Michelant parce que pour la fin du poème il a quitté la vension La Vallière et donne la rédaction B C jusqu'à la léirende pieuse.

72 UE.MAROl ES AL SUJET

sor ]i<tr la Loniibanlio pour îxUev assiéger Troyes. Le trouvère situe clone le fief de Beu\es assez loin dans le Midi. Mais par los personnages de l^cuves el de Grifes, Ton retrouxc un eonlacl a\ec la réalité.

Une fois Grippo conAain'CU do trahison, l'on n'avait plus qu'à lui constituer une famiil!le. On lui donne Ganc- lon pour fils, et pour parents dautres personnages pris au hasard ou en raison de leur mauvaise réputation. Ainsi est créée, on laee iile la geste des barons loyaux, une race, une geste de traîtres qui, eu Italie, prendra, dans l'épopée, une place que M. Uajna, avec raison, a jugée exee.ssi\e ; mais j'estime que si, dans les Fih Aiimnii pi'^jprenient dits, son aetiviité mauvaise ne s'était })as ciMilinuiée jusqu'au dueil entre les fils de Renaud et ceux do Fouques de Moriij.lon, les Italiens l'eussent oubliée ou né-gligée comme le Beuics dWujfènioul lui-même.

M. ilnjna conlinuo ainsi le dévelopiieniont que j'ai cité j)iiis haut : « IMiiî-qiio lo lU'ines (TAigrcmonl^ excepté lo proniioi- li\rc (hi i-onian en proso et les endroits eorros- pondanls (ki poème du ms. i)alatin, ost très peu connu de nos ronianciois, n(urs aui-ons, ici, à remarquer lo l'ail très curieux d'une nairation tombée de bonne heure dans l'oubli, mais qui a survécu dans ses elTots, lesquels sont doxonus lin dos caraolères les plus saillants de nolrc! litli'ralurc ronuuie.S'(|uo. » Puis il exprime l'opinion que rantag<»nisnio -dos doux gestes a se dé\eloppcr lente- ment : |)our Kju'il se montre établi tians les esprits el inlillré dans toutes les parties au cycle, « il conviendra de supi>oser qu'a vaut que le roman chevaleresque ail pris racine sur les rives do l'Arno, les inimitiés entre Mayence et Clermont on! 6lé la matière d'un bon nom- bre de poèmes aujour'hui perdus ou (fuo l'on n'a pas encore reti'ouvés ». M. Uajna serait donc disposé à admet- tre que ré\olution s'est îiccomplie d'abord durant l'âge do la poésie Iranco-ilalieiuie.

Mais dans la Chanson des Oitnlie Fils Aymon, que les Italiens ont coinnio dès le Mil'' siècle, la parctité des traî-

DU « BEuvEs d"aigri:.mont » 73

très, opposée à celle des l)arons loyaux, a son action depuis Ja morl de Beuves d'Aigremont jus<cja"au duel des Fils de Renaud, tout à la fin du poème. li n"est donc pas nécessaire de chercher ailleurs ou de supposer des poè- mes perdus. Grifl'es de Hautereuille, G-anelon et les autres sont présentés déjà en un lignage distinct, et quan<l les fils de Fouques sont accrochés au gibet, Ganelon promet à ses parents qu'il tirera \engeance de l'outrage.

11 dist \<ur li traislres. ain,s ne deigna mes-preiidre, Puis veu<li t(»/. les }>ers, s'en fist les chiés prendre.

(17799-17800)

Ainsi Roncevaux est annoncé dans les Fi/.s Aymon. Dans la version B C on imagine que Renaud, dans Tinté- rèt de sa famille, se réconeilie a\ec Ganelon et les siens: « si sont entrebàisié ». Ainsi se gâtaient les textes. Il est bien à regretter que Michelant n'ait pas suivi le nis. La Vallière jusqu'à la fîu, ou mis du moins en citation les différences essentielles.

La question des rapports des Fils .l///non et de l'épopée italienne est aussi complexe qu'étendue. J'ai a\erti sou- vent qu'il y faut tenir compte du Maugis d'Aigremont et même de la Mort de Maugis. L'on doit aussi regarder au ms. 764 de la Nationale. L'on y a la conception d'attri- buer à Renaud toute une longue série d'aventures en Orient. Le traître Ganelon, qui apparaît souxent dans la partie antérieure au départ de Renaud, forme le projet de le tuer quand il viendra sans armure se soumettre au roi. Les Pairs sont informés et décident d'accompagner eux-mêmes Renaud et de le protéger. Ln des espions, dont ce roman fourmille, en a\ertit Ganelon :

(Juand tiuesne l'entcudi. .jhesu (Jrisl maugréa ; A son lignage dist <(u"autre tour trou\é a. Ouaiit ira outre mer, espier le fora Et le fera mordrir : ad ce fait s'accorda Alory el llardré et ceulz qui furent là.

/ I REMARQUES AU SUJET

Celte doiuu'c a clé utilisée f»ar les Italiens (|ui l'ont mise en ^l'Ction : Ganelon ne c-esse de tendre pailout le réseau de ses complots.

Bavard et Maugis sont transportés, par un nuage mira- ouileux, de Rome en Terre-Saimte. Pulei, pour ramener Renaud et Richard sur le chami) de bataille de Ronce- vaux, a recours aux démons serviteurs de Maugis, tirant ainsi un l'raU'C parti des talents de lencliauteu'r. ce que le roinancier t'i"an«;ais nVùt pas osé l'aiie, hieu (jue déjà dans le MiiuijJs d'Aigicinnnl (\ . 57r)l-57.j'i) Maugis contraigne les diables à ïaiK tomber ses chaînes.

Si. dans les poèmes romanesques, l'on rencontre des tournois en Orient, le ms. TOi n<ius en ollre un exemple à la cour du roi Richicr. ;i Aci'e.

Il n'est pas ji!.s<|u"ii l'anneau d'Angélicpie, dont l'on ne trouve l'exemple dans le cvcle des Fils Aymon. A la nais- sance de Maugis, sa mère lui met à l'oreille un anneau mei-veilletix :

...ja <jui le portera Anemis ne maul'ez ne l'enfanlosmera \e d'adeseï' à lui nul pn(»ir n'axera. \c \ers ne autre Iieste uni mal ne li i'era.

(vv. 8â-87.)

11 <'st \rai 't\\u' la l)aiuc du Lac a\ail dié'jà donné à Lan- celot un anneau i([ui conjurait tous les nialétices et que si l'anneau d"Ang(''li<jue, mis au doigt, détruisait tout en- ehantemenl, il tenait de celui tle Gygès la propriété de ?<Midre in\isible : il sul'lisait de le placer dans la partie gauche de la bouche. Mais à l'auteur du Maugis revient (r.uoir '«Ml la |>ensée d " i ni rof In i ne dams un cycle ôpi'(iue une donni-e empruntée aux romans brelons, et il va plus loin <'n coidiant l'éducation do Maugis à la Fée Oriande, qui linira par en taii-e son am;nit. 11 ))art <'n quête de sa famille, et le hasard le mène à rolède. il se lait unft grande réputation par sa M-iciiC'fv 11 ]>Iaît à la fetnnie de Marsile : elle l'avait

DU " BEUVES D AIGREMONT » 7o

...durement aamé. Ses amors li en\oie coiement à celé.

(v.255o.)

L'explication d'un songe de Galafre vaut à Maugis la faveur du vieux roi et de son fils Marsile.

Un espion apporle la nouvelle que ramiial do Perse a débarqué avec toute son armée. Galafre va à la rencou tre des ennemis, mais est tué dans le combat.

Les Persans mettent le siège devant Tolède. Un géant, Eseorfaus, survient, se disant irère de Braibanl, qui a été tué autrefois par Cliarlcs, surnommé Mainet. quand il était au senice de Galafre. 11 attaque ni;-'" porte tic la ville. Marsile et Baliganl, avec quarante hommes, vont m lui. mais le géant fait Marsile pi-iscmnier. Les autres se réfugient dans la ville.

Ce-pentlant. Maugis et la reine se di\ertissaient amou- i-eusement. quand arrive la nouvelle de la prise de Mar si le. Maugis s'arme, monte Bavard et va provoquer le géant. Après un premier combat, il accepte de suivre Escorfaus à son camp. 11 est convenu que si Maugis est \ainqueur, il pourra tr'ancher la tète à Tamiral de Perse, En attendant, on lui remet Marsile a\e€ lequel il rentre à Tolède.

Le lendemain matin, second combat. Maugis tue le géant, et les seigneurs de Perse lui remettent l'amiral, à qui Marsile tranche la tête.

Aquilant de Maiogre, parent de l'amiral de Perse, repart furieux pour sa \ille, Xaldorniant. Les Persans choisissent alors pour seigneur Baligant. frère de Mar- sile. C'est lui, a\ertit le trouvère, qui secourra Mnrsile, à Uonce\aux, contre Charlemagne.

Marsile fait Maugis sénéchal.

Moult l'aime la roïne au gent cors acesmé. Ouont il ont leu et aese. si font lor volenté.

(v. 3203.)

76 REMAROIES AU SUJET

.\'(|uilant (lo MaiogTO a défié Marsile, qui décide do lui faire la mioiio cl oiivoie contre lui une armée com- nuuidce par .Maugis.

Maugis attaque ValdonTianl. Lo roi Aquilanl avait pour t'emime Ysaiic, saair de la mère de Maugis. Du haut des murs elle remarque le chevalier. a[)])renid ses exploits et qu'il es! <ltt(''li(Mt. Aussitôt elle séprcnd de lui :

.\e scia iucs aose en treslol sou \i\aiil, Saura de lui eii .son l»on et son ialant.

(v. 3252.)

\([uilant. ilauis une sortie, est tué ]>ai- Maugis. Ysane déplore d'abord la ruort d' Aquilanl cl inaudil celui <|ui en est l'auteur :

Mes \os ra\ez sovenl en rei»ro\ier (Jue joene dame a tost ohlie/ \iel .mari. Aulresi tost mist elle .\quillant en obli Por l'amor de .Maugis quele par amoit si Oue tlormir ne [>ooit ne par nuit ne par di.

(V. 3320.)

.Maugis assiégeait vainement la ville. La reine Ysane lui lait savoir sou amour et il accepte m\ reuidez-vous dans la ville. Les amoureux, s'en remettant à Espiet du soin de les garder, ne ipensaient guère plus qu'à user de la liberté (jui leur était do-mnée, quanti, juste à liomips, Ysano voit à l'oreille de Maugis l'anneau que sa sœur, la duchesse d'Aigrenioiil, y avait placé le jour de sa nais- sance. Elle comprend ([u'il est son neveu et hii raconte sa ]»ro]ipe histoire. Il n'est plus question d'amour entre eu.x.

Maugis. aux prises avec le roi Branidoine, (ils dWqui- lant <'t d'Ysane, Unit par le vaincre, lui api)i'en'd que leurs mères sont sœurs. Braiidoiuo se fait chrétien, la paix est. conclue, tous les gens du i)ays sont baptisés :

Oui ne volt croire en Dieu, si oi le cliief copé.

(v. 3862.)

DU « BEUVES d'aIGHEMOM » 77

Rexenu à Tolèidie, Maugis s'abamclonne sans résene à son amour jiour la reiu'e, fenune de Marsile,

Et li vilainz lo dit, et si est veritez,

Tant va li poz i\ levé que il i est. quassez.

(v. 38S0.)

Un jour que les amants s étaient endormis, et quEspiel s'était laissé, lui aussi, aller au sommeil, ,près de la porte il eût veiller à leur sûreté, un sarrasin, So^rbrin, à la recherche de son épcirvier, aperçut les coui»al)les |)ar une fenêtre qui donnait sur un jardin. Il va aussitôt les dénonce'r à Marsile qui court à la chambre, suivi de tous ses barons :

Ovrez, pute, dit il, venus est vostre jor.

Anqui serez deslruite avec vo leclieor

Qui gist en vostre chambre desoz vo covrelor.

(v. 3957.)

1^1 reine est fort épouvantée. Maugis lui dit de se défen- dre courageusement, el il se transforme en un animal merveilleux :

Car aviz fu Marsile et à la gent desvee Maugis ère une bisse de .X\'. rainz ramee. Onques si bêle rien ne fu de mère née. D'or estoient les cornes, la teste en haut levée, Desus chascune branehe .1. pierre ot formée Oui plus reluisoit eier que ehamdeille alumee.

(v. 3986.)

Les païens sont tout étonnés. Marsile. l'épée à la main, saisit la reine par les cheveux, jure qu'il se vengera de Maugis s'il peut le saisir ; pour elle, il la fera brûler vive (v. 3995).

La reine se souvient fort à propos du moyen qu'em- ploie Iseut poiiir échapper à la vengeance du roi Marc

78 Rl'MAROn.S AI ST'JF.T

{MaïKji'i d'Ai<ircmoiil. luMc au v. i015) : ollc promN de traverser sans vèlemeiil un l'eu d'épines, comptant qu'elle subira l'éprouve sans danger, puis-quelle n'a pas eu plus de r^ipports a\er Maudis qu'aAOi^ la bète que l'on voit (v. 'lOOl).

Dans la noie au \ . iUl.j je r^ijjpelle aussi que le début de L-etlc av(Miture a son niodèJe dans la Mort dArlus, Morgain, ayant a\erti son frèro de linfidélilé de Geniè- vre, Agravain se chairge de surprendre les coupables. Ou.iind I^meelol entre <bins la oliandu'e de la reine, Agra \ain et ses tliexalieis Ir voient par une fenêtre ouxeite sui- jr \<'rger. Ils mmiIcuI enrune<M" la porte, mais I^iii- cebd, rt'p(''e à la main, les dis|KM"se el rejoint son cousin liolior. Plus lard, il appri-nd <pie la reine doit être binfllée \i\e : il alta<pie îest-oi-te (|ui la conduisait au supplice, l;i déli\iv? et l'enuiiènc avec lui nvi château de ki .loyeusc Cnuile (v. P. Paris. Uom. de la T. /.'.. W p. :i:«)-ai'i)-

Bien <pie le liéros du Matu/i-^ d'Aiijrciniiiil soit <'in- [»runlé à une Chanson de Cîesie, que tout le persomiel épique y (ig^ure, cpie batailles et sièges eih occu|X^nt une bonne partie, c'est néanmoins un roman par la conception générale el sou\ent ]>ar- la nature d<'s idi'es. Ijc Iron- v«''re s'est propose de <binu<'r à la ( banson des |-"ils Aymon les anléHN-^ilents qui lui manquaient : dans <jne!los circons- tanci^'S sont m'^s Maugis cl son iVcre \ i\ien, à qui Maudis doit-il sa science d'enchanteni". d'où \iemient Hayard. I<' cbeval-fée et Froberge, l'épée comparal)le iiux plus illua 1res, comment Maugis et \ i\icn n-lrouveront-ils leurs [k\- renls, telles sont les questions au\<[uelles il doit ctre ré- j>ondu ; de nomltreuses aventures Maugis aiqiaraît, soit comme tel chevalier de la Table-Ronde, soit comme enehanteur. soit comme un guerrier de l'épopée classique, l'ormenl im ensemble d'un caractère mixte dont le délai! p<'ut nous sembler manquer ■d'originalili' vraie, mais qui, au Moyen- Age. dut intéresser, l.a part faite aux enchan- leinenis de Maugiis et de son allié fid(ile, Kspiel, le beau nain-foJlet, neveu d'Oriande la fée, le combat de Maugis

DU <( BKIVF.S d'aIGREMONT » 79

cl de Xoiroii, l'euchaulcur [»aïeii, ne lassaient i)oint ralteii- tion. La ipromplitudo avec laquelle Maugis s'éprend des belles dames devait suggérer aux Italiens l'idée de prê- ter un penchant pai-eil à son couisin Renaud, La narra- tion ©si facile, (''(l'ile en une langue excellente, semée de pro\erbe6, de* imiiximes, de développements moraux (v. 1888, 3022, 3320, 3880, 4116, il25, 'j139, 4326, 4816, 4954, 5009, 5863, 718:3).

Les branches S'Ocondaires du Cycle des Fils Aymon n'ont qu'un intérêt médiocre dans noire littérature épi- que, mais au point de- vue de l'influence du cycle sur le roman italien, il en va tout a utilement ; au delà des monts elles jjrofitaient de- l'autorité du grand poème et ofïraient en outre des éléments nouveaux à la curiosité. Faut-il parler des dates ? I^^ Mcukjis est antérieur aux copies que nous a\"ons des Fils Aiimon. sauf peut-être le ms. La \'allière. Le mis Laud, dont la version est une de celles il est fréquemment visé, est de 1333 (v. édition des Fils Aymon à la note sur les ms. d'Oxford, pp. 915, 920). Quant à la veirsion du ms. 764, Paulin Paris la sup- posait, l'on ne voit pas j)our >((uelle raison, du commen- cement du XV sièc;le et jugeait qu'elle avait eu peu de succès {Histoire Littéraire, xxii, pp. 704-705) (1). Mais son existence est constatée, on 1390, 1420, dans des inven- taires de tapisseries. Pour qu'en 1420 l'on trouve, dans l'inventaire du duc de Bourgogne, un « grant vielz » tapis de Brebant, était représenté eomment llenaud vainquit le roi Danemont devant Angorie (Cf. ms. 764, f** 111, sqq. et mon édition p. 223 sqq.), il faut que ce roman ait été populaire depuis longtemps. On peut donc le repor- ter fort en arrière dans le XIX" sièeJe. D'ailleurs, les

(1) P. Paris dit encore que Maugis, d'après cette verision. se remaria en Orient. Nulle part je n'ai vu que l'ancien amant d'Oriande et de la femme de Marsile se soit marié. Il y a quelque contusion entre Maugis et Ayrnonnet que Renaud avait promis pour époux à la belle Sinamonde (édition, p. 224 et 228, note 1).

80 lu.MAiJoi i:s AT slji:t

promièros copios no furent sans doulo pas étahlios nvoc \e luxo (\e notre exemplaire dont les onluminuiies sont de grande valeur ol rourniasaient dinléressants sujets pour les tapisseries.

L'on ne saurait Imp s<* ra|ipelei-. ;i co propos, la eon- clusion qui lerniin<^ la Ixdle t'Iude de M. llajna isur la lloHa (Il lloiicisiallc : « Les priHluctions »''lrangères con tinuèrent ;'i être eoniuies dans N'ur propre langue, non seulement dînant tout 1<' \1\"'' siècle, nuiis jusciu'iiu dé- clin du W* ». I! convient de lire Pulci ci lioiiirdo et .\rioste lui juèine en tenant compte de ces paroles. Gin- guené ne nou.s disait-il pas que « les anciens romans fran- c-iiis et <'Spagnols étaient dexenns la lecture l'avorile d Aj'iosle, si l'on n'ose i)as dire sa ))rincipale étude ? ». Tcirtes, c'est aux romans Urelons cpie \\t\\ |h<mis<' le i)lus souvent, en lisiuit le liolniid Fuiii'H.i\ mais le poète ne |)ou\ait ignorer le |>ai"ti que l'on avait déjà tiré, en France, de riiist(tire des Kils Ayinon. et il avait comme une justification de la manière dont la légende épicpie était posée dans le .Morifoiite, le lioldiul Atnoiireuj' et dans les compositioiiis popuhiires plus ;nicienn<'s. telles <pie le lliiidldn.

Ferdinand ( vstkts.

ONOMASTIQUE DES TIlOLBADOUliS

AVANT-PROPOS

Parmi los |ia[iiers de L'lial)aiw'aii so Ircjuvail une lisk' sur fiches dos noms propi'es qui so rcuc(jiit.r<înl clans les poésies des lroidi.Tdnurs. \ous avons hcsité, pcnd^ml <iuei(iue temps, à la jtulilier. Xous ne sa\ons pas si elle est complèle, el, daiLieii.rs, il csl dilTicile de l'aire dos listes qui le soient. Xous croyons cependant pouvoir la publier, pour plusieurs raisons.

D'abord il semble, daprès les exemplaires des Gedichle der Troubadours et des WCrhc der Troubadours, de Malin, qui appartenaient à Chabaneau, qu'il ait relevé soigneusement tous les noms propres qui se trouvent dans ces deux colleclioiis. li a faire de même pour le Choix des poésies des Troubtùdours de Piaynoiuinl.

Il sendilail donc bi<Mi (pie Chaliaiieau ail relevé Iniis les noms propics cpii ont attiré son attention, dans les porsies lyri(iU'<'.s de troubadours. Nous disous poésies lijrifjues, ])arce que la plupart des poèmes didactiques ou narratifs paraissent avoir été laissés de côté.

D'ailleurs, quelques noies qui se trouvaient parmi les fiches donnent les indications suivantes. Dans l'une on lit : « Relever G. de Cabi-eira [P. de Corbiac rayé], G. (le- Galanso. B. de Paris, Flamenca [souligné ainsi], Jaufre [15. Lie Boni rayé], .Votas de l'herelge, Brcviari, Croi- sade [Chanson de la], Guerre de .\a\arre, Biograiiliies [des Troubadours] ».

."-^ur une autre fiche, on lit : (( Reste à dépoiiill^M- : Flamenca, les poèmes historiques. (1. de Calaiison, (■. de Cabrera, Breviari, les vies des Troubadours ».

Jusqu'à quel point le reilevé fait par Chabaneau est-il conqiiel ? ji y a évidemmoni i\o< Inclines : je ummi suis

82

oxoMvsTioiT nF?; TUorr.Ar)oriî^

ft|)<M'<;;u 011 \<^ r('iiilkM;in[ (luoiliiuerois. e{ co soiil cv:^ Uicii- nes, dont je n-e puis pas fixer limportiinoc. qui m'ont fîiit hésiter irnbord :i publier cette liste. Il y ni;uK|uait <^n particulier le iv^levc <les noms contenus (l;ins les Incdilu publiés ]>;ii- M. Appel et dnns les Incdilu du ms. Cain- pori : JHMucoup de ])0(''sies d(\j;'t |»ubli('es ne pai'aissonl p.is a\oir clé dépouillées. J";ù ess^ivé de combler toutes ces lacunes, sans me l'Iaiter- d'y axnic coinplèlement réussi.

( 'ei)enidant. je crois que cette liste ivndi'a des sei-\icos, connue in-ii-iunent de tra\ail. Il n'y en a encore aucune de ce iL^eniv. et nos étuides soutïient de celte lacune (1).

l'^videmment. il s«^rait très désirable d"a\'oir, pour l'an- liiMuie lilléralure ]iro\en(;ale. un Dictioiinoire (h's noma /^/•o/<rcs. dans le |u<Mne du l'r(nrn:ii.Usc}n'ii Su})])li'mcnl- \\'(i-iU'rhnili. d'EnuJe l.eny, a\<'c citation des jjassages, id<Mililicali(»u <]<"< n<Miis. discusisions historiques, commen- tai ivs, *^tc. Mais <pii se chargera de celle l)esogne ? Ouand sera-t--<dle possible ? j-]t. (jui l'entreprendra, apnNs la Inniiuenle aetueille '! \iu altendaiil. nouis offrons aux lu-ovenca listes un simple- instnuneni de tra\ail, lui [xm fruste [)eut-ètre. mais qu'on pourra polir et c-onq)léler à loisir à mesure que les Lacunes apparaitronl ("j). Nous serons très reconnaissantiS aux lecteurs de la Revue (pii voudront bien nous signaler, en cout's d'impression, ces laeunes et les ei'i-eu.rs qui sont inhérenles à des travaux de ce génie et <pù sont peut-être p'ius nombreuses dans celui-ci. |var suite des circonstances. In supplément sui- \vi\ sans doute ce lra\ail : nous faisons appel à toutes li^s bonnes \ olonl/'s pdur (pi'il soit complet.

Il a paru, récemment, un travail de M. 1". Bf.rgert, ])\c loii (h'u Trohndors (/enfinitteu nfler pefeierlcn Damen. Halle. |i>|.!. \R('ih('ll(- :itr '/.cHsv})nfl jiu r'>mu)n^chc Phi-

( l; Sainte-Palaye avait dressé une liste des noms propres ; elle se trouve dans ses papiers.

î) C'est dans cette intention que nous avon^ laissé des blancs. assez importants entre les ditlérents articles.

OXOMAiSllOlF. DHS mOl l; ADOl KS 8,')

loloijic, WXl]. I,c Moxi'i (les nom,? fl^^s fommes clinn- lées itar ks troubadours paraît complet (1), el Tautcur a rassemblé, sur chacune deilles, tous les renscig-n'ements qu'il a pu trouver. Ccist un travail fort miéritoire e-l qui rcuidra de grands ser\ices. Nous y renvoyons quelque- l'ois pour ce>rlains i-eniseignem'e'nts co.miplémentaireis : formes qui se trou\ent dans les variantes, (iHïérences de gi'apliie, etc. Xous citoiis également. d"ai)rès cet ouvrage, les noms do i)lusieurs femmes auxquelleis il est fait allu- sion dans les poésies des troubadours, quand elles ont pu être identifiées : ces noms sont mis entre crochets.

Xous ne disons i)as la part K|ui nous revient dans cette publication. Elile a consisté siu-tout à contrôler les renvois qui nous paraissaient douteux, à vérifier île nom- breux points do détail, de tout onlre, à combler les lacu- nes, el, dans la j't.artic piircnH'iit matérielle, à compléter les fiches, les noms des troubadours étaient presque tous en abrégé. .Nous n'avons pas cru devoir indiquer tou- jours par un ai-fifice typograplii(|ue (crochets, astérisques, etc.), nos additions (hi nos chaugemenis. Xous ne l'avons t'ait que dans certains luissages, qui nous ont paru i>lus im]i(utaid,s (|ue d'aulres. lui principe, tout ce c[ui est cnlro paienthèses a été ajouté [)ar nous au travail luiinitil' (k; Cliabaneau.

].e classement des trouliaidonrs est l'ait d'aiirès l'oidie al|)lial»éli(|iie du <iiundi iss. i\v liartscli. I.rs pièecs sout niidi((uées par les premiers iinots du premier \ers.

t'iiabaneau avait admis, dans sa liste, les Senlials ou noms de coiueniion. Mais je ne crois pas qu'il les ait tous lelexés. Xous vivons a jouit' la plu'|iait des autres d'après Bergert.

Xous avons dépouillé les cnscnhamciis de (1. de < a- lanso, Fadel ioc/lar (éd. W. Keller). de ('•. de Oibreira (d'après Milà. Trobadorcs en Espaùn, [>. -yû) sq.) et de 1'.. de Paris (d'après i'artsch. DenLinalei).

(1) Nous n'avons relevé que quelques lacunes de peu irimj)ortance.

84 ONOMASTIOIE DliS TJîOl lî.VI)(»l RS

11 osl aiTi\('' queiquet'ois qiio ( luibiiiioaii a !ail sos dé- poiiillemente d .après des édilions diplomatkiU'Os lU' manus- crits (surtout d'après ks textes publiés dons YArehii, tomes XXXIII ot suivants), les attributions de pièces ne sont pas toujours exactes. Xous axons foniiit'' 1rs orivurs qui ont pu se produire de w ciief quand nous les avons remarquées : mais j^llusieurs p-eu\ont nous avoir échapp»'. En si"én<''ral. les ronwiis "(ini se li()u\<Mit à la fin de cbaque articl-e du (irundiiss {\o llartsch |)ormettronl <lo iv'lrouNKM- 1^^ mmi du iionliaddur an([uol la pièce apftar- lienl.

Poiu" les troub;ultiiu-s dont il <'xiste des éHlilions, nons avons \m, en général, ajouter a\ix noms propres des ren- s<:*iirnoments historiques : )»ar exemiplc pour Beriran de Boni ('(_^l. ."^timming, 3^ éd.). le de .'-^aint-Circ, Peire \'idal. etc. les renseignements, il est à peine besoin de le dire, n'ont pas la prétention d'être complets.

\in ce qui concerne les {XM-sonnages historiques, comjne les rois d'.Aragon ou de C'astilie. les empereurs d'Alle- magne, etc., mous avons tâché d'établir luie cJiassificalit)!!.

AiMu:vi.vTio\s. Xous avon«s laissé quelques nibrévia- li(»ns dcunrages cilé's par (habaneau. .(|uand elleis no |)i'ésanleid. ]>as de dil'ficidles.

I.e nom de l>iitiH\\ ni. lioitx. i<'\'<Mianl son\eid. est cité quebinel'ois par les deux initiales : l>. U.

Xous citons, quand il y a lieu, le Gi'un(lri.'<>i de Hartsch sous hi l'orme abrégée Gr.

On li-ou\era queUpielois aussi les il c//,c dcr Trouba- dours de Mahn et les Crcd'ichtc dcr Trouhadom^i du même cités en abi'éoé : U. (îcil. M. Il .

A. />. - l.N'S l'euilles cojLtendnt les lettres \ et r> ayant être tirées avant -(lue j'aie pn terminer la ré\ision c(»)Hq.]ète des poésies des troubadours, les addilion,s, assi'/. ii(Minbreus<es. à ces d<Mix |)remières lettres pai-ai- Iroiit dès le iPincliaiii nnnKM'o de la P(e\)H\

J. \Nt.r\j»r:.

LISTE DES NOMS PROPRES

QUI SK It E N COXTR E NT DANS LES POÉSIES

des Troubadours

A

Abdl.n.MjO. V. d' NhcruiH'. Diciis rcia iidn.

AuLL. P. <W (uiliiaii. \. 17. P. ( 'at"il<Mia!. 'rnslcnip^ azir. l*eir<' Xidal. /]('/;( /;f,'<- d'ircin c d'txliu. W. i\r \-aqueiras. .Ir ici csciir c lich'tl rcl. '/jn/\. Alrcssi coin

In !Jtlin<'l.

lAnii.Ais (\fif. \lltiiiais)\ (i. Ad<;Miiar. I.aii'/naii ici jlijvir l'cspiijn. (Il -'agit d'Mhi: il faul lire <\\i' Mhl hiis.)

Ar.iRo. MaUre Kiineiigaiid. Tcrn])s es </u'lcii ni<> scii es panda.

AimvAM. P. df ("orliiaii. 17. liostaiim Reroni;ui<îr. Si corn li-nh<un cl<n' cl liclli Icshmtcnl. Znr/i. AIrexsi ro/u /o (jMUicl. (iaxaiida. Icn nn siii jKirs (ds aulrcs li(din- dnr.s. F. t\'C Marsrilli'. Scidici' Dicus.

\]\<\\(>\. Aiuaiil (!<' Mann'il. '/"'(// m'ahcUis cm jdal: {[i[n[\v). P. de ( Orlda!!. ",'". '/jn/À. S'icu liohcs plazci a vendre. 15. d'C l'a ris.

At iiiLLEs. B. do Paris.

\cR\. ('(tniel (|)ère). In sincidcs.

.\cm:. I). d" MaiiiaïKHi. (Jui (jiic s'cinal. Iwniilaci' d'O Gasl-cllaii;-. Silnl un m'es fovl yaïa. M. do Muntandon. L'autr'icr fui en paradis. P<-iro.l, Pos flum Jordan. R. de Vaqueiras. .\r vei escur e hebol cel. Ricas Xovas. Pos partit an In co/. R'>stang Berengui-er, Po.s desamar. Tomiers. >'/ ' "/ fines mnlins, F. de Luiiel, Uoman.

86

oNOMAsTiori: i>i:s rnornADDrns

Adam. A. I»;ini('l. Lo j'ciiii micr. W. de Uoiidcillis, Toi aissim pn'n. \\. dx- liorii. Mmit me jilai quan vei. B. Carbonol, Dicus fc^ Aditin. ('eiriinioii. La plaing comcn:. F. deMarseill>e, \eis Deiis. G. de Poitiers, F(ii\ii chnnfionela. G. de Caibeslanh. Ar vei quem vên- (jul ah iorns loues. Ga\au(Ia. Patz passien ven dcl i^eiih'ïf. Idem. / /( ( <7-.s j'uidi pns njc sonicill. 11. d\\u neiuga. .1/ quan seinblnl fnill del /Vf/rsNC. Ser\ori do Giroiic. />' / iiinii lolipn... ]\ do Corbiiiii, I. Zor/i, Ahessi iniii In ijiiinel. \);\\\U- d<- Majaiio. Sri fis Atuors.

Ai'Wii.i <'\. I'>. df l 'aris.

\i'\-- 1 i!i -. r». d<- l'aris. (<"csl. d apirs M. Ji-aiirox . la

l'oriiK' du iiis. riarK'li iiii|'iiiii(' ( )i)\si iti:s.)

\i>i,\i\it. Tonsoii a\''c II. t\v \a( [110 iras.

.Vdonei.la. - - ( f. L>um;i.i.a.

\i:i i> i>i MnMiom. T). (]*' Pxtin. Unniiia.

\i,N\(. riiiHliadniii- {■]]{'■ |.;ti' I!. \ idal. Ahrils issia,

V. 1I.S0.

\im;\-. (",. d-- Calaiisoii. F<iilel. 1 In! | |.

\i,M.m>. lîiiliard d' \iigllcl<-M-ro. Ihilfiit. ieiis voill

(icre.snirr.

\\:\\{\c. ( T. IvMuc.

Ai-Hini. (?). G. do lîorpuodaii. Uernnilz. ilil: de Bais- seil. I.iio Creill, Cresseill ?

Ai;s(<\. G. {\e GalaiisiMi. Fadi'l. ~'K

\i nu \. lîaiiiiiMi d<' Yovs. rs dreiz qu'eu ehanfe

parle.

O.NOMASTIOLE D^^, TROLBADOLRS 87

AuAiTz (Saill d). Cf. Saill.

Agalborgex (\a Galhurgon). Gui de raxaillnn. Mini- tel vil. Cr. Gai.borg.

Agamemno.n. (i. (I(! Calaiison, Fddet, 190.

Agen. L). (Jr Honi, (Juan In rmiela flois. Monce de Montaudon. ]*ois in-'uc d'Aliergn a chanhil.

Agenes. B^rlrau el MaUnis. Se'hjjicr Bcrlian, pcr la ries, conoissejisa. Pi/^ric III d'Araunn. Pcire Sdlialgc. en (jrcu ficzar. W. A. Moimiic. Er quan li rosier. G. P. de ('a/.idt?, EiKjneras s// jtlayues. Ve dv Saiiil (ire. Un sirvcnU's loill far. ('onilr do Foix. Mas (/u; a fior.

A(.NEs. ('. (|p l'oiliors. lui Alvergne. Un vers farai, R. d'Orange, Pailiers.., eu dian. Agnes. sorvanl>e, da^Ms Carboiiel (>t llocin (Gr. 8',^. l'-i). X'Aines dajis liicas Novas. Un vers voil eoniensar. X'Amies de Roca- coarl, R. de Boni. Dana puais de mi. \ A(..\es, R. de \ aqiieiras. Truan. niala tjuerid. \\\\i:9' d'Arc. (luil- lem de la Tour. Pas VAirnerics. Agnes de Gimel, Gomle de Poiliers. Conipanho jurai. X'Agnes de Lenla, II. lie \ aqiKMras. Truau. nvda (jnerra.

Agneseta. cr. liergeii. y. \Y2. OL

Agnesina (\). lîniiii. Itdjin. (liijalz. \gm:sinna ue Polo- GiVAC, AIImm'Ii'I. /w/ aninr ImU: cf. Rergei'l, [). 92. A. ue Salussa, a. do l'M'Ieiioi. Tant er d'anior.

Agot, \(,(n t. G. del Raiis. En Gui a tort. Ricas .\ovas. Un vers voil eomensar. X'Agolt (ou \'.\Mn:u). Bkais- srt. Guerra mi plai. Ralmon Agout. Cadenet, De nulla ren. \i. iIk' Rarjols. l na \'<denla. G. Faidit, .16 caniar nw d''i : Ab çossirin ; 1/ rs In nions vermels : D'urt dolz bel jdazer: Ges nom luelh: Jauzens ab qran; Mon eor e nii : Per joi del lenips : Pel niessabjicr : Sibd nonea; D'un anior.

88 OMi\1 S^-I IMI K Di:S THiH i;\|)nrns

.•\(.i!M'i\\ (X). S<ii'(lol. Oui se fnctnbfd. Id.. .[ihiid .ses /Wi/s. M., lîiiscnliami'n.

Ai.rtLMON. Gui.llioni de lîorguodaii. .fnijlurs md dcsco- iinrtz.

\i.i II \it (l'nSMin (1). - |{. (!<• \ ,i<|ii<Mras, SfnJicr mnr-

(/UCS.

.\<.i "I \\. Ci. (Il- < .ilirvf.i. (ahra.

.\i\. \ii'Mi\iiH\ (nul d' \iiinur. 1'. ri.iiinoii. ,\r ni hrii

d'iininl . <i. lie < .ilu-^MM. (iduu. l^i^W^ •!<• < ;i | .( 1 1 l«>il . //(/-

nuls il //7/nr.N.

An Ki.is ( - K/./.<''lili). ',. |;;iiiii..ii. l'uni eu ictw d'(hi

ijurut. (AiHiinc [liec'' i\r (i. iLiiiiioii ih< cuinnKMu-^

;iiii^i. ( "csl l:i |iit"'C4' lit. 'SJ'.K''> : i <• \'M>. r^l |c |iiv'iiii<'f

(!«• 1,1 il-'iiMriiic ^lr.>|.|ir). \i/i.ii\ : Ir (If Sjiiiil < '\ |-. ('(Ui'sti ijuii Icu.

\iii.i.\i\. - T(MiS(m )lf ri»M/4Miol cl <ri"ii r»;Hiiili;iiil. (Hit- loiii, l'an:, di II. Ainnias, n" l'.'i'i).

AiMit. I». lit- \ .■i'(jiNMrii>. Srnhci M'Uijucs.

\h,\lt. l'i. ilr l'ii'lll. /i''/N>'/ /'//) rii'ix.

\m,i A (1.). Niioil ilrl |'"«i>>;il. i.idrr dus rris.

Ak.ikmina (l.i i.iiiciola). I'>. «1'^ \;M|uoiras. Ao/i pucsc

snbcr.

Ai(.i.i:i\. \\. di- \;i(|iirir;i<. Ilnnnd Maniuis, { \\ ]\r\-

<j*>\-\, |i. (iS. (i. {\v ( ;ili|vi;i. l/il>l<l

\i, iiN\ \mi\\ i\ I \i irijilii II l.'licins lai.

AiGi.iNA DL oAiizAX. G. d<r la 1 OUF, Pos WAiiuerics. (Snrzaiia osl dans le dislriil do CoAanto. prov. do Gènes.)

O.NO-MASIIOL L DtS TROl CADOURS 89

Aiglon (lei) ( = Egloii. Juycs. 111. 15). P. de Cor- bian, 10.

AiGOLAX. P. Cardciial. /^7■ fols Icuv.

Aima (X") di: i.IIsi'mi.v. 11. (rOralng-e, Escouldlz.

(E^patla est )iliil(M un nom (•(»juiiiiiii : cf. Appel, l^roi. rhr.\ II" :!(')).

\i\iA\ (\'). II. (le liuilnil. Tint: Malcc.

AiMAii. ( ;. «Ir ( altivra. Cnhtn.

\iM\i!-. I'). (If lioiii. f'n-s l'u nom (Icsronofl . M.. I H

siti cilles l'iil:, i;. (le l'.jirjols. Ih'ls ildzanhs. \\ j\v \'a- 'i|iM>iia>. '/'(/// me iiict/oii. \"\imaus i o Mix mis ((!<! LiMii>L:r>".'). I'). (le I'kmii. lU'in jihtl: rnr. XAimaus (do Poitiers). 15. de l)(i]''ii. (Jnnn In noicln [lois. (1. do lionH'il. T'hiiiKj c sospif. {',. de Saiil (lieg(»ri. Ben (jvuiiii aïolcaa. LT. encore Gr. 'i.

AiMLxs. P. ("ardenal. Ccl que je. (("c n"cst i)as \)V0- Itahleiiienl un nom propre.)

\i\ii liK (m: \Ani:o.\A). - hiiraiml (N- JNMiias. /.,'/) hilenl. (i. Iîi((nir!-. .1/ car oiiial sciihor (Aiineiiis li, lielhsj. P. \ idal. l^os uherl ai. \\. (laiicelm. Oui roi aier eoin- f)li(hi. \\. (If Tors, /■•(•/ rdiineu Pdscor. \\. de \;w|neM- ras, Ao lu'dtjrada.

\i.Mi:iui' (\ ). P. lîogifr. l*ei far esbiuidii {Aimerics

lo los, c"est-à-dire Aimeric <le Lara, iie\cu d'Ermeii- garde). l\. de \ aqneiras, Del rei cV Aragon. (Le même sans doute : cf. Milà. p. 88 el Anglade, Ue/. Chaba- neau, p. 7:>0.)

Aimeric (roi de Hongrie'). P. Viciai, Ben riii n gran dolor.

Aimeric [ni: Belexoi]. Tenson avec Arnaiif Catalan.

90 oNo.MASTiorr; di:s troihadoirs

.\imi;hic ui: 1*i;(.li.ii.\.\. G. Fi<>ueira (Cl', (r/., 10, 9), Ane lan bel cop : kl.. WAimerU qneus par {Gr. 10. o(J). G. de la Toiii'. Pas WMrrH'rics. Fortunier. .Si .V'.lJme- rics le. demanda (osl-ce bion Aimoric de Péguilhaii ?). Foxa (Joaii do) U; cite doux lois : cf. Ilomania, IX, 5i, (kS. ( <)iili>> Ainicric d<^ 1\, tl". IC de Saint Gyr, Aidan l'e: tnhhis, NiiiK'rii' s<" ii<>iiiiii<> rncdro dans s^'s Ioiis(mis a\<M MhcrI. Hrilraii hanid. Flias, (laïK^lm l'aidil. (inilli<Mii liainioii : d'. 1". .';, ^i. /,■;, :',.'>, :',7.

\i\ii iiK (\ ). \iin<"iii-. /'cV/c '/(•/ l'iirij. {!<' Iioidta-

dniif NiiiH'iir : cl'. ( liahanoaii. IHih/i. îles l'i itiiUndotirs.

\i\ti iiii (d<' \l">'ilii''ar.'). li. d<' Miraxal. .1 /'/<■// nie

< nlllilll .

\ i\ii liK . ( i. de ( al>r<Ta. ( aln a.

\iMiiii-. /'iivi. /,'/( /((/ flesir.

\i\iu. \. dr lirlcnoi. .l/'/;n dcslieiiin. \\. Marli. (Juan

I 11 Iki. ( i. de ( 'alii<Ta . < dln n.

\i\in\ (la li'i ra S\.\ii). !>. d'- llmii. (Juan la nni ela

//ors. (( "<'sl-à-'(lii-<' i'AiiiLîlelrrif' : MiiiiiiiinLi. />. de limn, :\' éd.. !>. 177.)

\iM«»M:r (j'iimN'iii). lî. (!<• \ a(|iicii-as. Se/i/ir/ ntfinpie^.

Aïoi.s. \ni.>. l'uinale. Senli' En lllaeal:. II. d'Oranye,

Ajnes mon vers.

Aiiti; (I.a citilat d'). !>. do l'xtiii. //( sjrrenles^ fidz.

Aix, Aies (lo sonlior d). H. de Boid. /^oi's \ enladorns. \i\ (l«> iuuc d"). P>. ( 'liirboM'd. .S/' ane nid temps. Aix, lî. d'Oi-aUL!"". /:/! '///'// riniela. ( '()ni]»lainte du )'i>i lioj)orl.

\im;s. Aimsi.w. < t. \(.m;s. \(.m:sinv.

oxoMAsTioui: i>i:s THOLIJAUuIRS 91

Ajol. G. de Cabreiit. Cabra.

Akis. G. d'8 Calaiison. l'adet. 1 i8.

Aja.xes Agents. l*eiio Ili (rAragon.

Ai.AisixA '*» si;i.i»A. A. "^sidda, .1 \(i Carcnza.

Alamax. Aii'iii.. la lin cugei. A. de Pegulliaii. Cel que s'imis ; En (kiucI Irmps. R. de Boni, Mot} chan fenhc. Calega l\iii/a. .1;" es xizns. V, d<' l.iinrl. .1/ U(a\ tri. Ga\niida. >c////ors. pcr his inslrcs. (i. d/' l'oyciliol. S"/cu atu jura. (i. ik rxiriM'il. Dcls hcls iliij: (II s'auil df I-'icdcrii- I >aflMMiMiss-(>). (î. dr ( alaiisoii. lich xcnhcr Dicus. {]. de Saiil I )^^s(]i<M-. S'en lui nv sni. Jn.-ni il An hussoii. l'.n .\[ti)l('l. !.. (iyala. Se inox vhans /os (Il y "Si, cil estioii ;uis-i .!'_' Wanjwi-airc. s.ms ooiili^ (TAHIo- niagiw : Frodcric il '!). \\ de MarscilK', .\b niani- nien. V. \idal. Ijon'arcnhnd : 'Ben i in a ijran dnior. P. (U) (aslfdiioii. II'iiinai> nian (ul. l*ist(dcta. Ane mais ntils Imni. Pç'wc llivnion, Pii^ pailii an. II. d<' Jîeljoc. .1// /*(■//■(> mer (il y csl <ju<>sli()n do Fnkh'ric II). 1». d<; \ ;M(U<'iias. .Sr/z/o/- inartjiics. \\. de Tors. .1/ es ben 'Ircil:. \ Il T(Mii|ili('r. //>( e dolor.

Niais. Ai.a/.ais. «T. \/\i \is.

Al \M\M>\. I). i\e Uoni. U'an ^it renies umn (al. G. d<^,

lioriieil. .^iux qnxer innsvil. I5oi-Hail Aniaiil d" Ai'iiia- guac. < r. G/'., '^'li. 12 ((iiiiravil (rEsjianlia). i>n on îil \a LAmaka : Borgert. |». r),S. I*. Carxleiial. .1 ialz farta.

Ai.A.MAXiiA. B. de l'xjrn. IJeni plalz. Id.. len civinl. G. de Bergueidan. IJn sirueides ai. V. Viciai, Ma lolun- hitz. I». Vidal. Abril issia. \\. de \'aqueiras, Aras pot boni. Id.. (iariambei. Tomiers, De chanlar (Frédéric II). B. de Miraval, Qui bona clianso. P. de la Caravana. Al- l)aric. Am'ic Guiberf. P. de Marseille. .16 niarrimen. G. I{i.(|ui.<T. /)(• fai- <hanso. Id. Tcmsou avec le comte

92 oNu.MAsTioL i: i)i:s tuul uadoi us

II<Miii cl le sioiif d" \lest. Aiioiin iii<\ B(iii(( dniiijutn. W. A. d .\i-iii;iuii;ic. I.tiinbuti:. l-'icdcric (!<■ Sifilc.

Ai.wiwo. I). d' \l;mi;iii()ii. . 1 //Hr.s Cuiiia: .la de (hnnl((i.

Ai.ANLs. HvrtiMii de- I'kiiii. Puis h) (jciis. (Il laiil lire Ai.wLs;, loïi luddUiuts d-c la luoAiiicc d Alaxa, on .\a- \arro).

Al.\.N><>. -- |'';mf(' i'\ l''alr(»lliH'l.

Al. Al*. - hiiiaiid lU- l'a^Tiias. iji hilcitl.

\i \r-. r>. il'' Ihimi. .!//< //os jitil fdi. (Il s"aL;il d' Mop,

<-II S\|-i'' : SlilMIllilILi. />. de llnltl. '■'>" éd.. |>. IN'.I.)

Al \ni fSaiil). (i. I{i(|iii('r. (i. de \hii. (hiitiscl:. i],

de S. ( iiv'jdll. /^'<'.'/ (' ''/ros.

Aii'.vw (\llw la loiimio). - P. de (niliiaii, '.i2.

\iii\Mi\. r>. < aiJHUMd. Sf tiiit nid Icinjis. !'. \ idal,

Mniil es hiiiiit h'iin. Piiji»!. (Cl (pu sali cl.

\i i;\iî. < 1. \i I \i(.

Al i:\iiii (\"). le rU* S. ('ire. / ii --iiii'idrs ( MlH'rir da Hiiiiiaii"»). (f. 4"ii(<>i<'. le tN' S. ( iic. \lcssniii/cl <•! Su fliHT. I>i'nhinalrt . 1. ."l'Jit.

\ii;\itn ii: iiniu.i n(.\(i\. (i. d*' ( altrcra. (tihia.

Ai.niH.i \ 1/.. - J'oiisoii d Alli'MJat/. l'I de (iaiiili.

Ai.iîLHT (\') (maiM|ii(><). lî. (le \ a'(|iu'iias. ScdIicv ninr- (jucs. Tciisdii ■('iihv' lui cl it. d<^ \ ;i<iiioii-as. Aiuin di- i/ith. .\' Al i:i H 1. (i. de Jjcryuf'daii. Amie //c/r^acN.

Ai.iîi:uT (X), de Sisleron. G. Ademar, Tant es d'amor. loiisùii d Albort ol du Monpo. lonsoii do G. Faidil ^1 d'AlbiOrl do Sisleron.

OXOMAîiTigUE r»F.S TROrBAOdl RS 93

Ar.nERT. A. de Pégulhan, Albert, chau>ietz : Amies .\' Albert. (Cf. sur ce personnage G. Bertoni. Ricerche sui irovatori minori di Genova, P^ éd., p, 20 du tiragie à part). Tenson avec S. Doria (le même ?)

AijiKRU. 1>. \'i(hil. .1/>//7n- ixsia. ( Aulti^r^. Pnv-de- iJùme, (l'a|très \\ . Pxilis.j

Ai.iM. li. Adeniar. ('Iidnlnn tUssetyt. (T. supra. Ai.iur.MS. G. Iîi<jiiier. Oui a se/;. M. (\o Mfiutaudou. L'autre jorn.

\i lui.rs. ]*. \ id;il. Mds rars s'<ile(/rii, ( ornet p«>re. / /( sirvenies.

Ai.BF.RTF.T. Tenson d'AIlKortet et (h En Peire. Cf. encore Te de l'Escurv, f)e mots rieos. ('f. A. Jeanroy, Poésies provençales inédites, p. IT) du tirage à i)arl. ('lial)aneau voulait lire Albertkt di; Sa\(>v\. Le ms. a Allwrtet de Sa.

\i laurx (\"). de Piomans ? le de S. Cire. Messonget un f^irrentes. (('"est \ll)eiico de jîomauo. cf. supra,

-. \. \lli\RU-.)

Ai.p.i ssoN. llaupliiii d' \M\v'r!.;ne. /.'c/s- fioi^. \rr.r/o\ (pros e valens vescoulessa d"). G. (Le Puycil»ol. l'nu f/rans a m or s. Gui (rUssel. Ben fcira eJiansos.

Alt \is. P. Cardenal. /./ clerc si fan pastor.

\[.ct"RA. Allusion à Iloiophorne ? P. de l'.n-<inliar, Sin entes et chansos (en Vidcutia (d lei).

\i.u\. Zorzi. Atiessi < o;/j lo i/ainel.

Ai.DAF.R. G. d^^ ("abrera. Cnliru.

\ri)i\\i. Guiraiidii, llr. 'J-'iO.

Afdfox. G. de Odjeslaidi. (ir. L'Î"J. 7. v. "j.S. (Les mss donnent des textes dilïérenls : Mulleon A C I, AJdeon IL o/n. Il W)

94 o\o\iA>;TiorR ni:s Tnorr.AixtiRR

Al. 1)1 \i{i)() (En). Mare;ilirti. p. :l^83. (C'C roinoi ellip- tique désiguié YArcliiv, T. 5(», \). 283, se trouve le texte d'une cobla 'que Chahaneau veut attribuer à un aiilie Marcalii'iiii : Biof/r. p. ■'>()'>.)

Ai.i:(.ri:t. l>. d-c \ •!Mit.;idnur. \inois ri (iticua.

Allcuu't. Se nomme ;'i la liii de Ain jxireisson.

Ai.i'NCRi. 1^. (ardiMtal. Las (imuirlls (antre' forme. ^sKxcni) ; /.) clerc .s/ fnvi pastui- : Scnher Nlihlc ; Tait so/i valcn.

Al i:sT (\U. l ) "A «alK's. .1. lioiiel. S"n(i d'itmctr.

Ai.i;si (l.-c) scnher d'). l'enson avec (1. lîLquier.

Ai.ivST. G. d.*' l'orneil. I.'diilr'irr.

Xi.FX Whnr- . Xnon.. lien cs nescis. Anon.. I.o scn vol-

(jin (:dlnsinii). ,hi de 1(1:011. Antui.. Ircx (diKis xoiu A. (\o IN'iitiiilian. Ara jKtr hcii: Eu (KjucI Icinpa. A. Da- niel. /■.';■ ;■('/ rcnncill<. 15. Alhai-ic. Icu ninc lai. \k do l'xnii. .1 h>l: die. G. Faidil, Foil: cluniza. (>. Fal)re, Ou rnuis vci. Denx Gnillems, GuUlH'mx juim^ U'sl, G. Magre't, L'cSuju jiuciu. G. de la lor. De lux douas (Mahn. Gcdidde. il. S-V.}). Guionel. ICn llaiimhaul ftios donu. (i. Iii(|nief. Tenson avi'C ILeinri de llodez et Marques. A'.M (k Mojis (sans autre indica- tion). Palais de Savieza. P. Cardenal, Tos/fw.s rol- (jvam. P. de Corbian, 33. P. de Ladils, Mosscn Ramon. W X'idal, Ben vin a grau ; Siin laissava. P. de Cap- dueil, Ar nos sia capdcds ; Tuit dison. \\. de Vaqneiras, A" m'açirnda. ; Scnher Marques, llostang Bereuguier, Sj coin Irohain. l g. de S. l)oinat, Siri entes avoh. G. de Oalanson. Fadet. O.VOC). G. de (abrora. f'ahra.

Ai,i\\\i»HES (l'els). Il s'agit d^ine dam^' : (i. le P>os, .1 la mia je.

oNoMAsiioi i; i>\:< I lioi 1! viKiirts 95

.\i.i:x WDHi. Ali^'Xaiiilii. /,'/( lihicdSsel.

Ai.i;\\M)Hi V. V. liaJiiKui. La dallz (lians;. A. d'Orlluji^, Ail Dii'iis. \{. (Il' \ aK|iicir^is. Xaii j)ii('sc sdhcr. IVin-

jili<M' (l II). /'■'( (• (hilnr.

Ail \ii (Iliiiioiiol (f). - I',. (|<' \ a((ii^ii-as. ilniunt: iriar- <Hii's. ( r. ]-\n.

\i.(.\is (Los). - I). (lo rxnii. .1/ fhni^ non. E\t\e (VV^siA. (ii's vas pori ini)U cm /(■//. P. < aidoiial. Itdzii^ es.

\i(.\v\. ("i. (lo Mniilaiiliauo!. (ir. •J'J."). S : i'mI. ( onlc-t, MU, IoiiukL'i.

Ai.(;vRBi, Ai.GARWiA. G. Iliqui^i'. El nmn (Ici ici Dieu. le (le S. (ire. (Uiillcm Fabies.

\i.(;i"ivSS'\. 'I"onn<^f.«. Si col flocs. (l''i()iilirr'P rrEspn- ,Lii|i(\ mais '!)

Ai.fiiNKs (Conilat (1). -- A. dan l.iic. /•.'// (hunluvcl .

[ Alici^ Di: Fiiwci:]. U. i\e Pxini. (ri\ S<J, K) (allusinn].

Ai.iAn. Ai.iiAH (S\i < filli d"). P. Mdal. dcs^ j/cl Icmps.

Ar.io. P. Vidal, éd. Aimlade WXIH. r)'! {Gr. .KVi. ni).

[Ai.ix, SM'iir do Pliili|>|i<^- \iimislo". - li. de Pxnii. Cr. 80, 40.

l'Ai.ix DE Pioi ssri.LON]. Cl. (le S. hesdi^^r. Ci. S-W . U'> ; cï. Berofert. p. IS.

Af.MA.NSOH. P. (ai-d'eiiai. (Juoii sont al icjiciloi. \\. \"\ dal. AhfUs issiti.

Ai\iAi{i\. I sua il. hc'l sniicl.

Ar.Mvns (Dnmiia \"). ( 'astelloza. •/(( tic <}iiuil<tr.

96 0\0\l VSIIOl i; DES riidlliADOl RS

Al. on/,. II. (le \ a-queiras. Triiaii. mahi tjiwrra. Cf. Eloitz.

Alos. Cf. Arxait dAi os.

Ar.RKS. 1». (lo Torsï, .l/zi/rs (iausclm.

Al \i. \i \is (vos). Ronnf'O. Scnh' En Hhuat:.

\i I \( . - 15. fl^" Pai'is.

\i,\ lUMiVTZ. I>. (I<^ \ iPiihiduiii'. P,t' in'uii jK-rdul ; Co-

noi'l ('ras siti ; ]j> fossiijiidls. M. de Vloiitaudoii, Aissi ciim ci'l qu'a l'stat. IVirol. .i/> gran jni ; La (jfaii ale- (/ian>iii. lîic.is \<)\,is. /'(/.s jxiilil. (i. dv ( ahrora, Co- hra.

\i.\ i:h\iii:. AlbortiOt, Mange, digatz. Cadenot, No sal col (oiiscil. ('omlio de Poiliers. IJn Alvernhc (= Fnrai un ici's), G. de liornoil, Lcii chansonela. .1. d'Aiihus- son. \()sh(i (hma. Moine de Moiilaiidon. L'aulrc joni. W. \idal. .l/)r(7.s /ss((/ ( \l\^/'i'nli^M ".'). l r de >. Cire, / lin dnii^i'lti.

\i.\ i:ii\iii.i . rr. su[)ra. 1». \ idal.

\i.\in\. II. \'id,il. Caslia-Ciilos.

Ai./ow (Priras d"). 0. 1*. de Casais. D'nmi Icii chaiiso. W. (\r .\liia\al. Cliansonchi j'arai.

Amadv. < t. Al \\ia\I)A.

\\iviH)r«. (i. l'iLiiK'ira. Aiic lan licl lop.

Amvi.iîk (X). Fol(|iiet de AlarseilU». Cui nu ni'alxdi'i xahil:. (\"\. (k^ \\nuo\\). G. PiiqTiier. .4/ pus noble, (d- j)us lalcn. (\" A. ni: XAïuiow. fils du premier), G. rùquier. 'r<uil ni'rs hoiualz. (\\\ Amai.ric), O. lU(|uier, l^ci rc non jiurs,-. .hiaii ]->le\e. .4/ss/ ( o/ ninlanans.

ONOMASTIOL i: DI'.S THOi H \l»Ul RS 97

Amami r. le (le Murel. ^'<^.s silot hos picl:.

XwwiiAs (h" \iiii;iL:n^i(' ?). V. ( .;ir(UMi:il. l'ciKhts e trajis.

AMVxtLS {\)e la litoqiieia). Allions (k' ia \\r.. (Jitnn

reverdi' jon.

Aaiameu [De Sescas]. A. d-e Soscas, .1 vas (jii' icn nm. Cavvîilior Limol, L'uUilrici mcnlre ijnez idi.

Amamei de Leuret. II. de Cornet, Aras qunn vei.

Amatiels DEL Paears. H. \ idal. Ahriis issia. (W. Bolis : \a Mahei de Paears. )

u\matisti] = Améthyste. 0. >]<• ( '^ibcstanli. .\i n-i (jn'cn i eiKjut.

A.MBEARTz (\'). 1>. de l>()ni. (ies de far siircnles.

Ami:i.is. le de la l-Sacalaria. Pei ijrazir la bona estrena. Cl. (\o ( 'al)iei;i. ( '(dira.

A\ii\ (l»()iiss;i). - .">i)nlel. <ir. 'i.'îT. /.

\\iu. (i. de ( altieia. ('(dira.

A\iir (S<Miher). r.. de r5eroi]r.d:iii f?). Amudrla ilc ion

chaidar.

\\ii.rs Privât/.. (Les d^Mix iiil<'r!<M-iiteiirs sp donnent re lumi.) Anoiiyni(\ .l/;i/V,s ja'unl-.. i/rnn iiuen-ii.

Amic (Mais d"). L;i l.oha de Pennautier. <laiis 11. do \Iiraval. {(ir. iOO. 4. 9, 24. 34. .",7. 3S. 44. If> et Hr sal '/uc : cf. Bemert. [>. 32.)

Amic (A Mon Amie). I». de Piada-. Tant sent al cor. Id. El /em/)s y"<'/ rossinlmls.

98 t)\oMA.sriori: df.s tuoi iïaim>i as

\\tic (M(ui Car). l\ \'klal, .1/os/ar e /os-sr/r.

Amics (Bels AniioR cars). P. Vidal. Beh [niia rnrs.

\Mii:n. Cl. âe Calansrm. Fadel (iiis. l>).

Amii:i . < 'f. BLacassel, s. v. Acoi t.

A Mil. Il \t. Sordcl, Phujitcr.

AxiiiiiAi T/. Soril'cl, l'iiiiis nom Iciw

Axiii.uiriA. l*uj<il. >'/ ni'(/s- d'amnr. ( T. Rer^orl. p. 50,

\\i.\. cr. '\i;r>A.

Amox. (1. .1." (':ilaiiS(Mi. FailcL 'Xk 1!»:î R. Cf. Avi^x.

Amoi«a\is. A[aitatiiii. Ijupentirc jkt mi. G. de R-er- gTiedaii, Un Irichairc.

Amorat (F/). l.AMORAT? Zor/.i. S/7 mons fondes.

\\iPinoN. (>. de Calanson. Fadet. OL

Amsiza (Mère el Illk). R. de Va(iiHdras. Tninn main guerrd.

Axai r.A. Cf. Annaul.

Axci:i.Mi'. (Kn)- R^eforzal. D'un familier.

Axro. >. <l^ Ciintiw^, Prcs r/'n// [(trdi.

AxDA. (f. Auda.

A\i>\i (•zn/. Gaxaiidan. Seirpior^i.

A\i>itii:i s 1)1.1. Paiais. Teiraiiiaïuniiio. liomania. \ IFI.

V. r.H. H)-,> (•,> ciU-ilicMis).

\\i.iui;i . AxitRii.r m: Fr.\xsa. AxnniEr de Paris,

All-Ml^t «'I C.aiir^lni Faldit. tenson. Aimeric de Rel-enov,

,1(1 lier iiczul:. Aiiuei'ic de Pétiiilhan, Oui sojiiv S'ieu Idit ben iiDH's. Ai-tau(l ap. .1. de \ostr*edamc, éd. ( 'ha- l)anoaii-.\ji£(lad<\ ]). 180. !>. de Par-is. (inordu. iciis fns. B. de Pradas, S'ilot m'di. Blacat/. .cl Pislolota, UMison. E. 4e Barjols. Boii'aiculitid. F. de Uoniaiis, Ma bt'la domivi. (i. l'aidit. ('(na ijin'in i/cs. G. de Ber- Uiiedan. Ijti on lioni. Cl. MaùixM. [ho^lan hem Icnc. (i. de la Tor -('1 .Sord^d, tieusoii. / •< .ri//(/<'>«. (iiraiil (M. Pcirouot, tensoii. Jordan de Cotclon, Ane niais. Pons (le C"a]xloil, Damna en pien. \\. de Vaqi?eiras, .\on pitesc saber. Uaiinon Bistortz dArles, Aon irob (juen le. Bainion Jordan, \('rt son li nini. le de la Baca laria, Per grazir. Le <le Pena, Cora (jnem desplagues. D«'SCort anonyme, .S/ Irobes (Aiihii. o'i. YSO).

AxDiUKi. .\lu.\ Amiuim . - P. de ( ai-rd'cnil. Aissi m'es ; Ben es jols ; Liais niiii< ■.. Id.. ,l,i uan cl Ivmi. Id.. [>e lotz cJiaiiius.

AxDRiEL (Sanli). A. de Pegullian, .Ara paira. Marca- iHini. D'aisso lau Dca. G. de la Tour, De S>tn Mafilin. I*. de Gorbian, 'JT^. Pi. de (aslelnou. Ei'a ben dos ans. le de ri^sem'a. De mois ricos.

AxDRini (\j> iH\v = de Hongrie). ( Oniplainle du roi Bo- bert.

AxoRiMcr P>. de Paris.

AxiiiîoixLi.. Anonyme. Ja) de razon.

AxDLZv. DaU'de de Pradas. }ien aif Amors. le Brunet, y-*/(/s' /o r/o(/s temj>x.

\xi>rz.\ (Beriiail d"). B. de \";i(|iieii-a<. l.eii so//i'/.

(Guiilhnm d' \.). (i. l(H|uii'i'. .!//< //"/; uiijni.

AxFEi.is. G. de Galtreii'a. Cabra loijJar.

100 o\t)M ASTioi i: i>i:;s TiîoriiXDorns

A.NFOS. G. de L'abreira, Cabra.

Amos (La nHia K). (Peul-èlro k comloss^» dUrgeil.) A. (le Marsan. ()ui conte.

Amos (<1 Aragon ?). W. de Hovenixc. .la im ruclh.

\\ro? ni: H\iiiî\sTni:. W. \ idal. f '((s//a(//7os.

Ank.s ((U- Castillo: All'onso Mil). A. d.' IN'M^ulhan. /.'/( aqucl [l'ntps ; l^^issatnen corn razimaiis. \\. do Born, Mici siiicnles. G. Adtemar, A'o/i jml csscr. G. de Ca- breira. liarlsch, l>L-iil{inaclcr. |). S9. G. de CaLinson, Bel semblaii. ]\. de Mii-a\al. Haiona jn-r xlrrenlcx. Pev- digon, ('onli'Aaioi . 11. \ idal. Castiagilox.

Amds (de t'astillo ; Airoiis<.' .\). - H. (/nho. En Ixiec de vevjan : Enqucr cah sai : Idnl auta donina. F. de [junel. .1/ hon icfi. G. de Mnr. G. lîiquier, seyon. Gi. |{i([ni<T. .1/ i>lns nnhlc : Crciic in'an fa<j : dranx afans es: hetits nom le: Scnli iln Joida: Sien ja iro- hal. Paulel de Marsoillc. .1/» iiKniimen. \"\t de Mous (l*as (Tanlr-i» indication dans ( liabanean). Zorzi, SU nions fondes.

Axros (lici). ( \l|ilioniSe II d"Aragoii). G. de lior'noil, ('ar non ai /o; ; Id., Ces de sobreroler : Id., Solatz, jois e clKudufs ; G. AdéniKir. Laiga puja. [ = G. Magret, L'tniia fiueja]. P. Vicbd. Be rnarjrada. Id., Bon aven- tura. Id.. /)t'/;.s ('/( suii Id.. Mont es bona terra. Id., Uuant hnin cv. Poiis Barba. Sirrentes. II. Vidal, .l/jn'/s issni.

Am-us (\'). (Allons*' de I.t'on '!). Miaroabru. /Vr finira frridd ; Id.. .lu/'//: de chan.

\\ros (r^'i). l>M|n('l ? - Moine de Montaudon, Senher s'tnjnessel:. P. (ai'denal. De .s/r/rn/cs. ' Pistoleta, Se

nNoMAsTliJl E DES TUni D \r>01 li ^ \(){

(li'iiilais. II. <1<^ (Ansltoliiuu. Mon sincntcs liuiiu'i. ll;i xaudxi. Lo vers.

A.M-os. C'ercaiiion. Lo itlaitig lomcnz. G. de Cabi-cra, Cabra Joijlar.

AxFos (Comte). Tenson de Gui et Falco. Moine de Mrinlniidnn. Pois Peire. (Le même ?)

.\nfos (comte fie 'l'ouiouse ?). Marealnu. Auialz (/<■ clian. il. supra .N'Amos.

Axros (Mosseu). II. ('oirtiet. L

A\(.i;\i. A daii Luc. En (haitUiicL W. de Uoi'ii. /-'o/.s als bavos : id.. (Jnait la iiorcla j'iois. (/<>mte de Poi- Ikm'^. puis lie rlinnlai . Joaii |{slr\c. Fiduts ieif<. \\\- chiiid d'AnglcIri T'C. -/'/ /u//v nm. G;i\aud;ni. Scnhois. 1'. GardeuaL Las ntiiaiiil: (imrhir ainjcii). (F. An(.u- \ t;.\c.

An(;ii: i s (Augeis). Aimeric de Ikdeuoi. Ja n'er crc- siiL Alegret. Aissi cuui ccL Aiion^ine. Domna vos m'a- vefz. Bernarl de l'oxenac. ./'/ iid vnclh. IL de Born. D'un sirvi'idcs nain caL Id.. Mrai clian fcnisc. Id.. Pois mI/.s bavos. Dauphin d'Auxcrgne. Uns pois. P. Uo- gier. .la no cvcivai ( = A. de Bedenoi). P. \'idal. De clianlai. Perdigoii. .l/.s.s( (uin ccL LT. lOico i»"A.\-

GIEUS.

An(;i..\ti:iui.\ (lî'ci d). Anonyme. Ane no tuyci. Gf.

encniV' \l\loN l'I Lnc.LAI ERIi.V.

Anc.i.es (Anglais). - Annnyine. .1/n no cU'U'i. ('a\alier Lunel, L'auh'in infiilvr. l'iainniii de (nm'iM. Ll ilw/al:. Id.. Pcr fol lo mon. Guiraul de ( alansi.m. Hcls scnhcr Dicus. P. de Lailils. Mossen Uanion (rci ani/lcs). \\\ cliai-d d' \nL:IiM(M-re. la nais ojn. i'ï. furore E.xe.i.KS.

102 o.Nu.MAsiioi ?: i>r;s trotbadours

A\(;i.Esor.A. S. (]e Giroiie, Pies il'uii junU.

A\gûM:;nc. Moiiiiai'e d'Anjoii ".' A. Daniel. L'aura amara ; d. Appel, Prov. Clir.-^. n" Sj.

Anjai . R. de Boni. D'un sirvcutcx : Ces de disnar. Comte de Poitiers. FaVai un vers. (Coins d'A.), Gui- laiil dKspagiia. Pues ria sut ub senlior. Marcabiu, Assiilz tn'es bel. \\. de Tim>. .1/ ,>s ben dreii. P. Cardi- nal. Bel m'es, [\- dr S. (ire. In sirrcnles.

Anna (Sanla). I". iU' Lune!, Iluinuns de niundaiia vida.

Anoili.a (Castel <!•«•) ou \uilla. G. de Berguedan, Chanson ai.

Anona-^. -- Le de S. (ire. l tia dansebi.

AxsEis. G. de Cabrera, i'uhia '[oglar.

Anselot. P. C.nrdeiiail, Tendus e Iraps (Lanxelnl ?).

Ansessina (La gent). A. de Pegulhan, Pas deacubrir.

Cf. A&SESSIS.

\nii,( lîisT. G. Faidil, .l/a nos sia ijuilz. Grand et Ber- Iran. lensnn. |>. (r.MiainaiiOiii, /^).s ane.

Antelme. ('. de < ahiiera. Cabra.

A\iir (\"). G. d-^ l'xii ii-nil. If (OUÏ aven.

ANri(;<'N\. \. il'*'' MariMiil. hoiia (jeuser.

Antioc. Anoii.. Sui e un sut.

A.MiocA, cHA. E. Cairel, Pois c/uJk. Marcabrun, Pax in nomine. Ue de la Bacalaria. Per grazir. Uc de Pen- na. Cora (juent desplagues. G. de Cabrera, (^abra.

ONoMAsiroii: Dr:s in.nnvDouRs 103

Am n'iiwmt. A. do < nrcjissps. l^apagai.

Antona (Bli;\i. d"). 1*. (ai douai, Laichcaquc de Xur- bona. G. do Beiguodaii, Sirventes. Cf. cucoro Bovls

D'A.

Amomi (\). \. do .Mareiiil. Tant m'abclli^.

A<»!i (L'('S(|iHTrais). P. do rinltian. Tczaiif. \. 10.

Ao.\ (S.). M. de Miiii[aiiilnii. l-'oil uicuurjn.

AoRi.HAc. Boiiafos e ('a\ai|io, Bonajox en lox envit.

AiM iii;n (Comtor d), Comuual. Cnintor d'ApcluT re- buzal. Torcafol. ('<>i)}un>il en r/nja.

\i-<pi,ni\Ls i)i: Tiii. A. do Marsan. (Jni '<iu\U'. G. de

< jiliix'ia. Cabra.

Ai'uLoi.M. H. de Paris.

ArosToi.i (1/). L. Ciiiaila. ^'/ rn<)>i cliaiia fos.

AjiAHn. E. ('airel. Oui aaubcs. Gavaudan. Senliors. G. Kigiieira. I>cl prcicirc inaior. G. d<' Bornoil..! Voiinr Dieu. (i. do ('alanfioji. Bels senher Dieu^. Poirol, (Juaid aniars II. de \ a(|U0iiras. Ao m'ai/rada.

Arago. - Auou.. U'arnar m'cstci-a. A. Daiiiol. I.'auiif aniara. jî. d Ani-iae. Xnstrc rci.s. !>. de Ijorii. La '''»//t>; Pois /o ijcii^. M. d" Mdiitaiiduii. Aissi coin cet tfu'oin mena. P. Iiaiiiinn. Xmt j)nesc so/i'ii-. P. \'idal. De eliiudar. Id.. iJeus eu s'ui. \\. d'l']iras. Conis }>in(ns<d . M. X'idal. Casliat/llns, ( Cdo S. ("]vi\\uUa ren. i'rr- caiiî"^!!, Lo j)hji!iij couien:. G. d-e Berguedai!. Be vohia. S. de Girono. En may. A. do Pegulhan. En aquel temps. Cf. oncoro Erangos. Comto de Foi\. Frances; l/a*? '/f/( '/ l'hi) . G. de rnlaiisoii. Fadel. S:V8i.

1('4 ONOM.\8TI«Jl E DES TItOUI! \D()L RS

Arago (Enfaiil d"). B. de Roveniac, Bel m'es. G. Ri- quier, De jai th<ins,o. P. de Marseille. Vaulr'ier.

Aragox {[\e\ d"). (Les ficlics de Chabaneau n'étaient pas classées j)ar noms de rois. \ous les avons clas- sées d'après M il à, GhaKanean {Biogr.). Diez et les édi- tions de 'troubadours, quand eiUes existent. Mais nous n'avons pas besoin d'a^'ertir que ridentification est loin d'élre sûre dans x\(^9i cas assez noniltivux. Nous met- tons un point d'interi'ogation aiprès \<^ nom du trou- badour, quand cette identification nous [laraît trop dou- teuse.)

f \i.ro\si; 11 (lAni-on. 1 de Barcelone. 116-2 1190]. A. d(> .\lar'<'uil. .l/> ijidiil onor: \,ti fidiicu i (ipleiiensa. B. de Boni. (Jtinii ici jicls rcifiirrs. (1. dr licrguedan (Pi-(U'r<> Il ".'). /,'// on nnin : .Im/liit. nul ilescoiim h. (i. (!<' .'^. l)esi(lier. IJl {einjts ijuau vei. G. del Luc. (u's si loi. G. (rissicl. S/ /)('/) patieiz. F. de Marseille, Ben un rnoil : Oinutis non conosc (Pierre II ? Cf. éd. Stionslà^ |). 18.|). P. Uainion, Atressi eom la candela. Non puei>c so/rfV. P. Uogier (A. de Belenoi), Ja non eieirdi. P. \'idal. AjosUir : Per ces del : S'en fos en enrt. Pislolela. Ailan sospir : Ane mais nuh honi ; Ja tnih anianz : Se rliaidais. P. (k> Gapdiieil, So quoni plasi ml. IL de Vaf|ueiras, Del ici dWragon. (Peut-être encore A. hani^d. L'aufa ainaia, y. 37.)

FPncRRK IL IH)(J-1213]. A. de Pegullian. Car jui de dut' acordansa : De fin amor : En aqnel temps ; En (peu jiaidais : Nuls honi non es : Dos descabi'ir : Pos ma hela n\ala : S'Icu hcn lun. AïKMiynie. Arondela. A. d<' Sarlal. Aissi inoa . \lj»crtri'l de ."^isteron (Pierre II <»u Jaciiie l '.'). Ah siai //ai. S. de Marvejols, Ab gréa enssiie. \\. l'Onsalada (?), /)(' 6o loe moi on : En cor ai que eomens. G. de Puycibot (?). Quar fui de dura (A. de Pcgnilliaii): Sien anc jorn. G. de Boi-neil. Ab semblan:

o\(»M\STiori; DIS i nm i:mmi( i!>- 105

Lra qwiu ici. (1. ik- < ji.laii.-on (?). J-^n Akkjoii al joycu rei; Silnl l'uum. F. <1>(> Bergerac, BragaïKu . \\. (U' Mi- raval, .hs-s/ coni es (jcjisct : Cet ifnc jois lairi: Er' ni) l<i forsd. Le de S. Cii'c. l ri siirenlfs.

[Jacme I, le Conquériintj. A. de Bc-lenoi, AissL col })rcs: Meravill me. A. de ."'■escas (Pierre III ?), Donzela ; En uqnel jiH'x. IV ('al\(t. In non sirvenlcs. Tî. de ('a^tel- laii'\ Lui /m/c/s h e/7is. Daspol, Scinhns auj'is. Engle;?, .{ In <r,fl jiii. (.. Anelier. Vera mcrcc. (1. de Monla- nluigol. (ifs jici innlicstal: Leu cfiansonein. G. de Mur, D\ni sii'vcnli-s. {',. Iliquier. GuiUicm de Mur. Nat de MoiiiS. Ln vnlnis es ijfnns. Pons LUii-lta. Sin enles tinn ex. Ser\ei-i de Girone. Del mon rohjrn. Sordel. Pln- nhei- viieij : Punis doii i<'H': : Qui se men\\>rn. le f!e S. 'il'-. \'l (jn idsire scinl)l(Ui (variaiilo de I ). (l ii" lieln^ d<' < haliaïK'aii ajoule : J.'> hon reis d' Aiin/n /M r<'ii\">i<^ a ■Inujie. >aiis aulie iiidicaliou : il s'agit sans duule du iM.Mian de Janli*'.) 1). (!<• IvouNcnac. D'ui} siiienles.

[Pi-ern' 111 . !>. ('aTi»<»nel. Aîu: de jni. P. d.:- Marseille, f.'nulr'iei. P. Sal\^ilj<'. l'an] l.anlranr de Pisloja.

AtiM.i'N (lirine d ). A. (!■(■ lieleiioi. Aissi cnl jnes. iî. do l>iMii. ]^(ds ln ijrns (la i<dne SaiirlH'). P. \idal. S'en jos en roit (Sanclie). A. de Seseas, En aquel mca.

Aii.u.oiNKs (lîeis). An<Mi.. \ ni llui/nnei. \\. ('al\(t. Un non sirveides. \\. d'Auriae. \nstie leis. (adeiu'l. S'/er/s essfti, (1. lîidnirr. S'ieu jn lr<d)id. W. de Miraval. lîfilniin pei sirreides. \\. i\e \ a((ui'ira^. Jn Imni près. \\. de ( (MiH'l. l'er Inl In u\nu. P. \idal. '/'//(/ nu heu dig. G. d<' ('.ilaiison. / tuj doussn res.

AnAGONEs. B. de Born. .1 lornar mer : Guerr' e pan- tnis : Mnlt nies descendre : P(ds In ijens. Gavaiula, Senhors. d. Magi''^l. Mn dnmmnu len près. P. \ idal.

10f> OXOMASIIOTE ors THOUnADOURS

liaiuti Jc^us : Afti.s ni i/cis. Toiuiicrs. I>c vhaiiUif. Uc (le St Cire, Bem meravill.

Ah.vmon Lie dEsparro. Cf. Lrc uI'Lsi'Arro.

Arans. B. <lo Born. Ane nos poc far. (Aram •est le nom l)iI»li([U'f' (lo la Syrie : fl". Sliiniiiiiiiu. li. ilc Bovu. ;r 0(1.. p. J8Î>.)

Ane ([)■). G. (k- la lour, Pos AMànenes.

ARcnnfi'.AiD (fie P'Ti.mKMix. les Jeux l'ières). B. de Boni. l'iillift'i. \" AoriAiîM i i/. lî. île Boni. In sii- icnlcs l'ttiz. ( \ii< ïJAMiîAi iv. Stiniuiiiig. l>. ik- llorn, ii-^ éd.)

ARCHiriueii. P. d" Auverirne. Dicu$ vcra vida.

Aiti.n (\). \\. (ailvo. S'en d ii (d.\\.V. Cazals. Ah h>

pascor : A l'avinen mazaii : A trop grau j'ereza : Ar

m'es hi'l ; Aras pas vci : Bcni platjr'oimuix Bernurl ; LiK/ucras ; Pcr rc.

Ar'iensa. A. de Bekuoi. Pos IUcus. G. de Borneil, Toi suavel. G. Faidil, Siiol tionca. B. de Palazo^l, S'ieu anc per fola. Ponson, Valent damna. P. Vidal, Tant an bcn diij. llicas Novas, Lo hch tenninii^. Sordel, A'i pucsi, tividar. Sirail de .Mai\ i'j<ds. lV»mi^'rs, De chaniar. Le de S, Cire, Un sincntes.

Ahgcntiera (I.'). G. d'Apcliier. Cotninal vielh flac.

Aruentos. B. de Born, Cazutz siii.

Argiiei- B. de Paris.

Ari.o. --G.de ( idniison. fV/Jr/. T»'.. (\n(,i.s\ ibid.. 73 D).

ONoAJASTIO! i: !il> 1 |î<n i;\ti.il liS 107

Arias. Perdigoii. Coiilr'uinuf .

Arill. B. de Paris.

Aripodes. H. (le l^ariis,

Arisioiii s. ^ Tnisim des deux ( iiiillauiiK^s. Aiion. l'iihiis (le Snric:a.

ArjLîS. Ci. <lc < alircia. ('((lira.

Arll.n. - Aii'Mi. I.' Aiiliici jiii. V>. il' Alainaiion. f)r far- tivistjiic : .In (le (ItUlihti ; Pois (Itattson. ( '•»iii[)l.aiiii<' du roi Ilobort. Daud>c de I*radas, Ah lo dou» temps. i'i. l'aidil. ."^'Z (//(( 7((//.s lioin. (1. do lîoiiK'il. lien dru vu botfi cnii. 01i\ier. Ailaii leu cuni hd. P, L'ardeiial, lie idlijiti. ]'. N'idal. .\i<>st,ii\ lî. do l'urs. .1/ es dicil:. reiiiplii'i-, h<i c dolor.

Ahman ((ointe). P. \idal. A t'(/N ni ycU. (('uiiit-c Ala- laauiii. Iioimiie d'clai génois.)

AnMAMiAC. A. de Sosciis, Eli (UjucL mes. (Ahmalhac = .\r.manhac). p. Cardoiial, Tendan e Uaps. Jl. de Cor- net, Amors cofuls ; Lo mieus sabeis. (B. d'A.). Pi. Vidal, Ahrils is.s/a.

Arma'sa ('.'). <i. l'aidit. Si anc imllis liom ( l'exte de llayiiouaid. 111. '^VJ. Bi.ava. ms. G. et O. Maya, Lexte de \ . Ai'hli . ;j(;. ist}).

AiiNAiDA. l.oiuharda.

Au.NAL'i. - l.oiaibardii.

Ar.navi. B. de Boni, Bel m'es (joiiglour). R. de Va- queiras. Tuit me preqon. Uc de S. Cire, En voslrai.s me farai vczer. Anou.. L'aut'rier fui à C. P. de Marseille. E'Autrier. (\"\. ro\ (Y \\\\i,s (?)). G. de Beruiiedaii. Un sirverdes voill.

108

ONOMASTIOLE DES TROrBADOl RS

AriX.m T (\"). IViisoii avec 15. de 'la Basta. Tensoii ■entre Foie, Arnaul el Guilheni.

AiiNAiT (d'Alos). G. de Beruu.r(laii. in siitcnlcs roill.

Arnalt (maiViues d-e Bellanda). B. de Boi-ii, D'un sir- venles nom cal. (Arnaul de Beaiilaiidc : fils de Gariu de Monlg^laue.)

Anwi j (m < AsiLi.Nuu). lî. \iilal, Ahi'ils issid. \. 795.

Ah.nal'j Iiami:i.. ^f. de .Moiilalidoii. l'olx Prive. A. I.)a- ■niel. (Ivuison doil mal : lin es/ soncl : L'intni lunuia ; l.i) fcnn voler.

Aiiwi I l>\iM>. \\. de (ninet. /'c// Trcncaicl.

AiiWti (iiii,i.i;M i>i. \l\ioA\. I!. \ idal. Abril-s issid.

.S8U.

An.NAi r i>i; Maroii.i.. M. de Montaudoii, Pois Peirr. W. \"id;d. Malin. Ccd. II. •,'(•>. (A. i\v Maixniil est cité <|iialre lois : \. i."». C.oT. lojl». j-J-J'i.)

\n\\i I l*i,\(.i i.s. I (• (\v S. ( iiT. Mcssonyrl un sir-

icnU's.

Arnaut Bomieu. Le de Lescura.

Au.wi I (Seignei-). lensoiii entre Foie, Arnaul, Guilliein. Arnait uee \'ii,ar. (i. de liorgucd-'in. Eu non cuidava. Aro.n>. P. de L'orbian. 18. 22.

Arpf (\*). P. de Bussinliae. (Juan lo dous temps. Arre.ns (l'iENS ?). G. de Durforl. i'ar soi. petit. Arselot. G. de ('wbrcira. ('<d>ru ioylar.

OXOMASIKJI K DI.S TUOllîAltdl 10!'

Arsi:n. G. (le Poitiers, Companho [arai. P. Cardenal, L'arcivcf<(jnc. (Los j'ilhs \'Ar><en).

Artal (d Anigo). A. d^e Sosciis. En minci mes.

Artasicnes. G. diC Cakinsdii. Fadcl. l(i:i l>.

Artal T. G. de lieruiiedan, .litijUir md dt's(iini)H'<.

An I wi'.HCEs. G. d"^ < ■,i];iii?;oii, Faficl. 10;').

Artes (Comte d). 1*. de Mar-s^^ille. L'autricr. Piiul I_^an franc de Pistoj.a.

Artesa (Terra). B. de Rorn. Pois- aU /n/ros-.

AnriMALEC. Marcabru. Sciilicr \'.\liic. P. Cardenal. ' 'cl ijUC je.

Artona. haiiphin d'Auvergne. \'ergon}ia.

Artvs. Anon.. Aiu <ii/ Icmiis. A .de Marsan. Oui coule. A. de Pegulhan. ('<iii (juc f'cscs ; Joins hoiiors. J'. (!<• Boni, .1 tôt: die ; (ietit part. B. de Paris, duonlo. (i. Faidit. Fort: chausa. G. de Cabreira, Cabra [ofjlar. G. de Galanson. Bels scnlicr Dieus. G. Pùqnier. Tenson avec le eomte Henri et Je .'^. d'Alest. Marcaliru. .1/ prim comens. Mathieu de Onercy, Tan xui n^anil:. Montan Sartre, Coms de Tolzan. P. Cardenal, .1/ nom dcl ■sc/î/for. P. Vidal, Ges pel temps : Pos tomniz. \\. de Pons, Senlicr Janj're. 11. de Cornet, .{mots corah. \\. de (A)rnet père. In sinentes. R. de \"a<|ueiras. .\rnm reqaier. Sorflej et Aimeric, tenson. FVut-ètre G. de Cal)rera : cf. Bircli-Hirschfeld. p. .Vi.

Artes (Joglaret). Dauphin d"Auvera-ne. .l'x/larctz.

Artezet. B. de Born, Quan vei.

Arimaeec. G. de Cabrera, ('nhra.

110 o\o\i\sTioi Di:s PROi liAiMdn:^

\n\ii;R. Toiiisoii d'Aivoi' cl (rKnric

AsAHFL. Cl. (\e r"alnn.S(Hi, Fadet. 110-1'jO.

AscM.oNA. Cl. FiLTUoira, in non sirvcnU's.

\sr\M.s. r*. (U> roi'hinii. :VJ. Ci. de ( ';(l;niS()!i, Fadcl.

JIV.

A'^m. - I*. \ ]il;il. Drotjnmaii sciilicr.

\>i'i\i;i . 1). (le Paris.

As.'^VHAi I s. - ('.. (lo ( alan^iio. Fadcl. ~(\.

Assnssi?. Cï. An!ïi:ssi\a. Born.art *\o Boiifloilh?, Toi fiiAfiitit jiren.

As-SIM \\ (\/illc. (If'p.'iil. Ae I'AimI^). -- H. Hk(ni<M-, Qui a se II.

AssijR. Un Templier. Ira c dolor.

AsT ( Asli). H. (le ("ask'llano, (iucrrn c Uchal. F. de l.iiiK'l, .1/ l)(ni ici. W \idal. l^ds tdn'rl ai. Cf. encore

< 'AltTi;Ml«ASTi;.\U.

AsTARAc. - A. de Seiscas, En a<iuel mes (Mascarosa i»'). Id., FI Icinfis de Nadalor. lîernard do lot lo Mom, Los plazcrs. (i. Anelier. Clercs e Frances. Id.. FI nom de Dir'u. Id.. .1/v/. l'ai. G. liiqiiier. D'AsIarac renia. Id., .1 Sanl /-'os. Id.. Coins d'Aslarac. Id., Lo nions par enchanUdz. Id.. rcnsoii avec le comte Henri et le sei- .liiienr d"\)r^t. II. X'idal. .\hrils. \. 878.

AsTA\A\\. A. de Marsan. (Jni conle.

AsTRL (■ (Mou). Zor/i. Sien Irohe^.

\t\\\\i\. \. r>aniel, Fn Itrcn.

ONoMASTioi n r»i.s 1 rîoritvnoiRS 111

.\ti:o.\. B. de Paris.

Ates (trApt?). Pujol, En dqucl sonei.

\tx, ( = Az/o ?). !.. Cigala, E><iic7' mon Qrnt. Ci. Crcs- cini. ManualeHo. Index.

\rnit>\. 0. fie ('abr<^rn, ('abia.

ArcvnF.i. (Sonlior d'). - - Miircabrii. Lo vers comonf^n.

Aida. G. lie Snliun.u-. .l/s.s/ com <rl. P. (U^ (ajxliKMi. Per joi (laninr. \\. do \'-M\\\e\v;\^. Tnian.

ArniART. A. ck Belonoi. .l/s.si com om près. Bernard 'ot lilnontz. ("a pretz valen. ('nbrit e[ Ui<v'iu. Caltrit el mcu lejairc. ilicas Xovas. Hifx ptcs /cn/js. P. Bne- nKMi on P. Baiman, Pois lo bek temps. ï\ \'idal, Ben aja. P. de Capdn-eil, Aissi des près. Id., Ja non es hom. Id., S'ieu fis ni dis. R. de Mira- \ial. Aissi com es gensers. Id.. Bel m'es qii'ieu (onl. Id., Ben oial messagiers. kl.. Cel (jue no vol. Id., Cfiansondn farai. Id., Er ab la J'orsa. (Audiart r»E AIalamort), B. de Boni, Dona ])ois de mi. Pdui" (raiitrv's aillnsions possibks, cf. Berg-ert, p. Gi.

ArniBERT. Gavanda, .Iras rpian pion.

AtDiKRXA. - A. Daniel. En est sonct.

AiDiT/. \\. (le \.;iqueiras. Truan.

Al r><>\RTZ. A. (le Pegnlhan. Totas honors. P. de La- (liis. Mossen Bammi ([{oi d-es Anglais). Panlet de Mar- seille. L'tMtlr'ier.

Arrrris. G. de (abnera. <'<ibrn.

Alg ( = Aueh). P. Cardenal. Tendas e traps

112 ONOMASTIQUE DES ÏROUnADOlRS

At GiER (Le paladin). G. de Borncil, S'nm no pojn. R. de Mira\;d. Ben ofol messar/ier. B. de Boni, Vo'lon- t'u'rs l'i'ira. (J. de lieioucdaii. Mal o fe. .\n/.i:ns. (?). O. l'iguoira, Ane ta)n bel cap. Ai/iehs. Sordel. Sitôt m'ai^- •sra7. G de Cabrera, Cabra

ArcisiEs (Sans). rornei i>è:re. In <àneides.

\i;«;rsTi. AïKiii.. Palais de Sinieza.

Al Nis. ( 'ei'cnnKui. I.o phiinn coinen:.

\[u\\)\\\ (\lar(|iios ( Olnit d). - P. nainioii, .s'/ (urn celui. (\a \I\kiv |("\.). Alherlel. Al> /o'/ coniensi ; En I^eire (lui /)/o. G. Ad^Miiar. Tant ai iVamur.

AiREL (BEHinAN i>"). l'ensoii d"\. de Peuidhaii avec G. Ilaimon.

Al RiMii. - G. de (alaiisoii. Fndci. ITT) D. Al m:iMA (?). Blacat/. lien fui mal.

\riti:i.irs. G. de ('alaiison, Fadel.^ 178.

Al RCXGA ( = ()ran£ie). A. de Porr.iiraiiues. .\r em al [reç] temps. B. de Pxtrii. (Juan ici ht temps. \\. d'()raiiue. Companho. Id.. S/' de ti'obaa' Uf/ues. ]\. de X'aqiieir.is. Annn requier. Uc de S. (ire. (Jui roi terra. Anon. ? Hr quai} sembla!, (\antomi n'A.). P. Vidal, /•.'/( ana Icrra cstranha. (Lo miei; prince IdWiirenga].''; llicas Xovas. 1// siri entes.

ArRiF[,A\r\ (\"). Anon.. P. Meyer. Dern. Troub.,

!.. l->.

Ai'RioEs (\"). B. de Boni. Ane nos poc far. Al'ruzg.x. G. de ('abrora. Cabra.

o\(i\i \srioi i: i»i:s i iîoi i'.mxhhs IL''.

\rs. r>. (I \l.iiii;iin>ii. I^iicis (hdiisoii.

Al si.iR (Senlior \"). Anon., Mon piic-^c imiduv.

ArsTORC i>i:r. Boi (S^^iih' Kn). -- (i. lîiqiii^M-. |>. ■,^^^). (ff. .1. AnglncW. 0. lUquicr. \\. ITT.)

Al sronicv. Zorzi. S/7 nions. \fr'm<^ iioni ? (duc rl'Es-

TIUC). Alinil.. .1(1 no iU(J,('l.

AiTAi-ouT. B. (le Boni. ('ic>i (Ujov^. Id., Gc>< eu nom derc.

.VliT.U'ES. 1*. Vifhil, UrotjonKin xr/f/uT.

Altier (X'Azalais d"). le d>e .S. Cire. .1/k: non vi. (Elle est l'iTuteur duii Salul. publié par V. Cre&cini. Zcila. rom. PhiL, \l\ , 130-132. Cf. BergerU p. iS-'iO. l^lle fui en i'(dations avec Cilara dWnduze.)

Ait Bam. F. de A[aiseille. \ crniillon.

AirÉir.JW/, (Mos). Ci. d"Es,p;iL;iK'. Pas sCs pdi ; S'ifu <'ii l'n^cor.

Ar/i:Rs, Al ziERs. Cf. Aigers, iers.

ArzoNA. C. tU' BergiK'd.-iii. S/// ('/)/('.s\

Avwres (i-eis). G. de ."-^. Desdier, Los ijncns désirs.

A\i:rz (de Coissw). G. de la Toi. Pos X'Miiiciics.

A\r.\ (var. Amon). G. de Be;rguedaji. Jot/htr nol dcsc.

AviA. S. de Gironc. Prcs <t'un [ardi.

\\u;so\. B. d'Alanianon. Ja de cluinldr. Id.. Pois chanson. Complainte du roi Bohori. (i. Figiieira, D'tin surventes. Gui de Cavaillon. Seirjneinis e cavals. \a Gormonda. ]'. Carden.al. De roJqrn. Marcaluu. Aujal:

114 oNOMAsriorr. ni-.s Tnorr.vi»oriis

(le rlian. V. <!■<' Caslclnou. Hoimai nom. Tniniors. De ihunlai. (Coiniles&e d"), Si col jUus. Uc de S. Cire, Aulhi rcn. Id., Vn drvenles. Comie d'AviMio = de Toi i.oT^sK. P. Vidnl, Ajostar et /assnr.

,\/.Ai.Aïs. Ai.AZAÏs, Ai.Aïs. ^ (ServanU>) Carl.onel ei son rncin. (L)oiua A.), Gui dTsseK Gcs r/.' r/ia///ar. (X") G. de la Tdi- ri Sordel. Us amlcx e un' <mi'ut. {.\') 1'. de (';r|vdwil. />'' l^>^' chailius. Azalahs (i." Aissii.uan). G. Itiquior, Oiti a sen. (D'Autikr), le de S. Cire, .'Inc „nn li temps. (De 1',oissv/.o). i;. de Miraval. Entre dos rnlers. ([.a même ?), Id.. Cel ijuc joi lainh. Id.. Er ot, la jorm. Id., Fornieis j>ev. Id., Lonc temps ai agutz (\. .k> liiKi.vr/, .m (le ii.:/.n:R6), cf. B-crorrl, p.20-21, oL l'.rni.AT/.. (A. do ( ' as tei. c de Massa), AIlDcrtet, En aniur. (\. de Ma(;ox. scmir de Béatrix), G. de la Tor, Pos N'Aimer^ics. (A. de Mercuer), P. de Gapdueil, (]r. 7. (A. PoRCEi.ETTA. peul-ètr€ la femme de Barrai (Chabaneau). Guiciwl. i'om<dnd dos haros. (A. de Sa- iuzze), p. Vidal, éd. Anglack, xxxiv, xxxvii. (Mais de Vidallaxa), Uc de S. Cire. Si ma domnd. (La mê- me ?), Nicole! de Turin, Vue de S. Cire sabers. (A. de X'iLLAERANCA ?), ef. Bergeil, p. 80.

AzALT (-\f-)n). P. lIc la Gard<T, D'un sirvenles a far.

\/.iM\K (\"} B. de Born, Un sirventes cui. Id.. Ges ' de fur. 1.1.. Senher en eoms. P. Cardeiud, Un sirventes

jus. A/r.MXR (.\-) ni: Peitieus. - II. de Vaqueiras. Uen sonei. AziiiERS (I)"). - Bostang. Bels senher Dieus.

\/.M\x. - B. de Wnladour. Ges de ehantar : Pos mi jneini: : Uanquan vei. B. de Born, Dona j>ois de me. \\ Ar Marseille. Ai quan gen vens. Id.. Amors merce. 1,1 lU-n an mort. Id., Canlar mi torna. Id., En chan- l,,, ,„-a,rn. Id.. Greu J'era nuis. Id.. Ja nn euig hom.

(•\o\i\sTiorr: i>rs riioi liADorns 11,')

Ui., Moul i fclz (jvan jxunl. Irl.. ()imai<; uni rnii/,sc. Id., Per deu amor. Id., S'ai cor phujue^. Id., Sitôt me soi : Tostemp^. G. Faidit, S'ont jnniur^i ]utrt\r . l*er- dignn. Los mah ifamor.

B

Babel. Zorzi, Atrcssi coni [ij ijdincl.

r.Aitir.o.MA. P. de Corl.iai). 17. ;/!. I{. de Vaqiieiras, Conseil ih,n. (Ms. Bibohmic).

Babo (Caslel). U. de X'a.queiras, SenJicr nuiiijues.

Bafomf.t. A. d'ôrlliar. .1// Dieus. Cidvun Paii/a. Ar <'.s- Siizos. Dai>po], Foils lti^t<»s. ( i.u.-nnla. Scnliors. lu 'fVmplior. Ira c dolor.

Baga. S. de (iiron^. P/c.s r/";/// /a/v//.

lUvMM- . 1). (1^ Boin. tu •<inctiies (iii (ndiii irim i-lie- val).

Bavona, Baio.xa. P. Cnrdeiutl. J.'arciicsqucs de .\ar- hona ; Falsedrdz e desmezura. \{. de .Miiia\al. .1 Dii^i me comiMi ; Bidona, per un sirventcs.

^'*\ï>- Riccis .Vorr/s. Pois nostre lem>i. (Senlinr de). P. do Bergerac.

r.MssKiL. G. de Berguedan. Bernartz ditz de B. Baivieh. P. Cardenal, Ane no vi. lUnrinA. Anon., Ja de razon.

lÎALAGuiER. Alberlet, Ab son ij,n. V. Vidal. Drogoman Senher. Bei-tran \iiianl de Afonciic. /w- ijunii li rozier.

Baiairis (Na). Enric, Ainic Aner,

116 oxoMAsriori: dfs thoi iîmxm us

]l\LANGiERS (Macstrcis) = Bérenger de Tours '.' G, de Borneil, S'anc loin aigui.

R.u.nA (la res). B. de Castcllane, Sttol no m'es.

IVvuMios. 11. (l"Orimg'C, Amors cum cr.

B\i{\<iii. r,. (le Calanson. Fadd. \'-\:\ W. 139.

BvH \si;i.o. l)Otlr;iii ri Maleus, Sei(/ncr [icfliiin.

I>\Hr.Aiti. Bi. (k liorii. /><'/)! /)/'//: (inoiniai'f^). ]\. de Va- quoiras, Dornna Uiiil ros ai.

I >\iii!\iii \. II. de Tors, l^cr l'aiiiicn Pdscor.

l^MUiASTRE. h. \ id;d. Cnsliiujilos,

JV\ui!A/.A\ (Tibaiil dv). - P. de l.adils, Mos^ien llnmon.

BAiiF.iRA (Guilliein). lUmalV'. S('i</.ii' En Blaeal:.

Bakjoi.s. B)lacas. lU'ii fu'i iiuil conscilhilz.

B.Aïu.F.TA. G. Figueira, Un non sin-i'iilca.

\\\ns\no. B. de Tors, Amies Gaiischn.

Bakhaf.. Auoii., lieni nwidrcil. Diiiand de Paernas,

/•.'/( liilfiil. F. de Marseille, ('lianhir mi lorna ; Si com cd (/n'es Uin. V. de Marseille, Ges pels crois ; /lozos non es ; Sitôt itou fas. P. de ( 'hasteliiioii. llnimais nom cal. P. Vidal, liaros de mon dan ; Mes cors salegra ; Tari mi veiran. B. de \ aquciras, (jarlambei. Bicas .\o\as, En la mar major. Sordel. Sel que m'afi.

V>\ui\\[ . ('ercamon, Lo plaiinj comcns.

i>Mîs\i.n\A. A. <le Sesca.s, En aquel mes. G. del Baus. (l.dc lîei'guedan, /:'(/ non cuidartt: Sineiites. \ïi\rc[\hru. .1/ piim comens : Emperaire per nii. P. lîainion, Po-s*

0\OMA9TTOrF. DF.S TROinATIOtRS 117

la iiiiiiis I d'ians. P. (IWhcrgiio. Bel tn'cs (/ni n smi. W. \'i(lal. .Mnils issid. 868. R. d'Orange. Car doux c fi. K. de Vnqu'ciras, Tuil me pregoii. (Chabaiioau ajoulo : Ges silot, mais sans autre indication.)

Barsalones. B. d'Auriac, Xostre reis. B. de Born. Pois lo gens. G. de Bergueidan. Amie Marques. l\. de Mira\al; Dniotia per sirienles.

Bahsllis. A. dau l.iic. /:// rhaiilaiel.

lîAHi 1 (Iji don de). - (j. Figuf'ira. ./'/ de jai : Un non sinenles.

Bas. S. de (iii'une. Ptcs d'un [aidi.

Basci.ls. S. de Mault'i'n. Domna he sai.

Basadei. (?). iîlacassel. Oiiiuns.

Bascol ni: Coïa.nda. II. \ ida!. ('astiayilos.

Basin. G. de Calansou. FadeL ]t)G. Cf. Bazil.

Bastarda. 1». de X'aqueiras, Truan n}<da guerra.

Bauça.n (ou -\"Ugo). Baussan, Baussan, respondetz mi.

Baluolis (Conis). ('i. Faidil, Era (nia) nos sia: guilz.

Balui is. I). de Bocn. \ Olonliers Jeira.

Bals (Fo). 15. d'Alanianon. In sirverdes : Oui que s'esmrfi. W. de \ aqu'fnras. Leu sutH'l. Cï. encore \u- deiart.

Baus (Senlier. don del) (— G. (rOrange). G. de Ca- vaillon, Seigneiras e caial."^. P. de Marseille, .Ir quel iorn. R. de Vaqueiras. Garlambeii.

Bals (Be rira II de]).— P. de C\\^<i\i'\u<>u. Iloimais nom cal.

118 OXOMASTIOUE EtHS TROURADOURS

Bals (Guillioia del). P». \'i<lal. Abtih /.s-sta, \. 78;î. Tomiers, Si ml fhic'^.

Bals (Uc del). .\iiii<eric. Peirc (k'I Puà. R. d'Orange, .4ns que Vaura bntna. Sordel. Ao })ueHc muchtr.

Baus (Hugueta dcl). Pujol, Dieus cl Amovs. Ci. Ber- gerl, 1). 56, 57.

Bausenc. ('r.iii].)i. du ii'i IIoIkmI.

Balt dl FoiL\ (?). lî. do Miraval, Chansoncta farai.

l\\/\. Ijazan. Mai'cal)!!!. Ans ipicl Iciniiiiis ; Doas cui-

l'>\/,\i/. 1'.. di" lînpii. h'uii S'il i Cilles iinin luI. V. de

l.adiU. 1 (77/(N Dieus.

lÎA/.iL. G. <\v Calaiisou, Fadel. I!)G D. Cf. Ba.'^in.

Bearx. Aiion.. Palais de Savieza. B. de Boni, Pois Ventadorns ; Ouan vei. O]. deJ Temple, Estai aurai. (Midonz de Béarn = Garsenda de Béarn), B. d'Ala- rnanon. Moui m'es ijreu.

lîiATiux. Aiioii.. La //aia sernblaiisa. A. de Belenoi,

Xids oin en ic. A. de Pcgulliaii, Ades vol ; De loi en loi ; En anior Ivop ; Qui la te en dilz. E. de Bar- }<>]:>. AiiKiis. hcin jihilz : Ben den hom : Moiii fi-o- ijr'icu. Blncass(>t. Bem f>lai (Gf. 233.) 1): Lonjamen ma Irclxillvil ((ir. l(t. .■.'■;) ; Danse luionijine. Ea gaia sem- hlansa. G. l'nidil. Cnscus hom deii. G. Ad^inar, Tant es d'amor. G. de la Tour. En vos ai mesa ; Pas .\'Ai- merics (B. d'Aiiramala). P. de Capdeuil, Ben sali que ; Si lolz los ijauijz. \\. de Xa-tiueiras, .4 vos bona dona ; Ja no cufjei lezcr : Savis el fols : Truan. liamberti, Toi niera de vliantar. Tenson d-e Jaiifre et d'Elya?. le de Murel.

OXOMASriOTE DF.S TnoTBADOLRS 1]9

Beatrix (d'Est). A. de Pégullian, Ades vol : Alheii chauzets : (rar. B. de Lobex ?). .Uress/m pren ; ('cl que s' irais : Cluiiitar vuclh : Lonlamen m'a ; Manias velz ; Per solat: d'auliui : Oui la le. G. de la Toiii-, Pos N'Aimerirs. Ilaiidjerti, .1/ cor m estai ; Eu scd ; Tolz mera. P. Pioimon, Tostemps. Cf. encore Mox PiESTAT R et Bergerl, j). 81-85.

Blatrix (do LiiiK'O. 1'. tk' LuiK'l. Pcr anior.

Blatrix (d<; -Magon). G. de la l'ijui'. Pas WAimerics. (Peut-être A. de Pegulhaii. De lot en loi : cf. Bergert, j). 77. pour d'autres allusions possibles.)

Beatrix (do Monlfcrral). - 11. de \ aqueiras. Arani 're- (juier. Cf. encore suiuii à Beatrix. II. de \'aqueiras.

Beairix (de Xailinna). ■■ Sail d'Escola. De heu yr^n joi. Cf. Anglade. Mcl. ''hahancau. p. 744-745.

P>.EATRix DE Sa\oye. comiesse de Provence. Cf. Ber- gert, p. 44, sq. Il résulte des recherches de Bergert que Beatrix de Savoye serait la Beatrix nommée dans les trois chansons dElias de Barjols, citées plus haut, au mot Beatrix. Do même pour A. de Belenoi, Nuls hom : Pons de Capdueil (cf. les deux exemples cités au mot Beatrix) : (i. d'Espagne. S<i (jaia : le iU' la r>ai-ra- laria, Dnjal: Bcrlran, et |ieul-ètie Le de Mure!.

LjCs allusions faites à Béalrix de Sa\oye, sans qu'elle soit nommée formellemenl. sont noniibreuses : les \oici, également d"a|U"ès Berger! : A. ('atalan. .1/tc pcr null temps. A. (le IW'lcnoi. Tant es d'ainor. A. de Sisteron, En ainnr li'ij) : ]?. dAlamanon, Moul ntes greu. E. de Barjols, Pus ici. E. de lîomans. En chanlan. Guigo de Cabaiiies, \'isl ai. G. de Binnieil, (leid ni'cslara. Ilicas Novas, Ben es lazos : Tu'il van.. Ce de S. Cire. De vos me sui.

Pour Béalrix 11 d'; Pro\enee. mariée à Charles d'An- jou, cf. IÎERi;Xi,MERA.

120 ONOMASTIQUE DES TROIDADOURS

P>EATHix (de ricrii). Gui d'Ussel, N'EUuk de vua (chan- tée aussi par P. de Maensae : ff. Chabaiioau, Bioyr., p. 265.)

Beatrix (de Vianes). Albertet, En amor. (Cf. B. de Savoie.) CL encore Gr. 70, 5, 22.

Bix n'Ai STOR. A. de Coniingcs, licni plai.

Be( lEM. (dl-lsinoiiLMls ".'). lUacal/,. Ucn fui mal con-

sciUalz.

\'y\AA iNAGE. B. d Alainaiioin, Xiils lioin.

Beira. I>. d"' BiMii. Scnhcr En (Oins. (La Vêzère ? Cf. Slininiini:. />'. ilc limn. :i^ éd.. p. L'OÎJ. Tlioinas lit Bi- liairac.)

B>i;ii{ii . .J. Budcl. (Juiin l<> rius. Mairabru, Einpcraii c pcr mi. B. de Born, Grcii m'es. P. Vidal, éd. AngLade, XVI.

Bel-Sustemi" Amors. G. Iluc d"Albi.

])i;i. \i\iA\. ^ lÎEE DiAMAN, ap. G. Faidil S'o;;i pogues (ms. \') ; Bergerl. p. 117.

Beeii Aeixandre (danic'). G. lo Bos, .1 la m'ia je, .[mors.

Beel' Ame\. B. Calvo. S'icu ai peiduf. M. de Foissan, Be volgva.

Bel Bericee. B. de Barbezicux. Alressl cotn tolifuns.

Bel Bezart. A. de Maisan. Oui conte.

Bel Carboncle. A. de Mareuil. Sim destrenhetz.

Bel Castella. E. de Barjols, Beh Gazatnhs. A. de Péffullian, Si com Farbres.

ONOMAsTrotï: DTs Tiiorn.VDoi n? 121

Bel (astiat. P. M.hil. Oi\. Anolndo, I\ . \IL X, Mil. X\. WIII. XX\. XWJ. X.WII.

Bel Cavalier. 11. de Xiaïu^Miaï^, Aram rcupiier ; Aras poi om : Eras (jikih ici : /'.'/samcn ai guerrcjal : Ja no cugei vczer ; Au niagrada ; Savis e fols ; Trualfi.

I^EL ( 'i;mi;i:i.i. W. th' l»<»rii. Dowi jniois de iiii : (.ies de disnaf.

Bel Clehc. \. il'' I iiiliLiiuic. Lo joi conicns.

I>i;i. ('(i\<iiii'. - l);iiis<\ Mnil iii'dii li scinhhiii. 1 5' •.'-l un g et Beiviigiiier. 7'"/ en a/.s\s(.

l'i I ( 1)1!^ iMiiii>. I'. i\v ( jiiHlHMiil. Alssj m'rs pifs.

Bel ( ijisiM.ii. <'éi\Mili<^r l.iiiK'l. S( < o;n la joins : Tôt:: Jioni que vol.

JjLL Ihj-nui. G. Hi(iuiK'ir. Anwrs in'a'uci : Ben deu esscr ; Creire ni'an fag : Orans afans es ; (l. Kiguicr a cela : G. Hiquier. si hcus (lenson avec P. Torat) : Iierns nom te : Pcr jnoar ; l'as aman : Hazon et m'ittdamcn. olc.

Del l»i;sin. Bel JJesiiîieii. D. de Prada?. Ben deu es^icf. Jlicas \o\as, (s corincns.

Bel L)l\mam. G. i'aidil. S'nm pogucs. (;. de Calan son. £7 mon non pot aicr.

Bel dols Amic. W. de las Salas. Sim fos gvazilz.

Bel Esgart. A. de Mareuil. La grans beutaiz. Az. de Porcnii-agues, Ar cm a\l jrcg temps.

Belh' Esme.vda. B. d'AIamaiion. Moût nies greu. Bel Espek (Mon). Per<Jigon. Trop ai e><tat.

122 ON0I\!ASTIOUE DES TROUBADOURS

Hllii KsiAR. - U. (k' \ iKjiK-'iias. Senlwf luarijucs.

LîLi. (iAZAMJ. l>. ik' Harjols. Gr . Vo^. '> ; (j. Faidit, Gr., 167, 59.

Ijli. Joi .\o\j:l. JKnidc de l'iadas. El lemps quel ros- siijnnls : l'ns rnerccs.

r>i I \Iiii\iii. \\. de il(»ni. IhmiiKt. /((/n/s (le inc.

f)Li. -Nu.M. La^kdlo/.a. ./a de clianlar,

Belii I*i.\/i;h. A. t\r IV'ioiioi. .In/ m'dyi'ob.'i.

lÎLL lÎAI. J. Eslé\4'. .IZ-S-Sf Cimi (.('/.

l'i I Hi>. ],. (iyahi. ./oios ifiuiKir jurai.

Bi;i, Slmilr. - 15. do lioni. ^ic.s Je ilisunr : l)im<i jniois (le mi.

Ijli. \ e/.lr. - B. (!<• VoiiUkIoui'. Ah [tn mou ; Bc man pcrdul ; (Juan jxu- la flors ; (Juan lei la flor ; Lo genl temps de Pascor.

Bi:i \ E/.i.R Dr: ]\\:\.* \nti;. B. do \oiitadour. /,o russi- tjnols.

Belcairl. B. do l\ovonaf. /'/ no luelh. B. do Venl^i- dour. Be mail perdul. W. do lîorn, .1 iornar m'er. iJauidun d'Ain crgnc. \ etf/onha. Ci .do